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24 mars 2020 2 24 /03 /mars /2020 07:20
anamorphose-place-igor-stravinski ©Gérard Laurent




 
Sur la table de l’orfèvre
un liseron jaune joue autour d’un tambour oublié
il regarde les poissons articulés
qui attrapent des pêcheurs dans des filets percés.

Sous la table, deux enfants égratignent une rose
et font saigner les épines.

Par la fenêtre fermée se faufile
une odeur de paysage détrempé et de lis fanés.

J’écoute dans le vent
la montée des pénitents blancs
ils agitent leurs crécelles
en grimpant jusqu’au toit des chimères
celui qui corne les songes.

Lorsque les anges feuillètent la nuit
la neige sème des minutes et casse les heures
silencieux, Amour se balance et cherche un visage
dans un ruisseau asséché.

Sur la table de l’orfèvre
le liseron jaune s’est refermé
Amour s’est noyé.  
 

in  Les Portiques du Vent, L.G.R. Paris  
 
©Nicole Hardouin
 
 
 

 
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23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 07:36
Franco Cossuta : œuvre « sans Titre© »

 

 

D’après un tableau de Franco Cossutta

 

 

Doucement la nuit envahit l’espace

chargée de silence une brume nous entoure

 

Les entrailles terrestres brusquement s’ouvrent

un nuage opale s’étale, gonfle, éclate

surgît alors une flamme venue de l’enfer

 

Le cœur de la terre en feu

aime parfois rappeler  aux hommes

la toute-puissance de la nature.     
 

©Eliane Hurtado
 
 
 
 
 

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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 07:44
Photo J.Dornac©

 

 

 

 

 

Aux contreforts de l’aube, le jour s’offrait, vibrant d’air vif.

 

Des assauts de bleu pervenche saluaient ce jour de printemps.

 

Epicentre des songes, mars envoyait ses messages brodés de tendresse.

 

Seul un chapeau de brume coiffait les Hautes-Chaumes du Forez quand il prit le chemin de Grandval.

 

Alors que s’éloignait l’écho des cimes, haies et taillis commençaient à résonner de joutes intimes.

 

Les replis hercyniens de cette terre d’andésite le comblaient de joie.

 

Plein d’allégresse, il allait d’éminences en vallons.

 

En ces lieux, il repensait souvent aux yeux pers de sa mère qui avaient bercé son enfance.

 

Près de la croix de granite s’allumait la première jonquille.

 

Midi sonnait au clocher de Grandval.

 

Il décidait de faire une halte au village de Sabatier pour saluer une amie, bergère sentimentale connaissant toutes les fleurs du chemin.

 

Heureuse de le retrouver, elle lui proposa de partager son déjeuner.

 

Ils se régalèrent d’une salade de pissenlits aux lardons et aux œufs mollets ; une pâte de coing sur deux madeleines avec une verveine du Velay vinrent fleurir le balcon secret de leurs retrouvailles.

 

En la serrant très fort, il prit congé de Fanny et de sa beauté de Madone renaissance.

 

L’heure était au retour par le chemin de L’épinat.

 

Il obliquait sur un sentier à travers bois menant à la ferme de la Grange Neuve.

 

Près du ruisseau, il décidait une halte pour accueillir le printemps dans ce berceau de verdure, loin de toute civilisation.

 

Un pré humide hérissé de joncs luisait de toutes parts à l’appel du renouveau quand il aperçut un œil de perle.

 

Il resta immobile pour contempler ce bel échassier au gagnage avec son long bec flexible, deux fois plus long que sa tête gris fauve cendré rayée de quatre bandes sépia.

 

Migratrices, les bécasses seraient, aux dires des chasseurs, arrivées dans la semaine avec le vent du Sud par une nuit claire de pleine lune.

 

Aux bout de ses ailes, en avant des rémiges primaires, la bécasse possède deux petites plumes rigides dites « plumes du peintre », considérées comme un trophée, parfois offert par un chasseur en signe d’une amitié profonde.

 

A la faveur d’une bouffée de ciel, la bécasse s’enleva à grand fracas en une montée en chandelle jusqu’à la cime des sapins, puis, après un vol rasant horizontal, elle effectua, en coups d’ailes capricieux, des arabesques déroutantes terminées par un atterrissage en piqué dans une clairière.

 

L’émotion était à son comble.

 

Il imagina la bécasse en une pariade sur un layon forestier à l’heure de la croule.

 

Le soleil qui déclinait lui indiqua un chemin pentu qui le conduisit au village de Saint-Amant-Roche-Savine.

 

Une muse l’attendait dans sa maison habillée de lierre et de chants d’oiseaux.

 

©Roland Souchon

 vendredi 20 mars 2020


www.rolandsouchon.com  

 

 

 

 

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21 mars 2020 6 21 /03 /mars /2020 07:23
Collage de Michel Bénard©

 

 

 

Par l’inexplicable destinée

Voici revenu le temps de l’éblouissement,

De l’étonnement d’une chute de feuille.

Géniteur de bulles de savon,

Mon rêve s’oriente vers l’apparence

D’un monde dédoublé, inversé,

Sous le masque des illusions

Voilé par les brumes feutrées

D’un automne naissant.    

 

©Michel Bénard.

 

 

 

 

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20 mars 2020 5 20 /03 /mars /2020 07:37

 

 

 

 

 

Le volcan de mon amour
- Lave à mouler mes hanches -
Est aux formes de la naissance
De nos liens éternels
De nos amours charnels

Le brasier d’une naissance
L’enfance se fait jour
L’amour se fait chair
Naissance des mots

Beauté de l’attente

 

~*~



Il vulcano del mio amore
- Lava che modella i miei fianchi -
È alle forme della nascita
Dei nostri eterni legami
Dei nostri amori carnali

Il braciere di una nascita
L’infanzia si fa giorno
L’amore si fa carne
Nascita delle parole

Bellezza dell’attesa

 

~*~~*~

 

Ode©

 

Extrait du nouveau recueil de ODE : Médaillons Poétiques, français et italien – Traduction de Mario Selvaggio
 
 

 

 
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19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 07:26
Photo J.Dornac©

 

 

 

 

J’ai vu le domaine des dieux

A Pen Hir, au pied des falaises blanches

J’ai vu comme une naissance

De tours d’ivoires

Pieds dans la mer

D’un infini bleu

C’est le début de la création

 

Mais j’ai vu également

A Pen Hir, la fin de la terre

J’ai vu le chaos

Les îles englouties

Les pierres blafardes

Qui se regardent

Dans le miroir vert

D’une mer qui les attend

 

Oui, ici, les dieux se battent

Avec des légions de démons

Tous déchaînés

Au bord de la folie

Et qu’importent pour eux tous

Les humains qui gesticulent

Ces microbes prétentieux

Qui se croient l’égal des dieux ?

 

Entre création et écroulement

De cette terre qui ici se finit

Émerge une immense beauté

A peine imaginable

A peine concevable

Comment ignorer les légendes

Qui égrènent l’histoire millénaire

De la Bretagne

Ou commence et finit

L’Europe, ce champ de bataille

Des dirigeants fous

Des dominateurs malades mentaux

 

Loin de cette hideuse histoire

Pen Hir nous dessine

Un monde chaotique

Mais tellement sublime

Que je n’aurais jamais

Osé rêver !

C’est la bataille

Entre la vie et la mort

Entre la terre et la mer

C’est le sublime

Face à l’anéantissement…

 

Pen Hir, comment te quitter ?

Tu t’es installé dans mon âme

Mon cœur, mon corps

Oui, tu m’as montré les dieux

Ceux du bien et ceux du mal

A jamais en concurrence

Mais à jamais sublimes

Dans leurs batailles

Dont nous sommes

Peut-être l’unique enjeu… 

 

©Jean Dornac

Lannion, le 7 février 2020

 

 

 

 

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18 mars 2020 3 18 /03 /mars /2020 07:25

 

 

à Clément, à Coline...

 

La terre est-elle un lieu pour consumer la vie ?

L'enfant, lui, ne nous pousse- t-il pas

à la quête de transcendance et d'avenir

En dépit des fièvres et des toux

Existe-t-il quelque mot-délivrance

 

 

C'est un voyage que l'on peut faire par la pensée

Il suffirait de se laisser parfois porter

Les yeux baignant dans un vitrail couleur de miel

Pour deviner comme une voix venue du ciel

 

Non pas les mots mais leur musique irréelle

Des harmonies créant des ondes fraternelles

Qui adoucissent le corps à corps de la vie

Et qui reposent dans un repli de l'infini

 

Mille chemins depuis toujours mènent à elles

J'ai caressé des autels d'or et de dentelle

J'ai arpenté les voies éperdues du printemps

J'ai entendu les mots secrets venus du vent

 

Mais rien ne m'a paru plus beau que voix d'enfant

Qui ne sait pas, qui ne sait rien, et pour longtemps

Et qui vous dit tout simplement  ;  « Tu vois la lune  ?

C’est un bonbon, un ballon rond ou une prune ?  »

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

  

 

 

 

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17 mars 2020 2 17 /03 /mars /2020 08:27

 

 

 

 

Mets-toi dans la peau de celui qui souffre

Aie pour l’opprimé de la compassion ;

Entre lui et toi, immense est le gouffre...

Ne souhaite-t-il pas la révolution ?

 

Mets-toi dans la peau de celui qui peine,

Martyrisé par le poids du labeur ;

Ne crains-tu jamais qu’il ait de la haine

Contre ceux qui lui volent son bonheur ?

 

Les déshérités, mets-toi dans leur tête :

La jalousie peut les faire crever ;

Ils n’ont pas le droit de faire la fête

Et même plus le désir de rêver.

 

Ils sont comme toi des êtres qui pensent

Tous ces mal aimés par le mauvais sort ;

Comme toi sans doute, ils fuient les offenses

Et toi, comme eux, un jour tu seras mort.

 

Mets-toi dans les pas de celui qui sème

La graine d’espoir pour la voir lever ;

Ses vœux et les tiens sont souvent les mêmes,

Ce dont il se plaint peut bien t’arriver.

 

Mets-toi dans le sang de celle qui saigne,

Que l’on a violée durant son travail

N’accepte plus que la violence règne

Qu’on traite l’homme ainsi que du bétail.

 

Tends un peu la main à ceux qui mendient :

La honte ils la ressentent comme toi !

A leur désarroi, rien ne remédie,

Ils n’ont pas de pain, pas non plus de toit.

 

Mets-toi dans l’esprit de celui qui cherche

La raison qui fait qu’il dort ici-bas !

Ce n’est jamais Dieu qui nous tend la perche

Nous sommes seuls à mener le combat.

 

Celui qui a faim, mets-toi dans son ventre

Qui le tiraille à perdre la raison ;

Son placard est vide et sans joie, il rentre,

Et c’est vrai quelle que soit la saison.

 

Mets-toi dans le cœur de celui qu’on livre

Injustement à de sales bourreaux ;

A qui ne reste plus qu’une heure à vivre

Qui de plus est derrière des barreaux.

 

Si tu penses à ceux qui sont tes frères,

Ta vie vaudra d’avoir été vécue ;

Ta peur de quitter un jour cette terre

A tout jamais ton cœur l’aura vaincue. 

 

©Louis Delorme   

 

 

 

 

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16 mars 2020 1 16 /03 /mars /2020 08:00
Venise – Le Grand Canal – Contemplé par Béatrice Gaudy

 

 

Les traductions en occitan limousin et en italien sont de Béatrice Gaudy

 

 

 

Une ville d’eau et de pierre

une ville miroir de ciel

chemin de liberté

Venise

 

 

* * *

 

 

A lo coursado daû moundei

 

 

Uno vilo d’aigo e de pèiro

uno vilo mirai de ciau

chami de liberta

Veniso

 

 

* * *

 

 

All’incrocio dei mondi

 

 

Una città di acqua e di pietra

una città specchio di cielo

cammino di lebertà

Venezia 

 

©Béatrice GAUDY

 

 

 

 

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15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 07:30

 

 

 

 

 

 

vous ma louve en habit rouge

ma louve belle, grand satin

en robe rouge qui frissonne

vous mon ivoire, ma sultane

 

une à une, les marches vous gravissez

les marches de lumière et de marbre,

tel monte en ferveur la myrrhe

les yeux aimants, les yeux baissés

 

des arbres tendent leur chlorophylle

vers les balbutiements de votre gorge,

tendre poitrine qu’abandonne

un souffle tout de marbre veiné

 

et ces marches processionnelles

vous portent à pas de fourrure

belle nomade en habits rouges

vers mon cœur aux yeux sucrés

 

je descends l’escalier du soleil

dans ma toge couleur de jade

vers l’offrande qui palpite,

vierge de nacre au cou ployé

 

la main ouverte, le geste large

pour vous, sultane aux yeux de louve

la main tendue, veinée de bleu

pour un espoir grand satin

 

vos bras ultimes esquissent

en cette marche nuptiale

un geste rouge de gitane

au prince arabe agenouillé

 

et d’un coup, par quelque sortilège

la cène de cristal s’évapore ;

ne reste sur les franges de granit

qu’un jardinier aux mains ridées

 

©Claude Luezior

 

Extrait du recueil « Prêtresse » aux éditions L’Harmattan





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