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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 06:50
La nuit – Kacem Issad
 
 
 
 
Je me suis assoupi sur un lit de flore
Et mon imaginaire commença à éclore.
Le ciel me paraissait comme une toile
Avec sa lune perchée et ses étoiles.
Le chant du hibou, du vent et des plantes
Faisaient danser ma chair frissonnante.
La fatigue jeta alors sur moi ses chaînes 
Et mes paupières pleines
Descendirent comme un rideau de théâtre
Qui annonçait la fin de la pièce de Sartre.
 
©Kacem Issad



 
 
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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 07:56
Consolation – Denise Bernhardt
 
 
 
 
Enfin ce sont nos mains
Qui, comme des ailes tombent
Les doigts abandonnés
Les paumes ruisselantes,
Le nid détruit
D’où partent
Les colombes.
Ce sont tes mains ouvertes
Qui saignent sous la pluie,
Et que je referme
D’un unique baiser.

© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 06:59
UNE FAMEUSE QUÊTE – Luce Péclard
 
 
 
Le temps végète,
Rien ne se fête !
 
C’est ce qu’il semble
A l’âme inquiète…
 
Et cependant le jour furète
Entre ses rives frémissantes.
Une sonnaille guette
Dans le matin brumeux.
Le silence harcelé
Sort de son oubliette.
 
L’oiseau volète
Entre les notes.
La pie claquète
A coups de bec.
 
Et le chat noir dehors, sans bruit,
S’applique à finir sa toilette.
Il lustre de façon parfaite
Le dernier lambeau de la nuit.  
 
© Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « Pars si tu peux » aux éditions du Madrier


 


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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 06:42
TERRE NATALE - Nancy Turnier-Férère
 
 
                                               À Gérard
 
 
Fierté et gloire voici ton Ayiti
Pays natif-natal patrie tant adorée
Fier tu es de dire que tu es d’Haïti
 
Terre des Taïnos grand amour Ayiti
Ton petit coin là-bas joyau tant admiré
Alors pour le revoir tu rêves d’Haïti
 
Fille aînée d’Afrique béni sol d’Ayiti
Tu toises qui la nie ici à l’étranger
Sans te vanter tu dis que tu es d’Haïti
 
Les paupières closes tu récites Ayiti
Les années s’écoulent vas-tu voir sa beauté
Avec beaucoup d’espoir tu rêves d’Haïti
 
Que ce jour revienne ce passé d’Ayiti
Ton pays dans ton cœur c’est la réalité
Avec fierté tu dis que tu es d’Haïti
 
Bordée d’un bleu d’azur c’est toi ô Ayiti
Cet amour robuste tu veux bien l’attester
Car ton pays te dit reviens en Ayiti
Et je t’entends répondre je suis en Haïti
 
 
©Nancy Turnier-Férère
(Poème Villanelle Chants de Rêves Cris d’Espoir 2012)
 
 
 
 
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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 06:57
La marche de l’obscur – Victor Varjac
Photo J.Dornac©
 
 
 
La marche de l’obscur
épanouit ses pas
telle une fleur sans nom
au parfum enjôleur
Mais je suis ton regard
la blancheur de tes mains
la pulpe de ta bouche
la course de ton sang
et ta jeunesse m’offre
les délices de mes nuits !...  
 
©Victor Varjac
Antibes, le 19 novembre 2012


Extrait du recueil de Victor Varjac « Les Fiançailles de l’Aube » aux Editions Chemins de Plume

 
 
 
 
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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 07:08
Multitude – Béatrice Pailler
Marc-Antoine Raimondi – 1520 - Strasbourg ; cabinet des estampes et des dessins
 
 
 
Que s’allongent et s’épaississent les ombres que s’efface la lumière, bientôt, oui, bientôt, il fera sombre. Entends-tu la voix rauque de mes enfants au crépuscule ? Ils s’agitent, ils grondent, l’impatience les brûle. Rouges agapes, festins cendrés, dans les ténèbres, piégés, ils ne veulent plus rêver. Vois, au ciel étoilé, pleine et entière, comme un appel, la lune luit. Ici, lentement s’éveille la plus sensuelle des nuits.
 
C’est l’heure maudite, celle des étreintes troubles et des brasiers infâmants où les succubes visitent les hommes, les désespèrent, les ruinent, à jamais languissants. C’est l’heure bénie, l’heure des filles nubiles, soumises, suantes de volupté, l’heure des vierges folles, offertes et dénudées. C’est le temps des vampires. En éternels invités, peaux neigeuses, veines bleutées, ils boivent aux calices des gorges veloutées. Regarde, les cohortes d’outre-tombe et leurs fantômes déchaînés, dans nos souvenirs endeuillés, ils prodiguent les caresses fanées d’un monde figé.
 
Tous, chœurs de nuit errants sous le hâle blafard, surgis de terre, tenaillés par la faim, ils viennent se nourrir, s’abreuver à l’humaine sueur d’une chair suppliciée. Es-tu prêt à mourir ?
 
Accepte, l’évidente, l’envoûtante beauté de ces âmes damnées. La vie est un rêve inutile, sois sans peur, donne leur ton sein à dévorer. Rouges sont mes baisers, laisse-moi étancher ma soif de ton sang. Offre-moi ta gorge et je ferai de toi le plus terrible et le plus cruel de mes enfants.
 
©Béatrice Pailler



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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 07:15
GILBERT – Michel Duprez
Photo J.Dornac©
 
 
 
Être ange, c'est étrange,
surtout quand celui-ci vous colle à la peau
du premier jusqu'au dernier jour de votre existence.
Le mien s'appelle Gilbert.
Ni tout à fait blanc, ni tout à fait noir,
il a généralement bonne mine
même s'il rougit dès qu'on l'aperçoit.
Un soir, je l'invite à poser un geste fort,
il chancelle, esquissant un signe indécis,
un peu comme un éléphant qui aurait perdu la mémoire,
un singe aussi, peut-être, excessivement maladroit,
qui ne demanderait pas mieux que de trouver son maître.
Il a l'impression d'avoir été trahi,
un peu comme un aigle aveuglé
par la taupe infiltrée au beau milieu de son aire
afin de voir clair dans son jeu.
Le lendemain, par on ne sait quel tour de passe-passe,
voilà Gilbert aux anges :
son chemin est enfin tout tracé,
le résultat si troublant que je demeure sans voix.
Gilbert m'obéit au doigt et à l’œil
(il est vrai qu'en ma qualité de peseur d'âmes
comme de pourfendeur de dragon,
je suis son supérieur hiérarchique).
Je préfère évidemment le savoir rassuré
plutôt que profondément déçu par une mine de papier mâché.
Aussi ai-je estimé qu'il était de mon devoir de protéger à tout prix
ce dernier survivant d'une espèce en voie d'extinction,
en l'empêchant notamment de se sentir un peu plus diminué
chaque fois qu'il se taille après avoir pris peur.
 
Michel Duprez© 




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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 08:00
III) Les opportunistes - Un monde de brutes a l’état brut - Djida Cherfi
 
 
 
Se frayer un chemin
Dans un monde où on ne maîtrise rien,
Peut sembler si anodin
Et si simple pour certains.
Ils tracent leur route
Comme des vacanciers au mois d’Août.
La vie n’est pour eux
Qu’un grand terrain de jeu.
Un espace de loisir
Où ils sont libres de choisir.
C’est un endroit où ils ne voient
Ni la politesse, ni la détresse, ni même les gens qu’ils blessent.
Ils se frayent un chemin
D’une facilité lisse.
Qu’ils lubrifient pour un destin
Vers lequel, sournoisement, ils glissent.
Par bien des manières,
Ils traquent les moindres petites failles.
Et quitte à côtoyer Lucifer,
Ils les joignent pour en faire un portail.
Tout est simple, tout est normal !
Rien n’est jamais compliqué et rien n’est jamais sale !
Au final, « ces gens semblent oublier
Que cette terre si belle et, qu’ils croient gouverner
Est indifférente à ce qui les attend et au sort qui leur est réservé. »
 
 
 
©Djida Cherfi
13/08/15



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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 07:08
- Anamnèse -  de Claude Bardinet - Par Michel Bénard
- Anamnèse -  de Claude Bardinet. Editions Librairie-Galerie Racine – Paris – (54 pages)
 
 
               « Entre l’Anamnèse, la sérendipité et le doute la poésie construit son nid. »  MB. 
 
 
Allez, encore un pas, osez, ça y est vous êtes au seuil des arcanes poïétiques de Claude Bardinet. Entrez !
Les dés sont jetés et jamais ils n’aboliront le hasard.
Il n’y a d’ailleurs pas de hasard, mais phénomène de convergence si « Anamnèse » se présente à vous sous le sceau de l’hermétisme pondéré, mais désiré !
Claude Bardinet répand ses mots, ses bribes verbales, ses signes ludiques ou symboliques sur le pupitre de son scriptorium. Où peu à peu en bon compagnon ébéniste du verbe, il compose sa marqueterie poétique.
Notre poète joue avec les lettres, les expressions, les métaphores, afin de mieux se risquer à l’imprévu des jeux de mots, il compose ses textes comme il réalise ses graphismes en ne laissant apparaître que juste l’essentiel d’un trait. Sorte de minimalisme.
Il laisse ici et là des clés, à vous d’en trouver les bonnes serrures.
A ce jeu la poésie a pris un peu de distance pour laisser place aux effets troublions, elle s’est mise en retrait, parfois même jusqu’à la déliquescence, afin de mieux nous surprendre et se ressaisir.
A l’angle du labyrinthe quelques fleurs délicates percent de-ci de-là, dispensant lumière et couleur en touches de bonheur et d’amour.
Ce ne saurait nous déplaire, il arrive à Claude Bardinet de se faire un tantinet coquin en jouant avec : «  Des beaux nichons…/… » Pardon de jolis seins !
Il arrive que le texte soit volontairement destructeur, comme pour mieux provoquer. Sous une couverture de fantaisies se cache un iconoclaste.
 
« En Poète iconoclaste
Je dévoile mon arsenal…/… »
 
Voilà ! Le mot est lâché, Claude Bardinet revêt sa tenue de poète provocateur et iconoclaste.
Si l’idée veut dominer, la poésie est à ses pieds.
Peut-être Léo Ferré aurait-il trouvé son compte, lorsqu’à juste titre notre poète se veut quelque peu anarchiste. A quoi, à qui peut-on encore croire face à cette effroyable corruption, à cette inacceptable falsification d’une société humaine exsangue, à bout de souffle.
 
« L’Europe dissoute en clearstream
Nos institutions c’est d’la frime…/..
Claude Bardinet se veut lucide sur l’absurdité de ce monde et particulièrement de ceux qui sont censés le gouverner, mais contre vents et marées il demeure optimiste.
Ce cap de Bonne Esperance passé ou surpassé, les textes d’ « Anamnèse » se mettent en réflexion, ils philosophent même, pour le plus grand bonheur d’Erasme ce chantre de la folie ordinaire.
Sans être dans l’éloge, nous sommes cependant dans l’interrogation de la démence de toute une société contaminée par le virus hypertrophié de la pandémie spéculative libérale. 
Claude Bardinet voudrait-il se rendre obscur, impénétrable ou presque afin de mieux provoquer, voire de faire se retrancher son lecteur dans le questionnement.
Pour conclusion, ici je vous laisserai suspendus dans la réflexion.
 
« Naitra un monde en perdition
…………………………………
Tous nos calculs sont artifices
Ephémères sont nos bénéfices. »
 
« L’art survit à tout
Même aux fossoyeurs
Nos rêves les plus fous
Survivrons ailleurs. » 
 
Si nous nous référons à notre poète tous les espoirs sont permis.
 
Michel Bénard.
Lauréat de l’Académie française.
Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.
- Anamnèse -  de Claude Bardinet - Par Michel Bénard
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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 06:46
Attendre - Ode
 

Le pendule de mon ventre se balance
Sur l'axe de votre longue absence
En un mouvement oscillatoire érotique
Rythmes harmonieux de feu et de chairs
Force de l'action qui me rappelle à l'équilibre
Pendule compensateur sur la marche de l'attente...

Explorer la patience en compagnie de l'espoir
En prononçant vos voyelles une à une
Incantations impérieuses au verbe aimer
Aux odeurs annoncées de votre chère présence
Tissant ainsi mes jours à la joie de vous retrouver
O ! Solitude lourde remplie de vos silences...

Qu'arrive enfin cette libération, je la demande, la crie
Afin de réconcilier mon âme veuve de vous
Et que cesse cette césure qui me traverse
En mon cœur crénelé à votre empreinte
Ainsi, je traverse avec force et ferveur des espaces les couleurs
Jusqu'à vous, jusqu'à mon interminable et intime douleur...

Chaque geste, chaque mot écrit, chaque souffle
Chaque pensée, chaque coucher, chaque lever
Vous appartiennent, vous sont offerts, sont à vous
Sentinelles de notre ensemble ainsi protégé
Brasiers mis sous globe pour qu'ils ne se consument
Qu'emmêlés à vos miels comme un embrun d'écumes...
 
Ode©
22 avril de l'An Deux
 
http://zodode.5.50megs.com/CS/attendre.htm



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