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31 août 2020 1 31 /08 /août /2020 06:28
©œuvre d’Eliane Hurtado – Le cercle des lumières


 

 

La nature a ressuscité
Toi ! L’homme ne sort plus
L’ennemi invisible est là
Silencieux mais dangereux.


Toi ! La voiture reste immobile
La nature a ressuscité
Vapeurs d’essence oubliées
Tumulte disparu.


Toi !  L’oiseau tu peux chanter
Brindille au bec fait ton nid
La nature a ressuscité
Les oisillons bientôt  naîtront.


Toi ! La fleur ouvre ta corolle
Embaume la terre entière
Flirte au gré du vent
La nature a ressuscité.
 

©Eliane Hurtado
 
 
 
 
 

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30 août 2020 7 30 /08 /août /2020 06:46
Photo sur le site www.levasiondessens.com

 

 

 

 

 

 

Le pont-canal s’éloignait tandis que le sourire de l’ange de Saint-Etienne m’accompagnait.

Partout volutes et arabesques en émaux colorés chantaient le fleuve qui, pour l’instant, demeurait invisible.

Chaussé de semelles nomades, je partais à la rencontre de la Loire, le plus long fleuve de France.

Guidé par la course des nuages gonflés de nacre, je laissais courir le jeu ailé de mon imagination.

Tel fut le premier éveil au sentiment de la beauté.

 

Je pénétrais sur cette terre de lumières proche de Briare, un lieu pour échapper aux apparences, un coin du Loiret pour admirer et aimer.

Dans un premier temps, je me contentais de suivre le canal latéral sous les ombrages du chemin de halage.

Libre, heureux comme un soir d’été, j’exultais dans le bruissement des peupliers.

La poésie reprenait vie, couleur et intensité.

C’était comme si l’enfance se prolongeait.

 

L’éclat des élytres d’une libellule bleue m’invitait à rester à l’affût dans cet écrin du monde aquatique.

Les soieries claires des berges me conviaient à broder le temps.

Par instant, la beauté était si vive qu’elle devenait indescriptible.

 

Au claquement d’un bec derrière le talus alluvial, j’avançais. La Loire était proche.

Je la rêvais drapée dans un voile de toile bleue, odorante à chaque méandre.

 

Je grimpais sur la levée, aidé par la danse des papillons sous la brise de Loire.

 

Tous mes sens en éveil, la main en auvent sur les yeux, j’apercevais la Loire, souple, pénétrante, déliée, musicale.

Bleutée par le fil des courants, rousse près des grèves caillouteuses, j’avais envie de l’embrasser.

Entre deux bancs de sable, les touffes d’osier riaient, serties d’un anneau céruléen.

 

La Loire devenait Muse.

 

Je l’imaginais câline sur une grève sablonneuse, tendre au froufroutement d’une roselière, amoureuse au gré des courants, chantante au déversoir, insoumise et fougueuse les jours d’orage, s’ouvrant jusqu’aux berges, haletante, frémissante de tout son corps sous les éclairs qui la fécondait en un long plaisir.

Elle savait s’abandonner sur le fauve des galets quand les grèves se colorent d’un bleu turquin tirant sur l’indigo.

Alors, elle veillait la nuit entière, allongée dans l’épaisseur soyeuse du sable d’une oseraie.

Le vent de l’aube lui apportait cette lueur caressante qui agitait ses dessous de satin bleu.

Au fil des heures, elle redevenait lumineuse, verte amande au rebond d’une cascade, violine sur un remous, brillante et nacrée sur un banc d’ablettes, blonde et transparente au miroir d’une anse.

 

Loire, déesse aux paupières bleues, près de toi bien des amoureux troquèrent leur vie pour un songe.

 

Loire, ton chant lyrique, étonnant de force et de couleurs peut, à chaque instant, déclencher un incommensurable bonheur.

 

Loire, union du ciel et de l’eau, tu sais, au cri d’un courlis, faire glisser la corde d’amarrage, libérant l’esquif vers l’autre rive où m’attend, sous l’envol des volubilis d’une tonnelle, un vin de sable et de brume, hymne à Ariane dans le rougeoiement du crépuscule.

 

©Roland Souchon

août 2020


www.rolandsouchon.com  

 

 

 

 

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29 août 2020 6 29 /08 /août /2020 06:32

Reçu de Michel Bénard que je remercie chaleureusement ! Bienvenue à Amadou Lamine Sall

Photo de : www.lequotidien.sn

 

 

 

COURTE BIBLIOGRAPHIE

 

 

Amadou Lamine SALL

est né le 26 mars 1951 à Kaolack, au SÉNÉGAL.

 

         Il est d’abord poète, puis écrivain, conférencier et critique d’art. Fondateur de la Maison africaine de la poésie Internationale et des Biennales de poésie de Dakar, il est également le fondateur des « éditions feu de brousse. Il occupe actuellement au Sénégal, dans le cadre gouvernemental, les fonctions de Commissaire, Secrétaire Général de la Fondation mondiale pour le Mémorial et la Sauvegarde de l’île mémoire de Gorée, classée comme patrimoine mondiale de l’humanité par l’Unesco.

 

          Dans les distinctions, par deux fois l’Organisation Internationale de la Francophonie lui a confié la fonction de président des jurys littéraires des Jeux de la Francophonie à Nice, en France, et à Abidjan, en Afrique.

 

         Le poète est titulaire des Palmes Académiques du Sénégal. Lauréat des Grands Prix de l’Académie Française. Officier de l’Ordre des Arts et Lettres de la République Française. Membre de l’Académie Mondiale de Poésie.

 

           Son œuvre poétique est traduite dans plusieurs langues dont l’anglais, l’espagnol, le russe, l’arabe, l’allemand. Elle est enseignée dans plusieurs universités de par le monde.

 

           Léopold Sédar Senghor a dit d’Amadou Lamine Sall « qu’il était le poète le plus doué de sa génération ».

 

     Amadou Lamine Sall est entré comme poète dans le dictionnaire.

 

 

* * *

 

 

MA DÉCLARATION D’AMOUR A LA LANGUE FRANÇAISE

              Forum mondial de la langue française, Québec 2012, juillet.

                                                                                  

Par Amadou Lamine Sall

poète

Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

 

       Toutes les langues sont belles… mais il en est une, déesse de feu au long corps d’érable, de chêne et de baobab, une langue qui enjambe océans et fleuves, chante sur les avenues, les chemins de brousse, dans des cabarets, des cases et des huttes. Cette langue est une femme belle aux lèvres de café, aux yeux de sirop, aux mains de henné, à la bouche de vin de palme. Elle porte dans son ventre des enfants de toutes les couleurs. C’est une langue métisse, et le métissage culturel est l’avenir de notre civilisation. C’est une langue universelle, parce que langue de l’esprit et du cœur, langue de partage, langue de confiture et d’amour, langue de « saudade », de voyage et de bivouac. La langue française est une langue de pétulance au ramage multicolore, une langue de lune de miel et de soupirs, langue d’élégance, langue de cour, langue de frisson et de bravoure, langue de refus, langue de guépard et de gazelle, langue de galop, langue des lois et langue des rêves, langue des tombeaux, langue d’éternité.

 

        Comme telle, se décline également la Francophonie, espace linguistique de l’esprit, espace géographique du cœur. Cet espace est un espace de chair et de sang, ceinture fraternelle au service de la créativité. La langue française est notre maison, la Francophonie est notre famille, notre héritage, passé, présent et avenir confondus. Il est heureux que la langue française comme l’espace qu’elle symbolise et nourrit, portent tous les deux, la marque du féminin. C’est par-delà tout l’éloge à la femme, celle par qui le monde naît et renaît. Chez nous en Afrique, la femme est le magister de la terre, car les ronces ne donnent pas de raisins.

 

      En Afrique, nous ne sommes plus locataires de la langue française, mais copropriétaires !

 

         « On ne peut vivre toute une vie avec une langue, l’étirer de gauche à droite, l’explorer et fureter dans ses cheveux et dans son ventre, sans que l’organisme ne fasse sien cette intimité » disait le poète.

 

          Voici donc que le Québec nous reçoit, terre de poésie et d’honneur. « Je me souviens… » ! Nous devons tous nous souvenir, car c’est le passé qui porte le présent ; se souvenir veut dire ne pas renoncer à ce que l’on est. Nous voilà habitants d’un espace de tous les rêves et de tous les dons autour d’une langue que les dieux, les premiers, ont dû parler dès le frémissement de la terre.

 

        La langue française est notre buisson ardent.

 

        Réunis les tisons flambent, séparés ils s’éteignent. La Francophonie est notre grand feu de bois et la langue française ce soleil qui jamais ne se couche de Kinshasa à Port au Prince, de Rabat à Bujumbura, de Ndjamena à Beyrouth, de Tunis à Bamako, du Caire à  Abidjan. « Aussi loin que l’on puisse regarder, notre belle langue ne disparaitra pas du paysage linguistique mondial ».

 

       Ce n’est pas que le monde était triste que Dieu créa la France et nous envoya sa langue. C’est parce qu’autour d’une langue trempée, aguerrie, riche de toutes les saisons et venue du fond des âges, nous avions besoin de nous rencontrer, de nous découvrir, de nous parler, de nous connaitre, de nous aimer, de nous respecter, de proposer au monde une fraternité nouvelle, de bâtir ensemble un avenir pour nos enfants. Voilà pourquoi nous avons choisi le français et que le français nous a choisis comme maison commune, comme un grand pont jeté sur le monde.

 

     Jamais la langue française ne vieillira, car l’amour ne vieillit jamais. Par ailleurs, qui peut enterrer l’ombre d’un arbre ? Telle restera la force invincible de la langue française, toujours visible, toujours élégante, toujours souriante, désirée désirante, conquérante, triomphante, toujours brûlante, toujours poreuse.

 

      La Francophonie est le lieu de refondation de notre volonté de vivre ensemble, différents mais autour d’une même langue. Il s’agit de se tourner vers l’avenir sans oublier le passé. Se tromper de chemin, c’est apprendre à connaitre son chemin.

 

      Nous nous sommes rencontrés et il est trop tard pour se quitter,  car la femme est trop belle et nous avons déjà fait tellement d’enfants ensemble.

 

 

      Notre Francophonie n’est ni un voisinage, ni une mitoyenneté. Elle est un jardin commun. Nous cultivons le même champ. Nous logeons sous le même toit. Nous habitons ensemble une ville entière qui n’a qu’une seule rue et une seule maison, une seule adresse.

 

      La langue française est devenue un lumineux panier de fruits, un mélange de cauris, de jasmin, de perles, de coquillages, de noix de coco, de jujubes, de magnolias, de bougainvilliers, de pain de singe, d’oseille, de roses et de bambou ! Pour dire le parfum unique de notre langue commune.

 

     Mettre en Francophonie les Français de côté et les maliens de l’autre, les Québécois de côté et les congolais de l’autre, c’est mettre les voitures d’un côté et les chauffeurs de l’autre.

 

      En Francophonie, le lait a beau se vanter d’être blanc, le café le fera toujours déchanter, et le café aura beau se vanter d’être noir, le lait le fera toujours déchanter ! C’est cela également notre chance.

 

      La Francophonie est ce couple d’oiseaux dont parlait le poète, un couple où  chacun a une seule aile et qui vole ensemble.

 

      Qui pourrait égaler notre abondance de lumière et de force avec cette langue française qui a germé, conquis et charmé dans ses longs voyages la civilisation latine et grecque dont elle est l’enfant, les conquêtes allemandes, la splendeur des Tsars, la culture africaine ?

 

        La puissance d’une langue dépend moins du travail des grammairiens, que de la capacité de cette langue à aller à la rencontre des autres. Les grands fleuves de la langue française sont ses poètes, ses écrivains, ses paroliers, ses  musiciens. Oui, Voilà les premiers jardiniers de notre langue. Ils en sont les saisons et les arrosoirs.

 

      La langue du  Québec a toujours été et restera toujours pour moi « le soleil du cœur ». A une langue française habillée de tous les dons, le Québec a greffé un ton, un rythme et des mots  dont on aura du mal à égaler le goût et le parfum jusqu’aux lointains fruits bleus du paradis. C’est ici au Québec que la langue française regagne la lumière à chaque fois qu’elle prend le temps de s’attarder sur sa grandeur.

 

       Puisse t-elle encore reculer l’horizon dans un continent où elle s’affiche sans peur et avec panache.

 

       Que vive le Québec qui nous reçoit avec ce cœur plus grand qu’une cathédrale, en ce mois de juillet, juillet la saison des flamboyants et des manguiers en Afrique, saison que savait si bien chanter Senghor,  maître de notre langue commune.

 

      Puisse la langue française se perpétuer d’écho en écho, loin dans le temps, comme un printemps jamais fini, parce que sa légende l’éclaire désormais pour toujours.

 

          Je vous aime peuple de langue française.

 

Amadou Lamine Sall

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28 août 2020 5 28 /08 /août /2020 06:23
Dessin de Jeanne Champel Grenier©

 

 

 

...Monter aussi loin que je pourrai, je ne trouve que ta présence, mésange, et la présence du pinson, de l'alouette et de la tourterelle et aujourd'hui, moi vieillissant, je me confie à toi, ange, et à l'amie la tourterelle qui dès qu'elle le peut vient me saluer, fraternelle et amicale ;

et toi, portant le ciel sur tes ailes et elle, la tourterelle, au plumage de feutre et d'argent, êtes mes proches parmi les miens, et Françoise et Matthias et le chat Petigris ( chat syrien, dit Françoise) ajoutés à l'écriture de poésie, à la pratique de la peinture, voilà tout ce que j'ai maintenant de précieux et de cher...

 

©MILOUD KEDDAR

 

Extrait de « Ma compagne »

Ed. Parole & Poésie

Collection de l'Églantier

 

 

 

 

 

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27 août 2020 4 27 /08 /août /2020 06:31

 

 

 

 

Je t'offre mon corps

Offre moi la mort

Envole mon âme

Sans tragédie sans drame

Je t'offre mon enveloppe corporelle

Offre moi le repos éternel

Efface ma vie

Ou alors je te la dédie

Je ne te demande pas de me tuer

Mais meurs moi s'il te plait

Arrête mon cœur

Il devient lourd

Offre lui la douleur

Douce ton amour

Meure moi a jamais

Fais de moi un souvenir figé


©Djida Cherfi 
 14/07/2020

 

 


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26 août 2020 3 26 /08 /août /2020 06:30
Pixabay.com - Free-Photos

 

 

 

 

Poème ?

Hello, Poème, où es-tu, mon fidèle associé ?

S’il-te-plaît, un peu de compassion envers moi…

Ce n’est pas en faisant durer le plaisir

que nous passerons plus vite à l’acte,

surtout que, sans ce dernier,

on assisterait à un véritable coup de théâtre !

Allez… Au nom de notre indestructible amitié, sois sympa.

Je ne demande, au fond, pas grand-chose :

juste un geste, un signe.

Enfin, bref,

si tu pouvais sortir de ta cachette

et arrêter de trouver amusant

de me voir ainsi muser sans muse

après qu’un misérable petit vers solitaire

et qui, de plus, sonnait faux,

se soit vu laisser à l’abandon

en plein désert stylistique,

loin des subtilités langagières

qui aurait peut-être pu

- J’ai bien dit « peut-être » -

lui octroyer une pincée d’esprit inventif,

parce qu’ici, actuellement, tu vois, c’est la panne sèche

et moi qui ai horreur de me croiser les bras,

j’attends, j’attends toujours

d’être en deuil de cette feuille de papier

dont la pâleur cadavérique m’irrite au plus haut point

avant de pouvoir exploiter sur la suivante

un paquet de fruits cultivés

par ton imagination si débordante.

Ouf, voilà qu’à l’instant je recommence à percevoir ton souffle :

tu viens de remuer les lèvres

et, du coup,

au risque de me répéter,

de prouver noir sur blanc que je suis encore en vie !  

 

©Michel Duprez

 

 

 

 

 

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25 août 2020 2 25 /08 /août /2020 06:14

J'ai le plaisir et l'honneur d'accueillir aujourd'hui par l'un de ses poèmes, Sonia Elvireanu dont nous avons fait la connaissance il y a quelques jours grâce à la recension de l'un de ses recueils écrite par Claude Luezior. J'espère que vous lui réserverez un bel accueil ! C'est une grande richesse culturelle d'avoir la chance que divers auteurs venant de diverses cultures se retrouvent ici. Grand merci à elles, eux, tous ! Jean Dornac

appho sculpture par Claude Ramey

 

 

 

la sandale de Sappho

flâne à l’aube sur les sentiers,

 

cueille sur la semelle la rosée,

la pourpre des pavots,

 

les herbes bruissantes,

le souffle des vents,

 

l’eau des sources

et les sorts,

 

elle agite ses lacets de soie

dans les cheveux des ondines,

 

tels les susurrements de l’envie

sous les bras des nymphes,

 

ses traces, des ondoiements diaphanes

et des feux sur l’eau.

 

©Sonia Elvireanu

24.07.2020

 

 Sonia Elvireanu, Poèmes du recueil en manuscrit Ensoleillements au cœur du silence

 

 

 

 

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24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 06:34
La féminité, sculpture d’Etienne Fatras ©

 

 

Pardonne ma familiarité

Qui déroge

A ton air altier,

Mais à te regarder je m’interroge.

Tu sors à peine de mes mains

Que déjà je n'ose plus te toucher.

J'essaye d'attirer ton attention en vain,

J’ai l'impression de ne pas exister.

 

Pourtant, tu as quelque chose, à me dire,

Ou du moins, c'est moi qui dois lire

Le message subliminal de mon subconscient.

Serais-tu l'ambassadrice de mes tourments ?

D’abord, cette beauté

Et plus encore cette féminité

Qui me chavire,

Qui m’attire, qui me fais souffrir.

 

Quelle blessure, ce dédain

De quelle gloire tire-t-elle cette fierté,

Pourquoi cette dérision du masculin

Dont la maladresse, trahit la sincérité.

Et puis cette absence,

Il ne reste que sa robe et son foulard,

Elle, elle est partie

Elle ne laisse que son esprit.

 

Disparu ce qui est charnel

Ainsi elle est devenue immortelle,

Dans le fond c'est ce que j'essaye de faire,

Avec un peu de terre et quelques vers.

 

©Etienne Fatras

 

 

 

 

 

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23 août 2020 7 23 /08 /août /2020 06:51
Rêve d'amour et de nature - ©Photo J.Dornac

 

 

 

Je t’offrirai une robe

Taillée dans la soie de la nuit

Qu’elle soit fluide

Comme le corps du nageur

Sculpté d’eau bleue

 

Je t’offrirai une robe

Taillée dans l’azur du ciel

Pour que l’hiver soit comme l’été

Contre ta peau de sable chaud

Dévolue à mes paumes

 

Je t’offrirai une robe

Taillée dans le vert des forêts

Et le murmure du vent

Dans les frondaisons fraîches

Accordées à ma bouche

 

Je t’offrirai toutes les robes

Que tu veux

Robes d’étreintes et de joie

Robes de danse et de feu

Pour que jamais ne cesse

 

Le mouvement de notre amour.

 

©Pascal Hérault
 
 
 
 

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22 août 2020 6 22 /08 /août /2020 06:47

Éditions L'Harmattan, Paris, oct. 2019, 155 p.

ISBN : 978-2-343.18739-6

 

 

Avec une délicate féminité, l'auteure roumaine mais bilingue Sonia Elvireanu féconde ici, par la magie de ses mots, un voyage initiatique :

 

l'homme est le Ciel, la femme, la Terre

l'homme, l'aile d'azur, la femme, celle d'argile,

 

chacun peut être l'arc-en-ciel

le commencement de l'épanouissement  (...)

dans l'embrassement du Ciel et de la Terre

moi, sur la ligne de l'horizon  (pp 44-45)

 

Créativité de la langue sécrétant ses remous aurifères (l'éphémérité s'enterre jusqu'à la résurrection, p. 106), minime delta aux infimes reflets, tournures subtiles et accents d'une culture-sœur nous charment et nous maintiennent aux aguets. Tout au bout de cette ligne de vie, la solitude du poète, une pomme flétrie qui s'accroche à sa branche, une intériorité potentialisée par l'absence...

 

Mais pas seulement.

 

L'itinéraire est riche d'une spiritualité sous-jacente : Dieu est souvent en filigrane. Les mots baptême, prière, bénédiction, psaume de la vie se retrouvent avec constance, y-compris dans les titres des poèmes. Loin d'être un livre religieux, ce recueil est  imprégné d'une spiritualité délicate. Elvireanu évoque même la reine de Saba, femme du Levant, / or, encens et myrrhe / sur mon chemin étoilé (p. 36), figure mythique de l'Ancien Testament, tout à la fois laïque et spirituelle, astrolâtre et charnelle, sur la longue route qui la mènera au redoutable roi Salomon, symbole du monothéisme.

 

Dieu,

donne de la sérénité à ma pensée

pour que sa limpidité ne tombe

nulle part en chemin,

 

 

que les pétales couverts de rosée

s'ouvrent doucement effleurés par Toi

dans le ciel de la paume (... p. 142)

 

Ces lignes ne sont pas sans nous évoquer l'écrivaine chrétienne Marie Noël ou même Thérèse de Lisieux... Frémissements de l'être devant l'icône, ondulation d'un horizon où s'entremêlent joie et doutes.

 

Même avec un caractère transcendantal, l'itinéraire de Sonia Elvireanu est avant tout celui de l'amour  :

 

fais-moi découvrir que tu vis

quelque part dans un autre temps

 

que le paradis ne sèche pas en moi,

que je le ressente sur la terre  (p. 87)

 

Mais ces caresses, cette présence-absence (une maladie qui se niche dans le cœur, p. 124), ces pulsions,  sont parfois rudes, âpres, cousues de mélancolie (p. 129) :

 

la solitude traînant ses pieds nus

tel un mendiant dans les rues

et sur les trottoirs déserts

 

Certes, le tableau ressemble, par son camaïeu de pastels, à un Monet (p.62) : les mains deviennent soyeuses / et se métamorphosent en pétales / des nénuphars fleurissent dans mes cheveux) mais sans facilité ni guimauve. Oui, ce recueil a du souffle, a du ciel : tel un psaume, il se lit avec une joie gourmande, mais également beaucoup de retenue et une infinie pudeur.

 

 

                                                  Claude LUEZIOR

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