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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 07:24
Perte de contrôle - Gilles Lecoq
 
 
 
Sometime, I lose the Control,
Et la manette des gaz poussée à fond,
Dans la forteresse crânienne,
Parmi les circonvolutions synaptiques,
Le Jumbo-jet fonce.
 
La cargaison mémorielle est importante,
D'où l'éléphanteau au fuselage acéré,
Tels les serres des rapaces majestueux
Dans des cieux azuréens montagneux
Il plane.
 
La Blanche Tente plantée dans un Désert de Solitude,
La Rouge Voile de la Jonque affalée car
Tempête force 12 en vue,
Les Tentures grises se gonflent de Joie et de Liesse,
Le décollage est proche,
Les amarres larguées,
Le Port s'éloigne, le Phare à son tour
Apparaît puis disparaît à la vue des marins
D'eau douce ou amère,
La mer les prit, sans prix, no prière,
Et les Naufragés des Vies stériles
Trouvèrent refuge dans leurs Homes, sans Hommes,
Ni Humains, déjà Machines,
Sans Cœur ni principes de Vie,
Lame déchirée sur leurs certitudes,
Elles et Ils s'engluent
Telles des Mouches aveugles et sourdes
A l'appel des Abeilles butineuses,
Dont le dard transperce la couche épidermique
Qui donne accès au Nectar.
 
Et puis, étiqueteuse à pleine paluche empoignée,
Elles et Ils dirent et jugèrent celle et celui qui,
Coupable à leurs yeux exorbités et effrayés devant temps
De Liberté soufflant sur sa chevelure,
En faim déchaînée,
Libre de toutes entraves,
La vue du Corbeau Blanc de Don Juan,
Yaqui Sorcier de son état en forme de champignon
Non atomisé,
Comme le congénère haï antan voit son frère,
Lumineux et non sombre,
Il prit le chemin qui traverse les travers,
Pas à pas, cent puis mille pas plus tard,
Des nuées en nuages noircis de tant d'eau à venir,
Le souffle court et la Tempête apaisée,
Le Funambule Noctambule,
Brave Heart made in Scotland,
Revient de son Île et pose ses pompes.
 
Ce n'était qu'une étape,
Coassa Maître Corbeau.
 
Demain est ailleurs,
L'ailleurs d'ailleurs
Attend son Heure.
 
©Gilles Lecoq.
04 Août 2015  




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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 06:49
Neutre – Thierry Deschamps
" Le secret de leur bonheur " JÉRÉMY COSIMI
 

Ne rien voir, ne rien entendre,
Esquiver les problèmes sans chercher à comprendre.
Un petit nid douillet loin des cris de douleur,
Tragédies, guerres, famines, qu'importe le malheur !
Regarder son nombril est tellement reposant !
Et s'occuper des autres prendrait bien trop de temps…

~~*~~
 
©Thierry Deschamps
 




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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 07:12
Le coquelicot – Michèle Freud
Photo J.Dornac©
 
 
 
Tandis que le tonnerre gronde, que des éclairs jaunes strient le ciel obscurci, un artiste, dans sa tour d’ivoire, attend impatiemment, anxieusement, l’arrivée de la pluie, d’une pluie allègre, fournie, qui ne se borne pas à une larme d’hirondelle, comme les autres fois.
 
Depuis plusieurs semaines, sévit une canicule féroce, qui tue, grille et saccage. La terre n’est plus qu’un désert sans vie, un paysage d’apocalypse. L’artiste à faim, faim de verdure, de luxuriance, de cascades géantes. Brusquement, comme pris de folie, il saisit un pinceau et peint goulûment des arbres, des fleurs et des ruisseaux. Puis il s’arrête, rassasié et serein. Alors, amoureusement, les larmes aux yeux, il contemple son tableau ; il le détaille, il s’en nourrit.
 
Soudain, dans un coin du paysage, il découvre avec émotion, un coquelicot, un petit coquelicot, qui de son œil noir, le fixe intensément…
 
©Michèle Freud

 


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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 07:21
LA CHIMÈRE – Théophile Gautier
Portrait de Théophile Gautier
 
 
Une jeune chimère, aux lèvres de ma coupe,
Dans l'orgie, a donné le baiser le plus doux
Elle avait les yeux verts, et jusque sur sa croupe
Ondoyait en torrent l'or de ses cheveux roux. 
 
Des ailes d'épervier tremblaient à son épaule ;
La voyant s'envoler je sautai sur ses reins ;
Et faisant jusqu'à moi ployer son cou de saule,
J'enfonçai comme un peigne une main dans ses crins. 
 
Elle se démenait, hurlante et furieuse,
Mais en vain. Je broyais ses flancs dans mes genoux ;
Alors elle me dit d'une voix gracieuse,
Plus claire que l'argent : Maître, où donc allons-nous ? 
 
Par-delà le soleil et par-delà l'espace,
Où Dieu n'arriverait qu'après l'éternité ;
Mais avant d'être au but ton aile sera lasse :
Car je veux voir mon rêve en sa réalité.
 
Théophile Gautier
 
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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 07:04
Le secret – Denise Bernhardt
 
 
 
 
A force de vouloir
Nuancer d’amour, l’amitié
Et confondre l’amitié avec l’amour,
Naquit un sentiment hybride
Revêtant la beauté
D’un monde en clair-obscur
Où les nuages plombés
Luttent avec le jour
Sur la terre arasée…
Depuis s’enfuit le temps
Vierge de tourments,
Car il m’est apparu
Qu’au-delà de tes ambivalences
Tu as seulement besoin
De savoir que l’on t’aime.  
 
©Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.


 


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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 06:49
LÀ OÙ NOUS MARCHONS – Luce Péclard
 
 
 
Le seul vrai royaume,
Ce cercle de terre
Sous nos pas d’errance,
Place protégée
Que nous habitons
En espace et temps.
 
Ce petit lopin
De l’itinérance,
Traversé de routes
Et de paysages,
Bordé de falaises
Et de hautes cimes.
 
Ce morceau de sol
Rivé à nos pieds,
Fidèle à notre ombre
Par monts et par vaux.
 
Ce domaine étroit
Toujours en mouvance :
Là où nous marchons,
Passagers de vie.  
 
©Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « Pars si tu peux » aux éditions du Madrier


 

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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 06:54
L’AMOUR FOU - Nancy Turnier-Férère
©Vladimir Kush
 
 
 
Le regard lointain les yeux confus à vol d’oiseau
J’invente l’homme de mes rêves et à mon sens
Je le cherche à travers un cafouillis de non-sens
Je m’attends à des plaisirs d’un amour des plus beaux
 
Folle suis-je je me crée des rêves passionnants
Dans un paysage nocturne dans lequel tu m’étreins
Je me tuerai si tu n’existes pas mais je te vois qui atteins
Le seuil de ma porte béante au parvis de marbre blanc
 
Fière beauté si tendre roi de mes nuits épanouies
Mes lèvres font la chasse au philtre de ton corps
Je viens je fouille j’erre tes sentiers de conquistador
Lentement tu viens et conclus à mon lieu favori
 
Mes péchés sont têtus et n’arrivent pas à me plaire
Des désirs fallacieux s’installent pour me tromper
Je les évade mais toi mon homme je t’ai agrippé
Regarde dans mes yeux qui vois-tu qui réverbère
 
©Nancy Turnier-Férère
(L’Amour Bleu 2009)
 
 
 
 
 
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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 07:15
Le vieux village – Victor Varjac
 
 
 
 
Le vieux village
se prend pour un rocher
plusieurs fois millénaire
frottant ses murs et ses pierres
sur les collines
… cachées derrière…
Théâtre immobile
attentif et joyeux
tu fermes l’horizon
et la vie doucement
passe devant
et pourtant
à l’abri du regard
des hommes vivent
et meurent…
… mais chut !... plus un mot
c’est un secret…
Le promeneur
doit toujours ignorer
que ce village perché
serre délicatement
entre ses doigts de pierres
son petit cœur d’enfant !...

©Victor Varjac

Haut de Cagnes
(village qui m’accueillit en septembre 1985).
Le 22 juillet 2012

Extrait du recueil de Victor Varjac « Les Fiançailles de l’Aube » aux Editions Chemins de Plume

 
 
 
 
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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 07:14
Nuit – Béatrice Pailler
©Rafal Olbinski
 
 
 
Nous t’implorons Mère fertile, Nuit, fille du Chaos.
Nos corps ces gouffres insondables et glacés réclament,
Pour prix de nos souffles impies une nourriture infâme.
Nuit, libère tes enfants tourmentés par ce brûlant fléau.
Nous ne voulons plus affamés être au tombeau prisonnier.
Il faut jouir, se réjouir du sang vermeil répandu et soumis,
Pour qu’à long trait goulûment nous buvions cette chaleur bénie.
Nuit, nous t’implorons libère tes enfants par la soif consumée.
Car nos corps s’enflamment sous le joug de douleur d’une faim insensée.
Et cet animal féroce, indompté s’obstine avec rage,
Il mord, il lacère, corrupteur invaincu sans foi ni loi.
Alors la Nuit apaise ses enfants d’un doux breuvage,
Une sombre liqueur puisée aux sources hallucinées pleines d’effroi,
Des pleurs des souffrances versées, du sang des gorges blessées.
 
©Béatrice Pailler

 


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7 août 2015 5 07 /08 /août /2015 07:03
Mot nu mentalement relooké – Michel Duprez
 
 
 
 
Ces vers sont peut-être à moitié pleins
ou à moitié vides,
mais, si vous tendez bien l'oreille,
il se peut que vous entendiez respirer
un mot dans un mot,
ensuite encore un autre,
et puis encore un autre,
des millions d'autres,
voire des milliards.
 
Remarquez que je n'ai jamais dit « nom »,
sans doute en raison de mon esprit résolument positif,
ni encore moins « terme »,
pourtant si cher à Guillevic,
mais qui pourrait m'inciter à croire
que tout serait fini avant même de commencer.
 
Non, je ne dois probablement pas être le seul
à s'être au moins une fois déjà figuré
réussir un  jour à déchiffrer tout ceci au sens propre
pour une énième remise à neuf.
 
À neuf,
soit à l'image du nombre de Muses
que l'on se serait donné bien du mal
à substantiver avec autant d'élégance,
un tel accent de nouveauté,
même si une de plus n'aurait pas été du luxe,
ainsi que le disent certaines mauvaises langues
soi-disant soucieuses d'arrondir les contours
du mystère entourant ces déesses.
 
En fin de compte,
ce que vous écrirez sera d'abord un choix personne
et quand, demain, plongés dans un bouquin,
vous lirez « vocable »,
libre à vous d'avoir une pensée pour Valéry,
son plus fidèle admirateur,
ainsi que pour toutes ces autres voix
rebaptisées souffles de vie
après avoir conquis le cœur d'autrui
par tant de belles tournures.
Quant à moi, j'avoue éprouver un faible
pour la plus simple expression
quand le mot nu,
mentalement,
se voit vêtu comme un prince,
souverain sujet aux effets secondaires
d'une cour empressée.
J'envie sa surprise autant que son bonheur
tout en ayant l'impression
d'avoir ajouté ma petite pierre
à l'édifice.
 
©Michel Duprez

 


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