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23 juin 2020 2 23 /06 /juin /2020 06:33
Le penseur, œuvre de Khalil Gibran

 

 

J’ai la joie d’accueillir Miloud KEDDAR, peintre et poète, présenté ici par Jeanne Champel Grenier que je remercie grandement. Aujourd’hui, elle vous présente l’homme et le poète avec l’un de ses poèmes, demain, ici, je publierai sa présentation du peintre au travers de la couverture de son recueil intitulé : Chemins de Soi

Bonne découverte si vous ne connaissiez pas cet homme d’arts qui nous fait l’honneur de le découvrir sur Couleurs Poésies (Jean Dornac)

 

 

 

                                                      « CHEMINS DE SOI »

                                                             Poèmes 

                                                     Miloud KEDDAR

 

                     Chaque homme se demande un jour, et le plus tôt est le mieux : qui suis-je ? Pour quoi suis-je fait ; et de ces interrogations naissent mille questions sans réponse puisque la réponse se construit par tâtonnement, la plupart du temps, sauf si l'on a un don précoce et particulièrement évident, irrépressible. Certains chemins s'ouvrent d'ailleurs dans la douleur ''Etre poète c'est avoir une corde cassée et être sensible'' Il va s'agir donc de chemin de compensation, de réparation intérieure. Comment trouver cet accord parfait entre les manques et les exigences de la vie ? Il faut compter sur le hasard dont le jeu est imprévisible .  ''Ecrire, c'est mélanger les cartes, jeter les dés, les cartes seront retournées'' Nul chemin déjà tracé d'avance, il n'est pas question de destin mais de chemin à créer pierre après pierre.

                    Pour Miloud KEDDAR, homme ayant vécu dans le désert des Touareg, homme qui étudia la météorologie en Algérie, il s'agit à chaque instant d'être patient, attentif aux signes du ciel. La vie est un chemin difficile et personnel ; il est fonction de tous les sens mis à l'écoute. L'homme du désert connaît le chemin de l'eau par la soif, le chemin de l'ombre par la brûlure sur la peau, le chemin de l'autre par l'absence, la solitude. Il avance de façon primitive au sens de ''premier'' avec respect, et goût du progrès, du développement futur, comme ''la rivière se jetant dans le plus du fleuve qu'il nomme vie qui s'efface en renaissant dans le multiple''' Il y a encore chez Miloud KEDDAR des traces d'oueds interrompus asséchés dans ses aspirations de fleuve régulier qui file vers la mer. Rien ne semble acquis.'' Pas à pas se rejoint l'éternel ''. L'auteur qui a passé sa jeunesse à l'écoute des signes qui pourraient le guider vers le meilleur de lui-même, est devenu Penseur, Poète et Peintre en empruntant mille chemins personnels dans la discrétion et la sagesse.

                    Mot après mot, couleur après couleur, le tout baigné de silences alternés de rumeurs, il a vu des idées fondatrices s'installer en lui ; il s'est laissé irriguer, et de sa terre intérieure en jachère, aride, sont nés des chemins, parfois une oasis fertile, de paix et de joie :''A regarder un fleuve caresser fiévreusement la joue de la terre,...on se prend à croire en l'amour''

Attentif aux rencontres, souvent avec son ''autre'' intérieur ( ''Éclaire cet autre en toi qui s'oppose à tes doutes'') , sa vie prend de la profondeur, et cette profondeur il pourra la partager car elle est source d'enracinement :''Et tu iras d'un seuil, au salut d'un autre seuil''

                      C'est donc bien de chemins intérieurs dont il s'agit ; d'une longue introspection positive, créative, qui permet à l'homme de connaître sa position face à ses aspirations premières.

Et le recueil s'achève sur un long ralenti où les mots orange, lune, brume créent une image mentale de repos ''une orange fait l'aumône à la nuit..., une lune caresse nos paupières...et toujours l'avenir...une aube plus claire et verte... laisse place au jour qui sur le toit réitère son chant...

C'est la divine phrase des Écritures consacrant le jour de création: ''Et il y eut un jour et il y eut un matin''.

                  Le philosophe Miloud KEDDAR sait que l'on n'avance pleinement dans la vie qu'en accomplissant, parfois dans la douleur et le renoncement, ses propres chemins intérieurs, ce qui est bien plus que de développer ses dons personnels, car ces chemins de vie ne se tracent pas sans inclure l'autre, son semblable, et une certaine idée de l'harmonie, du silence et de l'infini. Alors seulement, on peut se sentir en phase avec l'univers : « O rêve , ô pilier ! Au dessus-de l'abîme soutenant tout l'azur ! »

Le miracle c'est qu'en lisant Miloud KEDDAR, en scrutant ses toiles, on se trouve, ''après tant de pleurs, en rêve encore dans l'enfance continuée'', en phase avec sa vision de l'homme et du monde car si certains poètes sont pour « l'ici et le maintenant'', Miloud KEDDAR est pour « L'ici et l'Ailleurs, et le maintenant et demain ». Il y a de l'humilité naturelle et de la grandeur dans l’œuvre de Miloud KEDDAR.

 

©Jeanne CHAMPEL GRENIER

 

 

 

Extrait de ''CHEMINS DE SOI''

de Miloud KEDDAR, Peintre et Poète

 

 

...Un peintre au Poète dit un jour

: « Ami, comme moi,

habille le monde, tente la lumière ».

Et le poète de répondre :

« J'habite la langue, avec ses ombres

 avec ses masques, avec son sacrifice ».

Puis le Poète, tout en regardant l'horizon

et sur ses lèvres rien encore que des mots, dit :

« Mais la langue est-elle le monde ? » 

Et puis il se tait,

sachant qu'il lui faut lier son destin au silence

et lier son destin à celui du Peintre

pour que peut-être du geste

et de la langue

puisse naître la lumière.

 

©Miloud KEDDAR

 

 

 

 

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22 juin 2020 1 22 /06 /juin /2020 06:52

      

 

Librairie-Galerie Racine, premier trimestre 2020,15 Euros.

 

En ce livre (complété d'une superbe peinture de Colette Klein et d'une non moins belle préface d'Alain Duault), la sourcière (sorcière?) dionysiaque des mots et des eaux lustrales, accrochant sa force de vie au thyrse de la jouissance, célèbre la sauvagerie universelle des temps d'avant les codes, des temps où la conquête des sens importait davantage que la quête du sens. Nicole Hardouin blasonne la jouissance.

 

Son héraldique? Les mots du corps, mais aussi l'écriture même, modèle de souffle, incitation à la ferveur gourmande à l'approfondissement de la nudité des origines. Lilith a précédé Eve, revendique-t-el1e. Femme suzeraine et indomptée, vouée au plaisir, le serpent lui-même, symbole de la luxure, s'avoue vaincu devant plus forte que lui. La chair carnassière s'éblouit, fête chamelle sans frein, sans culpabilité, sans entrave.

 

Lilith évoque-t-elle sans trêve l'accomplissement de la chair, de peur de mourir à1'aube? Il faut conjurer les fissures de l'existence par où peuvent fuir l'attente et le désir. Le désir voyageur sans étoile, incessant mendiant entre le seuil et le passage, Athanor dans lequel la poète alchimiste transmue les ténèbres en liberté.  Le désir, seule brisure portant I'espoir d'un possible. Et cette chair exubérante livrée au lecteur finit par être vue par un paradoxe apparent comme une porte à peine entrouverte sur un secret.

 

Alors advient la perte. Dans le sillage d'Adam s'engouffrent la procréation et les tabous à elle attachés. La jouissance partagée n'est plus de mise. Le serpent dompté, rampe. Lilith, en fuite traverse le miroir. Pourra-t-elle revenir?  C'est ici que s'avancent conjointement l’imaginaire et la mémoire. Parviendra-t-elle à fàire jaillir les contraires (vide-surgissement.silence-cri), être à la fois « revenante. devenante » ou l’'absence étant définitive, muée en fantasme? « Nuit de lave, drap de suie »

 

Les descendants d'Adam sont devenus désir inassouvi, recherche furieuse de 1'avant ou tristesse sans fond. Sans guide pour leur enseigner les arcanes de la jouissance pure et heureuse, ils se réfugient dans la violence et les turpitudes de la chair.

 

L'alchimiste rameute ses souvenirs (la perte est-ce qui nous aide le mieux à nous souvenir). Y puisera-t-elle force pour revenir? L'aveu perce « J'ai toujours voulu dominer, fut la cause de ma chute ».Que peut-on réinventer? La perte se lance dans une folle poursuite avec le manque et le désir (manque désir perte manque). Le désir fàit du manque un infini. L'égarement-folie du début devient égarement-errance sur le chemin sans objet, |e chemin qui n'existe pas (« Marcheur, il n'y a pas de chemin » A.Machado).ou alors, ce chemin n'est-il que l'égarement lui-même?

 

Le retour ( Etemel Retour?) amènera avec lui la distance qui, mêlée à la fusion primitive, pourra peut-être enfin générer la véritable rencontre, charnelle et spirituelle à la fois. L’essentiel, finalement, ne serait-il pas dans I'inachevé ? Dans la clandestinité entendue comme territoire où l'être humain brise son carcan (le but) pour se réconcilier avec lui-même (le chemin)? Il n'y a début ni fin à rien. Le souffle inouï de la grande prêtresse projette à notre face nos propres vapeurs méphitiques et caressantes à la fois. Peut-être les seuls initiés auront-ils le droit de venir avec elle approcher le désir et le manque en même temps, à la recherche de l'unité (des corps et des esprits) perdue.

 

Nous sommes parvenus aux confins. Juste au-delà, c'est l'énigme primordiale. Cette écriture chamanique et charnelle nous amène au plus près. Danger, brûlure, mais aussi talisman pour les temps d’inclémence.

                                                            

Jean Louis Bernard

 

 

 

 

 

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21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 06:41

 

 

 

                                                                  A Jean Orizet

 

Le vin du jour

a perdu sa couleur

et l’aube se mélange

au sang du crépuscule…

Les mots n’ont plus de force

et dans ma bouche triste

l’image aux ailes d’or

est devenue caillou…

Sous les lèvres des fleurs

je ne sens plus

le trouble des parfums

où dansait l’espérance…

Suicide du baiser

esquisse d’un silence

qu’aucun bruit ne bouscule…

Le quotidien pourchasse

les voix imaginaires

immenses et vagabondes

dont la semence vive

contient son propre jour…

Rebelle à ces lois

qui font de l’existence

une prison de chiffres

une fosse tranquille

l’enfant du rêve

comme un ange infidèle

s’oppose au soleil noir

d’une vie de mensonges…

Tel un cœur obstiné

refusant l’agonie

le rêve de l’enfant

aux yeux de Poésie

apporte à l’homme sombre

cet amour oublié

dans une vieille malle

où trop souvent les êtres

entassent leurs envies…

Mais ces renoncements

qui encombrent nos ans

sont un monde effacé

qui contient je le sais

notre belle jeunesse

habillée de nos joies

et de notre innocence…

Nostalgie d’un hier

toujours féérique

et de nos passions

voyages chimériques

perdus dans la poussière…

Instants sacrifiés

sur l’autel du vulgaire

que sont-ils aujourd’hui ?

des mannequins en haillons

qui surprennent nos sens

quand nous les regardons

réveillant le passé

rougissant nos joues

retrouvant la chaleur

et le mouvement

aérien de nos corps…

Ironie des objets

à la mémoire folle

au-delà de la mort…

Mais pour sauver mon âme

du banal… du médiocre

je dois toujours franchir

la ligne sans reflet

et provoquer la déchirure

et confronter mon sang

à l’extraordinaire !...

 

© Victor Varjac

Antibes, 19 novembre 2011

 

Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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20 juin 2020 6 20 /06 /juin /2020 07:15

 

Préface d'Albert Longcham, sj

Éditions Librairie-Galerie Racine, Paris, 2020

 

 

Claude Luezior a rédigé ce recueil à l’âge où la vie semble un jeu, une énigme, une farandole joyeuse comme celles que savait si bien conduire François à Assise, avec la complicité de ses amis, les «tripudianti».

 

Est-ce un ange qui a tenu la plume de l’auteur voilà quelque cinquante ans ?

 

Quelle force a-t-elle poussé cet adolescent rieur de 17 ans à un engagement d’une telle densité, qui troue les ronces Entre désespérance et espérance pour n’offrir que L’encre / Des prophéties ?

 

Déjà son regard intérieur est oasis sans nuit froide, il est conscient  de la dualité du vivre : Nuit d’aveugle. Nous le sommes toujours, devant ceux que nous crucifions ; Nous avions laissé tant d’enfants sur le bord du chemin. Si jeune, il a assimilé la croyance en l’Amour Là-haut / Les paumes / Ouvertes / Du crucifié. La réalité de l’Attente : Nous étions aux abois, un credo sur les lèvres. La force du pardon : À nouveau / Respiraient / Nos mains/ Le moût / des êtres / Bouillonnait.

 

L’auteur sait que la délivrance est enfouie  dans le gémir de l’extrême, Il était là, quelque part / En ineffable présence. Il se rend compte, tout comme Max Jacob, que la mort est céleste pour la première fois.

 

Luezior ayant compris la difficulté et le mystère de la Rencontre, Nos bouches tremblèrent / Entre blasphèmes et espérance,  égrène ici son premier chapelet, le seul où il met ses pas dans la montée du Golgotha, versets dépouillés d’une très longue succession de textes qui, au fil des années, deviennent, dans d'autres livres, rosaire poétique dans des registres variés, sensualité, humour, attente : toujours les mots se transmuent en eau vive.

 

Pourtant il est à remarquer que, dans les derniers recueils de l’auteur et particulièrement dans Jusqu’à la cendre (2018) l'on retrouve des échos, l’empreinte de l’atmosphère de Golgotha, par exemple : C’est ici que suintent en désespoir balafres, cicatrices et doutes, c’est ici que dansent les blessures d’un artiste au pied de la croix, ou encore : Lorsque se condense au fond de nos entrailles l’infinie parole d’une prière. Le feu mémorise toujours ses braises.

 

Dans Golgotha, avec fougue, recueillement, passion, Luezior nous fait vibrer un credo sur les lèvres.

 

C’est un livre d’heures à lire, mains jointes, comme aux premiers temps Au seuil / D’un précipice / Devant le tronc / Exfolié de paroles / Des mains / Se joignent.

 

C’est un hymne avec Des mains de vierges / Et de femmes / Mains gothiques / Hautes comme des cathédrales / Mains des siècles /À venir.

 

C’est un chant de silence. On était à la onzième heure / Celle où s’arrêta l’éternité. C’est l’écho de Verhaeren dans Humanité : les soirs crucifiés sur les Golgothas noirs, portons-y nos douleurs et nos cris et nos plaies.

 

Luezior déchire l’absence, il ouvre d’étranges portes sur le seuil de la foi. Sous la trace du cri, dans la souffrance, apparaît un visage : La douceur de la Femme / À l’enfant / Le miracle de la flamme / La flaque de lumière / Un miracle de mère.

 

Avec des phrases réduites à l’extrême minimum,  ce qui décuple leur intensité,  ce recueil est une prière ardente qui s’incruste dans l’âme du lecteur. Luezior, un des plus hauts poètes contemporains, lauréat de l’Académie française, a écrit là un livre d’une force exceptionnelle, passant de la douleur à l’espoir, du sacrifice au renouveau : Nos âmes avaient fait peau neuve. La force de l’image dans sa brièveté est exceptionnelle, sa force en est décuplée.

 

Ce recueil est un livre d’amour, d’espoir : Le Golgotha n’était plus souffrance. Il était résurrection. On peut penser que l’auteur est un moine-poète sans bure, en ce sens où il écrit dans le silence et la solitude de son bureau qui est, au fond, son oratoire.  L’adolescent a su faire face à la puissance de l’inexplicable. Tout comme Rilke, il a très tôt compris que  le futur doit vivre en toi, bien avant qu’il ne survienne. Tu n’as qu’à attendre la naissance, l’aube d’une nouvelle clarté. C’est tout le cheminement de Golgotha.

 

Il est à souligner que les illustrations de Golgotha, mines de plomb et encres sont de l’auteur : elles ont aussi été réalisées au même âge que les textes. En les observant on pense aux encres de Cocteau.

Superbe recueil qui par la magie de l’image, de la poésie, permet d’accéder à une lumière véritable.

 

©Nicole Hardouin

 

 

 

 

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19 juin 2020 5 19 /06 /juin /2020 06:17
Arnold Böcklin (1827-1901), Bouclier à la tête de Méduse.

 

 

 

Sur le visage du monde

Je pose cette couleur :

Céladon et saphir se fondent

Dilués dans la pâleur des heures

 

Dans les yeux grands ouverts

Qui transpercent l'Univers

De demain et d'hier

Tu lis dans l'air et la mer

 

De cette bouche qui mord

Sourit, lit, et dit encore

Il y a ce son, cette note d'or

Pour faire vivre mon corps

 

Sur le corps de ce monde

Il y a ces mots dans l'onde

Cet espoir renaissant

Dans ton rêve, dans ton sang...  

 

©Lydia Montigny

  

Extrait du recueil « Exquis Salmigondis » aux Editions BoD-Books on Demand - Paris

 

 

 

 

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18 juin 2020 4 18 /06 /juin /2020 06:27
Photo Claire Brisset

 

 

 

 

 

12 janvier

 

Ce radeau piloté contre vents et marées,

Sans trêve obéissant à la rose des vents,

Cherchant port accostable en toutes les contrées,

Je le veux personnel, libre de poursuivants !

 

13 janvier

 

Le cabotage est libre et la côte diverse

Où découvrir un roc, un à pic, des récifs,

Un dessin sur la grève, un layon de traverse,

Un delta et son fleuve aux mille bras lascifs.

 

14 janvier

 

Fleuve, large éventail sous la brise océane,

Tendrement déployé sur le sable marin…

Il ne sait plus sa source auprès de la gentiane,

Goutte à goutte suintant du glacier qui l’étreint.

 

A suivre…   

 

© Luce Péclard
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LE GUÉ DES JOURS » aux éditions du Madrier
 

 



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17 juin 2020 3 17 /06 /juin /2020 06:25
fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89clipse_solaire - photo Luc Viatour

 

 

                                                                       Il nous faut arracher  la joie aux jours qui filent

                                                                                                     Vladimir MAÏAKOVSKI

 

 

 

                                           

 

Comment s’imaginer qu’un jour

Le soleil ne se lèvera pas

Quand s’écoule un fleuve

Roulant son Verbe

Sur le cahier de ma vie,

M’a été offert par le bois tendre

Qu’élève mon emblème feuillé.

Sa ramée d’écorce protège les couvées

Des oiseaux qui libèrent la sève

Des voyelles à tire d’ailes.

A la saison de la rousseur,

Les lettres mellifères

Bourdonnent dans la ruche

Où murit le fruit charnu des mots

En robe de soie vieil or.

 

Comment s’imaginer

Que le soleil ne se lèvera plus

Au-dessus des nuages lenticulaires

Quand les étoiles me parlent encore

En confidence du lait de l’enfance

A l’orée du jour.

 

©Nicole Portay

 

Nicole Portay - Poétesse

Déléguée BDR de la Société des Poètes Français

Responsable Nationale du concours de poésie jeunesse SPF

site: www.societedespoetesfrancais.eu        

blog: www.societedespoetesfrancais.net         

 

 

 

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16 juin 2020 2 16 /06 /juin /2020 06:18


 

 

Blanc et Noir, couleurs associées,
Telles touches du piano,
Noires et Blanches
Qui point prétention,   
N’ont l‘une à l’autre.
Volonté être supérieure,
Pour aux notes, nuances savoir donner,
Et harmonie créer
 
En trois temps, trois mouvements
Vais tenter conter
Toutes leurs complémentarités.

Qu’en serait-il de l’harmonie
Du blanc qui de toutes les couleurs
S’enorgueillit d’être le prisme
Sans le bleu, le rouge, le vert et… le noir.  
Qu’en serait-il, sous soleil permanent,
Du noir, qui lui, n’est pour l’œil
Qu’absence de lumière,
Des idées noires faiseuses,    
Dans la noire pénombre,  
De nuits blanches, enfiévrées
Torturées de cauchemars.
            
Qu’en serait-il, de la dévotion
A la blancheur de la virginité
Du respect à la noire ceinture
Du jaune combattant,
Du mal blanc sur peau blême
Taches foncées mal supportées
Sur peau d’ébène.


Que serait le mot, si point n’était  
Ecrit noir sur blanc
Mais blanc sur blanc, noir sur noir…
Que vaudraient,
Boule blanche de l’accord,
Boule noire du rejet,
Tulipe noire romantique
Sur robe noire
Tulipe blanche sur
Mousseline blanche aérienne.

Noir et blanc
Contraste, diversité
Que deviendrait,
Orgueil des Bretons
Blanc sans le noir
Noir sans le blanc  
Le Gwen ha du.

Un arc en ciel  
En une élégante révérence
Touche la grise terre
De ses doigts multicolores.
La blanche colombe
S’envole pour appeler
Noirs et Blancs
En toute égalité,
En toute fraternité
A la Paix dans le Monde

©Gérard GAUTIER
Saint-Brieuc 19 avril 2020
 
 

 
 

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15 juin 2020 1 15 /06 /juin /2020 06:06
Giverny, le paradis de Claude Monet

 

 

 

 

En dehors de la vie

Il y a des jardins pour notre âme,

Où l’on peut se couler

Sur les herbes dorées,

S’éveiller au matin

Des perles sur les cils,

Et dire de l’amour

Sans qu’une feuille bouge.

En dehors de la vie

Il y a des fontaines

Pour tous les désespoirs.

C’est là que nous irons

A jamais hors d’atteinte,

Et nous serons lumière

Traversant le miroir.

 

©Denise Bernhardt

 

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.

 

 

 

 

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14 juin 2020 7 14 /06 /juin /2020 06:19
Tableau de Gerardo Dottori : Aurora volando

 

 

 

 

Mèches collées au front du jour

Le soir, brisé d’eau,

Se lève du couvert des brumes,

Se sèche au jour des pierres.

 

Racines tendues sur l’espace,

Herbes montées en solitude,

Il épaule le mur,

Soutient son effacement.

 

Aux saisons de maraude,

Se glane le temps ;

Son image,

Nocturne d’odeurs,

Sertie dans le repli d’un pétale,

Sertie dans le pli du jour :

Lisière sur le mur.

 

Et sur la frange du soir brûle un silence,

Tel un ciel de neige.

Un vide s’installe,

Frais,

Derrière la grille du regard.

 

©Béatrice Pailler  

 Revue Traversées N°88

https://revue-traversees.com/les-auteurs-de-traversees-2/

 

 

 

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