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22 septembre 2020 2 22 /09 /septembre /2020 06:27

Texte dédié au grand calligraphe et ami Ghani Alani,

 

 

 
 
 
Ce n’est qu’un instant qui s’étire,
Ce n’est qu’une mouvance émerveillée,
Ce n’est qu’une étonnante embellie,
Dont le silence n’a de sens
Que par le glissement du pinceau de soie,
Ou l’expression de l’arabesque du calame.
Ce n’est qu’un instant qui s’étire,
Par le frémissement irisé
De la note d’encre
Sur l’inconnu de la feuille blanche.

©Michel Bénard.

                                                                                 
 
 


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28 juillet 2020 2 28 /07 /juillet /2020 06:40
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Oeuvre de Cheryl Waale©

 

 

 

L’émotion suscitée

Par la simple magie

D’une gracieuse silhouette,

Se veut troublante.

 

C’est l’ intime caresse

De la finesse d’un  velours bleu,

D’une élégante présence

Le geste est d’un charme séculaire,

La main posée sur un livre ouvert

Est d’une tendresse maternelle,

Les corps en éveil s’embrasent

Dans la mélodie du silence.

Un rayon lumineux se mêle

A la transparence de soies blanches

Et aux rubans de satin garance,

Jouant avec la légèreté du vent.

 

L’émotion suscitée

Par votre prestance

Aux rutilantes paillettes

Se veut troublante.

 

Vous apparaissez virginale, belle et nacrée

Sur l’autel de l’amour,

Aux jeux de la lumière,

Soudain transportée dans un univers céleste

L’illusion devient complice de réel

Jusqu’à se mettre en marge du temps

Au cœur d’une flamme jumelle irradiante.

 

©Michel Bénard.
 
 


 
 

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30 juin 2020 2 30 /06 /juin /2020 06:45

 

Voyelles bleues, consonnes noires

Editions ALCYONE – Collection Surya –

Illustration : Encre de Silviane Arabo - Neige - 

Format 14x21 – Nombre de pages 86.

 

 

 

Ponctué d’espace et de silence, c’est pourtant une longue histoire d’amitié et de poésie - nos regards portant dans la même direction - qui me relie à Monique W. Labidoire et c’est avec forte émotion et bonheur que je découvre aujourd’hui « Voyelles bleues, consonnes noires », le dernier né d’une déjà longue lignée, qui s’est nourri de toutes les graines d’expérience des ouvrages précédents.

Les concessions ici ne sont pas de rigueur, car nous découvrons une poésie hors mode, à contre-courant qui n’a de cesse d’écarter les surplus et autres accessoires de la versification traditionnelle, afin de mieux retrouver la voie de l’émotion pure.

Chez Monique W. Labidoire nous croisons de rares et belles images touchées par la grâce de l’insolite et de l’inattendu. C’est une écriture d’orfèvre de haute lignée, le verbe est riche, nourri des plus subtiles nuances de l’interrogation, mais aussi de l’affirmation.

Notre poétesse prend la parole par la main, comme une compagne de route et la glisse dans sa besace pour en faire son viatique.

Il y a dans ce recueil une notion de pèlerinage fractionné de stations. C’est un langage qui nous étonne, nous surprend, il ne nous est en rien familier, mais nous offre cet intérêt où tout est remis en question, le mode de pensée est revisité. Monique W. Labidoire se détourne des reflexes, s’extirpe de la banalité et des sempiternels clichés du verbiage poétique commun. Elle détient l’esprit du guide qui ouvre des voies nouvelles, ou tout du moins autres, en restituant à la poésie son sens du sacré, notion qui actuellement a tendance à s’étioler :

 

 « Il est temps d’ancrer le chant au firmament des étoiles.../... »   

 

Afin de demeurer crédibles, nous devons considérer cette œuvre comme étant de la poésie de haute couture où les mots sont précieusement tissés et où le verbe est brodé de fil d’or.

Le temps passe, préludant la chute inévitable, cependant l’interrogation demeure face à l’inconnu et le poème en appelle au sens. Là où Arthur Rimbaud voyait des voyelles multicolores, Monique W. Labidoire les voit en bleu. Son langage est très singulier, personnalisé à ce point que le simple jeu musical de l’écriture signe le poème. Cette dernière demeure sensible et attentive à l’instant qui déclenche en elle une soif de désir et de plaisir. Elle cultive ce besoin impérieux de faire renaître la mémoire de son « maître » Eugène Guillevic, jamais elle ne manque l’occasion de le mentionner, de lui adresser un petit clin d’œil complice au-delà des nuages : « Le monde se résume/ Sans se réduire. » (1)

Langage riche et ciselé portant haut une poésie qui est un long chemin s’associant au destin, tout en donnant sens et forme à la vie. Une poésie qui parfois réveille une vision de l’ultime, qui interroge tout en écoutant au loin le glas qui résonne avec pour battant l’énigme des mots tissés à la vie.

Entre ces pages la poésie est vécue telle une expérience, une émancipation, une élévation possible de l’homme et de la parole où se profilent beaucoup de possibles, comme celui de prendre en plein cœur le nom « fraternité. »  

Néanmoins il arrive à notre amie de se sentir en perdition, de chercher sa route au cœur d’une croisée et de faire le point.

Monique W. Labidoire appartient à cette confrérie de poètes qui cherchent d’autres vibrations, d’autres sonorités, afin de s’extirper de la parole convenue. Elle cherche un renouvellement, un paysage vierge qui s’offrirait à sa plume toujours en quête d’audace et d’étonnement.

Sur la voie d’une authentique poésie, sans cesse son auteure est confrontée au questionnement des signes posés sur la page blanche où l’interrogation en arrive à perdre la raison et où le verbe se dénoue de sens.

Les authentiques poètes se font voyants et qui oserait en douter lorsque quelques mois avant le préoccupant épisode pandémique, notre amie écrivait :

 

« .../... marionnettes sans ressorts s’enfonçant dans les nouveaux bourbiers du monde, ce monde ruiné de ses richesses pillées par les barbares. »      

 

Par le poème, restituer la vie, fédérer  l’espérance, tel est le crédo de notre poétesse.

Au fil du temps, il arrive que le poème amasse mousse pour revenir vers son auteure en heure de gloire, en odeur de sainteté, tel le fils prodigue que le poète retiendra pour son œuvre.

 

« Ce jour, auprès de vous, le poème veut revenir. »

 

Le poème invite à l’errance vers des paysages oubliés, il réveille des images enchantées, chargées de beauté, mais se heurte au mur de la mémoire et à la douleur récurrente.

 

« .../...toute cette mémoire de mots-images qui ont gambadé dans les campagnes.../... » 

 

« .../...et j’ensable mes souvenirs et mes morts sur la grève afin que le ressac les féconde. »

 

Ici certaines images se dissimulant dans les brouillards de la Shoah ne sont pas loin.

 

Le poème se fait gerbe florale en son jardin obscur et parmi de nombreux au titre de l’exception, je soulignerai un magnifique texte dédié à Alain Duault, poète, écrivain et musicologue de renom, qui n’est pas sans évoquer les voleurs de feu que sont les poètes chers à Arthur Rimbaud :

 

« .../...j’ai laissé entrer l’autre poète, mon frère, afin de partager le plus intime.../...les consonnes apatrides, les voyelles étrangères qui prennent sens dans le feu volé.../... »    

 

La poésie remonte toujours à une source que l’on croyait tarie, une étoile que l’on pensait éteinte et que l’on retrouve écumante ou brillante comme à l’origine.

 

« Au matin d’un nouveau monde y aura-t-il toujours un cœur palpitant au rythme des étoiles en quête du chemin ? »

 

Monique W. Labidoire a quelques velléités picturales en colorant ses voyelles en bleu, comme si elle souhaitait nous faire un petit rafraîchissement de printemps ! Mais qu’en sera-t-il demain ?

Le temps est venu de vous quitter et je ne saurais trop vous inviter à vous imprégner intimement de ce recueil, dont je n’ai plus qu’un mot à vous dire « rêvez ! » pour clore cette réflexion en partage avec Monique W. Labidoire en lui souhaitant que cette source se tarisse le plus tard possible et qu’elle veille encore longtemps sur la proue de la clairvoyante beauté.

Il ne vous reste plus qu’à retrouver les symboles et plus particulièrement les signes que cet ouvrage contient pour vous. Alors :

 

« Voguer au ciel de traîne jusqu’à la définitive rencontre des goélands .../... »

 

Michel Bénard.

 

 

 

(1) Eugène Guillevic extrait de « Magnificat »

Voyelles bleues, consonnes noires – de Monique W. Labidoire – Recension de Michel Bénard

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4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 07:19
Collage, œuvre de Michel Bénard©


 

 

 

Vivre ! Il faut vivre.
Et je te vis,
En profonde sublimation
Telle une offrande,
Un lien de compagnonnage,
Un serment de confrérie,
Etrange complémentarité,
D’ une flamme jumelée
A l’aura irradiante,
Dont la seule singularité
Et la rare préciosité,
Ne font que conforter l’authenticité
D’un sceau symboliquement scellé.
Et je te vis,
Comme un ralliement  autour
D’un grand chêne séculaire
En terre féconde de poésie.
Vivre ! Il faut vivre.
Et je te vis,
Comme la promesse merveilleuse
D’un rêve à peine éveillé.

©Michel Bénard.
 
 
 
 

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15 mai 2020 5 15 /05 /mai /2020 06:41
Franceleine Debellefontaine - Abondance©

 

 

 

Un rayon lumineux

Se dépose sur le galbe

Naissant de vos seins,

Puis parcourt lentement

Tout votre corps nacré

Encore noyé de sommeil

En sa demi-nudité.

Le ciel s’assombrit,

Se met en petite mort

Se parant d’étranges couleurs

D’or et de sang.

En cet intemporel instant

Je voudrais cueillir l’invisible,

L’emprisonner par peur

Que ne se déflore

La complice confidence,

Figer ce mirage

Dans une impression

De nuances laiteuses.

Etrange ballet mû

Par un rythme méconnu.

   

©Michel Bénard.

 

 

 

 

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7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 06:25

 

 

 Claude Luezior : « Jusqu’à la cendre »

Liminaire de Nicole Hardouin

Illustration en 1ère de couverture de Jean-Pierre Moulin

Editions Librairie-Galerie Racine – Paris –

 

 

Claude Luezior «  Jusqu’à la cendre » : l’ultime attente de l’aurore.

 

L’œuvre de Claude Luezior est considérable et d’un éclectisme saisissant. De ce fait, il s’avère toujours délicat de penser s’en approcher sans risque d’égarement. Où vouloir y maintenir son attention sans se fourvoyer ? 

« Jusqu’à la cendre », est l'un des plus emblématique parmi ses cinquante ouvrages, car il s’annonce comme une sorte de confession à pas de velours. Le titre à lui seul est porteur d’un signe préfigurant une forte symbolique. D’ailleurs, sa préfacière, Nicole Hardouin, qui est indéniablement une plume avisée, nous situe parfaitement le contexte de l’ouvrage de Claude Luezior. Jusqu’à nous faire voir, dans l’ultime de ces « cendres »,  une nuance d’espérance.

Claude Luezior appartient à ces poètes de référence, jalons dont la voix porte haut. Leur foi déclenche un effet transcendant sur le lecteur attentif. Cette œuvre est une poésie du silence, de l’intime. C’est une sorte de rêve qui s’étire au fil de la nuit, dans l’attente de l’aurore, afin de doucement s’effacer dans la lumière naissante.

Le présent recueil, « Jusqu’à la cendre », est une sorte de codex nécessitant un décryptage : il ne s’offre pas à qui le voudrait, il faut le mériter car Luezior n’accepte pas de compromis. À lui seul, ce livre contient tout un univers à reconstituer :  il a besoin de se livrer, mais il lui faut l’authentique chaleur de la confidence.

L'auteur convoque des formules et des métaphores saisissantes, celles de la parole d’un vrai poète. Bien précieux qui tend à se raréfier. Par ailleurs il est bon de constater que l'auteur agit au service d’autres poètes, d’autres créateurs. Ce qui explique qu’un bon nombre d’artistes jalonnent ses œuvres. Depuis toujours, l’univers des peintres, le mystère de la création, ont passionné cet écrivain : dans ce recueil « Jusqu’à la cendre », Luezior ne manque pas de leur rendre hommage. « C’est ici que suintent en désespoir balafres, cicatrices et doutes, c’est ici que dansent les blessures d’un artiste au pied de sa croix. » De nombreux noms de peintres, auxquels il consacra un ouvrage, le plus souvent un livre d’art, me reviennent à l’esprit : Pavlina, Jacques Biolley, Guy Breniaux, Armand Niquille, Hughes de la Taille, bénéficièrent de sa plume avisée, sans oublier un remarquable ouvrage sur la cathédrale de Fribourg.

Toutefois, revenons à l’acte poétique, où, tel un initié s’adressant à ses disciples, Luezior évoque nos errances fatales et nos égarements irresponsables. Avec lui, nous sommes dans l’incantation, le ressenti, le non-révélé. Tel un maître de cérémonie, il officie, il est intimement jumelé à l’acte de création, la «  poiêsis ».  

Apprécions également l’accouplement entre une poésie libérée et une prose poétique. Poésie libérée n’est pas un vain mot, car elle s’émancipe de toutes règles contraignantes, allant jusqu’à soustraire la ponctuation, règles il est vrai entravant le plus souvent l’expression. Ici, nous nous enivrons de «  liberté-libre » qui était si chère à un certain sauvageon, Arthur Rimbaud.

Le poète Claude Luezior nous permet de pénétrer dans un mystère évocateur, sorte de voie initiatique nous conduisant sur les marches d’un autel où les vies sont fragilisées : « nos souvenirs de défroqués, étreinte qui s’effiloche comme un drapeau usé par les vaines révérences du vent ».

Le constat se fait amer, pour voir la lumière des Lumières s’obscurcir face au sectarisme forcené, à l’ignorance extrême et déconcertante de certaines religions. Pourtant le cœur se ravive lorsqu’un bourgeon de fleur peut se trouver assimilé au symbole du désir : « où l’on devine / le scandale des pétales / lèvres en désir / pour impudiques abeilles / où fantasment les silences »

Il arrive cependant au poète, « moine enlumineur », de devenir «  moine-laboureur » ; ainsi extrait de la glaise, le poème s’intègre et s’associe aux bienfaits de la prière. Peut-être est-elle d'ailleurs la prière d'un agnostique, celle qui s’élève au-dessus de la dogmatique. Le poète est  ici celui qui laboure les âmes façonnées et formatées depuis des siècles de soumission, de convenance, de dévotion, pour enfin les voir se fertiliser et se nourrir des sèves de la liberté : « histoire / effrangée / par deux mille ans / mais terreau / de mille autres / holocaustes.»

L’humour, supplément de vie, n’est pas mis en marge : il nous apparait sous diverses facettes avec, parfois, un petit côté fabuliste entre une salade et un escargot dont le désir est de donner une :  « toute petite morsure d’amour (...)  Atteint de folie pure, le voici qui traduit le verbe en vin. »

Chez Luezior, la nécessité d’écrire s’apparente à un état de survie en forme de témoignage qui laisserait une empreinte sur la pierre noircie de la grotte des origines. Dans l'esprit de ce poète attaché aux symboles, à la mémoire des pierres, nous découvrons parfois, entre les lignes, des notes aux nuances hermétiques, qui peut-être nous plongent encore plus dans le mystère de la poésie, avec cette nécessité de brièveté qui touche à l’essentiel. À la parole première, nous retrouvons : « Là, sous l’auvent, un tout petit tas : des mots d’amour pour mieux passer l’hiver ». Mais la poésie n’est-elle pas précisément ce combat pour l’Amour qui doit fédérer le devenir de l’humanité ?

Oui, la poésie nous entraine au-delà des limites du possible et c’est bien vers ce point salvateur que voudrait nous conduire Claude Luezior.

Michel Bénard

Lauréat de l’Académie française

Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres

 

 

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2 mai 2020 6 02 /05 /mai /2020 03:49

 

Recension : Salvatore Gucciardo –  « Ombres et lumières. »

Préface de Giovanni Dotoli.

Illustrations Salvatore Gucciardo.

Editions  L’HARMATTAN  « AGA » collection L’ORIZZONTE  

Format 14x21.  Nombre de pages 113.

                      

 

Salvatore Gucciardo « Ombres et lumières » une clé initiatique.

 

Le préfacier, maître et professeur émérite Giovanni Dotoli, voit en cet ouvrage particulièrement remarquable du peintre et poète Salvatore Gucciardo, créateur aux multiples talents : « Une fenêtre ouverte sur l’origine » ce qui me fait immédiatement songer à ce tableau bien connu de Gaspard Friedrich, où l’on aperçoit une femme de dos dans l’encadrement d’une fenêtre et face à l’immensité inconnue d’un paysage romantique. A quoi songe cette femme, que cherche-t-elle ? Une réponse sur l’absolu, une révélation sur l’origine ? Qui suis-je ?    

Cette image symbolique correspond parfaitement au personnage de Salvatore Gucciardo que je connais depuis les balbutiements de notre intronisation dans le monde des arts et des lettres, c’est-à-dire plus d’un jubilé.

Ce dernier recueil mixte, poésie, prose et graphisme se révèle être en quelque sorte l’aboutissement et la concrétisation du message transmis opiniâtrement toute une vie durant dans l’œuvre initiatique et ésotérique du visionnaire hors pairs qu’est au travers d’une constance immuable, Salvatore Gucciardo.

Les illustrations sont d’une grande qualité et de belle unité, l’ensemble chargé de signes, de codes ésotériques et de symboles révélateurs.

C’est indéniablement une chance et un privilège que de rencontrer au cours de sa vie de semblables créateurs libres et indépendants de tous systèmes et de toutes influences des modes éphémères, tant peintres, poètes, sculpteurs, musiciens etc. J’ai eu dans ma vie cette chance de croiser des personnages flamboyants. Victor Hugo ne disait-il pas pour reprendre un vers en exergue de cet ouvrage majeur : «  Chaque homme dans sa nuit s’en va vers la lumière. »

Rapprochons-nous de l‘œuvre pour en percevoir la mélodie et en découvrir les richesses symboliques s’exprimant de manière binaire, s’équilibrant où se complétant d’un dessin poétique à une écriture graphique. Alliance détonante, alchimie enchantée où l’émotion transcende sur la raison. L’énergie développée ici soulève autant de questionnement que d’admiration, car l’œuvre de Salvatore Gucciardo est gigantesque et prodigieuse, je ne lui connais pas une seule journée où il n’a pas peint, dessiné, ébauché, écrit quelques lignes ici et là, car l’écriture bien que plus tardive est devenue aujourd’hui d’une haute importance.

Pour en revenir au professeur Giovanni Dotoli, il a parfaitement perçut le côté médiumnique de Salvatore Gucciardo et qu’au travers de cette inspiration transcendantale, il retourne et se nourrit aux archétypes des origines, aux sources de nos essences, dans le magma de la création et des champs cosmiques, magnétiques et autres mondes parallèles. Une œuvre de ce dernier est une respiration sur le créé universel. L’artiste fusionne avec un environnement stellaire, il en lit les mythes, les sphères, les cercles comme une grande partition cosmogonique.  

Les plus grands spécialistes ayant connu Salvatore Gucciardo ne pouvaient que le confirmer, à commencer l’immense maître Marcel Delmotte son père spirituel en quelque sorte, sans oublier le peintre ésotérique et symboliste Aubin Pasque, la grande figure de la littérature fantastique Thomas Oven, ainsi que le remarquable spécialiste de la démonologie l’inoubliable Roland Villeneuve, l’incontournable critique d’art Anita Nardon  et beaucoup d’autres spécialistes de l’occulte, du satanesque, de l’animisme, du manichéisme sont présents autour de l’œuvre unique de Salvatore Gucciardo toujours porteuse de ce combat des origines entre le bien et le mal, la lumière et la ténèbre, à ce point particulier que le regard qu’il porte sur le monde contemporain est parfaitement d’actualité, à cette seule différence que cela fait plus de cinquante ans que Salvatore Gucciardo tire la sonnette d’alarme. Mais hélas l’homme est aveugle et sourd. Aujourd’hui nous sommes au seuil d’un chaos et nous sommes bien obligés de convenir que l’artiste-poète avait vu juste sur le devenir éminent d’un monde en souffrance est en perdition.

Salvatore Gucciardo est un passeur d’énergie qu’il transforme en vision divine et en restitue une sorte d’image sacrée, encore faut-il en déchiffrer le code. L’œuvre de cet artiste singulier se mérite et pour que cette lumière sacrale nous guide il faut en être digne, c’est une œuvre génératrice d’absolu. Dans le cas contraire ce ne serait que paroles jetées aux profanateurs ignorants, réducteurs  et obscurantistes.

Introduisons-nous dans l’ouvrage qui s’ouvre sur la porte des « ombres » et des corps épuisés aux pieds des terrils qui se souviennent, ainsi que de la vulve du néant d’où sort un embryon conçu avec l’eau des ténèbres, la prémonition se confirme, l’homme géniteur du mal sera l’esclave de ses actes, des erreurs de son incohérence et cupidité.

Les illustrations à l’encre de chine insérées dans le recueil « Ombres et lumières » sont tout en courbes et alternances entre le blanc et le noir. Nous y retrouvons toute la dualité contenue dans les pages de l’ouvrage.

Pareils à bon nombre d’artistes et poètes Salvatore Gucciardo à l’instar des prophètes aimerait restructurer le monde, le nourrir d’actions salvatrices et corriger les erreurs de « Dieu.» Pour vouloir faire entendre sa voix les épreuves sont nombreuses, les obstacles multiples et insoupçonnés et c’est le plus souvent une avancée vers l’inconnu. Comme Arthur Rimbaud l’un de ses poètes de compagnonnage, Salvatore Gucciardo est un artiste d’une extrême lucidité car il se fait  « voyant, » porteur d’une belle sensibilité mettant dans sa besace de créateur des brassées de tendresse, des gerbes d’espérance et des réserves d’amour qui seront essaimées et incrustées dans chacune de ses œuvres. Pas une œuvre où ne soient symboliquement présentent toutes les valeurs fondamentales de l’humanité. Lorsque l’émotion devient trop forte ce sont toutes les fréquences vives de ses œuvres qui lui échappent et le consument. L’artiste est dans une sorte de brassier ardent, avec Dante il franchit les cercles de l’enfer et comme Ulysse il doit s’attacher au mât de l’existence et devenir sourd pour ne pas succomber à l’appel illusoire et hypnotique des sirènes.

Mais un artiste tel que Salvatore Gucciardo se ressaisit toujours pour se détourner des pièges et supercheries. Comme tous les authentiques artistes, Salvatore Gucciardo  prends le temps de l’instant de grâce, cet espace de réflexion entre deux œuvres, les temps de la mesure des cohérences de l’expression graphique et du langage écrit.

Dans l’œuvre de Salvatore Gucciardo, graphique ou écrite, nous rencontrons cette recherche d’absolu où la femme et l’homme ne feraient qu’un, sorte d’idéal premier de l’hermaphrodisme, symboles ancrés dans la mémoire collective et que nous retrouvons dans les écritures avec ce mythe incontournable d’Adam et Eve. Epoque reculée où l’homme et la femme étaient censés ne faire qu’UN : « Nous représentons l’histoire de l’humanité. » « Essor fervent / Illumination sacrée / Sublimation / De l’homme et de la femme. »   

Avec Salvatore Gucciardo nous sommes souvent enveloppés d’effluves vaporeux alchimiques ou philosophiques, l’Athanor caché dans les brumes de l’atelier où le silence du scriptorium n’est jamais bien loin. Mais rassurons-nous, beaucoup plus en lien avec la réalité notre créateur sait faire chanter et chante la femme. Ne parle-t-il pas de l’homme et de la femme : « Habités par le feu de l’exaltation. » ou encore dans un esprit similaire : «  Que la lumière sacrale est dans nos gènes. » Sans oublier  ce regard de femme déposant sur le poète un duvet de douceur.

Au fur et à mesure de notre avancée dans les arcanes gucciardiennes, véritable cheminement initiatique nous nous engageons vers une forme de connaissance, de dépouillement allant jusqu’à côtoyer l’ivresse extatique des sages. Ensemencer l’ignorance,  féconder l’inculte tel serait le désir de notre peintre-poète s’imaginant tout à fait en train d’enluminer les livres sacrés, c’est sur ce point tout à fait utopiste que je rejoins mon ami Salvatore Gucciardo, là où la bête surgit de l’Apocalypse, l’homme peut redevenir fondamental : «  Chaque image de l’homme est une anthologie. »

Le temps, grand timonier de l’univers est le maître mot du combat de Salvatore Gucciardo  dont l’œuvre globale, peinture et littérature, se voudrait intemporelle, passé, présent, futur se confondent, fusionnent, ils ne font qu’un, mieux , au niveau cosmique, le temps est censé ne pas exister, cela notre artiste visionnaire l’a parfaitement compris depuis longtemps. Une fois initiés nous sommes occultés par son œuvre et nous parvenons à voyager dans un espace hors temps.

Il est toujours hasardeux et délicat de prétendre aborder un artiste de l’envergure de Salvatore Gucciardo, parce qu’il possède des clés que nous ne détenons pas, il entretient un dialogue en communion avec l’univers au travers des mythes, royaume de la poésie et de l’espace tangible au niveau de la réalité physique, voire scientifique. C’est ainsi qu’il interprète et transpose les messages célestes.  

Thaumaturge, démiurge, alchimiste, mystique, initié, voyant, philosophe, peintre et poète ? Toutes proportions gardées et sous certains aspects Salvatore Gucciardo est tout à la fois, mais c’est avant tout un homme d’une belle humanité, qui peut et sait regarder les ombres et les lumières du monde.

Ici, je laisserai le mot de la fin à son prestigieux préfacier Giovanni Dotoli, qui confirme que la poésie de notre visionnaire : «.../... est un éclat d’absolu qui nous illumine. »

Ainsi, avant que vous entrepreniez ce merveilleux voyage dans le monde insolite de Salvatore Gucciardo, je vous suggèrerai de prendre le temps nécessaire pour méditer sur ces deux vers :

« Il ne faut pas combattre le temps. Il faut chevaucher la lumière. »

 

Michel Bénard.

Lauréat de l’Académie française

Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres

Poeta Honoris Causa.

 

Quatrième de couverture

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 06:28
Collage de Michel Bénard©

 

 

 

 

Dans l’ultime repli

De l’énigme d’une grotte isolée,

Les légendes clandestines

Se font balayer par les turbulences

D’écume et de sable,

Jusqu’à oublier pesanteur et temps.

C’est comme un défi lancé

Aux rythmes des marées

Jusqu’au bout de la vie,

Pour s’adonner aux douceurs

D’une main caressant dans l’étreinte

La source frémissante de la femme.    

 

©Michel Bénard.

 

 

 

 

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 06:30
Lucie Robequain - Dans les rues désertées de Paris, les canards reprennent leurs droits..

 

 

C’est le temps du « coronavirus. »

Sous un ciel atone

Ce matin le monde

Vient de se vêtir

D’étranges effets.

Un vide s’installe,

Le silence se fait pesant

Jusqu’à devenir chape de plomb.

La menace est invisible

Mais bien présente cependant,

Sournoise, invasive, fluctuante,

Pouvant darder à tout instant,

Forts ou faibles tous sont les victimes

De cette mise en scène mortifère.

Le devenir se fait incertain,

Tout apparait insolite, irréel.

Même les chiens font profils bas

Et longent les murs

Qui leur deviennent étrangers.

De notre aveugle ignorance,

De nos excès incontrôlés,

Nous portons les responsabilités.

Cathédrales, basiliques, églises, 

Ont refermé leurs portes

Aux bons offices.

Les fidèles ne peuvent même plus

Se placer sous la protection de « Dieu ».

La Grande Dame de pierre

Pourtant si fière

Semble avoir perdu son âme,

Dans les vitraux la lumière s’estompe,

Se fait terne grisaille.

Sous un ciel atone

Ce matin le monde

Vient de se grimer

De haillons étranges et surréels,

Bigarrés et de singulières couleurs.

C’était le temps du « coronavirus. »    

 

©Michel Bénard.

 

 

 

 

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21 mars 2020 6 21 /03 /mars /2020 07:23
Collage de Michel Bénard©

 

 

 

Par l’inexplicable destinée

Voici revenu le temps de l’éblouissement,

De l’étonnement d’une chute de feuille.

Géniteur de bulles de savon,

Mon rêve s’oriente vers l’apparence

D’un monde dédoublé, inversé,

Sous le masque des illusions

Voilé par les brumes feutrées

D’un automne naissant.    

 

©Michel Bénard.

 

 

 

 

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  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...
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