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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 03:54
Luca Combiaso – Bénédiction de Dieu le Père

 

 

 

A Dieu, s’il est un Dieu, devons faire pitié ;

De là-haut s’il regarde avec une lorgnette,

Il ne voit que fourmis qui vont à l’aveuglette,

Entassant mille brins sans bâtir la cité.

 

Il ne voit que conflits, que monstres irrités,

Tours de Babel qui dans le vide se reflètent,

Chacun tirant à soi les coins de la planète,

Posant sa pierre en monument d’absurdité.

 

Homme, à quoi t’ont servi le progrès et le rêve ?

Si demain dans un cataclysme tout s’achève ?

Arrête-toi ! Fais face à ton éternité !

 

Compte sur ta sagesse autant que ton génie ;

Sache que vanité… tout n’est que vanité

Dans un monde conçu sans un peu d’harmonie.

 

©Louis Delorme  

1974

 

Extrait du recueil « La Criée – Les Vagissements » de 1974. Recueil imprimé

Et gravé par l’Auteur sur sa presse artisanale.

 

 

 

 

 

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23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 06:32

 

 

Les traductions en occitan limousin et en italien sont de Béatrice Gaudy

 

 

 

 

Assis sur ses affaires

il regarde

ne plus passer personne

Plus de voitures sur la chaussée

plus de piétons sur les trottoirs

en pleine journée il est tout seul

sous le regard indifférent

de la caméra de surveillance

Les autres citadins sont confinés chez eux

lui comme toujours

est confiné dans la rue

à tous les vents mortels de virus

 

©Béatrice GAUDY

 

* * *

 

 

Lou sen – abri

 

 

 

Cheita sur soû afairei

o regardo

ne plu passa degu

Plu de veitura sur lo chaussado

plu de pietoun sur loû trepadou

en pleno journado o ei tout sou

sous lou regard endiferènt

de lo camero de suvihanço

Loû autrei cieutadin soun counfina cha i

se coumo toujour

ei counfina din lo charrièro

à tou loù vent mourtau de virus

 

 ©Béatrice GAUDY

 

 

 

 

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22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 06:25

 

 

 

Le poète est cet être qui lacère ses idées de mots étranges, conjuguant souvent verticalité, rimes et rythmes qui donnent  à sa parole un air de prière ou de chanson.

 

Son allure est celle de l’orpailleur, courbé sur chaque goutte d’eau, traquant la plus folle paillette, fouillant de ses bras intuitifs les sables aurifères d’un merveilleux qui lui file entre les doigts.

 

Avec ses allures druidiques et son âme de marieuse, il confesse, furète et prospecte, présente un verbe à une élégante métaphore, élève les colombes d’un rêve.

 

Sous sa capuche, le voilà qui s’égare et partage, balise et ricoche

 

Le métier est rude, au petit matin des mots. Car son travail est celui d’un moine-laboureur. Mains dans la glaise du langage, le poète mesure sa solitude.

 

Crues et décrues profanes.

 

©Claude Luezior

 

 in : Jusqu'à la cendre, Ed. Librairie-Galerie Racine, Paris, 2018

https://editions-lgr.fr/claude-luezior/  

 

 

 

 

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21 juillet 2020 2 21 /07 /juillet /2020 06:40

 

 

 

Présentation par Jeanne Champel Grenier : Peintures de 2015 à 2019

                                                                   

                                                      

 

 

                 La peinture de Miloud KEDDAR est puissante, sobre à la fois ; c'est celle du geste qui imprime avec force une idée, un sentiment, une douleur. L'artiste est dans l'urgence d'expression, sur une trajectoire terrestre qu'il sait fugace ; il ne s'embarrasse pas de plaire mais de dire, il exprime et imprime un ressenti indélébile, les codes choisis sont simples : tout comme l'enfant qui ne ''représente'' pas mais ''se dit'' tout entier dans le geste.

 

                 Il ne s'agit pas ici d'une invitation à la promenade de sérénité :''Venez admirer le coucher de soleil'' Non ! Il s'agit de traces laissées comme les Primitifs sur la roche, afin de marquer un lieu comme sacré, un lieu de mémoire, et pour dire, dans l'urgence l'intériorité de l'homme qui passe, pour marquer cet endroit de façon indélébile. Peindre n'est pas un divertissement, c'est un acte de foi ou de non foi, une quête de sens. Les œuvres de Miloud KEDDAR sont des œuvres symboliques explicites qui indiquent un champ ( parfois un chant) de réflexion profond, un univers de questionnement, mais un univers lié à l'humanité, avec sa douleur, sa cruauté, mais aussi ses ancrages d'amour. C'est un chant de solitude et de silence avec parfois une comète d'espoir qui traverse son univers.

 

                 Il est question aussi de ressusciter certaines traditions véhiculées par la religion. Quelqu'un qui cherche l'Absolu se doit de questionner la passé. Certaines croyances ne sont pas inutiles à reconsidérer. Tel est le but que se propose Miloud KEDDAR dans l'oeuvre intitulée « ICON CRISIS VERA » qui signifie icône authentique ( en Grec). Un visage d'homme avec une barbe , un profil stylisé couché à l'horizontale, visage que l'on confond avec des montagnes enneigées et de la végétation, ce profil regarde le ciel immobile avec son soleil fixe, chauffé à blanc, rond, cerclé de noir, le tout sur un fond or, de celui qu'on utilisait pour les icônes ; l'ensemble, très simple, pur, immobile incite à la pose, à la réflexion ; noir qui définit la ligne d'horizon est en fait la continuité du visage, le cou ou bien la tunique.

 

                Ce tableau est vertigineux de silence. Le sujet est né de la tradition de Sainte Véronique pleureuse des Juifs qui aurait par compassion passé un linge blanc sur le visage, couvert de sang et de sueur, du Christ montant au Golgotha. C'est ce geste de piété initié par une femme qui a inspiré Miloud KEDDAR. Ce linceul dit ''de Turin'', controversé, pose des questions : tradition ou geste divin ? Quoi qu'il en soit, l'idée est belle et le peintre reconnaît ici les gestes de courage et de compassion d'une femme ; par le choix de ce sujet, l'artiste met la femme à la place d'honneur que beaucoup lui refusent.

 

                C'est ainsi que l'oeuvre : «  ICON CRISIS VERA » aux antipodes de la '' Sainte Véronique'' de Hans Memling ( National Gallery of Washington), provoque notre attention par sa modernité d'inspiration et d'exécution. Il y a de la pureté dans cette composition sobre, équilibrée, et une sorte d'appel à la contemplation. Chaque œuvre de Miloud KEDDAR est à elle seule tout un monde de profondeur qui pousse à la méditation.

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

  

 

 

 

 

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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 06:30
Photo J.Dornac©

 

 

 

 

                                                                      (des canots par milliers)

 

Comme neige au soleil, le sel ici flamboie ;

et plus loin c'est la mer d' ''il était une fois'' ...

 

On a atteint le bout de la terre connue,

là-bas gémit l'appel, au-delà des paluds

symphonie ruisselante, musique lente et froide

la vague multiplie ses lèvres frémissantes

elle pleure, elle écume et devient transparente

c'est comme du vaudou précédant cette transe

des algues possédées, agitées, gémissantes

qui vont donner naissance à des coraux en fleur...

Des  fleurs pour qui ? pour quoi ? et pour qui cette danse ?

Tant d'oubli, de silence, de visages qui hantent...

Voyages éternels noyés dans la douleur

 

Entends la voix du sable qui change de couleur

il semble que le jour s'en revienne au début

Les souvenirs se noient, là, à perte de vue

tout est neuf et pourtant tout a déjà vécu...

Et voilà que le ciel s'empare du moment

des envols de mouettes viennent battre des ailes

alors la paix ricoche sur le grand océan

qui se gonfle de joie et fleurit de plus belle

Ils dansent nuit et jour dans les passes du vent

ensemble, goélands, mouettes et flamants

et ils furent heureux, eurent beaucoup d'enfants

 

Comme neige au soleil, le sel ici flamboie

et plus loin c'est la mer d' ''il était mille fois''...

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

 31 mars 2020

 

 

 

 

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19 juillet 2020 7 19 /07 /juillet /2020 06:38


 

 


Sous la lune conquérante
Les occupants ayant,
En ces périodes vacancières,
Quitté demeure,
Dame Hérisson, esprit vagabond,
Toutes  épines dehors
De sa futaie verdoyante sortit,
Aventurière.

Rencontra sur son chemin,
Surpris autant qu’elle
Les chats de la maison,
Dont, nuit venue, à leur insu,
Elle partageait,
Goûteuses croquettes.

Les matous regardèrent l’intruse
Sans velléité, avec tolérance,
Ayant pourtant tenté,
Mettre pattes griffues
Sur la boule piquante,
Gagnée par le sommeil.

Maintenant, sous le chaud soleil
Toujours endormie,
Entourée de sa cour féline,
Elle créa grande surprise
A la dame nourricière.
A qui elle offrit
Un beau tableau
De la Nature réconciliée.

©Gérard GAUTIER   
Saint-Brieuc 16 juillet 2020
 
 
 
 

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18 juillet 2020 6 18 /07 /juillet /2020 07:56
Site de Franck Nicolas

 

 

 

A Ile Eniger

 

 

 

Le miroir est une âme

qui se cherche un visage…

… une attente paisible…

… un délicat pinceau…

suspendu dans les airs…

… un espace intérieur

transparent et fluide

où pleure l’invisible

ce grand livre fermé

à la marche des hommes…

Oserais-je l’image

qui ne m’appartient pas

silhouette lointaine

fière et silencieuse…

Seul… face à la glace

je devine l’empreinte

inégale des pas

qui s’enfonce déjà

dans l’eau profonde

et douce

de l’univers paisible

qui dessine en secret

mon visage inversé

se découvrant une âme

pour traverser sa Vie…

 

© Victor Varjac

Antibes, 25 août 2012

 

Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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17 juillet 2020 5 17 /07 /juillet /2020 03:43
Plume de poète

 

 

 

Je vous avais offert une clairière aux yeux de biche, un vitrail et tous

ses anges musiciens, des fruits défendus dans un jardin secret.

Aujourd’hui je cueille des épines noires sur un sol glacé.

Nous avons fait ripaille dans les cernes du mirage.

Des orties poussent au bout de mes ongles.

L’hiver sort du miroir.

Cendre blanche, braises noires.

A perte d’âme et de corps, les ténèbres.

Mantille pour un désespoir.

 

©Nicole Hardouin

 

 

 

 

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16 juillet 2020 4 16 /07 /juillet /2020 06:22
Source photo : Université de paix (cliquer sur la photo pour aller sur son site)

 

 

 

Le néant dans l’aberrance

La patience

La tolérance

La confidence

La puissance
La résistance

La défiance

L’impertinence

L’incompétence

La méfiance

La violence

L’indifférence

L’absence
La transparence

La conscience

L’intelligence

L’élégance

La confiance

L’existence...

... Je pense....

 

©Lydia Montigny

  

Extrait du recueil « Exquis Salmigondis » aux Editions BoD-Books on Demand - Paris

 

 

 

 

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15 juillet 2020 3 15 /07 /juillet /2020 06:27
L’école d’autrefois (cliquer sur la photo pour voir le site d'origine de cette image)

 

 

15 janvier

La goutte reflétait les cimes majuscules,

Les ancêtres penchés sur son frêle berceau

Capitonné de mousse, orné de campanules,

A l’attache éphémère au pied d’un arbrisseau.

 

16 janvier

L’attache relâchée, elle entrait dans l’errance.

Plus de doux chuchotis, plus d’arbre auquel tenir,

Mais le sourd grondement dans une gorge en transe,

Le vertige inconnu, la peur de l’avenir.

 

17 janvier

Le vertige encadrait son clair ruissellement,

L’obligeait à se joindre au flot de la cascade.

Elle apprenait le monde et son bouillonnement,

Sans repère et sans but dans l’âpre cavalcade.

 

18 janvier

Où donc était le but assigné par l’enfance :

L’école après les jeux, les rondes, le cerceau,

La marelle et se bonds, la franche insouciance,

Le cartable oublié dans un coin de préau ?

 

A suivre…   

 

© Luce Péclard
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LE GUÉ DES JOURS » aux éditions du Madrier
 

 



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