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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 06:39
Le cerisier – Michèle Freud
 
 
 
 
 
Dans le jardin de ma grand-mère, se dressait un énorme cerisier qui faisait l’admiration de tous. De nombreux oiseaux venaient s’y reposer, s’y abriter. Dans les branches, ce n’étaient que chants et pépiements. Le cerisier devenait alors mon « arbre à musique ». Je ne me lassais pas d’écouter toutes ces notes de gaîté qui s’envolaient pour réjouir les nuages, mes amis.
 
Comme je l’aimais au printemps, mon arbre apprivoisé, revêtu de sa parure de neige ! Je me cachais dans ce gros bouquet blanc, dans cette profusion de pétales lumineux, et j’attendais, oui j’attendais le Prince Charmant. Il ne pouvait que venir, attiré par cette éclatante beauté.
 
Aujourd’hui, je suis toujours aussi sensible à la magie des cerisiers en fleurs et je reste muette devant un tel tableau, une telle aquarelle dont la légèreté et la transparence suscitent l’envol. Seule ma voix intérieure s’exprime en chantant ma reconnaissance »e, mon émotion devant toute cette magnificence.
 
En été, le cerisier se couvrait d’une grande quantité de fruits rouges et luisants. Il devenait alors mon « arbre à bonbons ». Quel plaisir de pouvoir déguster les cerises sur l’arbre, de mordre dans cette chair à la fois ferme et juteuse ! Avec agilité, je grimpais dans les branches pour cueillir les plus beaux pendants d’oreilles.
 
En vieillissant, j’ai renoncé aux acrobaties et je me contente de fredonner « Le temps des cerises » de Jean-Baptiste Clément, chanson symbolique d’espoir et de résistance.
« Mais il est bien court le temps des cerises », alors savourons-le pleinement.
 
Je n’ai pas oublié le cerisier de mon enfance. Il est désormais mon « arbre à rêves ». C’est là que naissent toutes mes histoires, c’est là que fleurissent mes poèmes.
 
©Michèle Freud



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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 06:43
Fragilités – Denise Bernhardt
 
 
 
 
Dès lors, je cherchai à retenir le soleil
Avant qu’il ne sombre dans la mer,
Car je voyais ton image
Revenant des hauteurs
Où je l’avais rêvée,
Se diluer dans mon âme
Et se rompre les fils de soie
Que nous avions tissés
Dans les espaces de lumière.
Je voulais te garder
Comme la poésie
De ces coffrets de Chine
Où palpitent
Des papillons de cristal,
Parce que nous étions devenus
Les multiples reflets
D’un unique miroir,
Que rien jamais,
Ne pourra briser.

© Denise Bernhardt


Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 06:41
Rien – Luce Péclard
 
 
 
Dans la corbeille électronique,
J’expédie une mémoire
Pas faite pour durer.
Je l’efface vite,
Elle ne laisse
Même pas
De vide.
Rien.  
 
 © Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier

 
 
 
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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 06:37
Toi et les LWAS - Nancy Turnier-Férère
 
 
 
 
Mon cœur est libre,
Libre pour abriter
Tes désirs sauvages
En harmonie,
Encore plus libre
Pour accueillir tes sons
Rythmés ‘rasin’
Parés à accorder
Les gammes vibrantes
D’un amour clandestin.
Mon cœur est toujours libre,
Libre de satisfaire
Les désirs brûlants des ‘Lwas’
En alliance avec les nôtres.
Nous écoutons les notes tendres
De l’agencement
D’un chant ‘Ibo’ d’amour,
Cadeau de nos ancêtres et
Tu m’accompagnes dans mes danses.
Tu me couvres de guirlandes,
De fleurs d’oranger.
Tu traces tes ‘Vèvès Èzili’
Partout où ça te plaît.
Nos cœurs sont libres,
Libres de conquérir
Les désirs charmeurs
Qui serpentent nos corps.
Notre amour est consommé,
C’est l’accord libre,
C’est l’extase sublime,
L’enivrement accompli
Des ‘Lwas’ qui chevauchent
Juste pour nous combler
À la belle étoile.
 
©Nancy Turnier-Férère
(Chants de rêves Cris d’Espoir 2012)




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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 06:43
L’ardeur de la mort – Victor Varjac
 
 
 
 
L’ardeur de la mort
ne laisse que des cendres
et la vie rendue à la poussière
sur la feuille du jour
doucement s’éparpille
et… lentement… se perd…
… mais de la brise mystérieuse
jaillissent des flammes nouvelles…
 
La lumière annonce le réveil
et le cœur qui se lève
chemine au milieu de la cendre…
 
Au pays des hommes
l'ombre est une étincelle
dont le sourire vient d’expirer…

©Victor Varjac
Antibes, septembre 1996

Extrait de « LE CHEMIN DES RÊVES » aux éditions Chemins de Plume




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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 06:44
Grotesque - Béatrice Pailler
 
 
 
 
Récitant des lais
En sourdine
Devant sa télé
Rêvant de poires,
Le sourd dîne
Seul et laid
De thé, de lait,
D’une sardine
Sordide
Salée,
De mets acidulés
Mêlés d’acide, de lait,
D’espoir
 
©Béatrice Pailler
 
 
 


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19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 06:37
Mouillés jusqu’à l’os – Michel Duprez
L’esprit comique – René Magritte
 
 
 
 
  • C’est un peu fort de café, lança tout à coup le nuage de lait !
  • En effet, personnellement, je dois vous avouer que je tombe des nues, confia la pluie.
  • Laissez-moi rire, pouffa la rigole aux lèvres encore humides !
  • Vous avez raison, ce n’est pas normal, la preuve : on n’y voit goutte, reconnut le brouillard…
  • Chut, taisez-vous tous ! Si vous croyez que c’est ma tasse de thé, détrompez-vous, je suis tellement las de vous entendre patauger dans la gadoue qu’il me prend l’envie de m’étendre et de me reposer un peu, lâcha l’étang qui pérorait en ondulant du bassin !
  • En tout cas, moi, tout ce que je peux vous dire c’est que ce n’est pas mon rayon, fit savoir le soleil !
  • Mais, enfin, comment pouvez-vous rester de glace, tempêta la neige !
  • On ne va tout de même pas en faire un roman-fleuve et rester planté là en pleurant comme une fontaine, avertit le tuyau d’arrosage ! Faites-moi confiance au moins pour cette fois. Etant quelqu’un de particulièrement bien branché et réputé pour sa bonne conduite, non seulement je sais de quoi je parle mais je peux vous assurer qu’avec moi rien ne filtre.
  • Allez, je me jette à l’eau, tonna l’instant d’un éclair ! Mais n’allez surtout pas croire que vous réussirez à me prendre pour une cruche. De toute façon, si je coule, sachez que vous plongerez aussi.
Pfffff ! Rien à dire, encore une journée bien arrosée !
 
©Michel Duprez
 
 
 


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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 06:39
L’incomprise – Djida Cherfi
 
 
 
 
Dans les abîmes de son monde
elle cherche à se comprendre
elle se bat pour un moi
dont on ne voudrait pas
son existence est une errance
une chasse, une espérance
alors, elle se bat contre ce moi
dont on ne veut surtout pas.
Dans les abîmes de son monde
son désir est un comble
que l’univers la comprenne
quand elle n’y arrive pas elle-même !
 
©Djida Cherfi
28/06/2016.
 
 
 


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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 06:43
Recension – Barnabé LAYE – Fragments d’errances - par Michel Bénard
Recension – Barnabé LAYEFragments d’errances -  ACORIA Editions 2015  –
21 ½ x 13 ½ - 74 pages.  Préface de Giovanni Merloni. Illustrations photographiques Laetitia Laleye & Colette Senghor. 
 
Afin de m’imprégner comme il se doit de cet ouvrage sensible à la vie globale, je me suis assis seul sous l’arbre à palabres, je me suis rapproché de la mer et de la terre africaine, pour mieux écouter la musique des rêves, et la parole du poète Barnabé Laye. Belle voix africaine.
Ce nouveau recueil « Fragments d’errances » se révèle encore être une pièce d’anthologie, d’ailleurs son préfacier le poète et peintre Giovanni Merloni le confirme : « Barnabé Laye est un poète, un grand poète, mais il  est aussi un écrivain, un grand écrivain. »
Oui, notre ami le poète Barnabé Laye vient de poser son sablier sur la table et regarde s’écouler irrémédiablement les poussières du temps.
Il défie l’épreuve du miroir, mythe ancien, souvenez-vous Narcisse, lié à l’interrogation, à l’éternité, à la remise en question de nos vanités aveugles. Il lance un défi provocateur à l’œuvre incontournable du temps.
Regarder le miroir en face c’est s’affronter à la vie, ne pas lui céder une once de terrain, ne pas sombrer dans l’imposture, ni l’illusion et saisir à bras le corps la réalité, oui :
 
« Un jour il faudra briser la glace. »
 
Il y a toujours ce miracle d’aube, du jour nouveau où la beauté vibre sous la profusion de lumière. Nous l’appellerons l’espérance !
Barnabé Laye souligne avec subtilité l’inconstance de l’homme à la fois ange à ses heures, mais le plus souvent démon, toujours insatisfait, qui lorsqu’il possède un peu de bronze désire déjà ardemment détenir l’or.
Mais ce dernier sait aussi s’illusionner, car il lui suffira parfois d’un simple coin de ciel bleu pour croire au miracle !
Le poète sait qu’il faut nous méfier des fausses paroles, des verbiages hypocrites, des mensonges masqués par les dogmatiques, politiques, moralistes, religieuses, les écrits apocryphes dont même les animaux se détournent.
 
« Il faut oublier dans les décombres
Les prophètes des brûlantes Géhennes
Les prophètes des harems aux quarante vierges
 
Voici venir
Les mots pour incendier les mensonges.
 
Les éléphants s’en vont jouer à la marelle. »
 
Notons cependant que la nature dit vrai, lorsqu’il pleut des soleils, que le désert devient vert et que le ciel s’imprime de bleu.
Le poète ici prend conscience de la valeur du temps et de sa fuite effrénée. Le compte à rebours nous marque implacablement de son sceau.
Nous avançons pareils à des aveugles sur nos « Fragments d’errances » et fragiles espérances.
 
« Gravées sur la peau du temps nos lignes de vie nos errances
Et l’obscur destin qui nous pousse en avant. »
Comme des moines Chartreux ou bouddhistes, il nous faudrait pouvoir entrer en prière, nous fondre dans les lumières mystiques du matin et nous préserver derrière nos rêves.
Le poète qu’incarne Barnabé Laye parle au vent, aux arbres et aux oiseaux, un peu comme Saint François d’Assise, Khalil Gibran ou Rabindranath Tagore,  il se fait détenteur et porteur de mémoire.
Nous surprenons aussi notre ami à jongler avec les couleurs de la vie jouisseuse. Pareils à Rabelais ou Epicure, il a le sens de saveurs fragiles, délicates et volatiles de la vie qu’il met en bouche comme un vin rare, précieux, capiteux, il en savoure les arômes, les finesses, les subtilités de terroirs. Un vieil armagnac et un bon havane peuvent être en certains moments privilégiés les bienvenus, ils sont bien là aussi de merveilleux fragments d’extases.
Et si la poésie était, comme le disait le regretté peintre-philosophe Ladislas Kijno : «.../... savoir encore s’étonner à partir de rien, le grand étendard des signes, une possibilité de ralentir le temps. » Et si la poésie était : « .../... savoir ramasser les feuilles mortes des galaxies perdues, une caresse métaphysique. Si la poésie c’était sortir du désespoir pour nous conduire vers l’Amour ? Si la poésie était l’antidote des catastrophes ? »     
Barnabé Laye se fait peintre d’images sensibles et révélatrices qu’il colore souvent en choisissant chaque mot sur sa large palette en y mêlant ses nuances.
Tendresse, intimes senteurs d’amour, il écrit à fleur de peau sur l’épaule de la bien aimée. Délicatesse émouvante de la métaphore.
 
« Le voyage jusqu’au bout de ton corps
Jusqu’au bout de ton cœur
Jusqu’au bout de nos envols. »
 
Nous quitterons momentanément les chemins de la versification pour ceux de la prose narrative, mais la voix de la poésie est toujours au rendez-vous, éclatante comme :
 
« .../...les roses de sable nées de l’étreinte du sel et du sable dans le ventre chaud de la terre. »
 
Il nous arrive de croiser  quelques textes poétiques quelque peu anecdotiques, comme par exemple celui de Dédé l’indétrônable pilier de bar et ses acolytes, une façon de détourner le drame d’un terne quotidien et de jouer de la dérision.
Ici et là nous rencontrons quelques aventures imprévues, les rencontres furtives du hasard dans le métro avec une jolie inconnue qui disparaît à l’angle d’un couloir. Mais le hasard existe-t-il vraiment ?
Thème récurrent chez Barnabé Laye il y a toujours un retour au jardin de l’enfance, au rêve de sable humide, de grands soleils flamboyants et de paquebots en partance pour des îles inconnues. Tout n’est que gestes simples et naturels, paroles réconfortantes, souffle sur les braises pour raviver la flamme.
Nous sommes les jouets de la temporalité, tout est éphémère, provisoire, la camarde est déjà là avec sa faux en filigrane dans un lointain encore indéfini. La parade est de résolument lui tourner le dos pour retourner vers la lumière et la poésie de la vie si énigmatique.
En admettant que la poésie soit l’arbre de vie ! ?
Vite il faut aller planter un arbre sur le placenta et la délivrance du dernier né de la tribu  et attendre patiemment l’heure de l’éclosion du premier bourgeon.
Barnabé Laye place dans le silence des mots le droit de croire au bonheur des aubes nouvelles, ces mots qui font tomber les masques et teignent de bleu l’horizon et pour qui :
 
«  Seul le bonheur est vrai
Tout le reste est palabre. »
 
Il arrive aux plus vaillants missionnaires humanistes au terme d’un combat pour l’équité, la sagesse, la paix, l’abolition de l’ignorance, la tolérance, d’être saisi de lassitude, avec un peu ce sentiment de se battre contre des moulins, alors les larmes deviennent :
 
« .../... paysages bleus des poèmes
Des silences cachés aux creux des mains enlacées
Filles des extases soudaines et des émerveillements. » 
 
Alors il ne reste plus qu’à reprendre courage, à ne surtout pas marcher à contre sens et selon la devise du grand poète et homme de lettres franco- libanais Salah Stétié : «  Passons outre ! »
Du miroir au masque il n’y a qu’un pas pour aller vers les étoiles qui retombent en poussière apaisante.
 
« Afin que brille au petit matin le soleil de tous les possibles. »
 
©Michel Bénard.
Lauréat de l’Académie française.
Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.
 
Recension – Barnabé LAYE – Fragments d’errances - par Michel Bénard
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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 06:43
Cantique IV - Ode
Oeuvre en titre : « Dentelle III » sculpture porcelaine de Ode©
 
 
 
 
Et s'ouvrent, fin novembre,
Les portes verticales de décembre
Géométrie des partances,
De l'appel et de l'abandon
Rite cosmique de l'amour en attente
La pierre se parachève
Au brasier de l'absence

Elle manifeste l'autre visage de toi
Et mon regard naïf et profond
Se mire dans la cinquième saison de l'âme
À la claire fontaine du silence
Au cercle rouge de la rencontre
Dans le faste dénuement du rêve

Habite la durée de la blancheur 
Quelle ne soit entachée de sang !
Que très loin mon visage ne se perde
Dans la mer de tes yeux inaccessibles !
Que la magie des libertés t'emporte
Au-delà de mon âme qui a traversé
Les hautes montagnes de ses amours !

Que s'endorment tes étoiles
Dans la nuit de mes sapins !
Prépare, l'oiseau, à l'ombre de la lune,
Prépare le feu du petit jour !

 
Et que ton oeil s'ouvre au coeur en peine
Sous l'amas des feuilles mortes
Et des souvenances enfouies 
À l'horizon rose des saisons !

 
Penche-toi de nouveau sur les puits de ton désir
Pour y baiser celle qui te cherche
Au fond de ton rêve !

N'attends pas que l'âge te surprenne
Déjà, les premières neiges sont arrivées !

©Ode
19 novembre 2002
 
 
 
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