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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 06:49
Recension : Béatrice Pailler - «  Jadis un ailleurs » - Michel Bénard

Recension : Béatrice Pailler - «  Jadis un ailleurs » Edition L’ Harmattan – collection Poètes des cinq continents – 2016 -  Format 13,5 x 21,5 -  113 pages.

 
 

                               « .../...de sa voix s’exalte le cantique halluciné des vapeurs opiacées. » BP.

 

 

Une écriture est née ! Le décor est planté, il ne nous reste plus qu’à nous laisser emporter pour nous perdre dans les méandres de ses énigmes.

Béatrice Pailler a le don des visionnaires, elle perçoit l’envers du miroir, traverse son tain et anticipe les aurores boréales.

Elle porte sur le monde cette vision singulière et personnelle toute festonnée de nuances poétiques.

Le langage est riche, les images sont fertiles, elles enfantent des univers d’entre deux où l’on discerne tout juste la part du réel ou celle du rêve.

 

« .../...à cette heure, mon corps murmure les chants des anciens temps. »

 

Son encre est toute de miel et de douceur liquoreuse. Elle ponctue le temps plaintif, violent, béni ou silencieux.

Notre poétesse s’exprime dans un vocabulaire qui convie à l’étonnement, au ravissement.

Son chant littéraire l’extirpe de la réclusion. Elle nous suggère un voyage entre le rythme de la vie et les respirations de la mythologie, un embarquement vers Cythère où nous descellons quelques fragments d’amour aux frôlements érotiques, mais où la morsure n’est jamais très éloignée.

 

« A toi, je laisse, au creux d’une main, l’irritante brûlure de mon sein.../...la morsure de ma toison.

Et sur ta langue où s’enracine la fièvre, je dépose la sève de mes baisers, l’amère salive, souillure de mes poisons. »

 

L’écriture ciselée avec préciosité, de richesses filigranées et d’orfèvreries inusitées s’impose à nous et bouscule nos fondements.

Il arrive à Béatrice Pailler de se faire l’archéologue de la vérité et n’hésite pas pour cela à fouiller dans les cendres funéraires.

François Villon ne lui serait-il pas soudain revenu du mont des gibets dans un tournoiement de bacchantes aux parfums soufrés de Walpurgis ?

 

« Et la lune noire, lune du désespoir, seule au ciel luit. » 

 

L’écriture procède d’un rythme parfois tellement réaliste qu’il pourrait nous donner le mal de mer.

 

« Tangue, tangue le rafiot, forte houle au creux de l’eau. »

 

De temps à autre nous croisons sur notre chemin de poésie quelques émanations baudelairiennes. Béatrice Pailler sait égrener avec bonheur ça et là des soupçons d’images romantiques, réalistes, oniriques, érotiques tout juste voilées au travers de formules soignées, denses, serties d’un langage des plus raffinés.

Malicieuse, elle joue de l’éblouissement des saisons, des futaies corsetées, des dentelles de pluie, des ramures ébouriffées, elle détourne l’ordre du temps.

Elle façonne son verbe par des expressions singulières et des formules personnalisées qui ne peuvent pas être lues de manière linéaire, mais plutôt de façon binaire, voire trinaire.

Les cadences se heurtent, s’opposent, de délicates frondaisons s’entrechoquent avec les pierres et les gouffres béants.

Oui une écriture est née !

Il ne lui reste plus qu’à trouver la voie de sa révélation.

Etrange, vous n’allez pas me croire ? Je me suis même surpris à penser, que c’est aussi beau que du Rimbaud !

Michel Bénard.

Recension : Béatrice Pailler - «  Jadis un ailleurs » - Michel Bénard
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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 06:50
L’ombre roule et se fane – Victor Varjac
L’ombre roule et se fane
comme un rêve effrayé
s’enfuit de la maison…
 
L’image retrouve le geste
dans le corps inconnu
de la nuit qui s’éveille…
alors commence la métamorphose
de la transparence et de l’obscur…
… tumulte silencieux
qui protège les heures
à l’abri du soleil…
 
Etranges nuées
qui précipitent les chants
sur la ligne infinie
où se mêlent
comme les lèvres d’un baiser
la vie et la mort
dans le lit du sommeil…

©Victor Varjac
Antibes, août 1997

Extrait de « LE CHEMIN DES RÊVES » aux éditions Chemins de Plume




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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 06:35
Lune de chagrin - Lotfi Belouad
Lune de chagrin
A pris ma vie.
De mes pupilles de Marin,
Marée de sel s'éparpille.
Ah ! Que l'éternité s'amène,
Là où nos âmes s'étreignent.
 
Dans les yeux du monde,
Un néant qui m'attriste.
La passion est vagabonde,
L'indifférence est élite.
Ainsi je rêve de prairies sans lois,
D'une utopie où je me perds avec toi.
 
Ce sourire qui me caresse,
Et dans un vent doux je me noie.
De vulnérabilité et de tendresse,
Dans tes fossettes je scelle ma foi.
Que mon amour s'arrête,
Ma déchéance est enfin prête..
 
Hélas ! La raison est hypocrite,
Et ma colère a un sens.
Je souffle mes doléances écrites,
Qui aux astres chantèrent peurs et souffrances.
Contant un amour ardent mais éphémère,
Enfantant une mélancolie pure et sincère.
 
Dans ma bulle,
Je te croyais à mes côtés.
De l'aube au crépuscule,
Tu as aspiré en moi toute beauté.
Et je me retrouve sans bulle ni coeur,
Aussi indifférent que ces âmes
qui me font trembler de peur.
 
Ah! Dans ma prairie,
Je me perds.
Du ciel gris,
Jusqu'à la salure de la mer.
Mon amour est parti,
Et dans mes rêves j'en fais une autre vie.
 
Lune de chagrin,
A pris ma vie.
De mes pupilles de Marin,
Marée de sel s'éparpille.
Ah ! Que l'éternité s'amène,
Là où mes rêves s'éteignent.
 
©Lotfi Belouad  
 


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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 06:42

https://trema.revues.org/1901 - Crédits Horst SCHIFFLER et Rolf WINKELER.

La voix de son Maître – Michel Duprez
 
Le Maître élève la voix :
« Tu es non seulement mon sujet,
mon verbe,
mais aussi mon complément.
 
Si je devais établir un point de comparaison
entre toi et le reste du monde,
je choisirais sans hésiter une montre,
surtout quand, ravagé par la rouille
apparue autour de tes engrenages,
tu retardes après avoir d'abord fait mine d'avancer.
 
Et tu t'étonnes d'entendre si souvent tes proches te demander :
Comment va le moral ?
 
Combien de fois ne t'ai-je pas répété :
dès l'instant où tu auras l'impression d'être victime
d'un mauvais réglage,
écris, que diable !
 
La poésie est ton remontoir.
Moi, je dis ça pour ton bien.
 
Il te faut avoir l'esprit aventurier,
viser avec une extrême précision
ce long voyage au bout de l'ennui
qui t'empêche de cueillir les fruits
de ton futur jardin secret.
 
Si tu suis mon conseil,
je t'accorderai peut-être
un supplément d'âme,
car l'âme – on le sait -
restera toujours
le meilleur garde du corps.
 
©Michel Duprez  
 
 


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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 06:46
Contact – Djida Cherfi
Photo JDornac©
 
 
 
 
C’est l’air qui effleure l’eau,
L’eau qui effleure la terre
Fertile ou toute de pierre ;
Elle s’entasse et se serre.
 
Les falaises et les montagnes,
Les collines et les plaines
Font la révérence aux rivières,
Aux baies, aux lacs et aux mers.
 
Les nuages montent et descendent,
Le ciel rit et gronde.
L’aire frôle l’eau et,
Le vent la bouscule.
Pour qu’elle percute la terre
Qui provoque des vagues de colère !
 
Ce sont les éléments qui se touchent,
Se frôlent ou s’affrontent dans des combats farouches.
Ce sont les matières qui se caressent,
Dans la beauté ou la détresse !
Les substances qui s’embrassent ou se fâchent,
Pour la plus parfaite ou la pire des images.
 
C’est le monde qui se touche
Sous cette protectrice couche
Qui peu à peu se déchire
Pour que catastrophe rime avec plaisir.
 
Et ce sont les hommes qui se touchent par mépris ou besoin à assouvir !
 
©Djida Cherfi
05/11/15  
 


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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 06:51
Drapées de parures bigarrées – Michel Bénard
 
 
 
 
Drapées de parures bigarrées
Hautes de couleurs,
Les femmes transportent
Dignement sur la tête,
Cruches à eau, bois à feu,
Bananes, mangues ou poissons.
Passent besogneuses et silencieuses
Aux abords de la case centrale,
Où seuls les hommes
Prennent part aux palabres.
De la foi à la loi,
Tribal, grave, ou anodin
Chaque point du quotidien
Est soupesé, discuté, décidé là !
Tout transite par la parole
Coutumière des hommes.
Les femmes silencieuses et besogneuses
Passent porteuses du secret
Originel de la création,
Elles savent le poids de la vie !
Les hommes échauffés poursuivent
Leurs vénales palabres
Dans le brouhaha et l’agitation.
 
©Michel Bénard.



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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 06:40
Mesure du Temps - Ode
Oeuvre en titre : « Mesure du Temps de l'Histoire » sculptures de Ode©
 
 
 
 
Survivre des nuits à attendre tes jours
Où s'acharne l'absence
Où la vie n'est que journées sans fin
Qui s'allongent une à une

 
Seul l'espoir du retour prochain
Traverse le champ de mon âme
À bout de souffle
À bout de marche
En quête de nous
Ensemble

 
Imminent ce jour annoncé
Heureux et mystérieux secret
En quête d'un miroir qui te reflète
Nous reflète en mille facettes
Luminosité du vitrail
Rosace de notre cathédrale

 
Palpitation des instants
Mugissement du présent
Du roc des amours belles
Aux granules du sable des plages
Des hautes marées de peines
Aux hautes marées de joie

 
Et tu me conduiras au rythme des saisons nouvelles
Au rythme des soleils et des lunes
Jusqu'à l'infini point de fuite
Jusqu'à l'ultime frontière du temps
À basse marée des silences
À basse marée des sens
Et dans la mer bleue des passions
Nous y baignerons

 
Nous mesurerons le temps
À la démesure des marées
Et à la mesure de nos amours
Afin de mieux goûter notre bonheur
Car les aiguilles du pendule sont folles
Et font fuir les précieuses heures
Comme rivières se jetant dans le grand fleuve
Pour s'y noyer à jamais

 
Et que veille l'affective mémoire
À la stèle du temps
Moments heureux inscrits
En nous d'éternité
Et que veille le feu permanent de la lampe
Au chevet de notre ensemble
D'un seul tenant
Dans le pas heureux des jours, soudé

 
Ode©
27 mars de l'An Deux
 
http://zodode.5.50megs.com/CS/mesurtem.htm



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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 06:47
Du jour à la nuit – Jean Dornac
 
 
 
 
L’aube s’unit à la nuit
Afin qu’on se demande
Ce que signifie la vie…
Et s’il est bon que l’on s’amende…
 
Entre jour et nuit, noir et soleil
Que peut-on savoir de nos vérités ?
Rien sans doute avant le vrai réveil
Et la reprise de soi avec volonté…
 
* * *
 
Par mon cœur qui reste meurtri
Je te confesse qu’une vie en solitude
Si elle ne tue pas la personne, elle l’amoindrit
Car pour l’amour, elle n’aura plus d’aptitudes…
 
La beauté en elle a été violemment gommée
Et si elle ne bascule pas dans la haine
L’essence des doux sentiments est effacé
De l’amour, il n’y a plus la moindre graine…
 
Elle tend encore ses lèvres pour cueillir un baiser
Mais désormais c’est juste le néant qu’elle embrasse
Certes, elle pourrait le choisir et à lui se donner
Mais cette haleine sent bien trop l’impasse…
 
Elle voudrait encore refaire l’amour
Mais un drap ne remplace pas l’amant
Elle a beau regarder tout alentour
Elle sait que même le ciel lui ment…
 
Pourtant, si elle est forte et volontaire
Elle croira encore que l’amour est possible
Et toutes ses craintes, elle les fera taire
Pour qu’à l’aimer, elle redevienne admissible !
 
* * *
 
Si parfois l’amour est cause de destructions
Il est plus souvent force de rédemption !
Mais il faut être fort et y croire
Tout le reste n’est que dérisoire…
 
Quand le jour se marie à la lumière
C’est l’amour qui inonde les cœurs
L’âme se redresse et doit être fière
D’aimer sans reproche ni peur…
 
©Jean Dornac
Lyon, 10 octobre 2016



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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 06:59
Le prince et la rose – Pierfetz
 
Pourquoi les roses ont des épines ?
Des amis parmi les renards.
Les fourbes trompent par leur bonne mine
Et captivent souvent les regards.
 
Pourquoi les gens de notre terre
Polluent leur environnement,
Ne savent bien faire que la guerre,
Se comportent comme des garnements ?
 
Les fleurs mangées par les moutons
Ont laissé pousser des épines,
Le monde est peuplé de faucons,
Privé d'inspiration divine.
 
L'Essentiel a bien disparu,
Caché par de nouveaux rois mages,
Leur science n'a rien résolu,
Petit Prince doit tourner la page.
 
Dépasser son imaginaire,
Changer le monde des religions,
Retrouver à deux millénaires
L'enfant de la résurrection.
 
Au-delà de l'imaginaire,
Son Message transporte l'Amour
Occulté par les missionnaires
Des institutions de faux jours.
 
Une nuit d'étoiles, j'ai rêvé:
Les roses n'avaient plus d'épines;
Moutons et loups étaient en trève,
L'Enfant roi nous avait sauvé !
 
Pierfetz ©
 
 
 
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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 06:42
Un témoin – Salah Bekka
 
 
 
 
J’ai fait de mon ombre un témoin
Qui t’a protégé du soleil,
Il me rappelle les joyeux coins
Qui ont mis nos cœurs en éveil ;
 
Oui, j’ai fait d’elle un vrai témoin,
Comme pour m’assister d’un complice,
Pour revisiter ce tout qui est loin
Et redonner un sens aux indices.
 
Te rappelles-tu du nombre de fois
Et des endroits qui nous ont bercés ?
Moi, je n’ai à l’oreille que ta douce voix
Comme seul héritage du passé ;
 
Tu es partie, et l’image aussi,
Mon ombre s’est vidée dans ces lieux,
Dans chaque passage, je vis la nuit
Et au ciel j’adresse des mots, des vœux,
 
Celle de te revoir, et de revivre,
Un des moments vécus ensemble,
Et réparer aussi cet état ivre,
Dans ce rappel ma gorge tremble.
 
Je manque de mots comme un muet,
Quand je médite dans ces endroits,
Mon ombre s’exprime comme un valet,
Sous le soleil, et sous les toits.
 
Si je m’étouffe dans mes pensées,
La couleur de cette ombre m’a puni,
Et elle a coloré tout le tracé,
Que le dur destin lui a remis.        
 
©Salah BEKKA. Auteur
Fleurs, Épines et Frissons…
Paru au : LES ÉDITIONS DU NET
92150 Suresnes France



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