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6 novembre 2017 1 06 /11 /novembre /2017 07:46
Amour toujours

 

 

 

Le goudron des cœurs endurcis
La boue des possédants
La cruauté d’esprits pervertis
Étouffent désirs et cumul des ans…
 
Mais nulle pierre
Jamais, n’a pu empêcher
Le plus modeste des lierres
De pousser et encore germer !
 
Si petite soit-elle
Légère, jolie et frêle
Une fleur perce l’asphalte
Comme du beurre et sans halte !
 
Rien ne peut résister au flot
Qui engendre toutes les vies
Ni murs ni méchant cerveau
Ni aucun démon par le mal vomi !
 
Certes, la puissance des assassins
Parvient à éteindre quelques vivants
Du mal, ils sont les spadassins
Mais ils ne sont que mauvais vents…
 
Quant aux herbes et aux fleurs
En nous leur beauté est gravée
Jusqu’à notre dernière heure
Elles seront les amies de notre éternité…
 
En lisant mes mots, ils doivent rire
Les banquiers assoiffés de trésors
Les ministres et milliardaires sans avenir
Tous ces spectres déjà morts…
 
Ne seront éternels que l’amour
Et les fruits qu’il engendre :
La beauté, la douceur des jours…
Rien de ce qui est à acheter ou à vendre !
 
L’amour seul, à jamais, brillera
Il effacera tous les autres pouvoirs
En poussière, il les transformera
A jamais, il sera des humbles le territoire !
 
©Jean Dornac
Lyon, le 6 novembre 2017
 
 
 
 

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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 07:53
Pissenlit perce-goudron
 
 
 
 
« PERCE ma peau glacée, caresse mon manteau »
LA pointe des crampons griffe comme un râteau 
NUIT 
et piolet mêlés crissent en concerto…
 
« PERCE », dit la seringue ;
LA pointe prend mon sang, c’est dingue ;
GLACE et froid dans mon dos par ce flingue…
 
« PERCE donc mon poitrail si tu en es capable ! »
L’ennemi m’a raté, c’était un incapable :                        
OUBLI d’un face à face à l’horreur impalpable…
 
PERCE oreille, je t’ai vu, dans ma pêche juteuse,
L’autre jour tu courais du noyau vers la chair prometteuse :
ESPACE court dans une envie flatteuse…

 
©Robert Bonnefoy
(Quatre Haïkus en acrostiches regroupés en calligramme)
 
 
 
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4 novembre 2017 6 04 /11 /novembre /2017 07:48
Silhouette...

 

 
 
 
 
sur ta silhouette
si finement grainée
j’effleure
la gourmandise
que seuls
nos désirs comprennent
 
à portée de souffle
te voilà captive
bouquet de flammes
dans mes bras
où se calcinent
tes boisseaux du plaisir
 
nonchalance
des caresses
qui fleuronnent
au creux d’ombres
quand j’apprivoise
l’attente
 
j’oscille
entre tes lèvres
que j’esquisse
et ta crypte
où s’abandonnent
d’inépuisables ferments
 
déposer sur ta peau
l’encre de mes averses
en contrebande
vendanger
au seuil d’un sourire
ton âme clandestine 
 
©Claude Luezior
 
Extrait du recueil « Prêtresse » aux éditions L’Harmattan




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3 novembre 2017 5 03 /11 /novembre /2017 04:52

Grand merci à Francesco, merveilleux ami italien qui nous offre régulièrement la traduction de mes poèmes dans sa langue imprégnée de soleil et de joie de vivre !!

Jean

ENFANT…

Dans quel monde es-tu né,
Toi, l'innocent ?
Tu es arrivé confiant
Dans un monde
Fait de quelques puissants
De peuples affamés
Errants et sans liberté.

Gamin,
Ne sais-tu pas que pour briller,
Les tortionnaires
Vont tout te voler ?
Ne sais-tu pas que
Ta pauvreté est garante
De leurs excès ?
Ne sais-tu pas que pour tout accaparer
C'est ta vie qu'ils vont briser ?
Pour qu'ils règnent en maîtres
Tu dois disparaître...

Oh innocent,
Ne sais-tu pas que par soif d'argent,
Ils sont avides de ton sang ?

Oh, enfant de la terre,
Fils de toutes les nations,
Bambin aux yeux rieurs
Ou déjà en pleurs,
Pauvre ou miséreux,
Pleurant de faim
De froid, de peurs
Ceux qui veulent ta mort
Oublient qu'ils s'immolent
Et précipitent la terre
Dans l'horreur.

Enfant,
Tu es sel de terre
Et de vie !
Sans toi,
Nul sourire
Nulle joie
Nulle espérance
Nulle beauté
Nul avenir sur terre…

Enfant de Palestine,
Petite fille du Darfour,
Étudiant d'Iran ou de Chine,
Gamin du Pérou ou d'Argentine,
Fils d'Afrique et d'ailleurs
Ta vie n'est rien
Aux yeux de ces gredins.

Fils d'Europe,
Fille d'Amérique,
Tu te crois privilégié
Mais ta vie est en danger.
Pour la fortune de tes banquiers
Les pouvoirs vont t'engraisser
Avant de te livrer à la boucherie.
Comme on saigne le porc,
Ils t'enverront au feu de guerres
Qui, jamais, ne sont tiennes.

La mort de tout enfant
Fruit joyeux de la terre
Est un crime sans nom.
Tant de dons qui n'écloront pas
Tant de chances évanouies
Tant d'espérances anéanties
Pour la seule volupté
De quelques funestes prédateurs.

Enfant,
Je pleure les poèmes que tu n'écriras pas
Je pleure les notes que tu ne joueras pas
Je pleure les œuvres que tu ne peindras pas...

Je pleure l'amour dont, jamais,
Tu ne nourriras le monde…

© Jean DORNAC
26 juin 2009
Fanciullo
 
In quale mondo sei nato
Piccolo innocente?
Sei arrivato fiducioso
In un mondo
Fatto da alcuni potenti
Da popoli affamati
Raminghi e senza libertà
 
Bimbo,
non sai che per brillare
i torturatori
vogliono derubarti tutto?
Non sai che
La tua povertà è garanzia
Del loro lusso?
Non sai che per prendersi tutto
Rovinano anche la tua vita?
Affinché possano regnare e comandare
Tu devi scomparire...
 
Oh innocente
Non sai  che per sete di danaro
Loro sono insaziabili del tuo sangue?
 
Oh, bambino della terra
Figlio di tutte le nazioni
Bambino dagli occhi lucidi
Stai già piangendo
Povero e misero
Sofferente di fame
Di freddo e di paura
Quelli che vogliono la tua morte
Dimenticano che s’immolano
E fanno precipitare la terra
Dentro l’orrore
 
Fanciullo,
Tu sei il sale della terra
E della vita.
Senza di te,
Nulla sorride
Nulla è gioia
Nulla è speranza
Nulla è bellezza
Nessun futuro sulla terra...
 
Fanciullo della Palestina
bambina del Darfur,
studente dell’Iran o della Cina,
ragazzo del Perù o dell’Argentina,
figlio dell’Africa e di tutto il mondo
la tua vita non è niente
agli occhi di questi farabutti.
 
Figlio dell’Europa,
Figlia dell’America,
Tu ti credi privilegiata
Ma la tua vita è in pericolo.
Per la fortuna dei banchieri
Il potere t’ingrasserà
Prima di spedirti al macello.
Come un maiale insanguinato
Ti invieranno al fuoco delle guerre
Che non saranno mai le tue.
 
La morte di tutti i bambini
Frutti felici della terra
È un crimine innominabile.
Tanti doni non aperti
Tante possibilità svanite
Tante speranze in frantumi
Per il solo desiderio
Di alcuni predatori funesti
 
Fanciullo,
Io piango le poesie che non scriverai
Piango le note che non suonerai
Piango i dipinti che non dipingerai...
 
Io piango il tuo amore, che non
Potrà nutrire il mondo
 
© Francesco Casuscelli
2 novembre 2017

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2 novembre 2017 4 02 /11 /novembre /2017 07:47
Fille dans la forêt

 

 

 

 

 
 
Elle était belle dans sa robe de grand vent et dans ses yeux passaient des vols de goélands. Elle vivait sur une colline, parlait aux arbres, aux fleurs, aux oiseaux. Elle était la douceur d’un pétale, le velours d’un papillon. Elle buvait à grandes lampées l’aujourd’hui, s’inventait à neuf à chaque instant, rêvait d’un monde léger comme un flocon, un nuage, une plume. Elle s’offrait des soûleries de rosée, des festins corolles, des gâteaux de lumière tout en sirotant de grandes goulées de ciel. Et puis, elle se laissait flotter sur le silence, un silence vivant, vibrant où des rêves de beauté jaillissaient dans tous les coins de son âme. Après, sur les ailes du vent, elle partait explorer la forêt profonde jusqu’à la nuit. Quand celle-ci était épaisse, la jeune fille, de son index, allumait une à une les étoiles. Puis, elle tirait de sa poche, un petit galet tout rond. Et de toutes ses forces, elle le lançait vers le ciel. Il se transformait soudain en une gigantesque anémone, toute parée de lumière qui tombait en paillettes, en étincelles sur les arbres et les buissons. Elle contemplait un moment ce spectacle insolite, le cœur dilaté de joie. Enfin, elle s’endormait dans son berceau de fougères, sous le regard bienveillant de la lune…
 
©Michèle Freud




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1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 07:33
Le massacre des innocents, Léon Cogniet

 

 

 
 
 
 
Dans les limbes de la nuit
Se déploie l’inflorescence
Des mains des enfants jamais nés,
Et de ceux qui n’eurent pas le droit de vivre.
Mains des innocents
Suppliciés dans les chambres à gaz,
Crucifiés dans les forêts du Rwanda,
Martyrisés en terre d’Algérie,
Mains implorantes,
Des pays de soif et de faim,
Survivance médiumniques
De souffrance et de mort,
Que l’on  voudrait pouvoir
D’un simple mot
Restituer au monde.  
 
©Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « Le chant des Nébuleuses », aux éditions JEBCA, collection l’Immortel.




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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 07:44
Les trois âges de l’homme, Giorgione de Castelfranco

 

 

 

 

 

Montrez-moi votre vrai visage,
Celui d’avant,
Tel que vous étiez autrefois,
Pressé de vivre,
Et de partir,
Cheveux au vent,
Regard au loin.
 
Montrez-moi cette face jeune,
La vôtre alors,
Riche d’appels
Et de projets
Autour du monde.
 
Ô montrez-moi votre visage,
Encore intact,
Avant ses lignes d’écriture !
 
Celui que vous aurez comme empreinte finale.  
 
© Luce Péclard
 
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier

 

 

 
 
 
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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 07:32
« La songeuse », par Gérard Bouilly

 

 

 

 
 
Maraudes à la recherche du cri
lèvres égarées à votre glaise de potier
la nuit picore mes seins
des oasis passent dans votre regard.
 
Lin de tous les vents.
Pourquoi ne pouvons-nous fuir avec les
grands ouragans ceux qui débroussaillent
la chevelure des gitanes ?
 
©Nicole Hardouin.
 
Extrait du recueil « Fontaines carnivores » diffusion : Libraire Galerie Racine




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29 octobre 2017 7 29 /10 /octobre /2017 07:30
« Rêve d’Amour », Jean-Honoré Fragonard

 

 

 

 

 
Dans ce passage de songes sans promesse,
Je renifle encore tes larmes âcres sans cesse.
M’aimes-tu ? Enfin, me noierais-tu de caresses ?
 
Arrive le crépuscule et tu t’effaces dans les nuages
D’un bonheur naïf et simple, écoute-moi, courage. 
Je t’aime un peu ne te noie pas dans ces mirages.
 
L’amour éclot et s’éteint que veux-tu que je te dise
Je t’ai aimé, maintenant des rêveries me séduisent.
Je préfère m’endormir et rêver de toi en guise.
 
Des ombres me séduisent, dirais-je à tantôt ou adieu.
Tu pleures, tu me tapes sur les nerfs au lieu
De crier je t’aime mais reviens-moi pardieu.
 
Je te libère, je te félicite, je ne te haie pas tu l’as su
Ce qui est fautif s’en va se pulvérise et est foutu
Mais je te dis que je t’aime un peu me crois-tu ? 
 
©Nancy Turnier-Férère

 


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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 06:41
La Vénus d'Urbain, Le Titien, 1538

 

 

 
 
 
Dans l’atelier, le vieux sofa des modèles gémit. Elles l’ont tant sollicité que les chevelures et les corps ont creusé son lit. Toile pieuse, les plis de la trame préservent la trace féconde. Et parmi les coussins et les étoffes, sur l’antique velours, se devine leurs empreintes mêlées. Dans la chaleur émolliente, le sofa assiégé sous la houle d’une hanche succombe. Et le voilà, vénérable complice rompu au plaisir, s’inclinant en courtisan pour une invite à plus de langueur et d’abandon.
 
Paisiblement, ses cheveux se dénouent. Confiante, elle ose et son peignoir se déprend de sa pudeur. Nue, elle s’enhardit, s’expose à l’inconnu.
Voyant au sein des ténèbres, l’homme ne sait rien de son modèle. Depuis toujours, ignorant des nudités éblouies, il cherche au travers des êtres son absolue de vérité. Aliéné à cet idéal, il scrute l’opale des peaux offertes, voulant connaître toutes les nuances de cette tendre palette. Aujourd’hui, sous ses yeux, la lumière sculpte l’inattendu. Impudique voile de Véronique, elle se pose, linceul lamellé, sur le sensible de cette chair où le soleil égrappe ses brillants.
 
Fleur de pavé épanouie au souffle païen, petite te voici parée de rouge et d’or. Hétaïre sensuelle, ta main effleure ton sexe : ce jeune fruit acidulé, prêt à cueillir, prêt à aimer.
 
 
©Béatrice Pailler
Recueil Motifs
In Jadis un ailleurs L’Harmattan 2016


 


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