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22 avril 2018 7 22 /04 /avril /2018 06:03
Composition de Robert Bonnefoy©
 
 
 
 
 
Germinal se mourait dans ses brouillards givrants
Oubliant, impuissants, que l'aube emportait l'aube...
En sous ces jours cléments, la vie reprenait vie,
Le soleil ravivait la nature et ses robes...
Alors, près de la mer, les nids piaffant d'envies
Ne pouvaient retenir d'essaimer sur le globe,
De l'écume à l'azur leurs grands vols enivrants.
 

©Robert Bonnefoy
 
Acrostiche en calligramme (Voir la composition ci-dessus)
 
 
 
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21 avril 2018 6 21 /04 /avril /2018 03:54
Oeuvre d'Honoré Daumier

 

buvez !
comme le rouge-gorge
boit l’arc-en-ciel
comme l’archipel
boit sa lagune
et la fougère
son sous-bois
 
buvez !
à la source
qui fait la fête
au miroir
du puits
où culbutent
vos songes
 
buvez !
le calice
de droit divin
le sang
de la prière
sur l’autel
du pardon
 
buvez !
à l’aune
de vos élans
à la mesure
de votre désir
à gorge
déployée
 
buvez !
de vos lèvres
jusqu’à ce que vie
s’en suive
buvez jusqu’à plus soif
et surtout
buvez-moi !  

 
©Claude Luezior   
Bevete!
come il pettirosso
beve l’arcobaleno
come l’arcipelago
beve la sua laguna
e la felce
il suo sottobosco
 
Bevete!
alla fonte
che fa la festa
allo specchio
del pozzo
dove cadono
i vostri sogni
 
Bevete!
il calice
del diritto divino
il sangue
della preghiera
sull’altare
del perdono
 
Bevete!
dal cortile
da cui vi lanciate
alla volta
dei vostri desideri
a gola
spiegata
 
Bevete!
dalle vostre labbra
fino a quando la vita
fugge via
bevete finché non avete più sete
e soprattutto
bevetemi!
 
Francesco Casuscelli

 

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20 avril 2018 5 20 /04 /avril /2018 06:28

 

 

J’ai vu la lumière froide de la laideur
Décliner la désespérance,
Soleil blanc
Sur des filaments couleur de rouille
Effilochés rouge sang,
Un linceul de brume glacée
A figé sur l’herbe jaunie
Les mots fanés de la haine,
Renoncement à l’orange flamboyant.
Après la chute aux enfers
J’ai suivi le fil
Celui de l’allumeur de réverbère
Et j’ai vu émerger du chaos
Les graines de la géhenne,
Un souffle lilas sculpte le verbe
Sur de jeunes rameaux qui déjà élèvent
Leurs gemmes vers le sacré.
 
©Nicole Portay
 
 
 
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19 avril 2018 4 19 /04 /avril /2018 06:39
Lucie Delarue-Mardrus en 1905
 
 
 
Je me regarde en toi comme jadis au fond
Des eaux douces des prés, ombreuses et dormantes,
Où naissait sans trembler mon mirage profond,
Comme une nymphe qui se baigne entre les plantes.
 
Car tu es douce ainsi qu'un reflet dans de l'eau,
Et tes yeux bleus sont mes yeux noirs devenus vagues,
Et tes lointains cheveux de rêve et de halo
Sont mes roux cheveux bruns réfléchis, et tes bagues
Sous le renvoi de mes chatons rouges et bleus...
 
Je te prendrai contre mon âme, si tu veux,
Puisque notre beauté diverse coïncide;
Puisqu'en toi j'ai trouvé, corporelle et lucide,
La nymphe qui troublait les eaux de mon passé,
Et puisque, sous l'argent défait des boucles blondes,
Ton corps entre mes bras péremptoires pressé,
Est demeuré subtil et fuyant comme l'onde.
 
©Lucie Delarue-Mardrus
 
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18 avril 2018 3 18 /04 /avril /2018 05:00

 

 

 

 

 

Dors, mon âme
Sur le sein blanc du silence.
La nuit au visage de femme
Implore la délivrance.
Dors dans l’invisible douceur
D’un geste tendre.
Mes doigts glissent sur ton cœur
Comme une aile,
Et sur tes lèvres se dessine
L’arabesque fine
D’un baiser.  
 
 ©Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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17 avril 2018 2 17 /04 /avril /2018 06:34
©JF CORNUET
 
 
 
 
C’est l’été, mettons la sourdine
Aux mélancolies
De l’hiver !
 
La pie aux deux couleurs le dit,
Elle cliquète, elle claquette,
Battant le tambour
Du tam-tam.
 
Pour elle, sans demi-mesure,
Tout est blanc ou noir,
Tout est rythme.
 
Elle nous montre un art de vivre
En trouvant d’instinct
Son bonheur.  
 
 © Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier

 
 
 
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16 avril 2018 1 16 /04 /avril /2018 06:21
Licorne blanche ©its-kat-yo

 

 

 

 

 

Je ne suis pas prête à les suivre. Tout se brouille : vraisemblance, mirages se mêlent. J’hésite mais puisque tout songe a une réalité,* entrons dans le cercle.
 
Brumes et soleil noir laissent émerger des estuaires d’où jaillissent les mondes mystérieux et fugaces.
Passe une licorne : elle tire un corps en transe vers une chambre de légendes.
Ouverts, les labyrinthes exhibent leurs dédales, Ariane rembobine ses fils de soie.
 
Les dieux ont faim.
 
©Nicole Hardouin.
Extrait du recueil « Prométhée, nuits et chimères » aux éditions de l’Atlantique, collection Phoibos.




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15 avril 2018 7 15 /04 /avril /2018 06:47

 

 
 
 
Mon âme s’éclaircit
quand je cueille
à la pourpre
de tes lèvres
le murmure
du jour
qui doucement
s’évapore…
 
Les heures éblouies
se retirent et disparaissent
mais le souvenir
d’un couple amoureux
voyage et s’accomplit
dans le royaume des mondes
loin du rivage
carnivore du temps !...  
 
© Victor Varjac
Antibes, 17 février 2000

Extrait du recueil « l’Homme Imaginaire » aux éditions MELIS




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14 avril 2018 6 14 /04 /avril /2018 07:04

 

 

 

Il a ouvert les yeux sur une lumière muette, une lumière de neige éblouie, comme au pays quand l’hiver rudoie.  Même ainsi, il l’a reconnue. Elle n’est plus de ce rouge souillé qui colle au corps, ce rouge des terres nourries d’hommes. Ici, elle est blanche. Mais rouge ou blanche la peur reste la peur. À son chevet, elle l’a veillé et à son réveil, elle l’a embrassé. Il n’ose pas regarder au-delà de ses cuisses, là, où le drap, cette nappe vierge, lisse, tendue de frais, est une plaine morte. Il se souvient d’avoir hurlé, le jour, la nuit, de longs cris, une plainte inhumaine. Et puis la morphine, l’a enlevé à lui-même.
 
Dans sa main d’enfant, la pierre récite sa prière éternelle : le plain-chant de son pays.
 
…Sous la chape des lumières basses, monte la respiration des gorges escarpées. Le fleuve fileté de brumes a la pâleur des cierges. Il est tôt, mais les premiers travaux sont achevés. Près de lui, Ochrim, le vieux passeur de rives, interroge le contenu de son vêtement et tâte, au travers du tissu, le rebond de sa poche. Que donnera-t-il aujourd’hui ? L’homme murmure : « Fils, elle est parfaite, offre-lui la meilleure des cibles. » Disant cela, le vieux dépose, dans la paume du gamin, une douceur de pierre, laiteuse, veinulée de bleu. « Sais-tu, petit que ce cailloutis de ruisseau est de ceux que l’on nomme larmes de rivière ? La Neretva me l’a donné. » 
 
Dans la main de l’enfant, la pierre aux ocelles bleutés roule, tel le fleuve au glacis de nacre.
 
Tadek est fasciné. Oui, elle est parfaite, fatale, taille, forme, poids, la munition idéale pour son lance-pierre. Quant à la cible, il n’y en a que deux qui soient dignes d’elle, difficiles à surprendre, capables de représailles. Un seul tir, il faut choisir ; Stavro ce croque-la-mort de fossoyeur où le bedeau tout pareil à une motte de beurre ?…
 
Le temps a passé, la pierre lui est restée. Jamais, il n’a pu s’en séparer. Sur la toile anonyme, lentement, son poing s’est ouvert, comme au pays quand la glace cède et libère. Entre ses doigts, pleure la Neretva.
 
©Béatrice Pailler
Recueil « Retable»
Revue Traversée N°83
Mars 2017
 

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13 avril 2018 5 13 /04 /avril /2018 06:56
 
 
 
 
Ne restez donc pas là bouche bée.
Le fait de m’être saoulé pendant si longtemps de voyelles
et d’avoir consommé tant de consonnes
ne signifie pas pour autant qu’il soit dans mes intentions
de changer de langage en mangeant ma parole
une fois le dernier mot arrivé à son terme.
Celle ou celui qui aurait la faiblesse d’en déduire
que je serais apte à dominer la situation se trompe
et tout ce qu’on raconte un peu partout sur mon compte
relève en général de l’imaginaire.
Il n’y a absolument personne ici, hormis vous,
qui fasse autorité.
Pour ma part,
je ne suis dur qu’à la détente,
parfois aussi un peu de la feuille,
et, bien que n’écoutant que mon courage
en répondant toujours du tac au tac,
même après l’avoir retourné comme un gant
avec le doigté qui me caractérise,
je n’ai jamais réussi qu’à dresser l’oreille.
Alors, de grâce, eu égard à tous ces aveux d’impuissance :
Motus et bouche cousue.
 
©Michel Duprez  



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