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5 janvier 2019 6 05 /01 /janvier /2019 07:40
Par Marie-Claire Österlind, Jean d'Ornano — Sur les traces d'Allan Österlind, Domaine public

 

 

 

 

Volets clos sur le matin fatal d’or ;

La fenêtre au guet de l’ombre reste muette.

Rien ne bouge

Rien ne parle

Tout semble dormir encore.

Pierres froides

Souffle tombale

L’âtre éteint

Pleure noir.

Sur le buffet endeuillé

Une forêt roide de sombre-sépia

Une plainte aux mille visages.

Immobile

Le lit interroge

En creux

Un corps

Bordé de silence.

Sur le visage emporté l’indifférence a pris place.

Dans la main portée

Au cœur lovée une pierre aux labours volée,

Une pierre chemisée de pâle violet.

…amour, la vie écharpée, trop tôt enlevée, ne vaut rien.

Dans l’interminable, il n’y a plus même l’espoir de se revoir, pourtant, je n’existe que dans le souhait de toi…

…croire ne sert plus à rien et, pour toi, la pierre du labeur sera plus douce, plus tendre que l’absence...

 

 ©Béatrice Pailler

Recueil ALBEDO Editions Encres Vives 2018

 

(Commande chez Michel Cosem : 2 Allée des Allobroges, 31770 Colomiers Prix public 6,10 €)  

 

 

 

 

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4 janvier 2019 5 04 /01 /janvier /2019 07:32
Auguste Rodin - La cathédrale

 

 

 

Toi, mon cœur,

Le tendre piège, la force mesurée

Qui étreint sans contraindre.

Moi qui blottis ma main

Comme une aile blessée

Dans le nid de tes mains.

 

Toi, ma vie,

Ma promesse de douceur,

Mon rêve d’harmonie ;

Moi, qui te donne

Mes nuits désemparées

Pour un matin de lumière.

 

Toi et moi

Dont les doigts se fiancent

Dans une flamme d’azur.  

 

©Denise Bernhardt



 

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « Le chant des Nébuleuses », aux éditions JEBCA, collection l’Immortel.

 







 

 

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3 janvier 2019 4 03 /01 /janvier /2019 07:32
Vladimir Kush

 

 

 

Au-delà de ton regard

je mélange les mots

avec les pierres du destin…

Ah ! posséder ce poème

inavouable et nu

comme cet univers

avant le premier geste

insensible du Temps !...

Ah ! prendre ce poème

à l’aube des mémoires

sans une trace d’homme !...

Quel vertige insensé

presse mon âme endormie

sur les feuilles d’argile

et jette l’écume

de mon être incertain

dans la grande spirale

où s’enflamment les anges !...

Je vois tes lèvres closes

où s’obscurcit le soleil

bercer le feu du silence

dans la gorge du jour

alors j’oublie le danger

qui trace des cercles

tout autour de ma route…

L’imprudence efface

l’ombre de mon corps

car je suis devenu

l’ivresse que l’on cueille

derrière la folie

et dont la transparence

ressemble à la lumière…

Vêtu seulement

d’un équilibre perfide

je sens la présence glacée

de ma chute prochaine…

Tes yeux inaccessibles

cherchent le passage

qui mène à la forge

où brûle mon âme

mais l’enfance de mo cœur

chevauche un royaume

que tu ne peux atteindre…

Renonce à cet orgueil

qui décompose ton être

et je t’apporterai l’eau pure

dans le creux de mes mains

et je ferai rouler

comme une jeune source

les gouttes éphémères

sur le satin de ta peau

effaçant à jamais

l’archange fou

qui déchire la vie…

© Victor Varjac
Antibes, le 5 juin 2003


Extrait du recueil « Le Dragon de Poussière » aux éditions MELIS

 

 



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2 janvier 2019 3 02 /01 /janvier /2019 07:25
« Le fil rouge – Eliane Hurtado© »

 

 

 

 

 

Chaque seconde que nous vivons

Est une parcelle nouvelle et unique de l’univers,

Un moment qui ne sera jamais plus.

 

Ce fil rouge, c’est ma bulle d’air.

 

Je voudrais réinventer les couleurs du temps

Pour toi.

Supprimer la nuance carminée, couleur du sang

Et comme dans un rêve tamisé de brume

Et de poussière d’étoiles,

Ne voir apparaitre que des tons pastels

Scintillants d’écume du silence.  

 

©Eliane Hurtado

  





 

 

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1 janvier 2019 2 01 /01 /janvier /2019 07:22

 

 

 

 

Gilbert ? Encore toi ?

Tu n’étais pas censé m’obéir au doigt et à l’œil ?

Pardon ? Il vaudrait mieux tenir l’affiche

plutôt que la chandelle ?

 

Arrête un peu ton cinéma, s’il-te-plaît…

ça devient ridicule.

 

Eh bien, soit ! Imaginons, puisque tu insistes,

imaginons que l’on navigue entre deux eaux,

tous les deux, côte à côte,

et toi seul, à la dérive, aurait le vent en poupe ?

 

En vogue ?

En vogue, oui, c’est ça.

Il est clair, ici, que tu divagues.

En fait, tu dis n’importe quoi tandis que nous créons,

avec, pour objectif, celui de mener ton maître en bateau

jusqu’à l’embarquer dans je ne sais quelle galère,

à bord d’un frêle esquif qui jouerait la vedette.

 

Un beau coup de crayon, Gilbert.

Félicitations, mon vieux,

mais il ne faut tout de même pas exagérer.

 

Allez, taille-toi

avant qu’une autre personne éprouve au passage

un sentiment de frayeur légitime

en croisant ta mine flottante

de simple figurant 

au tempérament explosif !  

 

©Michel Duprez

 



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31 décembre 2018 1 31 /12 /décembre /2018 07:42
PHOTO EMILIO D. GARCIA, ASSOCIATED PRESS

 

 

 



Dans sa prison de décombres, un homme, sur un morceau de plâtre et avec une pierre pointue, essaie d'écrire son nom. Pas de belles lettres ni d'arabesques mais une bouleversante œuvre de vie. Pour apprivoiser sa peur et ses angoisses, pour amadouer la mort et se sentir vivant, il écrit, sans réfléchir, toute une liste de mots.


Soudain, il entend des bruits : c'est la Vie qui vient, elle court, elle arrive, elle est là, devant lui. Il la regarde intensément, il ne l'a jamais trouvée aussi belle. Elle lui sourit et dans ce sourire, il découvre un paysage d'une infinie beauté.


La Vie le prend dans ses bras et l'emporte vers la lumière, vers le pays des bleuets et des coquelicots...  

 

©Michèle Freud

 





 

 

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30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 07:31

 

Recension – Claude Luezior « Clames » - Librairie Editions Tituli – Paris – Format 21x14 nombre de pages 82.

                                                

 

 

S’exprimer, oui ! Mais surtout surpasser la médiocrité, le vulgaire et ici c’est bien cela que notre poète aguerri et engagé clame, avant tout sortir de la fange, du cliché, du langage au rabais, du ravaudage de faubourg. Oui clamer, transmettre avec discernement et sagesse comme le barde, trouvère ou griot, restituer une signification au Verbe et hisser haut les mots.

Faire du langage un refuge protecteur, une vigie sur les chemins hasardeux de la vie.

Au travers de ses « Clames » Claude Luezior dont nous connaissons depuis bien longtemps la qualité de poète « orpailleur » dont la parole fait foi, se présente à nous sous une facette nouvelle, sorte de défi oscillant entre réaction et provocation.

L’écriture se découvre à nous cadencée, rythmée, syncopée. Claude Luezior joue avec quelques subtilités de langage, sortes de jeux verbaux, sens, contresens, métaphores, mais le tout reposant toujours sur les fondations de la réflexion.

La forme tient en quelque sorte au principe du « slam » voire par extension du « rapp » mais avec l’élégance de relever le défi en l’habillant de subtilités qualitatives. Ce que ces deux nouveaux modes de vulgarisation ont souvent quelque peu oublié.

Il est indéniable que Claude Luezior se fait plaisir avec ses exercices de style riches et recherchés. Ce dernier joue de la dérision avec talent et comme un chat retombe toujours sur ses pieds. A propos de pieds, ne voyez surtout pas ici une allusion facile.

Les mots coulent, s’enchaînent, se font, se défont, se heurtent, s’enlacent, s’embrassent.

En un mot, il fait de la grammaire sa petite cuisine entre impératif et subjonctif, conditionnel et inconditionnel. Il joue à saute-mouton de mots en mots, de vers en vers, le tout en l’absence de point et de virgule. Usez vous-même de votre propre ponctuation.

C’est en fait avec beaucoup de plaisir et de surprises, que nous évoluons au cœur de ce recueil, butant sur certaines formules ou nous éblouissant de son verbe.

Il me semble que Claude Luezior se fasse un peu clairvoyant lorsqu’il écrit :

 

« Les barricades surgissent dans la ville

en enfilades

pour escouades.../... »  

 

Sans doute ne pensait-il pas être à ce point au cœur de l’actualité :

 

« Le blasphème consume la ville

stratagème

suprême

qu’on essaime.../... » 

 

Mais bien au-delà des jeux de mots, de la fantaisie, la démarche se révèle profonde car elle dénonce le monde dépersonnalisé dans lequel nous vivons actuellement, son coté éphémère et superficiel n’existant que dans l’immédiat, perdant sens et raison, la voix visionnaire du poète en amplifie l’inconsistance.

Claude Luezior ironise indéniablement, mais surtout s’insurge, hurle son dépit face au chaos d’une société se délitant, s’étiolant, face à une civilisation humaine qui sombre dangereusement vers son autodestruction.

 

« assez de ces brutes, assez de ces scandales, assez de ces vandales, assez des canonnades etc. etc. »

       

Le poète nous avertit, nous informe, il y a urgence ! Les « Clames » se font confessions, sans doute une manière de survivre en exultant poétiquement.

La poésie est un combat pour l’amour qui doit fédérer le devenir de l’humanité.

Afin de mieux les clamer Claude Luezior extirpe les mots de leur contexte, leur donne un sens nouveau, une vibration différente, question de survie en composant une sorte de patchwork bigarré. Il faut sortir de l’incertitude des reliques.

 

« Mettre le feu

Aux parcelles du rêve.../... »

 

Peut-être que cette néo-cryptographie est un antidote aux drames contemporains.

Poèmes parfois ludiques détenant ce mystère de la métamorphose kaléidoscopique.  

Le Verbe prend aussi la forme d’un « J’accuse » face à cette société bradée et condamnée à légiférer sur des peccadilles nous détournant de la réalité.

C’est clair, le poète exige une « renaissance » pour d’authentiques valeurs et une autre Liberté !

Le poète qui se veut lucide ne confondra jamais clames et clameurs, il ose le clamer ! 

 

Michel Bénard.

 

Lauréat de l’Académie française.

Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

Poeta Honoris Causa.

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29 décembre 2018 6 29 /12 /décembre /2018 07:13
Oeuvre en titre de Kiff Holland©

 

 

 

 

Les chairs encore chaudes

Tremblantes, énamourées

Dans le grand lit défait

De tant ébats, détrempé

 

Les corps reprennent haleine

Sang chaud dans les veines

Dans les ondes évaporées

Des orgasmes répétés

 

C'est le retour au réel

Abstraction des éphémères moments

Avec aux corps un goût de ciel

Extatiques instants

 

Dans l'alcôve silencieuse

Un ange passe

De ces heures délicieuses

Qu'un doux souvenir, hélas !

 

Et les regards se posent

Sur les amants épuisés

Un sourire, une rose, deux corps

Tendres, ils vont s'aimer encor...

 

Ode©

9 novembre 2001

 

Création Ode©

 

Sources : http://zodode.5.50megs.com/DO/aplamour.htm

 

 

 

 

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28 décembre 2018 5 28 /12 /décembre /2018 07:39

 

 

 

Croire au retour de l’amour

Par ses paroles et son sourire

Croire au retour de l’amour

Et oublier de mourir !

 

Elle attendra bien

La cruelle faucheuse

Que leurs amours joyeuses

Ne soient pas un tout petit rien !

 

Mais croire encore à l’amour

Tête couverte de cheveux gris

Imaginer qu’il revient toujours

Et que son cœur peut encore être pris !

 

Se dire qu’il ne s’agit nullement d’une folie

Mais bien d’une inaccessible étoile

Qui par sa lumière intense changera sa vie

Comme une tempête qui souffle dans les voiles…

 

Mais croire encore en l’amour

N’est-ce pas justement la folie ?

Son âme en rêve encore et toujours

Et même son corps lui crie « vas-y » !

 

Il aura suffi que passe une brise

Quelque chose de frais et d’inattendu

Pour que son cœur s’irise

Et tende enfin vers l’absolu…

 

Pourvu que Dieu leur prête vie

Qu’éclose la rose d’aimer

Entre elle et lui

Pour un temps ou pour l’éternité…

 

©Jean Dornac

Lyon, le 24 décembre 2018  

 

 

 

 

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27 décembre 2018 4 27 /12 /décembre /2018 07:36
Shawna Erback, peintre surréaliste

 

 

 

 

Refrain

 

A chaque fois que j’y pense

C’est comme une évidence

on est juste en sursis

on le sait  et on l’oublie

comme le dit l’ami Prévert

Il faudrait essayer d’être heureux

Rien que pour donner  l’exemple

Il faudrait faire de son mieux

sans les religions ni les temples

 

Elle est déjà si vieille

Et elle se désespère

La vie comme une romance

toutes ses envies de danse

Ces envies de petite fille

Où ne compte que sa famille

Figée dans un printemps

Qui n’est plus depuis longtemps

Elle ressasse le temps passé

Et je m’attriste d’y penser

 

A chaque fois que j’y pense

C’est comme une évidence

on est juste en sursis

on le sait  et on l’oublie

comme le dit l’ami Prévert

Il faudrait essayer d’être heureux

Rien que pour donner  l’exemple

Il faudrait faire de son mieux

sans les religions ni les temples

 

Les senteurs envahissent les prés

Je ne vais plus l’écouter

Et m’éloigner de ce naufrage

Ne garder que les partages

L’avenir et ses surprises

Et mes voyages en friandises

Mes caresses aux chats

Et à tous ces enfants

Nés de tous les continents

Qui ont besoin d’un toit

 

A chaque fois que j’y pense

C’est comme une évidence

on est juste en sursis

on le sait  et on l’oublie

comme le dit l’ami Prévert

Il faudrait essayer d’être heureux

Rien que pour donner l’exemple

Il faudrait faire de son mieux

sans les religions ni les temples

 

Je ne t’entends plus maman

Je vois des matins plus grands

Je rêve à des chansons

Je creuse des sillons

Les mots pour adoucir les pleurs

 En offrande à nos peurs

Relire Aimé Césaire

Et pour ne plus se taire

Se relever les manches

le bon pain sur la planche

 

© Florence Issac


 

Sa bio : http://www.florenceissac.com/   

Sa maison d’édition : http://www.lechappeebelleedition.com/   

 

 

 

 

 

 

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