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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 08:17
Frémissements - Jean Dornac
© Sabin Balasa - L’univers de l''amour
 
 
 
Lorsque tu parais,
Nue et offerte,
Mon âme louvoie
Entre vie et mort.
 
Te désirer,
Te toucher,
T’embrasser,
Te caresser,
T’enlacer.
M’oublier.
Je suis éternité.
 
Mon esprit danse avec le feu
Il brûle par tous les pores.
 
Feu divin,
Feu infernal,
Ardent,
Eblouissant,
Flamme sans fin,
Flamme que nulle eau
N’éteint jamais.
 
Ma conscience s’évapore
Dans la folie de nos corps.
 
Amour et haine,
Rires et pleurs,
Douceur et violence,
De l’instinct perpétuel.
Rien n’existe
Tout excite.
Toi et moi
Vivants ou morts
A jamais hors du temps.
 
Les frémissements rauques,
Parfois indomptés,
Qui s’exhalent de ta gorge,
Tous tes sens en ébullition,
Mènent mon âme
Aux délices du délire,
Aux portes de la démence.
 
Je ne sais plus qui je suis
Je ne sais plus si je vis ;
Et je n’en ai cure
Ma tendre torture…
 
© Jean Dornac
Grasse, le 4 août 2009

 

 
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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 07:57
Verrons-nous un jour – Béatrice Pailler
 
 
 
Verrons-nous un jour le vrai visage des choses crépusculaires,
Celles qui dansent dans le poudroiement de la cendre funéraire.
Au bûcher les os blancheur d’émail
Joyeusement se chamaillent.
 
Entendrons-nous les cloches mortes, le cri troublant de l’ossuaire,
Glas et tocsins, la voix viciée des longs suaires.
Les grelots des fous, des épouvantails,
Ebréchés et fêlés sonnent ferraille.
 
Alors nous toucherons la vérité dessous le voile tutélaire,
Celle gravée dans la cire molle de l’ivoire mortuaire.
Pèlerine funèbre noir camail
La nuit pour nous chante funérailles.
 
© Béatrice Pailler

 

 
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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 07:39
Ode à la paix – Jean De La Fontaine
 
 
 
Le noir démon des combats
Va quitter cette contrée
Nous reverrons ici-bas
Régner la déesse Astrée.
Ô Paix! source de tout bien
Viens enrichir cette terre
Et fais qu'il ne reste rien
Des images de la guerre.
Chasse des soldats gloutons
La troupe fière et hagarde
Qui mange tous nos moutons
Et bat celui qui les garde.
Délivre ce beau séjour
De leur brutale furie
Et ne permet qu'à l'amour
D'entrer dans la bergerie.
Fais qu'avecque le berger
On puisse voir la bergère
Qui coure d'un pas léger
Qui danse sur la fougère
Et qui du berger tremblant
Voyant le peu de courage
S'endorme, ou fasse semblant
De s'endormir à l'ombrage.
Accorde à nos longs désirs
De plus douces destinées
Ramène nous les plaisirs
Absents depuis tant d'années.
Étouffe tous ces travaux
Et leurs semences mortelles
Que les plus grands de nos maux
Soient les rigueurs de nos belles
Et que nous passions les jours
Étendus sur l'herbe tendre
Prêts à conter nos amour
À qui voudra les entendre.
 
Jean De La Fontaine
 
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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 08:26
Elle comme liberté – Michel Duprez
 
 
 
Une île en elle,
un toit en moi
d'où la nuit s'envole
quand elle rit aux éclats.
Une île en celle à travers qui l'espoir
revient souvent de loin
quand mon cœur déboussolé,
après avoir sombré dans la Sambre
jusqu'à en perdre la voix,
se met à naviguer à contre-courant.
Une île en toi,
mon ultime traversée,
mon hallucinant brise-larmes
quand les pensées les plus extravagantes
jamais croisées au large,
battues par les tempêtes,
à califourchon sur la crête des vagues,
rejoignent le rivage
pour protéger tous ces châteaux de sable
d'où est venue l'envie de lever l'ancre
à ceux qui n'ont pourtant jamais eu le pied marin.
 
© Michel Duprez

 

 
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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 08:41
Etre artiste – Michel Bénard
Photo J. Dornac ©
 
 
 
 
Etre artiste, créateur, philosophe, poète, c’est déjà revendiquer son besoin d’amour, c’est respecter la vie en lui donnant un autre sens, c’est oser encore croire en l’homme, c’est tendre tout entier vers son avenir.
C’est traduire ce que sécrètent l’âme et le cœur, c’est prendre conscience que la beauté devient vite une nécessité naturelle.
C’est prendre les tourments de la vie pour en composer des bouquets de rêve.
C’est restituer un langage à nos émotions.
C’est un accès possible vers une métamorphose plus humaine !
 
© Michel Bénard.
 


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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 07:59
Seuls – Ode
 


Sous la grandeur des longues saisons
Des temps mille fois millénaires
À rebours d'amours et de frissons
Les amants séparés, solitaires

Dans la forêt luxuriante du jardin secret
Aux souvenirs enfouis dans la dentelle
Les ramures des cris retenus font reflets
Dans les claires eaux de la fontaine éternelle

Les « je t'aime » se sont tus désormais
Ne font écho qu'aux cœurs qui palpitent
Au seul retour des jours heureux, mais
Tout n'est qu'absence qui les habite

Ils sont seuls et deux dans l'exil des agapes
N'ont jamais été autant deux depuis que seuls
Pas un instant, pas un souffle de l'autre ne leur échappe
Ils se savent là, ils se taisent, ils attendent, seuls

Et Un
 
© Ode

 


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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 08:34
Qui es-tu, poète ? - Jean Dornac
 
 
 
 
Poète, à quelle Source bois-tu ?
À l’eau éternelle et infinie
Où à celle de tous les embonpoints ?
Laisses-tu gonfler ton orgueil,
Au long des métaphores opaques
Qui éloignent tant de lecteurs ?
 
Es-tu cette douche tantôt glaciale
Tantôt brûlante qui fait fuir
Les fervents amoureux des mots ?
Où préfères-tu être cette caresse,
Cette brise légère qui ne te rendra pas gloire
Mais sera consolation des Humbles et des Passionnés ?
 
Poète, es-tu épris de l’avoir, ce singe grimaçant
Qui t’illusionne, ô combien inutilement,
Qui n’est que miroir de ta vanité ?
Où préfères-tu te porter vers l’Être,
Souvent misérable et faible,
Qui jette une lumière crue sur ta propre misère ?
 
Ce qui est laid n’est pas beau !
Il suffit de l’écrire avec de simples mots !
Si tel pouvoir te déplaît ou te choque,
Il suffit de décrire ta nausée.
Face à la beauté et l’amour,
Crois-moi, Poète, jamais, tu n’en feras trop !
 
Regarde l’oiseau qui, d’un seul coup d’aile,
Vole toujours plus haut vers l’infini du ciel.
Nul besoin d’ego ou de gestes factices,
Nul besoin de flatteries ou d’artifices,
Il n’a d’autres trésors que sa liberté
Et quelque nourriture ici ou là glanée…
 
Contemple l’herbe folle, celle que l’on dit mauvaise,
Elle est pourtant signe de la vie qui affleure partout,
Plus puissante que tous nos gris ou noirs goudrons.
Et toi, Poète, compose tes œuvres sans babioles.
Tu toucheras les cœurs, les esprits s’envoleront,
Ne resteront impassibles que les ventres trop repus…
 
Fais sourire les enfants, rêver les familles,
Détourne-toi des puissants, ils n’ont que faire de toi.
Sers les herbes folles et les moineaux de la vie,
Bois à la Source qui jamais ne s’assèche.
La gloire, la puissance et le pouvoir n’ont qu’un temps,
Tes vers s’ils effleurent vérité et beauté, eux, resteront.
 
© Jean Dornac
Paris, le 29 avril 2010


 


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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 08:26
AUTOMNE HIVERNAL - Pierfetz
Feuille d'automne ( Josy.)©
 
 
 
Si la tombée des feuilles mortes
Nous cache les joies de l'automne,
Les tourbillons qui les transportent
Changent notre vie en métronome.
 
Une nuit invisible,
J'ai entendu un bruit,
Comme la mort, à peine audible,
Tout comme la tombée d'un fruit.
 
J'ai concassé la vieille coque,
Trouvé encore de quoi aimer.
Aimer la vie comme remorque,
Récoltes de printemps semés.
 
Dans de multiples coloris,
Douce lumière se faufile.
Les oiseaux chantent, mais sans cris.
Doucement l'hiver se profile.
 
Lâcher l'ancien de son emprise,
Fuir les boulevards de l'extérieur.
Apprendre à partir, lâcher-prise,
Se replier vers l'intérieur.
 
Furtive rémission de vie,
L'automne est un tremplin d'hiver,
La clôture d'une Olympie.
La buée envahit le verre....
 
Pierfetz© 2012
 


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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 09:00
LE  FOL  ÂNE  ET  L’HERBE  FOLLE – Claude Gauthier
 
 
 
 
Souvent les vœux par trop crédules,
Conduisent nos destins vers des maux majuscules,
 Et le plus sûr talent, fût-il de Léonard,
 N’en saura conjurer l’insigne canular.
Réfléchissons d’abord, pour un meilleur office !
                                                                                        
Un âne fort nanti que taraude un caprice,
 Oublieux de son près, tend un nez frémissant
  Vers les hauts d’un clocher. Puissant
Est son désir, farouche son envie                    
D’y tondre - eh, la fourbe folie -                                                 
Trois brins d’herbes venus sous l’ardoise du toit !
Il en rêve, il s’obstine et ne mange et ne boit                               
Que par mesure extrême.
 Il n’est qu’une langueur, tout lui semble carême
Et son maître à la fin engrange de l’humeur :
 - Il me faut à Martin rendre  son goût de vivre… !
                                                                                                                
Un jour, plus ou moins ivre,
 Il encorde le cou du rétif animal,
Monte à la cloche et non sans mal,
 S’armant d’une poulie, enlève                    
Avec des ho, des hisse et vous soulève,
 Entre nuages, sol, l’indocile bourrin !
 Pour atteindre au lupin,
 Il se distend l’échine autant que l’homme peste ;
 Le quadrupède alors, flaire son pain céleste.
 Il la sent, s’enhardit, à ce point l’imprudent                                     
Qu’il atteint à la chose, hélas ! Car saisissant la touffe,
 A ce moment précis, notre fol âne étouffe !
Plus tard, le franc crétin d’aller nous raisonner :
- Ainsi voulut le Ciel, de me l’empoisonner !
                                                                         
Tels sont  les sots complices,
Qui ne sauront jamais borner, ni mœurs, ni vices,
 Non sans en rejeter le plus clair de leurs torts,
Sur un tel et consorts. 
 
© Claude Gauthier

 


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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 08:26
Débouclez-les, vos longs cheveux... - Jules Barbey d'Aurevilly

 

 

 

Débouclez-les, vos longs cheveux de soie,
Passez vos mains sur leurs touffes d'anneaux,
Qui, réunis, empêchent qu'on ne voie
Vos longs cils bruns qui font vos yeux si beaux !
Lissez-les bien, puisque toutes pareilles
Négligemment deux boucles retombant
Roulent autour de vos blanches oreilles,
Comme autrefois, quand vous étiez enfant,
Quand vos seize ans ne vous avaient quittée
Pour s'en aller où tous nos ans s'en vont,
En nous laissant, dans la vie attristée,
Un coeur usé plus vite que le front!
Ah! c'est alors que je vous imagine
Vous jetant toute aux bras de l'avenir,
Sans larme aux yeux et rien dans la poitrine...
Rien qui vous fît pleurer ou souvenir !
 
Ah! de ce temps montrez-moi quelque chose
En vous coiffant comme alors vous étiez ;
Que je vous voie ainsi, que je repose
Sur vos seize ans mes yeux de pleurs mouillés...
 
Jules Barbey d'Aurevilly
 


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