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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 07:54
Dessin de Jeanne Champel Grenier©


 

 

Des cerveaux à zéro
Qui sont téléguidés
Par des illuminés
Veulent éteindre nos vies ?
C'est du mauvais Devos !
On a franchi les bornes :
Décapiter les gens
Pour un dessin de trop ?
Mais quel dieu indigent
Nourrit un tel terreau !

Certains hommes ratés
Veulent créer un dieu
Qui soit à leur image
Histoire de s'aimer
Aujourd'hui plus qu'hier
Et toujours davantage
Voilà que ce Landru
Créé de toutes pièces
Justifie les ravages
de ces cerveaux perdus !

France, terre d'asile,
Laisse entrer tous les peuples
Mais non pas les débiles
Qui s'entraînent en civil
À la tuerie des villes !
Abrite les errants
Mais forme les esprits
Depuis qu'ils sont petits :
Fraternité, partage
Depuis le plus jeune âge !

Que les cerveaux fumeux
Ces bombes ambulantes
Ne puissent se nourrir
Ni se croire ''élus''
Pour des vierges en attente
Et ne confondent plus
Vivre ensemble et mourir

© Jeanne CHAMPEL GRENIER      

 

 

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12 octobre 2020 1 12 /10 /octobre /2020 03:20
Jolie source, photo ©Jean Dornac


 


Rien n'est moins aisé
que d'écrire simplement
humblement
écrire comme on respire...
Il faut un art infini
pour se démettre des artifices
pour se défaire de tous les liens
de cause à effet
pour paraître balbutier
de toute éternité
l'évidence nouvelle
et qui le restera
une naissance qui étonne
et que l'on sait perpétuelle
telle l'eau qui murmure
sans faire de vague
juste un éclat de nacre
entre deux courants
l'eau qui chuchote son chemin
abreuvé de ciel et qui y retourne
tandis que brillent çà et là
les carpes d'or du silence...

Rien n'est moins aisé
que d'écrire simplement
il faut une vie
peut-être deux...

© Jeanne CHAMPEL GRENIER
 
 
 
 

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14 septembre 2020 1 14 /09 /septembre /2020 06:40
Sculpture de Sergio Garcia

 

 
 
Je me souviens...
 
Il était là
solitaire
au pied de l’escalier
qui monte vers la bénédiction
 
Il était là
pour dormir un peu
cherchant quelque mollesse entre les pierres
et ces pâles rudérales qui fleurissent
au hasard des fêlures du béton
 
La nuit écrasait tout l'édifice de l’église
qui semblait couver ses pardons
Seul brillait l'œil fixe de l'horloge
pleurant la rouille de ses chiffres en rond
 
Il était là près de son chien rasséréné
qui avait trouvé
enroulé sur lui-même
les reins creusés
les yeux fermés
la pause d’abandon
 
Il était là
la nuit coulait sur ses épaules
 
Je le saluai
il me répondit « Bonsoir ! »
et leva les yeux :
la lune inondait son regard
qu’il avait bleu...
 
Je me souviens que je n’avais rien
rien à donner
que ma main dans la sienne
 
Je me souviens, c’était le premier mai
grand jour épuisé d’espoir
 
Je me souviens de cette lumière lunaire
qui avait l’air de vouloir
dorer à l’or fin la misère
 
Je me souviens...
Qui dormira d’un sommeil de pierre
après ça ?
 
© Jeanne CHAMPEL GRENIER
 
 
 
 
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13 août 2020 4 13 /08 /août /2020 06:28
Photo J.Dornac©

 

 

 

 

Ici le ciel est tombé tout entier

dans le grand bassin bordé d'ajoncs

et ce n'est que surprise et battements d'ailes

Cols verts, pigeons, hérons ou tourterelles

se noient peu à peu dans le firmament

 

Glissement de silence perpétuel

Et pourtant l'eau d'en haut et l'eau d'en bas

continuent de converser

L'azur à mes pieds s'évanouit lentement

et puis revient comme l'âme de fond

On ne sait quelle était sa position originelle

 

Il se devine entre deux profondeurs

un bleu de Klein qui se décline

en douceurs et transparences divines,

si émouvantes que le vertige vous prend

et qu'il est bon de s'adosser à un tronc

sorte de mât aux cordages de lierre

 

Où est la terre ? Quelle est cette île ?

Où est la vraie position du monde ?

Canopée d'algues alanguies palpitantes

où se suspend la lumière en tremblant

ne permettant plus de différencier le haut du bas

Vertige de manège d'enfant...

 

Passe ondulant un rayon émeraude

qui ne dit pas son nom

suivi d' un tendre remous vaporeux

Poudroiement et silence d'or 

Ni souffle de vent

Ni clapotis

 

Les jacinthes d'eau à l'étiage

ont des renoncements d'Ophélie

dans les draps frissonnants des nuages

que l'ombre d'un grand saule bleuit

 

Reflets mêlés d'indigo, d'or et de turquoise

qui se noient dans le vert des feuillages

à peine teinté du bleu des lavandières

Blancheur des ibis tombés des prières

Douceur des pigeons à gorge d'ardoise

 

Ici, les constellations de saxifrages

ont un parfum de vanille et de miel

 

Vitrail vivant émergeant du rêve de Dieu

Tel est ce jardin d'eau illuminant les lieux

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

 

 

 

 

 

 

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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 06:30
Photo J.Dornac©

 

 

 

 

                                                                      (des canots par milliers)

 

Comme neige au soleil, le sel ici flamboie ;

et plus loin c'est la mer d' ''il était une fois'' ...

 

On a atteint le bout de la terre connue,

là-bas gémit l'appel, au-delà des paluds

symphonie ruisselante, musique lente et froide

la vague multiplie ses lèvres frémissantes

elle pleure, elle écume et devient transparente

c'est comme du vaudou précédant cette transe

des algues possédées, agitées, gémissantes

qui vont donner naissance à des coraux en fleur...

Des  fleurs pour qui ? pour quoi ? et pour qui cette danse ?

Tant d'oubli, de silence, de visages qui hantent...

Voyages éternels noyés dans la douleur

 

Entends la voix du sable qui change de couleur

il semble que le jour s'en revienne au début

Les souvenirs se noient, là, à perte de vue

tout est neuf et pourtant tout a déjà vécu...

Et voilà que le ciel s'empare du moment

des envols de mouettes viennent battre des ailes

alors la paix ricoche sur le grand océan

qui se gonfle de joie et fleurit de plus belle

Ils dansent nuit et jour dans les passes du vent

ensemble, goélands, mouettes et flamants

et ils furent heureux, eurent beaucoup d'enfants

 

Comme neige au soleil, le sel ici flamboie

et plus loin c'est la mer d' ''il était mille fois''...

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

 31 mars 2020

 

 

 

 

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30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 06:30
Photo prise à Kasol en Inde en 2017 par Aman Shrivastava.

 

 

 

 

 

Un ami c'est la porte ouverte

Qui reconnaît ton pas

C'est la possibilité d'un ailleurs

Où tu te sens chez toi

 

Une poignée de mains franche

La chaleur retenue

D'une voix en alerte

Au diapason de ta voix

Des mots pesés qui viennent

Alléger ton chemin fourbu

 

Un ami, c'est un abri

Il y a toujours

De la lumière à sa fenêtre

Toujours un coin de table

Où le pain a bonne mine

Et le vin bon caractère

Un lieu où le silence sonne

Aussi clair que la parole

Avec parfois un mot pour rire

De la pudeur au fond des yeux

 

Un ami, c'est la certitude qui renaît

À la promesse d'un feu de bois

Et du temps qui ne compte pas

Un ami, c'est celui

Qu'on aurait voulu être

Tant il est différent de soi

 

Un ami, c'est quelqu'un qui a besoin

Pour accroître la profondeur de sa vie

De croiser les eaux de la tienne

Et c'est pareil pour toi

Mais tu n'en diras rien

Pour ne pas troubler le fil de l'eau

Des sentiments profonds

À fleur de source, à fleur de peau

 

Un ami, c'est toute la vie un ami

Et même lorsqu'il est parti

De l'autre côté du partage

Il reste assis sur un coin de plage

À l'écoute des vagues de ton cœur

Traçant son nom sur le sable

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

 

Poème ayant reçu l'APOLLON D'OR à Poésie Vivante .VAISON LA ROMAINE . Mai 2015

 

 

 

 

 

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9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 06:43
Photo d’archives PN

 

 

 

 

Il semble que le ciel tout à coup va s'éteindre

que l'eau dans les rivières s'en retourne à la source

que la vie diminue, que la sève s'assèche

Il semble qu'en amour on étreigne des ombres

La lueur du matin ne laisse aucun espoir

mais un éclat d'acier, avec des remous sombres

qui vous crèvent le cœur tout en broyant du noir

Il semble que la vie s'éloigne et refroidisse

et qu'un matin noyé on trouve entre ses bras

la cage pulmonaire sans oiseau de lumière

 

On est seul, suspendu au souffle de l'Ailleurs

On a le souffle court, où sont donc les prières ?

On croise fort les mains avec dans ses doigts nus

la pensée noyée d'encre et la voix éperdue

car la vie s'en retourne par les sentiers de guerre

Où est ce port lointain reposé de prières

que l'on trouvait en soi à chaque coin de rue ?

Où est donc la maison où le grillon espère

ce fronton qui s'éclaire tel une friandise

cet âtre d'autrefois qui toujours fleurdelise ?

 

Il semble que le ciel va tout à coup s'éteindre

Impossible de dire si vous êtes en ce monde

plus personne n'entend votre voix qui murmure :

''Je sens partir ma vie... Appelez mon mari...''

Il semble qu'on chuchote un ou deux mots bénis

une voix qui soupire : ''Arrêtez, c'est fini ! »

et vous, vous entendez «  Faites entrer l'Infini ! »

 

Il semble que le ciel tout à coup va s'éteindre

Pourtant en haut des murs un rayon le défie

l'arc-en-ciel sort du gris, tous les enfants l'ont vu

avec dans le regard l'azur qui leur sourit...

 

Il faudra cette fois s'embrasser et s'étreindre

La vie refleurira innocente et bercée

du souffle reposé de ceux qui sont partis

 

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

 31 mars 2020

 

 

 

 

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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 06:36
LOUIS DELORME

 

Textes transmis par Jeanne CHAMPEL GRENIER

 

 

 

Ce dimanche 19 avril 2020, notre ami Louis DELORME nous a quittés nous laissant des montagnes d'écrits, de peintures, de sculptures, sans compter ses ''recensions'' à la fois fines et profondes que chacun garde en souvenir. Louis nourrissait une affection particulière pour Thierry SAJAT qu'il considérait comme un fils, un fils aimant et droit. Claude LUEZIOR, ce grand poète plein de fraternité, nous avait présentés l'un à l'autre, Louis et moi, car il avait deviné en nous une fibre semblable qui nous a miraculeusement permis de tisser ensemble nos mêmes passions durant quatre années d'amitié profonde, inaltérable. ''Mon frère en poésie'', comme le dit son épouse Michèle, a écrit une foison de textes pleins de force, souvent dénonçant les travers humains sans toutefois s'ériger en juge, d'autres les plus nombreux, exaltant la beauté du monde pour l'oeil de qui sait la voir ; mais, pour ma part, je dirais que les poèmes de Louis les plus beaux sont, incontestablement, ceux écrits à son épouse aux yeux de ciel et de pervenche, ceux faisant allusion à leur bonheur. Ils respirent l'attachement véritable, sans effet de style, sans débordement, des mots simples et urgents que l'on pourrait dire encore à deux doigts de perdre la vie.

Jeanne Champel Grenier

 

 

 

UN APRES COMME ON LES VOUDRAIT

(Extrait du recueil ''Prolongations''2018)

 

Je voudrais m'endormir un soir sur ta gondole

Celle qui m'a bercé tout au long de mes jours,

Où j'ai pu rassembler tant de rêve et d'amour,

Où le geste fut joint toujours à la parole.

 

J'aimerais qu'on me joue l'ultime barcarolle

De cette belle vie nous avons fait le tour :

Je crois que je ne t'ai pas assez fait la cour,

Pourtant tu m'as guéri de bien des idées folles.

 

Je l'imagine doux le tout dernier sommeil

Et je ne souhaite pas qu'il y ait un réveil,

Si c'est pour déplorer ton éternelle absence.

 

Il était enchanteur l'inattendu cadeau

De la vie et je dois mesurer notre chance ;

Que le spectacle cesse au baisser de rideau !

 

©Louis Delorme  

 

 

                             * * *

 

 

QUE SERAIT L'UN SANS L'AUTRE

La séparation de deux êtres est la pire des choses

 

Les lagons de tes yeux, dans mes pensées secrètes,

M'emportent au soleil d'îles au regard bleu,

Où la vague, ondulant ainsi que des cheveux,

Te ressemble beaucoup, fille de mes tempêtes.

 

Les rochers modelés de tes hanches parfaites

Se laissent caresser par le couchant qui pleut,

Je ne sais pas pourquoi ! Pour exaucer mon vœu

Mille rayons dorés me tournent dans la tête.

 

Si tu n'existais pas, ma vie serait sans foi ;

Je me le dis souvent ; « Que serais-je sans toi ? »

-Un de ces gars paumés qui désertent le monde,

 

Et pour avoir la paix, s'enferment dans leur tour ;

Je sais que pour ma vie l'espérance se fonde,

Chaque jour que Dieu fait sur un peu plus d'amour.

 

©Louis Delorme  

 

 

 

 

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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 04:03
Premier hommage à Louis Delorme - Jeanne Champel Grenier

Un poète est mort, une étoile s’est éteinte dans le ciel des beautés immatérielles. C’est aussi un ami parti bien trop tôt, parti bien trop vite. Nous avons eu le temps de l’estime réciproque, mais pas vraiment la durée suffisante pour mieux se connaître.

 

Louis Delorme était un artiste rare, un touche-à-tout de génie. Mais, ce qui m’a le plus attiré chez lui, c’est son humanisme, son amour de la vie et des humains, de la terre aussi. Vous pouvez relire chacun de ses poèmes sur ce blog pour comprendre ce que je veux dire.

 

Grâce à Jeanne Champel Grenier si proche de lui qu’ils ont composé et publié plusieurs recueils ensemble, je vais pouvoir continuer à le faire vivre ici. Je laisse la place à Jeanne, elle m’a envoyé plusieurs documents qui seront le premier hommage à notre merveilleux ami Louis. (Jean Dornac)

 

 

Jeanne, extrêmement affectée, m’a envoyé ce poème qu’elle a écrit dimanche, jour du décès de Louis…

 

Dimanche19 avril 2020

Au cœur des fleurs et des pleurs...

 

Ce matin, à l'heure où s'éveillent les merles,

dans les bras de la glycine et du lilas, enfouis

j'apprends la mort de mon grand frère Louis

Le silence est tout rempli de sa présence...

Je sais qu'il demeure près de ceux qu'il aime

au cœur des fleurs et des pleurs

et que du haut de son échelle

des valeurs

il continue à fustiger ce monde

qui, par moment, s'en va à vau l'eau

noyé de malheurs

Il cherche ses mots les meilleurs

tout en caressant de l'œil

l'éternelle pervenche

dont le regard rieur

se moque

et se penche

avec au cœur

un morceau de ciel

du dimanche

 

                                                           Jeanne Champel Grenier

 

 

Autoportrait de Louis Delorme

 

 

Autre document très précieux que m’a envoyé Jeanne rédigé par elle-même…

 

 

Louis DELORME, ce valeureux poète, peintre et sculpteur qui fut à la fois enseignant, créateur de pièces de théâtre et de chansons ; maintes fois honoré par des prix de littérature,

cet homme originaire de la région du Puy et qui vécut aux Granges - Le - Roi près de Paris ;

cet homme passionné autant par la cause humanitaire que poétique et dont j'ai publié les poèmes maintes fois

nous a hélas quittés ce dimanche 19 avril 2020.

 

En hommage à sa poésie si riche et variée dont certains textes sont appris dans les classes ( Editions de Retz)

voici ce qu' il écrivait, il y a trois mois à peine, s'interrogeant avec un certain humour, sur notre fin dernière

 

Texte extrait du tout dernier recueil ( co-écrit avec Jeanne Champel Grenier)

intitulé REBONDS, édité chez Thierry Sajat

 

 

L'ETERNEL DILEMME

 

Le départ sera-t-il vraiment définitif ?

Auquel cas, nous serions tous plus ou moins marron ?

Faudra-t-il traverser le Styx ou l'Achéron ?

La vérité sans doute est très loin des poncifs.

 

Qu'ai-je le plus ? De l'actif ou bien du passif ?

J'aurai bien quelques vers à donner à Charon :

En voudra-t-il ? Ce n'est peut-être qu'un viron

Après quoi l'on revient, personnage fictif ?

 

Tout cela pour m'interroger puis reconnaître

Qu'on ne sait vraiment pas ce que devient notre être,

Cependant plus précieux que ne l'est l'avoir ;

 

Pire lorsqu'on en prend mille fois sa part !

Ce n'est pas sûr qu'on finisse par savoir

Si notre avenir est ailleurs ou nulle part.

 

Louis DELORME

 

 

Autoportrait de Louis Delorme

 

 

Pour terminer ce premier hommage voici un dessin de Jeanne Champel Grenier avec un texte prémonitoire de Louis Delorme… Ils étaient de merveilleux complices d’arts…

 

 

 

Grand merci à toi, Jeanne pour ces documents si précieux, si importants pour qui aimait Louis…

 

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11 avril 2020 6 11 /04 /avril /2020 06:30
cliché: P. Lombard

 

 

 

 

Dans un repli tout verdoyant de l'apparence

le désir et l'espoir se font du mouron pour les oiseaux

pourtant une branche d'ozone bourgeonne

dans le bleu du chant d'incandescence

S'agite alors l'arbre des paumes

serrant les mains de l'espérance

à force de bonheur d'aumône

jusqu'à l'effacements des digitales

L'évidence vous échappe encore

une envie d'ascension vous grimpe au cœur

tout griffé de joie dans le touffu des ronces

 

Une petite vigilance d'escarpolette

vous balance une demi pensée à l'heure

tantôt vivace, tantôt fanée, tantôt alerte...

Qui peut détacher ses étoiles brûlées

du néant bleu d'apparence printanier

qui vous plafonne les idées ?

Et pourtant...le sort nous sépare

 

À l'ici du monde on s'étreint de solitude

accompagné de sept violes d'habitude

Comment se défaire de cette soif de l'autre ?

Marcher près de l'eau, si possible

la fraîcheur....et la paix si sensible

À défaut, attendre que l'horizon se rapproche

si vite et si près... si près de rompre

que le proche et l'ailleurs se confondent

 

Pourtant, il faut croire que la lumière croit

à la Lumière qui balaie les scories de la terre

de la folie et de la terreur

Le vent passe sa douce main sur le front des cercueils

puis s'en va cajoler le cœur des fleurs

des regrets, des peurs et des rancœurs

 

Qui pourra de ce jour définir les manques

qui vous emplissent et vous débordent

jusqu'au son creux de la voix blanche ?

Les fenêtres ont le regard qui penche

vers les chemins et les rues vides

c'est une transe répétitive qui chemine

mine de rien de confiteor en amen

Le soleil même a des élans de suicide

 

Qui a ressenti un surcroit d'être dans ce néant ?

Il semblerait que nos limites spirituelles tantôt s'éloignent

tantôt se restreignent à l'infiniment petit

laissant le vide et le chaos pleins de stupeur derrière elles

tout comme l'univers en expansion de la bêtise

 

Ô éternelle insignifiance que féconde la force du rêve

Réalités humaines décevantes seriez-vous inextinguibles ?

L'épeire de la mort retisse, inlassable, sa trame de soie

Le vautour refait son nid encore au même endroit

Ils savent que l'arbre de vie ne meurt pas au premier orage

Un coq chante deux fois,

trois fois, cinq fois, vingt fois...

Qui va trahir la vie ? Ce jour, combien de fois ?

 

Qui va sauver les petits gestes de la joie

semer son blé au-delà de la fleur de l'âge

et chanter les moissons de paix à plein convoi ?  

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

  

 

 

 

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