Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
8 juillet 2022 5 08 /07 /juillet /2022 06:34
Illustration de Jeanne Champel Grenier


 

 

 

Il a dit à tout le poulailler :
-Taisez-vous, c'est Moi qui parle !
Il a dit à la basse-cour et à la haute cour
-C'est Moi qui décide !
Il a appelé ses potes
(épuisés, en compote) :
-Toi tu fais ça !
Toi, tu viens là ; toi, tu vas là-bas
et vous, voilà ce que vous avez à faire :
vous direz : OUI CHEF !
Rien à discuter !
Vous allez voir,(et entendre) on va s'éclater
Ils ne vont pas en revenir !

Ils ont dit :
-Et si on faisait...
-Pourquoi on ne ferait pas...
-Y en a qui disent...

Il a dit :
-Tous virés : Virés ! Virés !
Sauf toi, là-bas, ma jolie !!!

Ils se sont rassemblés
comme des moutons dans les rues...
tous, tous les pingouins qui avaient voté,
sans le savoir, pour la canicule
tous les chameaux, et dromadaires qui avaient votés,
sans le vouloir, pour la banquise
et ils ont crié :
-À bas LUI ! On voulait l'AUTRE !

Il a dit :
-Trop tard !
C'est celui qui dit qui est !
Voilà mon programme :

-À bas TOUS les autres !
Je vais monter des murs
démonter les échafaudages
brûler les échelles
noyer les ports
augmenter les montagnes
clouer les portes et fenêtres
ET LES BECS !
Je vais clouer aussi les avions
crever les bateaux
et flinguer les OVNI

Ils ont dit :
-Et bien ! Il ne fait pas de cadeaux !
Il a répondu :
SI !
À Noël: un colt à chaque enfant
qui a fait ses premiers pas !
Il n'est jamais trop tôt pour faire la loi !

Diriger, c'est du boulot :
Il faut flinguer tous les opposants
flinguer aussi les journalistes
et ne pas faire de taches
Alors repeindre la Maison Blanche (ou le Kremlin)
en ROUGE....3 couches

Il était cuit comme un homard
avait sifflé, cul sec, 1 litre de whisky (ou de vodka )
chanté : ''on les aura, tous les étrangers on les aura !''
Puis il est parti repousser les frontières
le bazooka à la boutonnière...

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER  ( Extrait du recueil : Terre adolescente-2015 )                                  
 
 

 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
25 juin 2022 6 25 /06 /juin /2022 06:50


Editions Traversées, Belgique, ISBN : 9782931077047, 128 p., 2022

Recension de Jeanne Champel Grenier

 

Très beau livre de format carré 21/21dont l'élégante et sobre couverture au ton de sable brun présente en son centre une jaillissante et moderne création nommée ''composition'' (huile sur toile 80/80) de Jean-Pierre Moulin.
 
           Au seuil du livre, un émouvant liminaire rédigé par l'auteur. Rapide mais précis itinéraire de l'écriture depuis les préhistoires si adhérentes aux empreintes, jusqu'à nos jours où la personnalité se perd, se dilue dans l'abstraction la plus dénuée d'humanité.
 
          Tout poète, confronté aux affres du monde, ressent ce besoin de retour sur soi afin de convoquer les possibles forces positives de l'univers. La beauté de la nature nous y incite :
 
Tiens ! Voici la première abeille du matin
Qui va gouter son pollen
Dans le dictionnaire d'un million de fleurs...

 
Le monde se perd-il dans les dédales d'aspirations contraires et souvent néfastes, avec le danger de déshumanisation totale à brève échéance ? L'œil du poète nous rassure quant à ses facultés de cerner la beauté d'un instant céleste :
 
Opulence ( p 7)
 
Pour tout étendard
ces moires de lumière
 
Partage ( p 9)
 
ici prospèrent des turbulences
qu'un vent ponce et cisèle
en vitales déraisons...
 
et se comblent nos failles
où s'effrangent les agonies
de solitudes à tâtons

 
Néanmoins, nulle leçon, nulle débauche de sagesse fictive de la part d'un poète qui a ''fait ses preuves'' en sa vie d'honnête homme de sciences et de lettres, mais une simple constatation qui appelle à la modestie : ( p 11) car même si
 

le vent de l'âge....pourchasse la cendre des souvenirs
tapis au coin de mon âtre...il dépouille aussi ma carcasse d'inutiles rancœurs...
 
Et de plus, si selon les cohortes de Cassandre, le monde court à sa perte, l'auteur garde le cap que lui dictent ses sens premiers. Oui, le poète, le peintre, tout comme le chamane, gardent le sens de l'appel à témoigner d'une vie créative toujours située ''sur les franges de l'essentiel'' qui demeurent visibles, vivantes, pour celui qui sait voir:

 

Créer ( p 20)
 
Traduire une page blanche
qui crie sa virginité
se rebellant à mes lignes
pour d'ardentes fiançailles...

 


            Ce livre ''SUR LES FRANGES DE L'ESSENTIEL'' dans son entier, s'éloigne diamétralement des rythmes et proses compassées dont nous sommes noyés. Claude Luezior saisit d'emblée la ''substantifique moelle'' de l'expression poétique ; on est ''sur les franges'', certes, mais dans des ''franges'' vraies, terriblement originales en poésie. En témoignent les 128 pages de ce livre où s'épanouissent les poèmes d'amour : Coquillage, Flibuste, p.70, Rupture...
 
Je t'ouvrirai
dans les reflets
d'un ressac
tel un coquillage sacré
où luit la nacre
de tous les désirs

 
 Tous sont de véritables morceaux d'anthologie, sachant qu'il faudrait pour créer cette nouvelle anthologie convoquer l'essentiel des grands poètes de notre temps, sous une aurore boréale.

© Jeanne CHAMPEL GRENIER
 
 

 

 

 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
28 mai 2022 6 28 /05 /mai /2022 06:51

 

 

Il faisait déjà nuit
Prostrés devant la mer
Qu'ils venaient de quitter
Ils avaient fait un feu
Avec du bois flotté
Sur du papier froissé
Et quelques herbes sèches...

 

Ils n'étaient plus que deux
Elle et lui bien serrés,
Pieds nus, poches vidées
La braise les chauffait
Et sentait le fourneau
De la mère et du père
Là-bas où l'on grillait
Des poivrons, de l'agneau...

 

Mais ils n'avaient pas faim
Ni de pain, ni de rien
Juste de liberté
Leur vie était dehors...

 

Les flammes dans la nuit
Éclairaient leurs guenilles
D'étranges franges d'or...

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER
 ( Extrait du recueil : Terre adolescente-2015)
                         
 
 
 
 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

 

Partager cet article
Repost0
1 mai 2022 7 01 /05 /mai /2022 06:56

Quelle chance d’avoir Jeanne parmi mes poètes et abonnés, ce jour, elle nous propose son roman avec la 4ème de couverture signée Claude Luezior et deux recensions :


Recension de Louis Delorme en 2017
et recension de Michel Lagrange POUR LA RÉÉDITION de ce livre en 2022

 

 

 


UN TRAIN POUR ODESSA-Jeanne Champel Grenier
                                                     Lecture de Louis Delorme

 

              Comme le dit Michel Lagrange dans sa lettre adressée à Jeanne Champel Grenier, on ne distingue pas ce qui est vrai de ce qui est imaginé, parce que tout est vérité dans ce livre émouvant !
Tout y est : la culture russe, les détails de la vie, la simplicité du quotidien, l'authenticité des personnages divisés en pro-ukrainiens et pro-russes, les horreurs du ''soviétisme''. Une documentation riche et précise nous permet de recréer les scènes, de suivre l'itinéraire de cette européenne : Anne, originaire du sud de la France et, qui, par ce voyage d'agrément en Russie, va au-devant de son destin comme si celui-ci était tracé de toute éternité.
             L'auteur est sous-jacente dans le personnage car elle y a mis beaucoup d'elle-même, de ses connaissances sur l'art, de ses propres activités de peintre et de poète. Mais elle a reconstitué à merveille l'atmosphère de la vie russe et des conditions d'existence dans un milieu où la liberté est loin d'aller de soi. L'histoire est bouleversante. L'amour profond d'Anne et de Nikholaï nous touche jusqu'aux larmes. Leur scène d'amour, page 51, est un morceau d'anthologie, d'une délicatesse inégalée, d'un érotisme poétique de la meilleure facture. C'est Anne, l'héroïne, qui raconte ;
« des mots russes passaient furtivement comme le lièvre des neiges sur ma peau et je sentais la chaleur de son haleine qui faisait courir des frissons de désir dans tout mon corps, et puis ce fut la suite haletante, la traque du saumon sauvage entre les pierres des cascades, la fuite malicieuse de la zibeline au creux secret des steppes et l'extase enfin oû nous nous retrouvions tremblants et couverts de sueur en plein cœur de notre feu intime dont les flammes baissaient un peu et dont les braises allaient couver jusqu'à la prochaine étincelle. »
Comme cela est sobrement dit !
             On se passionne pour cette équipe d'artistes : hommes et femmes qui ont voué leur vie au chant et à la musique et qui s'en vont donner des concerts de ville en ville. On les suit dans leurs tournées. On rêve avec eux devant la beauté du pays ; on se réchauffe à leur amitié. On tremble lorsque l'histoire tourne au cauchemar, à cause du régime totalitaire dont les prétendues investigations cherchent à faire un coupable idéal d'un innocent qui déplaît pour son sens élevé de la liberté de pensée et de parole. Le procès de Vichinsky ne date pas d'hier. Le goulag est, et demeure l'épée de Damoclès de ce pays.
Avant même les évènements que l'on sait à ce jour en 2017, l'auteur a eu la prémonition de ce qui attendait l'Ukraine dès 2014, date de l'écriture de ce roman.
             Cette histoire se lit d'une traite ; on ne se résout pas à en détacher ses yeux avant d'atteindre le point final ; et elle nous laisse une impression de plénitude, d'accomplissement, avec son dénouement imprévu. Un roman qui met en exergue la force de l'amour, celle de la liberté, celle aussi de la résilience. Un livre où la poésie ne perd jamais ses droits : les poèmes que Nikholaï écrit à destination d'Anne semblent avoir été traduits du russe. Une telle histoire pourrait très bien avoir fait la une des journaux, tant sa réalité est prégnante.
« Un train pour Odessa  » de Jeanne Champel Grenier : un livre à lire absolument.

                                                                        Louis Delorme (05 mai 2017)

 

* * *

 

Un train pour Odessa - Jeanne Champel Grenier
                   Livre édité en 2015, réédité en avril 2022 en rapport avec la guerre en Ukraine
                            ISBN 9 782382 682302- Edition France Libris - Prix 9 euros

                                                            en faveur de
                                      La Voix de l'Enfant -URGENCE UKRAINE
                                BP 301-75464 Paris cedex 10- CCP 15 301 75 P Paris

                                                  
                                                    Lecture de Michel Lagrange

             Le titre de ce livre : ''Un train pour Odessa'' prend aujourd'hui une actualité brûlante autant que tragique. Ce titre fait penser, allez savoir pourquoi, au ''Docteur Jivago''. Il y a des mots qui portent en eux une lumière et une aura non seulement géographique mais spirituelle. Et ce visage tendu sur la couverture du livre, aux yeux fermés, est d'une tension merveilleuse. Avant de lire ce livre, on est impatients, fébriles, comme si l'on embarquait sur le quai du Destin. On sait que ce sera de ces voyages qui changent le voyageur, et que l'on sera ''voyagé'' comme me le disait le peintre Soulages, plus qu'on ne voyagera....
                                                
             Je viens de redescendre du train pour Odessa. Ce fut un beau voyage atout cœur. Il y a des livres qui ont des intuitions qui échappent à leur auteur. Qui lèvent comme des fleurs prématurées alors que la neige épuise ses dernières blancheurs. Ce ''Train pour Odessa '' est l'un de ceux-là. L'histoire lui a donné, non pas un train d'avance selon un jeu de mots facile, mais une longueur d'avance, celle de l'intuition qui visite les vrais créateurs.
             Lire ce livre aujourd'hui lui confère une plénitude qui était en germe dans ses lignes. J'ai ''découvert'' ce livre cette fois-ci avec grande émotion. J'ai voyagé dans la ''longue fermeture éclair noire'' de l'enfilade des wagons, j'ai été associé à la bonne humeur affectueuse de mes compagnons de route ferroviaire, j'ai trinqué avec eux. Le bruit des rails et leur psalmodie géniale : ''Tolstoï Dostoïevski, Tolstoï Dostoïevski...'' je la garde au cœur encore et encore...Je pense à la Prose du Transsibérien'' de Blaise Cendras, musicalement parlant. Car la musique n'est jamais absente de ces phrases si sensibles, si tendres.
             Il y a dans l'oeuvre d'un écrivain un voyage qui paraît surpasser les autres, parce que les conditions sont réunies pour que le mot ''chef d'oeuvre'' vienne aux lèvres. Et de cela l'artiste n'est pas forcément conscient, je dirais même responsable. L'oeuvre lui échappe. Il y a une sorte de coïncidence épatante entre le projet, les moyens mis en œuvre, et le but envisagé. Celà me paraît le cas avec cet ouvrage de prose et de poésie mêlées comme les eaux d'une rivière généreuse.
               Les images s'envolent par les fenêtres mal jointes du train, celle, entre autres, de ces ''oiseaux...buvant la neige de leurs plumes''...Que de belles images, dont la beauté paraît naturelle, naïve au bon sens du mot ! Ou celle-ci, dans une remarquable scène amoureuse : ''il parlait dans mes cheveux''...On ne peut qu'admirer la justesse, la sainte simplicité de cette vision, de cette musique.
              L'incarcération due au sadisme politique d'un univers infernal est douloureusement ressentie par le lecteur. Quand le cerveau innocent lutte pour survivre et devient ''machine de guerre'', on est dans la résistance et cela fait se lever dans nos mémoires de nombreux témoignages russes et étrangers, ou français. Résistance, ce que l'on voit, ce que l'on vit aujourd'hui dans une Ukraine martyrisée.
               La fin inattendue de cette histoire ajoute l'horreur à l'horreur d'un régime inhumain jusqu'à l'extrême.
               Un sincère '' spassiva '' à l'auteur pour ce grand petit livre.
                                                                                                          
                                     Michel Lagrange
                          Lauréat de l'Académie Française

 

Partager cet article
Repost0
23 avril 2022 6 23 /04 /avril /2022 07:18
Tableau intitulé « Jaune-Rouge-Bleu »


 

 

Petite et grandiose géométrie d'un monde d'harmonie
Escalier de lumière douce
liberté sereine en suspension dans l'infini
Profil pur d'un clair visage
Soleil voilé ou bien œil de nuit tendre... ouvert
Cerveau en lien direct avec le rêve et ses ailes
Intimité bleu pâle de l'univers
la pensée paisible établit des parallèles
communique des ondes bienfaisantes
élabore des plans calmes
baignés de silence

 

Trois damiers multicolores
de loin en loin se répondent,
donnent la perspective,
ouvrent l'espace et le temps
Une trompette-télescope rouge
et une triple bannière au vent
annoncent que la lumière du monde avance
mais que le soleil de l'Art se lève souvent à l'Est
au pays des aurores qui pensent
quand les tyrans oublient leur transe

 

Une forme serpentine noire, à droite
comme les courbes slaves des violons
signe de vie ondulatoire libre
ou bien sinisoïdale route de l'Ailleurs,
retient des plans colorés comme autant de patries
qui se chevauchent dans les coins, en douceur,
initiant de nouvelles partitions d' harmonie
où s'installe la planète des hommes dans la nuit
Dans l'angle droit, un signe mathématique
ou musical, sorte de dièse
signature énigmatique pour donner le ton
à ce monde intérieur positif et doux

 

Nulle agressivité, nulle menace
dans cette fluide et dansante géométrie de l'espace
Un chant qui s'inscrit sur la mappemonde de l'Art
entre silence cosmique et musique chromatique
Une mélodie aérienne signée Vassily Kandinsky
sans débord plaintif, ni flou, ni hésitation
Une écriture qui obéit aux rythmes des constellations
et qui s'en affranchit d'un trait net et pur
comme une vigoureuse toute fraîche révolution
où joie, spiritualité et silence pavoisent à l'unisson

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

 

Texte en hommage aux peintres et artistes russes
ardents défenseurs de la liberté
qui n'ont pas tous pu échapper à la dictature
et qui ne méritent pas notre ostracisme


Vassily Kandinsky peintre spiritualiste abstrait,
né le 22 nov. 1866 à Moscou
mort le 13 déc. à Neuilly-sur-Seine
auteur de l'essai ''Du Spirituel dans l'art''
( voir Musée Pompidou)



 
 

 

 
 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
9 mars 2022 3 09 /03 /mars /2022 07:29

du monde … perd son latin 

Dessin de Jeanne Champel Grenier©

 

 

 

J'ai vu la Nuit arriver à l'Est

avec son troupeau apeuré

son cabas rouillé plein de bas filés

et de paroles noyées, saisies de glace

dans la passoire à idées du jour épuisé

 

Elle avançait, harassée de ressasser

l'horizon hérissé d'ombres

fussent-elles celles irisées du Bolchoï

rubans fleuris, barbes à papa et chapkas

spectacle fièvreux, toujours sur le qui-vive

Voix et moral incendiés par la tyranie punitive

l'espoir écrasé, l'avenir rasé au fil du rasoir

par des loups à visage de grand-mamans

''pour mieux vous manger mon enfant''

 

Elle avançait, la Nuit, souffle court

rageusement poussée par le vent mauvais

Certains disent qu'elle reculait

déjà au pied du jour suivant

pris dans les glaces d'un autre temps

Qu'en dis-tu Sergueï, y a-t-il un espoir

Dans tout ce blanc couvert de noir ?

Patience...On croit qu'il fait noir

 

Mais la Nuit, comme Mélanie

(les Slavent le savent toujours)

fait son nid au creux de mélanine

le temps d'un rêve suave en retard

Et hop ! Au soleil, elle devient Zagreb

un grain de beauté sur la main du jour

et plein de jalousies qui filtrent les regards

 

C'est glaçant mais c'est ainsi

on n'y voit que du feu

rien ne s'éteint dans la Nuit

partout des foyers hurlants

attisés par le mauvais vent

On a beau essayer de remonter ''l'Autan ''

on risque d'importer Levant

il y a tant d'eau trouble sous les ponts

subliminaux nippons!

 

Où trouver une chaude seconde d'espoir ?

L'horlo-geai a fait long feu

remplacé par la gelée de l'or-tolan

fiduciairement trop lourd et trop lent

On se perd dans la Nuit d'étang

à Grosny comme à Neverland

en silence, les yeux noyés de larmes

quand s'en vont, tout seuls, les enfants

 

Qui va calmer la Nuit des tanks ?

Compte-t-on sur la noirceur des banques ?

Qui va stopper ce monstrueux iceberg en dérive de l'Est

Ce tyran qui a peur du ''Mistral gagnant'' de l'Ouest ?

 

Courage Irina Nicolaï, Vassili, Igor, Alexis,Véra,

Ivan, Vladislav, Boris, Natacha...

D'ci peu, ensemble on trinquera

Ici on boit l'iode comme vous la vodka !

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER
 
 
 

 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
22 février 2022 2 22 /02 /février /2022 07:51


 

 

Humer l'humour
Au jour le jour...

 

On attend que le jour se lève
pour se dire : ‘' Bonjour ‘' !
Un exorcisme comme un autre
Il est donc permis de s'interroger
Se lèvera-t-il le jour ?
Ou bien restera-t-il couché au pied...

 

S'il était libre le jour, libre comme bonjour,
Se lèverait-il le matin ? Pour sûr que non !
Il ferait plus souvent qu'à son tour la grasse matinée
et même la grâce mâtinée !
Avec un  ! Circonflexe et circonspect !
Et plutôt deux fois qu'une, je vous le dis
car Rien n'est moins sûr que le jour !
Il y a trop souvent ni à boire ni à manger !

 

Le jour a un job instable
c'est un intermittent du spectacle !
Histoire de voir du pays, il fait les 3x8 avec la nuit
La nuit qui dort d'un œil
ce qui nous fait 365 jours fois 2 =730
(et les ¾ somnambules à rayer du calendrier !)

 

Il y a le jour très court qui court à sa perte
du genre ‘' tu ouvres l'oeil et paf tu meurs! ''
Il y a aussi le jour-Feuilleton sans sujet principal :
ta vie qui devient série télévisée nulle
qui essaie de fidéliser ses acteurs :
des histoires à dormir debout
pour noyer le poisson... d'avril ou surgelé

 

En résumé : Présent plombé de ‘' déjà vu ''
Futur embrumé d' ‘' allez savoir! ''
La vie au jour le jour quoi !...

 

Alors BON JOUR ou pas ?
Bonjour le moral
pour oser dire « Bonjour ! » au saut du lit !

 

©Jeanne CHAMPEL GRENIER            
 
 
 
 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
16 janvier 2022 7 16 /01 /janvier /2022 07:35

 

 

( à Miloud Keddar)

Un an déjà...

 

 

Tu es parti sans un bruit, seul, dans l'ultime passage...

Quel est ce coup de vent frappé à la porte de nos vies

de ta femme restée seule et de nous tes amis

Tu as quitté l'ici bas en plein coeur de la nuit 

Et depuis...Tout là-haut, imperturbable,

il te colle à la peau, le Silence...

 

Bouche close, yeux fermés, doigts tremblants

une musique d'Ibrahim Malouf à l'esprit

essayer de délier l'absence, cette longue nuit

ce mystère d'obscurité polaire

 

Quelle est cette frayeur

Notre Amitié sans voix

et le vent de l'Ailleurs

d'un coup noyant la joie ?

 

Si le grand froid nous gagne parfois

notre âme conti-nue à s'alléger

jusqu'à ce qu'on entende à nouveau le bruit

des mille et un déplis de l'absence in-finie

 

Tu es parti de nuit mesurer le désert

où l'on sert aux amis sur la nappe mouvante

les dattes, le bonheur, la fraîcheur du thé vert

qui réveille le cœur parfumé à la menthe

 

J'imagine ta route qui cherche son chemin

tout autour du Hoggar, et tu le trouveras, tu l'as déjà trouvé

C'est La Route Nouvelle qui va vers la Lumière

et je compte et recompte les moindres grains de sable,

l'envol de tes paroles, témoins de ton voyage,

qui restent en suspens aux quatre coins du monde

 

 

©Jeanne CHAMPEL GRENIER
       
 
 
 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
25 décembre 2021 6 25 /12 /décembre /2021 07:40
CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux - https://sms.hypotheses.org/5417

 

 

 

 

C'était une très longue nuit
une nuit pauvre en divinité
et qui fuyait, priait de toute part
Ils passaient, repassaient, trépassaient...
la frontière de nulle part,
la frontière de l'inhumanité
 
On entendait rire au loin
la hyène aux salves de joie
celle dont l'haleine de pure race
brûle toujours d'éteindre la foi
 
Une nuit de sanglante ronde
dans la frontalière neige
plantée de grilles acérées
et de pièges immondes..
 
Pas de crêche, pas de feu
et pas de Noël en ce hors-monde
semé de trahisons et de pièges !
Et pas de vaccin contre l'égoïsme !
 
Aux printemps prochains
on trouvera quelques jouets perdus
ici ou là, des doudous usés
souvenirs exsangues, sur le fil,
perdus par les enfants de l'exil...
 
Joyeux Noël pour les souvenirs
avec les chants des enfants, leurs babils
et cet esprit de partage si volatil !
 
 
©Jeanne CHAMPEL GRENIER
       
 
 
 
 
 
 
 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
20 novembre 2021 6 20 /11 /novembre /2021 07:44

 

à Coline, 3ans
 
 
 
 
Regard vif et rond
de passereau furtif
qui n'a pas froid aux yeux
 
Petite brouette de malice
qui roule, roule et crisse
 
Plein de bouches à nourrir
et d'autres chats à fouetter
 
Elle remue ménage et déménage
tout ce qui traine la savate
ou qui nage autour d'elle
 
Casserole vole !
Il faut cuire des croquettes !
 
Tiens bon la queue
de la casserole bleue
de la chourfette et du coutio !
 
Elle goûte, elle regoûte
le fricot imaginaire
Les yeux au ciel :
C'est du tout cuit !
 
On se passe le fameux
fumet fumant fustigé
Inutile de minauder
Chacun en a sa part
et tous l'ont en entier
 
Grand sourire de fierté
de Top chef échevelée !
 
Puis s'en va
comme on s'envole
un sourire au bec
mille bisous dans la poche
et tout le mouchoir dessus !
 
©Jeanne CHAMPEL GRENIER
       
 
 
 
 
 
 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Couleurs Poésies 2
  • : Ce blog est dédié à la poésie actuelle, aux poètes connus ou inconnus et vivants.
  • Contact

  • jdor
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...

Recherche