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15 février 2021 1 15 /02 /février /2021 05:32
Photo Émilie Grenier

 

( à Coline et Bilo, sur l'air de :
c'est une maison bleue -Maxime Leforestier)
 
 
C'est un petit panier
Il n'y rentre pas trois pommes
même en les serrant
il ne peut fermer
 
Un panier d'osier
de ceux qu'aiment bien les filles
pour transporter quoi ?
Du fil, une aiguille
et un napperon
à broder en somme
 
C'est un panier d'osier
tout rose et lumineux comme
le visage frais, les éclats de rire
des enfants des hommes
 
Il a un fermoir
qui ressemble à un sourire
et qui tient serré
rêves et secrets
et les mots pour rire
 
Des petits cailloux
y font un bruit de bisou
Quand on les secoue
on dirait des sous
 
C'est un petit panier
à deux anses et un couvercle
en osier tressé, il est tout petit
mais tient sur ses pieds
 
Et je l'offrirai
à Coline la coquine
qui transporte tout
son chat, sa cuisine
et vient voir Bilo
pour jouer là-haut
à cousin-cousine
 
C'est un petit panier
Il n'y rentre pas trois pommes
mais pour un doudou
le renard tout roux
il est vraiment chou !
 
© Jeanne CHAMPEL GRENIER      
 
 
 
 
 
 

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24 janvier 2021 7 24 /01 /janvier /2021 08:11

m'a dit le poète, si je meurs ... »

(à Miloud KEDDAR qui vient de nous a quitter)

Dessin de Jeanne Champel Grenier

 

La liste des poètes du blog disparus en peu de temps (deux ces trois derniers mois) s'allonge tragiquement. Jeanne, très proche de lui, comme une grande soeur, m'avait dit qu'il était malade, mais la fin est venue plus rapidement que prévu et laisse son épouse, ses amis, tous ceux qui le connaissaient et l'aimaient dans le désarroi, la tristesse et le vide... Restent ses écrits, heureusement... (Jean Dornac)

 

 

As-tu remarqué comme les paroles
de l'ami qui s'est absenté
toujours reviennent à tes pieds
et ronronnent en farandoles
des mots qui se tiennent par la main
au nom d'une mouvante affinité
d'enfance ou d'ailleurs
suite caressante en la mineur
qui te lamine
pour que tu pleures ?
 
Quelles que soient les saisons
les saisons du cœur
tu pourrais apercevoir
quelqu'un d'un peu triste
au regard vif, aux gestes lents
comme un oiseau silencieux
qui tient la lumière d'hier
et celle de demain dans son regard
quelqu'un de clair et de patient
de tendrement assoiffé
assis en tout lieu
qui mène à l'espoir
 
Quelqu'un qui a mesuré
le désert avec la peur
quelqu'un qui te reconnaît
et par ses paroles t'assiste
t'annonce la moindre lueur
 
Quelqu'un de doux
en train de te regarder
dans les yeux
et dans le coeur
matin et soir
 
Quelqu'un qui a soif
de noyer sa douleur
et qui vient la nuit
ou à point d'heure
tout prés de toi
pieds nus, sans un bruit
au jardin du silence
''boire l'eau des fleurs''...
 
©Jeanne CHAMPEL GRENIER
 
 
(Le poète Miloud KEDDAR nous a quittés
le 20 janvier 2021 à minuit)
 
 
 
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15 janvier 2021 5 15 /01 /janvier /2021 07:47
Ethiopie... Simien


 

                                                               à Miloud

 

Le silence, mon ami, lorsqu'on a rempli sa vie
n'est pas absence, tu le sais, toi l'Ethiopien !
C'est le grand désert avec ses dunes qui chantent
Le silence est fait de milliards de vies
pleines de légèreté, de déférence, de liberté,
de discrétion, de complicité, d'amitié rare
Le silence, c'est la douleur tue, la pudeur de l'univers

 

Le silence c'est parfois le grand 8 de la pensée
Il se compose de phrases tissées entre elles
par le hasard, ou par l'harmonie naturelle
ce sont des intentions, des constellations
proches ou lointaines, des évidences
le silence c'est du bouche à oreille
du cœur à cœur, du corps à corps
ou bien des ressentis discrets, tenus à distance
pour avoir la chance de se deviner, de s'effleurer
de s'apprivoiser, de s'imaginer ensemble

 

Le silence c'est aussi un monde parallèle ordonné
qui vous traverse la Place de la Concorde du cœur
avec un sentiment d'admiration et de fierté
car si l'on tend l'oreille en profondeur
on reconnaît des murmures de grandes voix et voies,
des pensées au garde-à-vous émergeant de l'enfance
des idées de justice venues du fin fond des anciens rêves
qui défilent et font leur ''minute de silence''
puis se recueillent en toute saison au jardin d'hiver

 

Le silence est peuplé de vies actives et reposées
s'y accordent les violons muets de la pensée
se resserre le bouquet des longueurs d'ondes positives
ne pas perdre le fil, le fil à plomb, le fil d'Ariane
ne pas rater la bonne étoile, les pressentiments
qui arrivent en courant depuis demain
afin de guérir l'aujourd'hui et l'hier, caresser les souvenirs
Le silence, c'est l'envers soyeux du bruit, c'est la voix de l'infini

 

Le silence, mon ami, quand on a le cœur plein des autres
est un monde de connivence qui nous inclut et nous porte
une immense plage du débarquement allié, émouvante
une marée de sourires, d'éclats de joie qui batifolent
souvent des chuchotements nocturnes secrets et sacrés  
parfois les pleurs d'un enfant que tu reconnais :
toi-même qui t'étais oublié dans ta barbe
et que ta mère sans bruit, prend dans ses bras
pour que tu aimes un jour, quand tu seras grand,
la nuit du silence, la nuit d'où tu viens, maternel écrin
celle qui n'a rien à se reprocher et qui nous attend...

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER      
 
 
 
 
 
 

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9 janvier 2021 6 09 /01 /janvier /2021 07:30
 
 
(à Louis, mon frère)
 
Il avait dit :
 
J'ai en moi toutes les plages rêvées
pour le plus grand repos
tout l'espace rêvé
pour le plus grand silence
et si peu de vie à terre
si peu de cohérence
et tant de mots à taire
tant de déshérence...
 
À mes pieds le désespoir avait belle allure
le soir traînait ses oiseaux de deuil
tombés des falaises du levant
en long voile de vent rasant...
L'espoir n'avait plus de seuil
plus jamais de dorénavant
quand il fallut ce matin-là
d'un tendre et courageux tambour
désapprendre la fidèle musique
qui marque le temps à rebours
 
J'entends toujours passer son ombre
si proche, serrant la lumière...
et lui, cherchant ses mots sans voix
le ciel des larmes dans les yeux
au creux des doigts une rivière...
 
Il avait dit :
 
Je suis un drôle d'oiseau
un fou de Bazan
qui affronte les océans
J'ai en moi toutes les plages rêvées
pour le plus grand repos...
tout l'espace rêvé
pour le plus grand silence...
et avec la vie
tant de connivence... 
 
© Jeanne CHAMPEL GRENIER      
 
 
 
 
 
 
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6 décembre 2020 7 06 /12 /décembre /2020 07:47
 
 
 
 
Du haut des murs, de tous les murs de la pensée en fleur
le ciel verse tous ses bleus, sa douceur, ses oiseaux blancs
et le soleil dore sur pied les blés dansants...
Il sent si bon le pain doré des lendemains
Pourtant, une fumée s'élève place de grève des cœurs
 
Je conjure la pluie, la pluie des larmes, des mots sans armes
et des circuits rouillés des anciens charmes, des alarmes
d'éteindre le feu qui monte et brûle la crinière des rêves
Oh ! Ces bêtes sauvages harnachées de hargne
qui reviennent à la charge, hurlant, ferraillant
piétinant l’ancolie fleurie au saut du lit
Hallali de l'arme blanche qui blesse le ciel
et sa douceur de miel qui penche...
 
S'effritent le temps présent et les printemps
Rampent sournoisement les hivers de l'âme, aveugles dévastateurs
d'un bout à l'autre de la terre ouverte, front bandé, en sueur
à l'heure glauque et sourde où mutent les virus dans les étangs
 
Les bras nous en tombent, les mots nous font défaut !
Allons-nous avorter ''les Droits de l'Homme'' qui nous incombent
à peine ensemencés, portés haut, en flambeau
à la boutonnière des cœurs ennoblis jusque dans la tombe ?
 
Rêves fraternels, relevez-vous, irradiez de Vérité et d'Espérance
Frappez fort sur toutes ces terreurs violentes qui pourrissent les cerveaux
Frappez fort aux paupières des esprits claquemurés de l'Ignorance
Frappez fort à coup de bleuets, colombes et coquelicots
N'ajoutez pas de sang à la démence !
 
© Jeanne CHAMPEL GRENIER      
 
 
 
 
 
 
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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 07:54
Dessin de Jeanne Champel Grenier©


 

 

Des cerveaux à zéro
Qui sont téléguidés
Par des illuminés
Veulent éteindre nos vies ?
C'est du mauvais Devos !
On a franchi les bornes :
Décapiter les gens
Pour un dessin de trop ?
Mais quel dieu indigent
Nourrit un tel terreau !

Certains hommes ratés
Veulent créer un dieu
Qui soit à leur image
Histoire de s'aimer
Aujourd'hui plus qu'hier
Et toujours davantage
Voilà que ce Landru
Créé de toutes pièces
Justifie les ravages
de ces cerveaux perdus !

France, terre d'asile,
Laisse entrer tous les peuples
Mais non pas les débiles
Qui s'entraînent en civil
À la tuerie des villes !
Abrite les errants
Mais forme les esprits
Depuis qu'ils sont petits :
Fraternité, partage
Depuis le plus jeune âge !

Que les cerveaux fumeux
Ces bombes ambulantes
Ne puissent se nourrir
Ni se croire ''élus''
Pour des vierges en attente
Et ne confondent plus
Vivre ensemble et mourir

© Jeanne CHAMPEL GRENIER      

 

 

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12 octobre 2020 1 12 /10 /octobre /2020 03:20
Jolie source, photo ©Jean Dornac


 


Rien n'est moins aisé
que d'écrire simplement
humblement
écrire comme on respire...
Il faut un art infini
pour se démettre des artifices
pour se défaire de tous les liens
de cause à effet
pour paraître balbutier
de toute éternité
l'évidence nouvelle
et qui le restera
une naissance qui étonne
et que l'on sait perpétuelle
telle l'eau qui murmure
sans faire de vague
juste un éclat de nacre
entre deux courants
l'eau qui chuchote son chemin
abreuvé de ciel et qui y retourne
tandis que brillent çà et là
les carpes d'or du silence...

Rien n'est moins aisé
que d'écrire simplement
il faut une vie
peut-être deux...

© Jeanne CHAMPEL GRENIER
 
 
 
 

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14 septembre 2020 1 14 /09 /septembre /2020 06:40
Sculpture de Sergio Garcia

 

 
 
Je me souviens...
 
Il était là
solitaire
au pied de l’escalier
qui monte vers la bénédiction
 
Il était là
pour dormir un peu
cherchant quelque mollesse entre les pierres
et ces pâles rudérales qui fleurissent
au hasard des fêlures du béton
 
La nuit écrasait tout l'édifice de l’église
qui semblait couver ses pardons
Seul brillait l'œil fixe de l'horloge
pleurant la rouille de ses chiffres en rond
 
Il était là près de son chien rasséréné
qui avait trouvé
enroulé sur lui-même
les reins creusés
les yeux fermés
la pause d’abandon
 
Il était là
la nuit coulait sur ses épaules
 
Je le saluai
il me répondit « Bonsoir ! »
et leva les yeux :
la lune inondait son regard
qu’il avait bleu...
 
Je me souviens que je n’avais rien
rien à donner
que ma main dans la sienne
 
Je me souviens, c’était le premier mai
grand jour épuisé d’espoir
 
Je me souviens de cette lumière lunaire
qui avait l’air de vouloir
dorer à l’or fin la misère
 
Je me souviens...
Qui dormira d’un sommeil de pierre
après ça ?
 
© Jeanne CHAMPEL GRENIER
 
 
 
 
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13 août 2020 4 13 /08 /août /2020 06:28
Photo J.Dornac©

 

 

 

 

Ici le ciel est tombé tout entier

dans le grand bassin bordé d'ajoncs

et ce n'est que surprise et battements d'ailes

Cols verts, pigeons, hérons ou tourterelles

se noient peu à peu dans le firmament

 

Glissement de silence perpétuel

Et pourtant l'eau d'en haut et l'eau d'en bas

continuent de converser

L'azur à mes pieds s'évanouit lentement

et puis revient comme l'âme de fond

On ne sait quelle était sa position originelle

 

Il se devine entre deux profondeurs

un bleu de Klein qui se décline

en douceurs et transparences divines,

si émouvantes que le vertige vous prend

et qu'il est bon de s'adosser à un tronc

sorte de mât aux cordages de lierre

 

Où est la terre ? Quelle est cette île ?

Où est la vraie position du monde ?

Canopée d'algues alanguies palpitantes

où se suspend la lumière en tremblant

ne permettant plus de différencier le haut du bas

Vertige de manège d'enfant...

 

Passe ondulant un rayon émeraude

qui ne dit pas son nom

suivi d' un tendre remous vaporeux

Poudroiement et silence d'or 

Ni souffle de vent

Ni clapotis

 

Les jacinthes d'eau à l'étiage

ont des renoncements d'Ophélie

dans les draps frissonnants des nuages

que l'ombre d'un grand saule bleuit

 

Reflets mêlés d'indigo, d'or et de turquoise

qui se noient dans le vert des feuillages

à peine teinté du bleu des lavandières

Blancheur des ibis tombés des prières

Douceur des pigeons à gorge d'ardoise

 

Ici, les constellations de saxifrages

ont un parfum de vanille et de miel

 

Vitrail vivant émergeant du rêve de Dieu

Tel est ce jardin d'eau illuminant les lieux

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

 

 

 

 

 

 

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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 06:30
Photo J.Dornac©

 

 

 

 

                                                                      (des canots par milliers)

 

Comme neige au soleil, le sel ici flamboie ;

et plus loin c'est la mer d' ''il était une fois'' ...

 

On a atteint le bout de la terre connue,

là-bas gémit l'appel, au-delà des paluds

symphonie ruisselante, musique lente et froide

la vague multiplie ses lèvres frémissantes

elle pleure, elle écume et devient transparente

c'est comme du vaudou précédant cette transe

des algues possédées, agitées, gémissantes

qui vont donner naissance à des coraux en fleur...

Des  fleurs pour qui ? pour quoi ? et pour qui cette danse ?

Tant d'oubli, de silence, de visages qui hantent...

Voyages éternels noyés dans la douleur

 

Entends la voix du sable qui change de couleur

il semble que le jour s'en revienne au début

Les souvenirs se noient, là, à perte de vue

tout est neuf et pourtant tout a déjà vécu...

Et voilà que le ciel s'empare du moment

des envols de mouettes viennent battre des ailes

alors la paix ricoche sur le grand océan

qui se gonfle de joie et fleurit de plus belle

Ils dansent nuit et jour dans les passes du vent

ensemble, goélands, mouettes et flamants

et ils furent heureux, eurent beaucoup d'enfants

 

Comme neige au soleil, le sel ici flamboie

et plus loin c'est la mer d' ''il était mille fois''...

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

 31 mars 2020

 

 

 

 

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