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3 janvier 2022 1 03 /01 /janvier /2022 05:56
Jour d’hiver de Pierre Bonnard


 


Le jour se levait, blanc comme un jeune sein qu’on dévoile.
 
L’aube naissait pour s’émerveiller et saluer la beauté partout où elle apparaissait.
Les heures s’habillaient de nouvelles clartés. oudré de givre, un poirier insufflait sa joie vibrante.
Une blanche houppelande offrait un monde caché, calfeutré où palpitait une constellation bleutée.
Sertie de frimas, l’allée du jardin brodait son feston qui ondoyait avec le ballet des flocons de neige.
Cette journée se révélait féminine, blanche ombrelle à la fraîcheur duvetée.
 
Au salon, la fenêtre semblait tapissée d’un conte où le temps n’avait plus de prise.
Près de la commode, dans le chatoiement d’une blanche étoffe, se tenait une Muse d’une discrète élégance.
J’effleurais sa nuque d’ivoire de mes lèvres éblouies.
Je devinais le reflet irisé de son sourire.
Elle se retourna en inclinant ses paupières de satin blanc.
 
Grâce et tendresse s’unirent sur les trois voyelles du oui
.

©Roland Souchon  

  le vingt et un décembre 2021
 
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2 décembre 2021 4 02 /12 /décembre /2021 05:34
Terre d’andésite et d’améthyste

 

 

Là-haut, sur cette , s’envolent feuilles jaunes et feuilles brunes, manuscrits de l’automne
 
Au coude du chemin, un lièvre bondit, emportant la sérénade de l’aquilon
 
Le souffle chaud des biches allume les yeux du silence, et le mystère glisse vers demain
 
Le chagrin des labours s’est vêtu de bure, et le brame du cerf dégrafe la robe des brumes
 
Le fil garance du roncier coud le gilet de novembre
 
L’assaut fripon des fins de nuit arrête toute inflorescence, sauf pour un bouton d’églantier qui, à la faveur d’un repli ensoleillé, vient s’épanouir dans la bonté de ce chemin oublié.
 

©Roland Souchon - Morpho  
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23 octobre 2021 6 23 /10 /octobre /2021 06:40

          Sur les sables ondoyants respire l’estran

Les yeux aigues-marines, une Muse redessine la vague et s’habille d’écume de jade.
 
 Emeraude, la mer reste sauvage, libre ; son cœur bat sur la jeunesse du monde.
 
°    °   °
 
                                        
 
L’antique cité d’Aleth s’éveille.
Il flotte dans l’air un je-ne-sais-quoi de grâce, de joie de vivre à deux pas de la Tour Solidor.
L’aube grandit, ouvre la ligne d’horizon, et apparaît, sertie d’émeraude *, la cité corsaire :
                                 Vaisseau de pierre aux voiles légendaires
                                      Tu rêves de gréer vers la haute mer
                                            Ton clocher est l’amer
                                                   Gardien des libertés vers des lointains imaginaires
 
Loin des obligations du monde, avec pour seul bagage le rêve et l’émotion, le regard plonge dans les abysses bleutés :
                                     République d’armateurs aux parfums des cinq continents
                                              Saint-Malo tu es aujourd’hui perle d’émeraude
                                                        Sertie du flot qui berce nos rêves
 
A la faveur des alizés  arrive une Muse.
Si la mythologie grecque a eu Borée, Zéphyr, Notos et Euros, l’alizé, vent de lumière et de clarté, a une force onirique venue d’un ailleurs , un souffle de liberté.
Avec l’alizé fusent les couleurs : bleu tendre ou profond, turquoise, rose et vert émeraude.
Le ciel et la mer s’unissent pour un moment de lumières :
                                        Terre d’émeraude
                                              Aux embruns couleur de nacre
                                                      A l’ombre des brises-lames
                                                              Glisse le parfum du grand large
 
Dans l’imaginaire éolien, la Muse revient.
Au chant de la vague, tu te métamorphoses en Vénus de Giorgione, nymphe du Titien, Madone du Parmesan, Olympia de Manet, Baigneuse d’Ingres.
Aux marées d’équinoxe, tu deviens irréelle, Ménade pompéienne.
Au jusant, tu sèmes des petits cailloux blancs, et te voilà en Impératrice Théodora de Ravenne.
Quand souffle le vent de galerne, ta robe s’habille d’élégance telle une cariatide de l’Erechthéion au Parthénon d’Athènes.
Lorsque la vague frisée d’écume arrive du fort de la Conchée, tu accompagnes les Oréades chères à Bouguereau.
Si, roulé depuis l’île de Cézembre, un galet échoue sur la plage de Saint-Malo, tu te révèles légendaire Vénus de Lespugne.
 
Des quatre points cardinaux arrive un vent d’aventure, un vent de limite du monde :
 
     Ô Muse, tu es mélodie sur une palette émeraude
     Ô Muse, tu nous invites à prendre le temps, à écouter la musique du vent, à suivre la course des nuages
     Ô Muse, pour toi j’ai cueilli le liseron des sables au cœur d’étamines jaunes
     Ô Muse-émeraude, ta harpe éolienne m’a laissé un poudroiement de parfum sucré d’îles lointaines.
 
                                                                                                                                                          
Le vert émeraude : cette couleur devient presque d’une importance égale aux couleurs primaires que sont le bleu, le rouge et le jaune. C’est un vert légèrement bleuté qui, combiné avec les jaune, cobalt et outremer, fait merveille. Avec lui, les nuances sont infinies pour obtenir une grande luminosité.
Quant à la Côte d’Emeraude, elle part de la Pointe du Grouin à Cancale vers Saint-Malo, Dinard, Saint-Lunaire, Saint-Briac-sur-mer, Saint-Jacut-de-la-mer, Saint-Cast- Le Guildo, le Cap Fréhel et enfin  Sables-d’Or-les Pins. Puis elle donne la main à Erquy qui marque le début de la Côte de Penthièvre.

 


©Roland Souchon - Morpho  

septembre 2021

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20 septembre 2021 1 20 /09 /septembre /2021 06:33

Original d’un des 35 volumes de l’Encyclopédie de Denis Diderot, la plus importante entreprise éditoriale du XVIIIème siècle par la somme des connaissances qu’elle contient.


A lire sans faute : Diderot, le génie débraillé de Sophie Chauveau.
 

LANGRES, ville de l’Esprit des Lumières
                            

 

D’un escarpement rocheux où ruisselle l’eau, une grue cendrée s’élève vers les grands ciels de la Haute-Marne.

De corps, d’esprit, de cœur et d’âme, ce pays des sources exhale un bouquet de saveurs.
 
Gorge jaune et pétales carmins, un « sabot de Vénus », la plus mythique des orchidées signale la source de la Marne à Balesmes, située à 419 mètres d’altitude, sous le plateau de Langres.

C‘est en ces lieux habités d’une nature rebelle que naissent le fleuve la Seine et la rivière la Marne.

La Marne et la Seine prennent leur source tout près l’une de l’autre, et la Marne rejoint la Seine à Charenton-le-Pont dans le Val-de-Marne, département de la confluence. Restons en compagnie de Matrona, déesse de la rivière Marne.

La rivière Marne, affluent de la rive droite du fleuve Seine, est longue de 525 kilomètres et traverse sept départements (Haute-Marne, Meuse, Marne, Aisne, Seine et Marne et Val-de-Marne).

Je vous promets, suivre la Marne est un voyage hors du temps.

Cheminer le long de la rivière, c’est rendre visite à des personnages historiques, littéraires et artistiques.
 
Nous voici donc à Langres*, cité perchée, cernée de remparts avec un chemin de ronde ponctué de douze tours.

C’est dans cette ville des Lumières qu’est né, le 5 octobre 1713, Denis Diderot, un des plus grands penseurs du 18ème siècle. Libertin, homme d’intelligence, de malice et de brio. Imaginez la belle Sophie Volland à la balustrade d’une maison Renaissance.

Vif et naturel est le style de Diderot que nous emportons un peu plus loin en remontant la Marne jusqu’à Chaumont, Préfecture de la Haute-Marne.
 
Emblème de la ville, un viaduc composé de 52 arches domine la vallée de la Marne.

Chaumont se dresse sur un éperon rocheux-calcaire.

Dans cet écrin de pierre, des maisons à tourelles en encorbellement engagées en saillie au-dessus des portes d’entrée signent ce patrimoine architectural singulier.

Chœur, nef, transept, absidioles, voûtes sur croisée d’ogives* : chacun de ces mots nous conduit à la basilique Saint-Jean-Baptiste qui, à elle seule, mérite le détour.

Avec les sculptures de Bouchardon, c’est la mise au tombeau en pierre sculptée, composée de onze personnages grandeur nature en pierre polychrome, qui impressionne dans une chapelle en contrebas. Ces sculptures de l’école troyenne sont saisissantes, exprimant l’étendue des sentiments humains, de l’amour maternel attendri jusqu’à la profonde affliction de Marie-Madeleine, les bras croisés sur la poitrine.
 
Les berges ensauvagées de la Marne guident nos pas jusqu’à Bologne où, au détour d’un bosquet, un vieux tracteur bruni de rouille abrite une colonie d’orties.

Que dirait-il aujourd’hui des grandes plaines céréalières bordées de forêts où le brame du cerf va bientôt se faire entendre ?

Chemin faisant, près de la rivière, une ruine résiste au temps, vestige d’une halte de marinier. Ces choses devenues inutiles dégagent parfois une beauté insaisissable se créant et se recréant à chaque instant.

Il faut aimer ces paradis fugaces où l’émerveillement vient par surprise.

La chute mauve du jour nous invite à rejoindre Joinville.
 
Le moment tant attendu arrive.
Dominant la Marne, cette petite cité de caractère de la Champagne méridionale est marquée par la Renaissance, notamment avec le château du Grand Jardin construit par Claude de Lorraine, premier duc de Guise. Le jardin qui a donné son nom au château évoque le paradis perdu. Il est orné de 500 pieds de buis, de broderies où couleurs et senteurs invitent à une promenade romantique.

L’après-midi s’écoule en visitant l’historial de l’Auditoire fondé par Antoinette de Lorraine au 16ème siècle quand une voix nous invite à poursuivre notre chemin jusqu’à l’église Notre-Dame de Joinville, témoignage du gothique du début du 13ème siècle.

Une lueur éclaire une chapelle où figure une châsse en orfèvrerie abritant la ceinture de Joseph, seule relique du père de Jésus conservée en France.

Cette ceinture a été ramenée de terre sainte lors de la 7ème croisade en 1248 par Jean, sire de Joinville, fidèle compagnon du roi Saint Louis. Elle a été sauvé du pillage pendant la Révolution française.

C’est une ceinture vêtue d’ocre qui semble se dérouler sans fin, long ruban de lumière ourlé de foi et d’amour.

Tissu humble, d’une beauté simple, un peu austère, empli d’harmonie dans ses courbes où les fils se croisent, s’entrecroisent comme les lignes d’une vie.

Scintillant parfois sous l’aile d’un ange, cette ceinture nous plonge dans une béatitude inexplicable.

Croire, ne pas croire, peu importe, nous demeurons dans une muette admiration.

A travers les vitraux, la lumière vient, s’en va, revient pour se parer d’une dentelle de rosaces. Une beauté constellée, lente palpitation d’une ineffable douceur.

Puis, un rai de lumière descend d’une croisée d’ogives, reflet d’un monde transfiguré par un acte d’amour tel un rêve peuplé d’hommes et de femmes qui ne connaîtront plus la haine.
 
Cette ceinture a-t-elle guidé la main des Guise qui jouèrent un grand rôle dans l’histoire du royaume de France ?

Le petit fils Henri, chef charismatique pendant les guerres de religion fera trembler le pouvoir royal. Son assassinat à Blois en 1588 mettra un terme à l’épopée extraordinaire des seigneurs de Joinville.
 
Arrivés au Poncelot, petit pont de pierre du 16ème siècle, un osiériculteur vannier au travail nous renvoie l’image des bords de Marne où poussent aulne, peuplier, saule marsault et osier pour tresser paniers et corbeilles.

De Balesmes à Charenton-le-Pont, partout la Marne nous a invité à découvrir les grands ciels où se mirent la beauté dans le cœur des hommes.

* Langres vient du nom de la tribu des Lingons, Lingonenses, baptisée ainsi par Jules César. Lingonenses a donné, par déformation, Langres qui se trouvait à la croisée de grandes voies de communications construites par les Romains. C’est ici la ligne de partage des eaux. Le tunnel de Balesmes fait passer le canal de la vallée de la Marne (versant de l’Océan) dans la vallée de la Vingeanne, affluent de la Saône (versant de la Méditerranée)
 
* L’architecture gothique – la voûte d’ogives : L’ogive est la nervure d’une voûte gothique ; la voûte d’ogives est constituée de deux ogives qui se recoupent à la clef de voûte. C’est une innovation capitale des architectes du 12ème siècle ; l’ensemble du bâtiment gagnait alors en poids et en élasticité.


©Roland Souchon
 août 202I
Morpho et sa Muse


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16 août 2021 1 16 /08 /août /2021 06:29
Photo : Ramin Rahmani Nejad Asil


 

à toutes celles qui ne respirent plus et que nous continuons à aimer

Des oiseaux brodés s’embrassent sur le couvre-lit lorsqu’elle apparaît.
Sa présence me transporte en Iran, près du bassin de la mosquée rose de Chiraz où les nymphes s’ouvrent et se referment en corolles odorantes.
Avec la grâce d’un battement d’ailes de colibri, un soupçon de lumière se pose sur ses paupières aux reflets céruléens.
Ses grands yeux fixent la patine d’un luth d’où s’échappe la danse du soleil.
 
Aussitôt, elle se met à chanter.
Sa voix est un souffle ardent comme la poussière rouge d’un vent de sable.
Me vient l’image d’un caravansérail : cette étape des routes caravanières reliant le golfe Persique et la Méditerranée, cette oasis où défilent chameaux chargés de soieries, d’épices avec femmes et hommes en quête de bruissements de palmes et du ruissellement de l’eau.
 
D’accords en arpèges, les rimes vont de l’ombre à la lumière. Sa voix cristalline brode la parure du ciel et, tel un papillon, rejoint le croissant de lune.
 
La lueur fauve des braises pousse un dernier soupir quand retentit un ghazel de Hafiz* :
 
     « … Ô ma rose,
                   J’ai vu dans les plis de ta robe
                            le vent qui renverse,
                                    et ce n’est pas sans raison… »
 
                                                                                                   

Morpho, 2021

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*
Né à Chiraz (Iran) au quatorzième siècle, Hafiz est le plus grand poète lyrique persan.
       Son œuvre tient en un recueil de divân (vers) qui comporte 500 ghazels (poèmes).

 
        
         

 

 

 

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9 juillet 2021 5 09 /07 /juillet /2021 06:34
Peinture de Roland Souchon

 


 
Plume d’azur, femme enjouée de Messanges, vit sur l’airial* dans sa maison blanchie à la chaux, ornée d’une treille, quadrillée de colombages avec ses murs à briquettes en fougères.
Trois moutons paissent sous les grands nuages du noroît.
Près d’un chêne-liège, le four à pain s’abrite sous un auvent de bois.
De temps en temps, l’horloge s’arrête au chant du maître de céans, le coq gascon.
 
Le sourire enjôleur sous un chapeau fleuri, Plume d’azur déroule son allégresse tout au long de ses contes.
Sa passion va-et-vient entre océan, dune et pinède que l’on nomme le pignada dans les Landes de Gascogne.
 
D’une aile de libellule s’échappe le bleu d’un rêve, tandis que l’osmonde balance ses larges palmes sur le miroir de l’étang de Moïsan, lentement gravé par la lumière venue de l’océan.
 
Féline, Plume d’azur grimpe la dune entre oyats et chardons bleus, et là, comme par enchantement, le rouleau des vagues devient théâtre de la magie où les lointains se rapprochent sur l’immensité intime zébrée par le souffle d’Eole. Beauté de l’inachèvement.
 
Le cœur poétique, Plume d’azur aime la quiétude et le profond silence qui habitent la sylve landaise.
Les pins droits éploient leur verte canopée à demi effacée sous les vibrations d’air et de lumière.
Femme à la fraîche beauté d’une rose des dunes, elle est persuadée d’une fusion, d’une communion entre l’homme, le végétal et l’animal. Mystère des origines.
Sa jeunesse rêveuse ensauvagée sait glaner d’infimes émerveillements ourlés de bruyère infinie.
Au cœur de la pinède, ses pas résonnent le long des sentiers sablonneux sur lesquels le temps n’a plus de prise.
La forêt landaise est digne d’écrire les plus belles pages d’un conte de fée.
Résiniers et gemmeurs ne passent plus que dans nos mémoires, mais, sur les bruyères de l’errance, se pose toujours le papillon.
 
Avec sa chaude voix pleine d’allant, Plume d’azur incarne la vibrante harmonie intemporelle des Landes de Gascogne : corps et esprit se confondent avec le bleu de l’océan, l’ocre des dunes et le vert de la pinède.
 
En ce soir de pleine lune, Plume d’azur danse sur l’airial, happée d’une lumière d’apparition, celle qui, dans sa tendre enfance, inondait les reposoirs croulant sous les pétales de roses.
 
                                                                                    à Messanges, juin 2021
 
                                                                                                                    
Morpho

L’airial est un lieu, une aire non clôturée sur une pelouse plantée de chênes où sont installées maison d’habitation et dépendances.

 
 

©Roland Souchon
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31 mai 2021 1 31 /05 /mai /2021 06:18
Visuel : La Seine au Pont au Change - Huile de Roland Souchon



 
Paris vit par sa lumière le long de la ligne claire des quais de Seine.
Le fleuve joue ce rôle d'artère vivante : équilibre, alliance de l'homme avec la nature, accord d'une civilisation avec son fleuve
 
        Le soir est pur et le vent s'abreuve sur les courbes du fleuve.
        L'ombre bleue s'élance à contre-courant, titube et s'épuise.
         C'est de ce sentier pétri des éclats du jour que naît le tumulte assoiffé de             lendemains.
        Le soir est pur.
        L'énigme veille.
                                                                              A.S.
 
              D’une rive à l’autre, la Seine a la grâce dansante d'une indomptée.
              Arrive ce moment où le poignet est animé par l'esprit : le fleuve, les quais et le pont livrent leurs âmes.
 

©Roland Souchon
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27 avril 2021 2 27 /04 /avril /2021 06:27


                                               
 

 

Assis sur le muret de pierres sèches du courtil, je guettais la clarté vespérale quand la lune rousse* apparut dans sa robe d’organdi.
 
D’où venait-elle ?
 
D’une fête où les feux de la terre lui donnèrent ce nom ?
 
Dame Rousse portait en elle la braise et le chant des volcans.
 
Emerveillé, je retenais mon souffle.
 
C’était comme si les pinceaux du peintre de Vienne m’offraient la grâce.
 
La lune rousse montait, sereine dans le ciel indigo.
 
Au chant du hibou, elle se métamorphosa et devint la Danaé de Gustave Klimt.
 
Avec deux soleils dans les yeux, elle virevoltait sur la voie lactée.
 
Symbole de la beauté charnelle et sensuelle, ses hanches s’enroulaient de tendresse.
 
Elle dévoila son intimité dans ses attitudes les plus secrètes.
 
A la quintessence de la volupté, la porte du paradis s’ouvrit et les étoiles dansèrent sur une valse de Chopin, assurant des lendemains qui chantent.
 
 
La lune rousse commence chaque année le premier jour de la nouvelle lune suivant le dimanche de Pâques.
     En cette année 2021, elle arrive lundi 12 avril.
 

le douze avril 2021
                                                                                                                                      

Morpho - ©Roland Souchon
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25 mars 2021 4 25 /03 /mars /2021 07:37
Oeuvre de Roland Souchon©

 

 

Indiscutable matrice des démocraties modernes, la Grèce nous a légué des chefs-d’œuvre, notamment l’architecture avec Phidias, la sculpture avec Praxitèle, la poésie avec Sapho.
Mère de notre civilisation, la Grèce a placé l’homme, et non plus les dieux et les rois, au centre de notre univers.
 
Echos du monde, arrivèrent les poèmes homériques ; ainsi s’alluma le foyer le plus rayonnant de l’histoire.
 
Voguons sur cette terre où le buisson roussit sans jamais chasser l’azur.
 
Cette terre où, nous dit le poète Yannis Routsos, « souffle ce vent aux veines de résine et aux poumons de sauge ».
                                                      
Cliquez ici pour lire la nouvelle : Ode à Sapho

©Roland Souchon

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16 février 2021 2 16 /02 /février /2021 07:14
Tableau de Roland Souchon©

 

Janvier s’en est allé
  Février frappe aux volets
     Laissez moi vous offrir ce bouquet
 
 

Un ciel en exil aux nuages fuyants m’invite à tourner la page du calendrier.
 
La Seine a mis son manteau aux boutons de givre.
Elle déploie son ruban céladon, saluant square Viviani le robinier, vénérable de plus de quatre siècles. Il ouvre ses bras nus pour accueillir la fée des neiges.
 
Vêtu de frimas, le Petit Pont tend son regard vers le prophète :
                             Chemin perdu sur l’horizon des attentes
                                              Nuit glacée, voix égarée
                                                             Buisson brûlé
                                                                         Chimères aux arbres effeuillés
 
Tandis que les corneilles fuient au vent de l’oubli, l’espérance renaît au Pont au Double. ans un ciel blanc de neige se lève une main :
                                    Main muette et transparente
                                    Main lasse à la dérive
                                    Main de maraude
                                    Main de tendresse
                                    Main d’offrande
                                    Main de justice
                 Mains jointes devant les vingt-huit statues des rois de Juda et d’Israël
                 Mains ouvertes vers la grande rosace où demeure l’écho de la flèche
 
Le Pont de l’Archevêché conduit au square Jean XXIII drapé de sa toge d’ivoire. ans son dépouillement, l’hiver dévoile le chevet de Notre-Dame.
Cette hardiesse du Moyen Age nous offre la joie d’être, de comprendre ce que l’homme a crée de plus beau pour n’être jamais seul.
Comment quitter ce lieu magique ?
 
Un vent de neige plisse la Seine jusqu’au Pont Saint-Louis où convergent mille influences.
L’Île de la Cité et l’Île Saint-Louis livrent leurs âmes.
 
Au Pont au Change la Seine porte l’empreinte des passions. ’une rive à l’autre son chant s’élargit jusqu’à la houppelande des bouquinistes.
 
L’heure de vérité sonne Quai de l’Horloge. e glaive et la balance trouvent un point d’équilibre et rendent leur verdict :
                                                  Justice retrouvée
                                                  Neige sur l’arbre de Mai
 
Sous les douze arches du Pont Neuf résonnent les voix de Marquet et de Signac.
Parée de ses plus beaux atours, la Déesse Sequana déroule ses songes le long des berges enneigées de la Seine :
                                                   à Lutèce
                                                        sur le pilier des Nautes
                                                               la Seine se métamorphose
                                                                        en blanche aigrette amoureuse
 
Mes pas crissent sur la neige poudreuse quand s’ouvre la place Dauphine.
Sous la valse des flocons, j’entre au numéro 14.
Près de l’âtre, une Muse écoute Jean Ferrat :
 
          « Quand l’hiver a pris sa besace
             Que tout s’endort et tout se glace
             Dans mon jardin abandonné
             Quand les jours soudain rapetissent
             Que les fantômes envahissent
             La solitude des allées
             Quand la burle secoue les portes
             En balayant les feuilles mortes
             Aux quatre coins de la vallée
 
                                       Un grillon dans ma cheminée
                                       Un grillon se met à chanter
                                                                                           … »

©Roland Souchon
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