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20 septembre 2022 2 20 /09 /septembre /2022 06:51



 
Avant d’entrer, dimanche, dans l’isoloir pour le vote du second tour de l’élection présidentielle, je vous livre ces quelques lignes écrites au dos de la profession de foi d’un des candidats.
 
Toutes les époques disent à peu près la même chose. Elles se plaignent de leurs rhumatismes ou de la monotonie de l’existence. Hier était mieux qu’aujourd’hui.
 
Pourquoi se plaire à perdre tant d’énergie à philosopher sur les aventures de boudoir en y mêlant quelques digressions sur l’argent ? Ah ! la comédie humaine, les français aiment ça. Pardon, j’oublie la météorologie, sujet majeur avec la pluie et le silence des nuits froides.
 
Aurait-on perdu le modèle, la matrice à fabriquer des héros ? D’Artagnan revient !
 
Oui, nous avons besoin de chevauchées, d’amours, de festins, de rêves et d’amitié, en y ajoutant une once de nostalgie pour rehausser l’élan novateur.
 
Oui, c’est l’allégresse qu’il nous faut, l’esprit d’aventure, le goût de fringantes silhouettes et la douceur des alcôves. N’en déplaise aux esprits chagrins.
 
Il faut vivre autrement en 2022 en légitimant la métaphore ; ce mot doit revenir à la mode sur l’agenda du futur ministre de la culture.
 
Tout va vite, trop vite – audio – vidéo – texto : C’est le marqueur du temps en ce nouveau printemps.
 
AIMER, voilà le mot qu’il convient de graver en ce 24 avril 2022, avec l’espoir d’une aube lumineuse :
            S’approcher de l’encrier où chantera la source
            Prendre une plume d’où jailliront des chants d’oiseaux
            Ouvrir un livre d’où s’envolera un papillon bleu.
 
                         AIMER, AIMER, AIMER


©Roland Souchon

www.rolandsouchon.com
 
 

 

 

 

 

 

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8 août 2022 1 08 /08 /août /2022 06:42


 
 

Ce matin, le rose délicat d’un Tiepolo a jailli sur la ramille d’un pommier.
 
Cette tendresse suffisait à mon bonheur quand un éclat vermillon est venu avec La Vénus endormie, tableau de Giorgio da Castelfranca, dit Giorgione, peintre vénitien de la Renaissance italienne.
 
Ce tableau, parfois considéré comme le premier nu intégral, a certainement été peint dans un boudoir pétri de volupté où se froissent dentelles et soies colorées.
 
Giorgione a bien compris que Titien, son brillant élève, serait bientôt le Maître incontesté de la couleur, peintre à l’écoute de cette mélodie secrète qui se dévêt petit à petit, touche après touche.
 
Pour peindre une telle Vénus, il a fallu rencontrer de belles dames qui, adossées aux coussins de velours pourpre, laissent au bord de leur tasse l’exquise empreinte d’un rouge à lèvres couleur de feu.
 
Aux lisières de ces saveurs inouïes, une femme nue s’est endormie.
 
Ebloui, Giorgione a capté les suaves couleurs ambre, safran et rouge vermillon.
 
Sa palette est devenue le levain qui se lève et s’épanouit sur un corps brûlant de désir.
 
Fusant vers des transparences violettes, les jaune de Naples, ocre jaune et terre de Sienne peuplent le corps de cette Vénus que Giorgione a voulu comme la Sérénissime alanguie sur la lagune.
 
Un fleuve de couleurs s’engouffre sur cette lumineuse mosaïque de chairs d’où rayonne le sublime jardin des délices.
 
Quand une vénitienne déplie sa corolle, un subtil poème prend l’universelle couleur de la beauté.
 
Le soleil rouge de la déesse Hathor veille sur le sommeil de Vénus.
 
Seul le baiser d’Orphée peut la réveiller.
 2022


©Roland Souchon    


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10 juin 2022 5 10 /06 /juin /2022 06:20


 

 

Ses moustaches en gerbe d’avoine, étirées en un malicieux sourire, annonçaient une journée de bonté tel le vent qui caresse les blés.
 
Il portait une chemise aux couleurs de l’été, un pantalon de grosse toile grise et un chapeau à larges bords planté de biais sur des cheveux blancs frisés.
 
Ses yeux de lac bleu s’émerveillaient à la rencontre de la silhouette musicale d’un peuplier.
 
Il aimait ces journées passées avec des amis ancrés depuis des générations dans ce pays où rudesse et douceur se conjuguent.
 
Il s’engageait sans retenue avec talent et imagination pour maintenir la vie dans la joie, fier d’appartenir à cette Auvergne fraternelle.
 
Au fond d’un vallon ou sur une éminence, le Haut-Livradois lui chantait sa romance.
 
Sa grande fierté, il l’a tenait de sa connaissance des arbres.
 
Son ancêtre, scieur de long, lui avait confié ses secrets.
 
Il distinguait du premier coup d’œil le bourgeon-feuille du bourgeon-fruit.
 
Sur sa montagne granitique, par les prés, les champs et les bois, il s’en allait à la rencontre des merisier, sorbier, alisier, sapin pectiné et sapinière à myrtilles.
 
Sur chaque arbre, il sentait palpiter l’aubier sous l’écorce. Ses mains rugueuses s’attardait le long du tronc pour échanger une confidence.
 
Il disait souvent que les arbres étaient des amis fidèles, des compagnons de vie pour ne jamais être seul.
 
Le parfum du genêt et de la fougère embaumait ce monde vivant.
 
Sur le chemin du retour, il croisait le paon du jour s’accordant une halte sur la scabieuse pour lire le passage du vent.
 
Tandis que là-haut, sur les Hautes Chaumes, le traquet motteux coulait des jours heureux sur son éboulis de pierres.

 

©Roland Souchon    

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4 mai 2022 3 04 /05 /mai /2022 07:38


De la source à l’estuaire
coule la Seine transparente de lumière
Fille de l’onde tu t’éveilles
le gris-bleu sur les paupières
Nymphe tu redessines les berges
quand l’échappée devient belle
Danse nef de Lutèce
dans les bras de Sequana.

 

 

Née des larmes d’une nymphe poursuivie par un satyre, Sequana* , fleuve d’histoire, de légendes et de poésie, coule depuis ses sources jusqu’à l’estuaire

 

Demi-vêtue quand vient le printemps, tu franchis ponts et passerelles.


Avec un brin d’audace et le mépris du danger, tu nargues parfois le merle siffleur et les moineaux de Paris.


Arrivée à la passerelle Simone de Beauvoir, tu deviens chef-d’œuvre raffiné portant sur les plats de ta reliure les gemmes, l’or et l’argent.


Au couchant, ta tranche s’orne de garance laissant par instant fleurir la dorure ciselée d’une fibule.


Habillée de bon vélin, tu vogues vers la pointe de l’île Saint-Louis.


Le croisement d’un regard, un frisson qui court sur la berge ; ainsi passe ta beauté, chatoyante dans ses éclats fugitifs.


De remous en remous, telle une fille sauvage, tu files au Pont de Sully.


A l’approche du Pont Marie, tu resterais bien dans la douceur bleue d’une Madone, mais il te faut saluer la gloire hautaine des grandes et nobles familles.


Vêtue de soie, tu fais un pas de danse au Pont d’Arcole.


Emplie de volupté au parfum délicat, tu laisses éclater ta joie.


Tu presses le pas pour arriver à l’heure au Marché aux fleurs.


En tablier bleu, le jardinier a cueilli pour toi, Sequana, jonquilles et tulipes multicolores.
Tu glisses la mieux épanouie dans ton livre d’heures.

Au Pont au Change, tu es éblouie par la Sainte-Chapelle, merveille de l’art gothique.


Tu empruntes un cheval de fiacre pour traverser l’île de la Cité et rejoindre les bouquinistes quai des Grands Augustins.


Le temps d’un soupir, tu croises les belles dames qui se poudrent aux miroirs chez Lapérouse. Vite lasse des plaisanteries salées et des propos musqués, tu retrouves le Pont Neuf.

 

Dans le bruyant concert des mouettes en exil, tu observes le perpétuel va-et-vient d’une foule sentimentale.


Tu caresses des yeux le Vert-Galant en son logis de verdure.


Là, sûre de toi, tu deviens Sirène aux écailles brodées.


Sous le pinceau de Paul Signac, tu arrives au Pont des Arts où le peintre néo-impressionniste fait, par ses harmonies et arrangements rythmiques, palpiter ton cœur.


Entre le musée du Louvre et l’Institut de France, tu apparais naïade aux yeux verts.


Insouciante, tu as la grâce dansante d’une indomptée.


A peine sortie d’un songe, tu portes une jonchée de roses aux Immortels de l’Académie.

 

Tu rêves des sources déjà lointaines qui, goutte à goutte, ruissellent jusqu’à Lutèce :
Sequana !
Sequana !


Avec les nouvelles clartés printanières, de légères demoiselles te contemplent de la balustrade des Tuileries.

 

Belle et scintillante dans ta nudité, tu fais une révérence au Pont Royal.


Jolie frimousse,
tu chantes au gai matin
sans t’inquiéter du lendemain.

 

Au Pont de la Concorde, tu dresses ta nappe de lumière, et les peupliers bruissent sur tes berges familières.


Seul, un anneau de fer attend le lourd chaland en provenance de l’estuaire.

 

Passent les jours, les semaines et se termine ta longue promenade : sept cent soixante seize kilomètres et six cents mètres je crois.


Mais ta curiosité demeure lorsque, de ta rive gauche, tu aperçois Honfleur, cité des peintres qu’il serait trop long de citer : Boudin, Daubigny, Jongking, Marquet, Seurat, Luce et bien d’autres.


Tu nous offres une dernière image avec une peinture de Félix Vallotton qui, depuis la Côte de Grâce, exécuta, en 1910, une huile sur toile : Vue d’Honfleur matin d’été.


La Seine déroule son ruban d’argent, ravie d’épouser l’immensité intime de l’estuaire.

 

VISUEL : Figuration de la Seine. Bas-relief de Jean Goujon, conçu à l’origine pour la fontaine des Innocents à Paris, et conservé aujourd’hui par le musée du Louvre.

 

©Roland Souchon    
février 2022
 
 
 
 

 
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30 mars 2022 3 30 /03 /mars /2022 06:59


 

 

 
Sur le disque dansait La Manon de Massenet, un amour de la peinture et de la volupté.
 
Tout autour des hanches de La Danseuse indienne de van Dongen, les couleurs tournaient, tournaient : Sublime patine fauve qui garde le chef-d’œuvre de vieillir.
 
Le soir descendait, vermeil comme un ciel étrusque.
 
Il me semblait entendre sa voix aux accents incandescents.
 
Tandis que l’heure mystérieuse se drapait d’une tunique pourpre, elle apparut dans un vêtement de soie écarlate, ajouré aux vingt-deux endroits du corps où la chair est vulnérable.
 
Au miroir de la lune, elle s’offrait telle la page fleurie d’un conte d’Orient.
 
                                                                                       

©Roland Souchon  
 février 2022

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16 mars 2022 3 16 /03 /mars /2022 07:53
Mad woman - Chaïme Soutine - 1920


En ces temps si singuliers où la tourmente s’invite au printemps, Roméo et Juliette pourront-ils s’aimer sur la musique de Sergueï Prokofiev?
 
                                                              
Poudrée, fardée, lèvres cerclées d’un rouge coquelicot, juchée sur de longues jambes enroulées de bas pour un mardi-gras, elle déambule quai Voltaire.
Le regard haut perché, à quoi peut donc bien penser cette cigogne élancée toute de rouge vêtue.
 
Son goût immodéré pour les arts la conduit à la galerie des Petits Pas, sanctuaire des poètes de la peinture.
Elle s’arrête longuement devant La Folle, une toile de Chaïm Soutine, peinte vers 1921.
Dans ce portrait saisissant, le regard est celui d’une victime sans défense, vouée à un inexorable destin.
Sa robe rouge et son chapeau vert soulignent l’intensité expressive, délire pictural profondément ancré dans les sentiments.
Le pinceau du peintre est celui d’un forcené qui a connu les tourments et la souffrance.
A travers cette œuvre, toute la peinture de Soutine pourrait tenir dans ce vers de Baudelaire :
  « Je sais que la douleur est la noblesse unique…»
 
Toute pétrie du cri de Chaïm Soutine, la femme en rouge quitte la galerie.
Elle chemine le long du quai de Conti.
Ses pensées sont ailleurs ; elles s’en vont vers l’Ukraine, terre qui rougeoie sous les feux de la haine.
Elle se rappelle les sonorités du poète russe Mandelstan :
« … De ce monde confus de cendres et de flammes
       J’ose en tremblant franchir la brume et les confins
       Et respirer les fleurs immortelles d’une âme,
      Ces poèmes éclos en des enfers humains. »
 
Au Pont-Neuf, la Seine déroule son ruban jaune et bleu, couleurs d’un peuple opprimé.
 
Sous l’aile d’un songe, peintres et poètes jettent leurs dernières forces pour offrir les flammes vives de leurs cœurs.
Le chant d’Orphée suffira-t-il ?
Le rouge vermillon de Soutine fera-t-il taire le feu d’un féroce dictateur ?
 
La femme en rouge a disparu.
 
Seule demeure l’espérance.
                                                                                                          

©Roland Souchon  

vendredi onze mars 2022

 

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10 février 2022 4 10 /02 /février /2022 07:32


 
 


Rescapés d’une époque révolue, presque chimérique, où allons-nous ?
 
Quelle farce nous fait-on croire aujourd’hui avec ce passe-partout et ces moult doses d’un venin dont on ne saura la véritable histoire seulement dans dix ans.
 
A entendre tous ces donneurs de leçons, nous n’aurions même plus le droit de « voir sous les jupes des filles ».
 
Quelle chance d’échapper à ce foutoir alors que, derrière le verrou, murmure un frou-frou, un bijou d’amour.
 
Avec les premières lueurs de l’an neuf, je veux m’enfuir vers l’ailleurs, retrouver les promesses de l’aube, la grâce des matins vêtus de bleu.
 
Pas de lyrisme larmoyant, mais simplement recevoir le jour qui se lève comme un sourire :
             Espérer, s’étonner, s’émerveiller, inaugurer sans cesse les lendemains
                Chercher la lumière partout où l’ombre surgit
                     Raconter le mystère des choses inutiles
                          Vivre avec ma Muse une aventure où les rêves les plus fous voyageront sur un cahier ou sur une toile
                              Avoir foi en la poésie, celle qui ouvre la porte d’un lever de soleil où s’embrasseront couleurs et lumières.
 
Oui, accueillir ces premières lueurs telle une offrande, et les heures se peupleront d’abeilles sur des prairies en fleurs.


©Roland Souchon  
janvier 2022

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3 janvier 2022 1 03 /01 /janvier /2022 05:56
Jour d’hiver de Pierre Bonnard


 


Le jour se levait, blanc comme un jeune sein qu’on dévoile.
 
L’aube naissait pour s’émerveiller et saluer la beauté partout où elle apparaissait.
Les heures s’habillaient de nouvelles clartés. oudré de givre, un poirier insufflait sa joie vibrante.
Une blanche houppelande offrait un monde caché, calfeutré où palpitait une constellation bleutée.
Sertie de frimas, l’allée du jardin brodait son feston qui ondoyait avec le ballet des flocons de neige.
Cette journée se révélait féminine, blanche ombrelle à la fraîcheur duvetée.
 
Au salon, la fenêtre semblait tapissée d’un conte où le temps n’avait plus de prise.
Près de la commode, dans le chatoiement d’une blanche étoffe, se tenait une Muse d’une discrète élégance.
J’effleurais sa nuque d’ivoire de mes lèvres éblouies.
Je devinais le reflet irisé de son sourire.
Elle se retourna en inclinant ses paupières de satin blanc.
 
Grâce et tendresse s’unirent sur les trois voyelles du oui
.

©Roland Souchon  

  le vingt et un décembre 2021
 
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2 décembre 2021 4 02 /12 /décembre /2021 05:34
Terre d’andésite et d’améthyste

 

 

Là-haut, sur cette , s’envolent feuilles jaunes et feuilles brunes, manuscrits de l’automne
 
Au coude du chemin, un lièvre bondit, emportant la sérénade de l’aquilon
 
Le souffle chaud des biches allume les yeux du silence, et le mystère glisse vers demain
 
Le chagrin des labours s’est vêtu de bure, et le brame du cerf dégrafe la robe des brumes
 
Le fil garance du roncier coud le gilet de novembre
 
L’assaut fripon des fins de nuit arrête toute inflorescence, sauf pour un bouton d’églantier qui, à la faveur d’un repli ensoleillé, vient s’épanouir dans la bonté de ce chemin oublié.
 

©Roland Souchon - Morpho  
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23 octobre 2021 6 23 /10 /octobre /2021 06:40

          Sur les sables ondoyants respire l’estran

Les yeux aigues-marines, une Muse redessine la vague et s’habille d’écume de jade.
 
 Emeraude, la mer reste sauvage, libre ; son cœur bat sur la jeunesse du monde.
 
°    °   °
 
                                        
 
L’antique cité d’Aleth s’éveille.
Il flotte dans l’air un je-ne-sais-quoi de grâce, de joie de vivre à deux pas de la Tour Solidor.
L’aube grandit, ouvre la ligne d’horizon, et apparaît, sertie d’émeraude *, la cité corsaire :
                                 Vaisseau de pierre aux voiles légendaires
                                      Tu rêves de gréer vers la haute mer
                                            Ton clocher est l’amer
                                                   Gardien des libertés vers des lointains imaginaires
 
Loin des obligations du monde, avec pour seul bagage le rêve et l’émotion, le regard plonge dans les abysses bleutés :
                                     République d’armateurs aux parfums des cinq continents
                                              Saint-Malo tu es aujourd’hui perle d’émeraude
                                                        Sertie du flot qui berce nos rêves
 
A la faveur des alizés  arrive une Muse.
Si la mythologie grecque a eu Borée, Zéphyr, Notos et Euros, l’alizé, vent de lumière et de clarté, a une force onirique venue d’un ailleurs , un souffle de liberté.
Avec l’alizé fusent les couleurs : bleu tendre ou profond, turquoise, rose et vert émeraude.
Le ciel et la mer s’unissent pour un moment de lumières :
                                        Terre d’émeraude
                                              Aux embruns couleur de nacre
                                                      A l’ombre des brises-lames
                                                              Glisse le parfum du grand large
 
Dans l’imaginaire éolien, la Muse revient.
Au chant de la vague, tu te métamorphoses en Vénus de Giorgione, nymphe du Titien, Madone du Parmesan, Olympia de Manet, Baigneuse d’Ingres.
Aux marées d’équinoxe, tu deviens irréelle, Ménade pompéienne.
Au jusant, tu sèmes des petits cailloux blancs, et te voilà en Impératrice Théodora de Ravenne.
Quand souffle le vent de galerne, ta robe s’habille d’élégance telle une cariatide de l’Erechthéion au Parthénon d’Athènes.
Lorsque la vague frisée d’écume arrive du fort de la Conchée, tu accompagnes les Oréades chères à Bouguereau.
Si, roulé depuis l’île de Cézembre, un galet échoue sur la plage de Saint-Malo, tu te révèles légendaire Vénus de Lespugne.
 
Des quatre points cardinaux arrive un vent d’aventure, un vent de limite du monde :
 
     Ô Muse, tu es mélodie sur une palette émeraude
     Ô Muse, tu nous invites à prendre le temps, à écouter la musique du vent, à suivre la course des nuages
     Ô Muse, pour toi j’ai cueilli le liseron des sables au cœur d’étamines jaunes
     Ô Muse-émeraude, ta harpe éolienne m’a laissé un poudroiement de parfum sucré d’îles lointaines.
 
                                                                                                                                                          
Le vert émeraude : cette couleur devient presque d’une importance égale aux couleurs primaires que sont le bleu, le rouge et le jaune. C’est un vert légèrement bleuté qui, combiné avec les jaune, cobalt et outremer, fait merveille. Avec lui, les nuances sont infinies pour obtenir une grande luminosité.
Quant à la Côte d’Emeraude, elle part de la Pointe du Grouin à Cancale vers Saint-Malo, Dinard, Saint-Lunaire, Saint-Briac-sur-mer, Saint-Jacut-de-la-mer, Saint-Cast- Le Guildo, le Cap Fréhel et enfin  Sables-d’Or-les Pins. Puis elle donne la main à Erquy qui marque le début de la Côte de Penthièvre.

 


©Roland Souchon - Morpho  

septembre 2021

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