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30 juin 2024 7 30 /06 /juin /2024 06:43


Suite à la dissolution de l’Assemblée nationale par le Président de la République, un levain d’inquiétude s’est levé.
 
A droite, à gauche, au centre, le torchon brûle.
 
A entendre des mensonges du matin au soir, nous finirons par ne plus croire personne, à commencer par les agitateurs du « Nouveau Front populaire ». Il y a ceux qui gâchent la République, ceux qui se rallient à un mouvement politique pour être sûrs d’être élus députés et de rester au chaud pendant cinq ans sous un énorme édredon rembourré des plumes du reniement de leurs idées premières.
Et puis, il y a ceux qui préfèrent le chemin de la franchise avec le courage de dire la vérité.
 
Ne nous fions pas aux guirlandes de lampions trop vite éteints.
 
A nouveau, la société doit changer.
Mesdames et Messieurs les candidats, entendez la bonne ivresse de la jeunesse.
Elle n’écoutera pas les balivernes de circonstance.
Elle ne jettera pas de pavés. En revanche, elle a une très forte envie d’écouter un poème, de lire un conte de fée en trois volumes et d’entendre, main dans la main, une musique tsigane jusqu’au bout de la nuit.
 
Demain s’envoleront les pigeons du parvis de Notre-Dame, et je ne me lasserai pas de suivre ce sillon bleu où chante la liberté.
 
                                                                                                             
 R S - juin 2024
 
 
SOURCES :
 
Il y a 88 ans, sorti des urnes du 4 mai 1936, c’est le Rassemblement populaire qui l’emporte.
Dès le lendemain, les grèves se multiplient. Léon Blum accepte la responsabilité de chef de gouvernement.
Les conséquences du mouvement de juin 1936 sont considérables.
Le 11 juin, sont ainsi votés les congés payés, les conventions collectives et le 12, les quarante heures.
Il convient de préciser que, ni les 40 heures ni les congés payés ne figuraient dans le programme du Front populaire.
A la fin de l’année 1936, le bilan du Front populaire est bien moins rose qu’on ne l’a souvent dit.
La hausse des prix annule très vite les augmentations conquises en juin.
Par ailleurs, rien n’est fait sur les retraites.
La France sort du Front populaire avec un système d’indemnisation du chômage totalement désuet.
Les femmes n’ont toujours pas le droit de vote et se retrouvent, dès 1937, rejetées du marché du travail.
Il reste que Léon Blum était d’une humanité profonde.
Sur le plan des idées, il n’a, à aucun moment, voulu imposer, mais toujours convaincre avec le courage qui l’animait.
Il s’agissait pour lui de dire toujours la vérité.

©Roland Souchon                    
 

 

 


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25 mai 2024 6 25 /05 /mai /2024 06:48

Huile sur bois de peuplier - Tondo, diamètre 80 cm
www.rolandsouchon.com

 


 
L’équinoxe de printemps est dans un ciel de soie bleue aux sillons d’écume
Avril tintinnabule de tonalités nouvelles
Le chemin volte et cabriole, ébloui par la tendresse de l’aube
Fuyant la ligne droite, il préfère les sentes ondoyantes où chantent les pierres.
 
ODE :  
                               L’âme des pierres
 
En quête de la fascination des origines, ses pas s’allongent sur le chemin brodé de vent
Entre alisiers et sorbiers, c’est une mélodie fécondée par la magie du printemps
A chaque instant, une gorgée de renouveau illumine son âme
L’humble pierre est son talisman, gardien de l’étincelle primitive
 
Ô toi pierre des sentes bûcheronnes
Ton échine aux arêtes vives prend l’allure altière d’un cheval fougueux
 
Ô toi pierre, roche magmatique
Tu es couleur dans le chant des voyelles
A pour ton mica qui brasille
E pour ton quartz blanc
I pour ton rouquin feldspath
 
Ô toi pierre incrustée de mystère, à peine apaisée de l’érosion des millénaires
Ton cœur palpite dans le silence d’un matin de brume
 
Ô toi pierre de l’adret
Tu es ce brandon de braise où se dessine un frais minois
Ovale angélique rêvé des sculpteurs helléniques
 
Sur le chemin du temps, les pierres savent que la roue tourne, infatigable
Il faut donner pleine confiance aux pierres, mémoire à ciel ouvert
 
Ô toi pierre de l’ubac
Tu t’émerveilles à l’offrande de la première neige
Ô toi pierre, tu aimes ceux qui étreignent l’arbre sous la morsure de l’hiver
 
Ô toi pierre, roche éruptive
Sous les sanglots du ciel
Tu restes fidèle à celles qui n’ont ni consolation ni douceur
 
Ô toi pierre
L’aube de mai te reconnaît
Lorsque le pollen poudre la lèvre des fées
 
Ô toi pierre
A l’étiage de la rivière
Tu sédimentes une partition aux reflets céladon
 
Seule la pierre sait que, sur la feuille du roncier, tout le jour a guetté le dernier soleil pour s’endormir dans un éclat de garance.

©Roland Souchon                
2024    
 
 

 


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22 avril 2024 1 22 /04 /avril /2024 06:53

image : Roland Souchon

 
L’astre brillait
Un enfant jouait à l’ombre d’un jujubier
Aveugle, un fusil s’est armé
Sous le soleil de Palestine, un enfant de Gaza s’est écroulé
 
Sur les ruines de la haine, un papillon s’est posé
De ses ailes empourprées, des voix se sont élevées
Mirage d’une paix enfouie à jamais
Et la nuit est tombée
 
Dans le ciel, la lune.

©Roland Souchon                

avril 2024
 
 
 

 

 

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9 avril 2024 2 09 /04 /avril /2024 06:38

VISUEL : Manuscrit : Une rature féconde

 

 

Au feu de la forge, le poète façonne ses métaphores.
 
Chantez rêves éveillés où murmure une voix qui vient de loin, d’une terre incarnée aux mille visages.
 
Dansez lanternes vénitiennes au bal des quintil et sonnet.
 
Impatient, le stylo plonge dans l’encrier ; quelques gouttes d’encre étoilent la page blanche, puis la plume se ressaisit et glisse toute en harmonie.
 
Sans cesse, il faut essayer de nouveaux accords, ouvrir de nouvelles fenêtres, essayer les vers syllabiques sans rime de six ou huit pieds pour, au final, se rapprocher de l’allure, du chant originel.
 
Esperluette et guillemet sont aux aguets, tandis que l’allegro fringant du i chevauche vallons et collines.
 
Voluptueuse mise en scène où le temps est gorgé de couleurs sur la lumineuse hampe d’une rime.
 
Vague après vague, l’encrier déverse amples consonnes et riantes voyelles, quand, sur l’échancrure de la marge, arrive une rature féconde.
 
Gemme au cœur d’une rime, un poème vient de naître :
 
                    Les syllabes du vent
 
                    Magicien du levant
                        Un fringant soleil
                             Eveillait la roche millénaire
 
                    Lentement
                        J’avançais dans le vent
                            Quand
                                  Sur la révérence d’une digitale
                                          L’incarnat se mit à chanter
 
                    De-ci de-là
                         Un air cristallin
                               Festoyait sur les hautes futaies
 
                    Une danse câline
                          S’invitait au frisson des frondaisons
                               Refuge d’un bestiaire vivant
                                      Enluminé des syllabes du vent.   
 

©Roland Souchon
www.rolandsouchon.com              
 
 
 

 

 

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20 février 2024 2 20 /02 /février /2024 08:06

  VISUEL : La grappe des Pierres bleues

 

 

                                                 Premières lueurs
 
Alors qu’une outarde canepetière s’envole à grands coups d’ailes, l’Alsace s’éveille.


 Sur le coteau, une fumée bleue monte en volutes d’un brasero où brûlent les sarments : première mélodie de la vigne dans la bise de janvier.


C’est aujourd’hui jour de la taille et du liage des sarments.


Estelle, blonde vigneronne aux yeux clairs, m’offre une leçon de choses :
- Toi l’auvergnat, regarde ce cep de vigne ; son corps tourmenté cache en réalité une grande douceur à qui sait la prendre.
La vigne est une liane ; il faut la tenir, sinon elle s’échappe.


Durant le solstice d’hiver, ma vigne est telle une Dame habillée de soie, poudrée de frimas.


Tous les jours, je viens à sa rencontre.


Avec la taille, j’anticipe le trajet de la sève. La coupe des sarments se fait toujours en biseau, en laissant quatre ou cinq yeux, pas plus. C’est aussi l’heure de donner au pied de vigne une forme harmonieuse.


Regarde à nouveau ce cep. N’y vois-tu pas une harpe, bien aérée pour laisser le vent chanter ?


 
Roides sont les heures où Borée arrive par surprise avec la dent dure d’une gelée.


Bistre sont les jours où les ceps deviennent des statues immobiles dans un lourd sommeil.


- Estelle, ta vigne est tissée de mystère et d’amour.
Va et ne te soucie guère, le duvet de la brume est porteur d’espérance.
- Tu as raison l’auvergnat. Il faut croire en demain.


J’ai appelé ma vigne Les Pierres bleues. Elle est orientée sud-ouest pour bénéficier du soleil et du vent, avec un sol constitué de rhyolite, une pierre qui renvoie fort bien la chaleur la nuit.


 
Le jour décline et sonne l’heure du retour pour déguster la fierté d’Estelle :
                                    Les Pierres bleues
                                       Riesling, 2008


Une ode monte du terroir alsacien.


Comment vous définir ce vin ? Je perçois un peu de volatile. Si, vous voyez bien, quelque chose comme la plume du geai au creux de la chênaie. Et ça, ce n’est pas rien !


 
Puis arrive , avec le blond sourire d’Estelle, un brin de poésie :
 
LE CHEMIN BLEU
        Habillé d’écailles et de perles
              Le chemin m’entraîne
                   Vers les rets des abysses bleutés
                        Ô Sirène
                            Emporte moi vers l’azur
                                J’enfourcherai Pégase
                                      Pour cueillir l’inépuisable ondée
                                            Source de tes baisers.

 
©Roland Souchon
janvier 2024

www.rolandsouchon.com          
 
 

 

 


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20 décembre 2023 3 20 /12 /décembre /2023 07:47


 
 

 

La courbe caressante d’une lumière d’hiver annonce les fêtes.


Une nappe damassée est dressée avec deux bougeoirs en faïence de Nevers, bleu persan.


Dans un soliflore, une rose sauvage éclaire de son délicat parfum le chemin de table.


 
Voici le temps des plaisirs gustatifs pour devenir gourmet, sans trop mélanger vins, épices et fumets.


Bien sûr, il y a le civet de saumon frais au Vosne-Romanée, la langouste farcie, doucement rôtie au four sous une neige de Parmesan, arrosée de cognac, finement flambée et servie dans le soleil du champagne.


Mais existent aussi des agapes plus simples où toute l’attention sera réservée au style, à la manière de servir, à ce je ne sais quoi qui émerveille, toutes papilles en éveil.


Le sublime de l’art culinaire n’est il pas la simplicité qui ne vise jamais l’effet.


Le gourmet sait se préparer aux finesses, aux innovations sans extravagance, à l’audace d’un accord dessert et vin.


Le gourmet est un connaisseur de fameux crus ; il suscite l’échange, les bons mots qui viennent porter aux nues l’échanson.


 
Bec-fin, c’est à vous maintenant, loin du bruit, d’accueillir massepain et pâte de coing.

Pour ce faire, l’imaginaire doit prendre le pas avant la dégustation.
 
 Croquer délicatement un massepain suppose de rencontrer L’amandier en fleurs de Bonnard.


Sa floraison festoie aux premières aventures de mars.
                          L’amandier
               Entends tu la flûte du vent
               Sur le bourgeon ébloui de tendresse
              Cœur intemporel à la source de l’aube
              Les nymphes à coiffes blanches
              S’envolent sans fin
              Cueillir le bleu de l’azur

                                                         R S


L’amandier devient joie de vivre dans l’exaltation des couleurs.


Une jubilation. Une fête. Une envolée lyrique. Un émerveillement hors du temps. L’espérance.


 
Quant à la pâte de coing, il faut toujours s’imaginer la passion du jardinier ; elle s’accompagne de ténacité, du courage de celui qui n’abdique jamais au verger.


Cueillir un coing, c’est comprendre le travail des sèves où se résument beaucoup de sagesse et de douceur de vivre.


C’est une vérité poétique qui élève au-dessus du petit profit.


Sur le jaune soyeux d’un coing dansent tous les soleils d’automne.


Caresser la hanche d’un coing, c’est épouser ce vent de frugalité, cette saveur subtile loin des symphonies rutilantes.


Ancêtre du dessert, le coing est le symbole de l’amour dédié à Vénus.


 
Le massepain mordoré est servi sur un plat de vermeil, tandis que vient en écho la pâte de coing à l’échine fauve, gage d’harmonie et de bonheur.


Ce duo est l’assurance d’une santé pour le corps et l’esprit.


Régalez vous avec ce savant dosage d’abandon et de retenue.


 
Prenez le temps de déguster le bouquet fleuri d’un Sancerre blanc qui, dans son verre de cristal, fera revivre vos chatoyantes années de jeunesse.
 
                                                  
Bonnes fêtes
 

le seize décembre deux mille vingt-trois
 

©Roland Souchon
2023
www.rolandsouchon.com          
 
 

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LE SANCERRE :
Le vignoble de Loire s’est constitué autour du sillon creusé par le fleuve le plus long de France.


Le fleuve Loire traverse des terrains géologiques très divers qui, conjugués aux fluctuations climatiques et aux différents cépages, influencent le caractère des vins.


Le SAUVIGNON est l’unique cépage du SANCERRE blanc.


L’appellation AOC Sancerre s’étend sur une mosaïque de sols : les caillottes (calcaire dur), les grillottes (calcaire plus friable), mais aussi les terres blanches ou les silex, ce qui confère aux vins autant d’expressions aromatiques, notamment vivacité et souffle minéral intense.


La température idéale de service pour le Sancerre blanc est 8-10° C.


Autrefois, les sancerres mûrissaient essentiellement en bouteille ; aujourd’hui, le Sancerre blanc issu de sauvignon, vinifié avec un passage en barrique, est capable de vieillir en cave pendant plus de 15 ans.


Source : Le grand Larousse du vin

 

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5 novembre 2023 7 05 /11 /novembre /2023 07:30

Illustration : Roland Souchon

 

 
En livrée d’ébène et d’ivoire, trois grands cormorans célèbrent l’aurore sur l’île des Landes.
La baie du Mont Saint-Michel déploie son éventail aux sept couleurs du vent.
 
Deux amis cheminent sur le chemin de ronde dominant le port de la Houle à Cancale.


Briac, ornithologue, recherche les corniches où, dans les fissures des parois abruptes, il reconnaît les œufs bleutés du cormoran sur un nid fait d’algues et de branchettes.


Gwenola, libraire à Saint-Malo, aime partager ses envies d’évasion sur les landes et les côtes bretonnes.


Malo, pêcheur à pied, doit les rejoindre en fin de matinée.


Tous les trois ont une passion commune pour les saveurs culinaires et les plaisirs raffinés du palais.


 
Au gré des marées, la mer s’en va et revient, nappe de soie moirée, frangée d’écume où s’amusent les bleus de l’azur.


Ici, l’esprit des hommes et des femmes est absorbé par la mer.


Le trésor de Cancale, c’est l’huître.


A marée basse, les parcs à huîtres tressent la baie, maillage où miroitent le ciel, le soleil, la pluie et le vent.


Sur le sol de sable vaseux, installées dans des poches, perchées sur leurs étals, les huîtres grandissent à chaque marée et acquièrent ce goût de noisette, fin et délicat, renommée de l’huître de Cancale.


 
Crochets, épuisette et haveneau au repos dans sa cabane de pêcheur, Malo rejoint Briac et Gwenola à la cale de l’Epi.


Construite en 1837 au port de la Houle, cette jetée dite cale de l’Epi , est un ouvrage remarquable du patrimoine maritime breton.


Ses vingt et une arches en forme d’escaliers laissent passer les courants chargés d’alluvions, et permettent aux marins cancalais de débarquer leurs pêches.


Malo, sexagénaire buriné, a les joues creusées d’ornières décelant d’irréparables fatigues le long des grèves et sur les récifs de la baie où il ramasse coques, bigorneaux, crevettes, étrilles, crabes, homards et huîtres sauvages.


Aujourd’hui, il a délaissé bottes et ciré pour retrouver ses amis, un foulard bleu azur au triangle de l’encolure de sa vareuse.


Ardent mystique, son imagination fleurit à chaque phrase.


La baie du Mont Saint-Michel lui a offert, au fil du temps, cet art consommé de la narration. Une jeunesse inouïe chante en lui.


Son regard un peu lointain laisse toujours la place à l’émerveillement lors du passage d’une natte blonde.


 
Malo tire de sa besace six douzaines d’huîtres sauvages ramassées ce matin, jour de marée d’équinoxe au fort coefficient.


Briac s’est chargé d’assurer une ample provision pour rafraîchir les gosiers.


Gwenola apporte tendresse et sourire : fusion où son charme se multiplie.


 
Dans ce décor marin commence la dégustation des huîtres, fraîches ouvertes, souriantes dans leurs coquilles de nacre.


Les huîtres glissent sur la voûte du palais et les papilles de l’imagination dessinent le chant des goélands.


A l’unisson, les trois amis aspirent, à même la coquille, la bonne eau salée qui vient étoiler une bouchée de pain de seigle beurré.


La première douzaine envoyée au paradis, Briac débouche son ambroisie :
La Coulée de Serrant, 2005 de Nicolas Joly –  vin servi frais, à la même température que les huîtres.


Discret et réservé aux premiers instants, ce blanc sec a eu la sagesse de patienter en cave pour délivrer aujourd’hui son florilège d’arômes où dominent les fruits jaunes juteux comme la mirabelle. Sa longue caudalie s’appuie sur une texture ferme, d’une élégante amertume avec une tonalité saline.


 
Eole revient en arabesques de sable et d’embruns.


La ripaille continue ; l’occasion pour Gwenola de faire l’éloge de la gourmandise.


L’huître, c’est à la fois le prélude et l’extase, une volupté sensuelle, une délicatesse veloutée, un plaisir à conjuguer au masculin et au féminin, un feu insoupçonné qui jaillit en vous.


Oui, oui , encore une belle charnue, fraîche à souhait, élégante avec sa collerette de dentelle.


 
Bruissant de coquillages, le jusant répond à l’appel des sirènes.


Maintenant, les vagues ramènent le parfum couleur ardoise des îles Chausey, puis vient le visage d’une Muse, ourlée d’écume sur l’estran de leurs rêves.
 
Au son des biniou et bombarde, Gwenola, Briac et Malo déclament en cœur :
 
Fleurs d’équinoxe sur l’étrave de la vague


Affleurement d’ailes à la godille de l’esquif


Sur l’hélice du nautile s’enroule la bonne aventure.
 
                                                           Kenavo
 

©Roland Souchon
2023
www.rolandsouchon.com          
 
 

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SOURCES :


- Histoire de la nourriture de Maguelonne Toussaint-Samat chez Larousse
- Gens de Bretagne de Christian Bougeard aux Editions du Chêne
- Le grand Larousse du vin
 
L’HUÎTRE :


La conchyliculture est l’élevage des huîtres, moules et coquillages, dont l’ostréiculture pour les huîtres et la mytiliculture pour les moules.


En France, l’ostréiculture se fonde sur l’élevage de deux espèces d’huîtres : la plus ancienne, la « plate » ou Ostrea edulis, renommée de Cancale , et la « creuse » ou Crassostrea gigas, importée fortuitement des Indes jusqu’à l’estuaire du Tage au XVème siècle par des navires  de commerce portugais dont la coque a servi de collecteur naturel.


A travers le monde, en eau salée, douce ou saumâtre, on compte une bonne centaine d’espèces d’huîtres.


Au siècle dernier, les bisquines, typiques bateaux de Cancale, remontaient les dragues utilisées pour prélever les huîtres sauvages sur les bancs situés en eau profonde ; ensuite les huîtres étaient élevées dans des parcs.


Cette pêche était autorisée un mois par an en avril. C’était la fameuse « caravane » si bien racontée par Roger Vercel ; celle-ci rassemblait 425 bateaux et 2323 marins en 1884. La pêche était débarquée sur les grèves à marée haute, puis triée par les femmes et les enfants à marée basse. Les femmes chargeaient sur une charrette les paniers d’huîtres appelés « mannequins », d’un poids de 50 kg, en vue de l’expédition, notamment vers Paris.
 
Il est intéressant de développer la sexualité et le mode de reproduction de l’huître qui est hermaphrodite, alternativement et successivement femelle et mâle. En été, durant les mois sans R, c’est la période de reproduction avec 3 pontes de juin à juillet, soit plusieurs centaines de millions d’œufs qui attendent la semence mâle qui peut être celle de l’huître elle-même ou celle de la voisine car devenue mâle, elle disperse sa semence à l’extérieur dans le milieu marin.


A la fois père et mère, l’huître accomplit jusqu’au bout sa double mission parentale et porte les œufs fécondés durant une dizaine de jours jusqu’à ce que, devenus larves (naissain), ils soient expulsés.


Pourvu de cils vibratiles, le naissain a 2 semaines pour chercher un support (exemple un rocher) pour se fixer, grandir, aimer et se reproduire.


Le grand art de l’ostréiculteur est de piéger le naissain pour ensuite l’élever.


L’huître, si elle échappe aux nombreux prédateurs (étoile de mer, bigorneau, huîtrier pie, goéland argenté - violent courant de tempête - mazoutée par un bateau pollueur ou enfin être mangée par d’élégants bipèdes), peut atteindre l’âge de 50 ans, sachant que les huîtres ne sont plus si délicieuses au-delà de 5 ans.


Le goût de l’huître tient au climat, à la salinité des eaux, à la nature des fonds marins, du plancton et aussi aux gestes qui président à son élevage.


L’affinage se fait en eau claire dans des bassins, eau constamment renouvelée où l’huître va prendre ce goût de noisette et sa couleur ardoise grâce à la présence d’une algue, la navicule bleue.


Le premier affinage se fit à Belon, d’où le nom de l’huître.


 
LE VIN : La fameuse Coulée de Serrant


AU XIIème siècle, Henri II Plantagenêt, Comte d’Anjou devenu roi d’Angleterre, fait servir les vins d’Anjou à sa cour.


L’Anjou est une vaste région viticole qui part de Nantes et longe la Loire jusqu’à Saumur et Angers.


Il existe un triangle magique formé de trois communes : Savennières, Bouchemaine et La Possonnière.


Arrêtons nous au lieu-dit La Coulée de Serrant. Le vignoble regarde passer la Loire. Au fil des jours se tresse ce lien qui unit l’homme, le terroir et la vigne. Le chenin, son cépage unique, est ancré sur des coteaux traversés de veines schisteuses avec un fond de sables.


Curnonsky, prince des gastronomes, classait La Coulée de Serrant au même rang qu’un Château-Chalon ou encore le mythique Montrachet.


Il en découle cet aimable conseil : Fin gourmet, vivez glorieusement dans le péché et Dieu reconnaîtra les siens.

 

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10 septembre 2023 7 10 /09 /septembre /2023 08:35

 Illustration Roland Souchon

 

Lourd d’orages et de baies de sorbier, cet été m’a encore révélé bien des secrets glanés sur les sentiers du Haut Livradois.
 
Un vent chaud au parfum d’airelle tourne les pages d’un livre de belle reliure.
 
Au premier signet, une colonie de digitales offre sa révérence, pourpre balancier sur la toison rase des croupes mordorées.
Il faut y voir un séduisant appel à gravir les sentes odorantes et gagner les Hautes Chaumes du Forez pour y cueillir la splendeur du rien qu’élabore le ciseau du vent.
 
Au deuxième signet, la roche exsude dans un élan d’allégresse.
C’est l’heure de boire jusqu’à l’ivresse ce vaste horizon où rudesse et douceur se conjuguent.
 
Le troisième signet ouvre un ciel caravanier qui foule les grands espaces, engendre floraison, fenaison et moisson.
En écho des clarines, les scabieuses dansent, parées de leurs auréoles bleues.
 
Sur cette terre de lave assoupie s’enfuient les ombres et reviennent de grands pans de lumière :
 
                                             Terre de feu
                                                  Vent qui feule
                                                       Sources murmurantes
                                                                          Joie d’aimer.
 
                                                                                                            
 

©Roland Souchon

Eté 2023

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30 juillet 2023 7 30 /07 /juillet /2023 06:51


 

Le balancier de l’été éveille notre sensibilité en nous rappelant qu’il faut étudier les grands anciens et être à l’écoute de la nature : deux piliers à suivre sans rigorisme ni puritanisme.
 
Le jour se lève à Roche Savine.
L’étoffe subtile d’un bleu habille de fraîcheur l’ubac.
L’eau agile d’une cascade danse avec les reines des près, blancs toupets odorants bourdonnant d’abeilles.
Le chemin blond fleuri de digitales décline les couleurs du Haut Livradois.
 
L’Auvergne tisse les fils bleutés d’un conte tandis que les feux hurlent et dévorent les cinq continents.
A trois heures d’ici, la Grèce est la proie des flammes.
La sainte montagne d’Athos n’y peut rien. En vain les flots murmures des prières. Inutiles incantations.
L’Acropole d’Athènes s’envole dans un nuage de cendres. Phidias et Périclès pleurent.
Prométhée a de nouveau dérobé le feu. Athéna revient.
Heureusement, le portique des Caryatides demeure vivant dans la lumière sacrée de l’Erechthéion.
L’Ether lumineux qui baignait le sommet de l’Olympe vient aujourd’hui incendier le char de l’aurige.
Mais que sont devenus les chants d’allégresse du peuple des Hellènes, la plume des poètes guidés par la voix des Muses ?
Pourquoi brûler la lyre d’Orphée ?
Le Sphinx ailé gardien de l’Oracle va-t-il triompher des torches de titans aveugles ?
 
Vague après vague, j’entends chanter Sappho qui, sur son île de Lesbos, continue à servir la beauté.
Qu’arrive l’éternelle eau nourricière pour fleurir les prairies d’asphodèles.
Gageons que demain la plénitude habitera le cœur des hommes pour que l’horizon devienne l’éminence où l’on ignorera l’indifférence, la violence et la haine.
 
De retour au village de Roche Savine, je mesure la densité de la Terre Mère, la source fécondante des saisons servie par les forces puissantes de la nature.
 
Trois jeunes crécerelles plongent vers l’étang des Escures.
 
Le soir descend, j’écoute le ruissellement du temps.

 

©Roland Souchon
le 22 juillet 2023

 
 www.rolandsouchon.com
 

 

 

 

 

 

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6 juillet 2023 4 06 /07 /juillet /2023 06:45


 

 

Les grappes odorantes d’une blanche glycine ornent la façade cossue rue Raynouard.


La porte est entrouverte.


Précédé d’une élégante aux gants corail et ombrelle au manche d’ivoire, j’entre dans la cour ensoleillée.


Cette demeure est sertie dans un écrin de verdure où chaque feuille devient satin.


 
Nappes brodées et vin blanc carafé attendent les dames de la colline de Passy en ce jour de vernissage.


L’ampleur arrogante d’un chapeau fleuri, l’audace d’un regard fouetté de mascara donnent le ton.


Dans un frisson d’impatience, quelques mèches rousses, légères et folles, s’enroulent sur l’exquise distorsion d’une nuque.


La beauté exalte et délivre dans ce décor suranné.


 
Pour l’occasion, le bow-window sert d’écrin à deux chevalets : à gauche, une muse dont l’audacieuse tendresse à la commissure des lèvres invite à suivre son désir ; à droite, une amazone pétrie de grâce orientale.


 
Sous la verrière, bouffie de suffisance, une prétentieuse obèse transpire sous ses dentelles tandis qu’une coquette avec ses rangs de perles semble s’étourdir dans ce vertige d’apparences.


 
Un peu à l’écart de ce jeu de dupes, deux peintres devisent sur « Caresser et Mordre », deux mots calligraphiés sur l’en-tête de l’invitation, deux mots clef, sésame promis pour cette après-midi :
             Le premier, grand, mince, rouquin aux mains meurtries par les huiles et les pigments, toujours guidé par son refus d’allégeance, décrit le bleu dont il a habillé le Pont Mirabeau.


             Le second, petit et râblé, cadogan rouge retenant une longue chevelure noire de jais, évoque sa quête de la couleur jaune, éclair qui éveille, lumière qui poudroie.


 
Une clochette tintinnabule plusieurs fois pour annoncer Tania, poétesse slave, égérie d’un Cercle lettré des bords de Seine.


Avec talent, elle déclame la magie de L’oiseau de feu, immortalisé par le faune, éternelle étoile androgyne.


Aux quatre coins du salon, les parfums enivrent comme la valse des roses de Chiraz, tandis que, ignorant un solitaire brillant de mille feux, s’échappe un sonnet de Musset.


Les regards caressants fusent de tous côtés.


D’un quatrain à un tercet, le désir ne s’éteint jamais.


 
Accompagnant ce besoin de beauté, le soleil descend.


 
Tout devient lilas, souffle de joie.


 
L’infini affleure ; rimes, lignes et couleurs brodent l’heure bleue.      

 

©Roland Souchon

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