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30 août 2020 7 30 /08 /août /2020 06:46
Photo sur le site www.levasiondessens.com

 

 

 

 

 

 

Le pont-canal s’éloignait tandis que le sourire de l’ange de Saint-Etienne m’accompagnait.

Partout volutes et arabesques en émaux colorés chantaient le fleuve qui, pour l’instant, demeurait invisible.

Chaussé de semelles nomades, je partais à la rencontre de la Loire, le plus long fleuve de France.

Guidé par la course des nuages gonflés de nacre, je laissais courir le jeu ailé de mon imagination.

Tel fut le premier éveil au sentiment de la beauté.

 

Je pénétrais sur cette terre de lumières proche de Briare, un lieu pour échapper aux apparences, un coin du Loiret pour admirer et aimer.

Dans un premier temps, je me contentais de suivre le canal latéral sous les ombrages du chemin de halage.

Libre, heureux comme un soir d’été, j’exultais dans le bruissement des peupliers.

La poésie reprenait vie, couleur et intensité.

C’était comme si l’enfance se prolongeait.

 

L’éclat des élytres d’une libellule bleue m’invitait à rester à l’affût dans cet écrin du monde aquatique.

Les soieries claires des berges me conviaient à broder le temps.

Par instant, la beauté était si vive qu’elle devenait indescriptible.

 

Au claquement d’un bec derrière le talus alluvial, j’avançais. La Loire était proche.

Je la rêvais drapée dans un voile de toile bleue, odorante à chaque méandre.

 

Je grimpais sur la levée, aidé par la danse des papillons sous la brise de Loire.

 

Tous mes sens en éveil, la main en auvent sur les yeux, j’apercevais la Loire, souple, pénétrante, déliée, musicale.

Bleutée par le fil des courants, rousse près des grèves caillouteuses, j’avais envie de l’embrasser.

Entre deux bancs de sable, les touffes d’osier riaient, serties d’un anneau céruléen.

 

La Loire devenait Muse.

 

Je l’imaginais câline sur une grève sablonneuse, tendre au froufroutement d’une roselière, amoureuse au gré des courants, chantante au déversoir, insoumise et fougueuse les jours d’orage, s’ouvrant jusqu’aux berges, haletante, frémissante de tout son corps sous les éclairs qui la fécondait en un long plaisir.

Elle savait s’abandonner sur le fauve des galets quand les grèves se colorent d’un bleu turquin tirant sur l’indigo.

Alors, elle veillait la nuit entière, allongée dans l’épaisseur soyeuse du sable d’une oseraie.

Le vent de l’aube lui apportait cette lueur caressante qui agitait ses dessous de satin bleu.

Au fil des heures, elle redevenait lumineuse, verte amande au rebond d’une cascade, violine sur un remous, brillante et nacrée sur un banc d’ablettes, blonde et transparente au miroir d’une anse.

 

Loire, déesse aux paupières bleues, près de toi bien des amoureux troquèrent leur vie pour un songe.

 

Loire, ton chant lyrique, étonnant de force et de couleurs peut, à chaque instant, déclencher un incommensurable bonheur.

 

Loire, union du ciel et de l’eau, tu sais, au cri d’un courlis, faire glisser la corde d’amarrage, libérant l’esquif vers l’autre rive où m’attend, sous l’envol des volubilis d’une tonnelle, un vin de sable et de brume, hymne à Ariane dans le rougeoiement du crépuscule.

 

©Roland Souchon

août 2020


www.rolandsouchon.com  

 

 

 

 

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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 06:57

 

 

Me heurtant aux portes des délices du jardin, j’entends :

 

                                         «  Eurydice ! Eurydice ! »

 

Le terrasse des Feuillants demeure abandonnée, seul y résonne le chant d’un merle ; son écho revient, tout frémissant à l’appel du printemps.

 

De mon livre ouvert, un mot couleur bleu pervenche ouvre le chemin de l’imaginaire :

 

Dans la fièvre ottomane apparaît l’Orient brodé de fils d’or et d’argent sur ses vaporeuses sépales,

 

L’aloe vera envoie sa tirade de verts sur une terrasse de Riyad,

 

Baignée de lumière, la rose de Chiraz s’évanouit de tendresse sur une rime de Saadi,

 

Eclose près de la rivière des parfums à Hué, une fleur de frangipanier change brume et nuage en aérienne extase,

 

Une cantura à Lima vient défier la faille de Nazca,

 

Un billet doux s’est glissé sous les larges pétales d’un hibiscus à Hanga Roa,

 

La délicatesse d’un bougainvillée chante la poésie de Pablo Neruda sur une colline de Valparaiso,

 

Sous la blanche touffe de jasmin, le chemin de Capri grimpe vers l’azur,

 

Une fleur d’olivier frissonne, emportée au vent des moulins de Santorin,

 

Au pied du mont Ida, le rouge puissant d’un grenadier éclaire le village d’Anoya,

 

Sur la soie de l’iris, l’ange gardien de mystérieux amours veille à Bagatelle.

 

A l’appel d’un désir, prêt pour l’idylle, Orphée retrouve Eurydice.

 

Qu’il fait bon sur la ligne courbe de la danse du printemps.

  

©Roland Souchon

www.rolandsouchon.com  

  vendredi 26 mars 2020

 

                                                                                  

Sources : https://www.rolandsouchon.com/jardindorphee?utm_campaign=a2091faf-636a-4980-af9c-3e8add892bf5&utm_source=so&utm_medium=mail&cid=1c88a910-7c00-4680-9f71-2ff44740a191

 

 

 

 

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16 mai 2020 6 16 /05 /mai /2020 06:55
Photo J.Dornac©

 

 

 

Il est frappant de voir aujourd’hui que le peuple silencieux des végétaux sort de sa cachette pour entrer dans notre quotidien.

 

Notre société réapprendrait-elle à aimer dame Nature ?

 

                                        « Pourquoi meurt-il l’homme dont la sauge pousse dans le jardin »

 

Ce vers, que les médecins de l’école de Salerne, célèbre au Moyen Age, ont consacré à la sauge, est le plus bel hommage aux bienfaits de la nature.

 

Bosquet, haie et fossé sont, outre la beauté qu’ils portent, des trésors de générosité.

 

Les poètes en ont fait des sonnets pour les déclamer à la veillée.

 

Je viens aujourd’hui vous parler d’une plante, papilionacée bien connue en ce mois de mai. C’est le genêt.

Sa fleur jaune qui sent si bon le miel, regardez-la d’un peu plus près : vous y verrez le fameux étendard dressé, et, à son pied, la carène en forme de bateau.

Observez bien la carène par-dessus ; de chaque côté se présentent deux protubérances : ce sont des repose-pattes pour les bourdons.

A l’atterrissage, sous son poids, le bourdon fait ouvrir la carène d’un seul coup.

Aussitôt, de longues étamines jaillissent pour lui projeter par-derrière un petit nuage de pollen sur le dos.

Pour assurer le coup, les courtes étamines s’y mettent pour, par-dessous, lui en coller sur le ventre.

 

Après, retour direct à la ruche pour servir dame abeille.

 

La fleur et l’insecte sont liées par des ententes amicales et profitables pour les deux.
La fleur du genêt n’existerait pas sans le bourdon et, à l’inverse, il n’y aurait pas d’insecte si les plantes, il y a des centaines de millions d’années, n’avaient inventé la fleur et ne cessaient de la perfectionner.

 

Dès le onze mai, si vous le pouvez, partez  à la rencontre de la fleur du genêt et du bourdon. Ils vous confieront leur secret.

 

*Tutoiement poétique autorisé, même aux adultes

 

©Roland Souchon

www.rolandsouchon.com  

 

 

 

 

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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 06:50
Photo Roland Souchon©

 

 

 

Entends-tu la flûte du vent

Sur le bourgeon ébloui de tendresse

Cœur intemporel à la source de l’aube

Les nymphes à coiffes blanches

S’envolent sans fin

Errance vers la brume des rêves

Où l’enchanteur embaume les étoiles  

 

©Roland Souchon

 vendredi 26 mars 2020


www.rolandsouchon.com  

 

 

 

 

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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 07:44
Photo J.Dornac©

 

 

 

 

 

Aux contreforts de l’aube, le jour s’offrait, vibrant d’air vif.

 

Des assauts de bleu pervenche saluaient ce jour de printemps.

 

Epicentre des songes, mars envoyait ses messages brodés de tendresse.

 

Seul un chapeau de brume coiffait les Hautes-Chaumes du Forez quand il prit le chemin de Grandval.

 

Alors que s’éloignait l’écho des cimes, haies et taillis commençaient à résonner de joutes intimes.

 

Les replis hercyniens de cette terre d’andésite le comblaient de joie.

 

Plein d’allégresse, il allait d’éminences en vallons.

 

En ces lieux, il repensait souvent aux yeux pers de sa mère qui avaient bercé son enfance.

 

Près de la croix de granite s’allumait la première jonquille.

 

Midi sonnait au clocher de Grandval.

 

Il décidait de faire une halte au village de Sabatier pour saluer une amie, bergère sentimentale connaissant toutes les fleurs du chemin.

 

Heureuse de le retrouver, elle lui proposa de partager son déjeuner.

 

Ils se régalèrent d’une salade de pissenlits aux lardons et aux œufs mollets ; une pâte de coing sur deux madeleines avec une verveine du Velay vinrent fleurir le balcon secret de leurs retrouvailles.

 

En la serrant très fort, il prit congé de Fanny et de sa beauté de Madone renaissance.

 

L’heure était au retour par le chemin de L’épinat.

 

Il obliquait sur un sentier à travers bois menant à la ferme de la Grange Neuve.

 

Près du ruisseau, il décidait une halte pour accueillir le printemps dans ce berceau de verdure, loin de toute civilisation.

 

Un pré humide hérissé de joncs luisait de toutes parts à l’appel du renouveau quand il aperçut un œil de perle.

 

Il resta immobile pour contempler ce bel échassier au gagnage avec son long bec flexible, deux fois plus long que sa tête gris fauve cendré rayée de quatre bandes sépia.

 

Migratrices, les bécasses seraient, aux dires des chasseurs, arrivées dans la semaine avec le vent du Sud par une nuit claire de pleine lune.

 

Aux bout de ses ailes, en avant des rémiges primaires, la bécasse possède deux petites plumes rigides dites « plumes du peintre », considérées comme un trophée, parfois offert par un chasseur en signe d’une amitié profonde.

 

A la faveur d’une bouffée de ciel, la bécasse s’enleva à grand fracas en une montée en chandelle jusqu’à la cime des sapins, puis, après un vol rasant horizontal, elle effectua, en coups d’ailes capricieux, des arabesques déroutantes terminées par un atterrissage en piqué dans une clairière.

 

L’émotion était à son comble.

 

Il imagina la bécasse en une pariade sur un layon forestier à l’heure de la croule.

 

Le soleil qui déclinait lui indiqua un chemin pentu qui le conduisit au village de Saint-Amant-Roche-Savine.

 

Une muse l’attendait dans sa maison habillée de lierre et de chants d’oiseaux.

 

©Roland Souchon

 vendredi 20 mars 2020


www.rolandsouchon.com  

 

 

 

 

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28 février 2020 5 28 /02 /février /2020 07:30

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28 février 2020 5 28 /02 /février /2020 07:30
Peinture de Roland Souchon

 

 

L’éclat des baies coralines d’un houx est venu réveiller les tentures du

Songe de l’hiver

Tandis que le bleu cristallin du givre berce les fagots oubliés.

 

Cliquez ici pour lire la nouvelle : Lumières d’hiver

 

 

©Roland Souchon


www.rolandsouchon.com  

 

 

 

 

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4 février 2020 2 04 /02 /février /2020 07:29

 

 

 

Un froissement d’ailes embaume l’azur

 

Et emporte le bruit ample et clair

qui surplombe la promenade.

 

Sur le sillon odorant de la Terrasse des Feuillants,

j’ai reconnu ton pas,

 

Celui qui efface le hasard d’un geste,

sans briser le mystère des ombres agitées.

 

Quand le reflet bleu des pierres fait danser la lumière,

ton silence murmure l’inouï

 

Et je perçois le tumulte béant

qui me porte bien au-delà des choses.

Là où s’enfuit la beauté.

 

Muse fidèle de la première clarté,

tu recouds mes pages oubliées.

 

Morpho, accompagné d’un battement d’ailes  

 

©Roland Souchon


www.rolandsouchon.com  

 

 

 

 

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