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1 février 2023 3 01 /02 /février /2023 07:37
Tableau du Titien


 


Le regard attendri devant la panse monacale d’un Bourgogne, il aurait quitté les plus belles madones pour la compagnie d’un Volnay.
 
Jeunes filles, retournez à vos biberons, c’est un enfant des « Climats » qu’il vous faut.
 
Madame, voyez-vous, nous ne parlons plus d’un grossier litron de picolo, mais d’une bouteille de haut cru, veloutée par la poussière des anges.
 
        
  Ô Bacchus
          Ô Ariane toute vêtue de pampres
 
Entonnez-nous à tue-tête le chant de la vigne.
 
Donnez-nous en ce mois de mai
Un vin de Volnay
Et je vous déclamerai

Alfred de Musset.
 

 


L’AOC VOLNAY
AOC de Bourgogne – Côte de Beaune


Le vignoble de Volnay est encadré au sud-ouest par Meursault, au nord-est par Pommard.
Vin rouge uniquement - Cépage unique : Pinot noir – Potentiel de garde 5 à15 ans
Dans sa jeunesse, il dégage un parfum délicat de violette ; l’âge lui apporte des arômes de pruneau.
Ce vin rouge élégant et racé s’accorde à merveille avec un coq au vin, des œufs en meurette, un gibier à poil et à plume et un fromage à la croûte fleurie. Température de service : 15° C

 


©Roland Souchon

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14 janvier 2023 6 14 /01 /janvier /2023 07:34

Tableau de Nicolas Poussin
 
 


 
Ce matin, éclairée par une lumière d’hiver, ma plume glisse vers vous
 
Que devenez vous ?
 
Un peu essoufflés, le cœur en coulisse, l’âme tourmentée par notre monde en folie …
 
N’y a-t-il pas un chemin vers l’émerveillement, cette couleur qui permet d’ébranler nos certitudes ?
 
Rappelons nous l’aubépine odorante, blanc bouquet sur un chemin oublié
                             le premier vol des hirondelles sous le toit aux tuiles rouges
                             ce mois de mai, enlacés avec notre brin de muguet
                             cette valse musette un soir de fête des vendanges
 
Aujourd’hui,  je croise votre regard, les yeux mouillés de souvenirs
 
Si proche de l’an neuf, voici un vœu :
 
     N’oublions jamais les nymphes au bord de la rivière transparente de l’aube
 
                      Elles sont les sources vives qui enchantent nos cœurs.
 


©Roland Souchon

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25 décembre 2022 7 25 /12 /décembre /2022 07:47


 

 

Mina et son frère Gaspard décident de prendre le chemin de l’Alsace pour leurs libations de Noël.


Leur route sillonne à travers la grande hêtraie des Vosges. Orée lumineuse, landes sommitales, flore et faune sauvages, ce massif forestier a bien des points communs avec leur Haut Livradois.


Les lignes bleues se succèdent pour apercevoir, au pied du Hohneck, le lac de Retournemer. Gité dans une ancienne cuvette glaciaire, c’est un miroir d’eau profonde.


Mina ne peut quitter ces lieux sans caresser l’écorce lisse d’un jeune hêtre, encore toute parfumée d’arnica et de pensées sauvages.


Un ciel plombé couleur d’ardoise leur suggère de reprendre la route avant l’arrivée de la neige.


Adieu ballons vosgiens, c’est maintenant la descente vers la plaine d’Alsace.


 
Vêtue de grès rose, apparaît la ville de Munster où rugit un lion de fierté sur la place du marché.


Mina et Gaspard veulent, cette année, rompre avec les foie gras, dinde et bûche traditionnelle ; ils ont simplement envie d’un duo magique, d’un accord de fête.


 
Le blond sourire de Coralie les accueille à l’auberge de la Marcairie.


Cette auberge exhale une puissante séduction à l’image de sa tenancière raffinée, portant vêtement de fantaisie épousant la forme de son corps.


L’accueil se fait autour d’un vin chaud parfumé à la cannelle et  d’une copieuse tranche de Kougelhopf.


Coralie parle avec aisance et distinction, et se plaît à dire qu’il est vulgaire de maudire son temps.


Elle connaît nombre de poètes et les prononce avec respect. A ses heures, elle déclame du Musset.


Coralie aime les choses qui convoquent le toucher, le goût et l’odorat.


Elle parle souvent de poétique de l’infime, inépuisable source née de la simplicité des choses humbles.


Tiens, dit-elle, ce soir je vous propose d’épouser cimes et vallons de notre région.


Je vous promets de faire émerger l’âme d’un territoire, de vous faire aimer l’étonnante sagesse de la terre.


 
La nuit tombée, chandelles allumées, Coralie revient près de l’âtre avec une broche bleu saphir fermant à demi son blanc corsage.


Point de dentelles et de fragrance, tout en harmonie, lumineuse, elle est prête à s’enthousiasmer de couleurs, de mots, de vin, de bon pain, de tout.


Elle invite Mina et son frère à s’installer près du poêle en faïence sur une banquette commune devant la Rêverie du soir, reproduction d’un tableau de Mucha.


 
Maintenant la neige tombe à gros flocons, rehaussant le charme lié à l’atmosphère de l’auberge.


 
C’est dans ce décor qu’arrive le duo magique : Munster et Gewurztraminer.


 
Une première image vient : Ariane semble conduire le cortège des ménades portant pain croustillant, fromage à la croûte rouge orangé, tandis que Bacchus présente en musique, chants et danses ses augustes flacons.


 
Mina et Gaspard ont pris soin d’apporter leur couteau, un Laforet d’Arconsat, pour trancher généreusement le pain au carvi, cette ombellifère qui a le pouvoir de fleurir une seconde fois la croûte du Munster.


 
Mina voit dans le modelé et les couleurs de la croûte du fromage une parfaite symbiose avec paysage et éléments d’architecture : la robe de bure des chaumes du Hohneck, l’argile, la paille et le crin du torchis des maisons à colombages, le grès micacé à grain fin vosgien, ainsi que les tuiles plates en écailles des toits alsaciens.


 
De la croûte au cœur, le Munster se signale par une saveur fleurant bon les pâturages des Vosges que survole le faucon pèlerin.


 
Gaspard accueille avec joie la bouteille de Gewurztraminer – Domaine Hugel - vin blanc titrant 14,5°, issu de vendanges tardives 2010.


Fermant les yeux, il devine les grappes de ce cépage, récoltées tardivement, d’un jaune mordoré qui n’a rien à envier à l’or des Incas.


Il va même s’imaginer les reflets sur l’aile d’une bécasse à l’heure de la croule.


Le long col de la bouteille n’est pas sans rappeler le clocher de Riquewihr baigné des brouillards d’automne où se développe le fameux Botrytis.


 
Décanté avec doigté, le vin est mis en carafe.


Le Gewurztraminer se distingue avec des arômes d’agrumes confits, de fruits exotiques, parfois de réglisse.


C’est un vin opulent aux notes de miel et d’abricot sec particulièrement perceptibles lorsque le Botrytis cinerea, autrement dit la pourriture noble, a fait son œuvre.


 
Coralie partage le bonheur de Mina et Gaspard.


 
Un croissant de lune ouvre le bal des étoiles.


 
Tous les trois écoutent ce frémissement né au nid de l’amitié où palpite la flamme de Noël sous son duvet immaculé.


 
©Roland Souchon

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décembre 2022
 

SOURCES :
 
LE MUNSTER :
Originaire des Vosges, le fromage Munster a reçu l’AOC en 1978. C’est un fromage à pâte molle et à croûte lavée. Il est fait de lait de vaches vosgiennes, race scandinave introduite au dix- huitième siècle.


Ce lait, riche en protéines, est caillé à la présure.


A ce stade, le caillé ne doit être ni lavé ni malaxé.


Ensuite, il est mis dans des moules qui laissent lentement s’écouler le petit lait. Puis, retiré, il est prêt pour être affiné.


L’affinage est de trois semaines minimum, souvent porté à 2 ou 3 mois pour les productions fermières.


Entreposé dans une cave à 11-15°C - hygrométrie de 95% , le fromage est retourné tous les 2 jours, frotté à la saumure diluée, souvent directement à la main.


C’est ainsi que se développe la croûte rouge orangé.


D’une saveur piquante, fort et épicé, le Munster s’apprécie avec un âge avancé.


Bien sûr, pour un accord parfait, il voyage avec son compagnon préféré, le Gewurztraminer, voluptueux et d’un irrésistible moelleux.


 
LE GEWURZTRAMINER :
Il y a 250 millions d’années, au Trias, la région est de la France est pénétrée par une mer « germanique » au fond de laquelle se déposent les gypses, marnes et calcaires des futurs terroirs alsaciens.


Niché entre Vosges et Forêt-Noire, le vignoble alsacien bénéficie d’un terroir où se juxtaposent treize types de sols, la plupart du temps étroitement imbriqués, notamment, volcanique, gréseux, granitique, gneissique, schisteux, marno-calcaire, argilo-marneux, loess.


Les vignerons ont dû tester une multitude de cépages pour, au final, obtenir une très large palette de vins.


Les vignobles qui entourent les villages de Kaysersberg, Riquewihr et Ribeauvillé sont le terroir d’élection du cépage Gewurztraminer.


Comment reconnaître le cépage Gewurztraminer ?


Après un bourgeonnement cotonneux blanc à liseré carminé, la feuille est orbiculaire et gaufrée. Grande, elle se découpe en 5 lobes.


La grappe est tronconique avec des baies ovoïdes roses à rouge clair pour devenir ambrées en vendanges tardives, donnant la fameuse pourriture noble ; voilà un bel oxymore n’est-ce-pas !


La température de service est entre 8 et 10° C.


Le potentiel de garde se situe entre 2 à 10 ans avec une aptitude au vieillissement pouvant dépasser le demi-siècle pour les récoltes en vendanges tardives et sélection de grains nobles.
         
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7 décembre 2022 3 07 /12 /décembre /2022 07:37


 

Ce matin, le brouillard enrubannait mes volets quand,
             à la faveur d’une éclaircie, un oiseau a pris son envol,
                                  et le jour s’est éclairé de trois voyelles blanches…

 

©Roland Souchon
www.rolandsouchon.com    
 
 
 
 

 

 

 

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30 octobre 2022 7 30 /10 /octobre /2022 07:27

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Il était une fois trois frères qui sillonnèrent la Provence.


GAROU, l’aîné, naquit avec le vent émeraude sur le rocher de la cité corsaire.

AUBANEL, le deuxième, vit le jour dans un berceau tressé de feuilles de vignes des Climats de Bourgogne.


TAVAN, le cadet, ouvrit les yeux au pied de la Butte Montmartre.
 
GAROU affectionne les crêtes venteuses du Haut-Vaucluse.
Fasciné par le Mont Ventoux, il part quotidiennement à la conquête du Mont Bleu arrimé à la plaine du Comtat.
Ventoux, tu es ce berger à la silhouette altière parfumée de thym et de lavande sauvage ; terre pastorale aux drailles fleurant le suint et le crottin.
Revoilà le vent qui brosse ton univers minéral et découvre tes épaules érodées de soleil.


GAROU le sait bien, le bonheur s’acquiert par l’effort sur les chemins de traverse sous la valse du vent.

Là-haut où bruissent les roches éboulées et ruissellent les pierrailles, le géant de Provence a le visage de la beauté.


Ventoux, sur ton versant clair, emporté par les courants d’air chaud de l’adret, un aigle tourne, monte en vrille et redescend vers l’ubac.
A la faveur de sa plume bleu-mistral, le vent a écrit ce poème :
 

  ODE au VENTOUX


Ô vent qui avec élan
Peint de l’aube au couchant
Ciels audacieux et tourbillonnants
Ô Ventoux
Sentinelle de pierres
Sombre forêt de conifères
Nudité de lumières
 
AUBANEL a choisi le chemin des ocres : Bédoin, Mormoiron et Roussillon, l’ocre du pays d’Apt sur les sentiers du Luberon.


Mémoire des lieux et des hommes, les falaises ocres et rousses sont ourlées de cistes à feuilles de laurier et rythmées çà et là par le vert des pins d’Alep.


L’union du minéral et du végétal a façonné une gamme de couleurs à jamais installées sur la palette d’un peintre.


L’alliance d’un jaune lumineux et d’un rouge profond a crée ce poème :
 
         
 OCRE


Te voilà Roussillon
Ocre Luberon
Palette fauve et verte
Aux pinceaux de silice
Ta coiffe ferrugineuse
Brode les Demoiselles
Ocre, jaune-orangé et rouge
Magiciens d’un relief émergé.
 
TAVAN aime aller à la rencontre des vignerons.


Sur la Butte Montmartre, il en a caressé des ceps noueux et des grappes charnues aux reflets bleutés, mais l’appel des galets des Côtes-du-Rhône s’est vite fait sentir.


La vigne est sa passion. Il n’a cesse d’arpenter sols caillouteux, éboulis de pentes, avec un engouement pour les coteaux ensoleillés.


Lors d’une nuit de Bacchus à Suzette, village du versant oriental des Dentelles de Montmirail, TAVAN a rencontré Corine, vigneronne au talent impression soleil couchant. Autour de son vignoble, elle fait découvrir son terroir avec, en accompagnement, un muscat blanc sec du Ventoux sur un fromage de chèvre au miel truffé.


La vigne régale et inspire. Il faut s’y plonger jusqu’au racinaire dense, odorant au goût d’épices et de coing .


Plénitude, jaillissement intime autour de la lyre d’un poète, tandis qu’au loin, le Ventoux, couleur bleu indigo, cueille la première étoile.
 
Heureux de leurs chemins de lumières, les trois garçons reviennent à Malaucène.
 
Main dans la main, à trois voix, ils déclament ce brin de poésie :
 
            
M a l a u c è n e
 
Féminine aux yeux de campanule
Ton charme discret opère sa mue
Icône et profane
Tu es source de lumières
Ton corps se déploie en harmonies vertes et blanches
Si passe le vent d’automne
Ta toison fauve coiffe vignes et vergers
Quand vient le mistral
Tes longs cheveux s’envolent
Vers un songe mystérieux.
 

R.S.
                                                                                                                           Automne 2022

 


 
SOURCES :
 
Le Mont Ventoux offre une dissymétrie climatique allant de la canicule estivale à des froids pétrifiants l’hiver jusqu’au printemps.


Sur ses pentes raides plein sud pousse une flore méditerranéenne tel le genêt scorpion, tandis que sur son versant nord fleurit la saxifrage, plante herbacée rencontrée également au Spitzberg.


Sous des ciels audacieux, cheminant de l’aube au couchant, vous aurez peut-être la chance de rencontrer le Silène de Pétrarque, plante qui n’existe au monde que dans les pierriers sommitaux du Mont Ventoux.


A la caractéristique tige collante, elle fleurit rose et aurait inspiré le célèbre poète italien du Moyen Âge, François Pétrarque.
 

 

L’histoire des ocres de Provence a commencé il y a cent millions d’années (période du Crétacé).


Le pigment si particulier des ocres provient d’une argile (la kaolinite) et d’un hydroxyde de fer (la goethite).


L’ocre, ce colorant naturel a été utilisé très tôt par l’homme dans les domaines de l’art pour les peintures pariétales.


Une belle adresse : Conservatoire des ocres et de la couleur. Ancienne usine Mathieu – Roussillon (84).
www.okhra.com
 
La culture de la vigne est très ancienne en Vaucluse.


Introduite par les phocéens en 600 av. J.-C. quand ils s’installèrent sur les bords de la Méditerranée à Marseille.


Pline l’Ancien signalait un vignoble aux environs de Gigondas.


Avec l’installation des Papes à Avignon, la vigne s’est considérablement développée.


Le cépage muscat à petits grains d’origine grecque viendra faire la renommée du muscat de Beaumes-de-Venise - Venise étant une déformation de Venaissin (Comtat Venaissin).


Le Vaucluse présente une grande variété de roches où prédomine une composante calcaire et argileuse. Citons aussi les marnes des Dentelles de Montmirail, les grès siliceux, sables et grès miocènes de la plaine du Comtat Venaissin.


La palme revient aux terrasses quaternaires riches en galets ; leur plus belle expression se rencontre dans le cailloutis de quartzite à Châteauneuf-du-Pape.


Le département de Vaucluse se trouve dans l’aire des Côtes-du-Rhône méridionales.


3 appellations se partagent le territoire :
AOC Côtes-du-Rhône
AOC Ventoux
AOC Luberon


Les cépages rencontrés sont : Cinsault, Mourvèdre, Carignan, Syrah, Grenache noir, Gros Vert, Clairette, Grenache blanc, Viognier et Roussanne.


Qu’est-ce qu’un cépage ?


C’est un type de plant de vigne caractérisé par des particularités biologiques. L’ampélographie est la science qui étudie les cépages, analysant la forme des feuilles, des grappes, des baies, leur couleur et leur apparence. Un Traité général de viticulture, dit aussi « l’ampélographie Viala et Vermorel » en sept volumes répertorie 5200 cépages.


Citons également le délicieux  raisin de table Muscat du Ventoux avec ses grappes aux baies couleur bleutée, recouvertes de pruine(pas de blanc, exclusivement en raisin noir).


L’aire d’appellation de l’AOP(1999) Muscat du Ventoux s’étend sur 56 communes du Vaucluse, terroir emblématique avec 5700 hectares de vignes.


Le bouquet final est laissé à Jean Giono…une caudalie jusqu’au bout de la nuit !


« … Et, sans fin, les vignes aux vignes s’ajoutent et se rapiècent ; ouvrent et ferment et rouvrent les éventails de leurs races, couvrent les plaines, entrent dans les vallées, emplissent vallées et vallons, suintent jusqu’au plus étroit des combes, escaladent les collines, se déversent par-dessus les cimes, coulent de l’autre côté, s’étalent en océan immobile, avec des houles et des rouleaux… »
                                                                                                   Arcadie, 1953

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20 septembre 2022 2 20 /09 /septembre /2022 06:51



 
Avant d’entrer, dimanche, dans l’isoloir pour le vote du second tour de l’élection présidentielle, je vous livre ces quelques lignes écrites au dos de la profession de foi d’un des candidats.
 
Toutes les époques disent à peu près la même chose. Elles se plaignent de leurs rhumatismes ou de la monotonie de l’existence. Hier était mieux qu’aujourd’hui.
 
Pourquoi se plaire à perdre tant d’énergie à philosopher sur les aventures de boudoir en y mêlant quelques digressions sur l’argent ? Ah ! la comédie humaine, les français aiment ça. Pardon, j’oublie la météorologie, sujet majeur avec la pluie et le silence des nuits froides.
 
Aurait-on perdu le modèle, la matrice à fabriquer des héros ? D’Artagnan revient !
 
Oui, nous avons besoin de chevauchées, d’amours, de festins, de rêves et d’amitié, en y ajoutant une once de nostalgie pour rehausser l’élan novateur.
 
Oui, c’est l’allégresse qu’il nous faut, l’esprit d’aventure, le goût de fringantes silhouettes et la douceur des alcôves. N’en déplaise aux esprits chagrins.
 
Il faut vivre autrement en 2022 en légitimant la métaphore ; ce mot doit revenir à la mode sur l’agenda du futur ministre de la culture.
 
Tout va vite, trop vite – audio – vidéo – texto : C’est le marqueur du temps en ce nouveau printemps.
 
AIMER, voilà le mot qu’il convient de graver en ce 24 avril 2022, avec l’espoir d’une aube lumineuse :
            S’approcher de l’encrier où chantera la source
            Prendre une plume d’où jailliront des chants d’oiseaux
            Ouvrir un livre d’où s’envolera un papillon bleu.
 
                         AIMER, AIMER, AIMER


©Roland Souchon

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8 août 2022 1 08 /08 /août /2022 06:42


 
 

Ce matin, le rose délicat d’un Tiepolo a jailli sur la ramille d’un pommier.
 
Cette tendresse suffisait à mon bonheur quand un éclat vermillon est venu avec La Vénus endormie, tableau de Giorgio da Castelfranca, dit Giorgione, peintre vénitien de la Renaissance italienne.
 
Ce tableau, parfois considéré comme le premier nu intégral, a certainement été peint dans un boudoir pétri de volupté où se froissent dentelles et soies colorées.
 
Giorgione a bien compris que Titien, son brillant élève, serait bientôt le Maître incontesté de la couleur, peintre à l’écoute de cette mélodie secrète qui se dévêt petit à petit, touche après touche.
 
Pour peindre une telle Vénus, il a fallu rencontrer de belles dames qui, adossées aux coussins de velours pourpre, laissent au bord de leur tasse l’exquise empreinte d’un rouge à lèvres couleur de feu.
 
Aux lisières de ces saveurs inouïes, une femme nue s’est endormie.
 
Ebloui, Giorgione a capté les suaves couleurs ambre, safran et rouge vermillon.
 
Sa palette est devenue le levain qui se lève et s’épanouit sur un corps brûlant de désir.
 
Fusant vers des transparences violettes, les jaune de Naples, ocre jaune et terre de Sienne peuplent le corps de cette Vénus que Giorgione a voulu comme la Sérénissime alanguie sur la lagune.
 
Un fleuve de couleurs s’engouffre sur cette lumineuse mosaïque de chairs d’où rayonne le sublime jardin des délices.
 
Quand une vénitienne déplie sa corolle, un subtil poème prend l’universelle couleur de la beauté.
 
Le soleil rouge de la déesse Hathor veille sur le sommeil de Vénus.
 
Seul le baiser d’Orphée peut la réveiller.
 2022


©Roland Souchon    


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10 juin 2022 5 10 /06 /juin /2022 06:20


 

 

Ses moustaches en gerbe d’avoine, étirées en un malicieux sourire, annonçaient une journée de bonté tel le vent qui caresse les blés.
 
Il portait une chemise aux couleurs de l’été, un pantalon de grosse toile grise et un chapeau à larges bords planté de biais sur des cheveux blancs frisés.
 
Ses yeux de lac bleu s’émerveillaient à la rencontre de la silhouette musicale d’un peuplier.
 
Il aimait ces journées passées avec des amis ancrés depuis des générations dans ce pays où rudesse et douceur se conjuguent.
 
Il s’engageait sans retenue avec talent et imagination pour maintenir la vie dans la joie, fier d’appartenir à cette Auvergne fraternelle.
 
Au fond d’un vallon ou sur une éminence, le Haut-Livradois lui chantait sa romance.
 
Sa grande fierté, il l’a tenait de sa connaissance des arbres.
 
Son ancêtre, scieur de long, lui avait confié ses secrets.
 
Il distinguait du premier coup d’œil le bourgeon-feuille du bourgeon-fruit.
 
Sur sa montagne granitique, par les prés, les champs et les bois, il s’en allait à la rencontre des merisier, sorbier, alisier, sapin pectiné et sapinière à myrtilles.
 
Sur chaque arbre, il sentait palpiter l’aubier sous l’écorce. Ses mains rugueuses s’attardait le long du tronc pour échanger une confidence.
 
Il disait souvent que les arbres étaient des amis fidèles, des compagnons de vie pour ne jamais être seul.
 
Le parfum du genêt et de la fougère embaumait ce monde vivant.
 
Sur le chemin du retour, il croisait le paon du jour s’accordant une halte sur la scabieuse pour lire le passage du vent.
 
Tandis que là-haut, sur les Hautes Chaumes, le traquet motteux coulait des jours heureux sur son éboulis de pierres.

 

©Roland Souchon    

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4 mai 2022 3 04 /05 /mai /2022 07:38


De la source à l’estuaire
coule la Seine transparente de lumière
Fille de l’onde tu t’éveilles
le gris-bleu sur les paupières
Nymphe tu redessines les berges
quand l’échappée devient belle
Danse nef de Lutèce
dans les bras de Sequana.

 

 

Née des larmes d’une nymphe poursuivie par un satyre, Sequana* , fleuve d’histoire, de légendes et de poésie, coule depuis ses sources jusqu’à l’estuaire

 

Demi-vêtue quand vient le printemps, tu franchis ponts et passerelles.


Avec un brin d’audace et le mépris du danger, tu nargues parfois le merle siffleur et les moineaux de Paris.


Arrivée à la passerelle Simone de Beauvoir, tu deviens chef-d’œuvre raffiné portant sur les plats de ta reliure les gemmes, l’or et l’argent.


Au couchant, ta tranche s’orne de garance laissant par instant fleurir la dorure ciselée d’une fibule.


Habillée de bon vélin, tu vogues vers la pointe de l’île Saint-Louis.


Le croisement d’un regard, un frisson qui court sur la berge ; ainsi passe ta beauté, chatoyante dans ses éclats fugitifs.


De remous en remous, telle une fille sauvage, tu files au Pont de Sully.


A l’approche du Pont Marie, tu resterais bien dans la douceur bleue d’une Madone, mais il te faut saluer la gloire hautaine des grandes et nobles familles.


Vêtue de soie, tu fais un pas de danse au Pont d’Arcole.


Emplie de volupté au parfum délicat, tu laisses éclater ta joie.


Tu presses le pas pour arriver à l’heure au Marché aux fleurs.


En tablier bleu, le jardinier a cueilli pour toi, Sequana, jonquilles et tulipes multicolores.
Tu glisses la mieux épanouie dans ton livre d’heures.

Au Pont au Change, tu es éblouie par la Sainte-Chapelle, merveille de l’art gothique.


Tu empruntes un cheval de fiacre pour traverser l’île de la Cité et rejoindre les bouquinistes quai des Grands Augustins.


Le temps d’un soupir, tu croises les belles dames qui se poudrent aux miroirs chez Lapérouse. Vite lasse des plaisanteries salées et des propos musqués, tu retrouves le Pont Neuf.

 

Dans le bruyant concert des mouettes en exil, tu observes le perpétuel va-et-vient d’une foule sentimentale.


Tu caresses des yeux le Vert-Galant en son logis de verdure.


Là, sûre de toi, tu deviens Sirène aux écailles brodées.


Sous le pinceau de Paul Signac, tu arrives au Pont des Arts où le peintre néo-impressionniste fait, par ses harmonies et arrangements rythmiques, palpiter ton cœur.


Entre le musée du Louvre et l’Institut de France, tu apparais naïade aux yeux verts.


Insouciante, tu as la grâce dansante d’une indomptée.


A peine sortie d’un songe, tu portes une jonchée de roses aux Immortels de l’Académie.

 

Tu rêves des sources déjà lointaines qui, goutte à goutte, ruissellent jusqu’à Lutèce :
Sequana !
Sequana !


Avec les nouvelles clartés printanières, de légères demoiselles te contemplent de la balustrade des Tuileries.

 

Belle et scintillante dans ta nudité, tu fais une révérence au Pont Royal.


Jolie frimousse,
tu chantes au gai matin
sans t’inquiéter du lendemain.

 

Au Pont de la Concorde, tu dresses ta nappe de lumière, et les peupliers bruissent sur tes berges familières.


Seul, un anneau de fer attend le lourd chaland en provenance de l’estuaire.

 

Passent les jours, les semaines et se termine ta longue promenade : sept cent soixante seize kilomètres et six cents mètres je crois.


Mais ta curiosité demeure lorsque, de ta rive gauche, tu aperçois Honfleur, cité des peintres qu’il serait trop long de citer : Boudin, Daubigny, Jongking, Marquet, Seurat, Luce et bien d’autres.


Tu nous offres une dernière image avec une peinture de Félix Vallotton qui, depuis la Côte de Grâce, exécuta, en 1910, une huile sur toile : Vue d’Honfleur matin d’été.


La Seine déroule son ruban d’argent, ravie d’épouser l’immensité intime de l’estuaire.

 

VISUEL : Figuration de la Seine. Bas-relief de Jean Goujon, conçu à l’origine pour la fontaine des Innocents à Paris, et conservé aujourd’hui par le musée du Louvre.

 

©Roland Souchon    
février 2022
 
 
 
 

 
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30 mars 2022 3 30 /03 /mars /2022 06:59


 

 

 
Sur le disque dansait La Manon de Massenet, un amour de la peinture et de la volupté.
 
Tout autour des hanches de La Danseuse indienne de van Dongen, les couleurs tournaient, tournaient : Sublime patine fauve qui garde le chef-d’œuvre de vieillir.
 
Le soir descendait, vermeil comme un ciel étrusque.
 
Il me semblait entendre sa voix aux accents incandescents.
 
Tandis que l’heure mystérieuse se drapait d’une tunique pourpre, elle apparut dans un vêtement de soie écarlate, ajouré aux vingt-deux endroits du corps où la chair est vulnérable.
 
Au miroir de la lune, elle s’offrait telle la page fleurie d’un conte d’Orient.
 
                                                                                       

©Roland Souchon  
 février 2022

www.rolandsouchon.com
 
 
 

 

 

 

 

 

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  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...
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