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15 mai 2019 3 15 /05 /mai /2019 06:51
©Fulgurance solaire - Tableau d’Eliane Hurtado

 


Une voix venue de nulle part
Couverte d’embruns et de fleurs
Annonçant le malheur des hommes
Se perd dans l’immensité cosmique.
Personne ne veut l’entendre
Et elle s’en va doucement.

Il y a seulement silence et brouillard,
Mais les hommes ont parfois
Besoin de se faire peur
Alors ils inventent des désordres
Au nom de la liberté.

J’ai entendu un bruit d’ailes
Dans le feuillage du temps
J’ai vu de l’or dans le néant
J’ai rencontré l’universalité du cosmos.  
 

©Eliane Hurtado
  
 
 
 

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14 mai 2019 2 14 /05 /mai /2019 07:05

 

 

 

 

Une étoile bat des ailes et le jour s’éveille.

C’est l’heure où s’égrènent les perles de l’aiguail.

En mal d’aimer, une libellule s’est posée ; juste assez de légèreté pour qu’au verger une abeille se mette à danser.

 

Au vent d’autan, un papillon s’envole ; éclat du jour telle une colchique éclose.

Accompagné du rire d’un enfant, un cerf-volant écrit ses phrases de lumière.

Dans ce fragment d’aube cristalline, une hirondelle vient coudre l’invisible.

Un chemin creux conduit vers l’ailleurs où s’ouvre le passage.

 

Lumineuse, l’aile bleutée d’un geai traverse la chênaie.

Dans sa robe d’étamine rouge, l’éphémère soie carminée d’un coquelicot défie le vol du bourdon.

Affamé d’horizons, le vent s’est enfui.

Le glissement d’une ombre indigo vient alourdir la grappe du sureau.

 

Au clocher tintinnabule l’heure bleue, résonance harmonique dans la forêt des songes.

Ainsi prend fin l’été céruléen aux sandales de rosée.

©Roland Souchon

 

 

 

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13 mai 2019 1 13 /05 /mai /2019 06:58

Parcelles d'Infini, de Carolyne Cannella

Éditions Alcyone, collection Surya,

Saintes, 2e trim. 2019, ISBN : 978-2-37405-059-1

________________________________________________

 

 

Sur cinq vers asymétriques et toujours renouvelés , Carolyne Cannella décline les parcelles d'un infiniment grand, d'un infiniment poétique, tout à la fois intime et cosmique, humble et puissant : celui de l'Amour.

De manière générale, l'absence quasi-totale de ponctuation (ni chair   ni os), les libertés orthographiques voulues par l'auteur (dans la coulée de la scève) ainsi que  des audaces (tout se fait  de se dé-faire) donnent au texte un supplément de modernité et de mystère.

De même, la typographie changeante de ces quintils, tels des vagues de mots et d'incantations :

      Sortir du chemin

la rupture est provisoire

 

à l'inéluctable

      dire oui

          et s'accomplir

D'emblée, l'on ressent à quel point la poétesse cultive les espaces, les silences, telle une musicienne à son archet, telle une orpailleuse au fil de l'onde. D'emblée, le rythme dicte sa présence, la respiration gagne toute sa place.

Certes, on y trouve les mots de sa passion première, la musique (luth, Bach, chant, accordé, résonance), mais également un tropisme pour le mouvement (se glisse, se balancent, nous franchissons, s'approchent, ondule) comme si la danse était un trait d'union entre l'univers sonore et une vie gestante de frémissements. Cela dit, il nous semble que Cannella est ici avant tout poète, marieuse de mots, artiste-peintre friande d'images et vouivre du sens :

 

Nous  réceptacles du vivant

nous  qui transmutons

l'aube en crépuscule

 

et nos silences féconds

en paroles de lumière

 

 Souvent sensuelle (Sur les vagues qui scintillent / aller nue  et danser / neuve à chaque instant...) elle s'adresse parfois à l'être aimé en majuscule (Toi, Ta présence) mais toujours avec délicatesse:

De caresses en murmures enchantés

tu m'effeuilles, tu m'enflammes

sous l'irrésistible maelström

de tes hauts plateaux

aux délires impeccables

Minuscule approche pour un recueil élégamment imprimé sur papier blanc nacré : comme si la place du rêve, la forme graphique des mots, leurs sons chuchotés par le lecteur avaient valeur de prière, c'est à dire de langage avec un Plus Haut.

 

                                                               Claude LUEZIOR

 

 

Site de Carolyne Cannella :

https://sites.google.com/site/artisteauteuractricemusicienne/home

Sa chaîne Youtube :

https://www.youtube.com/user/xangagata/videos?view=0&sort=p&flow=grid

Recueil - Parcelles d'Infini, de Carolyne Cannella - Note de lecture de Claude Luezior

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12 mai 2019 7 12 /05 /mai /2019 05:58
Œuvre de l’immense peintre Safet ZEC©

 

 

 

 

 

Se taire,

Lorsque le supportable ne l’est plus,

Se taire,

Migrant en terres et forets défoliées,

Se taire,

Regardant des bibliothèques incendiées,

Se taire,

Face aux femmes, enfants brulés ou mutilés,

Se taire,

Dans les ruines silencieuses des villes,

Se taire,

Témoins de milliers de morts anonymes,

Se taire,

Devant barbelés, murs et frontières,

Se taire,

Au constat des barbares d’un autre temps,

Se taire,

Ecoutant ceux qui évoquent d’obscurs dieux !

 

Parler enfin,

Tout avouer même bouches bâillonnées,

Parler simplement,

Pour réapprendre le sens de la beauté,

Parler librement,

Pour épeler le verbe aimer,

Parler à tout vent,

Pour refonder l’humanité

Avant que le temps n’en soit passé.    

 

©Michel Bénard.

 







 

 

 

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11 mai 2019 6 11 /05 /mai /2019 07:04

 

 


L’absence vide
Attendre sans plus rien attendre
Regarder le jour qui passe
Le temps qui fuit

Hier, j’étais petite
Je savourais la vie
La savoure plus encore

~*~

Présence
Elle porte ton nom

Le soleil joue à cache-cache
avec les nuages silencieux
qui se fondent avec l’oiseau

Des canards se font entendre au loin

Tout est vert, jaune et bleu
Autour de moi
Tout est lumière

~*~

Solitude nue

Indécente
Presque

Je viens briser le silence
j’en ai le désir
très fort

M’entendre écrire
M’écouter penser
M’écouter me taire

~*~

Aucun regret
Si ce n’est
Toi
et
L’absence
de tes lèvres
d’où ne viendra
plus
un mot tendre

Toi l’oiseau blessé
Que naîtra de toi
Si ce ne sont
Tes mots
Ceux que tu nous a laissés

~*~

Et tu es là
Absence
Tu te souviens
De l’île

Comme je me souviens
De tes sables
Où tu es enfoui
à jamais

~*~

Je prends soin de ma maison de mots
et leurs sens
Je les aime
comme tu les aimais
avec passion

~*~

Il faut qu’à la pierre luisante
de la marée basse
On se souvienne
Que l’on écoute chanter les mots
qui s’alignent
comme les vagues
qui remontent
remonteront
jusqu’à
marée haute
engloutiront la pierre
cracheront les mots sur la berge
pour que tu les lises
et
que tu te souviennes
d’où tu viens
où tu es
et
où tu vas

~*~

Écoute le vol de l’oiseau
il te guidera
le long du Fleuve
jusqu’à l’Atlantique
Tu y ramasseras les galets
pour en faire des statues
Tu les nommeras
de tes noms originels
tu t’y retrouveras
te reconnaîtras

~*~

Bien au delà du rêve
Tu verras la rose s’épanouir
Tu flotteras au-dessus des plaines
et des battures
En cherchant à atteindre l’horizon
que jamais tu n’atteindras
Mais tu atteindras la rive
Et la sente qui te conduira
En tes lieux

Nous tournons en rond
Autour de la terre
Depuis la nuit des temps
C’est la quête

Et les Gardiennes du Temple
T’ouvriront enfin leurs bras

~*~
 

Ode©

11 juillet 2008
au chalet bleu de là-bas au bord du fleuve

Sources http://zodode.5.50megs.com/Mots_Bleus/regards_interieur_fleuve.htm  

 

 

 

 

 

 

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10 mai 2019 5 10 /05 /mai /2019 06:52

 

 

                                                           Poème à Andrée…

 

 

Je ne l’ai jamais rencontrée

Et pourtant, elle a réussi à me troubler.

J’ai vu son visage sur un mur

Certes virtuel mais très fréquenté

Elle a du charme, c’est sûr

Et sans doute un humour ensoleillé

 

Nous sommes de la même planète

Mais pas du même pays

Une chance nous parlons le même dialecte

Un bon français de là-bas et d’ici

Elle est femme

Je suis homme

 

Rien de plus beau en somme

D’évidence elle est une Dame

Seule sur le bateau ivre qu’est la terre

L’amour lui a été volé par la vie

Seul, moi aussi, tout espérance perdue

Il m’arrive de faire des rêves indus…

 

A quoi sert d’être poète

Si pour soi on ne peut plus rêver ?

A quoi sert d’être né homme

Si la santé n’est plus bonne ?

Reste, comme toujours, le parfum du désir

Les rêves insensés et l’écho de beaux sourires…

 

La vie passe comme le soleil derrière les nuages

Elle laisse une trace en dépit de l’âge…

Ce soleil que nous sommes parfois

Se dédouble, comme si nous avions encore la foi !

Trop éloignés pour une rencontre

Il faut de plus se battre contre la montre…

 

Reste le rêve d’un moment intense

Les désirs qui s’éveillent avec les sens

Et le plaisir de croiser sa route

Au détours du mur et sans les doutes

Et de lire ses belles et douces pensées

Qu’elle affiche comme un soleil d’été  

 

©Jean Dornac

Lannion, le 7 mai 2019

 

  

 

 

 

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9 mai 2019 4 09 /05 /mai /2019 06:51
Illustration de Jeanne Champel Grenier

 

 

 

 

C'est une glycine ultraviolette

De longues grappes ajourées

lourdes de parfums surannés

glissent de liane en liane

d'amourette en amourette.

 

Si le vent agite un peu les fleurs,

une pluie de confettis se répand

sur le sol, au pied des couleurs...

Et là haut, prés du soleil,

grésillent les abeilles

pomponnées de pollen

Aussitôt décolle l'escadron

des bourdons qui rallient

glycine et rhododendrons

 

Belle glycine de mai

qui escalade tous les bleus

de ma palette mouillée...

Comment oublier Monet 

et son jardin japonais ?

Comment oublier la vie

qui murmure « Beauté »

Le monde a beau sortir

tous ses ''noirs de fumée''*

aujourd'hui l'Avenir

me dit « Bonheur en mai ! »

 

*sorte de noir pour aquarelle 

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

  

 

 

 

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8 mai 2019 3 08 /05 /mai /2019 06:25

 

 

Le centenaire

 

C’était un arbre centenaire

Qui ne comptait plus les années :

Il disait

: « A quoi bon s’en faire,

Je suis mûr pour la cheminée !

Des feuilles, j’en ai trop lu,

Que pourrais

-je savoir de plus, si je passe un printemps encore

Auprès des autres sycomores?»

Alors il a laissé le froid

Engourdir lentement ses veines

Et mettre à vif toutes ses peines

Et clouer ses branches en croix ;

Heureux d’aimer, mais las de vivre,

Pour la toute dernière fois

Il a fleuri sur le grand bois

Des milliers de perles du givre.

 

©Louis Delorme

«Arborescences»

 

Il centenario

 

Era un albero centenario

Che non contava più gli anni:

diceva:

“a che cos’altro posso servire,

sono maturo per il camino!

Di foglie, ne ho già lette troppe,

cosa potrei sapere in più, anche se passo un’altra primavera

vicino ad altri sicomori?

Allora, ha lasciato che il freddo

Entrasse lentamente nelle sue vene

Mettendo a vivo tutte le sue pene

E inchiodando i suoi rami a croce;

felice di amare, ma stanco di vivere,

Per l’ultimissima volta

Ha fiorito sul grosso legno

Una migliaia di perle del gelo

 

©Francesco Casuscelli

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 mai 2019 2 07 /05 /mai /2019 06:30

 

 

 

 

C'était là-bas. Le soleil était bleu

sous le grand pin

et les pommiers délicieux

Les fleurs de la prairie

S'envolaient en papillons

dans les bonds joyeux des chiens

C'était chez nous

tout un panorama

qui appartenait à nos vies

enracinées par l'occitan

dans mille ans de poésie

d'émail de porcelaine

Pays de troubadours et de pauvres paysans

que la culture orale et l'intelligence

             élevaient parfois

             jusqu'à la sagesse

 

 

 

**********************************

 

 

Version en occitan par Béatrice Gaudy

 

 

Ério alai. Lou soulei èrio blu

sous lou grand pi

e loû poumiè deliciéus

La flour de lo pradariè

s'envoulavan en parpalhau

din lou bound jouious daû chi

Ério cha nou

tout un panourama

que partenario à notra vida

enracinada pèr l'ouccitan

din milo an de pouesio

d'esmaut de pourcelano

Paï de troubadour e de paubrei païsan

que lo culturo ouralo mai l'inteligèncio

                  eilevavan pèr fe

                  fin à lo sagesso

 

©Béatrice GAUDY

 

Traduction en occitan par Béatrice Gaudy  

 

 in HARMONIE DU CHÂTEAU BANARD

 recueil inédit de Béatrice GAUDY

 

 

 

 

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6 mai 2019 1 06 /05 /mai /2019 06:52

 

 

 

 

par mes litanies

je butine

ses bruissements

diaphanes

 

par mes allégeances

je harcèle

ses armées

de janissaires

 

par mes chansons

j’enjambe

le parapet

de ses refus

 

par mes étreintes

je la dépouille

d’imprévisibles

dérobades

 

par mon feu

j’emporte

les artifices

de son regard

 

par mes effleurements

je sculpte

les contours

de ses jouissances

 

par le va-et-vient

de mes mots

je possède

ses arcanes  

 

©Claude Luezior

 

Extrait du recueil « Prêtresse » aux éditions L’Harmattan





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