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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 06:33

 

Rubens_-_Adam_et_Eve.jpg

© Rubens - Adam et Eve



Ô chastes âmes
Outrées pour un peu de peau nue
Prêtes à dire de certaines femmes
Qu'elles appartiennent au trottoir
Pour seul motif qu'elles savent aimer

Ô chastes âmes
Si promptes à vous choquer
À invoquer le ciel
Pour protéger vos hypocrisies
Et montrer du doigt les pécheresses

Ô chastes âmes
Supposés remparts de la chasteté
Au nom d'un dieu adoré et prié
Farceur ingénu qui nous créa nus
Et nous combla d'adorables atours

Ô chastes âmes
Qui usez vos genoux dans les églises
Et la langue par trop de médisances
Vous m'amusez follement
Car vous blasphémez votre dieu
En maudissant les corps qui s'aiment...

Ô chastes âmes
Qui tenez pour sale
Ce que votre dieu a voulu
Vous ne savez que damner
Ceux qui honorent leur créateur
En aimant l’amour à la folie...

Qui donc, entre eux et vous
Fait honneur à Celui
Que vous dites vénérer ?
Vous qui maudissez
Ou eux qui aiment
Sans fard ni péroraison ?

© Jean Dornac
Paris, le 4 avril 2010



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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 07:08

 

amour.jpg

© Etienne Dinet



Ton regard chevauche le couchant
Fille des sables, du liseron et du vent
Je me noie dans tes bras longtemps
Dans l’éternité et les baisers sanglants

Et tu livres la nue offrande de tes cuisses
Attelé aux caresses je deviens géant
La douceur de tes mains protectrices
Tu m’emprisonnes et me réduis au néant

Aux seins sahariens de dunes neuves
Je brûle inextinguible d’un amour hyzien*
La fille de l’oasis se mire et s’abreuve
Dans l’eau de mes yeux, le regard nubien

Mon étreinte s’éteint en un faible soupir
Dans le silence de ta pose immobile
La beauté de ton corps m’emporte à mourir
Sous les palmiers d’où la pudeur s’exile

Amour oasien aux pensées vagabondes
Du grand soir lorsque somnole la raison
Un oued sans rivage un peintre qui inonde
La fille sur la toile, Dinet figeant son nom

© Abderrahmane Zakad

* Hyzia est un bel hymne à l’amour. Poème de Benguittoun écrit vers 1880 à la demande de Said pour Hyzia sa cousine, une jeune fille de Sidi Khaled (Biskra).



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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 07:09

 

poete.jpg

© Poète dans la mansarde – Daumier



Je t'ai connu, poète
Tes mots étaient des îles
Tu en semais partout sur tous les océans
Des mots d'amour passion
Et de révolution
Des mots pour réveiller les consciences endormies
Pour dire Amis debout il est temps il est tard
Si tous les gars du monde

Tu nous tendais la main par-dessus les frontières
Tu nous offrais tes lignes où les mots impatients
Crevaient en grosses bulles sous l'encre de ta plume
Et s'en allaient voguer vers d'autres continents
Et tes vers étaient libres comme l'était ta vie
Tu créais de l'espoir comme d'autres font du pain
Et de ta foi en l'homme tu régalais chacun
En criant liberté au-dessus du tumulte
Si tu parlais de mort c'était pour dire la vie

Je t'ai connu, poète
Tes mots étaient des îles
Et tes îles de mots ont ricoché partout
De leurs doigts tachés d'encre d'autres les ont saisies
Pour chaque soir chaque nuit en noircir leurs lignes
Et les jeter à l'eau
Et je rêve à mon tour d'un archipel d'îles
Un chapelet de mots qui n'aurait pas de fin
Qui enserrerait le monde dont la seule folie
s'appellerait
Poésie
Ami, donne-moi la main.

© Annie Mullenbach-Nigay



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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 06:37

 

liberte.jpg

http://monia2009.centerblog.net/7721-animaux-oiseaux-liberte-de-la-colombe

Tu es un cœur, un esprit
Respectueuse, tu honores
Pour toi seule, j’écris
Je ne suis pas encore mort.

Sous mes yeux ton image
Là-bas je t’ai bien connu
De moi, tu as fait un sage
A ta noblesse, suspendu.

Sous mes yeux ton paysage
De mains de maître dessiné
Dans ma mémoire ton passage
Tu as semé, éclairé le laminé.

En ton for, mes idéaux
Je souscris à ta lumière.
Mon seau, vide d’eau
Que faire d’une pierre ?

En ton sein mon espoir
J’aime ton nom féminin
Que faire pour te revoir
Détourner ce triste destin ?

Blessée, cible de la ruse
Tu trembles de partout
Les charlatans t’usent
Pourquoi autant de fous ?

Toi oui toi, douce liberté
Berceuse du sain bonheur
Tu es mon tout, ma fierté
Ton absence me fait peur.

Toi oui toi, belle liberté
Chemin d’espoir, de vérité
Seau et sabre de la dignité
Ne t’ai-je pas mérité ?

© Mouloudi Mustapha
01/05/2012



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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 06:35

 

image002-copie-2.jpg

© Thierry Deschamps



Une ombre plane sur le monde
L'enserre d une brume nauséabonde
Voici venir la bête immonde
La haine et le mépris abondent

S'éveillent les anges de l'enfer
Ils jouent des faibles sans repères
Qui dans la jalousie s'enferrent
Quand haine et misère vont de paire

Leurs suppôts sont de grands acteurs
Face à un peuple dans la torpeur
Ils savent se faire tentateurs
Quand de la haine naît la peur

Ils désignent les boucs émissaires
À la vindicte populaire
L'étranger devient l'adversaire
La peur mène vite à la colère

Qu'importe aux dirigeants du monde
Que le malheur frappe à la ronde
Quand haine et violence grondent
Leur tirelire devient plus gironde…

~~*~~

© Thierry Deschamps



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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 07:04

 

Drivier.jpg

© Léon-Ernest Drivier



En ces temps de fin du monde
Bouillonnent à la surface
Des magmas de paroles
Des laves de mots
Alors que des fleuves de sang
Circulent sous le manteau.
L’homme n’est que fétu de paille
Dérivant au hasard des courants.
Un cadavre enfoui parmi des milliers
Sous les mausolées de l’horreur

Non, personne ne voulait
Etre inscrit dans l’histoire :
« Porté Disparu »
Sous l’épaisse poussière
Précédant le silence.
Non, personne, ne voulait
Avoir le premier rôle
Dans la dramaturgie du siècle.

Mais la terre en avait décidé autrement
Et depuis jour et nuit se mêle
La complainte des morts
Aux pleurs déchirants des vivants.

© Denise Bernhardt
2 Mars 2010

« Tremblements de Cœurs » avec YR Toussaint
Poème 12



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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 06:47

 

eustache-le-sueur.jpg

© Eustache Le Sueur - Allégorie de la poésie



Poètes, ici-bas nous sommes
Lame de fond inépuisable.

Etions-nous tant baignés de nuit
Que nous affleurons en surface !

Un courant céleste nous porte,
Divine potentialité,

Et maintenant nous éclatons
Aux feux étoilés des possibles.

Nous avons l’opiniâtre élan
Du levain dans le pain d’espace,
Lente présence en communion
Avec l’esprit, le cœur et l’âme
Des humains qui ne savent plus
Où et quand retrouver leur souffle.

© Luce Péclard.
6 avril 2010



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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 06:48

En lieu et place du poème du jour, ce texte qui chante une poésie nostalgique, mélancolique qui laisse rêver en dépit du décor tragique dans lequel il se déroule. (Jean Dornac)

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http://etlaterreenfanta.blog50.com/vie-d-antan


 
Le facteur, petit Hermès à vélo, chemine sur les chemins de France, il ressent très fort sa mission, il est content d’assurer le lien entre toutes ces âmes ; hier encore, il a apporté le pli tant attendu à Madame Miotte ; elle attendait, inquiète, sur le pas de la porte, le tablier aussi mouillé que ses yeux, il lui a donné le pli qui arrivait du Chemin des Dames, et il a attendu longtemps, jusqu’au moment du retour de son sourire ; il avait même prévu de donner son dernier bonbon au petit Lucien qui tétouillait encore accroché à sa mère ; il l’avait vu naître, le petit Lulu, c’est lui qui avait été prévenir la sage-femme et en pleine nuit encore...

Il sait bien qu’il a encore trois plis à livrer, les nouvelles ne seront sûrement pas aussi bonnes sur le parcours ; il devrait laisser Madame Miotte à sa joie, il se demande à chaque fois comment il va faire pour consoler quand l’enveloppe contiendra des mauvaises nouvelles, de plus en plus fréquentes ; heureusement qu’il est là, mais en même temps, il en a assez, depuis que tous les hommes valides sont partis, il est là sur les routes du canton, à disperser les nouvelles sombres de plus en plus souvent dans une guerre qui n’en finit pas ; Dieu Merci, ils ont renoncé à mettre les enveloppes à bordure noire, comme ça on peut préparer les familles...

Ah, s’il avait l’occasion de lui dire ce qu’il en pense, au Général Nivelle, il s’en priverait pas, si c’est pas malheureux, il les voit pas, lui, toutes ces femmes, qui attendent sur le pas de la porte, le guettent, un nourrisson barbouillé à leur basques, ou un vieux grand-père crachotant à leur côté, mâchonnant une vieille pipe éteinte, il les voit pas lui, comment il doit être là, trouver les mots, rester longtemps, sortir son grand mouchoir à carreaux, celui-là, il a jamais autant servi... et pourtant repartir, en emportant les plis funestes un peu plus loin.

Ah, il lui dirait à ce salaud, mais on les voit jamais ceux-là, bien planqués qu’il sont dans les états-majors...

C’est pas drôle d’apporter la mort, une petite lettre et une vie qui bascule, qu’est-ce qu’elles feront, toutes ces jeunes femmes pour lesquelles le printemps est mort...

Eh, pourtant le printemps, c’est ça qu’il attendait Gaston, en Avril, il fait déjà beau, les jours rallongent bien, quand il enfourche sa bécane, les oiseaux chantent, il est vieux, mais il se souvient de tous ces printemps, quand il emmenait la Julie au bord de la rivière et que les jonquilles leur servaient de lit ; il se souvient de tous ces printemps quand il allait à la pêche avec ses deux fils qui sont tous les deux tombés au champ d’honneur, il n’y a plus que la mort, le Chemin des Dames, voilà un joli nom pourtant marqué d’un crêpe noir à jamais, c’est à ça qu’il pense, Gaston en pédalant, fatigué sur les routes mouillées d’Avril, là-bas, partout la Mort, le Chemin des Dames, comment un si joli nom pour la Camarde ... les routes glissent, Avril I7, on s’en souviendra du Général Nivelle, il aurait mieux fait de rester en Afrique du Nord, heureusement il y en a un, Pétain, dont on parle et qui pourrait bien le remplacer et on espère que cela sera bientôt fini, Gaston pourra de nouveau aller à la pêche avec son petit-fils, il pourra lui parler de son père, un héros, il ne lui dira pas qu’il est mort pour rien, à quoi ça sert...

Gaston pose sa bécane le long de la haie, les jonquilles tendent leurs corolles vers lui, c’est beau, elles oscillent dans le vent, quand il voit ça, il aimerait pouvoir peindre ce mouvement, ce tapis jaune qui flotte, c’est la vie qui est la plus forte, il y aura d’autres printemps...

Il en oublie presque cette funeste veuve avec ses voiles sombres, mousselines de mort, cette veuve qu’est Marianne, ce chemin de la Dame en Noir, là-bas, entre l’Aisne et l’Ailette, joli nom, l’Ailette aussi, rivières rouges de sang...

Quand même, à son âge, reprendre du service, évidemment il n’y a plus un homme valide au village...

Et il reprend son vélo, quand il le pose le long de la clôture de Madame Tronchon, il sait qu’il faudra rester longtemps, heureusement son grand mouchoir à carreaux est sec...

© Claire PRENDKIS




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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 06:43

 

folon0.jpg

© Jean-Michel Folon



                                                           A Andrée Satger


J'évite le papier
qui donne bien trop vite
sa blancheur infinie
à la mine vorace
d'un crayon carnassier…
J'évite la page
que l'on raye de mots
et de ponctuations…
Ô petites blessures
qui déchirent les yeux
où les anges étourdis
avaient posé leurs ailes…
J'évite la page ouverte
où la parole éculée
n'a plus assez de force
pour atteindre la pierre
où commence la vie…
Lorsque j'écris le soir
j'abandonne mon nom
à la branche du monde
je deviens l'anonyme
l'ombre qui se penche
le trait qui se cherche
au carrefour des hommes…
Je répudie le quotidien
je retourne l'espace
où se cache le cercle
imprudent et royal !
Je fouille les entrailles
de l'interrogation
à la pliure même
où l'infini hésite
puis s’accroche au rayon
de la terre qui tourne…
L'horizon s'aventure
sur le perron du vide
où l'empreinte se penche
pour toucher la lumière…
Les murmures de l'aube
sous le ventre du jour
emporteront mon âme
loin du trouble sauvage
que provoque l’écho
assoiffé d'apparences…
Je traque l'éphémère
et le chant diaphane
de la lune qui traîne
le mirage blafard
d’un terrible secret
caché dans l'oubli…
Aurai-je le courage
de muscler ma peur
et de rompre le cou
au vertige immobile
qui sommeille en ma chair ?...
Je ne puis renoncer
à suivre le chemin
que m'indique le vent
ni à saisir le rêve
qui se mêle à mon corps
et danse dans ma tête…
Il existe une voix
que je ne peux comprendre
mais dont l'étrange musique
franchit le seuil du temps…
Elle possède la clef
qui ouvre la parole
inconnue en ces lieux
voués à la poussière…
Je m'allonge dans l'herbe
comme une fleur blessée
où l'Automne chancelle
et je vois le passage
enclos entre les berges
de la saison qui saigne
et je vois le sentier
doucement apparaître
derrière ma conscience
qu’exige mon destin…
Je vois le premier pas
vers cette plénitude
où l'imprudence imagine
de nouvelles étoiles…
Renaître de l'écume
et de l'ombre où défaille
l'heure qui nous éloigne
de cet itinéraire
et comme le Phénix
émerge de ses cendres
j'atteindrai la demeure
où le regard du ciel
pourra nommer enfin
cette lueur qui tremble
dans le creux de mes mains…
Ainsi j'épouserai
la tragédie du monde
qui accueille la mort
dans les bras de nos êtres…
Déjà le coeur se hâte
vers cette renaissance
où les jeux de l'amour
transfigurent la vie
sempiternellement…

© Victor Varjac
Antibes, le 25 août 2007



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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 06:48

Union furtive

Caspar_David_Friedrich_032_High_Resolution.jpg

© Caspar David Friedrich



Ma chimère s'en est allée,
Comme oiseau de mauvaise augure.
Elle a cessé d'être une alliée,
Au terme d'une brève aventure.

A la recherche de tendresse,
Perdue un instant de désert,
Ma solitude devint faiblesse,
Le pré du clos semblait moins vert.

Comme chevrette dans l'alpage,
je me suis laissé emporter,
Ebloui par ce doux mirage,
Sans aucun toit pour m'abriter.

Lune mangée par les nuages,
Ma chimère a bien disparu.
J'ai découvert son vrai visage,
Et mon rêve n'existe plus !

Pierfetz © 2003

http://arciel88.fr/bibpoesiespierrot/II-5Miragetchimere.htm



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