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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 06:39
Les amours mortes – Jean Dornac
 
 
 
 
Cette main qui ne vient plus
Cette chaleur qui ne me caresse plus
Cette peau qui a oublié la mienne
Cette douceur trop vite devenue haine…
Pourquoi es-tu partie
Me laissant loin de ma vie ?
Ce triste jour, en me quittant
Tu as détruit mon cœur aimant…
 
Pourquoi tant de cruauté
Au point de m’abandonner
A cet absurde sort
Qui ressemble déjà à la mort…
L’amour trahi lorsqu’il fut beau
C’est comme douze balles dans la peau.
Ce n’est rien d’autre que l’exécution
D’un cœur jeté en éternelle perdition…
 
Plus jamais, tes lèvres sur les miennes
De notre amour ne seront gardiennes
Plus jamais en te voyant
Je serai fier d’être ton amant
Plus jamais ton insouciance
Rompra mes impatiences…
Plus jamais je ne sourirai à la vie
Je n’ai plus ni goûts ni envies…
 
Tu pouvais faire de moi un homme
Mais tu m’as pris pour une pauvre pomme !
Pourtant, en rien tu n’as été récompensée
Ton salaire s’appelle solitude assurée !
Nous ne vieillirons pas ensemble
Tant mieux, notre malheur trop se ressemble
Je n’ai nulle envie de me voir en te regardant
Ton corps, désormais, est trop glaçant !
 
Et dire qu’avant de te connaître
A l’amour, je ne voulais que naître !
Je t’ai tant attendue, jusqu’au ciel et ses nues
Parcourant les champs et les avenues…
Je ne savais pas qu’en t’aimant
C’est de la mort que je devenais amant…
Le pire crime sans possible indulgence
Sera toujours le meurtre de l’espérance…
 
©Jean Dornac
22 juillet 2015
 



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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 06:54
Je me drape – Michel Bénard
 
 
 
                                                     La flamme en quoi tout commence et tout prend fin.
                                                            Yves Bonnefoy. 
           
                                                                                                 
Je me drape des lactescences du songe,
Réinvente l’instant magique de l’interrogation
Estompant toutes certitudes ancestrales,
Erigeant toutes possibilités d’espérance.
A la mine de plomb et poudre de charbon
J’esquisse un prélude aux couleurs du temps,
M’invente d’inénarrables mystères
Déposant sur le cœur juste ce qu’il faut
De transparence au bonheur.
Cinglant sur les profondeurs océanes
De valeurs en errance,
Lieu d’exil des identités de cendre.
L’âme postée en vigie
Je scrute au-delà l’horizon,
La possible apparition d’une terre nouvelle
Porteuse des humus de l’origine.
 
©Michel Bénard.
 



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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 07:08
Je cherche – Ode
 
 
 
 
Je cherche des morceaux d’âme
Sur un bateau de neige
Pris dans la glace
Sur les rives du fleuve

Je cherche des morceaux de ciel
Étouffé derrière l’avalanche de nuages
Dans la saison enlumineresse
Aux écritures anciennes

Je cherche des morceaux d’enfance
Camouflés dans les courtines du Temps
Dans la blancheur des bancs de neige
Où glissent les traînes sauvages

Je cherche des morceaux de fleuve
Perdu sous des monceaux de glaces
Dans l’attente de l’hirondelle
Même si elle ne fait pas le printemps

Je cherche des morceaux de toi
Égaré dans mes tempêtes, mes poudreries
À la dérive de mon regard
Tel des anges, les amours de nuit

Je cherche des morceaux de moi
Sur les ailes des oiseaux de froidure
Qui volent au-dessus
Du vitrail blanc des hivers

Je cherche des morceaux de nous
Oubliés dans les archives des ans
Par delà les sables et les glaciers fondants
Avec la peur au ventre, de les retrouver...

Et je cherche...
 
©Ode
 



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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 06:31
Musc et Henné.- Djida Cherfi
 
 
 
 
Je décorerai ta tombe de musc et de henné,
D’une lettre manuscrite que je couvrirai de baisers.
Dans une prière improvisée je te raconterai mes détresses,
Des larmes vont couler, tu ressentiras ma tristesse.
A genoux sur le sol froid, tu verras mon désarroi,
Et sur mes épaules le poids des autres qui pleurent que tu ne sois plus là.
Ils m’ont demandé d’écrire un poème pour toi,
Ils ont dit : « Toi qui écris redis nous joliment sa vie !»
Les souvenirs ne suffisent pas, il faut que je leur parle de toi,
Même si tu vie en chacun de nous
Les images sont fragiles et elles deviennent floues.
Comment te décrire, en pensant à toi, je ne sais plus écrire ?
Et eux, que diraient-ils?
Qu’auraient-ils à raconter, si moi je leur demandais ?
Sans doute diraient-ils que tu étais rigolote,
Chacun raconterait une de tes anecdotes.
Ils te décriraient sûrement comme la gentillesse incarnée,
La bonté et le dévouement en symboles personnifiés.
 Tu aimais tout le monde, tu aimais les gens,
Tu croyais en tout le monde, bon ou malveillant.
Tu justifiais les fautifs sans jamais penser à toi,
Tes messages suggestifs d’amour et de bonne foi !
Les jours de fête ta générosité
Surchargeait tes bras de gâteaux variés,
Des délices traditionnels que tu offrais
A ceux qui de leur visite venaient t’honorer.
Aux enterrements comme aux mariages
Tu étais l’élément clef, 
La responsabilité et le courage,
Celle dont la sagesse guidait.
Je déposerai sur ta tombe du musc et du henné,
Une lettre manuscrite qu’ils couvriront de baisers.
Entre les lignes d’un trop court poème,
Tu verras l’amour de chacun en grand « Je t’aime ».
 
©Djida Cherfi
Mai 2015
 



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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 07:14
En recherche d’Amour – Pierfetz
Photo J.Dornac©
 
 
 
Avec amour j'ai cultivé
Toutes les fleurs apprivoisées,
Celles qui ont droit de cité
Dans mon jardin, bien alignées,
Et l'esprit libre et en repos
Je me suis endormi trop tôt.

Les fleurs sauvages sont passées
Le long de ma propriété.
D'un seul regard, d'un'(e) silhouette,
Elles ont porté vent et tempête
Jusqu'à mon intérieur secret.
A présent me voici inquiet.

En plein coeur du jardin ell'(es) poussent
Sauvagement enracinées
Recouvrant tout comme une mousse
Menaçant ma tranquillité,
Etouffant les plus belles pousses
D'une jeunesse bien cultivée.

A l'automne de nos projets,
On chasse, après le moyen âge,
Dans notre beau jardin secret,
Le bel attrait des fleurs sauvages
Que l'on arrache avec regret
Parce qu'il faut bien être sages.

Par tous les temps je t'ai cherchée
Au loin, ma beauté, mon amour
Je ne pouvais tout oublier
La neige, le soleil, les beaux jours,
Les fleurs sauvages, les églantiers,
Les belles de nuit, les belles de jour.

Parfois comblé, parfois blessé
Je n'ai jamais rien oublié.
Coeur transpercé n'est pas toujours,
A jamais fermé à l'Amour.
Qui m'a poussé si fort vers toi
Comme un héros, un hors-la-loi ?
J'ai parcouru sans grand regret
Les plaines, les vallées, la forêt
Cueilli l'édelweiss des sommets,
Et la fleur jaune des grands marais.

Bien loin je t'ai souvent cherchée
Et toi, mon amour, mon aimée,
Tu étais là, tout près de moi
FORCE d'Amour au fond de moi
INEFFABLE présent rêvé
Tendresse des autres, Amour de Toi !
Ma symphonie inachevée !
 
Pierfetz©
 



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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 06:58
Liberté – Thierry Deschamps
" Exécution " YUE MINJUN


Lutter jusqu'à la mort pour découvrir la vie,
Ignorer toute peur pour créer l'Utopie,
Briser chaînes et carcans pour retrouver son âme,
Explorer l'univers pour enrichir sa flamme,
Retrouver ses racines pour sortir de l'enfance,
Trouver la clé du monde pour croire en l'espérance,
Évincer dieux et diables, être un Homme accompli !

~~*~~
 
©Thierry Deschamps
 
 

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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 06:45
Le grenier enchanté – Michèle Freud
 
 
 
 
Quand, petite fille, j’ouvris pour la première fois la porte du grenier de ma grand-mère, je restai quelques instants immobile sur le seuil, comme pétrifiée : dans tout ce fatras d’objets disparates, je n’avais d’yeux que pour un mannequin gigantesque, quelques poupées difformes, qui, j’en étais sûre, me regardaient d’un air menaçant. Je pris peur et je voulus fuir cet endroit qui ne pouvait être que le repaire de monstres terrifiants. J’allais faire demi-tour, quand je perçus autour de moi des murmures, des rires discrets et même des chants. Tous les objets paraissaient s’animer, non pour m’attaquer mais pour me souhaiter la bienvenue. Et moi qui les croyais redoutables ! Ils voulaient, au contraire, m’inviter dans leur étrange domaine, me faire découvrir cette île aux trésors. J’étais soulagée, rassurée et brusquement, je fus soulevée par un élan d’enthousiasme qui, m’était, jusqu’alors, inconnu. Et le cœur battant, presque sur la pointe des pieds, je pénétrai dans cet endroit magique qui fut, durant toute mon enfance, mon royaume enchanté, ma maison aux sortilèges, mon lieu de métamorphoses. Là, j’avais rendez-vous avec des personnages que j’inventais, surtout des clowns, des musiciens et des troubadours, mais aussi des aventuriers et des explorateurs. Pour bien les recevoir, je décorais « mon chez moi » soit avec des rubans de velours, des bouquets secs aux couleurs tendres et surannées, soit avec des tissus moirés et quelques coquillages. Dans une malle tapissée de toiles d’araignées, j’avais trouvé des jupons brodés, des corsages en taffetas, un chapeau fleuri, un châle défraîchi. Avec ces vêtements d’une autre époque, je me transformais pour accueillir mes invités imaginaires. Je créais joyeusement toutes sortes de situations : comiques, farfelues, bouleversantes, fantastiques… Quelquefois, je donnais congé à mon imagination. Alors, dans ce cadre voilé de mystère, je plongeais doucement dans une longue rêverie : j’étais en état d’apesanteur, passagère d’une brise vivante ; je flottais dans l’air, aussi légère qu’un flocon de neige, tandis que le temps, pour moi, ralentissait sa course, la suspendait presque…
 
Malheureusement, les années ont passé. Le grenier de ma grand-mère n’existe plus. Mais mon île aux trésors n’a pas sombré dans l’océan de l’oubli.
 
Aujourd’hui, « mon grenier » est partout où je peux déployer mes ailes et devenir oiseau…
 
©Michèle Freud

 


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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 07:08
TU RESSEMBLES A LA MUSIQUE... - Anna De Noailles
 
 
 
 
Tu ressembles à la musique
Par la détresse du regard,
Par l'égarement nostalgique
De ton sourire humble et hagard ;
Les plus avides mélodies
Qui me boivent le sang du cœur,
N'ont pas de forces plus hardies
Que ta faiblesse et ta pâleur.
Les lumières dans les églises
Ont le même rayonnement
Que ton visage, où je me grise
Du goût d'un nouveau sacrement.
Tu n'es qu'un enfant qui défaille,
Mais, par les rêves de mon cœur,
Tu ressembles à la bataille,
A Jésus parmi les docteurs,
Aux héros morts sous les murailles,
A tout ce qui lutte et tressaille,
Au Cid sur un cheval dansant,
Au martyr dans le Colisée.
Sur qui la bête, harassée,
Passe, comme un linge apaisant
Tout trempé d'amour et de sang,
Sa langue calme et reposée...
 
Anna De Noailles
 
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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 06:48
Brève rencontre – Denise Bernhardt
©Vladimir Kush
 
 
 
Je t’avais offert mes lèvres
En fermant les yeux
Pour que tu viennes en orfèvre
Me divertir un peu.
 
Mais je n’eus pas
Ta bouche douce
Comme un pétale
Sur ma bouche.
 
Alors je mis ma tête
Dans ton cou,
Et dans la rivière de mes cheveux,
Je te noyais de baisers.  
 
© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.


 


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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 06:51
Nouveau souffle – Luce Péclard
©Rafal Olbinski
 
 
Sur ton chemin de solitaire,
Plus une âme en vue en arrière.
L’espace étroit s’est élargi,
L’horizon se perd dans la brume,
Happé par les lignes de fuite.
Un vide étrange au loin t’appelle
Et t’attire vers son vertige.
La fougue te saisit,
Risque et danger te guettent.
Mais un air neuf
A pleins poumons
Fait qu’alors
Tu respires !  
 
©Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « Pars si tu peux » aux éditions du Madrier


 

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