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11 octobre 2020 7 11 /10 /octobre /2020 06:59
Oeuvre de Jeanne Champel Grenier

Oeuvre de Jeanne Champel Grenier

A propos de MILOUD KEDDAR,
 
né à Mascara en 1950, est un poète français, peintre théoricien de l'art.
 
Poète-penseur apprécié par son style épuré très personnel animé d'un message profond. Ses poèmes, proses ou chroniques sont édités par Parole &Poésie, Ed. du Panthéon, Le Petit Rameur, La Porte, Écrits du Nord, Flammes Vives... et proposés dans plusieurs revues de poésie :
TRAVERSÉES, VERSO, ROSE DES TEMPS, CABARET, DÉCHARGE, FRICHES, COMME EN POÉSIE et COULEURS POÉSIE 2
 
Actuellement, Miloud KEDDAR se bat contre la maladie ...et continue à écrire. Ses mots nous vont droit au cœur, et l'esprit s'en trouve anobli.
 
Jeanne Champel Grenier
 
* * *
 
 
Ton aile blessée – Milloud Keddar
 
Ton aile blessée, tu détournes le visage du ciel, ton corps alors à la terre demande de panser la blessure. Parfois une aile qui tombe peut ouvrir à une vérité oubliée.
 
(L’aile blessée, tu accèdes au réveil, la phrase du ciel aura été un détour, ton corps en sommeil !)
 
Une lampe allumée en plein jour est cette aile dans le vague du ciel, et si la lumière du jour vaut plus, nous rêvons toujours de la lumière d’un jour de désir.
 
(Je veux d’une lampe, je veux une aile au réveil, je veux une aile les pieds sur terre !)
 
©MILOUD KEDDAR

 

Oeuvre de Jeanne Champel Grenier

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30 septembre 2020 3 30 /09 /septembre /2020 06:34
 
                                                                                 à Paul Mathieu
 
 
I. Le marcheur - vers l'avant
 
Regarde cet homme là-bas,
Il marche
Devant lui,
Est-ce le marcheur de Giacometti ?
Il marche du lever du jour au coucher et
La nuit venue, il s'allonge sur terre
Se sachant de glaise et terrien, mais
Pour quel destin ? Le destin de mortel ?
Ou est-ce seulement de refus et ange
N'étant plus
Et ne voulant du « dasein »
De jour comme de nuit ?
(Lève-toi et marche
Dit pourtant la prophétie
Au marcheur de Giacometti!)
Et pourtant je marche mais
N'est-ce pas vers la nuit ?
Car tu es l'ange déchu, lui répond
La voix venue de plus loin que lui,
La voix de la prophétie
 
II. La pomme y est
 
Nous marchons sans heurts
Vers le bois, l'arbre est là
Avant nous, il nous a précédés,
Nous a préparé la terre alors
Que nous étions dans une oasis
Quelque part ; l'arbre est notre
Ami, mais nous ne descendons
Pas de lui, par contre la pomme,
Oui, et de fruits et de connaissance
(Mange dit une voix de plus bas ;
Celle qui sait la condition)...
 
©MILOUD KEDDAR
 
 « Une pomme d'ombre » est le titre d'un livre
de Paul Mathieu auquel j'ai par le passé consacré
une chronique qui fit l'objet d'une parution sur
le site de la revue belge TRAVERSÉES
Paul Mathieu est un écrivain belge, membre de
l'Académie Luxembourgeoise 
 
 
 
 
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28 août 2020 5 28 /08 /août /2020 06:23
Dessin de Jeanne Champel Grenier©

 

 

 

...Monter aussi loin que je pourrai, je ne trouve que ta présence, mésange, et la présence du pinson, de l'alouette et de la tourterelle et aujourd'hui, moi vieillissant, je me confie à toi, ange, et à l'amie la tourterelle qui dès qu'elle le peut vient me saluer, fraternelle et amicale ;

et toi, portant le ciel sur tes ailes et elle, la tourterelle, au plumage de feutre et d'argent, êtes mes proches parmi les miens, et Françoise et Matthias et le chat Petigris ( chat syrien, dit Françoise) ajoutés à l'écriture de poésie, à la pratique de la peinture, voilà tout ce que j'ai maintenant de précieux et de cher...

 

©MILOUD KEDDAR

 

Extrait de « Ma compagne »

Ed. Parole & Poésie

Collection de l'Églantier

 

 

 

 

 

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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 06:34

                                                            

Prose poétique

 

 

 

Préfacée par Gérard PARIS et posfacée par Patrick PICORNOT, voici une œuvre portée avec respect et admiration sur les fonts baptismaux. Que pourrais-je dire de plus sinon que ce titre positif : « Les recommencements » nous touche profondément à un moment où son auteur affronte en combat singulier la maladie. C'est donc un titre d'avenir et il nous plaira de le prendre ainsi.

Rappelons que le poète né en 1950 en Algérie Française a déjà vécu plusieurs vies : il fut enseignant en aérométéorologie dans l'armée, à Tafraoui, et ensuite guide-chef d'expéditions touristiques aux frontières du désert en pays touareg ; après quoi, en 1976, il décida de migrer en France où il devint le poète, peintre et philosophe que nous connaissons, grâce à ses chroniques dans les revues de poésie TRAVERSEES et VERSO.

 

Pourquoi ce titre : Les recommencements ?

Ne dit-on pas :« La vie est un éternel recommencement » ? ce qui signifie souvent lassitude et manque d'originalité ; or ici, il s'agit d'accueillir les perpétuels signes de renouveau en toute chose pour celui qui s'applique à lire entre les lignes de l'apparence : il arrive alors qu'on s'aperçoive que dans une même vie et à tous les niveaux, s'enchainent « les recommencements ». C'est le cas de tous ceux qui sont en quête des chemins qu'ils ont en eux, n'ayant pas peur des bifurcations, des départs définitifs, puisque c'est ainsi que l'on progresse dans la découverte de soi, en amour comme pour tout le reste :

 

L'aube et la fête aux portes de l'oasis. Là, je l'ai rencontrée, la bouche réinventant l'écume. Ah  la femme venue des eaux, lorsque ton corps en braise vibrant éclaira le désert de mes bras !...Sais-tu, je n'ai pas oublié, la dune guide mes pas, les dattes portent l'aurore de mes amours. Maintenant, je pars, je suis parti ! (L'aube en fête p.41)

 

Et puis un recommencement :

 

Je pose sur tes lèvres ma dernière écriture. Sois heureuse, le jour se lève entre tes bras. France France, le jour fluide, fruité, clair en un soleil de chair. Sois fière, il n'y a de la chaleur que dans les draps de ton corps ! ( Lettre seconde. p.42)

 

Il arrive parfois qu' une simple rose devienne un signe qui rappelle la foi, ce silencieux chemin qui continue en soi et chaque jour ''vous'' recommence :

 

La rose de mon balcon est un pont entre les hommes aimant à s'émerveiller, un pont entre les peuples, au-delà des frontières, au-delà des continents et je salue Marie car devant la rose de mon balcon je suis comme « ...un mendiant retrouvant sa monnaie », je vous salue Marie » !

 

Dans la parole de cet auteur demeurent des mots de Sage antique, parfois des paraboles, souvent des mots d'oracle modeste comme le sont les Anciens respectés des peuples africains, des mots non sentencieux. Car ce que nous révèle le poète ce sont aussi ces recommencements quotidiens quasi invisibles qui créent la joie, la vie, par la rencontre fortuite ( ''Certains sans le savoir ont accueilli des anges ''  disent les Écritures dans Hébreux 13:2 ) Dès le premier texte, d'ailleurs, l'auteur nous révèle en tout simplicité, mais avec sa parole bien à lui nourrie d'une lecture instinctive des signes, ce qu'est la naissance de l'amitié, là où l'on n'aurait vu qu'une rencontre parmi tant d'autres :

 

 C'était le mois d'avril, ou peut-être en mars, ou peut-être en mai...la table garnie, la vie qui fleurit, et la conversation...nous nous sommes découvert un lien de quelque chose d'autre que le  « Salut, comment vas-tu ? » de plus que le « tu »...Est-ce ainsi que naît le besoin de ce que j'appelle « la connaissance du beau jour »  cet accès qui préfigure une amitié...Et maintenant que tu es loin, je peux te dire : l'amitié ne se peut que si elle a nom « l'affection ». On n'aime pas, on apprend à aimer ! ( L'exercice de l'amitié p.13)

 

Pour le poète, les rencontres amoureuses et les moments d'amitié sont toujours des aubes nouvelles où recommence la vie :

 

Ton cou brûle dans la brume de tes cheveux ( L'orage de la rose p 34)

 

Ni l'Ombre de la Pomme ni le Chacal n'arrêtent celui qui marche vers la lumière, ni la nuit parce qu'elle n'est qu'une attente du jour...(Que le jour se lève p 53)

 

Il y a eu cette angoisse de n'être que ce « nous deux » quand l'horloge pouvait décider de plus de pommes sur l'arbre, une autre main dans la sienne, un ou plusieurs regards sur le rêve d'être deux. Si nos corps ont plus d'une lune, nos cœurs sont encore du matin.( L'horloge du matin p 33)

 

Je te vois marcher mon ami, tu vas où comme ça ? Je marche, je marche, comme tu vois, je marche dans la nuit pour que se lève le jour. Ainsi depuis l'origine nous marchons pour que la lumière soit.( En lisant « Une pomme d'ombre » de Paul MATHIEU) ( p .53)

 

La vérité dans tout cela ? Après avoir lu « Les recommencements », on ne peut s'empêcher de ''recommencer''. Car on apprend vite à aimer la parole poétique de ce voyageur qui parle la langue du perpétuel renouveau du cœur et de l'esprit, en ménageant des pauses, des silences qui donnent du relief aux rencontres. On suit pas à pas ce voyageur épris de lumière et d'amitié, cet homme droit venu des sables afin de s'accomplir dans le partage. La vérité c'est aussi qu'aucun vent ne pourra effacer ses mots, aucun retour à la case départ ne pourra nier ses œuvres écrites ou peintes ; son œuvre se déplacera s'il le faut, par le bouche à oreille, de mémoire en mémoire accompagnée du chant des dunes, à l'infini...

                                                                                                       

Jeanne CHAMPEL GRENIER

 

 

LES RECOMMENCEMENTS - Miloud KEDDAR - 14 euros

 

Ed. Flammes vives

17 rue Georges Léger

Le Coudray

28130 Saint Martin de Nigelles - France

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21 juillet 2020 2 21 /07 /juillet /2020 06:40

 

 

 

Présentation par Jeanne Champel Grenier : Peintures de 2015 à 2019

                                                                   

                                                      

 

 

                 La peinture de Miloud KEDDAR est puissante, sobre à la fois ; c'est celle du geste qui imprime avec force une idée, un sentiment, une douleur. L'artiste est dans l'urgence d'expression, sur une trajectoire terrestre qu'il sait fugace ; il ne s'embarrasse pas de plaire mais de dire, il exprime et imprime un ressenti indélébile, les codes choisis sont simples : tout comme l'enfant qui ne ''représente'' pas mais ''se dit'' tout entier dans le geste.

 

                 Il ne s'agit pas ici d'une invitation à la promenade de sérénité :''Venez admirer le coucher de soleil'' Non ! Il s'agit de traces laissées comme les Primitifs sur la roche, afin de marquer un lieu comme sacré, un lieu de mémoire, et pour dire, dans l'urgence l'intériorité de l'homme qui passe, pour marquer cet endroit de façon indélébile. Peindre n'est pas un divertissement, c'est un acte de foi ou de non foi, une quête de sens. Les œuvres de Miloud KEDDAR sont des œuvres symboliques explicites qui indiquent un champ ( parfois un chant) de réflexion profond, un univers de questionnement, mais un univers lié à l'humanité, avec sa douleur, sa cruauté, mais aussi ses ancrages d'amour. C'est un chant de solitude et de silence avec parfois une comète d'espoir qui traverse son univers.

 

                 Il est question aussi de ressusciter certaines traditions véhiculées par la religion. Quelqu'un qui cherche l'Absolu se doit de questionner la passé. Certaines croyances ne sont pas inutiles à reconsidérer. Tel est le but que se propose Miloud KEDDAR dans l'oeuvre intitulée « ICON CRISIS VERA » qui signifie icône authentique ( en Grec). Un visage d'homme avec une barbe , un profil stylisé couché à l'horizontale, visage que l'on confond avec des montagnes enneigées et de la végétation, ce profil regarde le ciel immobile avec son soleil fixe, chauffé à blanc, rond, cerclé de noir, le tout sur un fond or, de celui qu'on utilisait pour les icônes ; l'ensemble, très simple, pur, immobile incite à la pose, à la réflexion ; noir qui définit la ligne d'horizon est en fait la continuité du visage, le cou ou bien la tunique.

 

                Ce tableau est vertigineux de silence. Le sujet est né de la tradition de Sainte Véronique pleureuse des Juifs qui aurait par compassion passé un linge blanc sur le visage, couvert de sang et de sueur, du Christ montant au Golgotha. C'est ce geste de piété initié par une femme qui a inspiré Miloud KEDDAR. Ce linceul dit ''de Turin'', controversé, pose des questions : tradition ou geste divin ? Quoi qu'il en soit, l'idée est belle et le peintre reconnaît ici les gestes de courage et de compassion d'une femme ; par le choix de ce sujet, l'artiste met la femme à la place d'honneur que beaucoup lui refusent.

 

                C'est ainsi que l'oeuvre : «  ICON CRISIS VERA » aux antipodes de la '' Sainte Véronique'' de Hans Memling ( National Gallery of Washington), provoque notre attention par sa modernité d'inspiration et d'exécution. Il y a de la pureté dans cette composition sobre, équilibrée, et une sorte d'appel à la contemplation. Chaque œuvre de Miloud KEDDAR est à elle seule tout un monde de profondeur qui pousse à la méditation.

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

  

 

 

 

 

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