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4 janvier 2023 3 04 /01 /janvier /2023 07:38

 

Une pomme encore verte
dort sous un pommier
elle en avait assez de sécher 
au soleil trop chaud de juillet
Intrépide, elle a sauté
pour découvrir le monde d’en dessous
Une fois dans le pré, elle a ouvert un gîte
elle en rêvait
Une mouche est venue visiter
elle a laissé en souvenir
un petit ver entreprenant
qui a ouvert grand porte et volets
Et pour se requinquer
il a tout mangé
ne laissant que trognon et pépins
 

Ce n’est pas plus tragique destin
que de finir sous la dent
d’un homme trop pressé.
 

 ©  Bernard Delpech
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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29 novembre 2022 2 29 /11 /novembre /2022 07:35

 


L’amour de toi est amour du monde
le désir de t’aimer est vibrant de vie
 
Ta grâce est le souffle du vent qui caresse l’épi
le soleil du matin qui joue dans le feuillage
la colline alanguie qui effleure l’azur
 
Ta joie est l’oiseau virevoltant
éperdu d’amour à l’aile de l’oiselle
 
Ta tendresse est l’enfant au sein de sa mère
la vague d’écume qui caresse la grève
le ciel rose et or au jour finissant
 
Ta beauté est la beauté du monde
empreinte de pluies et de vents
de soleils frais éclos au matin
de nuits, havres de baisers ardents
 
L’amour de toi est amour du monde
en t’étreignant, je l’embrasse
nos baisers sont nuages, nos caresses sont jours
notre désir est nuits
 
©  Bernard Delpech                  
 
 
 
 

 
 
 
 
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21 octobre 2022 5 21 /10 /octobre /2022 06:43

photo Hélène Bourgès

 

A l'aube, des bruits feutrés brassés par le vent.
d'angélus, de chant du coq et de bêlements.
Et dans le soleil naissant dansent des papillons.
Ils sont des âmes errantes
revenues vers un monde oublié
pour s'envoler très vite, tout regret dissipé.

Tout petits et discrets,
les papillons blancs sont des âmes d'enfants.
Les papillons bruns, rescapés de la nuit,
sont des âmes lourdes de la douleur d'exister.
Les papillons bariolés sont des âmes de peintres
ou de clowns, je ne sais.
Il est un papillon bleu fatigué de voler,
arrivé de si loin, âme de Prusse ou d’outremer.

Parfois vient voleter une âme lumineuse
d'ange ou de nouveau-né.
Elle ne s'offre qu'aux regards purs,
et disparaît très vite, envoûtée par l'azur.
A ton épaule, un papillon est resté,
Âme éprise de toi à jamais.

 

©  Bernard Delpech                  

 

 

 

 

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8 septembre 2022 4 08 /09 /septembre /2022 06:35
Photo reçue de l’auteur

 

J’ai vu un cheval rouge courir sur la lune
pleine de lumière, ronde comme un melon.
C’est un vieux cheval à la crinière triste,
maigre, le dos voûté,
les côtes saillantes d’avoir trop porté.
Pourquoi est-il rouge ?
De honte, pardi !
D’avoir osé s’enfuir, quitter son maître,
qui souvent le battait mais qu’il aimait,
par habitude ou lâcheté.


Il saute bien haut pour un cheval fourbu !
Non ! la lune en avait assez
de le voir souffrir, de l’entendre gémir.
Alors, une nuit, elle est descendue
et sur son dos l’a enlevé.
J’ai vu un cheval rouge danser sur la lune.
Quand elle est éteinte
il vient dans le noir partager mes rêves
et sur son dos m’emporte au chemin de l’espoir.

 

©  Bernard Delpech
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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19 juillet 2022 2 19 /07 /juillet /2022 07:12
Photo Hélène Bourgès©
 
 
 
Je ne t’ai pas trouvé, je t’ai mal cherché
Derrière les nuages, au plus profond du ciel,
Dans des mots convenus, divin ou éternel,
De vains rabâchages en postures inutiles.
Tu étais déjà parti, ou jamais venu.
Prince du silence et de la solitude,
Voyageur immobile, ta maison est partout
Et nulle part.
Ton soleil nous inonde, et nous ne voyons rien.
Nous aimons les fables, et frissonner de peur.
Ma quête est bien finie,
Je suis empreint de toi, baigné de ton amour,
Tu es en toute chose pour qui sait regarder,
Et s’en remet à toi.
Tu es Celui qui est.
 
©  Bernard Delpech
 

 
 
 
 
 
 
 
 
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3 juin 2022 5 03 /06 /juin /2022 06:53

Photo Hélène Bourgès©

 


Ultime arrêt avant la nuit
Plonger au plus profond
Dans le récif de nos vies.
Que d’épaves échouées
Que de caps oubliés
D’espoirs abandonnés
Aux lames qui cassaient
Et repartaient au large
Chargées de nos regrets
Dans des vapeurs de larmes
Et soudain ta lumière,
Au loin, dans les nuées
Tu reviens me chercher
Me prendre par la main
Plus de peur dans nos yeux
Les chagrins oubliés
Le jour va se lever
Pour nous sauver enfin

 ©  Bernard Delpech
 
 
 
 
 
 
 
 

 

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28 avril 2022 4 28 /04 /avril /2022 07:08
Il y a des mots qui entourent l’amour - Bernard Delpech

Photo Hélène Bourgès©

Il y a des mots qui entourent l’amour,
sentiments, émotions,
manque, émoi, toujours.
il ne faut pas les croire,
ils peuvent faire semblant.
Il faut les ouvrir, comme on coupe un fruit,
découvrir l’intérieur,
parfum, chair et pépins,
en goûter le jus, sucré, doux, subtil.
 

Le vrai amour se nourrit d’autre mots,
admirer la forme et la couleur,
fendre l’écorce,
soulever la peau, aller au cœur,
mordre à pleine bouche la pulpe sucrée,
savourer le nectar qui coule au bord des lèvres.
Parfois le fruit mûrit trop vite,
un peu passé, déjà sec,
plus rien à partager,
on le laisse tomber et puis on s’éloigne.
 

L’amour finit souvent ainsi
et laisse le souvenir
de la première fois où on l’a goûté,
le grain d’une peau douce,
au parfum jamais retrouvé.
 

©  Bernard Delpech
 
 
 
 
 
 
 
 

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14 mars 2022 1 14 /03 /mars /2022 08:47

 

Photo Hélène Bourgès©

 

 


A la semelle des vieux souliers,
Tant de départs à l’aube,
Un rai de soleil perce la brume,
Chaque pas est abandon.

 

Fine poudre des sentes du causse,
Rebond des cailloux, rapiettes effarouchées,
La boue du ruisseau, caché dans les herbes,
L’eau qui s’insinue, morsure glacée.

 

De trop de route, le lacet cassé,
La ficelle bleue de la botte de foin,
Les pieds las, la fatigue joyeuse,
La cendre du feu au soir finissant.

 

Marcher sur les chemins de pluie,
Ou happé par la dune au désert,
Oublieux du monde, couper à travers,
Sans laisser de trace, serrer mon chemin.


 
©  Bernard Delpech
 
 
 
 
 
 
 

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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 07:31
Photo Hélène Bourgès©

       

Au bord de ma rivière
La guinguette a disparu
Et les fritures de goujons
Le vin blanc qui fait tourner les têtes
Les danseurs du dimanche
Et la complainte de l’accordéon
Plus rien que quelques planches verdies
Et une fenêtre ouverte sur des souvenirs
La vie n’est que sable qui file entre les doigts
À mes yeux clos glissent les rires des filles
Les cris joyeux des baigneurs
L’amour ne donne jamais assez d’amour
Serre-toi contre moi, ton corps effarouché
Nos baisers éblouis de leur audace
Abandonnés l’un à l’autre
Nos yeux émerveillés
Notre solitude aimante
Demande toujours plus
D’amour et de solitude
Le temps nous oubliera.
 
©  Bernard Delpech
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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21 novembre 2021 7 21 /11 /novembre /2021 07:30
Photo Hélène Bourgès©


 

 

Grand-père, dis-moi, c’est comment une âme ?
Mon petit, l’âme, ça ne se sait pas,
Ça ne se raconte pas.
Peut-être en verras-tu, un jour,
Si tu sais ouvrir tes yeux et ton cœur.
Peut-être…
Dans les cris joyeux des enfants, sautant dans la vague,
Dans les yeux du chaton à la patte cassée,
Dans les doigts des amants qui désirent et se serrent,
Au souffle du vieillard à ses derniers instants,
Dans les mains gercées du bûcheron fourbu,
Au fil de l’araignée volant à tous les vents,
Dans le tendre sourire de l’amante,
Dans le silence d’un matin ou d’une nuit,
Au détour du chemin qui, sans fin, serpente.
Je sais une âme qui dort, au cœur d’une pivoine,
Lassée d’avoir trop vu, trop déçue par les hommes.
Cherche sans vouloir, mon petit,
Tourne tes yeux vers le soleil et la lune, 
Écoute la joie, elle te guidera.
 
©  Bernard Delpech
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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