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23 septembre 2020 3 23 /09 /septembre /2020 06:30
Photo J.Dornac©

 
Un vent farfadet s'amusait à éparpiller les bulles d'écume flottant sur un ruisseau qui roulait joyeusement ses clapotis. Une fraîcheur goûteuse comme une feuille de basilic ruisselait sur les herbes, les boutons d'or, les ficaires et les myosotis.
 
Sur une branche, un oiselet apprenait ses gammes : le nid tintait comme un grelot. Partout dans la nature la joie scintillait en notes bleues :
une invite à déguster le coulis de la journée, un coulis de lumière et de citronnelle, un coulis de mots plus pimpants qu'un pré de renouées bistortes, un coulis de fleurs cueillies à l'aurore...
 
©Michèle Freud
 
 
 
 
 
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1 septembre 2020 2 01 /09 /septembre /2020 06:47
www.le-courrier.ch


 

 

 

 


Depuis trois jours, il pleuvait. Marie eut envie de jeter sur du papier, toutes les idées qui lui venaient. Mais quand elle se relut, ce fut la catastrophe : toute cette marmaille de mots n'était que pure racaille. Ainsi son imagination ne lui avait offert qu'une soupe infâme et insipide. Un vrai désastre !


Or son imagination semblait, jusqu'à présent, un bel arbre au feuillage luisant. Maintenant elle n'était plus qu'un arbuste rabougri et desséché qui demandait un bon arrosage.


Marie était déboussolée. Elle décida de partir respirer un bon coup en pleine nature. Elle emprunta un sentier qui batifolait entre des haies d'aubépine, traversait des futaies de myrtes et parvint à une hêtraie mystérieuse et l'enthousiasme bourgeonna dans ses veines. Elle regardait, regardait, subjuguée et soudain la magie fut dans la forêt. Tout prenait les couleurs d'un livre d'images.


Marie se perdait dans un paysage féérique où des arbres en dentelle sortaient des fenêtres et des toits d'un château baroque.


Un vent léger se fit conteur. Sous la frondaison, il se mit à pleuvoir des poèmes et des histoires. Marie se gavait de mots patauds ou endimanchés, de mots avec des petites coutures de tendresse, de mots d'herbe, de trèfles et de sainfoin. Elle pénétra dans leur peau comme on pénètre dans la lumière rose d'un chant. Elle rentrait dans une espérance, un désir, un appel, un départ. Désormais elle se sentait prête pour de nouvelles semailles. Et puis elle avait un rêve : construire une cathédrale de mots. 


Et ce rêve, elle le porta dans ses bras jusqu'à sa maison, comme une cargaison de lumière...
 

©Michèle Freud

 

 

 

 

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4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 06:22


 

 


Enfin, ils ont réussi, quelle joie ! 


Cette joie, je ne la gère pas, je la vis, je la crie, je la hurle, je la danse, je la chante, je la mime, je la raconte : joie-graminées qui secoue ses graines sous la brise, joie mutine qui butine sur le thym, joie-nuage au ventre mauve, joie-soleil levant, joie-girandole qui palpite sur une branche de cèdre, joie-étincelle aussi vive qu'un furet, joie bleue, plus bleue que bleue.


Joie, ma petite fille chérie, aux cheveux ébouriffés, aux yeux de boutons d'or, tu es encore plus belle, plus bouleversante quand tu es partagée, quand tu es offerte comme une brassée de mimosa.


Joies d'ici, joies d'ailleurs, je t'aime...


Il n'y aura pas péril en ma demeure tant que tu y construiras ton nid.

 

©Michèle Freud

 

 

 

 

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6 juillet 2020 1 06 /07 /juillet /2020 06:29
pinterest.fr, Gota, la dernière goutte de lumière


 

 

 


Les ronces s'écartèrent sur son passage, les arbres le saluèrent de toutes leurs feuilles, les branches basses le caressèrent doucement, les oiseaux se mirent à raconter leurs nids, les insectes à s'agiter, un vent léger l'enroula de toute sa tendresse.


Sur le pelucheux de la mousse, courut un rire de soie. La lumière frémissait et clignotait en guise de bienvenue. Le ciel se déchira, se fit myosotis. C'était comme une fleur offerte...


La forêt parlait, exprimait sa joie de le revoir. L'homme rentrait au bercail après trente ans d'absence. Il n'était pas seul. Il avait même cru voir un cheval blanc qui hennissait comme pour l'appeler. Il se sentait aussi léger qu'un frisson de flûte.


Dans l'air, frétilla une lueur d'espoir.
Oui chaque jour contient une goutte de lumière...

 

©Michèle Freud

 

 

 

 

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10 juin 2020 3 10 /06 /juin /2020 06:27


 

 

 


Il est là.
Il me regarde
l'oiseau de lune
dans la lumière mauve des lilas.

Des fétus de lumière
s'envolaient
tels des éclairs de feu
vers le ciel d'orage.

Sur un sol desséché,
une rose d'eau vive
resplendissait telle une enluminure
sur un buisson épineux.

Le train de la rigolade
a traversé
le nez en l'air
les plaines de la morosité.

Le ciel a enfilé sa polaire
tandis que le soleil,
les joues blêmes,
se couvre d'un nuage.

Un camembert se la coule douce
sur le tronc 
d'un pommier en fleurs.

La nuit transparente et tiède
étend ses ailes de libellule
sur des buissons en prière.

Les forêts et les champs
se sont assoupis.
Le silence craque.


Les guitares du ciel
résonnent dans le parfum
d'une goutte de résine.

 

©Michèle Freud

 

 

 

 

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19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 06:41

 

 



Vraiment je n'y comprends rien, mes mots ont disparu. Ils étaient là, pourtant, posés sur ma page blanche comme des papillons sur une fleur éclose. Le temps d'une distraction, ils avaient pris la fuite. Devant mes yeux surpris, ne dansait que du blanc.


J'eus beau chercher partout, fouiller toute la maison, visiter le jardin, le petit bois joli, les rives du ruisseau, tous les petits chemins aux senteurs enivrantes, j'aperçus seulement un arbre tout en fleurs avec des oiseaux blancs.
J'eus beau me triturer, me creuser les méninges, j'eus beau me gratouiller, me griffer le cabochon, je ne vis rien venir qu'un petit lézard vert glissant sur le balcon.


A voir le ciel si bleu, le jardin si joli, toute la nature en fête, je me mis brusquement à rire et à danser, enfin à m'envoler avec le papillon et la bergeronnette.


Dites que vous reviendrez, mes petits mots chéris, embellir joyeusement tous les jours de ma vie. Ensemble nous partirons, nous irons nous chauffer à mille autres soleils. Et nous nous offrirons, tout près d'une fontaine, un poème de Verlaine...
 

©Michèle Freud

 

 

 

 

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22 avril 2020 3 22 /04 /avril /2020 06:28

 

 

 

Texte sans I : le temps des pleurs.


Le monde est sens dessus-dessous, un monde hébété, estomaqué, paralysé où hommes, femmes et enfants sont enfermés, bouclés, calfeutrés dans des appartements de poupées, un monde en détresse au bord du gouffre, un monde en guerre contre un coronavorus dévorant voracement des êtres sans défense. Alors une grande peur gluante vous colle à la peau et sème la torpeur sur une planète désenchantée.


La mort est en marche, rôde et fauche.


Les poumons s'époumonent, les cœurs sont écœurés, les muscles se nouent, les cerveaux déboussolés sécrètent des pensées nauséabondes. Tout est en souffrance, en désespérance.


Et pourtant, dans cette sombre atmosphère, poussent un peu partout, des fleurs, celles du partage, de l'amour, du réconfort, du courage. Chacun met tout en œuvre pour sauvegarder la santé de l'autre.


Espérons qu'une nouvelle aurore, aux couleurs prometteuses, va se lever dans les cœurs douloureusement saccagés...  

 

©Michèle Freud

 

 

 

 

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26 mars 2020 4 26 /03 /mars /2020 07:30
www.amanjiwan.fr

 

 

 

Ce matin, je veux 
Oublier ce monde en folie,
Revoir mon arbre aux merveilles,
Ôter mon manteau de chagrin,
Nier le rétrécissement de la vie
Avec quelques vers de poésie,
Visualiser un soleil couchant
Irradiant un ciel d'organdi,
Retenir dans mes mains, dans mon coeur,
Un fragment de rêve, une miette de vie et 
Savourer longtemps cet instant de bonheur.

 

©Michèle Freud

 

 

 

 

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3 mars 2020 2 03 /03 /mars /2020 07:21
footage.framepool.com

 

 

 

 

Le monde est à l'envers, le monde va de travers, le monde est fou, fou à lier les ailes du condor, à crever les yeux des arbres, à démantibuler les forêts, à détériorer la terre et l'eau et l'air et les fruits et les légumes et les abeilles. Pardon alouette de t'avoir tant plumée. Il est grand temps de larguer la peur, la corruption, l'indifférence, la haine et la cruauté. Il est temps de rallumer les étoiles, de voir refleurir les bleuets avec les coquelicots.

 

Que l'homme à l'homme enfin soit doux.

 

L'heure est venue de chatouiller le violon, de violoniser la vie, de fleurir le goudron, la pierre et le fusil, de chouchouter en nous l'amour de la paix durable, de crier haut et fort notre désir de vivre ensemble, avec le rire comme liant, ce rire qui désarme et fortifie, apaise les tensions. Rions pour nous, rions pour l'autre, rions pour le monde et les étoiles, rions pour qu'éclatent de joie les bourgeons de l'espoir.

 

Malgré tout, la vie est belle. Choyons-la de tout notre coeur, comme un enfant, une fleur fragile, un petit arbre. Et puis choyons-nous les uns les autres pour que la vie soit plus belle, plus lumineuse, plus paisible...    

 

 

 

et le monde est beau...

 

 

 

 

crappy.skyrock.com

 

 

©Michèle Freud

 

 

 

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8 février 2020 6 08 /02 /février /2020 07:16
www.magicmaman.com


 

 

 


" S'il te plaît, dessine-moi une joie, dit une petite fille. "
L'homme prit ses crayons et se mit à l'ouvrage.
Quand il eut fini, il lui tendit son dessin.
" Mais c'est moi, remarqua l'enfant étonnée. "
" Tu as raison, c'est bien toi. Tu es si belle avec tes pommettes-églantines, tes yeux d'améthystes et ton sourire-arc-en-ciel.
Tu es la joie, tu es ma joie, une joie-papillon, une joie-hirondelle qui s'envole et se pose sur un chêne vert. "
L'enfant regarda, émerveillée, lança un merci tissé de soleil et se mit à rire et à danser.
L'hiver devint alors printemps et le rire, un chant...    

 

©Michèle Freud

 

 

 

 

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