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25 octobre 2021 1 25 /10 /octobre /2021 06:29
photo Dornac©


 

C’est un bal lourd et noir,
qui tourne dans le soir ;
qui semble sans espoir,
égaré, sans mémoire.

 

Un bal déconcertant,
si lent, si oppressant,
qui tourne en criant.

 

Cris rauques et stridents,
lugubres, angoissants,
qui cisaillent le temps.

 

Un rituel étrange ?
De funèbres échanges ?
Ombres tristes d’archanges ?

 

C’est le bal des corbeaux ;
tels de noirs oripeaux,
ils tournent tout là-haut
comme funeste fléau.

 

Comme la danse sauvage
De présages sans âges.

 

©Ellen Fernex
       
 
 
 

 

 

 

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22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 06:50


 

 


Oiseaux fantomatiques
étranges et insolites
qui tournent lentement
sur des lieux angoissants.
Ces oiseaux en alarme
sont-ils de tristes âmes,
de languissants esprits
s’échappant de l’oubli ?
Ces oiseaux en errance
sont-ils la résurgence
des trames d’un passé
qu’on ne peut oublier ?

 

©Ellen Fernex              
 

 

 

 


 
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18 août 2021 3 18 /08 /août /2021 06:34
Madagascar - Photo Ellen Fernex©


 


Ellen Fernex a parcouru le monde durant tant d’années qu’elle sait parfaitement de quoi elle parle, et son humanisme fait énormément de bien !


Tant de regards au monde
comme des ondes profondes…
Tant et tant de regards
qui viennent de toute part !

D’Europe ou bien d’Afrique,
d’Asie ou d’Amérique.

Des villes et des campagnes,
des vallées et montagnes,
des déserts et forêts,
des savanes et marais,
des deltas et plateaux,
des banlieue et hameaux.

Regards :
ces miroirs ambivalents
du dehors et du dedans ;
du dehors, l’environnement
et les événements ;
du dedans, les bouillonnements
et leurs jaillissements.

Ces regards
qui s’infiltrent et pénètrent
tout au fond de notre être,

qui pleurent ou bien qui rient
qui se taisent ou qui crient ;
qui s’ouvrent ou qui se ferment,
qui haïssent ou qui aiment ;
qui chantent ou qui supplient,
qui gémissent ou sourient
qui doutent ou qui appellent,

tous, ils nous interpellent.

Ces regards sur la terre
comme autant de lumières
qui vivent et scintillent,
qui s’éteignent ou qui brillent,
dans les nuits, dans les jours,
hier, aujourd’hui, toujours,

Regards
de soie ou de métal,
d’eau trouble ou de cristal,
de soleil ou de brume,
d’étoile ou bien de lune.

Regards
énigmes où l’on se perd,
déserts où chacun erre ;
bourbiers où l’on s’enlise,
alcools où l’on s’enivre ;
jardins où l’on fleurit,
étés où l’on jouit ;
flammes où l’on se brûle,
abîmes d’où l’on recule ;
cendres qui nous consument,
aurores que l’on hume.

Regards
épées qui transpercent
ou brises qui caressent ;
poisons qui démolissent,
coups de poing qui meurtrissent ;
sources qui désaltèrent,
ou murs qui désespèrent ;
printemps qui réconfortent
ou fleurent qui emportent.

Tous ces regards du monde,
c’est la vie de ce monde ;
ses interrogations
et ses fascinations.
Le monde en gestation
dont nous sommes un maillon.

Ces regards sont tous frères ;
par-dessus les frontières,
les langues et les coutumes,
les peaux blanches ou brunes,
ou noires, ou cuivrées,
fraîches ou bien ridées ;
par-dessus religions,
croyances et pulsions,
toutes les diversités,
toutes les disparités.

Ces regards sont tous frères,
car tous d’une même terre.

©Ellen Fernex        
 
 
 

 

 

 

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11 juillet 2021 7 11 /07 /juillet /2021 06:43
« Le rêve », Douanier Rousseau

 

 
 
 
 
Temps léger de l’enfance,
temps d’espoir en partance ;
un jardin d’oeillet blancs
au parfum émouvant.
 
Temps de l’adolescence,
temps de l’effervescence ;
c’est le jardin ombreux
au parfum hasardeux.
 
Temps bleu de la jeunesse,
temps des folles ivresses ;
c’est le jardin fleuri
au parfum favori.
 
Temps de la maturité,
temps du chemin tracé ;
c’est le jardin planté
au chaud parfum fruité.
 
Temps gris de vieillesse,
mais temps de la sagesse ;
c’est le jardin fané
au parfum suranné.
 
©Ellen Fernex
 
 
 
 
 
 
 
 
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3 juin 2021 4 03 /06 /juin /2021 06:19
Tango pasión, la tournée 2019 avec France Bleu


 

 


Tango vert de l’Espoir
Regards, aube en suspens, flammèches qui s’allument.
Mains comme fleurs entr’ouvertes, invites frémissantes.
Corps en secret émoi, troublante découverte.
Jambes qui se recherchent, arabesques incertaine.
                                            Corazón ilusión.

Tango bleu du Bonheur :
Regards, double miroir qui reflète l’extase.
Mains pareilles aux oiseaux récoltant le soleil.
Corps, deux ondes charnelles, halètements rythmiques.
Jambes qui se poursuivent, se frôlent et s’accouplent.
                                             Corazón felicidad.

Tango rouge de la Passion :
Regards, lances de feu qui transpercent et qui brûlent.
Mains, tiges nerveuses pétrissant le désir.
Corps, transes enfiévrées, tension voluptueuse.
Jambes qui s’entremêlent, se quittent et se reprennent.
                                             Corazón fuego.

Tango mauve de la Jalousie :
Regards, vrilles d’angoisse qui déchiquettent l’âme.
Mains, crispation fébriles en quête d’une réponse.
Corps, spasmes douloureux, inquiétude des sens.
Jambes qui s’entrechoquent en accords dissonants.
                                            Corazón lagrimas.

Tango noir du Désespoir :
Regards, plaies qui saignent en hurlements muets.
Mains comme ailes meurtries s’égarant dans le vide.
Corps brisés qui se cambrent vers une ultime flamme.
Jambes, ballet perdu qui cris son agonie.
                                             Corazón dolor.

 

©Ellen Fernex        
 
 

 

 

 


 
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30 avril 2021 5 30 /04 /avril /2021 06:34
Les 7 îles, Bretagne - Photo Jdornac©


 

 


Silencieusement,
de puissants Oiseaux blancs
survolent en flânant
l’humeur de l’océan.

Descendent en planant,
frôlent les flots mouvants,
les éclaboussements
de leurs embruns d’argent.

Et moi,  comme un enfant,
je voudrais simplement
m’évader en rêvant

avec les Oiseaux blancs

©Ellen Fernex        
 
 
 

 

 

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28 mars 2021 7 28 /03 /mars /2021 06:33
Photo Jdornac©


 


Une dernière rose,
rose à peine éclose,
essaie de s’ouvrir,
essaie de sourire.
Une rose dernière,
si frère, si solitaire
dans le vent de l’hiver
qui balaie la terre.
Elle s’efforce pourtant
de se moquer du temps.
Elle veut braver la brume,
le froid et l’amertume.
Elle se dresse, obstinée,
contre la destinée
qui doit la défleurir,
la ternir, l’anéantir.
Elle ouvre son coeur nacré
face à l’adversité.

 

Ainsi, telle cette rose,
cette rose qui ose,
fragile et si forte,
fermons vite la porte
aux funestes écumes
de nos mauvaises lunes
pour embrasser l’espoir
jusqu’à tard dans le soir.

 

©Ellen Fernex        
 

 

 


 
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19 février 2021 5 19 /02 /février /2021 07:26


 

 


Rampent les heures en tapinois
ainsi qu’un funeste tournois.
Insaisissables elles ricanent,
se faufilent sous les arcanes
de nos journées et de nos nuits,
inaltérables et sans répit.
Et dans les instants de bonheur
elles nous trompent, elles nous leurrent
car elles nous guettent constamment
pour nous jeter dans le néant.
Elles sont d’autant plus pernicieuses
qu’elles avancent, silencieuses,
tout en creusant impunément
leur lot d’entailles dans le temps.
Oui, c’est une ronde infernale,
une véritable bacchanale.

©Ellen Fernex        

 

 

 

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13 janvier 2021 3 13 /01 /janvier /2021 05:21
Image du site quercy.net


Excellente relecture de la fable de Jean de la Fontaine par Ellen Fernex !

 

 

La cigale ayant chanté
tout l’été
se trouva fort dépourvue
quand la bise fut venue.
Elle alla crier famine
chez la fourmi sa voisine.
Mais sur le pas de la porte,
anxieuse, elle s’arrêta ;
malgré la bise très forte,
elle attendit, hésita.
La fourmi n’est pas prêteuse,
c’est là son moindre défaut.
Va-t-elle me traiter de gueuse,
prendre ma requête de haut ?
Vais-je frapper pour quémander
au risque de me faire renvoyer ?
Ou irai-je mourir dignement,
seule, dans la neige et le vent !
Pourtant, glacée et affamée, elle s’enhardit.
Elle frappa.
La porte s’ouvrit.
Ah, dit la fourmi,
c’est toi, cigale ma voisine.
Ne reste pas au froid.
Viens t’abriter sous mon toit.
La pluie s’est mise à tomber,
vite, entre te sécher.
Le vent souffle méchamment,
ferme la porte et viens dedans.
Mais la cigale étonnée restait là,
devant la porte, empruntée.
Vite, dit la fourmi, approche toi du feu
pour sécher tes pattes et tes ailes.
La cigale n’en croyait pas ses yeux,
n’en croyait pas ses oreilles.
La fourmi qu’on disait pas prêteuse
l’accueillait et paraissait heureuse
de la recevoir dans son logis.
près du feu la cigale s’assit,
regarda autour d’elle, se détendit,
se croyant en paradis.
La fourmille s’affairait,
assiette et tasse apportait,
bouillon remuait.
Voici pour toi, cigale ma voisine ;
mange, régale-toi et reprends bonne mine.
C’est une joie pour moi de t’accueillir,
de te soigner, de te servir ;
un devoir de te récompenser
pour le bonheur que tu m’as donné ;
car tout l’été tu as chanté ;
tu m’as aidée à travailler ;
les brindilles si lourdes à porter,
cette fourmilière à préparer.
Ce labeur si fastidieux,
c’est grâce à ton chant joyeux
que j’ai pu l’accomplir
tout l’été sans faiblir.
C’est ton chant dans les oliviers
qui m’apporta la gaité.
Maintenant, reste ici pour l’hiver ;
tu n’auras rien d’autre à faire
qu’à chanter pour nous distraire.
Le bonheur de vivre en frères,
notre travail et la musique de pair.

Toute vie serait triste
sans les oeuvres des artistes.


©Ellen Fernex  

Prix de la ville de Dijon    

 

 

 

 

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12 novembre 2020 4 12 /11 /novembre /2020 07:04
Photo Amazone d’Ellen Fernex©

 

Grâce à Jeanne Champel Grenier qui a reçu son accord pour que je la publie sur Couleurs Poésies, j’accueille avec une grande joie ELLEN FERNEX. J’espère que, tous, vous lui réserverez un excellent accueil ! (Jean Dornac)

 

Courte biographie d'ELLEN FERNEX

Enseignante de formation, Ellen FERNEX a étudié le piano au conservatoire de Lausanne et obtenu un diplôme de l'art à l'école du Louvre à Paris. Elle est membre de l'Association Internationale des Arts Plastiques auprès de l'UNESCO. D'une sensibilité littéraire autant que visuelle, elle a obtenu plusieurs prix de photographie et de poésie. Artiste cosmopolite qui a vécu sur plusieurs continents à la suite de son mari géologue, Ellen FERNEX partage sa vie entre Villefranche-sur-mer et Thonon-les-Bains, où elle demeure un œil, une oreille et une plume d'exception, avec au cœur le sens de l'amitié et du partage. Reçu de Jeanne Champel Grenier

 


Amazone, toi
dont le sang pulse la Vie
à travers le Monde ;
sang jaune, noir, rouge ou vert,
qui véhicule la Vie
dont s'abreuve le Monde.
Amazone,
je te salue,
je te vénère,
je m'incline devant toi.
Tu roules ton corps superbe,
tes flancs larges et puissants
à travers Terre et Forêt ;
tu tends tes bras innombrables
pour serrer le monde contre ton sein ;
monde végétal, minéral, animal :
le monde de l'Indien primordial.
Tu es la Mère
dont le souffle enveloppe le Monde.
Oui, tu élabores la Vie
dans le secret de tes entrailles ;
tu submerges la Terre et la Forêt,
tu les inondes pour mieux les féconder ;
et tu propulses cette Vie
au loin, au très loin,
dans ton élan de générosité.
De ta respiration surgit la Vie,
surgit le Monde.
Ton silence,
tes cris étranges
qui parfois déchirent l'air ;
tes tressaillements ;
tes chuchotements impalpables ;
tes froissements furtifs
qui glissent ou qui rampent ;
tes feulements ;
tes bruits mystérieux enveloppés d'ombres,
sourds, étouffés, ou rauques, ou aigus :
ta lumière glauque ;
ta moiteur oppressante ;
ton haleine à la fois forte et fade,
pourrie et moisie, sucrée et piquante,
et douce et putride ;
tes architectures végétales fantasmagoriques,
débridées, hallucinantes,
cernés par tes eaux dormantes ou fuyantes
amalgame de matières indéfinissables
d'un immobilisme inquiétant,
ou d'une mouvance énigmatique.
Amazone, tu m'as envoûtée,
ensorcelée ;
par ton immensité obsédante,
par ta beauté incommensurable,
par ta magie créatrice...
Oh, ne pas te blesser !
Ne pas te violer,
ne pas égorger ta forêt,
ne pas prostituer tes eaux,
ne pas braconner les Indiens !
Ne pas saccager ton ventre fabuleux,
cet utérus, source de Vie
pour toute notre planète...
Amazone,
je te salue,
je te vénère
je m'incline devant toi ;
et je te remercie.

©Ellen Fernex

(Extrait de SOIF DE MOTS tome 13 - Louis DELORME)
   


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