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13 septembre 2022 2 13 /09 /septembre /2022 06:49

 


Un oiseau s’est posé sur un fil barbelé.
Un oiseau alouette
Ou bien une fauvette
Une bergeronnette ?
Un oiseau funambule sur un filin d’acier.

Boule de plumes minuscule, perché en équilibre sur une pointe acérée
Il frappe à coups de bec les mailles du filet
Tendu par la faucheuse pour répandre l’enfer
Sur les yeux, dans les cœurs, le cortège des mères.

Un oiseau s’est posé sur un fil barbelé.
L’oiseau piaille à tue-tête le matin renouveau
Les larmes asséchées du printemps, de l’été
Reddition des corbeaux.

Un oiseau s’est posé sur un fil barbelé.
Il lance - Plus jamais ça ! à qui voudrait l’entendre
Mais qui ne l’entend pas
Qui ferme les persiennes sur les visages tendres
Des enfants oublieux accrochés à leurs pas.

Un oiseau s’est posé sur un fil barbelé.
En une ode à la vie, violée par les barbares
Son chant ferme les plaies
Stridule l’Hymne à la Joie.

Pénitences avares
Retenues à l’instant des rêves de tendresse
Les âmes se déploient
Les mémoires se noient dans le Livre Néant : Il était une fois
La sagesse abandonne la raison à l’ivresse
Des feux, bénédiction, éphémère liesse
Procès avant-coureurs des guerres aux indigents : Une dernière fois ?

L’oiseau s’est envolé dans le ciel barbelé.
Accablé, il s’efface lors s’agitent les poings
Et son chant à l’aveugle piaille : Plus jamais ça !

 
©Serge Lascar
 Nouveaux Cahiers de Poésie

 
 
 

 

 

 

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29 juillet 2022 5 29 /07 /juillet /2022 06:08
Oeuvre reçue de l’auteur


 

J’ai gravé un secret sur une stèle de sable
Y ai glissé mon cœur pour conserver au chaud l’entame d’une histoire
Toute fraîche moulue, désir inavouable                                 
Esquisse d’un bonheur érigée à la gloire
Des amants insatiables.
 
J’avais surpris la veille une belle ingénue.                                 
Dévoilée sans pudeur au sortir de son bain                            
L’éblouissante muse promise à mon destin Saillait à demi nue                  
D’un calice d’airain.
 
Portrait en rouge et or adossé à l’azur
L’infante déployait sa longue chevelure
Déroulant au soleil une crinière de feu parsemée d’éclairs blancs
Champ de blés aux corbeaux digne du grand Vincent.
 
Sans perdre une miette de l’image muette
Marchant à pas de loup j’ai rejoint la nymphette.                               
Fragile apparition, aussi vive et légère qu’un plumet d’alouette
 
La jeune impertinente m’enquit de la soustraire au monde des naïades
Mais surtout sans tricher : ni questions, ni œillades.                         
Car surgie des ténèbres à la moindre incartade                              
La mort l’enlèverait pour mieux l’ensevelir                               
La tenir par ses sbires cloitrée en son empire                              
Me privant si j’osais Des fruits que je lorgnais.
 
Interdit par la voix suave d’Eurydice                                 
J’assurai par ma foi et par mon sacrifice
De sceller à jamais les yeux du maléfice.                                
Une dame princière confiée à ma bannière                          
Valeureux chevalier, j’en ferais mon affaire                               
La cachant en secret au creux de ma tanière.
 
J’ai drapé l’amphitrite d’un fin voile de brume                         
Chrysalide lovée dans sa prison de plumes                                
Maquillé son minois d’une coquille Saint-Jacques                           
Pour que ne s’évapore l’arôme aphrodisiaque                                
Exhalé par son souffle divin, démoniaque.
 
À l’heure où l’horizon s’irise de tisons
J’avais soustrait leur proie aux griffes des démons.    
Au diable les enfers
Nous n’avions plus à craindre les feux de Lucifer.     
L’Éden était sur Terre.
 
Hélas pour l’histoire et pour les enfants sages                              
Un crabe aux pinces d’or a rompu le mirage.                         
Trottinant de côté il a gravi la plage                              
Sans permis ni ambages                                            
Poussé le coquillage.   
                                                   
D’abord surpris Et puis ravis                                                 
Les endiablés ont festoyé.
De caresses et baisers Ils se sont rassasiés
Pinçant et grignotant le vœu qui nous liait.
 
Revenant à la dune les bras chargés de perles semées par la rosée
De fleurs et de fruits colorés et sucrés
J’ai trouvé une épine marquée du sceau du Diable                            
Enfoncée dans le cœur d’une rose des sables.
 
J’ai écrit cette histoire
Sur la stèle en mémoire
D’un amour éphémère, fugace, dérisoire                             
Prisonnier en étau
D’un bouquet de roseaux.
 
©Serge Lascar

 

 

 

 


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8 juin 2022 3 08 /06 /juin /2022 08:04
Le baiser - Auguste Rodin


 


Si j’avais su combler le vide, le silence
Si je disais tout bas, lors tu es près de moi
Les mots immatériels qui bouleversent les sens.
Si mes yeux se posaient à l’instant de ta voix
Aux traits de ton visage, un air de je n’sais quoi.
Si tu plongeais dans mon regard
Succombais à l’émoi
De l’esprit qui s’égare
Qui demande pourquoi.

Si tes lèvres cherchaient le baiser qu’elles inspirent.
Deux notes de ta gorge échappées ; un soupir.
Si les paupières closes tu inclinais la tête                      
Soulevais les talons, toute entière à ta quête.
Et si tu m’enlaçais pour mieux tenir à moi
Faisais glisser tes mains déployées en étole                       
Sur ma nuque fragile, mon buste, mes épaules.    
Émue à mon émoi
Si tu entrais en moi.

Si ce baiser surpris s’étendait à ton corps
Si le parfum sucré niché entre tes seins
En demandait encore
Pour m’enivrer à cœur, grisé… tendre dessein.    

Si tes pas te guidaient au seuil de notre nid
Rivages coquelicots où se peignent nos nuits
Du bout des doigts lisais les lignes de ma chance
Hésitante soudain… pudique adolescence.

Si tu étais ici…
Caressant du regard les crêtes, les vallées blanches
Dormantes sous le drap, froissées en avalanches
M’appliquerais fiévreux au dessin de tes hanches.
Dévoilant au hasard quelques fruits savoureux
En cueillerais la pulpe, gourmand, méticuleux.
Et puis par mille touches, brûlant, noyé de fièvre
Étourdi mais ravi, savourerais tes lèvres.

©Serge Lascar


 
 
 
 
 
 
 

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15 janvier 2022 6 15 /01 /janvier /2022 07:27

 

Tiens : une étoile !
Une étoile en plein jour
Qui joue à saute-moutons par-dessus les nuages
Dévale des montagnes, frôle mon oreiller
Espiègle monte au ciel, fait la nique au soleil.

Tiens : une étoile !
Une étoile au plafond qui me parle d’amour
Elle ouvre mon cahier à la première page
                                      
Plonge dans l’encrier
Grisée de sang vermeil, dessine un arc-en-ciel.
 
D’un trait de plume la fine mouche m’escarmouche
Et puis se couche contre ma bouche.
Toute au bord de mon cœur
Elle effeuille les fleurs    
Qui me parlent de toi
Secret entre elle et moi

©Serge Lascar
Extrait du recueil Post-Scriptum - Edilivre 2021              
 
 
 
 
 
 
 
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1 novembre 2021 1 01 /11 /novembre /2021 07:36

Le geste était sincère et la réponse aussi.
Retenu puis lâché
Fugace, esquissé
Vers ta nuque porté
Tout entier à l’envie.
L’envie de te toucher
Seulement effleurer le lissé de ta peau
Recueillir l’impression d’un frisson dans ton dos.
Oser.
Oser délier mes doigts, prolongement du désir.
En retour m’éblouir de l’éclat d’un regard
De la fleur malicieuse offerte en un sourire
En réponse assentie à mon invitation.
Dédire que l’amour est le fruit du hasard
Souffrir qu’en amour il n’y ait point de raison.
Le geste était sincère et la réponse aussi
Instant d’éternité confisqué à l’ennui.
Quel merveilleux rivage que celui où en grève
S’effacent les murailles, se décrètent les trêves.

©Serge Lascar
Extrait du recueil Post-Scriptum - Edilivre 2021
       
 
 
 

 

 

 

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2 octobre 2021 6 02 /10 /octobre /2021 07:08
Crépuscule - ©Serge Lascar


 


D’un soleil ténébreux
Qui se meut gigantesque
En volutes sauvages.
Du reflet malheureux
De la lune grotesque
Au miroir sans visage
Est née…

 

Une nuit blanche

 

©Serge Lascar  

Du Sang dans l’Encrier - LGR - 2002
   
 
 
 

 

 

 

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28 septembre 2021 2 28 /09 /septembre /2021 07:33

 


Amours, balades, folies et fantaisies, enfance éparpillée au gré de notre histoire, les souvenirs s’égarent en chemins de mémoire. Effeuillés en poèmes comme autant de témoins, d’instants d’éternité, ils habitent nos rêves, y peignent des visages.

Sidérés par les scènes de rue, les explosions, baignés des impressions dont nos regards d’enfants ne saisissent le sens, moins encore la portée, nous parcourons la vie sans y être jamais, de face, confrontés.

Apprendre et enseigner les choses des savoirs, se convaincre au matin du choix de nos destins. Soigner et prendre soin, tromper ou se tromper, réussir parfois à saisir un sourire, celui que j’aimerais écrire en souvenir.

Éducation, psychanalyse, poésie… Sans terre ni racines, mon errance s’est nourrie d’histoires en faux-semblant, de sensations brûlantes sur fond d’images effrayantes, en d’autres temps mystérieuses, séduisantes, intimes et secrètes à la fois. Charme discret des émotions, la musique des rimes m’a conduit aux croisées des chemins de rencontre, des hymnes endeuillés, des passions éternelles offertes à l’évidence sans promesses en retour.

Serge Lascar

 

Permettez-moi de vous recommander ce nouveau recueil de Serge Lascar !

Ci-dessous, les indications données par Serge lui-même !

Le recueil de poèmes que je publie sous le titre "Post-Scriptum" est disponible en deux versions,
- version numérique à 4,99€
- version brochée à 15,50€

Il est vendu en librairie et sur les sites de
Edilivre, Fnac, Cultura, Amazon...

      
 

 

 

 

 

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22 août 2021 7 22 /08 /août /2021 06:43
photo Serge Lascar©


 

 

Un baiser sur tes lèvres ouvertes rouges et or
Caresses prodiguées par mille sur ton corps
Cela fait, si je compte
Mille et une pensées réunies en un conte
Avouées sans un mot en marques de tendresse
Brodées or sur kaftan, mille et une promesses.

 

©Serge Lascar
 
 
 
   

 

 

 

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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 08:23
Masques de Théâtre - Grèce Antiques


 

 

Les mots ne parlent plus.
Ils se tournent le dos pour mieux s’entendre tus.
Ils sont fâchés les mots
Ils se perdent en chimères, se noient dans leurs sanglots.

 

Que s’est-il donc passé qui les mette en rage ?
Ont-ils eu à subir de crapuleux outrages ?
Furent-ils violentés ?
Les a-t-on insultés ou les a-t-on trahis
Pour qu’ils s’en aillent ainsi
Les larmes au bord des lettres
Le cœur à l’aveuglette ?

 

Les mots ne parlent plus.
C’est à cause de ces deux qui se sont tant aimés
Qui se sont déchirés
Qui se sont retrouvés
Qui se sont re-aimés
Qui se sont réprouvés
Qui se sont méprisés.

 

Ils ont tout oublié les mots
Leurs peines, leurs amours
Leur bonheur au grand jour.

 

Les mots ne parlent plus
Depuis l’aube maudite
Où la rancœur fut dite
Où l’un d’eux s’éleva, porté par sa colère
Brandissant son orgueil plus haut que son derrière.
Et puis le ton monta
Jusqu’à la lettre “A”.
Et un autre cria
Et puis on s’empoigna
Et puis on s’étripa.

 

Au son du pugilat les académiciens
Sortirent de leurs chapeaux les sabres rhétoriciens
Qu’on leur avait offerts
Pour leur anniversaire.
On les saisit les mots
Et on les menotta.
Puis on les condamna
À la perpétuité
Entre les murs épais
D’un poussiéreux Littré.

 

Fleurissant autrefois en rimes et en danses
Le chœur s’est abstenu.
Les mots ne parlent plus.
Confinés au silence
Ils succombent à l’absence
Des regards ingénus et des sous-entendus.
Condamnés à l’oubli
Les mots se sont perdus.


©Serge Lascar

Du Sang dans l’Encrier - LGR 2002
 

 

 


 
 

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4 juin 2021 5 04 /06 /juin /2021 06:33
Image Serge Lascar


 

 

Rouge cerne de lune à travers les nuages
Tu étends sur la ville endormie et sans âge
Ton étole.
Tu glisses et éclabousses de ta lumière douce
Les formes infidèles des charmes que dévoile
Idole
Une femme esseulée.

 

Rouge étoile de brume aux nimbes infinis
Ton reflet s’exaspère
Sur la robe sans pli
De la passante
Amante
Discrète qui se cache, secrète évanouie
Qui danse et qui se perd
À l’ombre d’un bouquet de fleurs primevères.

 

Dans son rêve elle sourit
Va cueillir sa vie
Effleurer de ses lèvres
Le parfum et la fièvre
Et l’étreinte suprême
Déclamés en poèmes.

 

Un beau prince charmant
Sur son beau cheval blanc
Voit l’amante allongée
Dans sa jupe lissée.
Elle attend, impatiente le magique baiser.
Il s’approche, il l’enlace
L’emporte aux Élysées sur son beau destrier.

 

Sitôt la jouvencelle s’abandonne et l’embrasse :
Je t’aime !
L’amante le saisit, déploie ses mandibules
Et d’amour passionnée, elle le démantibule :
Je t’aime !
Je t’aime !
Foudroyée de plaisir
Bientôt elle s’assoupit
Heureuse au souvenir
Du festin accompli.
Gloutonnes assouvies
Ses lèvres entrebâillées découvrent à merveille
De fines dents de lait écarlates au soleil.

 

Rouge cerne de lune à travers les nuages
Tu étends sur la ville endormie et sans âge
Ton étole.
Tu glisses et éclabousses de ta lumière douce
Les formes infidèles des charmes que dévoile
Une mante repue.

 

Couchez-vous en son lit.
Si la mante s’éveille, c’est qu’elle aime vos baisers.
Si l’amante sommeille, c’est qu’elle a trop mangé.

 

©Serge Lascar  
Du Sang dans l’Encrier - LGR - 2002

 
 

 

 

 

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