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22 août 2021 7 22 /08 /août /2021 06:43
photo Serge Lascar©


 

 

Un baiser sur tes lèvres ouvertes rouges et or
Caresses prodiguées par mille sur ton corps
Cela fait, si je compte
Mille et une pensées réunies en un conte
Avouées sans un mot en marques de tendresse
Brodées or sur kaftan, mille et une promesses.

 

©Serge Lascar
 
 
 
   

 

 

 

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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 08:23
Masques de Théâtre - Grèce Antiques


 

 

Les mots ne parlent plus.
Ils se tournent le dos pour mieux s’entendre tus.
Ils sont fâchés les mots
Ils se perdent en chimères, se noient dans leurs sanglots.

 

Que s’est-il donc passé qui les mette en rage ?
Ont-ils eu à subir de crapuleux outrages ?
Furent-ils violentés ?
Les a-t-on insultés ou les a-t-on trahis
Pour qu’ils s’en aillent ainsi
Les larmes au bord des lettres
Le cœur à l’aveuglette ?

 

Les mots ne parlent plus.
C’est à cause de ces deux qui se sont tant aimés
Qui se sont déchirés
Qui se sont retrouvés
Qui se sont re-aimés
Qui se sont réprouvés
Qui se sont méprisés.

 

Ils ont tout oublié les mots
Leurs peines, leurs amours
Leur bonheur au grand jour.

 

Les mots ne parlent plus
Depuis l’aube maudite
Où la rancœur fut dite
Où l’un d’eux s’éleva, porté par sa colère
Brandissant son orgueil plus haut que son derrière.
Et puis le ton monta
Jusqu’à la lettre “A”.
Et un autre cria
Et puis on s’empoigna
Et puis on s’étripa.

 

Au son du pugilat les académiciens
Sortirent de leurs chapeaux les sabres rhétoriciens
Qu’on leur avait offerts
Pour leur anniversaire.
On les saisit les mots
Et on les menotta.
Puis on les condamna
À la perpétuité
Entre les murs épais
D’un poussiéreux Littré.

 

Fleurissant autrefois en rimes et en danses
Le chœur s’est abstenu.
Les mots ne parlent plus.
Confinés au silence
Ils succombent à l’absence
Des regards ingénus et des sous-entendus.
Condamnés à l’oubli
Les mots se sont perdus.


©Serge Lascar

Du Sang dans l’Encrier - LGR 2002
 

 

 


 
 

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4 juin 2021 5 04 /06 /juin /2021 06:33
Image Serge Lascar


 

 

Rouge cerne de lune à travers les nuages
Tu étends sur la ville endormie et sans âge
Ton étole.
Tu glisses et éclabousses de ta lumière douce
Les formes infidèles des charmes que dévoile
Idole
Une femme esseulée.

 

Rouge étoile de brume aux nimbes infinis
Ton reflet s’exaspère
Sur la robe sans pli
De la passante
Amante
Discrète qui se cache, secrète évanouie
Qui danse et qui se perd
À l’ombre d’un bouquet de fleurs primevères.

 

Dans son rêve elle sourit
Va cueillir sa vie
Effleurer de ses lèvres
Le parfum et la fièvre
Et l’étreinte suprême
Déclamés en poèmes.

 

Un beau prince charmant
Sur son beau cheval blanc
Voit l’amante allongée
Dans sa jupe lissée.
Elle attend, impatiente le magique baiser.
Il s’approche, il l’enlace
L’emporte aux Élysées sur son beau destrier.

 

Sitôt la jouvencelle s’abandonne et l’embrasse :
Je t’aime !
L’amante le saisit, déploie ses mandibules
Et d’amour passionnée, elle le démantibule :
Je t’aime !
Je t’aime !
Foudroyée de plaisir
Bientôt elle s’assoupit
Heureuse au souvenir
Du festin accompli.
Gloutonnes assouvies
Ses lèvres entrebâillées découvrent à merveille
De fines dents de lait écarlates au soleil.

 

Rouge cerne de lune à travers les nuages
Tu étends sur la ville endormie et sans âge
Ton étole.
Tu glisses et éclabousses de ta lumière douce
Les formes infidèles des charmes que dévoile
Une mante repue.

 

Couchez-vous en son lit.
Si la mante s’éveille, c’est qu’elle aime vos baisers.
Si l’amante sommeille, c’est qu’elle a trop mangé.

 

©Serge Lascar  
Du Sang dans l’Encrier - LGR - 2002

 
 

 

 

 

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1 mai 2021 6 01 /05 /mai /2021 06:37
Image Serge Lascar


 


D’une gerbe d’orchidées
Par la brèche tracée
Au jardin des secrets, des gré et des regrets
Des tombes assaillies
Brunes et clairsemées de croix enchevêtrées
De l’aurore a jailli
Ton rire parfumé.

Comme l’oiseau magique envolé au matin
Ton rire s’est déployé, échappé de mes mains
Échappé de tes seins
De ton ventre, de tes reins
Explosant au grand astre dans un éclair de feu.

Je voudrais tant écrire
En poèmes, en soupirs, la couleur de ton rire.
Je voudrais tant graver
Sur la pierre dressée la chaleur de ma foi
Et les mots qui désarment
Qui étranglent ma voix.

©Serge Lascar  

Du Sang dans l’Encrier - LGR - 2002


 

 


 
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29 mars 2021 1 29 /03 /mars /2021 06:27
oeuvre de Gustave Klimt

         
 

 

Une image s’est posée au bas de ma fenêtre.
Les yeux énamourés, je ne l’ai pas vue naître.

 


Une image osée, tellement dérisoire.
Le regard amusé, je l’ai vue s’avancer
Au clair de mon histoire.

 

Une image s’est posée au bord de mon histoire.
Échouée au talus du chemin des déboires
Solitaire, tranquille, étrange :
Je l’ai cueillie.

 

Une image s’est gravée au cœur de ma mémoire.
Elle a en un instant retourné les tiroirs
Saccagé mon passé
Soufflé mon devenir.

 

Cette image irréelle, brièvement perçue
S’est gravée à jamais au pays de mes rêves.
Mirage surnaturel, aussitôt disparue
Elle hante mes pensées sans relâche, sans trêve.
Fugace, elle étincelle aux regards que je croise
En railleries sournoises
En doutes qui m’assaillent
Frissons qui me cisaillent
Sommeil champ de bataille.

 

Croix du Sud aux confins de ma déserte histoire
Étoile du matin au détour incertain d’un chemin de mémoire
Cet instant d’un instant
À l’image du monde
Est une fille ronde
Pleine de mon enfant.


 
©Serge Lascar
 

 

 

 


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20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 07:26
Photo Serge Lascar©

 

Bercé
D’un feu si tendre que le ciel s’est troublé
D’un sentiment si doux qu’un rayon de soleil s’y est réfugié.

 

Percé
Au fond de l’âme d’une larme retenue, qui jamais ne s’épand
Cascade interrompue par le souffle du temps.

 

Jardin muet
Jardin secret
Peuplé d’ombre, de tombes froidement alignées
Envahi de silence
De souvenir qui dansent.

 

Il me faut m’en aller la mémoire muette
Ravaler mon chagrin, mes larmes désuètes
Renoncer à t’offrir mes œillets de poète.
Il me faut m’éloigner, te laisser à ta mort pour me perdre à ma vie
Affronter la quiétude qui vient après les cris.

 

Exercice de style
Me voici inutile
Et mes mots, et mes vers je le sais, je les hais et les jette à l’oubli.
Quiconque passera ne les reconnaîtra
Ne les remarquera
Qui sait ?
Même pas toi.

 

©Serge Lascar
Du sang dans l’encrier - Ed. LGR
 
 
 

 


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14 janvier 2021 4 14 /01 /janvier /2021 07:46
Détail de l’oeuvre « libre interprétation » reçue de Serge Lascar


 

 


Je connais un jardin étrange et solitaire
Déroulé aux confins de brumes éphémères.
Enlacée aux coteaux d’une colline nue
L’âme s’y désaltère à l’eau vive d’un ru.
Je connais un jardin étrange et solitaire
Palpitant dans le souffle d’amours adultères.
De chemins parcouru
D’étoiles revêtu
Il s’étend par-delà mes rêves outranciers
Jusqu’aux rives dorées de Méditerranée.
Je connais un jardin et bientôt je m’y perds.
C’est un jardin secret
Qui ne va pas plus loin que le bout de mon nez.

©Serge Lascar
 

 


 
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11 décembre 2020 5 11 /12 /décembre /2020 07:42
Détail de l’oeuvre « libre interprétation » reçue de Serge Lascar

 

 

J’ai rencontré, évadée de vos yeux
Une larme.
Je l’ai suivie, au fil de votre nez
Sans me faire remarquer.
Elle contourna la commissure sacrée de vos lèvres
Et je m’en approchai.
Laissant à son passage un reflet d’eau salée
Je la vis se glisser le long de votre cou.
Gourmand, je me précipitai
Affamé à l’idée de m’en désaltérer.
Et puis : je l’ai perdue.

 

Heureuse perle de vent
Cette larme un moment
Frôla votre visage
Sage
Et en mourut.

 

©Serge Lascar
Du sang dans l’encrier - Ed. LGR

 

 

 

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14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 07:48

 

Semaine faste pour mon blog de poésie, j’accueille un nouveau poète, Serge Lascar. Bienvenue Serge en mon nom et en celui de tous les lecteurs du blog. (Jean Dornac)

 

 


C’est un effluve tendre qui attise les sens. Fruité au vent feutré de son ombre discrète Le parfum la précède, annonce sa présence. La voilà, elle arrive et déjà je la guette.

Sa silhouette file, glissant à la surface D’un miroir invisible, d’une étendue glacée Elle passe à mon regard, portée par tant de grâce Et trop vite elle s’égare dans mes rêves secrets.

Tel un fauve à l’affut se tendant à ses marques Je savoure l’arôme flottant de sa crinière. Je descends à ses reins, au galbe de ses hanches Dévore son image et bois son apparence.

À peine disparue, sa présence me manque. Je cherche, animal, la bribe de senteur L’empreinte de son pas gravée dans un soupir.

Dix secondes écoulées, la voici qui revient. Je l’entends d’aussi loin que me porte l’instinct. Elle approche et l’essence de nouveau me transporte. Deux ou trois pas encore, elle se penche à ma porte.

Bonjour !

Son regard me transperce de bonheur et de vie. Ses lèvres me sourient. Sa chaleur m’envahit, tétanisé, ravi Étourdi et conquis.

Dans sa jungle le fauve s’écroule en carpette Trophée de chasse, moquette Aplati tout entier à son heure de passage Abruti et drogué au piège de sa cage.

Tout le jour rêverai partout de la croiser J’irai à son endroit pour faire semblant encore de passer par hasard. Chaque fois en mon cœur volerai son regard L’impression enivrée de son corps parfumé.

Est-il alors besoin d’en savoir davantage ? Le parfum à lui seul campe le personnage.


Il m’apprend de ses formes les mille paysages Intimes et secrets, les livre à mes baisers. Il m’offre son image, la douceur de sa peau Et me donne en cadeau
La tendresse menue La caresse ingénue De sa poitrine nue.

Balayant tous mes doutes L’ombre conduit ma route. Sa pudeur fait son charme. Son silence me désarme. Elle m’entraîne en secret Et nous fermons les yeux sur ce rêve doré Émotion partagée

Fragrances enchevêtrées Emportés au silence d’un amour exalté. Splendide au crépuscule sombre et nacré des dieux qui chantent mon délire Je la rêve Polaire, étoile dans l’azur, singulière lumière Qui m’attire Et me perd.

©Serge Lascar

« Du Sang dans l’Encrier » Editions de la Librairie Galerie Racine
   
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