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26 octobre 2020 1 26 /10 /octobre /2020 07:30
Mot à mot comme goutte à goutte…

 
 
 
Le premier mot appartient au pur hasard,
le deuxième à un choix généralement audacieux,
le troisième à l’humeur du moment,
le quatrième au mode opératoire,
le cinquième au sens de l’humour,
les vingt suivants,
y compris ceux qui ne sont compris qu’à demi,
à un tempo qui déchire.
Quant au dernier, il est à moi, rien qu’à moi.
Si, si, j’insiste.
Il n’est pas question de changer la donne :
ajoutez-le sur mon ardoise.
Faites-moi confiance,
on réglera bientôt ça entre nous
dès qu’une autre opportunité
se présentera
dans de meilleures conditions.
 
©Michel Duprez
 
 
 
 
 

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27 septembre 2020 7 27 /09 /septembre /2020 06:29
Le poète et son épouse à Rome

 

 
 
Rome antique, éternelle, envoûtante…
À force d’entendre dire aux quatre coins du monde
que tous les chemins mènent à Rome,
elle et moi étions si impatients
de nous retrouver au plus vite là-bas.
 
Là-bas,
un de ces lieux tellement rares où il fait bon vivre
et où les conditions idéales sont réunies
pour que l’amour sache user de son empire
sans pour autant vendre son âme
ou exiger la moindre compensation en retour.
 
Là-bas,
où, rien que pour nous,
chante une fontaine de jouvence,
et où la baignade est pourtant interdite
aux communs des mortels.
 
Là-bas,
où frétillent mille sources entourées de mousse
officiellement placées sous la haute protection
de Neptune, ses chevaux, ses tritons,
et qui, malgré un afflux
à tel point permanent de visiteurs étrangers
que l’on pourrait facilement y perdre son latin,
occupera toujours une place de choix
parmi nos souvenirs les plus romantiques.
 
©Michel Duprez
 
 
 
 
 
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26 août 2020 3 26 /08 /août /2020 06:30
Pixabay.com - Free-Photos

 

 

 

 

Poème ?

Hello, Poème, où es-tu, mon fidèle associé ?

S’il-te-plaît, un peu de compassion envers moi…

Ce n’est pas en faisant durer le plaisir

que nous passerons plus vite à l’acte,

surtout que, sans ce dernier,

on assisterait à un véritable coup de théâtre !

Allez… Au nom de notre indestructible amitié, sois sympa.

Je ne demande, au fond, pas grand-chose :

juste un geste, un signe.

Enfin, bref,

si tu pouvais sortir de ta cachette

et arrêter de trouver amusant

de me voir ainsi muser sans muse

après qu’un misérable petit vers solitaire

et qui, de plus, sonnait faux,

se soit vu laisser à l’abandon

en plein désert stylistique,

loin des subtilités langagières

qui aurait peut-être pu

- J’ai bien dit « peut-être » -

lui octroyer une pincée d’esprit inventif,

parce qu’ici, actuellement, tu vois, c’est la panne sèche

et moi qui ai horreur de me croiser les bras,

j’attends, j’attends toujours

d’être en deuil de cette feuille de papier

dont la pâleur cadavérique m’irrite au plus haut point

avant de pouvoir exploiter sur la suivante

un paquet de fruits cultivés

par ton imagination si débordante.

Ouf, voilà qu’à l’instant je recommence à percevoir ton souffle :

tu viens de remuer les lèvres

et, du coup,

au risque de me répéter,

de prouver noir sur blanc que je suis encore en vie !  

 

©Michel Duprez

 

 

 

 

 

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31 juillet 2020 5 31 /07 /juillet /2020 06:44

 

 

 

Vous dites que quelqu’un aurait vendu la mèche ?

Eh bien non, je n’étais pas au courant,

mais je comptais bien sûr sur vous pour m’éclairer

Il est vrai que je suis loin d’être une lumière…

Et puis, vous savez, on a beau avoir l’air d’un génie,

lorsqu’on vous surprend sous les feux des projecteurs

et que la tension monte,

pas facile de sortir d’une lampe

sans péter les plombs.

 

Pour ce qui est d’être une tête brûlée,

je suis par contre entièrement de votre avis

et bien sûr tout disposé à reconnaître

que cela fasse partie de mes défauts.

 

Néanmoins, si j’étais vous,

je me contenterais d’adopter la position

de celui qui n’a rien vu ni entendu,

car, étant donné les circonstances ou le fait de se dire :

« Après tout, qu’est-ce qu’on risque ?

À part, peut-être, de tomber sur un bec de gaz »,

je choisirais sans hésiter

de la mettre en veilleuse.

 

©Michel Duprez

 

 

 

 

 

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9 juillet 2020 4 09 /07 /juillet /2020 06:32
Jan Davidsz de Heem (1606-1684), Vanité

 


Malgré qu’il n’y ait pas le moindre doute
sur le fait que son message si criant de vérité,
aujourd’hui encore, nous interpelle,
on est bien d’accord :
un livre ne parle pas.
Lorsqu’il s’adresse à vous,
un livre exprime sans s’exprimer
ni avoir la faculté de vous interrompre.
Et pourtant, il dénonce,
il ose aborder certains sujets qui dérangent.
Un livre, il est vrai, je le reconnais,
ne parle pas.
Et pourtant, s’il le pouvait,
si parler faisait partie de ses fonctions vitales,
je suis sûr qu’il vous confierait d’abord à voix basse :
« Au nom de notre longue amitié
et du plaisir que je vous dois
dès que vos doigts effleurent mes feuilles,
j’ai le devoir de vous informer
que chacune et chacun d’entre vous
représentez pour moi un merveilleux cadeau
et que, si l’on prend un vieux dicton à contre-sens,
les présents ont toujours raison. »
 

©Michel Duprez
 
 
 
 
 

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12 juin 2020 5 12 /06 /juin /2020 06:16
René Magritte : La clairvoyance, 1936

 

 

 

 

 

Je sais qu’en ce moment la chose

est loin de vous d’être agréable,

mais nous devons absolument respecter les délais.

N’oubliez pas que ça se déroule

devant un fond blanc

et que, par conséquent,

les couleurs un peu trop vives

sont autant que possible à éviter.

Voilà, celles-ci feront l’affaire

et mettront mieux en valeur votre contour

en produisant l’effet escompté.

Faites en sorte que la pose à adopter

soit à la fois naturelle

et attire malgré tout l’attention,

mais pas trop.

Pareil pour le flou artistique :

un peu de recul serait nécessaire

pour que tout soit bien clair entre nous.

Ah oui, j’allais oublier : toujours de face,

interdiction formelle de fermer les yeux

ou de paraître indifférent,

sans la moindre expression visible à l’œil nu.

Attention, plus un geste, on ne bouge plus,

le petit oiseau va sortir…

Parfait ! Cette fois-ci, c’est la bonne,

on la tient, notre image,

on l’a, notre métaphore,

celle qui s’inscrira peut-être un jour en lettres d’or

dans la mémoire collective !

 

©Michel Duprez

 

 

 

 

 

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21 mai 2020 4 21 /05 /mai /2020 06:34
Photo sur le site de la maisondelapoesie.be

 

 

                                                    à la mémoire du poète Jean-Luc Wauthier

 

 

comme son nom semblerait l’indiquer,

un recueil serait-il fait

pour se recueillir ?

Et s’il s’agissait plutôt

de récolter ce que l’on a semé,

de recueillir les fruits de nos pensées,

les raisins de la raison

devenue momentanément imprévisible,

assoiffée de liberté,

de telle sorte que, quand le vin est tiré,

le hasard s’allie à la nécessité

en toute sympathie,

pour vous offrir un vers,

ensuite encore un autre,

et puis encore un autre.

Si bien qu’au bout d’un certain temps, on y prend goût,

on apprécie l’arôme des mots,

et qu’après tout on se dise

qu’il n’y a peut-être jamais vraiment eu d’écrits vains,

jamais eu de bons ni de mauvais poètes,

seulement des éternels jeunes premiers

ou jeunes premières

sous l’inspiration de quelque état de grâce,

face à l’envie irrésistible

de répéter ce que leur a soufflé

l’étrange voix qui les habite.  

 

©Michel Duprez

 

 

 

 

 

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25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 07:06
œuvre de René Magritte

 

 

 

On est face à un choix difficile,

face à une situation qui nous dépasse,

un élément particulier qui nous colle à la peau

mais que l’on a généralement ignoré.

 

On est face aux mille facettes

de l’être auquel on se réfère

alors qu’on se figurait tout savoir sur nous.

 

On est face à un sacré dilemme,

face-à-face avec soi-même,

apparemment incapable aussi d’expliquer qui l’on est

face à la personne qui nous lit.

 

C’est la raison pour laquelle je confirme

et vous promets de ne plus jamais de ma vie

revenir sur mes aveux,

étant, pour ma part, persuadé

qu’il n’existerait qu’une seule issue possible

au problème en question :

à savoir :

On efface tout

et on recommence.  

 

©Michel Duprez

 

 

 

 

 

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29 mars 2020 7 29 /03 /mars /2020 07:11
Le château de la Roche-Guyon par Georges Braque

 

 
 
 
Le mystère,
c’est mon champ.
Je le cultive et l’ensemence avec quelques pincées
de la poudre magique insufflée par mon stylomine
en attendant la prochaine moisson et qu’un signal,
quoi qu’il arrive, enfin, m’accorde la permission
de choisir autant de fruits qu’il me plaira
en fonction de leur saveur.
 
Le mystère,
c’est aussi mon champ de bataille.
Ses lignes sont les profonds sillons
qui m’aident à m’approcher de vous sans être vu.
 
Le mystère,
c’est mon chant,
mon blues.
Oh non, pas celui-là, qui fait triste figure,
mais l’autre,
celui sur lequel on danse accompagné au piano
au lieu de se ronger les ongles.
 
Pour moi, le mystère,
c’est la clé des champs,
écouter sans tarder la voix vibrante de mon clavier
malgré qu’un curieux pressentiment
m’inciterait à présager
que tout remettre à plus tard
serait plutôt rassurant. 
 
 
©Michel Duprez
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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5 mars 2020 4 05 /03 /mars /2020 07:37
www.formatrieti.it

 

 

 

 

Ça, c’est tout moi :

après tant d’efforts pour trouver le mot juste

jusqu’à la Saint-Glinglin et sans bien sûr

obtenir le moindre résultat,

après être devenu celui qui remporta le Grand Prix

consistant à maintenir un premier vers en hibernation

sur le bout de la langue,

celui qui devait comprendre tout de travers

avant de parvenir à marcher droit,

imaginez-vous un peu quel soupir de soulagement

ai-je bien pu pousser aussitôt libéré,

et d’autant plus profond

qu’il mit un terme à toutes ces nuits blanches

au cours desquelles mon esprit tournait en rond,

un peu comme si j’avais laissé ma raison au fond d’un vers.

 

Mais ici, vous me voyez vraiment ravi que l’affaire soit résolue

et qu’au final la conclusion tombe sous le sens.

 

Le plus fort dans tout ça, c’est justement

parce que l’idée en question ne ressemble à rien

que j’ai à coup sûr la certitude de tenir à présent quelque chose

et surtout réussi à l’écrire en toutes lettres

en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.  

 

©Michel Duprez

 

 

 

 

 

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