Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
8 février 2021 1 08 /02 /février /2021 07:42
csidoc.com/blog/reflexions/descartes-au-lycee


 

 

Je pense, donc je suis ?
Peut-être.
Or, si j’en crois Descartes,
il me suffirait d’une simple pensée
pour être quelqu’un qui suit.
Quant à savoir vraiment qui je suis,
je n’en ai pas la moindre idée,
ou plutôt je suis en train de me demander
s’il ne me restait plus que l’embarras du choix
entre une majorité d’entre vous,
un maître incontesté
dont je serais devenu le disciple,
voire aussi, tout bêtement,
 personne d’autre que moi-même
à la recherche d’un sens à ce poème.

 

Ah, mais, maintenant que j’y pense :
ça y est, j’y suis !
Ton postulat, aussi génial que raisonnable,
m’avait carrément mis l’esprit
sens dessus dessous, Descartes

 

À présent, tais-toi, j’écris
et n’écoute plus désormais
que le cri du cœur,
le seul qui, d’après moi,
aurait  encore de la valeur.


©Michel Duprez          

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
2 janvier 2021 6 02 /01 /janvier /2021 07:26


 


Si je crois ?
Non, je ne crois pas.

 

Je vois. On se croit plus malin,
tout d’un coup tout permis…
Mais alors, là, on croit rêver !

 

Un mot de plus, un seul,
et je sens que je pourrais vous avaler tout cru.

 

Je ne suis pas celui que vous croyez.
Croyez-moi si vous voulez :
j’ai beau passer des heures à vous écouter,
pour finir, je n’en crois pas mes oreilles
et n’ai d’ailleurs rien à confesser
qui ne soit déjà connu.

 

Le seul dieu que je reconnaisse
est celui qui, depuis ma naissance,
m’a accepté tel que je suis
et veille à l’intérieur de moi
sans discontinuer
comme au chevet d’un enfant
fatigué par ses récents voyages
à travers le temps encore accessible.

 

évidemment, il m’est arrivé à certains moments
à moi aussi d’espérer,
d’être en proie à l’incertitude
plutôt que de me rendre à l’évidence.
Et combien de fois aussi n’ai-je pas dû
me démener comme un diable
afin que tout porte à croire
que la poésie est bien ma profession de foi.

 


©Michel Duprez
 
 
 
 
 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 07:38
Photo du site : effervesciences.info
 
 
 
Pour vous résumer la situation,
c’est parti comme un coup de feu
jusqu’à me transpercer le tympan.
J’avoue n’avoir rien vu venir,
ni perçu précédemment aucun sous-entendu.
J’avais l’impression d’être encore dans la lune
et d’allumer les fusées éclairantes
d’un ultime appel de détresse,
embarqué malgré moi
dans une aventure aux péripéties
plus que rocambolesques,
à bord d’un engin affrontant
le souffle enragé d’un monde imaginaire.
Après quoi, tiré d’affaire et libre d’élire,
parmi l’une ou l’autre idée a priori déjà bien avancée,
la plus apte à produire en vous
un tas d’effets secondaires,
il m’a suffi d’être moi-même
et de prouver par écrit
que l’arrivée d’un premier jet
a toujours lieu par surprise.
 
©Michel Duprez
 
 
 
 
 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
26 octobre 2020 1 26 /10 /octobre /2020 07:30
Mot à mot comme goutte à goutte…

 
 
 
Le premier mot appartient au pur hasard,
le deuxième à un choix généralement audacieux,
le troisième à l’humeur du moment,
le quatrième au mode opératoire,
le cinquième au sens de l’humour,
les vingt suivants,
y compris ceux qui ne sont compris qu’à demi,
à un tempo qui déchire.
Quant au dernier, il est à moi, rien qu’à moi.
Si, si, j’insiste.
Il n’est pas question de changer la donne :
ajoutez-le sur mon ardoise.
Faites-moi confiance,
on réglera bientôt ça entre nous
dès qu’une autre opportunité
se présentera
dans de meilleures conditions.
 
©Michel Duprez
 
 
 
 
 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
27 septembre 2020 7 27 /09 /septembre /2020 06:29
Le poète et son épouse à Rome

 

 
 
Rome antique, éternelle, envoûtante…
À force d’entendre dire aux quatre coins du monde
que tous les chemins mènent à Rome,
elle et moi étions si impatients
de nous retrouver au plus vite là-bas.
 
Là-bas,
un de ces lieux tellement rares où il fait bon vivre
et où les conditions idéales sont réunies
pour que l’amour sache user de son empire
sans pour autant vendre son âme
ou exiger la moindre compensation en retour.
 
Là-bas,
où, rien que pour nous,
chante une fontaine de jouvence,
et où la baignade est pourtant interdite
aux communs des mortels.
 
Là-bas,
où frétillent mille sources entourées de mousse
officiellement placées sous la haute protection
de Neptune, ses chevaux, ses tritons,
et qui, malgré un afflux
à tel point permanent de visiteurs étrangers
que l’on pourrait facilement y perdre son latin,
occupera toujours une place de choix
parmi nos souvenirs les plus romantiques.
 
©Michel Duprez
 
 
 
 
 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
26 août 2020 3 26 /08 /août /2020 06:30
Pixabay.com - Free-Photos

 

 

 

 

Poème ?

Hello, Poème, où es-tu, mon fidèle associé ?

S’il-te-plaît, un peu de compassion envers moi…

Ce n’est pas en faisant durer le plaisir

que nous passerons plus vite à l’acte,

surtout que, sans ce dernier,

on assisterait à un véritable coup de théâtre !

Allez… Au nom de notre indestructible amitié, sois sympa.

Je ne demande, au fond, pas grand-chose :

juste un geste, un signe.

Enfin, bref,

si tu pouvais sortir de ta cachette

et arrêter de trouver amusant

de me voir ainsi muser sans muse

après qu’un misérable petit vers solitaire

et qui, de plus, sonnait faux,

se soit vu laisser à l’abandon

en plein désert stylistique,

loin des subtilités langagières

qui aurait peut-être pu

- J’ai bien dit « peut-être » -

lui octroyer une pincée d’esprit inventif,

parce qu’ici, actuellement, tu vois, c’est la panne sèche

et moi qui ai horreur de me croiser les bras,

j’attends, j’attends toujours

d’être en deuil de cette feuille de papier

dont la pâleur cadavérique m’irrite au plus haut point

avant de pouvoir exploiter sur la suivante

un paquet de fruits cultivés

par ton imagination si débordante.

Ouf, voilà qu’à l’instant je recommence à percevoir ton souffle :

tu viens de remuer les lèvres

et, du coup,

au risque de me répéter,

de prouver noir sur blanc que je suis encore en vie !  

 

©Michel Duprez

 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
31 juillet 2020 5 31 /07 /juillet /2020 06:44

 

 

 

Vous dites que quelqu’un aurait vendu la mèche ?

Eh bien non, je n’étais pas au courant,

mais je comptais bien sûr sur vous pour m’éclairer

Il est vrai que je suis loin d’être une lumière…

Et puis, vous savez, on a beau avoir l’air d’un génie,

lorsqu’on vous surprend sous les feux des projecteurs

et que la tension monte,

pas facile de sortir d’une lampe

sans péter les plombs.

 

Pour ce qui est d’être une tête brûlée,

je suis par contre entièrement de votre avis

et bien sûr tout disposé à reconnaître

que cela fasse partie de mes défauts.

 

Néanmoins, si j’étais vous,

je me contenterais d’adopter la position

de celui qui n’a rien vu ni entendu,

car, étant donné les circonstances ou le fait de se dire :

« Après tout, qu’est-ce qu’on risque ?

À part, peut-être, de tomber sur un bec de gaz »,

je choisirais sans hésiter

de la mettre en veilleuse.

 

©Michel Duprez

 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
9 juillet 2020 4 09 /07 /juillet /2020 06:32
Jan Davidsz de Heem (1606-1684), Vanité

 


Malgré qu’il n’y ait pas le moindre doute
sur le fait que son message si criant de vérité,
aujourd’hui encore, nous interpelle,
on est bien d’accord :
un livre ne parle pas.
Lorsqu’il s’adresse à vous,
un livre exprime sans s’exprimer
ni avoir la faculté de vous interrompre.
Et pourtant, il dénonce,
il ose aborder certains sujets qui dérangent.
Un livre, il est vrai, je le reconnais,
ne parle pas.
Et pourtant, s’il le pouvait,
si parler faisait partie de ses fonctions vitales,
je suis sûr qu’il vous confierait d’abord à voix basse :
« Au nom de notre longue amitié
et du plaisir que je vous dois
dès que vos doigts effleurent mes feuilles,
j’ai le devoir de vous informer
que chacune et chacun d’entre vous
représentez pour moi un merveilleux cadeau
et que, si l’on prend un vieux dicton à contre-sens,
les présents ont toujours raison. »
 

©Michel Duprez
 
 
 
 
 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
12 juin 2020 5 12 /06 /juin /2020 06:16
René Magritte : La clairvoyance, 1936

 

 

 

 

 

Je sais qu’en ce moment la chose

est loin de vous d’être agréable,

mais nous devons absolument respecter les délais.

N’oubliez pas que ça se déroule

devant un fond blanc

et que, par conséquent,

les couleurs un peu trop vives

sont autant que possible à éviter.

Voilà, celles-ci feront l’affaire

et mettront mieux en valeur votre contour

en produisant l’effet escompté.

Faites en sorte que la pose à adopter

soit à la fois naturelle

et attire malgré tout l’attention,

mais pas trop.

Pareil pour le flou artistique :

un peu de recul serait nécessaire

pour que tout soit bien clair entre nous.

Ah oui, j’allais oublier : toujours de face,

interdiction formelle de fermer les yeux

ou de paraître indifférent,

sans la moindre expression visible à l’œil nu.

Attention, plus un geste, on ne bouge plus,

le petit oiseau va sortir…

Parfait ! Cette fois-ci, c’est la bonne,

on la tient, notre image,

on l’a, notre métaphore,

celle qui s’inscrira peut-être un jour en lettres d’or

dans la mémoire collective !

 

©Michel Duprez

 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
21 mai 2020 4 21 /05 /mai /2020 06:34
Photo sur le site de la maisondelapoesie.be

 

 

                                                    à la mémoire du poète Jean-Luc Wauthier

 

 

comme son nom semblerait l’indiquer,

un recueil serait-il fait

pour se recueillir ?

Et s’il s’agissait plutôt

de récolter ce que l’on a semé,

de recueillir les fruits de nos pensées,

les raisins de la raison

devenue momentanément imprévisible,

assoiffée de liberté,

de telle sorte que, quand le vin est tiré,

le hasard s’allie à la nécessité

en toute sympathie,

pour vous offrir un vers,

ensuite encore un autre,

et puis encore un autre.

Si bien qu’au bout d’un certain temps, on y prend goût,

on apprécie l’arôme des mots,

et qu’après tout on se dise

qu’il n’y a peut-être jamais vraiment eu d’écrits vains,

jamais eu de bons ni de mauvais poètes,

seulement des éternels jeunes premiers

ou jeunes premières

sous l’inspiration de quelque état de grâce,

face à l’envie irrésistible

de répéter ce que leur a soufflé

l’étrange voix qui les habite.  

 

©Michel Duprez

 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Couleurs Poésies 2
  • : Ce blog est dédié à la poésie actuelle, aux poètes connus ou inconnus et vivants.
  • Contact

  • jdor
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...

Recherche