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22 août 2019 4 22 /08 /août /2019 06:40

 

 

 

 

Lampada tradam

(« Je livre le flambeau »)

 

 

Après-midi, beau comme

Le roucoulement des tourterelles,

Je m’assoupis sous

Les caresses de la fraîcheur.

 

D’abondantes belles-de-jour

Ornent l’air

Et rendent paradisiaque

Le petit jardin.

Elles ne veulent pas dormir

À cette heure-ci.

 

Au-dessus de moi

Les fruits rouges de l’aubépine

Luisent gracieusement

Dans la pénombre du mur

Qui court autour de la maison.

 

Un silence solaire

Tient le monde dans son étreinte !

En m’endormant
Je pense à la fameuse collection

D’énigmes latines Aenigmata

De Caelius Firmianus Symphosius !

Et je rêve, appuyé contre le mur ocre

À ce temps prodigieux où l’angoisse

Se faisait parole captivante !

Mon Dieu, quel travail,

Que de nuits blanches !

Aurais-je été capable de tant d’efforts ?

 

©Athanase Vantchev de Thracy

 Paris, le 17 août 2019

 

Glose :

 

Belle-de-jour, liseron tricolore (Convolvulus tricolor). Comme son nom l’indique, la belle de jour est une plante annuelle diurne qui ne fleurit que dans la journée. On l'appelle aussi "gloire du matin". En effet, une fois la nuit tombée, ses fleurs se referment. Généralement bleu violet avec un dégradé blanc et un cœur jaune, les fleurs de la belle-de-jour sont en forme d’entonnoir avec un diamètre de 3 à 5 centimètres.
Chez d’autres variétés, celles-ci peuvent être blanches ou encore roses. La tige vert clair légèrement velue, quant à elle, mesure entre 30 à 40 cm. C’est une végétation touffue, aux floraisons abondantes, qui pousse à l’état sauvage, mais est également plantée pour tapisser magnifiquement les parterres, les massifs, les terrasses, les balcons, sans oublier bien sûr les jardins.
Aubépine (n.f.) : l’aubépine (Crataegus) est un genre d’arbres ou arbustes épineux de l'hémisphère nord appartenant à la famille des Rosacées, communément appelés des aubépines.


Les espèces les plus utilisées pour leurs propriétés médicinales sont l'Aubépine monogyne ou Aubépine à un style (Crataegus monogyna) et l'Aubépine épineuse ou Aubépine à deux styles (Crataegus laevigata), tandis que l'Azérolier ou Épine d'Espagne (Crataegus azarolus) est recherché pour ses fruits appelés cenelles. Le mot Crataegus vient du latin crataegos transcrit du grec krataegos ou kratos signifiant « force » (allusion à la dureté du bois).


Caelius Firmianus Symphosius - poète latin du IVe siècle ap. J.-C. auteur d'un recueil de cent énigmes de trois hexamètres intitulé Aenigmata. Cet ouvrage influença la tradition médiévale des énigmes en vers.

 

 

 

 

 

 

 

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21 août 2019 3 21 /08 /août /2019 06:11

 

 

 

 

La saleté d’enfance
Les saloperies de gamins
J’en étais d’la partie
Tête de nœud moi aussi
Un quart dans la brutalité
Le reste dans la méchanceté
C’était pas très glorieux
Tout dans l’“moi je”
Un abécédaire de l’égoïsme
Un aperçu du fascisme
La saloperie d’enfance
Les saletés de gamins 

 

© David Chomier

 

 Extrait du recueil « Soyons Bref » aux éditions Stellamaris

 






 

 

 

 

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19 août 2019 1 19 /08 /août /2019 07:13

 

 

                                                                                    à Michel Mairiaux

 

 

Dans ce monde où plus les discours sont concis,
plus ils en disent long,
dans ce monde où l’on préfère avoir le cœur léger
pour que la tâche assignée à chacun d’entre nous
devienne un peu moins lourde,
il paraît que des amoureux du silence
auraient parfois fait grand bruit
et que d’autres, ayant la prétention d’être modestes,
en seraient venus à la conclusion qu’ils étaient sur le point
d’enfin pouvoir prononcer la bonne formule…
Eh bien, non, loin de là !
La potion magique inventée en effet dans ce monde
est de celles qui mettent longtemps à agir.
Pas assez, voire un peu trop de sel ou de sucre
et les carottes sont cuites !
Certains ont l’impression qu’il suffirait d’ajouter
quelques louches d’expressions courantes
aromatisées à l’eau de rose
pour réussir à accommoder les restes,
mais ce serait bien trop facile !
D’autant plus que, dans ce monde,
le plus important c’est la chute
et seulement quand le rideau tombe
que tout doit tenir debout.


©Michel Duprez

 

 

 

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18 août 2019 7 18 /08 /août /2019 07:25

 

 

 

 

De la Bretagne

Noire et blanche

Elle a les couleurs

L’indépendant caractère

Hermine s’appelle

Racée mais point née

Sans pour autant

Être de gouttière

Chatte à part entière

Mine de rien

Un peu matou vu

Frôleuse altière

Elle entend tenace

Tenir toute sa place

Délicate jusqu’en sa litière

Pas toujours obéissante

Pour qu’elle comprenne

Je me demande parfois

Si je ne dois pas lui parler

En chuintant…

Comme chat 

 

©Gérard GAUTIER

 Saint-Brieuc 27 avril 2004

 

 

 

 

 

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17 août 2019 6 17 /08 /août /2019 07:06
© Radio France - MC Fournier

 

 

 

 

Quand chaque matin, j'ouvre les volets,


c'est toi qui me donnes les premières joies de la journée.


Tu te dresses devant moi dans ton habit de lumière


et tes branches semblent cueillir l'azur.


Je te regarde et ta force pénètre dans mon cœur.


Je te regarde et la terre se met alors à chanter.



 

Arbre mon ami,



 

Ressens-tu dans ta sève le sort tragique


de tous tes frères disparus en fumée par la folie des hommes ?


Hier encore, ils versaient quiétude et sérénité


sur les esprits angoissés,


ils offraient leur beauté, leur fraîcheur et leur mystère.


Aujourd'hui, ils ne sont plus que squelettes calcinés,


poignantes créatures d'un vaste cimetière.


Autour d'eux règne le silence,


non pas le silence qui apporte la paix


mais le silence glacé de la mort.


Où sont les tortues, les écureuils, les lézards, les insectes ?


Où sont les cistes, les fougères, les mousses, les bruyères ?


Où sont les parfums de résine et d'humus ?


Sur ce paysage de fin du monde,


la tristesse n'en finit pas de tomber.


Et pourtant, de toutes mes forces, je veux croire,


que sur ce tapis de cendres, des arbres renaîtront,


de beaux arbres de vie avec un tronc solide comme l'amitié, 


avec des branches qui se ramifient


comme des mains qui se cherchent.


A cette pensée, mon cœur se gonfle comme une voile


toute tissée d'espérance...  

 

©Michèle Freud

 





 

 

 

 

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16 août 2019 5 16 /08 /août /2019 06:27

 


 
A la plus haute branche du chêne
une ombre m’a pendue par le pied gauche
qui me dira son nom
qui m’expliquera ce que chevelure et branchages
chuchotent en regardant sourdre la source
jusqu’où mon regard descendra-t-il
pour rencontrer la fracture
d’où s’enracine l’échelle de Jacob
qui me donnera le bâton pour connaître si ce n’est l’arbre
auquel je suis liée
qui me fournira la lampe
si ce n’est l’eau où je me reflète
qui me donnera la Parole
si ce n’est le silence
dont je me nourris ? 
 
©Nicole Hardouin.
 
 
 

 
 

 
 
 
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15 août 2019 4 15 /08 /août /2019 06:47
Tableau peint par Eliane Hurtado ©
 
 
 
Du cœur de la terre sort un magma brûlant,
Poussière de rêves aux couleurs irisées
Errance illusoire, insondable passé
Aux nuages violets caressés par le vent.
 
Automne lumineux pailleté d’orangé
Le ciel bleu s’est posé sur le miroitement
D’une parcelle d’eau caressée par le vent
Silence pénétrant d’un regard animé.  
 
©Eliane Hurtado
 
 
 
 
 
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14 août 2019 3 14 /08 /août /2019 07:20
Tableau de Roland Souchon©

 

Jamais bonheur plus intense n’éclot si près lorsque se dévoile le corsage d’une rose sauvage.

            

              

 

Lorsque naît la fraîche aurore frémissante, le paon du jour fait escale à la source des parfums

Plus loin, la révérence d’une digitale suscite l’ondoiement de l’âme

Haussé par le vent, l’astre blanc, proue de lumière, réveille la toison ambrée des collines

Pâturins et vulpins, aériennes graminées, vous savez fort bien que javelles, gerbes et meules ne reviendront pas

Mais, sur l’ourlet herbacé, le roncier reste le témoin d’une indomptable vigueur lorsque s’endort la sève

Au chant du grillon, le pied nu d’Aphrodite s’est posé sur le velours d’un arc-en-ciel

Ce concert pastoral est pour l’irrésistible peau blanche des muses au théâtre de l’idylle

Sur les plis du vallon s’installent les premières broderies de l’automne

L’ombre encore tiède d’un sourire a rejoint la soie du crépuscule

 

                                  Voici la muse

 

                                         Nymphe couronnée d’azur aux sept couleurs du vent

                                         Lumineuse des paupières de l’aube au couchant

                                         Chapeau d’onde pure au vent d’autan

                                         Tu embaumes les vastes prairies de nos vies

 

                            Dis la muse, viendras-tu boire à la source où fleurit la clef des songes ?  

 

©Roland Souchon

 

 

 

 

 

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13 août 2019 2 13 /08 /août /2019 06:27
Collage de Michel Bénard©

 

 

 

Vers vous je m’avance
A pas de mousse,
Sur l’espérance des champs
Où refleurissent les terres en jachères.
L’astre solaire souligne
De ses rayons d’encre et de lumière,
Votre corps en offrande,
Donne la vie et révèle
Vos courbes de blanche pureté.
Le dôme céleste de vos seins
Réveille en moi ses formes
D’une ineffable transparence
Soulignant l’interrogation
Du mystère de l’amour,
Jusqu’au seuil de l’intime.
 
©Michel Bénard.
 

 
 
 

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12 août 2019 1 12 /08 /août /2019 06:53
Marc Chagall, Au-dessus de la ville

 

 

 

 

 

Écoutez chanter le violon vert
Amour, pendant que la fleur flétrit
Sous le givre gelé de l'hiver
Que ses pétales fondent sur le blanc lit

 

Écoutez chanter le violon vert
Amant, pendant que l'alcôve refroidit
Absence des amours à découvert
Vous rappelle de si loin à la vie

 

Écoutez chanter le violon vert
Ami, le temps de vos moissons
Les vainqueurs se sont offerts
Les vaincus consolés en leur saison

 

Écoutez chanter le violon vert
Amour, comme sa musique est nostalgie
Des amours mortes souvenirs d'hier
Le vent les emporte dans sa nuit

 

Écoutez chanter le violon vert
Amant, n'entendez-vous pas ce qu'il dit
« Vous êtes ma source, mes rivières
Et de vous, je m'ennuie »

 

Écoutez chanter le violon vert
Ami, comme un souffle de votre bouche
Sur mes bras tendrement ouverts
Qui vous rappellent à ma couche

 

Écoutez chanter le violon vert
Mon amour, mon amant, mon âme !


Ode©

1 août 2019
 

 

 

 

 

 

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