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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 08:03
Relativité – Denise Bernhardt
© Honoré Daumier
 
 
 
La vie oscille dans le jeu cuivré
Des poids et des mesures d’autrefois.
Nulle balance n’est infaillible
Les instruments sont floués
Malgré le lent ajustement des données.
 
En marge de l’absolu des preuves
Le monde s’enlise
Dans l’arrogance des discours
L’aléatoire des démonstrations.
 
Car la foule demandeuse attend
La vérité des mots, la justesse des lois
Le flamboiement des idées
Porteuses de pérennité.
 
Avec l’incertitude du devenir,
Confrontés à la soif d’expansion
Qui pourrait abreuver
Les peuples assoiffés.
Les hommes contemplent médusés
Les projets insensés qu’élaborent
Les adeptes du paraître
Au détriment de l’être.  
 
© Denise Bernhardt
  
Extrait du recueil « L’amour du monde » écrit à deux plumes par Denise Bernhardt et Duccha. Editeur : Le Vert-Galant



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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 07:50
LA DIGUE – Luce Péclard
 
 
 
Fais confiance au flux de vie,
A la magie, à la richesse,
A la grâce du matin calme.
Est-il moment plus inspiré
Que cet espace réservé
Où nul encor n’a mis le pied,
Où ton projet fraîchement né
Peut délaisser sa chrysalide ?
 
C’est l’heure où tu tiens à distance
Les flots tempétueux du monde.
Ne les laisse pas effriter
La digue patiemment construite,
Ni submerger le paysage
Gagné sur la mer contenue
A la force de ton poignet
Qui sert la truelle et la plume.
 
© Luce Péclard

Extrait du nouveau recueil de Luce Péclard, « Pars si tu peux » aux éditions du Madrier




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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 08:11
À venir… - Jean Dornac
 
 
 
 
 
Lorsque la mort frappe un vivant
Tout semble mourir dans un même élan
Les souvenirs du temps jadis fleurissent
Enjolivés ou tristes pour les âmes désolées
 
Mais qu’est la tristesse sinon notre ignorance ?
Ce départ signifie le néant aux yeux des athées
Paradis ou Enfer pour nombre de croyants
Ou recommencements jamais achevés…
 
Ils sont nombreux ceux qui annoncent
Détenir la vérité et la garder jalousement
La variété des croyances dit qu’il y a erreur
Seul le cœur de chacun peut ressentir le réel
 
Aucune vérité n’est plus grande qu’une autre
Est vrai, sans doute, ce qui nous fait vibrer
Non dans le corps, mais au plus profond de l’âme
Intuition qui nous enveloppe comme une flamme
 
J’ai fréquenté certaines croyances
Croyant trouver mon chemin
Je m’étais juste égaré
Dans le labyrinthe de leurs dogmes
 
Par l’Ordre servilement accepté
Du précepte à l’esclavage
Il n’y a pas plus d’espace
Que l’épaisseur d’un voile
 
Pas même la raison n’est suffisante
Pour faire une intime conviction
Face au mystère de nos existences
Chahutées par le tourment des épreuves
 
Si l’homme y met son grain de folie
Les dieux deviennent des monstres
Assoiffés de sacrifices et de sang
À l’image des fous qui les ont créés
 
Gardez-moi de cette démence
Ouvrez-moi la route des étoiles
Que j’y lise le sens de ma vie
Et les étapes qui m’attendent…
 
© Jean Dornac
Mulhouse, le 25 mai 2010
 
 
 
 
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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 08:20
Je vois toujours tes yeux – Victor Varjac
 
 
 
 
 
Je vois toujours tes yeux
qui bougent dans l’espace
un rire parfumé
un souvenir qui passe
comme une main ouverte
que l’on ne peut fermer…
L’heure croît puis efface
les gestes et les mots
le chemin me regarde
le paysage verse
l’éternité se brève
sans laisser une trace…
… mais j’aperçois tes yeux
dans tout ce qui résiste
à conserver le jour !...
Ils bougent dans l’espace
Comme deux astres clairs
deux caprices de flammes
deux prières de ciel
plus fortes que le temps…
Dès l’aube de ma Vie
bien avant que l’usure
devienne une habitude
une marche qui pleure
au bras du quotidien
le rêve m’épousa
sur l’autel du futur
mais la réalité
avait un corps de glace…
Le sang de l’écriture
me sauva du naufrage
même si la douleur
mélangeait nos visages…
Tout au fond du poème
ce sont tes yeux incandescents
comme une cathédrale
au soleil couchant
qui saisissent les battements
de mon cœur affaibli
et le courage d’être
ce que je ne suis pas…

© Victor Varjac
Antibes, le 16 août 2011


Extrait du nouveau recueil de Victor Varjac « Les Fiançailles de l’Aube » aux Editions Chemins de Plume

 
 
 
 
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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 09:03
Providence (extraits) – Béatrice Pailler
Halte devant une auberge - Jean-Louis Meissonier
 
 
 
 
… À même le carreau de la salle sur ma paillasse de fortune, attentif au bruit des corps assoupis, à la chandelle des heures qui se consume, le sommeil me fuit. Que trouverons- nous au bout du chemin, lassitude ou renouveau ? Quel est notre destinée ? Qu’allons-nous devenir ? Qu’allons-nous accomplir ? Que restera-t-il du voyage ? La poussière de la route, la cendre des buchers, une goutte de nacre rose, une perle de sang ? Des questions sans réponses, une nuit sans sommeil, blanche dans le gris des désillusions, blanche sur le noir des jours de misère, sur le rouge des champs de bataille, blanche comme la pierre du tombeau.
 
Certains sommeillent, d’autres s’éveillent et j’écoute vivre la nuit. La vieille bâtisse au fil des ans s’est affaissée, et la charpente craque sous la rafale. La gent trotte-menu prend ses quartiers, et à l’office parmi les reliefs cherche sa pitance sous l’œil morne des mâtins gras et des mistigris repus. Bien avant les premières lueurs de l’aube les souillons et les mitrons se mettent à l’ouvrage. Elles puisent de l’eau, et les pots, les écuelles lavés et récurés s’entrechoquent dans les cuveaux. Ils façonnent le pain, caressant la pâte tendre et toute gonflée comme les seins des nourrices, comme les seins qu’ils imaginent ronds et blancs, ceux des filles galantes…
 
…Il est tôt mais déjà le jour pointe à travers les claires-voies. À petits pas la lumière s’immisce, une lumière d’église douce et tamisée, qui nous offre une aube tout en clair-obscur. Une aube fragile et nuancée, qui s’élance et rayonne, traçant sa voie dans la pénombre de l’auberge éveillée. Saintes effluves, souffle ardent de cette messe triviale, l’arôme puissant du pain chasse les miasmes nocturnes. Et l’on devine des pains ronds comme des soleils rutilants à la croûte miellée croquante, à la mie dense et parfumée…
 
…Sous le nez de ce ladre d’aubergiste j’ai volé un pain à l’office. En secret je l’ai caché contre mon ventre, entre mon pourpoint et ma chemise. Ce pain, bien avant que d’être mangé va par sa simple présence m’insuffler force et courage. La bonne chaleur qu’il irradie réchauffant mon cœur, échauffe mon corps. Au dehors dans la froidure du petit matin avec impatience nous attendons nos montures. Elles sont à l’image de mes compagnons, et au sortir des écuries certaines renâclent inquiètes, d’autres piaffent joyeuses.
 
En selle bien calés, sans un regard, sans un adieu nous partons remerciant simplement la providence. Car nous étions perdus et soudain, au détour d’une sente, l’auberge tant espérée était là. C’était pour nous l’assurance d’une nuit au sec, d’un repas. De nouveau le voyage nous happe et nos chevaux vont bon train. Perdue dans l’opalescence des brumes grises, devant nous, la route, ce long ruban d’incertitude s’étire dans le lointain. Nous forçons l’allure, et à bride abattue la chevauchée s’envole, court vers l’horizon…
 
© Béatrice Pailler 2014
 
Extraits de la nouvelle « Providence » mention spéciale du jury au 15 ème concours international de littérature, Regards 2014

 



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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 08:28
Page Blanche - Louisa Siefert

 

 

 
Qu'écrire? Vierge encor la page est sous mes doigts,
Prête à tout elle attend mon caprice. - Autrefois
La chantante élégie en mon coeur murmurée,
Source qui débordait de la vasque nacrée,
S'épanchait d'elle-même en vers doux & naïfs.
Les doutes, les soupçons, les aveux, flots furtifs
Qui jasent & s'en vont aux pentes inconnues,
S'échappaient nuit & jour en strophes ingénues;
Le rêve, interrompu la veille, reprenait,
L'accent, confus d'abord, se répétait plus net,
Une larme coulait d'un sourire effacée;
L'espérance passait légère, & ma pensée
S'égarait aux détours charmants du souvenir.
Maintenant, je n'ai plus de pleurs à retenir,
 
 
Plus de folle espérance à qui couper les ailes,
Plus d'angoisses traînant la colère après elles,
Plus d'effroi, de souci, d'amertume, plus rien!
Autrefois, les accords du grand musicien
Amour faisaient vibrer les cordes de mon âme;
Maintenant, le foyer triste n'a plus de flamme,
Le musicien meurt, & l'instrument forcé
Ne rend plus qu'un son mat quand chante le passé.
 
Louisa Siefert
 



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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 08:05
CÔTE SAUVAGE – Michel Duprez
 
 
 
Toi le seul poème
Que j’aurais voulu garder pour moi,
Qui brûlais dans mon sang
Tout ce qu’elle avait touché,
Celui qui disait que pour connaître,
Il fallait commencer par oublier,
Qui fut couvert de honte
En découvrant que le nom inscrit dans ses yeux,
Le nom gravé sur son cœur,
N’était pas le mien.
Le poème au goût de sel,
A la croisée de nos regards,
Devant ce désert d’eau changé en paradis,
Pendant que nous allions d’un pas léger,
Entre sable et galets,
A la chasse aux coquillages.
Et moi, l’auteur de tes jours,
Dos tourné au vent des apparences,
Qui a tellement joué des poings,
Tellement fait rage
Après la dernière rafale
Que, depuis lors,
En  guise de représailles,
La mer a les côtes cassées.
 
© Michel Duprez

 


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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 08:05
Toute ta beauté – Michel Bénard
© Yvanel
 
 
 
Toute ta beauté réside
Dans la spontanéité
Du délié d’un trait.
Comme une douce évanescence
Ton corps s’étire, s’alanguit,
Dans l’alternance des jeux
D’ombre et de lumière,
S’assoupit en de lascifs secrets
Telle une invitation à l’amour.
 
© Michel Bénard.

 


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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 08:24
Sous la dictée du Fleuve – Ode

 
 
Je reviens à ta rencontre
Celle des Âmes
De la création et de la Nature
Je sais que tu m’attends
Comme j’ai la hâte au cœur
Et au corps de te retrouver

Brises de sable et de grands flots
Vagues brûlantes de vent
Où le désir se dérobe et se renouvelle
Sans cesse

Le poète me l’a dit
Tu es mon Amant
À l’heure où le Soleil
Passe tout entier de l’autre côté des persiennes
Pour laisser place à la nuit
Je plonge mon corps dans tes eaux
À la hauteur de mes hanches embellies
Sous le regard bleu de la Lune
Et balayant toutes les lois
Nos eaux se mélangent
Pour donner naissance
Aux Étoiles
Que je porte en ma chair

Au sein de ta Terre féconde
Je suis celle qui fait
Couler les mots
Dans une douce étreinte
Au bouche à bouche de l’Amour
Je suis celle qui fait pousser tes fleurs
Aime tes arbres et leur ombre
Derrière les mots que j’écris
Tu es là, toujours
J’entends le Verbe de ton Âme
De poème en poème
                                                                                                                                                               …/…
La marée monte et descend
Ce sont les battements de ton cœur
O sentir ta présence dans la chair du poème
Comme l’Amour qui se lève
Au passage de l’Oiseau
Folle passion, délire de Feu
Étreinte infinie du Désir



Je suis celle qui court après la Vie
Avant que le Temps ne lui fasse Signe
Qu’il est temps de retourner aux Origines

Je suis fille de la Voie Lactée
Née d'une Étoile Filante
Fécondée par toi
Mon Fleuve...
 
© Ode

 


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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 08:01
Comme un parfum de néant… - Jean Dornac
 
 
 
Je dédie ce poème à toutes les victimes des déments du pouvoir et des fous de dieu, tous ces êtres indignes du beau nom d’humain…
 
 
- Qui es-tu, toi que je ne vois pas ?
- Je ne suis rien, je ne suis qu’éternel vide !...
Me répondit, en écho, Maître Néant
Qui déjà semblait vouloir happer ma vie…
 
Aux quatre saisons de la souffrance
Dès les premiers instants de ma naissance
Une bien méchante fée
Promptement m’a abonné…
Trop vite, j’ai senti l’haleine fétide
De celui qui nous happera tous
Et nous gardera en éternité insipide
Dans ses mortelles housses…
 
Je me suis raccroché à l’espérance
Qu’un Dieu amical devait exister
Mais je n’ai vu que les mares de sang
Dans lesquelles se vautraient
De cruels égorgeurs à l’horrible rictus
Qui dansaient sur les corps désarticulés des femmes et des enfants !
Seul le vide, alors, me paraissait acceptable
Seul ce vide pouvait devenir désirable…
 
Je voudrais oublier ce monde de fous
Qui n’a jamais aimé la vie !
Car je connais le désespoir
De l’âme qui ne rencontre plus l’amour
De l’âme qui, au fil des jours, se dessèche
De l’âme qui cherche une maîtresse
Mais ne croise plus que la mort
Si loin de toute lumière de vie…
 
Oui, je voulais espérer et m’accrocher encore
Mais à quoi bon entretenir
Les plus belles illusions
Lorsqu’elles servent juste à se mentir
A oublier qu’existent des monstres
A refuser de regarder la vérité dans mes propres yeux
Devenus glauques à force de pieux mensonges
Et finir par se retrouver en totale perdition ?
 
© Jean Dornac
Lyon, le 16 novembre 2014

 


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