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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 06:57
La Veuve Noire - Jean Dornac
 
 
 
Grinçante, méchante
Jamais elle ne manque
De piquer sa proie
Fixant son venin
Dans les âmes désemparées

Jalouse jusqu’à la maladie
Ses paroles blessantes
Écorchent les êtres sensibles
De ses pattes, elle se dresse
Comme un mur inviolable

Elle impose sa volonté
Sans égard pour la société
Alliée des plus noirs desseins
Attirant ses victimes
Par de douces mélodies

Elle endort les méfiances
Par sa sinistre science
Promettant d’une patte
Ce qu’elle supprimera
D’un seul coup de dard

Hideuse image
De ce qui fut un jour
Une frêle femme
Elle devient monstre
Au service de ses intérêts

Un jour pourtant,
Elle trouvera face à elle
Un être plus futé
Qui lui fermera le bec
Par quelques mots bien sentis

Elle partira s’enfermer
Dans sa laide tanière
Fulminant contre ce monde
Qui rejette ses manières
Maugréant sa misère…

©Jean Dornac
Paris, le 26 janvier 2011


 
 


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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 06:40
DILETTANTE – Pierfetz
Dilettante façon Dali ! - AFT©
 
 
 
Goutte la pluie.
Tonne l'orage.
Derrière les vitres je m'ennuie.
Je guette le prochain nuage.
 
Je suis arrivé plein de rêves
Que je pensais réaliser.
Je n'étais pas un bon élève
Dans ce monde tétanisé.
 
Foudroyée par ses inventions,
L'Humanité atomisée,
Encombrée de contradictions
Se retrouve désorganisée.
 
Au diable les gens de conventions,
Les Savants et les Moralistes,
Les encaisseurs de commissions...
Ils méconnaissent la vie d'artiste.
 
L'Artiste apporte par son travail
La Fantaisie qui nous enivre,
Ecarte les épouvantails,
Sème Plaisir et Joie de Vivre.
 
Pleurer souvent, parfois en rire,
De la réalité aux rêves,
Dilettante savoure ses Soupirs
Volés sur une portée de trêves.
 
Pierfetz©

 


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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 06:54
La pie – Michèle Freud
Photo J.Dornac©
 
 
Eglantine vivait seule sur une colline. Les arbres, les fleurs, les oiseaux ainsi que tous les animaux de la forêt étaient ses amis. Un chat blanc et une pie ne la quittaient pas : un chat affamé de caresses, une pie familière comme un pigeon de cathédrale mais si voleuse qu’un jour la jeune fille lui dit : « Puisque tu te crois très douée, je vais te demander un service ; je te préviens, c’est un service spécial qui réclame esprit d’initiative, voire d’aventure. »
« Alors c’est à ma portée » répondit la pie pleine d’orgueil. Mais avec une pointe d’inquiétude, elle demanda : « De quel service s’agit-il ? »
« Oh, il s’agit tout simplement d’aller dérober au soleil un de ses rayons ! »
« Rien que cela, et pourquoi pas décrocher la lune ? »
« Mais bel oiseau moqueur, ce n’est pas à ta portée, c’est tout ! Cependant, je vais te donner un conseil : vole jusqu’à la mer et, là, attends l’heure mauve, celle où le soleil se couche en épousant les flots ; tu verras, ses rayons sont tout doux, rafraîchis par les vagues. Alors, à ce moment-là, tu cueilleras le plus pur rayon d’or ».
La pie, sans un regard, s’élança vers le ciel et disparut, absorbée par la brume.
 
Les jours et les semaines passèrent. L’oiseau ne revint pas. Il avait peut-être suivi la mouette dans son royaume d’algues et de sable, il avait peut-être voulu goûter au baiser froid de la mer, ou tenté de découvrir les chemins de la voie lactée vers l’inaccessible étoile…
Eglantine ne céda par au remords d’avoir demandé à la pie une tâche aussi difficile. Il a pourtant essayé de s’infiltrer en elle. Mais la petite flamme rose de l’espoir veillait  et le remords qui craint la lumière n’insista pas.
 
Et un matin tout neuf rafraîchi par une pluie cristalline, elle le vit apparaître à la fenêtre. Elle était si heureuse de le revoir, qu’elle ne remarqua pas tout de suite l’une de ses plumes, toute tissée d’or. Mais c’était son rayon de soleil, elle n’en croyait pas ses yeux ! Elle tira sur le fil qui se déroula facilement. L’oiseau la regardait : dans ses yeux, elle lut sa fierté d’avoir accompli une aussi belle mission, mais elle y vit aussi les reflets du soleil se baignant dans la mer et la vague d’émeraude jouer avec la mouette. Elle y vit tout cela et tellement plus encore. Mais comment le dire ? Elle avant beau chercher, elle ne trouvait pas les mots mais son cœur savait et c’était l’essentiel. La pie lut le message et s’envola sans toucher au repas qu’elle lui présentait, rassasiée d’une autre nourriture.
 
Quant au rayon d’or, Eglantine le déposa dans l’un des tiroirs de son cœur, pour qu’il l’ensoleille à longueur d’année et fasse fleurir dans ses yeux tout un jardin où chacun pourra cueillir une pensée de joie, de tendresse et d’amour…
 
©Michèle Freud

 



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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 06:41
Grossesse – Thierry Deschamps
©" Femme enceinte " BÉATRICE CASSARLA
 


Grâce de ton visage au sourire épanoui,
Rondeurs qui t'enveloppent d'une aura de bonheur
Ovale de ton ventre qui abrite la vie,
Seins dressés fièrement en un geste d'offrande.
Silhouette qui me rappelle que je ne suis qu'un homme
Et qu'entre nos deux êtres, la différence est grande !
Semblables sont nos espoirs, nos peurs, nos envies
Seule tu as cependant le plus grand des bonheurs
En toi vit le futur, l'absence à jamais évanouie.

~~*~~
 
©Thierry Deschamps
 
 
 




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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 07:06
Ophélie – Arthur Rimbaud
©Alexandre Cabanel
 
 
I
 
Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchées en ses longs voiles.
On entend dans les bois lointains des hallalis.
 
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir,
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.
 
Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.
 
Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
Un chant mystérieux tombe des astres d'or.
 
II
 
O pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
C'est que les vents tombant des grands monts de Norvège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;
 
C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits ;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;
 
C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !
 
Ciel! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
Et l'Infini terrible effara ton oeil bleu !
 
Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
 
 
Arthur Rimbaud
15 mai 1870.
 
 
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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 07:28
Ligne de fuite – Denise Bernhardt
 
 
 
Tu es mon fruit doux-amer
Quant tes paroles nient
La douceur de tes mains
Inscrivant des calligrammes
Sur mon corps étonné.
Tu es mon heure grise
Quand tu dis « oui »
Du bout des doigts
Et « non » avec le cœur.
Je prendrai mon amour
Les couleurs de ton ciel.
J’attendrai que tu reviennes
De ces terres indécises
Où l’horizon élide
La promesse des eaux.
Car quelque chose en toi
Se délite,
Comme les roches blanches
Erodées par la mer.  
 
© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.


 


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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 06:55
LE PEU DE JOIES FURTIVES – Luce Péclard
 
 
 
Le vent chuinte et j’entends des voix.
J’intercepte un message en larmes,
Noir sur nuage entre les branches.
Depuis combien de temps pleut-il
Dans le cœur à vif des humains ?
Pourquoi ces chocs et ces bourrasques,
Ces coups de grisou dans les têtes
Où se disputent or et charbon ?
Comment faut-il interpréter
Les hoquets de détresse,
Les sanglots ravalés
Parmi le peu de joies furtives ?  
 
© Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « Pars si tu peux » aux éditions du Madrier




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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 07:14
L’ACUITÉ DE L’AMOUR - Nancy Turnier-Férère
©Josephine Wall
 
 
 
Pour toi seul
J’irais très très loin
Chercher des nids d’abeilles
Je les toucherais du doigt
Pour avoir leur doux miel
Que je porterais à mes lèvres
Pour te l’offrir avec passion
Sans à leur vrombissement
Et à leur bourdonnement
Prêter attention
 
Pour toi toujours
J’irais au haut de la montagne
Faire une gerbe embaumée
De menthe de citronnelle
De ‘bonbonyen’ parfumés
Rien que pour épicer
Cette flamme en éruption
Sans au bord périlleux
De cette profonde falaise
Prêter attention
 
Pour toi encore
J’irais plus loin dans les champs
Tisser notre bel amour
Dans les vallées sauvages
Odoriférantes de la nature
En dépit des tempêtes
Et des pluies d’abat
Sans à la tornade sinistre
Ni au cataclysme
Prêter attention
 
Pour nous enfin
Dans ce rêve nos deux corps
Fusionnent triomphalement
Sillonnent cette euphorie
Vertigineuse de bonheur
Le logis de l’amour
Nos cœurs embrasés emportés
Vers nos jours à venir
Aux pièges et aux leurres déchus
Prêtent attention 
 
©Nancy Turnier-Férère


 


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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 07:53
Il fait sombre – Victor Varjac
 
 
 
Il fait sombre
tellement sombre
que cette nuit
n’a plus de visage…
Le fleuve des ténèbres
a englouti ses berges…
L’heure vient de franchir
une ligne interdite
et le monde connu
cède son décor
à ce lieu d’espérance
où toute création
libre des lois humaines
enfante dans la joie
l’innocence et le rêve…
… et tout devient lumière !...
Captif des secondes noires
au pays des blessures
je regarde ébloui
cette terre nouvelle
qui fête mon apparition
comme la naissance
d’un être de sang
à la parole pure !...
Je regarde mon corps
et je compte mes plaies
qui sillonnent ma chair
mais dans ce « paradis »
j’oublie le périssable
l’éphémère et le doute
car la Source de Vie
à la bouche d’enfant
est à l’origine
de ce voyage cosmique
mais l’ombre étouffe
la marche de mon âme
brise le souvenir
de cette aube des mondes
où le jour s’élève
au-delà des mensonges…
Il fait sombre…
… tellement sombre
cette nuit
que mon cœur déchiré
a perdu son visage…

©Victor Varjac
Antibes, le jour des morts 2011


Extrait du recueil de Victor Varjac « Les Fiançailles de l’Aube » aux Editions Chemins de Plume

 
 
 
 
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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 07:13
MANIFESTE POUR UN FESTIN – Gilles Lecoq
 
 
 
Moi, Gilles, né LECOQ, égoïste,
Certifie être en Possession
De tout son Être et Passé,
Sain de Corps et d'Esprit,
Assume ce qui suit :
 
Déglingué du Corps,
A colonne vertébrale bringuebalante,
Positionnée sur des fractures
D'adolescent aux talons d'Achille,
Et, telle la Tour de Pise,
Penchant du côté d'où vient
Le vent d’Éole
Et ses Muses au féminin,
Le crâne empli de Rêves inaccessibles
Car
Fauché par une balle matrimoniale,
Dut,
Le Temps qu'il lui fallut,
Édenté à appareil fixatoire vexatoire
Dans l'intimité dévoilée
A quelques voyeuses en mal de Scoop,
Ou
De quelque figaro du ciseau,
Non pour beau bois,
Devant un miroir réfléchissant
Devant l'hilare complicité
De celle-ci,
Qui, fugace fuyeuse
D'une morne existence,
S'accomplit entre les bras
D'un Crucifié sur une Croix
Pour le Doux Regard d'un hypothétique
Mensonge vieux de 2000 ans et des brouettes.
 
Et de mes pérégrinations « whysquiesques »,
Simiesques singeries
Face à une Vie
Par fois sans Foi ni Loi,
Me prouve,
Que vos Vies rétrécies
En quelques clichés pour
Bons et Biens Pensant(e)s,
Ces clichés là, et les Autres,
Vous pouvez vous les foutre,
Semence divine d'un Marquis
Dont on ne retint que le Surnom
Sadique et Sado sans Maso,
Dans le fondement
De l'encrier paradoxal
De mon cerveau
Pas sis à Passy Palaiseau,
Palais d'Eau,
Où,
Le Miroir liquide
Reflète en son Sein
Les Images de celles et ceux
Qui, par trop Fugaces
Encombrent parfois,
Un surprenant
Passé d'aujourd'hui reboosté.
 
Encore et encore,
Donneuses et Donneurs
De Leçons,
Je vous toise de Haut
Et de si bas du Puits,
Que vos Jugements Derniers
Et ultimes sentences
A vérités fragmentées pour votre Confort
Personnel,
Je me les carre dans le profond
De mon Être
Et, mouchoir dessus,
Forcément,
Je trace ma Route,
Cheminant dans d'obscurs Couloirs
Illuminés par de
Resplendissants Levers de Soleil
Sur un Ciel Réel
Aux Pourpres couleurs enflammées.
 
 
NI DIEU, NI MAITRE, FUT LE SLOGAN D'AUTRES,
BIEN PLUS ILLUSTRES QUE MOI,
ET BIEN PLUS COURAGEUX,
MAIS RESONNENT,
TINTENT ENCORE ET ENCORE, A JAMAIS PERDURENT,
DANS MA  RETRAITE-CAVERNE POUR OURS MAL LECHE,
CES QUELQUES MOTS,
AUSSI, EMPRUNTES, 
     AUX ARMES, ET CAETERA……  :)
 
©Gilles Lecoq.
 



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