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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 07:04
Le temps qui passe... Photo J.Dornac©

 

 

 

 

                                                      Les souvenirs sont façonnés par l'oubli
                                                       comme les contours du rivage sur la mer.         
                                                       [Marc Augé]         
 
Les fleurs que j'ai coupées refleurissent ma foi
souvenirs d'un passé écrit dans ma mémoire…
Sont-ils vraiment ternis au creux de mon grimoire,
façonnés dans ses plis ces présents d'autrefois ?
 
Par je ne sais quel but, je feuillette parfois
l'oubli de leurs couleurs, leurs fibres dans la moire,
comme de vieux effets bien rangés dans l'armoire…
Les pétales séchés sont très beaux quelquefois !

Contours frêles, cassants, corolles qui naguère,
du lever au couchant, n'étaient en rien vulgaire ;
rivage d'un bonheur déjà loin mais pas mort…

De ces bouquets fanés, j'y caresse son âme,
la quête d'y goûter le sel que j'y réclame :
mer au ressac cruel ourlé par le remord…
 
©Robert Bonnefoy
Sonnet en acrostiche  
 
 
 
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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 06:32
@Gilles Martin-Raget

 


 
Une lame de fond vient d’emporter ton âmE
Noyant dans son rouleau nos espoirs et ma faiM :
Elle nous a surpris, très tôt, sans préveniR,
La boue emportant tout, tel un visqueux magmA
Aux ventouses de mort, aux odeurs de fieL
Rien n’avait fait prévoir un pareil cataclysmE
Même pas l’Au-Delà prié dans un refraiN,
Et je bois sans retour sur tout ce que j’ai vU

©Robert Bonnefoy

Acrostiche double et inversé (Une larme)
 
 
 
 
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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 06:46
Copains comme cochons ?
 
 
 
                                                Chez moi, quand on tue le cochon, tout le monde rit.
                                                Sauf le cochon ! - Edgar Faure

CHEZ mon petit boucher, près du pont, sur le cours,
MOI, j'écoute toujours ses ragots dans l'échoppe,
QUAND il parle du porc en coupant l'escalope.
ON imagine bien les mots de son discours…
 
TUE sous grand renfort de vin blanc sec et court,
LE goret dort, pendu, le regard d'un cyclope…
COCHON comme il se doit, le tueur et sa clope
TOUT en vociférant, boit dans la basse - cour…
 
LE feu est alors mis sur les soies et la paille :
MONDE de bactéries qui vivent par dépôt…
" RIT - on beaucoup chez vous ?… Un barbecue ?… Ripaille ?…"
 
" SAUF que dans ce bûcher, nous sommes la tripaille !…"
LE charcutier jubile en poussant son chapeau, essuyant sa main
COCHON comme son nez, rose comme sa peau…
 
©Robert Bonnefoy
 
RB – Sonnet en acrostiche
 


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24 septembre 2017 7 24 /09 /septembre /2017 06:28
© Vincent Héquet
 
 
 
 
Le plus sûr moyen d'être malheureux est de l'avoir été et de s'en souvenir.   Xavier Patier          
 
 
LE sable s'endormait sur le lit du rivage…
PLUS j'avançais mes pas et moins je pouvais voir
SUR la plage mon sceau, gravé sans trop savoir,
MOYEN, mais bien présent, tel un dessin sauvage…
 
D'ETRE seul dans le soir, je buvais un breuvage,
MALHEUREUX comme si la mer faisait pleuvoir.
EST-ce toujours ainsi quand on croit recevoir
DE quelqu'un une main et qu'elle fait ravage ?
 
L'AVOIR prise, éperdu, me fut un réconfort,
ETE tel un salut que j'ai cru franc, très fort,
ET qui s'est effacé sous mes doigts, d'une touche…
 
DE mon passé récent, seul ce songe émouvant
S'EN revient chaque jour, et presque sans retouche :
SOUVENIR d'un trou noir, tel un sable mouvant…
 
©Robert Bonnefoy
 
RB - Sonnet en acrostiche   
 



 
 
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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 06:31
Le courrier

 

 
 
 
JE garde encor en moi les spasmes des tranchées       

N'ayant plus de ferveur pour ce chant de victoire…  
OUBLIERAI -je ce jour quand recrue, je marchais…  
 
JAMAIS je n'aurai cru vivre un tel purgatoire…
LES enfants s'amusaient près d'un vase où juchaient                      
LILAS mauves et blancs, coupés pour l'offertoire…
 
ET je revois aussi notre chambre à coucher, 

LES cheveux de ma mie, ses joues comme un ciboire,

ROSES comme les fleurs qu'elle aimait tant toucher…
 
NI lettre, ni nouvelle en ce temps très notoire :
CEUX qui en recevaient avaient peur de cacher

QUE la mort ne les prenne en proie expiatoire…
 
LE temps semblait figé quand nous partions chercher

PRINTEMPS, joies et bonheurs, sur les bords de la Loire
DANS laquelle je pris son cœur amouraché.
 
SES mains gardaient mon front sur le très dérisoire

PLIS de son corset bleu où j'aimais me nicher…

A des années de là, une page et l'Histoire

GARDE en moi ce passé…, mais vide est la psyché.
 
©Robert Bonnefoy
 
RB – D’après Aragon ‘’Les lilas et les roses’’  
 


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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 06:27
L’Everest

 

 

  • La vie est un voyageur qui laisse traîner son manteau derrière lui, pour effacer ses traces. Louis Aragon.
 
LA montagne m’attend toujours mise de blanc,
VIE intense des sens que mon cœur en chancelle…
Est-ce la mariée et son voile galant,
UN bouquet dans sa main sur un pied de dentelle ?
 
VOYAGEUR assoiffé, je suis cet indolent
QUI revoit son destin, car sa pauvre escarcelle,
LAISSE passer les ans, sans avoir vu, trop lent,
TRAINER sa pauvre voie, en suivant cette belle…
 
SON voile et son chapeau, couvrent son bien troublant
MANTEAU de fins cristaux telle une grande ombelle…
DERRIERE ses fleurs, son regard nonchalant,
LUI, m’a conquis un jour, en parfaite Cybèle…
 
POUR caresser son cœur, j’ai dû, dans mon élan,
EFFACER et ternir une femme fidèle.
SES dures volontés, m’ont laissé chancelant :
TRACES d’un homme seul, insatisfait, rebelle…
 
©Robert Bonnefoy




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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 06:33
Fleur des champs – Louis Janmot –Musée des Beaux Arts de Lyon / Photo J.Dornac©
 
 
 
 
 
J’aime l’oiseau parce qu’il sait ton nom.
           J’aime le ciel parce qu’il est dans tes yeux.      Pierre Perret
 
J’AIME sentir le vent passer dans tes cheveux.
 
L’OISEAU roucoule en paix près de sa tourterelle,
PARCE QU’il l’aime fort en clamant ses aveux.
IL chante son amour, car son instinct fidèle
SAIT qu’à chaque moment, ils partagent leurs vœux.

TON prénom est divin, toi que mon esprit veut :

NOM combien beau pour moi, car tu es la plus belle !
 
J’AIME sentir le vent passer dans tes cheveux.
 
LE souffle passe et fond dans l’azur qu’il modèle,

CIEL toujours dégagé, sans ombre ou désaveu.

PARCE QU’il est léger, je sais qu’il m’interpelle,
IL décoiffe ta nuque, et ma main trop charnelle,
EST dans tes longs cheveux pour nous rendre nerveux…

DANS ton âme, je lis, des mots bien trop verveux.

TES regards sont troublants dans mon cœur qui chancelle :

YEUX tendres et profonds quand ton amour m’appelle !
 
©Robert Bonnefoy




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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 06:31
http://capturesdinstants.blogspot.fr/2010/04/joli-pont-de-pierre.html
 
 
 
 
 
On ne reverra plus le petit pont de pierre,
ne serait-ce qu’un temps, on n’y reviendra pas,
Saurait-il partager les pleurs de nos faux-pas,
être consolateur à l’ombre de son lierre !
 
Sage recoin de paix, penché sur la rivière,
quand nous venions pêcher ou chercher des appâts :
on était seul au monde et mon cœur sans compas
aime encor tes yeux bleus sous ta frange si fière…
 
Ni ton nez, ni ton front, n’étaient plus beaux pour moi :
aimer c’est avant tout, vibrer dans son émoi,
quand chaque jeu se mêle aux rires d’un enfant…
 
On a grandi depuis, ton tablier bouffant
Est devenu serré sur ta douce poitrine…
Sage instant d'autrefois couché dans la feutrine.
 
©Robert Bonnefoy
 
"On ne saurait être sage quand on aime, ni aimer quand on est sage"
(Publilius Syrus).
 


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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 06:28
vivrelivre19.over-blog.com/2014/09/chanson-d-automne-paul-verlaine.html

 

 
 
 
LES cieux pleurent mon deuil en ces jours à venir :
SANGLOTS d'une saison qui met en terre une autre,
LONGS et profonds chagrins d’un passé qui se vautre,
DES que les tards regains aux blés vont survenir.
 
VIOLONS frémissants, vos airs ont souvenir
DE chaque arbre gravé, aux fleurs qui furent nôtres ;
L’AUTOMNE les effeuille et les pailles d’épeautre
BLESSENT ma peau ridée au corps sans devenir.
 
MON amour est parti, fauché durant la guerre.
COEUR à jamais perdu, emporté sans l'accord
D’un jeune et beau soldat, tel un objet vulgaire.
                           
UNE onde glisse et fond comme un esprit grégaire :
LANGUEUR d'un sourd frisson pénétrant dans mon corps,
MONOTONE pensée, à notre amour, encor.
 
©Robert Bonnefoy
 
D’après qui vous savez...




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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 06:29
Cueillez ces quelques fleurs – Robert Bonnefoy
Photo J.Dornac©
 
 
 
CUEILLEZ ces quelques fleurs qui marquent un court été,
DES boutons par milliers, formant un beau bouquet.
AUJOURD'HUI il est vert, demain il sera mort...
LES plus belles pensées n'ont point raison du Sort !.
ROSES de ces grands jours, beautés de ces matins,
DE quel amour es-tu, fille de mes desseins ?
LA crainte du futur me fait aimer la vie...
VIE !, le mot est doux, mais quelle sotte envie !.
 
©Robert Bonnefoy
D’après Ronsard
 
 

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