Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
22 décembre 2021 3 22 /12 /décembre /2021 07:40


 

 

 

Je glisse… Je glisse
tel un murmure de sève…
Je glisse en silence
et jamais le présent
ne se pose sur la pierre…
Tous les cris
à peine éveillés
retournent dans la mer…
L’ombre aspire
nos voix trop frêles
qui s’éloignent
de nos gorges perdues…
Je glisse… Je glisse
sans fermer les paupières…
Le regard ne suffit pas
à retenir les paysages…
Comment jaillir
plus loin que notre marche
quand notre course aveugle
appartient à l’autre rive…
Ah ! si seulement
j’avais appris l’éternité
je ne glisserais plus
comme une larme
sur le visage anonyme
d’un univers imperturbable…
De quelle triste lumière
suis-je donc habité
pour n’être même pas
une chose qui passe
et qui s’offre indifférente
à l’ultime plénitude
de l’espace absolu ?…
Je glisse… je glisse
et ne vaut même pas
une simple prière
ni même le feu
d’une étoile infinie
qui tourne… tourne…
sa gloire d’étincelles
dans les bras de l’oubli…
Je glisse… je glisse
et ne sens même plus
la main ferme des jours
dans la forge du coeur !…

© Victor Varjac

Antibes, le 17 juin 2001


Extrait du recueil « Le Dragon de Poussière » aux éditions MELIS
 
 
 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
21 décembre 2021 2 21 /12 /décembre /2021 07:47
Euphorbia herba saumon



 

Dans les nuages bleus de tes SONGES,
j'entends s'ébattre les oiseaux.
La nature ignore les mensonges,
L'espérance vole ses drapeaux.

Remonter aux sources d'amour,
A contre-courant du grand fleuve,
Et y déposer aux beaux jours
La semence d'une vie neuve.

A la recherche de L'ESPOIR,
J'oublie le passé de mes chutes,
Mes orages, mes tempêtes, mes ciels noirs,
Mes vaines recherches et mes luttes.

Me retrouve enfin à la SOURCE
Du grand fleuve je monte le cours,
Et là je termine ma course
Pour y retrouver mes amours.

L'être ondoie à contre-courant,
Comme un saumon pour donner vie;
S'il se laisse aller un instant,
Il risque de noyer sa vie.

Le songe et l'espoir de L'ATTENTE,
Retrouvaille, sérénité, joie.
Le silence me permet l'entente
Des mots d'amour venus de toi !

Pierfetz©
Sources : http://arciel88.fr/bibpoesiespierrot/I-16Saumonee.htmmai 2004

 
 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
20 décembre 2021 1 20 /12 /décembre /2021 07:47
Les 7 îles, Bretagne - Photo JDornac©


 

 

parfois un oiseau te frôlait de son aile
et je te parlais de soif
de ces cerfs qui scissionnent les plateaux
tranchant jaune le genêt
je te disais les saisons du visage
de l’anémone printanière à l’anémone soufrée
la terre nous ouvrait son flanc de blocs ardents
en plein ciel parait à la nudité sur le sein
de ton abîme
les soubresauts d’une montagne que l’on croyait
éteinte
montrait sa dimension sauvage
poumons de tonnerre sur l’herbe basse
que forçaient tes rayons
que forçaient tes étreintes
derrière les barrières de feu et ses travaux en cours
dormait ce rêve de nous que nous inventions de vivre
et je buvais la trame et l’épilogue dans ce bol arrondi
que tu levais dans le jour

© Barbara Auzou.
               
 
 
 
 
 
 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
19 décembre 2021 7 19 /12 /décembre /2021 07:53


 


Oui, le poète a soif, soif de souffle, soif de transcendance.
 Il hésite dans les éboulements de ses délires, de ses émotions.
Aux aguets dans les échos de sa glaise primitive, il écrit sur le sable mouvant de sa vie avec pour escorte un phare lointain qui l’écorche, le vivifie, le fascine.
Le poète est fou génial.
Grand veneur, lâchez vos chiens.  
La meute hurlante sonne l’hallali, ce n’est, peut- être, que l’explosion réussie d’une mise à mort de l’énigme créatrice.
Grand veneur, lâchez vos chiens. Je vous attends.
Passez ronces et épines, trouvez la trouée, nous possédons la foudre et les éclairs, filets à la reliure des cicatrices
Nous sommes à la fois marbre et sculpteur, vin et eau, éclairs au bleu des veines.
Obscure ivresse.


©Nicole Hardouin
 
 
 
 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
18 décembre 2021 6 18 /12 /décembre /2021 07:31

 


Voler vraiment de ses propres ailes
Pas seulement en un rêve éblouissant
Embrasser l’univers d’un seul regard
Posséder le don divin d’ubiquité
Franchir les frontières du corps
Flotter en apesanteur autour de la terre
S’ébattre en un paradis de plafond d’église
Sans le cortège des saints et des chérubins
Aux seuls ronronnements des jets et des satellites
Ne plus être le lilliputien mais le géant
Autant dire Dieu tel que l’homme le conçoit
Rien qu’une fois juste une fois pour voir
Pour voir au-delà de notre horizon de fourmi
S’unir la beauté et la laideur du monde
Un rêve bien sûr, rien qu’un rêve, et pourtant…
 

©Kathleen HYDEN-DAVID  
Extrait de « Les mots du regard » Éditions Paroles & poésie – Collection de l’Eglantier
 
 
 
 
 
 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
17 décembre 2021 5 17 /12 /décembre /2021 07:38


 

 

Sur le grand tableau noir
De l'école du passé
Je conjugue l'espoir
Au plus que parfait.
 
J'additionne les jours
Du bonheur au carré
Et refais la dictée
De l'Ecume des jours.
 
L'histoire et la géo
Ne sont pas révisées ?
Qu'importe la météo,
Je préfère y aller !
 
Je compte sur mes doigts
Et cet anneau de bois...
Déjà du grand tableau
Disparaissent les mots
Dès que la cloche sonne...
Sonne... sonne... résonne...
 
©Lydia Montigny  
 
Extrait du recueil « Exquis Salmigondis » aux Editions BoD-Books on Demand - Paris      
 
 
 
 
     
 
 
 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
16 décembre 2021 4 16 /12 /décembre /2021 09:18
Xavier Grall


 

 


Pierre Jakéz Helias est né à Pouldreuzic (Finistère) en 1914 d’un père qui est à la guerre : élevé en breton, l’enfant deviendra un élève du Lycée de Quimper et finira par enseigner méritoirement le français en divers coins de l’Hexagone. En 1945, il est rédac’chef de « Vent d’Ouest » du Mouvement de libération nationale, anime des émissions en breton sur radio Quimerc’h et devient président d’Ar Falz qui incarne la culture bretonne des enseignants laïques. Il collabore aussi aux Fêtes de Cornouaille.

 

Tous ces titres de gloire rencontreront cependant, par la parution de son livre, une farouche mobilisation de la part de militants bretons dont le plus mordant sera donc Xavier Grall, fraîchement rentré de la capitale et lassé d’y être apostrophé pour sa « gueule de breton ». Sa conscience militante ne s’en trouve-t-elle pas suraiguisée au point de lui faire déverser sa bile, quelquefois sans nuance, sur le « folklorisme fossilisant » de l’auteur désormais « à succès » : Helias. L’épisode a immanquablement marqué les esprits ! C’est que la réponse cinglante de Grall donnera lieu, nous le disions, à un livre-réponse sous le titre « Le Cheval couché » qui a valeur d’un blâme à l’égard du côté rétrograde et carpetteux de son désormais célèbre confrère : sauf que son plaidoyer revêt tous les attributs du dépit amoureux face à l’irrésistible ascension de ce Jackez l’ancien, comme il se plaît à le qualifier irrévérencieusement. Et, pour le lecteur du temps présent et étranger à la géopolitique de cette querelle, le portrait-charge finit par lasser, suscitant comme un malaise face à la disproportion entre le reproche et le corps du délit, si délit il y eut jamais.


Précisons néanmoins que Xavier Grall, à qui nous devons de belles évocations de destins exceptionnels (James Dean, François Mauriac, Arthur Rimbaud et, sans doute Le plus beau : Lamennais), avouera tardivement regretter tout bonnement ce livre.


Il ne nous revient nullement, comme observateur extérieur, de juger du bien-fondé quasi politique de ces réactions dont nous ne partageons – et moins encore ne partagions – pas le contexte. Simplement, il peut sembler légitime de reprendre quelques critiques adressées à l’auteur-cible comme de relever, ensuite, les illogismes dont le temps paraît avoir constellé la diatribe. Les mots sont forts de la part de Grall quant à ses reproches dont certains sont quelque peu décoiffants, comme celui d’en vouloir à Helias d’avoir enseigné le français et de participer à l’extinction de la langue bretonne !  

 

©Pierre Guérande            
 
 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
15 décembre 2021 3 15 /12 /décembre /2021 07:42


 

nous sommes assis dans l’herbe
des océans entre nous
là-bas, nos rêves et désirs serpentent, paresseux

de quelque part arrive un air raréfié
tel un souvenir, jusqu’ici
et se dépose sur nos yeux
sa brume fait vaciller la lumière

nous ne sommes pas seuls
bien qu’un monde nous sépare

nous portons sur nos dos et nos bras
dans nos yeux et dans nos corps
nos êtres antérieurs
que nous envoyons, à nos places
dans notre lutte éternelle
tels les spectres beaux et blancs
des flèches les transpercent comme si ne serait-ce que l’air
ils ronflent telle la flamme ou telle la mort

fatigués, nous restons dans l’herbe
avec tout ce que nous appartient
l’air nous remplit les narines et les yeux
coule sur nos corps tel un fluide opalescent

doucement, ces spectres beaux et blancs commencent
à se couvrir de chair et de sang, de peau et de poil
dans une épreuve tendre et nouvelle

nous sommes assis dans l’herbe
rien entre nous
seul le goût différent de nos larmes
qui coulent doucement sur nos visages,
comme autrefois
l’huile sur la barbe d’Aaron.

 © Elina Adam
                              
 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
14 décembre 2021 2 14 /12 /décembre /2021 08:24
Gabriel Cornelius Ritter von Max - G.v.Max lisant le singe

J’ai d’abord pensé au mot fauve
Puis à grincheux puis je suis revenu
Au mot fauve

À d’autres mots j’avais cru
Que le mot fauve
À d’autres mots qui se sont perdus
À d’autres mots guimauves
 
Puis j’ai su
Par lui je débuterai, le mot fauve
 
© David Chomier
 
 Extrait du recueil « Soyons Bref » aux éditions Stellamaris
 

 
 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
13 décembre 2021 1 13 /12 /décembre /2021 07:43


 

 

Dans la mémoire évasive du temps,
Elle nous attend
Notre chambre idéale
Dont les paupières de lin blanc
S’ouvrent sur le lac
Où glisse une yole
Etirant deux blessures jumelles.
C’est l’heure méridienne
Où naissent les métamorphoses,
Les mains qui se frôlent
Les corps qui se cherchent
Et qui osent
Des corolles de baisers
D’où s’échappent des soupirs
Quand viennent mourir
A l’aube devinée
Les vagues soyeuses du plaisir.
 

©Denise Bernhardt  

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.                              
 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Couleurs Poésies 2
  • : Ce blog est dédié à la poésie actuelle, aux poètes connus ou inconnus et vivants.
  • Contact

  • jdor
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...

Recherche