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22 septembre 2022 4 22 /09 /septembre /2022 06:43

 

 
Dieu marche dans l’air comme sur les eaux
Ses talons caressent les fronts de tous les Adam
de toutes les  Ève
depuis le commencement du monde jusqu’à présent
 
ils passent à travers l’histoire
essuient la sueur de leur front comme de la rosée
leur passage n’est qu’un labeur sans cesse
ils sentent Ses talons comme une nostalgie
comme un rêve
 
les matins je marche les talons nus dans l’herbe
la rosée est bien Sa larme
dans mon cœur comme une mémoire
surgit le paradis perdu

 

 © Elina Adam                                                               
 
 
 

 

 

 

 

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10 août 2022 3 10 /08 /août /2022 06:29



 


on reste assis sur l’herbe
une steppe sauvage d’eaux entre nous
où s’ondoient paresseux
nos désirs et nos rêves


un air tel un souvenir nous envahit
et se dépose sur nos yeux
sa brume légère
fait trembler la lumière


on n’est pas seuls
même si le monde entier nous sépare


nous portons chacun
sur nos dos et nos bras
dans nos yeux et dans nos corps
nos êtres passés
que nous envoyons des fois
à notre place
tels les spectres beaux et blancs
 
les flèches les transpercent comme l’air
ils tournent tel un feu
et des fois ils ressemblent à la mort


fatigués nous nous allongeons dans l’herbe
avec tout ce qui nous appartient
l’air nous envahit les narines et les yeux
et coule sur nos corps tel un fluide opalescent
 
doucement ces spectres beaux et blancs
commencent à se couvrir de chair et de sang
dans un amalgame nouveau et tendre
 
on reste assis sur l’herbe
il y a rien qui nous sépare
seul le goût diffèrent de nos larmes
qui coulent avec douceur sur nos visages
comme jadis
l’huile précieuse sur la barbe d’Aaron
 

 © Elina Adam                                                           
 
 
 

 

 

 

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13 juin 2022 1 13 /06 /juin /2022 06:30


 

 

la nuit s’abandonne telle une robe blanche de noces
le sommeil viendra plus tard
j’ai peur de ne pas y submerger comme dans un rêve
d’où je ne reviendrai plus
 
je n'ai pas appris à nager dans le bleu
mes êtres passés m’entourent bien je le sens
nous battons de nos ailes comme des poissons
qui respirent maintenant pour la première fois
 
je ne sais ce que je cherche
une lueur ou une île
où je repose mon passé
un mot auquel je me rattache
 
je flotte dans le bleu qui me dessine le visage
il fait nuit mais une nuit blanche
personne ne me reconnaîtra à l’aube
les albatros avec leur sourire éthérique
vont emporter sur leurs dos
l’épouvante et l’amour

 

© Elina Adam                                                     
 
 
 

 

 

 

 

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8 mai 2022 7 08 /05 /mai /2022 06:57
Shawna Erback, peintre surréaliste


 


 
 je suis enfantée du sang et de la glaise,
de la côte d’Adam,
d’une nouvelle orfèvrerie de lumière tissus en soupirs…
je regarde la lune, je tourne autour du soleil,
je dis à la pierre et au ciel mère,
et pourtant, je m’attache aux choses, aux états, aux éphémères créatures que je crée par hasard
la chute est en moi,
je sens son goût salé tel du sang
j’entends la voix de l’ange,
qui semble déserte…
de mes pleures il lui pousse
une nouvelle paire d’ailes,
je vois s'effondrer la lourdeur du péché,
l’air s’émacie jusqu’à devenir onde,
la larme purifie même si elle pleurait juste pour une seconde…
j’ai peur que mon ange  ne sonne trop tôt,
je ne peux plus ensorceler le temps,
des voix s’entendent dans mes veines
elles murmurent que la fin approche,
ô, qu’il me donne encore une saison, un automne,
qu’il me serre dans ses bras,
qu’il  me tende la main afin que je guérisse une pensée éternelle…
puis, je vais me montrer devant lui telle qu’il me veut :
dénudée, mais sans corps,
délivrée de tous mes amours …
je les regarde se ranimer :
des vierges bleues marchant
au-dessus des eaux de ma pensée,
fumantes, brûlantes,        
délivrant le temps pétrifié en secondes

© Elina Adam                                               
 
 
 

 

 

 

 

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1 avril 2022 5 01 /04 /avril /2022 07:17


 


 
je te vois encore marcher légèrement
comme au-dessus de la terre,
tu arpentais l'air…
j’aurais voulu suivre,
exactement le même chemin que toi, la même trace,
mais je ne pouvais qu'à peine respirer en marchant
des enchantements dépouillés d’épouvantes…
je savais que tu allais venir,
comme si on sait que la sagesse de la terre allait passer,
et on se range de côté, le souffle coupé
pour ne pas bouger même pas de ta pensée
l’immobilité ou l’auréole de lumière,
mais je n’y pouvais rien,
j’ai voulu cueillir au moins une goutte de bleu au zénith,
des sons extatiques, limpides,
une lumière qui ruisselle sur tes paupières
tel un tremblement de rayons qui se heurtent l’un à l’autre
tels deux cœurs qui se confondent
ainsi m’as-tu envahi
et tu t’en es allé…
je te cherche encore parfois, balayant l’air,
en regardant, du coin de l’œil de mon cœur,
la lumière qui s’en va et des sons si limpides
dans mon cœur réverbèrent, dans un rythme sans fin…

 

© Elina Adam                                       
 
 
 
 

 

 

 

 

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26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 07:38


 


elle me sourit de la pluie
avec laquelle elle ébauche la tendresse
c’est l’herbe abattue sous la pesanteur de l’envie
ses yeux traînent sur les cimes du coucher
leur tendresse est peinte sur ses lèvres fines
mon âme la cherche chaque été
elle est l’empreinte de cette feuille éblouissante
c’est la pureté de ce rocher vierge
seule la pluie me lave les péchés de mes tristesses passées
j’attends le levant tel un oiseau pétrifié
au-dessus d’un seau renversé
 

© Elina Adam                                     
 
 

 

 

 

 


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20 janvier 2022 4 20 /01 /janvier /2022 07:43
Photo Jdornac©


 


au milieu de la fenêtre, l’oiseau et moi,
immobile, il n’est pas conscient de sa beauté,
il est assis sur l’immobilité et se balance dans un air bleu,
je le regarde comme si je regardais la naissance
j'en suis éblouie ;
je t’écris du cœur de son immobilité,
j’ai peur que l’ombre du mot écrit le trouble,
rien ne peut troubler le silence
peut-être l’ombre du mot écrit sur la page blanche…
j’ai appris l’écriture qui ne fait pas des blessures aux doigts,
c’est comme dans une étreinte parfaite
nos doigts sont porteurs de sentiments,
des émissaires du silence,
ils portent en eux-mêmes le fluide de la vie jusqu'au loin, au bout du corps.
je regarde l’oiseau et je me demande :
comment sait-il le bon moment de bouger,
où regarder ?
j’ai envoyé le silence aux quatre coins du monde pour te chercher
et l’oiseau est toujours resté immobile,
mes questions n’ont rien bougé dans son ventre d’oiseau qui reste assis sur les interrogations du monde,
c’est seulement dans mon ventre que le silence prenait corps de plus en plus grandissant
jusqu’ à ce que je l’aie senti bouger et j' ai de nouveau touché au ventre,
cette fois-ci je savais que j’allais devenir porteuse de questions,
toujours absconses, toujours muettes…
entre moi et l’oiseau juste un fluide bleu,
tous les deux, nous sommes assis dans cette immobilité parfaite
où les sentiments coulent ou se dissipent,
c’est toujours pareil,
il suffit qu’on se regarde l’un l’autre,
au moment connu par nous seuls,
nous nous lèverons et partirons,
derrière nous, un nid désert.


 © Elina Adam                               
 
 
 

 

 

 

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15 décembre 2021 3 15 /12 /décembre /2021 07:42


 

nous sommes assis dans l’herbe
des océans entre nous
là-bas, nos rêves et désirs serpentent, paresseux

de quelque part arrive un air raréfié
tel un souvenir, jusqu’ici
et se dépose sur nos yeux
sa brume fait vaciller la lumière

nous ne sommes pas seuls
bien qu’un monde nous sépare

nous portons sur nos dos et nos bras
dans nos yeux et dans nos corps
nos êtres antérieurs
que nous envoyons, à nos places
dans notre lutte éternelle
tels les spectres beaux et blancs
des flèches les transpercent comme si ne serait-ce que l’air
ils ronflent telle la flamme ou telle la mort

fatigués, nous restons dans l’herbe
avec tout ce que nous appartient
l’air nous remplit les narines et les yeux
coule sur nos corps tel un fluide opalescent

doucement, ces spectres beaux et blancs commencent
à se couvrir de chair et de sang, de peau et de poil
dans une épreuve tendre et nouvelle

nous sommes assis dans l’herbe
rien entre nous
seul le goût différent de nos larmes
qui coulent doucement sur nos visages,
comme autrefois
l’huile sur la barbe d’Aaron.

 © Elina Adam
                              
 

 

 

 

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 07:39


 

 

les mains enfoncées jusqu’aux coudes dans le vert
je sens les organes de mon corps aéré
des arbres ancestraux tremblent dans ses artères
voilà un nid, là-haut, près du cœur
et un autre plus bas, entres mes vertèbres.
un sérum tout vert, telle l’herbe, coule en moi
c’est avec lui que les oiseaux nourriront mon vol.

les mains jusqu’aux coudes dans mon océan intérieur
je sens les organes de mon cœur noyé
dans un liquide amniotique oublié,
je sens le goût doux-salé de la tristesse sur mes lèvres
le ciel sent l’herbe
son regard reste sur ma peau tel un signe,
telle la mémoire d’une feuille.

 

 © Elina Adam
recueil en préparation « La blessure de l'amphore »
               
 
 
 
 
 
 
 

 

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3 octobre 2021 7 03 /10 /octobre /2021 06:47
© Philippe Aureille

 

 
un nuage de cendres vivantes, ma vie,
une fugue sur le clavier de mes désirs ou de mes espoirs
les saisons la raconte
seule cette saison folle me la veut maudite
je m'enfuis de moi-même, tout le monde s'évanouit
le silence passe comme un oiseau de cendres
j'essaie de le suivre de mes yeux encore vivants
ô, comme j’aimerais qu'ils parlent fort, oui, fort,
 
de tout ce que j'ai aimé, de tous ceux qui m'ont aimée
mais je me tais engloutie par son charme mortel.
 
© Elina Adam
recueil en préparation « La blessure de l'amphore »
               
 
 
 
 
 
 
 
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