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3 juillet 2020 5 03 /07 /juillet /2020 03:58
« Ma première », sculpture d’Etienne Fatras ©

 

Ais-je été ému par cette fraîcheur juvénile
Qui s'offrait à mes regards,
Mon émotion n'était-elle due qu'à la tâche difficile
De transformer ma terre informe en œuvre d'art.

Comment donner à cette motte d'argile,
Les justes proportions
De cette beauté élégante et gracile,
Pour qu'elle transcende cette émotion.

La tête en feu les mains fébriles,
J'ai travaillé la matière,
Mes gestes étaient gourds et malhabiles,
Mais je ne me suis pas laissé faire.

Carlos était là, le conseil utile,
Tu étais ma première,
Je ne t'ai quitté qu'en ressentant un souffle subtil,
De ta bouche, s'exhalait un léger filet d'air.
 

©Etienne Fatras
 
 
 
 
 

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2 juillet 2020 4 02 /07 /juillet /2020 06:41

 

 

 

Au creux du lit, solitude caresse du regard

le petit matin  brumeux. Des parcelles de firmament traversent le feuillage des grands arbres comme une dentelle ourlant un jupon de demoiselle.

Pas un souffle d'air. Triste est l'éveil du jour.

Il y manque  la tendresse de deux bras en corbeille autour d'un amant aimé...

 

Stupidité, sentiment suranné dans un monde robotisé. Les gens sensés dessinent dans le ciel les profils de la technologie avancée... On ne rêve plus de lune à offrir à une dulcinée. On fait la conquête de la planète pour la gloire et ses trophées. La tendresse, la poésie, la caresse d'un souffle épars sur une épaule, le petit mot salace chuchoté à l'oreille complice, le sexe que l'on effleure par intention, l'invitation d'une main baladeuse au bas des reins, une œillade coquine dans une rencontre publique.  Finis ces balivernes. Les concerts des âmes se réfugient dans l'Orient de l'utopie.

 

Se souvenant, la solitude courtise la nostalgie des moments perdus. Des heures privilégiées où l'on se fait beau dans chaque parcelle du corps pour l'offrir parfumé aux caresses orgasmiques de l'aimé.  Redessiner  le désir, la luxure, le plaisir, habitant les gestes des amants.  A l'iris de l'œil chavirer l'arabesque des criques complices des tempêtes sexuelles où l'élixir du sexe femelle s’offre à  la bouche gourmande et  au phallus triomphant. Bacchanale des dieux. Apaisés, reposer dans les odeurs mêlées de la jouissance acquise.

Il fera beau demain...

 

Demain comment trouver dans l'horizon incertain la beauté des mots d'amour.

Dire "je t'aime " dans l'instant et en confidence  réveiller l'écho du mot dans un élan de confiance...

 

Il fait peine se réveiller de rêve aussi beau. Dans ce monde on copule monsieur. Jusqu'à la volupté a pris l'exil. Sans préambule, on se décharge d'un trop plein amassé entre deux rendez-vous sérieux où l'on éparpille salive et sème temps précieux jusqu'à épuisement.

On refait le monde de moult façons. L'un se ment, l'autre se leurre. On se gargarise de mots creux en atteignant l'orgasme des joutes verbales.

 

La musique, la poésie, la tendresse, la sensualité d'un soleil épousant une fin de jour dans le tangage sensuel de la mer, c'est pour les chômeurs de plan d'avenir...

D'avenir dis-tu ? Il suffit du souffle asséchant d'un virus et tombent ces châteaux de cartes issues de tant de nuits de veille, de sueur et de larmes...

Que d'accouchements stériles.  Ne reste vivant que  l'amour. Puisez-y, c'est gratuit dans l'instant.

 

Il fait beau dans le petit matin brumeux si on est deux à s'aimer.

 

©Marie Alice Théard

 

 


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1 juillet 2020 3 01 /07 /juillet /2020 06:38

                                       

Jeanne Champel Grenier nous propose de découvrir, ici, une grande poète, une femme de lettres que certains d’entre vous connaissent peut-être déjà. Jeannine Dion-Guérin à donné son accord à Jeanne pour que je publie cette recension et l’un ou l’autre de ses poèmes. J’en suis plus qu’honoré et je la remercie grandement ! Bienvenue, Madame !

 

* * *

 

             Jeannine DION-GUÉRIN ( née en France le 8 juin 1933) est femme de lettres, poète, comédienne, conférencière, animatrice de radio française. Elle fut directrice d'école maternelle et Secrétaire générale de la Société des Poètes Français. Réalisatrice littéraire du Concours poétique international pour la commémoration du centenaire de Vincent Van Gogh en 1990 à Auvers-sur- Oise . Cet événement fut suivi d'une anthologie, ouvrage d'art numéroté : « Vincent, de la toile au poème » Grand Prix de l'Académie de Lutéce. En 2010, pour l'ensemble de ses œuvres lui fut attribué, par le Cénacle européen, le Grand Prix de poésie Léopold Sedar Senghor, en présence d' Henri Arphang Senghor, neveu du poète.

 

            Jeannine DION-GUÉRIN publie ici son dernier recueil intitulé : « Et que la joie demeure », livre illustré de très belles œuvres de Wilfrid MÉNARD.

 

              Bien sûr, le titre du recueil nous rappelle l'œuvre musicale « Jésus que ma joie demeure » de Jean Sébastien Bach, mais il n'est pas, ici, question de foi religieuse personnelle, ni de salut de l'âme ; il s'agit de faire de sa vie, jour après jour, une œuvre joyeuse, vivante, pleine d'humour, afin d'entraîner les autres, car, vivre c'est se mettre en harmonie avec l'autre, les autres, et si possible faire se mouvoir positivement l'univers autour de soi. Et d'ailleurs, l'auteur s'accompagne brillamment tout au long de ce recueil de l'assentiment d'autres poètes comme Marcel JOUHANDEAU : « De mon âme ce feu ! De mon corps ce buisson ardent ! »

 

             Jeannine DION-GUÉRIN nous dit de regarder la vie autour de nous, d'en prendre le tempo : ''L'arbre/ c'est de la géométrie qui danse/ L'autan sert la chorégraphie (Arbraresque p. 38) Nulle intention de s'illustrer en sublime poète aux pesants lauriers, car ''Mon idée fixe à moi, rimailleur de papier/ c'est de confisquer le mot/ dont je ne suis que le pâle écho ( Requête p. 23) Que voilà une humilité de bon augure ! Tout s'explique : la vie est courte, il est urgent de la vivre avec ardeur : '' Si brève la lumière/ qu'il importe de la bien fêter''(Bref l'incendie p.119) .

 

              Néanmoins, nous sommes loin du ''Mangeons et buvons car demain nous mourrons'', il s'agit d'une précoce prise de conscience de ce que la nature nous enseigne et de marcher de concert ; regardons autour de nous :''Tout ce qui fut à l'origine stable/ devint au fil du temps mouvant/ poulpes dansant/poissons volant/ anémones de mer s'épanouissant...à chaque espèce son rang.'' (Fin d'un monde p.153)

 

              Il faut en conclure que la position de l'auteur est bien loin de l'idée obscure, solitaire et contrite que l'on se fait du poète.  Si une longue vie toute dédiée aux arts et aux lettres, vous emmène, comme tout un chacun, insidieusement vers l'épilogue : ''Plus faible est le flux/ de la vague qui se replie/Plus forte l'ampleur/de la déferlante qui suit'' (Du don de vie p. 145). On reste digne  et créatif si possible ;  on n'en est pas moins bien loin des honneurs de pacotille (''Arbre, apprends à renoncer/à la séduction de tes ramures/ ignore les colifichets de deux sous''( Rimes de fin d'été p.177)

 

               Ainsi, au bout de tant d'années créatives, nous charme encore Jeannine DION-GUÉRIN, toujours aussi attachée au partage des joies de la vie :(Poète accueille ses bienfaits/ même si tu t'étonnes d'être/ encore ici à les célébrer. ( Du don de vie p.145)

 

               « Et que la joie demeure !» :Un recueil plein de vie et de jeunesse, de la couleur, un rythme alerte. Bien loin du poète tourmenté qui se préoccupe de ''triturer la guimauve des mots'' ( Bilan p.171), Jeannine DION-GUÉRIN pousse l'élégance du geste jusqu'à ''Témoigner de ces petits riens/ qui troussent la peau, précèdent/ les mots passeurs d'eau '' J de la joie avec un grand J évidemment ! Le tout, ajouté à ''cette frénésie du pinceau/ flattant la corrida des noces/païennes de la Chair et du Mot  ( De la vie la corrida p.184)

 

                En cette période de sérieuse remise en question des rapports humains en ce monde, merci pour ce riche témoignage ! ''Et que la joie demeure ''chez tous vos lecteurs !

 

Jeanne CHAMPEL GRENIER

( Enseignante - Poète - Peintre - Chroniqueuse de revues d'art et de poésie )

 

 

  « Et que la joie demeure » - Jeannine DION-GUERIN- Éditinter poésie

 

 

Extraits page142

 

Le septième jour

 

Las de créer des constellations

dont la multiplication rendit

anonyme le champ du ciel,

 

Dieu offrit aux astronomes

le pouvoir de les découvrir,

la capacité de les nommer.

 

Il ne voulait pas que l'homme,

création décevante, bien que de Lui

préférée, se languît à désespérer.

 

Il prit donc soin avant de se retirer

dans son inexpugnable éternité

 

de façonner ces grandioses hochets

que les poètes raffolent de célébrer.

 

©Jeannine DION-GUERIN

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30 juin 2020 2 30 /06 /juin /2020 06:45

 

Voyelles bleues, consonnes noires

Editions ALCYONE – Collection Surya –

Illustration : Encre de Silviane Arabo - Neige - 

Format 14x21 – Nombre de pages 86.

 

 

 

Ponctué d’espace et de silence, c’est pourtant une longue histoire d’amitié et de poésie - nos regards portant dans la même direction - qui me relie à Monique W. Labidoire et c’est avec forte émotion et bonheur que je découvre aujourd’hui « Voyelles bleues, consonnes noires », le dernier né d’une déjà longue lignée, qui s’est nourri de toutes les graines d’expérience des ouvrages précédents.

Les concessions ici ne sont pas de rigueur, car nous découvrons une poésie hors mode, à contre-courant qui n’a de cesse d’écarter les surplus et autres accessoires de la versification traditionnelle, afin de mieux retrouver la voie de l’émotion pure.

Chez Monique W. Labidoire nous croisons de rares et belles images touchées par la grâce de l’insolite et de l’inattendu. C’est une écriture d’orfèvre de haute lignée, le verbe est riche, nourri des plus subtiles nuances de l’interrogation, mais aussi de l’affirmation.

Notre poétesse prend la parole par la main, comme une compagne de route et la glisse dans sa besace pour en faire son viatique.

Il y a dans ce recueil une notion de pèlerinage fractionné de stations. C’est un langage qui nous étonne, nous surprend, il ne nous est en rien familier, mais nous offre cet intérêt où tout est remis en question, le mode de pensée est revisité. Monique W. Labidoire se détourne des reflexes, s’extirpe de la banalité et des sempiternels clichés du verbiage poétique commun. Elle détient l’esprit du guide qui ouvre des voies nouvelles, ou tout du moins autres, en restituant à la poésie son sens du sacré, notion qui actuellement a tendance à s’étioler :

 

 « Il est temps d’ancrer le chant au firmament des étoiles.../... »   

 

Afin de demeurer crédibles, nous devons considérer cette œuvre comme étant de la poésie de haute couture où les mots sont précieusement tissés et où le verbe est brodé de fil d’or.

Le temps passe, préludant la chute inévitable, cependant l’interrogation demeure face à l’inconnu et le poème en appelle au sens. Là où Arthur Rimbaud voyait des voyelles multicolores, Monique W. Labidoire les voit en bleu. Son langage est très singulier, personnalisé à ce point que le simple jeu musical de l’écriture signe le poème. Cette dernière demeure sensible et attentive à l’instant qui déclenche en elle une soif de désir et de plaisir. Elle cultive ce besoin impérieux de faire renaître la mémoire de son « maître » Eugène Guillevic, jamais elle ne manque l’occasion de le mentionner, de lui adresser un petit clin d’œil complice au-delà des nuages : « Le monde se résume/ Sans se réduire. » (1)

Langage riche et ciselé portant haut une poésie qui est un long chemin s’associant au destin, tout en donnant sens et forme à la vie. Une poésie qui parfois réveille une vision de l’ultime, qui interroge tout en écoutant au loin le glas qui résonne avec pour battant l’énigme des mots tissés à la vie.

Entre ces pages la poésie est vécue telle une expérience, une émancipation, une élévation possible de l’homme et de la parole où se profilent beaucoup de possibles, comme celui de prendre en plein cœur le nom « fraternité. »  

Néanmoins il arrive à notre amie de se sentir en perdition, de chercher sa route au cœur d’une croisée et de faire le point.

Monique W. Labidoire appartient à cette confrérie de poètes qui cherchent d’autres vibrations, d’autres sonorités, afin de s’extirper de la parole convenue. Elle cherche un renouvellement, un paysage vierge qui s’offrirait à sa plume toujours en quête d’audace et d’étonnement.

Sur la voie d’une authentique poésie, sans cesse son auteure est confrontée au questionnement des signes posés sur la page blanche où l’interrogation en arrive à perdre la raison et où le verbe se dénoue de sens.

Les authentiques poètes se font voyants et qui oserait en douter lorsque quelques mois avant le préoccupant épisode pandémique, notre amie écrivait :

 

« .../... marionnettes sans ressorts s’enfonçant dans les nouveaux bourbiers du monde, ce monde ruiné de ses richesses pillées par les barbares. »      

 

Par le poème, restituer la vie, fédérer  l’espérance, tel est le crédo de notre poétesse.

Au fil du temps, il arrive que le poème amasse mousse pour revenir vers son auteure en heure de gloire, en odeur de sainteté, tel le fils prodigue que le poète retiendra pour son œuvre.

 

« Ce jour, auprès de vous, le poème veut revenir. »

 

Le poème invite à l’errance vers des paysages oubliés, il réveille des images enchantées, chargées de beauté, mais se heurte au mur de la mémoire et à la douleur récurrente.

 

« .../...toute cette mémoire de mots-images qui ont gambadé dans les campagnes.../... » 

 

« .../...et j’ensable mes souvenirs et mes morts sur la grève afin que le ressac les féconde. »

 

Ici certaines images se dissimulant dans les brouillards de la Shoah ne sont pas loin.

 

Le poème se fait gerbe florale en son jardin obscur et parmi de nombreux au titre de l’exception, je soulignerai un magnifique texte dédié à Alain Duault, poète, écrivain et musicologue de renom, qui n’est pas sans évoquer les voleurs de feu que sont les poètes chers à Arthur Rimbaud :

 

« .../...j’ai laissé entrer l’autre poète, mon frère, afin de partager le plus intime.../...les consonnes apatrides, les voyelles étrangères qui prennent sens dans le feu volé.../... »    

 

La poésie remonte toujours à une source que l’on croyait tarie, une étoile que l’on pensait éteinte et que l’on retrouve écumante ou brillante comme à l’origine.

 

« Au matin d’un nouveau monde y aura-t-il toujours un cœur palpitant au rythme des étoiles en quête du chemin ? »

 

Monique W. Labidoire a quelques velléités picturales en colorant ses voyelles en bleu, comme si elle souhaitait nous faire un petit rafraîchissement de printemps ! Mais qu’en sera-t-il demain ?

Le temps est venu de vous quitter et je ne saurais trop vous inviter à vous imprégner intimement de ce recueil, dont je n’ai plus qu’un mot à vous dire « rêvez ! » pour clore cette réflexion en partage avec Monique W. Labidoire en lui souhaitant que cette source se tarisse le plus tard possible et qu’elle veille encore longtemps sur la proue de la clairvoyante beauté.

Il ne vous reste plus qu’à retrouver les symboles et plus particulièrement les signes que cet ouvrage contient pour vous. Alors :

 

« Voguer au ciel de traîne jusqu’à la définitive rencontre des goélands .../... »

 

Michel Bénard.

 

 

 

(1) Eugène Guillevic extrait de « Magnificat »

Voyelles bleues, consonnes noires – de Monique W. Labidoire – Recension de Michel Bénard
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29 juin 2020 1 29 /06 /juin /2020 06:36
Photo J.Dornac©

 

 

Suite - 4 juillet

 

 

Lettre à l'ami

Ce matin, j’étais dehors à cinq heures, seule en compagnie du soleil levant sur le grand champ où les chevaux au loin courraient dans leur enclos et aussi en compagnie des diverses espèces d’oiseaux qui gazouillaient chacun dans son langage.  La verdure du lieu, la paix qui s’en dégage, les fleurs et surtout, le silence dans toute sa grandeur.  Il fera chaud aujourd’hui, 29° annoncé.  Ma première pensée a été pour toi, cher ami : « Il ne faut pas que j’oublie son anniversaire demain. »


À cette heure, ne pouvant sortir mon portable à cause du bruit d’ouverture qui aurait réveillé tout le monde, j’ai donc décidé de prendre papier et crayon et de t’écrire pendant ce moment de grâce que je vivais.


Je t’écris tout ce que j’ai écrit à cette heure, sans rien retirer puisque c’était une pensée pure, étant à peine sortie du sommeil, spontanée et vraie.


En pensée, je revois ta photo, celle que tu m’as fait le plaisir de me donner, photo que j’ai souvent regardée, souvent…  Je revois ton beau visage, tes cheveux blancs bien ordonnés et tes yeux, tes yeux d’une telle douceur, d’une telle profondeur, d’une telle bonté et à la fois, tes yeux qui me racontent tant de choses, une vie, une histoire, la tienne…


Devant l’adversité, tu as tenu le cap autant que tu as pu.  Faisant de fausses manœuvres par moments, tu t’es égaré, comme nous toutes et tous.  Avec des efforts soutenus, une foi authentique et qui est tienne, tu as su redresser la barre et retrouver ton chemin, pas nécessairement «  le bon » aux yeux de certains, mais le tien et c’est ce qui importe dans la quête de chacun.  Toujours retrouver son chemin à soi, car personne ne marche le même long chemin même s’il y croise parfois d’autres chercheurs, pèlerins de la vie.  Sauf exception, s’étant égarés sur le tien n’y sont pas restés… Les autres ont fait, font et feront un bout de route ou une longue route avec toi, t’apportaient, t'apportent et t’apporteront beaucoup comme tu leur apportais, apportes et apporteras autant, prenant ensemble un raccourci jusqu’à la croisée où les chemins se sont séparés, se séparent, sépareront.  Non sans peine, non sans douleur, non sans souffrances mais avec aussi la certitude que ce raccourci n’aura pas été vain.


Il faut rester humble devant les leçons que la vie nous offre, c’est le long apprentissage des autres et de soi à travers l’expérience.  Celui ou celle qui n’apprend plus rien est un être errant.  Je ne m’inquiète donc pas pour toi mon ami, toi qui souris à l’oiseau, qui t’émeus devant la fleur.  Tu es un être tellement grand pour moi, je profite de ce jour anniversaire pour te dire combien tu me consoles de tant de choses quand je vois cet homme qui n’a pas oublié son enfant en soi.  Merci encore d’être tel que tu es !


Sous ce ciel bleu sans nuages, devant cette végétation grandiose nourrie par mon non moins grandiose Fleuve, une légère brise venant du large vient me dire qu’elle t’apportera ma pensée de l’aurore où nous sommes seuls toi et moi en cet instant aux odeurs intemporelles de bonheur et de grâce infinie. 


Bon Anniversaire !

Je t'embrasse bien fort !


 

~*~

5 juillet

~*~


Dans la ronde sans fin de l’immense univers
Le soleil est-il à jamais condamné à poursuivre sans cesse
L’insaisissable clarté de la lune ?


~*~


 

Je crois que savoir se tirer d’affaire c’est surtout avoir la capacité de se construire une solide base avec toutes les pierres que les autres nous jettent.


Lorsque jeune, je me disais qu'à chaque jour je posais une pierre, pour bâtir ma maison intérieur sur des bases solides.  J’ai bâti ma maison intérieure, j’en suis à deux étages sûrement. Elle est solide.  Je pose chaque jour les briques du troisième étage. Lorsqu’il sera complété, j’y poserai le toit.  Alors, ma vie sera arrivée à son terme .  Et je m’envolerai sur les ailes de l’éternité, retrouver tous ceux que j’aime.


 

~*~

Les amants


Dans l’attente de l’ultime rencontre
Les amants comptent les secondes

Que le temps lasse et passe !

Pays de légendes, pays magie
Terres vierges intérieures
Où des parfums inconnus embaument l’air
Pays de ciels lumineux
Où l’âme ravie d’expériences suaves
Fait gonfler le désir
Désir de l’autre, de la chair chaude

Hyménée païenne de Beltane
Où la Déesse-Mère bénira l’union consacrée

Que vienne ce jour des réjouissances
De la jouissance
Seuls dans l’Île Sacrée
Les amants vont s’aimer.


~*~


 

14 juillet

Fête des français.  Je viens de terminer de lire mon quatrième livre depuis le début de l'été.  Que de belles heures passées à l'ombre des arbres, des odeurs d'iode !  Hier, pique-nique à Kamouraska, superbe journée. J'en ai rapporté de magnifiques photos.  La nuit dernière, un orage impressionnant.  Ce matin, vers cinq heures, les gens en tentes, du côté sud, étaient inondés et quittaient dans le chaos le plus complet.  J'ai pris des photos.

~*~

Les fols été heureux s’achèvent
Le temps file
On se cherche
Ne se trouve pas
Pourquoi ces amours malheureuses
Pourquoi ces espoirs impossibles
Pourquoi la tristesse à la clef
Pourquoi le bonheur s’échappe comme un poisson
Dès qu’on le touche


~*~

15 juillet


De mon amour



Pendant que je longe la veine du Saint-Laurent
Moi, fille de la Terre
Je te respire avec le vent d’est
Qui vient mêler mes longs cheveux
Comme caresse
Aux parfums enivrants, aux vœux sacrés
Aux odeurs de serments

~*~
Pendant que je parcours mes terres intérieures
Moi, fille du Pays
Je reviens te parler de mon amour
Celui qui n’a pas encore labouré mon champ
Fait pousser le grain de sénevé
Et récolté la moisson de mes étés


Il n’a pas encore parcouru mes plaines
Mon amour
Il est parti dans ses terres intimes
Se retrouver après un long voyage au loin, très loin
Là où on ne revient qu’à peine
Là où seul le fort revient
Celui qui croit


Il m’a fait signe de la main
Il arrivera bientôt
Sur les ailes d’un poème
Des mots qui sauvent et consolent
Ceux de l’espérance et des promesses tenues
Après un long éternité d’épreuves et d’attentes


Je lui ouvrirai mes bras, l’envelopperai
Je lui ferai voir mon Pays
Mon île secrète et ses plages invitantes
Je le ferai s’asseoir sur le pic de mes falaises
Le conduirai jusqu’à l’infini de mon Fleuve
Voyage apaisant rempli de Beauté
Baume à l’âme et au corps
Il guérira, mon amour

~*~

 

© Ode

 

(A suivre)

 

Sources : http://zodode.5.50megs.com/Mots_Bleus/carnet_05.htm 

 

 

Création Ode©



 

 

 

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28 juin 2020 7 28 /06 /juin /2020 06:35

 

 

 

 

Dans la rue des poètes

Poussent les plus belles fleurs

On y trouve des comètes

Qui égrènent joliment les heures.

 

Il s’en passe des choses

Dans la rue des poètes

Je ne sais si j’ose

Les dires aux gens honnêtes

 

Dans la rue des poètes

Parfois brillent des lumières

Illusions ! pensent les gens bêtes

D’autres se disent qu’ils ont bu trop de bière…

 

De fait comment comprendre

Ces gens qui alignent des mots

Qui soignent les maux à vendre

Et les disent sans même un bruyant rot

 

Oui, nous aimons être lus

Et c’est la raison

Pour laquelle parfois nous sommes crus

Et transformons nos mots en chansons

 

Nous traversons les ans et les saisons

Sur les ailes de toutes les misères

Le seul philtre qui de la vérité donne le ton

Et souvent, nos mots deviennent vos prières !

 

Dans la rue des poètes

Brille aussi un éclatant soleil

Qui chante puissamment la fête

Celle des amours beautés sans pareil !

 

Viens te promener dans ma rue

Toi qui flâne si volontiers

Sur les boulevards et les avenues

Pour respirer le monde et mieux l’aimer

 

Regarde ces amoureux qui s’embrassent

Ils sont le monde, ils sont la vie

Je sais que les voir t’embarrasse

Tu les envies ? Alors, vas-y !

 

Parcours ma rue poétique

Chante mes mots d’amour

Ouvre tous mes portiques

Pour trouver celui qui te fera la cour !

 

Viens cueillir les fleurs du bonheur

Je les ai semées pour ton cœur

Elles t’attendent en ouvrant leurs bras

N’aie pas peur, jolie Clara !

 

Tu trembles et frisonnes

Mais dans ma rue, il fait chaud

C’est l’amour qui en toi résonne

Ton visage n’en est que plus beau !

 

Que chantent les amours neuves

Dans la rue des poètes

Qu’elles coulent comme les plus beaux fleuves

Qu’en amour, il n’y ait nulle diète !

 

©Jean Dornac

Lannion, le 26 juin 2020

 

 

 

 

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27 juin 2020 6 27 /06 /juin /2020 06:35

 

 

 

 

L'amitié, la pierre angulaire de toute une vie.

 

Un véritable ami, cela n'est pas fréquent,

Mais c'est, lorsqu'on le trouve, à la vie, à la mort ;

L'amitié, je ne vois pas de plus beau trésor :

Ça se noue, on ne sait trop où ni trop quand.

 

Un ami, c'est quelqu'un pas toujours de ton camp !

Le lien qui vous unit reste pourtant plus fort

Que toutes les opinions car c'est au même port

Que va votre idéal, pas à mettre à l'encan.

 

Claude, Michel, Robert, Serge, Jean Charles, Pierre

Sont partis bien trop tôt ; nous étions comme lierre

Attachés à ce tronc commun d'humanité.

 

Rien n'aura disparu quand je serai poussière

De ce que fut pour nous cette raison première

Qui n'a jamais besoin que d'avoir existé.

 

©Louis Delorme  

 

 

 

 

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26 juin 2020 5 26 /06 /juin /2020 06:19

 

 

Les traductions en occitan limousin et en italien sont de Béatrice Gaudy

 

 

 

Les enfants comme les abeilles

adorent suçoter

le suc sucré

des fleurs de trèfles

Les enfants abeilles

de l’avenir

 

* * *

 

Loû eifant coumo la belha

adorou suçounia

lou suc sucra

de la flour de treife

Loû eifant belha

De l’aveni

 

* * *

 

Ai bambini come alle api

piace moltissimo succhiare a poco a poco

il succo zuccheroto

dei fiori dei trifogli

I bambini api

dell’avvenire

 

©Béatrice GAUDY

 

Nota bene : Le poème n’avais pas de titre, je me suis permis d’en créer un.  

 

 

 

 

 

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25 juin 2020 4 25 /06 /juin /2020 06:06

 

 

 

 

 

tes énigmes au galop

sans mors ni bride

et ces débris fracassés

 

ne pas piller

ces lambeaux de mémoire

que pulvérise encore

la meule des heures

 

quand se délitent

nos paumes écorchées

et s’accrochent

les déchirures

 

ne plus suffoquer

à l’ombre maigre de bétons

qui emmurent la fournaise

de nos asphyxies

 

au pas, la tessiture

de nos voix en chamade

elles vibrent désormais

sur les vestiges d’un silence

 

©Claude Luezior

 

 in : Jusqu'à la cendre, Ed. Librairie-Galerie Racine, Paris, 2018

https://editions-lgr.fr/claude-luezior/  

 

 

 

 

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24 juin 2020 3 24 /06 /juin /2020 06:25

 

A propos du peintre…

 

 

 

 

                                              Un recueil de Miloud KEDDAR :

 

 

                                                  L'illustration de couverture :

 

                 Miloud KEDDAR est Poète et Peintre. Il faut en conclure que le choix de son illustration de couverture n'a pas été fait à la légère. Il me semble donc important d'essayer de l'analyser. Elle n'est pas là par hasard, surtout de la part d'un poète philosophe.

Sur fond gris de brume, un gris un peu flou s'éclairant vers le haut avec quelques traînées d'aurore ou de crépuscule  juste suggéré d'un rose violacé, sont disposées trois formes humaines revêtues d'un manteau, vues de dos et qui se suivent sans précipitation ; on les dirait en suspension. Elles sont impossibles à identifier : même corpulence mais trois couleurs sont utilisées : prune, vert et  blanchâtre, trois teintes que l'on retrouve chacune à des endroits différents sur les trois silhouettes, à croire que l'artiste ne possédait que ces trois couleurs : il y a donc une raison à ce choix restreint : une certaine idée d'unité ; sont-elles trois personnes apparentées ? Trois fois la même personne ? Serait - ce la même personne à trois périodes différentes de sa vie, à trois moments différents de la journée, ou de la nuit ? La même personne matin, midi et soir ?

                C'est une sorte de procession, une sorte de trinité mystérieuse ( 3 en 1 ? ou bien 1 trois fois ? )

Ces trois couleurs restreignent le champ des possibles car elles créent une parenté évidente à ces trois présences : même but ? même route ? même questionnement ?

Je suis tentée de dire ; une seule personne et plusieurs routes. Voilà ce que je déduis de cette image à la fois elliptique et précise, mais je suis sans doute influencée par le titre du recueil.

                 D'autre part, on ressent une sorte de retenue, de retour sur soi, vu la position des épaules et de la tête penchée en avant ; il en ressort une sensation de silence mystique et pourtant cela ne va pas jusqu'à rappeler l'image religieuse traditionnelle, pas de visage éclairé par la grâce, pas de geste de bénédiction ; tout est secret, tout est à l'intérieur. On devine ces trois silhouettes en procession lente, en apesanteur ; ce sont les pensées qui s'élèvent. Cela pourrait être la même personne à des degrés d'introspection différents ; et là, bizarrement, je pense aux feux tricolores, à l'arrêt : on est au carrefour des doutes. Mais ce n'est pas l'adolescence agitée. La vitalité, la transgression ne sont pas représentées, le ralenti, oui. On ne ressent pas l'exaltation de la jeunesse, plutôt la démarche que l'on fait lors d'un retour sur soi.

                  C'est un chemin virtuel que l'on ne foule pas avec les pieds. On est sur la voie multiple du ''Connais-toi toi-même'' et du ''Je pense, donc je suis ''. Un chemin multiple, à la fois long et lent et profond qu'empruntent ceux qui n'attendent pas la mort pour entamer ''le grand voyage''.

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

 

 

 

 

 

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