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22 décembre 2023 5 22 /12 /décembre /2023 08:01

Une île au ponant
 

à force de le caresser le temps devient soleil
même sous un vent breton tu sais
ma belle durée d’abeilles noires bourdonne
toujours dans les cavités de l’espoir en langues de fête
je te donnerai l’autre lenteur du monde celle qui naît
dans la main de mémoire et l’heure exacte aux matins des
fenêtres
je mettrai au jour ce que l’on ne comprend pas mais que
l’on rêve
les yeux ouverts une île au ponant les splendeurs sur ton
front
que la plaine ronde libère la chaux blanche de notre maison
des champs de céréales l’ajonc debout narguant le schiste
un phare
pour que tu te sentes mariée à une joie et une lumière
permises

 

© Barbara Auzou.                
Extrait du recueil « Mais la danse du paysage » @( Poèmes)-Barbara Auzou-5 Sens Editions Genève( Suisse)          
 
 
 

 

 

 

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7 novembre 2023 2 07 /11 /novembre /2023 07:54

Pétra - Jordanie

 

je te donne le grès rose de mes rêves caravaniers
prends aussi la peau-papier le parchemin
le poids des murs de toute une ville de vélin
je suis cet animal déchaussé qui écoute passer les épices
au loin
dans l’éternité sans cesse déroutée la terre se souvient
de ces yeux trop grands qui tournaient leur alphabet autour
d’un soleil
j’ajuste mes liens et je repose mes moissons dans la charrette
de tes yeux
y germe le mot muet sans autel autre que la pierre levée
le silence aussi a le droit à son temple de beauté

 

© Barbara Auzou.                

Extrait du recueil « Mais la danse du paysage » @( Poèmes)-Barbara Auzou-5 Sens Editions Genève( Suisse)        
 
 

 

 

 

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19 septembre 2023 2 19 /09 /septembre /2023 06:42

Sculpture de Francine Hamelin

 


malgré la perche effarée
sertie de dorures
que vous avez bien voulu me tendre
et son atroce caresse à rebours
je suis restée cette ouverture
intime plongée au plus profond de soi
je suis devenue ce que je vis
le rêve et le nid rééquilibrant l’amour
les papillons mystérieux de l’âme qui tournoient
ne connaissent pas les limites du corps
pas plus que les pensées aux abois
sur la hampe des morsures
et les calendriers incertains sont des bateaux
qui tirent sur leurs câbles jusqu’à la déchirure
j’ai la peau dure qui nuage dans l’aigle de l’œil
mille chevaux d’orgueil frappent mes vallées sans âge
mes oreilles sont sourdes au trop de bruit du monde
et mon cri d’humilité vous ne l’entendrez pas
il n’y a pas de plafond pas de fond
seulement cette solitude délectable de mûres
où s’étire le corps d’une femme
et la joyeuse altitude d’une enfance terrible
et calme qui croît
inlassable
dans la pierre
 

© Barbara Auzou.                  

Extrait du recueil « L’envolée mandarine » aux « éditions 5 sens »          

Source : https://lireditelle.wordpress.com/2021/08/08/la-reveuse-une-sculpture-de-francine-hamelin-accompagnee-de-mon-poeme-et-de-sa-mise-en-voix/  
 
 
 

 

 

 

 

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5 août 2023 6 05 /08 /août /2023 06:53

 


25 juin 2021

 

je t’écris comme tout ce qui coule de source se jette dans la mer
et dans le désordre d’un monde étrange et marchandé
je t’écris des choses rondes percées de traits solaires
la poésie est une parole d’échappée au plus près de soi
elle a cessé de faire semblant et elle s’expose nue au tremblant
de ce qui est
elle est la fleur absente de tout ravin
la fleur démente de tout bouquet
l’iris turbulent d’un ciel qui marche sur la terre
l’enfant guérie d’un coeur têtu sur un chemin qui demeure
invaincu
et moi je t’aime comme une invitation musicale vous prend la
main
pour vous envelopper l’âme d’un paysage orange
parce que s’élève au-dessus des fontaines ton rire d’eau sauvage
que dans la surenchère de clarté que suscitent tes yeux se
pressent
les dernières forêts ourlées de chaleur animale
et tout ce qu’il reste d’utopie tendre à caresser
je l’inventerai pour toi

 

© Barbara Auzou.                  

Extrait du recueil « Tout amour est épistolaire » aux « éditions Z4éditions »            
 
 
 

 

 

 

 

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23 juin 2023 5 23 /06 /juin /2023 06:47

 

Racines vagabondes / Jeanne Champel Grenier

France Libris 2023.

 

C’est un véritable manifeste pour la beauté et la tolérance que nous offre Jeanne Champel Grenier avec Racines vagabondes.

Le recueil s’ouvre sur ces mots d’une grande poétesse chez qui le thème de l’exil est tout aussi majeur : Andrée Chédid.

 

«  La poésie nous pousse à ruiner nos citadelles, à détruire l’enclos, à reconnaître que nous vivons d’un même cœur, mourrons d’une mort semblable.

Cette mort plus affranchie que nous qui sait que nous sommes fils d’un même exil. »

 

Et nous suivons Jeanne Champel Grenier dans chacun des lieux qui ont fait d’elle ce qu’elle est. Une femme dont la générosité sait si bien habiter le mot et la vie dans ce qu’elle a de plus charnel et pour qui la fraternité serait le nom d’une fleur des champs.

 

C’est l’Ardèche que la poétesse célèbre tout d’abord, son pays de cœur, son lieu de vie :

 

«  Je suis de ce pays entre Rhône et Ardèche qui accueille l’Ailleurs et qui tatoue la France sur la peau et le cœur de l’humble voyageur » p8.

 

Les pages 9, 10 et 11 nous plongent, comme un instant suspendu dans la vie quotidienne de nos ancêtres de la grotte Chauvet. Des scènes de vie tout à fait splendides s’y succèdent :

 

«  Les enfants barbouillés de myrtilles et de lait étaient allongés sous les fourrures et les peaux nouvelles. Au sein de cette odeur rassurante et familière de graisse rance, de miel sauvage et de lait caillé, ils dormaient. »

 

Il y a de Colette chez Jeanne Champel Grenier. (Elle est pour moi l’éternelle joie de vivre pieds nus dans les violettes.) Elle en a en commun l’amour et la parfaite connaissance de la nature qui l’entoure mais cette sororité se poursuit jusque dans les figures tutélaires, des femmes presque toujours qui hantent –mais devrais-je sans doute dire qui illuminent sa poésie.

Sa mère d’abord, « émigrée sans tambour ni trompettes du pays catalan » dont elle a hérité du sens de la danse

Puis sa grand-mère avec laquelle nous allons au bois, «  Nem el bosc », celle qui est :

 

« Partout et nulle part

Debout au four et au moulin »

Et nous dénouons avec Jeanne les racines vagabondes, les racines familiales qui nous mènent en Espagne majoritairement. Partout y résonnent le timbre et l’ambiance :

 

«  Un écrasant soleil de sang

Pèse de tout son poids de feu

Sur les grenades éclatées

Il faut à tâtons chercher l’ombre

Comme un aveugle sa pitance »

(Souvenirs de Burgos, p54)

 

Ou encore :

 

« Seul dans un corps en feu

Danse un cœur Carmen

Et son éventail qui vibre

Au filigrane orgueilleux

Du dangereux équilibre

Entre olé et Amen »

(Chaleur hispanique. P50)

 

 

 

Y plane aussi la lumière de chers amis disparus, magnifiques déracinés eux aussi, dont un magnifique hommage à l’ami poète Miloud Keddar, «  L’ami de l’infini, poète migrant, homme du désert touareg venu à pied en France en contournant la méditerranée » p81.

Et de nomades magnifiques, gitans, manouches, roms dont les beaux portraits tissent le beau et puissant réseau de l’humanité.

 

A noter que le recueil est illustré de six portraits peints par notre poétesse qui a reçu nombreux talents en héritage. C’est cela avoir un pays.

La poésie de Jeanne Champel Grenier est lumineuse, toujours animée de sentiments nobles et de lucidité. Elle est sourire et bienveillance posés sur le monde.

 

Refermant ce merveilleux recueil, j’ai eu envie de danser, me sentant de nulle part et de partout à la fois ;

Gratitude à Jeanne Champel Grenier.

© Barbara Auzou.                

 

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18 mai 2023 4 18 /05 /mai /2023 06:40

Sculpture de Francine Hamelin


 

 

la vie
qui nous invente
et nous use
un visage d’emprunt
je te le dis
donne-moi la main
la vie est autre plus loin
investie de signes
lente pleine de ruses
et souveraine ô combien
de vacillantes architectures
la vie tu sais est tremblante
et dure
poreuse et pleine
douleurs et joies
qui se fraient un chemin
dans une rumeur d’eau
veine sur le cou d’un cygne
la vie est un cadeau
un jardin d’enfants nus
qui s’épouillent sous la lune
un berceau d’infortunes
de rouilles
un rêve vers l’intérieur
un espoir
qui jamais ne se contente
des restes d’un festin
la vie est un épi
un chant de plumes en plein
coeur

 

© Barbara Auzou.                  

Extrait du recueil « L’envolée mandarine » aux « éditions 5 sens »            
 
 
 

 

 

 

 

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8 avril 2023 6 08 /04 /avril /2023 06:57

Sculpture de Francine Hamelin
 

 

voici mes fleuves
filant leurs rêves souples
trois fois sculptés
voici mes preuves
souffle de coquilles éclatées
le bruit que la nuit fait
derrière mes cloisons
je suis le galet qui revient
réparer l’infortune et
recommencer l’érosion
et l’érosion tu sais
est un désir d’ouverture
un flux mélancolique
une dernière énergie
forte d’une première liesse
écoute
comme elle est belle la musique
qui lèche nos pieds
de sa langue amère
pour ouvrir le courant du pur espace
sur l’âme ravie
il n’est nul coin perdu
tout rejoint tout
sans laisser d’autres traces
que la lointaine caresse
d’une larme de lune
venue creuser l’âpre
la tendre quête d’une vie

© Barbara Auzou.                  
Extrait du recueil « L’envolée mandarine » aux « éditions 5 sens »                  
 
 
 

 

 

 

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2 mars 2023 4 02 /03 /mars /2023 07:44

Sculpture de Francine Hamelin
 

 

nous n’en aurons jamais fini
avec l’effondrement des sabliers
avec l’agression douce de l’eau
et les lunes liquides dont on connaît
les artifices
nous avons appris à nous déshabiller devant la mer
parce que l’on sait depuis longtemps
que c’est elle qui nous rêve
qu’elle veut avec nous encore
user quelques jusants
jouer un instant avec la lisière de nos corps
rendus à leur état insulaire
avec l’ambre jaune de nos coeurs
venu déborder notre soif
je crois en un réel de magie calme
que l’on façonne comme un galet
les mots se souviennent
de la noblesse qui les animait
je reste capitaine de mon âme et je vais
debout à la proue d’une appartenance
semer de transparences en transparences
des mouettes d’albâtre sur ton coeur sillon

 

© Barbara Auzou.                  

Extrait du recueil « L’envolée mandarine » aux « éditions 5 sens »            
 
 
 

 

 

 

 

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21 janvier 2023 6 21 /01 /janvier /2023 07:43

Sculpture de Francine Hamelin
 

 


et toujours ce lieu
que tu ouvres d’un poing blanc
l’attouchement sacré de la paume
et de la pierre
son cri d’herbe égratignée
dans une débandade de blocs
son poids de terre
son poids de ciel et de mystères
la fragilité que tu caresses
à la limite de l’air et des sens
le champ des bravades là-haut
orienté soudaine vers l’évidence
être pour soi-même l’étreinte
et le noyau solaire
la matrice sans écart d’une plénitude
atteinte
la vie sans plan et le perchoir
d’un seul oiseau

 

© Barbara Auzou.                  
Extrait du recueil « L’envolée mandarine » aux « éditions 5 sens »      
 
 
 

 

 

 

 

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11 décembre 2022 7 11 /12 /décembre /2022 07:42

Sculpture de Francine Hamelin

 

Magnifique nouveau recueil de Barbara Auzou, illustré par les sculptures de
Francine Hamelin, préface de Jeanne-Champel Grenier

 

ne tremble pas
c’est une corbeille d’échanges simples
ce que je dis à ton coeur
et l’horizon tourne comme une étreinte
son long poème d’eau
avec son sourire qui sait
quand seuls ne compteront plus
que les nids de mousses
les rondes de froment
la totalité de l’oiseau dans le chant
le sursaut chaque jour plus lent
à se faire fleur pour les abeilles
quand l’ultime chaleur aura été bue
et avec elle la silice brûlante des saisons
tu pourras déshabiller le temps
qu’il fait
tu pourras me rappeler à tous les vents
me décliner en battements
d’ailes rapides
le secret des sources où glisse
l’orvet du sang
rassuré d’un nouveau soleil
rassuré d’eaux douces
et la coupe à la bonne hauteur

 

© Barbara Auzou.                  

Extrait du recueil « L’envolée mandarine » aux « éditions 5 sens »
 
 
 

 

 

 

 

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