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21 janvier 2023 6 21 /01 /janvier /2023 07:43

Sculpture de Francine Hamelin
 

 


et toujours ce lieu
que tu ouvres d’un poing blanc
l’attouchement sacré de la paume
et de la pierre
son cri d’herbe égratignée
dans une débandade de blocs
son poids de terre
son poids de ciel et de mystères
la fragilité que tu caresses
à la limite de l’air et des sens
le champ des bravades là-haut
orienté soudaine vers l’évidence
être pour soi-même l’étreinte
et le noyau solaire
la matrice sans écart d’une plénitude
atteinte
la vie sans plan et le perchoir
d’un seul oiseau

 

© Barbara Auzou.                  
Extrait du recueil « L’envolée mandarine » aux « éditions 5 sens »      
 
 
 

 

 

 

 

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11 décembre 2022 7 11 /12 /décembre /2022 07:42

Sculpture de Francine Hamelin

 

Magnifique nouveau recueil de Barbara Auzou, illustré par les sculptures de
Francine Hamelin, préface de Jeanne-Champel Grenier

 

ne tremble pas
c’est une corbeille d’échanges simples
ce que je dis à ton coeur
et l’horizon tourne comme une étreinte
son long poème d’eau
avec son sourire qui sait
quand seuls ne compteront plus
que les nids de mousses
les rondes de froment
la totalité de l’oiseau dans le chant
le sursaut chaque jour plus lent
à se faire fleur pour les abeilles
quand l’ultime chaleur aura été bue
et avec elle la silice brûlante des saisons
tu pourras déshabiller le temps
qu’il fait
tu pourras me rappeler à tous les vents
me décliner en battements
d’ailes rapides
le secret des sources où glisse
l’orvet du sang
rassuré d’un nouveau soleil
rassuré d’eaux douces
et la coupe à la bonne hauteur

 

© Barbara Auzou.                  

Extrait du recueil « L’envolée mandarine » aux « éditions 5 sens »
 
 
 

 

 

 

 

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3 novembre 2022 4 03 /11 /novembre /2022 07:40


 

 

aujourd’hui plus passionnément redescendue
dans les demeures profondes du songe
je dors au scaphandre de nos désirs fendus
que battent deux rames de patience
comme la première intention des mains
et à l’éponge du plus tendre de soi déjà parti en mer
je mesure ce peu de distance qui nous sépare encore
du soleil du thym sauvage et du cumin
que l’on foule au matin comme des ors
d’icônes parfumées

 

© Barbara Auzou.                
Extrait du recueil « Mais la danse du paysage » @( Poèmes)-Barbara Auzou-5 Sens Editions Genève( Suisse)          
 

 
 
 

 

 


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25 septembre 2022 7 25 /09 /septembre /2022 07:14
©W. Bulach – Wikimedia Creative Commons


 

Mensurations du rêve


roulant nos têtes d’enfants
dans le canal du vent et dans l’air de la foulée
joyeux analphabète un amour étourdi par nature prend
des chemins non balisés d’eaux douces et d’eaux salées
et puis sa norme de vitesse enfin entre deux baies
de danses sablées
les années nous blanchissent sans nous apprivoiser jamais
moi j’allais avec mes mains trop petites pour tout embrasser
l’eau sur une épaule vers ce pays de liesse que je voulais
habiter
avec la seule part qui m’était assignée
quand on a assassiné Dieu depuis si longtemps les clés
ne viennent que sur le tard la vie est brève et on est quitte
entre tambour et gémissement dont les massifs forestiers
ont le secret je t’invite sur un promontoire
où l’écho poussé par les vents s’évade
dans les mensurations
de nos rêves

 

© Barbara Auzou.                

Extrait du recueil « Mais la danse du paysage » @( Poèmes)-Barbara Auzou-5 Sens Editions Genève( Suisse)        
 
 

 

 

 

 

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12 août 2022 5 12 /08 /août /2022 07:00


 

 

Sauvage abîme

 

ne te fie pas au regard triste des macareux
dedans s’évase la conscience pleine
de l’enfiévrée gentiane bleue
et l’âme de la délicate silène
les courants d’air ascendants
et descendants prennent
nos corps contraints et ravis dans
les tréfonds que l’océan déchaîne
la falaise élevée que point que la mer
toujours rattrape dans l’effarement
des pierres vives sait le sauvage abîme
où l’on craint souvent la perte de soi
dans l’âme collective
au paysage dirigé de ton rêve je devine
qui ose l’écume une liberté hors du temps

 

© Barbara Auzou.                
Extrait du recueil « Mais la danse du paysage » @( Poèmes)-Barbara Auzou-5 Sens Editions Genève( Suisse)  
 
 
 
 

 


 
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15 juin 2022 3 15 /06 /juin /2022 07:07

 

Sauvages

 

 

On a baigné nos chevaux sous des soleils chauves
qui offraient leur profil à l’infini
la pierre à cerf fécondait sa lumière en pleine nuit
entre le lys martagon et la dryade
à huit pétales
plus tard on écouterait penser le premier matin
de nos vies dans un acte d’adoration
rien ne nous pille nous étirons nos silences
nous nous ouvrons à notre distance
du seuil au plateau du plateau à la steppe
jusqu’à la terre arable
comme on pénètre lentement la pureté d’un être

 

© Barbara Auzou.

               
Extrait du recueil « Mais la danse du paysage » @( Poèmes)-Barbara Auzou-5 Sens Editions Genève( Suisse)  
 
 
 
 

 

 


 
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10 mai 2022 2 10 /05 /mai /2022 06:30


 

 

 

c’est dans cet excès de nature que je viens planter
notre grand poème géologique son silence indicible
entre vignes et oliviers sur des terrasses d’évidences
où rire d’aimer est un chemin sûr
des tonneaux d’impatientes clartés roulent
comme des petites filles amusées d’un acte multiplié
de mise au monde
les dieux calmes et transparents ont dépensé
depuis longtemps l’argent de leurs certitudes
ils mènent une ronde de douce ébriété
qu’ils boivent à même nos ciels sensibles

 

© Barbara Auzou.                

Extrait du recueil « Mais la danse du paysage » @( Poèmes)-Barbara Auzou-5 Sens Editions Genève( Suisse)  

 

 

 

 

 

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6 avril 2022 3 06 /04 /avril /2022 06:42
© Rafal Oblinski


 

 

Dans les hauts jardins de l’imagination,
je te trouverai broyant la couleur
au revers du coquelicot éphémère,
accoudé au temps et à la butée des étoiles,
à fortifier la frêle charpente de la toile
que le couteau déjà entaille de son entière passion.
Je te trouverai absorbé dans l’intervalle
entre le geste et son intention,
entre la beauté et son interrogation,
au coeur d’une lumière différée,
à la torche ressaisie sur la cécité du jour
et dans le halo d’une certaine idée de l’amour.
 
 
Dans les hauts jardins de l’imagination,
tu me trouveras au dernier quartier lunaire,
sur la balançoire obstinée qui balaie le vulgaire,
à la strate du mot et à la nuque d’un bras de mer.
Tu me trouveras au sang bleu d’un théâtre mental,
à la mouette qui se cogne à la butée des étoiles.
Tu me trouveras dans l’étroit du mot,
dans l’écriture du ventre et son cachot,
entre le centre et le contour,
entre le dire et son silence,
au coeur d’une partition langagière,
à la torche ressaisie sur l’éphémère
et dans le halo d’une certaine idée de l’amour.


© Barbara Auzou.                            
 

Sources : https://lireditelle.wordpress.com/les-mots-peints-barbara-niala/
 
 
 
 

 

 

 

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5 mars 2022 6 05 /03 /mars /2022 07:43



Ce poème figure dans le recueil Mais la danse du paysage / 5sens Editions

 

parfois un oiseau te frôlait de son aile
et je te parlais de soif
de ces cerfs qui scissionnent les plateaux
tranchant jaune le genêt
je te disais les saisons du visage
de l’anémone printanière à l’anémone soufrée
la terre nous ouvrait son flanc de blocs ardents
en plein ciel parait à la nudité sur le sein
de ton abîme
les soubresauts d’une montagne que l’on croyait
éteinte
montrait sa dimension sauvage
poumons de tonnerre sur l’herbe basse
que forçaient tes rayons
que forçaient tes étreintes
derrière les barrières de feu et ses travaux en cours
dormait ce rêve de nous que nous inventions de vivre
et je buvais la trame et l’épilogue dans ce bol arrondi
que tu levais dans le jour

 

© Barbara Auzou.

 

                           

 

 

 

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26 janvier 2022 3 26 /01 /janvier /2022 07:44


Ce poème figure dans Mais la danse du paysage

 

tous les vains rideaux de nos vies sont nichés
désormais dans une antichambre un repli quelque part
en mer de Thessalie j’ai semé mes ex-voto de galets
peints et de miel sur les mythologies de nos peaux
il y avait des blocs arrondis en plein ciel des cordes
et des échelles pour les mots et tous les élans qui s’accomplissent
on a ri devant le pain de sucre de nos âmes à peine entaillé
par la lame des saisons qui avait sculpté ces parois lisses
contre des arbres debout sur une seule jambe tremblants
séculaires et tout en visions


© Barbara Auzou.                            

 

 

 

 

 

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