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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 07:00
Faux-Semblants – Michel Duprez
Jean-Jacques Grandville - http://sandra-barre.tumblr.com
 
 
 
 
« Je suis un faucon », confie l’oiseau.
Le rat passe et crie : « C’est ça, et moi un faux cerf ».
« Faux con, faussaire, la belle affaire ! », constate le dindon de la farce.
 
Ceci dit, ajouterai-je en tant que narrateur, si vous souhaitez malgré tout remonter la filière, ce n’est pas difficile : commencez donc par chercher les fautifs du côté des perruqués.  Mais, un bon conseil, faites vite, sinon leur chef de file risque encore une fois de vous filer entre les doigts en se faufilant dans la foule à toute allure.
Sur ce, à tout à l’heure, car figurez-vous que l’on m’attend pour le repas et que, si ça se trouve, je n’aurai même plus le temps d’enfiler comme d’habitude mon faux-filet bien saignant.
 
Cette histoire a peut-être l’air cousue de fil blanc, je le confesse, mais on s’en fiche, les plus futés étant souvent les plus inventifs, même après dix vers d’affilée, le fait d’avoir tout faux ne signifie pas pour autant que tout ce j’ai dit ou écrit  soit du toc. Et tac !
 
Comment ça, moi toc toc ? Mais, Monsieur, oser comparer mon tic-tac poétique à un quelconque dérèglement des sens est tellement ridicule que je vous conseille illico de changer de tactique !
 
©Michel Duprez



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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 06:41
Histoire d’un roi – Djida Cherfi
 
 
 
 
 
Sur son lit de mort, un roi dit à son fils :
 
« Toi qui es brave et fort, ressaisis-toi ne sois pas triste !
Tu vas devoir succéder à tout ce que j’ai aimé,
Tu monteras sur le trône pour gouverner ton royaume.
Tu devras diriger sans jamais te reposer,
Tu iras au combat à chaque fois qu’il le faudra.
Il te faudra toujours satisfaire sans jamais faire le fier et,
Ce que tu pourras posséder ne devra jamais dominer
Ce que la vie t’aura légué en santé et moralité.
Tu devras être grand en toute simplicité,
Tu devras être fort de sagesse et piété.
Contiens tes émotions, contiens tes colères.
Face à ton peuple révolté et à l’envahisseur de ta terre.
Mais prends garde !
Il te sera difficile de faire preuve d’attention,
Si tu ne t’armes pas d’amour et de passion.
Pour cela, il te faudra trouver une belle sur qui tu pourras compter.
Bien plus qu’une reine, elle sera une confidente,
Une amie à qui tu tiennes, une épouse douce et aimante.
Tu tâcheras de la garder comme tu tâcheras de bien gouverner.
Et... mon fils, assure-toi qu’elle est bien attachée,
Avant de te mettre à la frapper ! »
 
Une lune passât, le fils se mariât
Avec une femme douce et fragile à la fois,
Une femme et une épouse digne d’un grand roi!
Mais…
La voyant comme un animal à dresser,
Le jeune roi se mit à la ligoter et à la frapper
Comme son père le lui avait « ordonné ».
Fatiguée, la jeune reine finit par s’en aller,
Et le roi ne put comprendre pourquoi !
Pourtant, il avait bien respecté
Des conseils très avisés !
Il décida alors, de faire appel à un sage
Qui, pour le retrouver, fit un long voyage.
Ce dernier dit au roi, après l’avoir écouté :
 
« Mon bon roi,
Votre père, cela va de soi,
A voulu faire preuve de délicatesse
En vous donnant des conseils de la plus grande sagesse !
Cependant, en pensant bien faire,
Il n’a pas été très clair.
Quel est l’homme qui ligote sa femme pour la frapper,
A moins qu’il ne soit fou à lier ?
Ce que votre père a sous-entendu,
C’est que les femmes n’aiment pas être déçues.
Il faut faire preuve de fine prudence
Pour gagner leur confiance !
On ne frappe pas une femme, encore moins en la ligotant !
On l’attache à soi, en lui faisant des enfants.
En devenant une maman,
Une femme ne saurait se détacher du foyer de ses descendants. 
Si vous aviez fait cela, vous serriez « attachés » à jamais
Par les liens du sang que vous auriez procréés et,
Proliférés en millier de cordes
D’amour, non de discordes !
Et c’est comme ça que l’on devient souverain d’une grande famille
Aussi bien que d’un royaume solide et uni.»
 
©Djida Cherfi
20/12/2015



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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 06:44
Peuple étrange de la nuit – Michel Bénard
 
 
 
 
Peuple étrange de la nuit
Hommes noirs venus de l’ailleurs,
Marabouts, féticheurs, sorciers, guérisseurs,
Autant d’étranges forces occultes
Pétries aux glaises des traditions.
Monde secret d’un silence clouté
Ne laissant personne dans l’indifférence,
Espace en décalage, principe en parallèle,
Univers dédoublé en trompe l’œil,
De bleu et de rouge, de blanc et de noir.
Les corps, le sang et les âmes
Vacillent entre superstitions et sacralisations.
Peuple étrange de la nuit
Hommes grimés venus de l’oubli,
Traducteurs d’inconnu, d’indicible,
En masques de cérémonie
Peints de couleurs rituelles,
Où peuvent basculer aux rythmes des djembés
Emportées par un même tourbillon
La chrysalide de la vie,
Le suaire de la mort.
Ecritures sacrées où se mêlent amulettes et talismans,
Loi inaliénable des anciens.
Peuple étrange de la nuit
Hommes noirs venus de nulle part,
Terre d’ombre et de lumière
Forces invisibles d’un cérémonial
Où souffle l’énergie du vent des sortilèges.
 
©Michel Bénard.



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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 06:34
Ma maison de chiffon - Ode
Photo Ode©
 
 

Dans mon rêve
J'ai vu des vagues turquoise 
Aux blanches écumes
Ainsi au soleil de plomb

Là, au bord de la falaise
Une maison de chiffon
Pour amours de coton
Qui battent aux forts vents
Sur la corde raide du temps

La mer est là à ses pieds
Assise sur les galets
J'admire les poissons voler
Les oiseaux à la dérive flotter

Ma maison de chiffon
Pour amours de coton
Où nagent les oiseaux
Au fil de soie de l'eau 

Les pieds nus dans le sable
 Je fais un château 
Je plonge dans mes rêveries 
Dans tes eaux bleues aussi 

Ma maison de chiffon
Pour amours de coton
Où volent les poissons
Au fil ouaté des nuages

Je regarde mes falaises
Embrumées de vapeur
J'embarque sur un voilier
Pour y rêver à mon aise

Pays magie, voyage, rêveries
Et mon château de cartes
Emporté par le grand vent

Ne me reste que ma maison 
Ma maison de chiffon

Mes amours sont usées, 
Troué le coton
Amours en haillons

Mais au bord de ma falaise
Je respire à mon aise
Et tout est encor si beau
Au fil de soie de l'eau !

Ode©
5 novembre 2003
 
http://zodode.5.50megs.com/CS/maison_chiffon.htm



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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 06:51
Ouvrir les yeux… - Jean Dornac
 
 
 
 
As-tu déjà regardé le cœur d’une rose ?
Même si tu es trop aveugle pour voir
Sache qu’il vit et s’offre tous les ans
Pour le bonheur de chaque être vivant !
 
Sais-tu écouter les murmures du vent
Ou sa fureur lors des tempêtes ?
De plus en plus au cours des ans
Il montre sa colère et devient ouragan !
 
Entends-tu la rumeur des vagues
Au cœur des immenses océans ?
Ils sont pris de rage et de folie
Parce que notre orgueil les détruit…
 
Comprends-tu que la nature n’en peut plus,
Qu’elle est à bout de forces et d’usure ?
Vois-tu combien nous l’avons pillée ?
Combien notre prétention l’a méprisée ?
 
Entends-tu encore le chant des oiseaux ?
Mais non, ils quittent nos villes
Sans aller dans nos campagnes !
Où qu’ils se réfugient, la mort les attend…
 
Pour nos rendements illusoires
Nous empoisonnons nos champs
Tuant herbes et animaux
Mais encore nos clients…
 
Est-il encore temps d’ouvrir les yeux
D’écouter l’alarme portée par les vents
Pour tenter de sauver ce qu’on peut
Avant qu’il ne soit vraiment trop tard ?
 
Les prétentieux qui « savent »
Rient de nos alertes
Orgueilleux jusqu’au bout de l’âme
Ils n’ont foi qu’en leurs savoirs et pouvoirs !
 
Ô folie ! Ô pauvres petits humains
Les mêmes qui détruisent la nature
Prétendent connaître la potion
Pour sauver notre unique maison !
 
Que se lèvent les peuples
Qu’ils usent de leur sagesse
Pour que notre planète
Ne se transforme pas qu’en cimetière…
 
©Jean Dornac
Lyon, le 11 septembre 2016



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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 06:45
LOUPS ET VAMPIRES – Pierfetz - (Pamphlet)
 
 
 
 
Les loups ne se mangent pas entre eux...
Les gens d'argent, sans foi ni loi
sont devenus bêtes de jeux
et se comportent comme des putois
 
Leur culte est celui du Veau d'Or,
mais le ver est là dans la pomme
et ceux qu'ils exploitent dehors
voient leur image qui se déforme !
 
Les loups ne se mangent pas entre eux.
Les hommes sont devenus Vampires.
Ils se combattent comme des dieux
et l'on peut bien craindre le pire.
 
Les Vampires sont des dieux de guerre.
Ils ne cherchent que leur profit.
L'humain ne les occupe guère
et l'usure est leur paradis.
 
les loups ne se mangent pas entre eux.
Ils vivent ensemble, solidaires.
Les hommes sont bien plus dangereux,
âpres au gain et solitaires !
 
Pierfetz©
 
http://arciel88.fr/bibpoesiespierrot/IV-2Vampires.htm



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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 06:41
Je suis ton voisin – Salah Bekka
 
 
 
 
Je te prendrai comme amie,
Même si tu doutes de mes mots,
Je sais que c’est bien l’ennui 
Qui t’enceindre dans ce cerceau,
 
Dedans tu restes prisonnière,
Depuis cette fâcheuse nouvelle,
Où s’est révélée cette manière
Qui l’a rendu infidèle.
 
J’ai remarqué dans tes gestes
Une vraie absence de sourire,
Pense à ces journées qui restent
Et évite-leur de mourir !
 
Tu es noyée dans la brume
Et du brouillard de ses actes,
Pourquoi gères-tu cette écume
Qui a assombri votre pacte ?
 
Alors, sois rebelle ! 
Et saigne ton cœur !
Fais-toi belle !     
Et chasse l’horreur !
 
Vis tes jours avec passion !
Venge-toi des troubles d’avant ! 
Et laisse au clou cette trahison
Au mur de sa propre maison !
 
Je suis ton voisin d’en face
Qui te salue chaque matin,
Celui qui admire ta classe
Sans jamais baiser ta main.
 
Le hasard a bien voulu
Te délivrer du tordu,
Car je t’attendais depuis
Pour t’arracher aux ennuis.
 
Je t’offrirai mon épaule
Pour faire reposer cette tête,
Qui a connu certains rôles
Aux scénarios qui l’embêtent ;
 
Ses cheveux seront pour moi,
Une multitude de chemins
À caresser dans une joie
Démolisseuse de venin.
 
Tu trouveras dans mon sourire
Ce que mon cœur a de chaud,
Et à mes yeux de t’offrir
Une sympathie au rang haut,
 
Puis tu connaitras les secrets
Que mon cœur couvait avant,
Comme tu sentiras ce degré
De son amour au présent.
 
©Salah BEKKA.
Auteur
 
Fleurs, Épines et Frissons…
Paru au : LES ÉDITIONS DU NET - 92150 Suresnes France



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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 08:00
Si je pars, c’est sans regret – Kacem Issad
 
 
 
 
J’achète la mort
À qui la vend
Pour laisser ce monde
Sans peine ni remords
J’envie les morts
Là, sous terre
Fuyant la barbarie des bêtes humaines
Quand le diable s’en lave les mains
Des horreurs des vivants
Je cours me libérer de ce monde
Sans tristesse ni regrets
Pour une terre insolite
Où je suis sûr
Que je ne serai pas lésé
Dans l’univers
Où règne le clément.
 
©Kacem Issad




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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 06:38
L’appel de la montagne – Michèle Freud
 
 
 
 
Dans une semaine, enfin, Marc sera en vacances. Il est grand temps qu’il change d’air et se dépollue le corps et l’esprit. Un rien l’énerve, le choque, le déstabilise. Il a besoin d’un retour à une vie simple et sauvage, d’une communion avec la nature. Marc aime la montagne : elle est son étonnement, son éblouissement, son terrain d’aventures. Il apprécie la vie de nomade, sobre et rude, les refuges d’altitude où l’on se régale de soupe au lard, de pâtes et d’omelette au fromage, dans une ambiance colorée et chaleureuse.
 
Quel plaisir de marcher dans un cadre grandiose, sous un ciel tiré comme une soie brillante d’un sommet à l’autre, de se baigner dans un torrent d’eau froide, de s’étendre au soleil parmi les myosotis, les trolles, les pensées et les campanules, de savourer le calme des grandes solitudes, de pique-niquer au bord d’un lac d’émeraude tout en admirant les glaciers et les pics neigeux étincelants ! Quelle joie d’observer les marmottes et les chamois, d’apercevoir près d’un ruisseau clair et guilleret, un cingle plongeur, oiseau étonnant qui, pour capturer les insectes dont il se nourrit, plonge sous l’eau, remonte le courant en marchant sur le fond du torrent, retournant les cailloux avant de ressortir quelques secondes plus tard !
 
Quelle source de bonheur de s’émerveiller devant une flore riche et variée ! Voici l’épilobe, l’ancolie, les lys martagon, voici l’œillet odorant aux aériennes découpures, les géraniums sanguins au rouge éclatant, la digitale avec son flamboyant calice, la dryade et sa jaune chevelure d’étamines, les sedums de toutes couleurs qui habillent la pierrailles. Et Marc rêve, n’en finit pas de rêver. En lui coulent des ivresses étranges. Il est déjà dans ses montagnes, temple de la lumière…
 
©Michèle Freud




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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 06:38
Abîmes – Denise Bernhardt
 
 
 
 
Dans les espaces glacés des profondeurs,
S’évasent les méduses
Comme d’étranges fleurs,
Me frôlant parfois de leurs traînes lascives
Où le spectre diffuse
De crépusculaires apothéoses.
J’ai quitté cette terre
Où tu n’existais plus
Et vide je descends
Vers les abîmes de silence.
Je te laisse la vie
Les fraîcheurs vertes
Et les roses offertes
Toutes ces choses
Qui font battre ton cœur,
Pendant que je divague
Blanche et nue,
Eprise d’une vague
Qui s’enroule à mon corps.
Je te laisse à ton vol immobile
Jalonné de chimères
Où papillon diurne
Jamais tu n’effleures la flamme.

© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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