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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 06:36
Espaces – Claude Luezior
L'icône, Michel Bénard, gouache, pastel et encre de Chine, 21 x 29,7
 
 
 
 
en marge
de nos écritures
le goût acidulé
d'espaces
 
marge vierge
mais brûlante
où peut éclore
juste un graphe
de l'indicible
mot-clef
d'une parenthèse
 
à la marge
de nos dédales
et de nos chiffres
une ou deux
taches d'encre
 
hiéroglyphes
indélébiles
de nos attentes
empreintes
au fond de soi
 
ces marges
annotées
ajourées
si humaines
que personne
ne publiera
et pourtant
essentielles
à nos silences
 
marge d'erreur
où respire
la tolérance
tranche d'espoir
où repose
l'essentiel
d'un aimé
d'un non-dit
 
© Claude Luezior
 
 
 
 
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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 06:37
Chant d’amour – Michèle Freud
Photo J.Dornac©
 
 
 
 
 
Notre colline, au printemps, a bien des richesses à offrir. Elle est la vie, la beauté, la poésie, le rêve, avec ses petits jardins d’orchidées pourpres ou de cerises aux pétales délicieusement froissées, ses coulées d’aphyllantes, ses coronilles qui aspergent la terrasse de leur parfum volé aux anges, ses tapis de pois de senteur et de fleurs de lin, ses cascades de liserons qui carillonnent à tout vent la magnificence du monde. Quel somptueux cadeau que ce débordement de rose, de blanc, de vert, de bleu, d’or et de mauve ! Tout est harmonie et douceur, comme peint avec les innombrables ressources d’une palette magique. Telle une abeille, je butine, je frissonne de joie. Dans l’univers des fleurs sauvages, je sens vibrer en moi l’immensité de la vie universelle.
 
Aujourd’hui, je prendrai peut-être mon repas près des bonnes têtes ébouriffées des scabieuses. Je me contenterai d’une gorgée d’air, d’un bol de lumière, d’un peu de suc de la terre, de la splendeur des plantes et du chant des oiseaux. Et surtout que le temps se fasse lent pour que dure la magie de l’heure. Et si je l’invitais à venir prendre un café, peut-être suspendrait-il son vol, le temps d’un sourire à tous mes amis, le temps de donner à la jolie coccinelle qui vient de se poser sur ma main, de prendre son envol et de n’être plus qu’un point rouge dans l’azur…
 
Je crois que je viens d’apprivoiser le temps !
 
Et comme pour m’approuver, la mésange se met à zinzinuler…
 
©Michèle Freud



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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 06:44
Ce soir, elle est ta petite – Denise Bernhardt
Berthe Morisot : Eugène Manet et sa fille dans le jardin de Bougival. (1883)
 
 
 
 
 
Ce soir elle est ta petite
Et je n’existe plus.
Elle est ta chair
Elle est ton sang
Tu es son Tout.
Le monde se brise à vos marges
Et fait silence.
Je ne suis plus qu’une ombre
Dans ton cœur,
Une idée, une pensée
Bien au-delà de toi.
Le reflet d’un ailleurs
Qui vit dans le poème
Et meurt de ton absence.
 
©Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « Le chant des Nébuleuses », aux éditions JEBCA, collection l’Immortel.




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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 06:38
La part du diable – Luce Péclard
 
 
 
 
 
Pour deux martyrs chrétiens
Elevés en exemple,
Saint Etienne – les pierres –
Saint Sébastien – les flèches –
Combien de malheureux
Disparus anonymes
De toutes les façons,
Sous l’épée et les balles,
Dans les geôles multiples
Et par mille supplices !
 
Ajoutons-y les guerres
Aux solutions globales,
Et les peuples maudits
Des siècles nucléaires,
Irradiés d’uranium,
Crevant à petit feu
Sans nul recours possible,
Eux et leur descendance…

© Luce Péclard
 
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier
 
 
 
 
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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 06:38
Ton retour - Phara
Phara est étudiante à Port-au-Prince et m'a été recommandée par Yves Romel Toussaint.
 
 
 
 
 
 
Je garde au fond de moi
Le soleil que tu m'as donné
pour réchauffer mon cœur
Gelé par ton absence.
 
Longtemps ... les étincelles
De tes yeux
Flambaient mes nuits
dans la quête apocalyptique
D'un jour meilleur
 
Ton nouveau jour sera ma
terre nouvelle
En souvenir de ton regard
Posé sur moi
Dans l'attente d'une cueillette
de baisers
 
©Phara
 
 
 
 
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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 06:18
Une joie – Victor Varjac
 
 
 
                                 A René Lacroix
 
 
Une joie
surgie du cœur
à pleine gorge
tel un hymne
devenu chair
dans l’amour d’une voix
infinie de beauté
n’est-ce pas l’éclosion
du miracle absolu
au royaume des hommes ?...
 
La folie
comme un corps
m’étreint
dans ses filets…
 
Je deviens ce défi
où la graine du plaisir
pénètre et bouleverse
les vagues de mon souffle…
 
Apprendre
n'existe plus
quand la passion
s’accroche à la peau
tel un bout de métal
qui brûle
avant de s’enfoncer
dans les fibres… de ma vie…
… jusqu’au sommet de l’âme !...

© Victor Varjac
Antibes, le 3 décembre 2000

Extrait du recueil « l’Homme Imaginaire » aux éditions MELIS




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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 06:28
CALLIGRAPHIE DE LA TENTATION - Nicole Hardouin
CALLIGRAPHIE DE LA TENTATION - Nicole Hardouin
J’ai la grande joie d’accueillir parmi nous Nicole Hardouin. J’espère que vous lui ferez un chaleureux accueil. J.Dornac
 
 
" ELLE" huile sur toile, 61 sur 50 du peintre GIL POTTIER; Site internet : www.gilpottier.com
 
 
 
 
 
Dans la procession des blés mûrs, vous êtes le moissonneur édénique célébrant l’offrande aux légendes ancestrales. Une musique s’en échappe, je déchiffre cette partition avec la prudence d’une barque quittant le port.
J’ai rompu les amarres.
Nos chemins s’écartèlent en tendres violences, mon souffle part en croisade, vous encercle. Je bouscule vos intimités, votre arc se tend à la saveur de mes effluves. Fibres clandestines effleurées, fleurs d’eau prêtes à éclore, fruits à mordre en lents creusements.
Calligraphie de la tentation.
Les fortifications se lézardent, je vous observe, vous butine. Ma chair cueille vos étamines et mes lèvres s’égarent à l’équinoxe de vos nacres.
Fournaise.
Implorant, vous tremblez. En lames torrentielles, j’ondule sur vos marées. Vous êtes Neptune rompant les chaînes.
Triomphe du naufrage.
Sur mes margelles humides vous lancez vos filets. Les caresses dénudent les corps. Mes certitudes s’évanouissent à la fonte de votre plomb, je me déploie dans vos vergers. Depuis cet office des ténèbres où vous avez mis ma bure en charpie, je suis neige de désir, au plus rouge du rouge, l’amour tord l’airain.
Brûlons.
 
Mais vous m’avez laissé en cendres dans le gémir de l’extrême. Chairs en éclats. La blessure est là qui floconne, coquelicots errants.
Socle en débris.
Je vous avais offert une forêt avec sa clairière aux yeux de biche, un vitrail et ses anges musiciens, des fruits défendus cachés dans un jardin, aujourd’hui je cueille des épines noires sur un dallage gelé.
Des orties poussent à l’extrémité de mes doigts, l’hiver sort du miroir. Le hurlement des loups déchire les dernières campanules.
 
À perte de corps, la nuit. Les oiseaux ont des ailes de glace.
Il pleut dans mon regard.
 
 
©Nicole Hardouin.
In FONTAINES CARNIVORES
Éditions L.G.R. Paris.




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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 06:20
L’As des As – Michel Duprez
 
 
 
 
 
 
Si le cœur vous en dit,
laissez-le dire,
ouvrez bien grandes vos oreilles.
Il a tant de secrets que la raison ignore,
tant de raisons de livrer ses secrets ;
et son cri, quand quelque chose ou quelqu'un
fait son bonheur,
tout ce qui vient de lui,
son soupir
lorsqu'il n'a pas ce qu'il désire,
ou bien, après avoir été offert et s'être fait joli,
se voit quand même refusé.
 
Il s'ouvre à vous,
Écoutez-le.
 
En amour comme en affaire,
il possède une intelligence intuitive
et n'est pas toujours aussi volage qu'on l'affirme.
Vous l'avez au contraire à tout moment sous la main.
C'est votre principal atout,
abstenez-vous de le quitter des yeux.
 
S'il vous parle,
ce sera avec franchise,
pour vous apprendre à mieux vous connaître
et si quelques larmes perlent sur vos joues
en prêtant foi à ses prétendus vagues pressentiments,
il saura trouver les mots qui vous rendront le sourire
ainsi que la méthode à suivre
afin d'éradiquer le mal qui vous pourchasse
avant qu'il soit trop tard.
 
Écoutez-le, écoutez-le bien,
parce qu'en vérité, sans la qualité de cette écoute,
il pourrait croire, au moindre doute de sa part,
qu'il ne vous porte pas en lui.
 
©Michel Duprez




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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 06:48
Le beau passé – Djida Cherfi
Photo J.Dornac©
 
 
 
 
Gardons en mémoire les souvenirs
qui ont révélé nos sourires.
Gardons les instants passés dans la joie,
la seule joie d’être ensemble même
si c’était pour la dernière fois.
Souvenons-nous du beau passé,
parons le présent de ces instants consommés.
Oublions l’avenir qui ne nous appartient pas,
retenons ce qui a été à nous et qui nous accompagnera.
Conjuguons chaque précieux instant au « beau passé »,
mettons le reste à « l’imparfait ».
Profitons des bons moments,
faisons un rêve du présent.
Pour un meilleur avenir
Gardons les bons souvenirs.
Rappelons-nous du beau passé,
qui apaise les blessures.
Effaçons l’imparfait,
qui ouvre les fissures.
 
©Djida Cherfi
19/06/2016.




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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 06:40
Sur le paysage de nuit – Michel Bénard
 
 
 
Texte dédié au peintre Joseph Ladislas Domjan.
 
 
 
 
Sur le paysage de nuit
Apparaît un visage diaphane,
Sa chevelure serpentine
Embrase la féerique forêt,
Des ruines aux reflets soufrés
Lentement se consument,
Sous l’énigmatique regard
D’une jeune fille en rose.
Insolite portrait caressé
Par un souffle de liberté,
Etrange cohorte humaine
Louvoyant en procession
Vers une terre promise
A cette heure encore innomée,
Dont se détournent
Un couple d’anges effrayé,
Défiant un monde luttant
Contre le métronome du temps.
 
©Michel Bénard.




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