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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 06:40
Insolente et furtive beauté – Michel Bénard
©Seppo Simila
 
 
 
Insolente et furtive beauté
Déployée comme aile d’ange effaré
Devant l’immense incertitude humaine,
Lorsque, irrémédiablement le temps s’écoule
Défiant l’éclat pourpre et arrogant
D’une vieille, vigne vierge,
Ultime sursaut d’illusoire désir
Scintillant aux yeux
D’une femme en larmes.
 
©Michel Bénard.
 



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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 06:47
J'exulte de bonheur – Ode
 
 
 
 
J'exulte de bonheur
à la seule pensée de ton visage
J'exalte de toute mon âme
à la seule pensée que tu m'aimes

À ta fontaine, j'étanche ma soif
À tes fleurs, je me parfume
Dans tes hautes herbes, je t'aime
Dans tes nuages, je rêve
 
Silence, plus un mot
écoutons le cri des vagues
Savourons ce langage
qui chante nos origines
 
©Ode
 



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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 06:52
La dame aux oiseaux – Jean Dornac
Photo J. Dornac©
 
 
 
Avec son petit chapeau rond
Sa jupe foncée et sa veste de bon ton
Toute seule au bord de l’eau
Entourée de nombreux oiseaux
La Dame, tous les matins
Vient distribuer son bon pain
 
Les moineaux gourmands
Et les pigeons virevoltants
Lui font la fête en l’honneur de son amour
Des volatiles qu’elle nourrit chaque jour
D’une main toujours généreuse
Avec sa bonne humeur si joyeuse
 
Avec le Rhône pour piste d’atterrissage
Les canards ne sont pas boiteux
Mais ne leur demandez pas d’être sages
Ils vous regarderaient d’un air piteux
Car après leur sorte de ski nautique
Ils diraient que c’était parfaitement artistique !
 
Jadis, François, du côté de la ville d’Assise
Tranquillement, parlaient aux oiseaux
La dame du fleuve est également admise
Par la cour des poules d’eau !
Mais ici, le dialogue est dans la geste
Et les oiseaux ne sont pas en reste…
 
Et lorsqu’enfin ils semblent repus
Ils s’en vont comme ils étaient venus
La Dame du Rhône reprend le chemin
Tenant le sachet aux victuailles d’une main
Son sac accroché en fière bandoulière
D’une manière délicieusement familière
 
Si le long du fleuve qui baigne mon Lyon
Vous venez vous promener entre deux ponts
Ne manquez pas l’heure du joyeux festin
Offert par la Dame d’un gracieux coup de main
Et vous verrez la superbe fête des oiseaux !
Pour les appeler, nul besoin d’un appeau…
 
©Jean Dornac
Lyon, le 7 juin 2015
 



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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 06:49
MIRA – Pierfetz
 
 
 
Ne cesser de t'imaginer
Tout près de moi, joue contre joue,
C'est bien ma façon de t'aimer
Avec toi jamais je n'échoue...
 
Dormir sans jamais m'éveiller,
Pour mieux rêver que tu es là,
Toujours prête à me caresser,
A m'endormir entre tes bras !
 
M'endormir à la belle étoile
Dans un monde d'amour infini
Quand le soleil de rouge se voile
Au clair de lune sur clapotis.
 
Dans cet océan de mirage
Où le couchant prend mille feux,
Nous avons cessé d'être sages
Pour nous confondre un en deux.
 
©Pierfetz
 



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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 06:53
Immondices – Thierry Deschamps
" La calomnie d'Apelle " SANDRO BOTTICELLI
 


Insipides discours de nos politiciens,

Manières et beaux atours de tous ces gens de bien !

Mariages de raison, union de portefeuilles,

Orgasmes intellectuels de cons bourrés d'orgueil !

Nauséeuse gloriole, rêves nationalistes,

Délirante parabole de quelques intégristes !

Incurie des états, bêtise des prélats,

Conservatisme ringard, pantins marchant au pas !

Elle est belle notre Terre, sous cette pollution,

Souillée par la bêtise de notre évolution !

~~*~~
 
©Thierry Deschamps
 
 

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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 06:32
La harpe – Michèle Freud
 
 
 
 
Vincent s’éveilla quand les premiers rayons de soleil effleurèrent sa tente. Le jeune homme se leva, guilleret et sortit. Le ciel avait pris la couleur d’une rose et la journée s’annonçait prometteuse. Le petit pré était accueillant avec toutes ses fleurs multicolores. Le jeune homme but l’air frais à la régalade et commença de préparer un petit déjeuner substantiel. Il se sentait bien, en résonnance avec cette campagne sauvage et il pensait que la nature, avec ses énergies vivifiantes, constituait un lieu de re-création. Il était 8 heures quand Vincent mit son sac sur le dos et partit vers la forêt.
 
Il suivit d’abord un petit sentier qui longeait un champ d’herbe grasse où paissaient quelques vaches. Le garçon allait d’un bon pas mais il remarquait les gouttes de rosée sur les toiles d’araignées, les corolles et les graminées. La beauté était partout et offrait généreusement ses bienfaits. Si seulement elle pouvait semer à tout vent des graines de bonté ! A 10 heures, il atteignit l’orée de la forêt. Celle-ci semblait sortir du fond des âges et Vincent frissonna d’émotion. C’est à pas lents et légers qu’il entra dans ce sanctuaire. Il n’existait pas de sentier, seulement une trace, laissée sans doute par les animaux. Le jeune homme la suivit un moment puis il partit à la découverte de ce lieu mystérieux. Il aimait toute cette végétation exubérante, ces mousses pleureuses, ces chevelures d’usnée. Il admirait le foisonnement des couleurs et des formes étonnantes dans les écorces, il notait les essences entremêlées, les arbres tordus aux silhouettes insolites, les troncs pourris grouillants de vie. Il avançait avec émotion et respect, découvrant peu à peu l’âme du lieu, respirant le mystère, avec, sur les lèvres, un goût étrange d’éternité. Il sentait dans tout ce chaos, vibrer l’harmonie, percevait l’élan vital, voyait la vie et la mort s’entrelacer. Dans ce cadre fascinant, dans ce silence moelleux, il aurait aimé dire un poème écrit par les arbres…
 
Soudain, il entendit dans le lointain, le clapotis de l’eau et puis, presque en même temps, les notes cristallines d’une harpe. Mais un tel instrument dans ce lieu paraissait impossible. C’était peut-être le vent, un vent charmeur qui égrenait ces quelques notes pour montrer son savoir-faire. Curieux de résoudre cette énigme, le jeune homme avança plus vite. En une demi-heure, il fut au bord d’un ruisseau plein de vie, parsemé de blocs de pierres, un ruisseau qui coulait dans un cercle de lumière. Paysage irréel, jardin d’Eden, vagues de félicité…
 
Brusquement, Vincent la vit, cette harpe, posée sur un rocher au bord de l’eau. Elle semblait rayonner et Vincent la regardait, subjugué. Et puis, comme dans un rêve, il vit apparaître une jeune fille qui ressemblait à une fée. Elle ne fut pas surprise de le voir. C’était comme si elle l’attendait depuis toujours. Ils se regardèrent, les yeux dans les yeux. Il n’y eut pas besoin d’en dire davantage. Elle se mit à jouer  une musique pour l’âme et semblait dire : « Tout cet amour, le respires-tu, le sens-tu ? » Un lien indissoluble venait de se tisser entre eux, comme si, dès la première rencontre, ils avaient élu domicile l’un dans l’autre. En contre-bas, dans l’eau claire du ruisseau, des cercles concentriques apparurent et soudain ils s’entrelacèrent, comme des anneaux de mariage…
 
©Michèle Freud

 


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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 06:54
LES FLEURS - Stéphane Mallarmé
 
 
 
 
Des avalanches d'or du vieil azur, au jour 
Premier et de la neige éternelle des astres 
Jadis tu détachas les grand calices pour 
La terre jeune encore et vierge de désastres,   
 
Le glaïeul fauve, avec les cygnes au col fin, 
Et ce divin laurier des âmes exilées 
Vermeil comme le pur orteil du séraphin 
Que rougit la pudeur des aurores foulées,   
 
L'hyacinthe, le myrte à l'adorable éclair 
Et, pareille à la chair de la femme, la rose 
Cruelle, Hérodiade en fleur du jardin clair, 
Celle qu'un sang farouche et radieux arrose !   
 
Et tu fis la blancheur sanglotante des lys 
Qui roulant sur des mers de soupirs qu'elle effleure 
À travers l'encens bleu des horizons pâlis 
Monte rêveusement vers la lune qui pleure !   
 
Hosannah sur le cistre et dans les encensoirs, 
Notre Dame, hosannah du jardin de nos limbes ! 
Et finisse l'écho par les célestes soirs, 
Extase des regards, scintillements des nimbes !   
 
O Mère qui créas en ton sein juste et fort, 
Calice balançant la future fiole, 
De grandes fleurs avec la balsamique Mort 
Pour le poète las que la vie étiole.
 
Stéphane Mallarmé
 
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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 06:50
Murmures – Denise Bernhardt
Photo J.Dornac©
 
 
 
Par l’espace azuré
Qui m’ouvre les bras,
Les jardins embaumés,
Les feuillages épais
Où bruissent les fontaines,
J’irai à ta rencontre.
Je dirai le poème de ma vie qui s’incline
Avec les mots que tu défends
Mais qui pourtant irisent l’âme.
Je te défierai pour la gloire,
Car je sais que pour toi
Toute femme est indigne,
Et tout lien une entrave.
Ta main posée sur la mienne,
Tu resteras nimbé de silence,
Perdu dans un monde
Où nul pleur ne s’épanche.
Recréant l’image de celle
Qui t’avait tant aimé,
Et que tu as quittée
Infligeant les blessures jumelles
Ne guérissant jamais.  
 
© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.


 


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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 06:34
LA VIE QUI DURE – Luce Péclard
 
 
 
Troupeau éparpillé des jours
Au-delà des condoléances.
Chacun rassemble, en bon berger,
Les signes forts de la vie sauve.
Bien les tenir et contenir,
Cortège de moutons dociles,
Bêlant, broutant et recherchant
La voie de l’hiver au printemps.
Et les jours resserrés
Paraîtront si nombreux
Que la saison vécue
Sera d’éternité !  
 
© Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « Pars si tu peux » aux éditions du Madrier


 


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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 07:00
L’IMAGINAIRE - Nancy Turnier- Férère
©Vladimir Kush
 
 
 
Accompagnée d’un être
Non réel fidèle et flou
Qui me suit partout
M’oriente sans cesse
Vers un arcane envoûtant
Une destinée secrète
Vers une vie nouvelle
Au ciel bleu clair
C’est
 
L’IMAGINAIRE
 
Il me dit
« Sors
Du fond de ce tiroir sors
Il est trop sombre
Trop obscur
Ne te retourne pas
Je t’escorte à ton insu
Après tout
Tu n’es plus seule
Au vent
Laisse tes cheveux
 
Si tu veux
À la lumière
Offre ton âme pure
N’aie pas peur
Engage tes pas
Sans crainte va
 
Vers ton avenir prochain va
Arrose ton horizon
De tes idées vermeilles
Qui font monts et merveilles
Habille-toi de blanc
Tout de blanc
Tourne en rond
Tourne sans façon
Si ça te plaît
 
Sors
De cet ensevelissement
Profond
Sors
Accueille la liberté
Accueille le loisir
Je te les offre
Aie foi en moi
Ne te retourne pas
Le passé est fané déjà
Avance »
 
J’avance tu me libères
Mais c’est quoi
C’est qui
 
L’IMAGINAIRE
 
©Nancy Turnier- Férère
(Chants de Rêves Cris d’espoir 2012)

 
 
 
 
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