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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 06:22
Yan'Dargent (1824-1899) - Les Lavandières de la nuit, vers 1861 - Huile sur toile, 49 x 73 cm - Musée des beaux-arts de Quimper © Musée des beaux-arts de Quimper

 

 

 

 

 

Des images

de joie pure

lignes glissant

de mon esprit.

 

Des images

alignées

sur le drap du matin

lignes en larme

tombant de mes yeux.

 

Des images,

qui se voulaient printemps,

devenues visages

traits lissés

dans le blanc

des souffles.

 

Des visages

qui de linge

en linceul

partent à l'infini.

 

Les mains

se ferment

aux draps du soir.

 

Le ciel disparaît

la nuit mange

nos traces.

 

Les images

s’ombrent

voilant

la fenêtre

à vue ouverte

exsangue sur le monde

où des masques font visages.

 

Paroles éteintes

buvards blancs

au refuge des paupières

les mots

au refuge des regards

l’homme.

 

Repliées

dépliées

naissent

des pensées

vierges :

humanité

de l’instant.

 

Fuir le sombre

l’aveuglement

de l’esprit

la tentation

du chaos

accueillir la peur

surpasser son venin.

 

Regards éclos

voir le geste

voir le don

l’humaine délivrance.

 

Voir l’homme pour croire encore

et que tombent les masques.

 

Aux draps de demain : la vie.   

 

©Béatrice Pailler  

 26 mars 2020

 

 

 

 

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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 06:25
© RapidEye / iStock

 

 

 

 

LIBERTE de ma vie, je t'ai longtemps cherché,

Assis au bord de mer, perché sur un rocher,

Respirant l'horizon, te regardant marcher,

Magnifiant ton nom au milieu d'un bûcher,

Et puis finalement j'ai fini par cracher.

  

©Robert Bonnefoy

 

 

Variante d'acrostiche avec le mot principal du thème du poème en tête et en première ligne, suivi de l'idée qui découle du thème avec chacune des lettres de l'acrostiche.

 

 

 

 

 

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1 avril 2020 3 01 /04 /avril /2020 06:22

 

 

 

 

J’ai jeté les étoiles

Dans le brame du vent,

Et déchiré mes nuits

Aux lèvres d’un amant.

J’ai pleuré ton nom

Vers l’espace

Qu’il ne franchira pas.

J’ai recréé ton image

Comme un baume pour l’âme.

Mais j’entends trop de voix

Qui murmurent vers toi,

Trop de mains qui te cherchent

De gestes qui t’effleurent,

Et d’ombres qui me disent :

Il ne t’appartient pas.

Quand mon cœur ne désire

Que les mots du silence,

Et que le ciel lui soit donné

Comme un bouquet,

De roses blanches.  

 

©Denise Bernhardt

 

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.

 

 

 

 

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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 06:29

 

 

 

 

 

On s’est baisés un verre
Puis deux
Puis le chiffre ne compte plus

Puis on s’est bousculés
À rebrousse poil
Sur nos idées
Pas très élaborées
Sur la vie, l’amour, la mort

 

Et on a failli pleurer

En se quittant

Quand on a senti

Sourdre

La grande

Émotion

 

Celle
Du

DERNIER

INSTANT

 

Alors en pointillé
Sur la pointe des pieds

On s’est séparés

 

Tournant la tête

Puis tout le reste

 

Chacun de son côté

 

Désormais  

 

© David Chomier

 

 Extrait du recueil « Soyons Bref » aux éditions Stellamaris

 

 

 

 

 

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30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 06:27

 

1855 - 2005

 

Malgré le titre du timbre, ce n'est pas la célèbre "Capricieuse" qui,

en 1855, se rendit en voyage officiel au Canada,

symbolisant ainsi les liens affectifs entre les deux pays

et la renonciation définitive de la France

à toute revendication territoriale sur le Canada.

C'est la "Galathée", un navire construit en 1845, qui fit le voyage.

 

 

**

 

L'occasion était bonne de rappeler le regret nostalgique d'une séparation.

Il en est ainsi de toutes les ruptures amoureuses !

 

***

 

Quand reviendras-tu?

Lettre d'amour après abandon...

 

Longtemps, j'ai cherché à comprendre...Pourquoi la capricieuse avait ainsi laissé notre jardin d'amour à l'abandon ? Pourquoi ce qui était notre jardin d'Eden était devenu peu à peu un paradis perdu ?

 

Longtemps j'ai attendu le retour d'un voyage, par-delà l'océan des passions. Nous avions fait naufrage après une croisière amoureuse de si courte durée . L'arrêt fut brutal comme dans toutes les conquêtes passionnées de l'amour !

Aucun marin ne sait, personne n'a jamais expliqué pourquoi, quand, comment naissent ces lames de fond, déferlantes démesurées, monstrueuses, d'une amplitude telle que les navigateurs les plus expérimentés ont disparu à jamais sans laisser trace de leur passage en ces temps maudits ?

 

Pourtant, j'avais imaginé le voyage sur un navire de prestige plus résistant aux tempêtes du quotidien de l'habitude que notre petit corsaire tricolore, bouchon insubmersible pour les yeux du cœur, mais engagé à surfer sur une vague chassée par une autre plus jalouse ! Il y eut cette issue fatale, la rupture de nos liens familiers et nous nous sommes perdus de vue. Mon grand navire de rêves était devenu une vieille capricieuse.

 

"J'ai fait seul le voyage de la renonciation...avant que tu comprennes, que tu reviennes, un jour, mon amie de toujours !

Victime de mes attaches au port de mes racines, j'étais comme l'amant d'un navire, au milieu d'un fleuve impétueux emportant tout sur son passage : notre jardin d'amour devenu Eden du passé. La boue des malentendus allait submerger nos champs fleuris de l'été. Les derniers soleils d'un automne flamboyant ont séché ces vieilles plaies du cœur. Elles se ferment un jour et la croûte disparaît avec l'oubli du temps perdu après lequel je ne cours plus. On dit souvent du temps qu'il n'est plus temps !

La croisière fut belle, le pays merveilleux, à jamais dans nos cœurs. Le vieux continent ne s'en préoccupe guère, l'autre est devenu grand! Malgré les ondes qui nous parviennent encore, il reste l'éternel problème des amants désunis par les impossibles circonstances d'un amour sans lendemain .

 

Un océan nous sépare, mais il berce toujours des palaces de rêve, des géants fantastiques, des grandes et des petites "Capricieuse" pour de nouvelles croisières que je ne ferai plus qu'en rêve.

Tout cela me rappelle ce merveilleux passé, mais je ne te vois plus . D'autres "Capricieuse", aux sirènes amoureuses ont raisonné parfois à mon cœur. Je n'ai pas le cœur d'un marin à gommer ce chagrin, et je ressens parfois le vide que j'ai de toi !

 

Ma Capricieuse...  

 

Pierfetz©

2005/2006

 

 

Sources : http://arciel88.fr/bibpoesiespierrot/III-18LaCapricieuse.htm  





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29 mars 2020 7 29 /03 /mars /2020 07:11
Le château de la Roche-Guyon par Georges Braque

 

 
 
 
Le mystère,
c’est mon champ.
Je le cultive et l’ensemence avec quelques pincées
de la poudre magique insufflée par mon stylomine
en attendant la prochaine moisson et qu’un signal,
quoi qu’il arrive, enfin, m’accorde la permission
de choisir autant de fruits qu’il me plaira
en fonction de leur saveur.
 
Le mystère,
c’est aussi mon champ de bataille.
Ses lignes sont les profonds sillons
qui m’aident à m’approcher de vous sans être vu.
 
Le mystère,
c’est mon chant,
mon blues.
Oh non, pas celui-là, qui fait triste figure,
mais l’autre,
celui sur lequel on danse accompagné au piano
au lieu de se ronger les ongles.
 
Pour moi, le mystère,
c’est la clé des champs,
écouter sans tarder la voix vibrante de mon clavier
malgré qu’un curieux pressentiment
m’inciterait à présager
que tout remettre à plus tard
serait plutôt rassurant. 
 
 
©Michel Duprez
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 08:09
© Crédit photo : cc - flickr - john voo

 

 

 

 

 

F emme battue, soumise et que l’on humilie,

E xalte-toi, bats-toi pour que cessent les coups,

M alheur à qui te viole et te brise la vie,

M arche pour ton honneur, ta liberté ravie,

E chine redressée, bats-toi, reste debout.

 

B ats-toi pour l’équité, contre les préjudices.

A gression, viol, inceste ont trop souillé ton corps.

T u dois dompter ta peur, vaincre les injustices,

S il le faut, dévoue-toi, combats jusqu’à la mort.

 

T on ombre oppressera comme un masque la terre,

O uvrira notre monde au voile de ton corps,

I mposera la nuit aux fous qui te font taire.

 

P our que cessent enfin les abus monstrueux,

O ppose à tes bourreaux une âpre résistance,

U tilise ta loi contre ces gens odieux,

R evendique haut et fort, mais parfois en silence.

 

T errasse sans répit, bouscule les croyances,

A pprends à résister aux ordres pernicieux.

 

L ‘Histoire te le crie : « Bats-toi, sors de ta cage,

I gnore l’esclavage et la docilité,

B rise la tradition, arrache ton grillage,

E chappe à ce tyran qui veut te violenter. »

R essuscitons ta vie, Femme, tu n’es pas chose,

T u es un être humain, fais ta métamorphose

E t va sur ton chemin prendre ta liberté. 

 

©Gérard Cazé

 

 

 

 

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27 mars 2020 5 27 /03 /mars /2020 08:01

 

 

     Un soir en 2016, j'ai fait un de ces rêves où l’on sent que l'avenir s'annonce difficile. J'ai vu un mort dans un cercueil. Le mort en avait l'aspect, mais il avait l'air en souffrance. En m'approchant de lui, j'ai vu qu'il restait un souffle de vie en lui ; un souffle qu'il utilisait pour essayer de passer un message important, même vital ! Tout au long du rêve, le " presque défunt " gémissait dans l'espoir qu'on l'entende et surtout qu'on écoute ce qu'il avait à dire.

On dit que le plus important dans l'interprétation des rêves ce sont les détails et, le détail qui fait toute la différence et qui me conforte dans l'idée que ce rêve prédisait les événements que traverse notre pays, est qu'en plus du linceul, le corps du " faux mort " était recouvert par de grosses couvertures aux couleurs du drapeau algérien. 

Dans ce poème qui fait partie de ma collection intitulée Marabout, je décris ce que j'ai vu ce soir-là en essayant de décrire la scène exactement comme je l'ai vécue…

 

 

Le mort qui parle

 

Dans un cercueil, un jeune garçon mort sans l’être vraiment.

Empilées sur lui des couvertures aux couleurs

Pur, feuillage et sang.

Mais dans cette étrange et triste atmosphère,

On  recouvre le suaire,

Dissimulé dans le mystère !

 

Jeune homme l’air d’un sage comme un oiseau dans une cage,

Couleur pure, feuillage et sang,

Autour de lui, le néant !

 

Mort sans l’être vraiment, on lui met des couvertures,

Camouflage ou protection ?

Difficile de faire la distinction !

 

Les yeux scellés, le visage pâle

Mais la bouche ouverte le mort parle !

Linceul caché, on le recouvre  …

Camoufler ou protéger, je ne saurai me prononcer !

 

Une seule âme ose se pencher

Pour tendre l’oreille et écouter.

L’âme encore en vie encourage l’âme partie.

Partie sans être partie 

qui se bat et gémit.

Un message doit passer,

Message d'une âme en souffrance et désespérée !

Partie sans être partie…

 

Dans la bouche du coton,

L’intérieur du corps se vidant,

Le jeune garçon, mort sans l’être vraiment,

N’arrive qu’à pousser des hurlements sourds mais évidents.

 

La terreur soudain me prend

Je suis la seule mais je comprends.

Il ne faut pas enterrer ce garçon !

Il est mort mais, sans l’être vraiment…

Il pourrait bien être encore vivant et,

Son message vital et important !

 

Ecoutons… !

 

Il a des choses à dire ce garçon,

Mort sans l’être vraiment,

Au linceul perfide,

Entre le pur, le feuillage et le sang.

Pourquoi le recouvre-t-on ?

Parce que mort ? Ou pas vraiment ?

Pourquoi cache-t-on le chaos qui nous attend ?  

 

©Djida Cherfi

 28/02/2016.

 

 

 

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26 mars 2020 4 26 /03 /mars /2020 07:30
www.amanjiwan.fr

 

 

 

Ce matin, je veux 
Oublier ce monde en folie,
Revoir mon arbre aux merveilles,
Ôter mon manteau de chagrin,
Nier le rétrécissement de la vie
Avec quelques vers de poésie,
Visualiser un soleil couchant
Irradiant un ciel d'organdi,
Retenir dans mes mains, dans mon coeur,
Un fragment de rêve, une miette de vie et 
Savourer longtemps cet instant de bonheur.

 

©Michèle Freud

 

 

 

 

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25 mars 2020 3 25 /03 /mars /2020 07:59
Photo Gérard Gautier©

 

 

 

Dans la permanence du temps

Figé dans sa vertigineuse course,

Partageant l’angoisse grandissante

De l’enfermement des humains,

La nature, pas rancunière,

Continue son œuvre  créatrice

De futures beautés,

Se fait bourgeonnante,

Promesse d’une foisonnante  éclosion

De couleurs et de senteurs,

Se pare, prévenante, luxuriante,

De jonquilles et frêles pâquerettes

Prémices du prochain  épanouissement,

Du  lilas, abri hivernal des mangeoires

Nourricières des joyeux moineaux

Merlettes, mésanges et rouges gorges,

Bientôt des pivoines, hortensias, rosiers.

Hymne au renouveau.

 

 

 

©Gérard GAUTIER

23 mars 2020

 

 

 

 

 

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