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21 avril 2022 4 21 /04 /avril /2022 06:45
© Vladimir Kush


 

                               à Jean-Charles Richard


La vie émerge comme une île
au milieu de ce temps
qui donne à l’éphémère
ses lettres de noblesse
mais où l’homme se contente
d’un passage si bref
que son regard
n’atteint jamais
la main de la lumière…
Captif d’un jour
l’espoir lui-même
ne desserre pas
les mâchoires du piège
qui nous enlace et nous fascine…
Il nous faut marcher
dans le sable des heures
pour atteindre le lieu
où l’existence plonge
dans l’abîme et l’oubli…
Les mots hélas
ne savent que se taire
aucune porte où frapper
aucune vitre ouverte
à l’appel de notre angoisse…
La paix n’entre même pas
dans la flamme des lampes…
Tout est sombre
sur les genoux du soleil…
Il est temps de renverser
l’encrier du chagrin…

 

© Victor Varjac

 

Antibes, dimanche 04 janvier 2002  

 

Extrait du recueil « Le Dragon de Poussière » aux éditions MELIS                  
 
 
 

 

 

 

 

 

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7 mars 2022 1 07 /03 /mars /2022 07:41
©Tableau de Jean Claude Bemben


 

 

L’homme endormi
cherche dans les ravins
où le rêve poursuit
le quotidien morose
une chair d’ambre
aux effluves de fièvre…
Comme il court
comme il court
ce désir interdit
où l’illusion d’être
efface les blessures
des caresses retenues…
La féerie de l’irréel
ressemble au vertige
d’une aube indiscrète
qui derrière un fouillis
d’une douce blancheur
cache le parfum d’un corps…
Mais cette nuit
l’homme
aux mains de braises
effleure seulement
la crinière de l’extase
sans jamais oser
rompre l’interrogation
du voile prometteur…
Pourtant le silence
brûle comme un cierge
et la belle inconnue
porte encore le masque
aux doigts tremblants
que le dormeur timide
n’ose par retirer…
Les ongles de l’attente
s’enfoncent doucement
comme une dague
à mille têtes
et portent la douleur
jusqu’au fond de la chair…
La peau crépite
sour le galop du sang…
La sève éclate
telle une vague nouvelle
le regard déborde
et le désir insupportable
déchire et bouleverse
plus sûrement qu’une tempête
celui qui marche
sans paupières
au milieu de son lit
dans une chambre
où les ténèbres
ont déjà tué la lumière !

 

© Victor Varjac
Antibes, dimanche 04 janvier 2002
 
Extrait du recueil « Le Dragon de Poussière » aux éditions MELIS            
 
 
 

 

 

 

 

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28 janvier 2022 5 28 /01 /janvier /2022 07:44

 

                                  A toi maman

 

Ô dieu improbable
je ne crois pas en toi
et pourtant je t’implore
et je te demande
d’exaucer ma prière…
… elle sera brève et simple
comme le vie d’un homme…
Accorde ta clémence
à celle dont les bras
n’ont jamais renoncé
à celle dont les lèvres
au milieu de la nuit
ont toujours attendu
un baiser d’espérance…
Retire je t’en supplie
les doigts sales et noirs
des mauvaises douleurs
qui dévorent la chair
et masquent le soleil…
Je t’en prie
verse ta lumière
à celle que la fièvre
n’a jamais vaincue…
Sans une plainte
elle mène une existence
où le quotidien
se plaît à mordre
sans cesse
mais donne rarement…
Soulève s’il te plaît
la roche du temps
qui meurtrit ses épaules
et pèse sur sa marche
comme une ombre trop lourde
qui pousse le mur
au delà du chemin…
Reconnais que cette âme
frôle ton regard
chaque fois que ton ciel
abuse de sa force…
Ne laisse pas son coeur
à la merci de l’abandon…
Offre à cette femme
qui a tant combattu
le soutien de ton bras
pour qu’elle puisse gravir
en toute quiétude
l’escalier du Royaume
qui mène à la joie
de la métamorphose…
Cette femme admirable
qui porte fièrement
la marque de tes coups
sans le moindre murmure
cette femme est ma mère
et je te la confie
même si tu n’es qu’un nom
un conte… une légende…
Offre-lui la parole
qui permet de poursuivre…

 

Je ne crois pas en toi
ô dieu… dieu invisible
dieu improbable
je ne crois pas en toi
et pourtant je te prie
je te prie d’exaucer
cette simple prière…

 

© Victor Varjac

Antibes, dimanche 13 janvier 2002

 

Extrait du recueil « Le Dragon de Poussière » aux éditions MELIS      
 

 
 

 

 

 

 

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22 décembre 2021 3 22 /12 /décembre /2021 07:40


 

 

 

Je glisse… Je glisse
tel un murmure de sève…
Je glisse en silence
et jamais le présent
ne se pose sur la pierre…
Tous les cris
à peine éveillés
retournent dans la mer…
L’ombre aspire
nos voix trop frêles
qui s’éloignent
de nos gorges perdues…
Je glisse… Je glisse
sans fermer les paupières…
Le regard ne suffit pas
à retenir les paysages…
Comment jaillir
plus loin que notre marche
quand notre course aveugle
appartient à l’autre rive…
Ah ! si seulement
j’avais appris l’éternité
je ne glisserais plus
comme une larme
sur le visage anonyme
d’un univers imperturbable…
De quelle triste lumière
suis-je donc habité
pour n’être même pas
une chose qui passe
et qui s’offre indifférente
à l’ultime plénitude
de l’espace absolu ?…
Je glisse… je glisse
et ne vaut même pas
une simple prière
ni même le feu
d’une étoile infinie
qui tourne… tourne…
sa gloire d’étincelles
dans les bras de l’oubli…
Je glisse… je glisse
et ne sens même plus
la main ferme des jours
dans la forge du coeur !…

© Victor Varjac

Antibes, le 17 juin 2001


Extrait du recueil « Le Dragon de Poussière » aux éditions MELIS
 
 
 

 

 

 

 

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17 novembre 2021 3 17 /11 /novembre /2021 07:53
Le cauchemar par Henry FUSELI


 


Je suis les parfum
qui rampe et enlace
en effluves savantes
la splendeur affamée
de ton corps sauvage…
Je suis le démon
qui sommeille et prend
possession de tes veines
dévorant tes mirages
sans laisser une trace…
Je suis l’émotion
qui frappe à ton coeur
et transfigure
le galop de ton sang
en un cri de lumière…
Je suis la rencontre
où le feu du regard
traverse les mondes
tel un enchanteur
pour ne plus te quitter…
Je suis à la fois
l’ombre et la clarté
le chasseur et la proie
l’arme et la blessure
la naissance et la mort…
Je suis le cerf volant
juché sur les épaules
de ta vie qui s’étire
et fascine ton coeur
de sa beauté suprême…
Je suis le tentateur
qui marche dans ton corps
et t’offre le soleil
crépitant de caresses
dans le fouillis de l’être…
Non… non… ne cherche pas
ce murmure qui rôde
et frôle du désir
les paupières de l’aube
tu ne peux l’attraper…
Je suis l’inconcevable
le souffle de l’extase
le raz de marée
qui soulève et déborde
la gorge de ton âme…
Je suis la volupté
le grand miracle d’or
qui brûle dans ta chair
comme la griffe pourpre
de l’amour que je suis !…


© Victor Varjac
Antibes, le 17 juin 2001


Extrait du recueil « Le Dragon de Poussière » aux éditions MELIS

 

 

 


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8 octobre 2021 5 08 /10 /octobre /2021 06:40
© Getty


                                           à Claude Converset

 

Jamais le Temps
ne se repose…
Aucune beauté
ne captive son oeil
La grande marche humaine
le laisse indifférent
et l’amour lui-même
n’altère pas sa course…
Il est ce mouvement
éternel et tragique
qui invente les jours
sans jamais se lasser…
Cette « Roue Mystérieuse »
prolonge le chemin
et tous les atomes
de l’univers
comme des naufragés
suivent le cours
de la rivière
jusqu’aux chutes brutales
qui brisent leur destinée…
Pourquoi cette aventure
admirable et magique
devrait-elle expirer
dans cet étroit passage
où la flamme du sang
cède à la cendre grise ?…
Mes paroles se perdent
dans le jeu du décor
et pour toute réponse
la nuit m’enveloppe
de sa longue cape noire
bâillonnant mes questions
étourdissant mon angoisse…
La ténèbre ressemble
à ce labyrinthe fou
aux sentiers infinis
toujours en devenir
qui se croisent… se combattent
ou s’éloignent…
Si mon corps tourne
dans ce lieu machiavélique
mon esprit demeure
au-delà de ce piège
cette étoile polaire
qui désigne du doigt
ces dieux invisibles
ces dieux tout puissants
que l’on prie à genoux
mais qui n’existent pas !…
Alors d’où vient ce Temps
cruel et despotique
ce Temps qui tue la Vie
sous les crocs des pendules ?…

 

© Victor Varjac

Antibes, 1er novembre 2011      
 

Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume                    
 
 
 

 

 

 

 

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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 06:41
Dans la gueule du Temps…


 

 


Avant de prendre ma plume
je m’allonge
sur l’aile d’un mirage
à cheval
sur ses plus hautes branches
qui se balancent
au bras d’une promesse…
J’ouvre la cage imaginaire
et les mots s’échappent
ivres d’espace…
Oiseaux multicolores
feux follets insolites
tourbillons éphémères
caprices féeriques…
… comme ils sont beaux
à la lisière de l’éveil !…
Je suis seul à les voir
sur la lande changeante…
en cercles incroyables
ils s’approchent… s’éloignent
se rapprochent encore
avant de s’évanouir
dans l’alcôve du rêve…
et une seconde plus tard
la farandole recommence…
Tourbillons errants
à la recherche
d’un bien vagabond
toujours en devenir…
Les morts tournent
sauvages et fiers
comme les passions
à l’ombre de mon souffle…
Image inquiète
où flambe l’espérance…
Heures de sable
qui sucent mes songes
comme une gourmandise !…
… et donnent peu à peu
naissance à cette voix
au timbre d’encre…
Un à un
ils métamorphosent
la transparence de ma feuille
en un royaume où l’aube
accueille la sève
affranchie des pièges
qui finissent tous
dans la gueule du Temps !…
Les mots entrent
dans mon coeur
mon sang se cabre
la vie me dépasse
l’impossible vient d’éclore !…

© Victor Varjac
Antibes, 6 août 2011      

Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume                
 
 

 

 

 

 

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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 07:45
Tableau de John Anster Fitzgerald


 


Sur les joues diaphanes
d’une aube qui s’éveille
ma peau tachée de sang
s’échappe de la nuit…
Je sens toujours ses griffes
qui brûlent tout mon être…
Le rêve cette fois
avait un corps de femme
qui voulait m’emporter
dans sa blessure noire…
Mais comment résister
à la voix des sirènes
à ce chant d’infini
à la promesse blonde
à la chair palpitante
sur le seuil du désir ?…
Ses lèvres de phosphore
et sa poitrine rousse
miroirs de mon appel
m’ouvrent cet invisible
à toute résistance
affranchie du péché…
L’orage pulvérise
murs… chaos… solitude…
libérant la jeunesse
de ses prisons d’abîme…
Mes mains deviennent flammes
vêtues de soie et d’ombre
empourprant la beauté
de cette « Eve future »…
Ô déesse d’écume
tu promènes la Mort
sur tes hanches de vagues
et le démon habite
dans l’arbre de tes jambes…
Princesse des mirages
redoutable apparition
vois comme le gouffre
emporte mes secondes
sur le pal de la chute !…
… et la course du vent
éparpille mes jours…
Mon chemin s’évapore…
Le doute me déchire…
L’avenir se retourne
et se perd dans mes yeux…
Le mensonge de l’ange
est une pluie sombre
plus dure que la pierre
qui ferme l’horizon…
Ouvre-moi !… Ouvre-moi !…
… ouvre-moi l’univers
et brise mon cercueil
qui attend ma dépouille !…
Le désert de la soif
est un soleil en rut !…
Laisse-moi perdre
dans l’odeur du plaisir…
du plaisir au moins rouges
où le serpent se dresse
comme un génie d’Amour
qui terrasse le Temps !


© Victor Varjac
Antibes, 4 décembre 2012    
 
Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume  
       
 
 
 
 

 

 


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18 juin 2021 5 18 /06 /juin /2021 06:27


 


                                 A Martine Langrais


Lorsque le ciel est gris
comme un regard éteint
mon être tout entier
retrouve le chemin
des crayons de couleurs
refusant la tristesse
au visage d’abîme
et dans le paysage
intérieur et sublime
se lève l’allégresse
dans sa robe d coeur !…
Mon imagination
reconstruit le décor
oubliant le silence
les trahisons de l’ombre
et le gouffre d’angoisse
pour cueillir la moisson
des champs aux cheveux d’or
royaume de l’espace
où les paroles sombres
n’ont plus aucune place…
Dans ce lieu hors du temps
il n’y a plus de guerre
de meurtre et de mensonge
de viol et de menace
d’homme sur le trottoir
mourant de charité
mais le rire du vent
chevauchant la lumière
dans la mousse du songe
comme une vérité…
En ces jours incertains
aveugles et blafards
le poète jaillit
telle une voix d’azur
pour que vive le monde
que la force abandonne
au milieu du chagrin…
Non, il n’est pas trop tard
quand les âmes sont pures
comme le coeur des anges
dans les bras de la Vie !…

© Victor Varjac

Antibes, 4 décembre 2012    

 

Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume          
 

 

 

 

 

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11 mai 2021 2 11 /05 /mai /2021 06:51


 


Le Temps est une mesure
une cadence insensée
qui suce la force…
la brûle… l’épuise…
Ce goutte à goutte
corrompt les cellules
et cristallise la chair
mais heureusement
il existe un chemin
une trace d’espoir
où les battements du coeur
ne s’arrêteront jamais !…
L’infini nous entoure
il bruisse en moi
comme en toute créature
issue d’un songe d’étoile
aux lèvres de lumière…
J’ignore ma naissance
et tous les petits pas
qui font de chaque jour
un compte à rebours
jusqu’à cette brutale
et cruelle échéance
qui dévore le souffle
l’identité de l’être
et même sa mémoire !…
Je dois apprendre aux hommes
la chanson de la Vie
cercle magique
où se mêlent
nos mains… nos voix
et nos regards
métamorphose pure
d’un Printemps absolu
qui change notre vécu
et le sang de nos corps
en comète d’azur
que chevauchent les dieux !…

© Victor Varjac
Antibes, 2 février 2013  
 
Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume  
 
 
 
 

 

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