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21 novembre 2020 6 21 /11 /novembre /2020 07:35
Photo d'illustration - afp.com/Joel Saget
 
 
 
L’aube aux cheveux d’or traîne
Dans le lit des nuages...
La ville ouvre les yeux
atteignant le rivage
où se lève le jour
barbouillé de nuit...
Le silence traduit
les premières formes
en espoirs de couleurs
et les rues vierges
de silhouettes
referment le grand livre
des rendez-vous obscurs...
La première heure blonde
caresse les vieux murs...
J’entre dans le décor
et mon premier regard
découvre des esquisses
aux prunelles muettes
qu’un mal étrange pousse
à courir nulle part...
Peu à peu j’abandonne
à la foule qui s’égare
l’illusion toute nue
de mes jeunes pensées...
Je croise des visages
imprécis ou fermés
on dirait une eau noire
glissant sur des figures
glaciales et figées...
Tant de monde en ce lieu
houle bruyante... fiévreuse
que l’heure métamorphose
en solitudes plurielles...
Transparence des hommes
qui se trompent de route...
Soudain au milieu des masques
une flamme vacille
dans le bleu d’un regard
deux étoiles mystères
qui me tendent la main...
Un prince du trottoir
se dresse devant moi
et dans ses yeux la faim
bousculée par la foule
donne à mon cœur surpris
la chaleur d’un sourire !...
 
© Victor Varjac
Antibes, 24 novembre 2012
 
Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume

 
 
 
 
 

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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 06:29
Dieu et les pleurs de la terre - André Martins De Barros



                    

                                                       À Jean-Michel Sananès

 

Le feu de l’aube
doit-il s’emparer
de mes poèmes nocturnes
et réduire à « Néant »
mes errances de mots ?…
Face au silence troublant
l’astre de ma lampe veille
sur mon espace d’encre
dessinant un cercle d’or
où se brise l’obscur
tandis que j’ouvre le regard
ensemencé de « Signes »
et tel un chasseur invisible
Je pénètre la clairière
d’un monde incroyable
caché dans « la chair mirage »
d’un réel multiple…
J’avance et le décor
chancelle sous ma plume…
Serais-je à deux doigts de comprendre
l’invraisemblable Fontaine
où naissent les univers ?…
Les mots que je connais…
les mots si gauches… si lourds
au bout de leurs tiges
apparaissent ici
venus de nulle part
bien plus légers que l’air
plus souriants que le jour…
ce sont des chants célestes
des miracles de vies
des mains tendues
à tous les coeurs ouverts…
… mais je ne peux les saisir
et pourtant ils sont si proches…
… si proches de mon âme…
L’heure presse le rythme
de la douce ténèbres
éparpillant les images
livrées à la poussière…
La nuit se referme
sur la chambre secrète
où les métamorphoses
retiennent mon devenir…
Ce soir j’ouvrirai la porte
et franchirai le seuil
à la rencontre des mots
fruits de l’éternel
et mélangerai mon sang
à la source des anges
transformant l’écriture
en « Soleil levant » !…

© Victor Varjac
Antibes, 21 novembre  2012
 
Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume

 
 
 
 
 

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15 septembre 2020 2 15 /09 /septembre /2020 06:43
Auguste Rodin : L’Éternel Printemps

 

 

Mes yeux se fondent
dans le ciel de ton visage
mon cœur métamorphose
ma chair en torche vive
et je brûle ma Vie
au brasier de ton corps...
Le temps s’essouffle
à poursuivre mon être
évanoui de lumière
au sein même du plaisir...
Saltimbanque de l’Amour
au pays éphémère
où les destins fragiles
ne sont plus que des leurres...
Je dépasse le cercle
effrayant des miroirs
et fais de chaque seconde
un écrin de saveurs...
Dans le froissement
inconnu des possibles
comment ne pas goûter
aux plats du bonheur
surtout lorsque l’aimée
est une gourmandise
dont l’appétit sauvage
m’ouvre l’entrée secrète
d’un « présent volupté »...
 
Toi si belle et si tendre
au milieu de mes jours
toi qui portes mon rêve
comme ta propre sève
pourras-tu repousser
la cruelle Camarade
cachée dans mes artères
prête à dévorer
l’amour qui nous lie ?...
 
© Victor Varjac
Antibes, 18 novembre  2012
 
Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume
 
 
 
 
 
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14 août 2020 5 14 /08 /août /2020 06:07
Maternité (1893), Elin Danielson-Gambogi

 

 

                                                                       A ma mère

 

 

Le long mûrissement

des jours

enfante la moisson

cachée depuis toujours

qui ressurgit chaque fois

lorsque nous croisons

notre pierre de naissance…

L’Automne par bonds successifs

invente un paysage

où flambent les couleurs

figures changeantes

en mirages de Signes…

… chants profonds des arbres

Montant des racines…

… parfums mélancoliques

d’une heure trop brève

où le peintre un peu fou

met toute sa Vie

dans l’arc en ciel

de son pinceau !...

Sur le chemin paisible

tu poursuis Maman

au bras de l’univers

cette marche admirable

vers l’invisible point

où s’accomplit le miracle…

Quatre-vingt-huit années

de tempêtes et de joies

entre la solitude

et le cri des blessures

avec toujours la foi

la force et le combat

pour un autre futur…

Ce jour anniversaire

révèle les sentiers

invisibles et secrets

qui comme les ruisseaux

murmurent à ton oreille

la berceuse du cœur

qui protège ta Vie !...

 

© Victor Varjac

Antibes, 29 septembre  2012

 

Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

 

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18 juillet 2020 6 18 /07 /juillet /2020 07:56
Site de Franck Nicolas

 

 

 

A Ile Eniger

 

 

 

Le miroir est une âme

qui se cherche un visage…

… une attente paisible…

… un délicat pinceau…

suspendu dans les airs…

… un espace intérieur

transparent et fluide

où pleure l’invisible

ce grand livre fermé

à la marche des hommes…

Oserais-je l’image

qui ne m’appartient pas

silhouette lointaine

fière et silencieuse…

Seul… face à la glace

je devine l’empreinte

inégale des pas

qui s’enfonce déjà

dans l’eau profonde

et douce

de l’univers paisible

qui dessine en secret

mon visage inversé

se découvrant une âme

pour traverser sa Vie…

 

© Victor Varjac

Antibes, 25 août 2012

 

Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 06:41

 

 

 

                                                                  A Jean Orizet

 

Le vin du jour

a perdu sa couleur

et l’aube se mélange

au sang du crépuscule…

Les mots n’ont plus de force

et dans ma bouche triste

l’image aux ailes d’or

est devenue caillou…

Sous les lèvres des fleurs

je ne sens plus

le trouble des parfums

où dansait l’espérance…

Suicide du baiser

esquisse d’un silence

qu’aucun bruit ne bouscule…

Le quotidien pourchasse

les voix imaginaires

immenses et vagabondes

dont la semence vive

contient son propre jour…

Rebelle à ces lois

qui font de l’existence

une prison de chiffres

une fosse tranquille

l’enfant du rêve

comme un ange infidèle

s’oppose au soleil noir

d’une vie de mensonges…

Tel un cœur obstiné

refusant l’agonie

le rêve de l’enfant

aux yeux de Poésie

apporte à l’homme sombre

cet amour oublié

dans une vieille malle

où trop souvent les êtres

entassent leurs envies…

Mais ces renoncements

qui encombrent nos ans

sont un monde effacé

qui contient je le sais

notre belle jeunesse

habillée de nos joies

et de notre innocence…

Nostalgie d’un hier

toujours féérique

et de nos passions

voyages chimériques

perdus dans la poussière…

Instants sacrifiés

sur l’autel du vulgaire

que sont-ils aujourd’hui ?

des mannequins en haillons

qui surprennent nos sens

quand nous les regardons

réveillant le passé

rougissant nos joues

retrouvant la chaleur

et le mouvement

aérien de nos corps…

Ironie des objets

à la mémoire folle

au-delà de la mort…

Mais pour sauver mon âme

du banal… du médiocre

je dois toujours franchir

la ligne sans reflet

et provoquer la déchirure

et confronter mon sang

à l’extraordinaire !...

 

© Victor Varjac

Antibes, 19 novembre 2011

 

Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 06:25
Orage, Garajau, Madère – photo Don Amaro

 

 

 

 

Le ciel a disparu

abandonnant la lumière

au galop des nuages

écume de l’espace

qui vole et se cabre

telle une charge effrayante

aux promesses d’infini…

La tempête accroche…

… bouscule… siffle…

… frappe… secoue…

… tire… tourne…

… hurle… broie…

… folles étreintes

où les belles défaillent

mais cachent leurs mystères

dans le secret

de leur chair

trop faible

pour résister…

L’ombre et sa plainte confuse

prolongent… amplifient

la colère de Satan…

L’invisible lutte

se métamorphose

en un ballet terrible

où la démence

semble attirer la Vie…

Le jour recroquevillé

dans sa carapace

baisse les yeux…

secondes extrêmes

où toute résistance

incarne un défi…

Soudain l’Enfer

d’un geste éblouissant

arrache le corsage

de la ténèbre

trop sage

et d’une voix ignoble

égorge le silence

blotti sous le trait bleu

qui forme l’horizon…

La fièvre et le rire

s’emparent

du Maître satisfait

de son entrée en scène…

Alors le diable

de son dard de feu

viole et brise

cette nuit d’Automne

et roule son orgasme

jusque dans les gouttières

et la pluie devient noire

et la forêt suffoque

et vomit son angoisse

jusqu’au petit matin

où l’orage épuisé

bascule

de l’autre côté

de la terre

emportant ses démons

et ses crimes

au fond de sa tanière !...

 

© Victor Varjac

Antibes, 6 novembre 2011

 

Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 06:44
Je me souviens… ton visage s’émerveillait de tout… Nicolas van der Waay

 

 

 

                                                                  A ma mère

 

 

 

Les jours ont envahi

les berges de l’enfance

et le rêve encore vierge

est devenu confident…

Les chemins sont des pas

qui se multiplient

comme autant de promesses

à la course légère…

Tu étais un arbre

si jeune

qui s’émerveillait de tout

marchant près de la Source

et buvant le ciel

aux murmures d’espérance…

Mais la guerre est entrée

mutilant à jamais

ton visage innocent…

La fête prit fin

dans les flammes

d’une saison

que les armes brisèrent

pour le profit

de quelques-uns…

Ton rire émerveillé

devint un souvenir…

Le quotidien recouvrit

le sentier du bonheur

d’une blessure noire…

Les heures aux joues creuses

traînèrent dans la ténèbre

un monde si lointain

qu’il n’avait plus de corps…

Heureusement

ton cœur voyage

plus droit… plus fort

que la triste souillure…

Il cache une lumière

qui ne s’épuise pas

Derrière ton visage

où les ans sculptent

avec lenteur

l’astre de la vieillesse

j’entends toujours

le rire cristallin

de la petite fille

qui parlait aux fleurs

aux nuages qui filaient

toutes voiles dehors

vers l’horizon moqueur…

Tes quatre-vingt-sept ans

retrouvent la marche

des chemins d’autrefois

et dans le miroir des anges

le rêve de l’enfant

est une signature

qui ne s’efface pas !...  

 

© Victor Varjac

Antibes, 22 octobre 2011

 

Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 06:27

 

 

 

 

Avant de prendre ma plume

je m’allonge

sur l’aile d’un mirage

à cheval

sur ses plus hautes branches

qui se balancent

au bras d’une promesse…

J’ouvre la cage imaginaire

et les mots s’échappent

ivres d’espace…

Oiseaux multicolores

feux follets insolites

tourbillons éphémères

caprices féeriques…

… comme ils sont beaux

à la lisière de l’éveil !...

Je suis seul à les voir

sur la lande changeante…

En cercles incroyables

ils s’approchent… s’éloignent

se rapprochent encore

avant de s’évanouir

dans l’alcôve du rêve…

et une seconde plus tard

la farandole recommence…

Tourbillons errants

à la recherche

d’un ciel vagabond

toujours en devenir…

Les morts tournent

sauvages et fiers

comme les passions

à l’ombre de mon souffle…

Image inquiète

où flambe l’espérance…

Heures de sable

qui sucent mes songes

comme une gourmandise !...

… et donnent peu à peu

naissance à cette voix

au timbre d’encre…

Un à un

ils métamorphosent

la transparence de ma feuille

en un royaume où l’aube

accueille des pièges

qui finissent tous

dans la gueule du Temps !...

Les mots entrent

dans mon cœur

mon sang se cabre

la vie me dépasse

l’impossible vient d’éclore !...  

 

© Victor Varjac

Antibes, 6 août 2011

 

Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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14 mars 2020 6 14 /03 /mars /2020 07:41
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Le sexe nous abuse

et scelle à jamais

nos désirs invisibles

à la potence de la chair !

 

Pourquoi tant de hâte

la sagesse serait-elle décevante ?

 

La beauté possède

doit-on le croire

un terrible maléfice…

 

L’empressement du destin

sculpte nos visages

comme une présence

qu’on doit anéantir…

 

Faut-il sans cesse

recommencer

l’accomplissement

de l’impossible ?

 

Étrange obstination

qui pénètre

chaque fibre

de chaque mouvement

et nous entraîne dans la demeure

de la faute éternelle !

 

Mais qui marche

comme des ombres voûtées

derrière nos visages

et tient les ailes

de notre âme

pour mieux s’emparer

du tressaillement

de nos vies ?

Tout brûle et disparaît

à l’approche du présent…

 

La révolte de nos cœurs

face à l’inexplicable

jette sa lance

dans le vide…

 

© Victor Varjac

Antibes, mai 1997

 

Extrait du recueil « Le chemin des rêves » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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