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17 novembre 2021 3 17 /11 /novembre /2021 07:53
Le cauchemar par Henry FUSELI


 


Je suis les parfum
qui rampe et enlace
en effluves savantes
la splendeur affamée
de ton corps sauvage…
Je suis le démon
qui sommeille et prend
possession de tes veines
dévorant tes mirages
sans laisser une trace…
Je suis l’émotion
qui frappe à ton coeur
et transfigure
le galop de ton sang
en un cri de lumière…
Je suis la rencontre
où le feu du regard
traverse les mondes
tel un enchanteur
pour ne plus te quitter…
Je suis à la fois
l’ombre et la clarté
le chasseur et la proie
l’arme et la blessure
la naissance et la mort…
Je suis le cerf volant
juché sur les épaules
de ta vie qui s’étire
et fascine ton coeur
de sa beauté suprême…
Je suis le tentateur
qui marche dans ton corps
et t’offre le soleil
crépitant de caresses
dans le fouillis de l’être…
Non… non… ne cherche pas
ce murmure qui rôde
et frôle du désir
les paupières de l’aube
tu ne peux l’attraper…
Je suis l’inconcevable
le souffle de l’extase
le raz de marée
qui soulève et déborde
la gorge de ton âme…
Je suis la volupté
le grand miracle d’or
qui brûle dans ta chair
comme la griffe pourpre
de l’amour que je suis !…


© Victor Varjac
Antibes, le 17 juin 2001


Extrait du recueil « Le Dragon de Poussière » aux éditions MELIS

 

 

 


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8 octobre 2021 5 08 /10 /octobre /2021 06:40
© Getty


                                           à Claude Converset

 

Jamais le Temps
ne se repose…
Aucune beauté
ne captive son oeil
La grande marche humaine
le laisse indifférent
et l’amour lui-même
n’altère pas sa course…
Il est ce mouvement
éternel et tragique
qui invente les jours
sans jamais se lasser…
Cette « Roue Mystérieuse »
prolonge le chemin
et tous les atomes
de l’univers
comme des naufragés
suivent le cours
de la rivière
jusqu’aux chutes brutales
qui brisent leur destinée…
Pourquoi cette aventure
admirable et magique
devrait-elle expirer
dans cet étroit passage
où la flamme du sang
cède à la cendre grise ?…
Mes paroles se perdent
dans le jeu du décor
et pour toute réponse
la nuit m’enveloppe
de sa longue cape noire
bâillonnant mes questions
étourdissant mon angoisse…
La ténèbre ressemble
à ce labyrinthe fou
aux sentiers infinis
toujours en devenir
qui se croisent… se combattent
ou s’éloignent…
Si mon corps tourne
dans ce lieu machiavélique
mon esprit demeure
au-delà de ce piège
cette étoile polaire
qui désigne du doigt
ces dieux invisibles
ces dieux tout puissants
que l’on prie à genoux
mais qui n’existent pas !…
Alors d’où vient ce Temps
cruel et despotique
ce Temps qui tue la Vie
sous les crocs des pendules ?…

 

© Victor Varjac

Antibes, 1er novembre 2011      
 

Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume                    
 
 
 

 

 

 

 

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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 06:41
Dans la gueule du Temps…


 

 


Avant de prendre ma plume
je m’allonge
sur l’aile d’un mirage
à cheval
sur ses plus hautes branches
qui se balancent
au bras d’une promesse…
J’ouvre la cage imaginaire
et les mots s’échappent
ivres d’espace…
Oiseaux multicolores
feux follets insolites
tourbillons éphémères
caprices féeriques…
… comme ils sont beaux
à la lisière de l’éveil !…
Je suis seul à les voir
sur la lande changeante…
en cercles incroyables
ils s’approchent… s’éloignent
se rapprochent encore
avant de s’évanouir
dans l’alcôve du rêve…
et une seconde plus tard
la farandole recommence…
Tourbillons errants
à la recherche
d’un bien vagabond
toujours en devenir…
Les morts tournent
sauvages et fiers
comme les passions
à l’ombre de mon souffle…
Image inquiète
où flambe l’espérance…
Heures de sable
qui sucent mes songes
comme une gourmandise !…
… et donnent peu à peu
naissance à cette voix
au timbre d’encre…
Un à un
ils métamorphosent
la transparence de ma feuille
en un royaume où l’aube
accueille la sève
affranchie des pièges
qui finissent tous
dans la gueule du Temps !…
Les mots entrent
dans mon coeur
mon sang se cabre
la vie me dépasse
l’impossible vient d’éclore !…

© Victor Varjac
Antibes, 6 août 2011      

Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume                
 
 

 

 

 

 

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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 07:45
Tableau de John Anster Fitzgerald


 


Sur les joues diaphanes
d’une aube qui s’éveille
ma peau tachée de sang
s’échappe de la nuit…
Je sens toujours ses griffes
qui brûlent tout mon être…
Le rêve cette fois
avait un corps de femme
qui voulait m’emporter
dans sa blessure noire…
Mais comment résister
à la voix des sirènes
à ce chant d’infini
à la promesse blonde
à la chair palpitante
sur le seuil du désir ?…
Ses lèvres de phosphore
et sa poitrine rousse
miroirs de mon appel
m’ouvrent cet invisible
à toute résistance
affranchie du péché…
L’orage pulvérise
murs… chaos… solitude…
libérant la jeunesse
de ses prisons d’abîme…
Mes mains deviennent flammes
vêtues de soie et d’ombre
empourprant la beauté
de cette « Eve future »…
Ô déesse d’écume
tu promènes la Mort
sur tes hanches de vagues
et le démon habite
dans l’arbre de tes jambes…
Princesse des mirages
redoutable apparition
vois comme le gouffre
emporte mes secondes
sur le pal de la chute !…
… et la course du vent
éparpille mes jours…
Mon chemin s’évapore…
Le doute me déchire…
L’avenir se retourne
et se perd dans mes yeux…
Le mensonge de l’ange
est une pluie sombre
plus dure que la pierre
qui ferme l’horizon…
Ouvre-moi !… Ouvre-moi !…
… ouvre-moi l’univers
et brise mon cercueil
qui attend ma dépouille !…
Le désert de la soif
est un soleil en rut !…
Laisse-moi perdre
dans l’odeur du plaisir…
du plaisir au moins rouges
où le serpent se dresse
comme un génie d’Amour
qui terrasse le Temps !


© Victor Varjac
Antibes, 4 décembre 2012    
 
Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume  
       
 
 
 
 

 

 


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18 juin 2021 5 18 /06 /juin /2021 06:27


 


                                 A Martine Langrais


Lorsque le ciel est gris
comme un regard éteint
mon être tout entier
retrouve le chemin
des crayons de couleurs
refusant la tristesse
au visage d’abîme
et dans le paysage
intérieur et sublime
se lève l’allégresse
dans sa robe d coeur !…
Mon imagination
reconstruit le décor
oubliant le silence
les trahisons de l’ombre
et le gouffre d’angoisse
pour cueillir la moisson
des champs aux cheveux d’or
royaume de l’espace
où les paroles sombres
n’ont plus aucune place…
Dans ce lieu hors du temps
il n’y a plus de guerre
de meurtre et de mensonge
de viol et de menace
d’homme sur le trottoir
mourant de charité
mais le rire du vent
chevauchant la lumière
dans la mousse du songe
comme une vérité…
En ces jours incertains
aveugles et blafards
le poète jaillit
telle une voix d’azur
pour que vive le monde
que la force abandonne
au milieu du chagrin…
Non, il n’est pas trop tard
quand les âmes sont pures
comme le coeur des anges
dans les bras de la Vie !…

© Victor Varjac

Antibes, 4 décembre 2012    

 

Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume          
 

 

 

 

 

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11 mai 2021 2 11 /05 /mai /2021 06:51


 


Le Temps est une mesure
une cadence insensée
qui suce la force…
la brûle… l’épuise…
Ce goutte à goutte
corrompt les cellules
et cristallise la chair
mais heureusement
il existe un chemin
une trace d’espoir
où les battements du coeur
ne s’arrêteront jamais !…
L’infini nous entoure
il bruisse en moi
comme en toute créature
issue d’un songe d’étoile
aux lèvres de lumière…
J’ignore ma naissance
et tous les petits pas
qui font de chaque jour
un compte à rebours
jusqu’à cette brutale
et cruelle échéance
qui dévore le souffle
l’identité de l’être
et même sa mémoire !…
Je dois apprendre aux hommes
la chanson de la Vie
cercle magique
où se mêlent
nos mains… nos voix
et nos regards
métamorphose pure
d’un Printemps absolu
qui change notre vécu
et le sang de nos corps
en comète d’azur
que chevauchent les dieux !…

© Victor Varjac
Antibes, 2 février 2013  
 
Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume  
 
 
 
 

 

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8 avril 2021 4 08 /04 /avril /2021 06:27


 

 


Quand je n’aurai plus
l’âge de courir
à la rencontre
des pays de la terre…
mes yeux… mes yeux
grands ouverts
voyageront pour moi
à cheval
sur le dos des saisons
aux visages changeants…
Les oiseaux m’apprendront
les secrets de la nature
enfermés
dans des rouleaux
de ciel
et je retrouverai
cette écriture magique
dans la transhumance
des jours
et la joie des collines…
Tous ces ailleurs
autour de moi
sont des murmures…
… des chants… des prières
autant d’appels
qui découvrent
un espace nouveau
sous le plancher
trop étroit
de ma cage mortelle…
Tel un prisonnier
j’écope
le sable des secondes
qui m’envahit
et me leste
et cherche à m’emporter
dans un monde
où l’espoir n’est plus
qu'une route oubliée…
Je ne renonce pas
car de joie vivre
vivre le visible
quotidien de matière
sans ignorer
que l’invisible commence
dans l’oeil cristallin
des miroirs…
 

© Victor Varjac
Antibes, 25 novembre 2012  
 
Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume  
 

 
 
 
 
 
 

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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 07:52


 

 


Egaré sur ma table
d’encre et de papier
un rêve jeune et timide
n’a pas saisi la main
de l’ombre qui se retire…
Comme il tremble
sous l’aile de ma lampe !…
Le trouble dans ses yeux
me parle de sa détresse…
La grande marée du jour
brisera la magie
de cet univers fragile
si je n’interviens pas
dans les secondes qui suivent…
… Mais comment sauver
un rêve échoué
sur le seuil de l’aube ?…
Dans ses prunelles
des images
venues de mon enfance
telle une source neuve
portant mes souvenirs…
Comment a-t-il franchi
la rivière du passé ?…
Perdu dans la blancheur
des feuilles en devenir
l’imprudent s’efface
en soutenant le regard
de l’heure fière et hautaine
pressée contre la vitre
encore ensommeillée…
Si je laisse mourir
ce miroir d’espérance
si près de mes voyages
où tout mon être s’éveille
j’éteindrai la voix
qui chant les merveilles
de la Grande Prophétie…
Alors je tends mes bras
à ce mirage d’âme
qui disparaît en moi
tel un phénix
au milieu des flammes
accouchant de ma Vie!…

 

© Victor Varjac
Antibes, 25 novembre 2012  
 
Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume  
 
 
 

 
 
 
 
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30 janvier 2021 6 30 /01 /janvier /2021 07:42


 

 

Chaque apparition ressemble
à un adieu
une dernière valse
une main si légère
au bras de l’heure
inconstante
et volage…
A peine disparue
je cherche ton image
au milieu du désert
ton visage si doux
et le chant… le chant
de tes yeux verts…
Comment oublier
la source de ta voix
sans rencontrer
les douleurs de l’absence
la chaise vide
et le monde sans regard ?…
J’ai tellement froid
dans ma chair
on dirait l’Hiver
qui se jette sur moi !…
J’ai perdu ta chaleur
dans le bruit de mes pas…
Reste le souvenir
ton visage si doux
comme une cruauté
les heures sacrifiées
et le chant… le chant
de tes yeux verts…

© Victor Varjac
Antibes, 25 novembre 2012
 
Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume
 
 
 

 


 
 

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23 décembre 2020 3 23 /12 /décembre /2020 07:29

 

 

 
 
Suis-je l’errance
ou le messager
l’aube ou le crépuscule
qui marche
entre deux Royaumes ?…
Suis-je le songe
ou le secret
l’envol ou la chute
qui chevauche
la Grande Roue du Temps ?…
Pauvre créature
d’ombre et de matière
enchaînée à la Mort
je tente la folie
pour vaincre le décor…
L’absence de souvenirs
ne me détourne pas
de ma quête sauvage
je sais que mon corps
est bien plus qu’une image
même si j’ignore
la nature et le nom
de la force qui l’habite…
L’existence est si brève
les heures trop pressées
je suis bien plus qu’un rêve
je suis l’éternité !...
 
© Victor Varjac
Antibes, 25 novembre 2012
 
Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume
 
 
 
 
 

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