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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 06:46
La Vie - Jeanne Loiseau
Portrait de Mme Daniel-Lesueur par Paul Chabas (1867-1939) - http://www.daniel-lesueur.com
 
 
 
 
Quand nous tournons les yeux vers les débuts du monde,
Songeant aux êtres vils qui peuplèrent les eaux,
Nous disons: «Dieu frappa plus d'une race immonde,
Puis il fit naître l'homme après les grands oiseaux.» 
 
Et plus tard, entr'ouvrant quelque couche profonde,
Et trouvant dans le sol les débris de nos os,
Un enfant plus parfait de la terre féconde
Reniera notre sang, notre âme et nos travaux. 
 
Pourtant nous sommes fils des monstres de l'abîme,
Et d'héritiers plus purs l'Humanité victime
A son tour périra pour leur donner le jour. 
 
La route du progrès pas à pas est suivie.
Dans l'univers, ainsi qu'en notre étroit séjour,
S'enchaînent sans repos les formes de la vie.
 
Jeanne Loiseau
 
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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 06:32
La Cité perdue – Denise Bernhardt
 
 
 
 
Si l’on devait
Se revoir jamais,
Je m’étendrais
Aux flancs des solitudes,
Pour que coulent sur mon corps
Les sables de l’oubli.
A l’aube enroulée d’écume,
Je referai pour toi
Les gestes de l’amour.
Sous un soleil blanc
La mer déploiera
Les ailes du silence,
Et le Temps
Retiendra son souffle.
Alors comme ces palais
Repris par le désert
Je ne serai plus qu’un mirage
De vent et de poussière.  
 
© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.


 


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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 07:08
UNE LONGUE ROUTE – Luce Péclard
© Vladimir Kush
 
 
Quel est le premier rythme,
Celui perdu au fil des ans
Dans les échauffourées des jours ?
 
La source n’a pourtant
Jamais arrêté d’irriguer
Les mêmes terres d’origine !
 
Mais autre part où règnent
La sécheresse et la famine,
L’esprit devenu désertique
Se met  à rebrousser chemin.
 
Alors il recherche l’accès,
Marche et s’égare encore,
Hésite et tourne en rond.
Il entrevoit l’issue,
Le but à sa portée,
Et cependant la route est longue.  
 
© Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « Pars si tu peux » aux éditions du Madrier


 


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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 06:37
L’OR DU TEMPS - Nancy Turnier-Férère
André Breton par Victor Brauner©
 
 
                                      Mon hommage à André Breton
 

 
Tu fus l’homme
Aux pensées libertaires
L’homme fondateur
L’homme magnétiseur
D’un grand mouvement
 
L’homme au comportement
Osé et très différent
Auteur de textes théoriques de
‘La Clé des champs’
Maître de la
‘Poésie et autre’
Et de
‘L’Écart absolu’
 
Tes œuvres poétiques
Parmi lesquelles
‘Mont de piété’
‘Les Champs magnétiques’
Et aussi
‘Clair de terre’
Sont toutes aimées
Et le seront pour toujours
 
Ces œuvres suivies de
‘L’Air de l’eau’
De
‘Point du jour’
Et de
‘L’Amour fou’
Sans oublier
‘La Lampe dans l’horloge’
Sont certainement
Tant de chefs-d’œuvre
 
Tu pensais aussi que
Le merveilleux était beau
Toujours très beau
Et que le surréalisme
Escorté de la puissance du rêve
Se reposait sur une croyance
Et une réalité supérieures
 
Et si vraie ta description
‘Surréalisme. n.m.
Automatisme pur par lequel
On se propose d’exprimer soit
Verbalement soit par écrit
Soit de toute autre manière
Le fonctionnement réel de la pensée’
 
L’automatisme de l’écriture
Qui est le jaillissement de la pensée
Est bien ce fameux
‘Cadavre exquis’
 
Je te salue respectueusement
‘Pape du surréalisme’
Pour toi j’ai cherché
Et j’ai trouvé ‘L’Or du temps’
Que je dépose sur ta tombe
 
(Chants de Rêves Cris d’Espoir 2012)
©Nancy Turnier-Férère

 
 
 
 
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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 07:32
Dans mes yeux – Victor Varjac
©Lionel Valot
 
 
 
 
Dans mes yeux
tout ce que tu ne vois pas…
Dans mon cœur
tout ce que tu ne sais pas
et dans l’ombre
quelque chose qui tourne
plus frêle et plus timide
qu’un reflet…
La peau claire d’une voix
à la fois
si proche et si lointaine
avec autour d’elle
des mots qui se taisent
se taisent
en s’approchant de moi…
J’effleure ton parfum
attaché à mes pas…
La vibration d’une image
s'évanouit si vite
qu’aucune cicatrice
n’offense
la lumière…
Le jour est si fragile
quand il traverse le Temps…
Je sais que tu m’observes
guettant la fatigue
de l’heure qui s’approche
et se penche
au-dessus du vide…
… mais qui retient l’horizon
pour que je ne tombe pas ?

©Victor Varjac
Antibes, le 4 juillet 2012


Extrait du recueil de Victor Varjac « Les Fiançailles de l’Aube » aux Editions Chemins de Plume

 
 
 
 
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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 06:59
Sur Soi-Même – Robert Desnos
Robert Desnos, dessin de N. Deroo
 
 
Fer, anémone, drap. Fer de lance perce l’anémone qui saigne sur le drap.
Fer teinté du sang des anémones, blancheur des draps.
Un fer au coeur, une anémone à la blessure, un drap pour linceul.
Fer, anémone, drap.
Et ce drap rougi d’un sang d’anémone flotte à la hampe du fer
Et le drap essuie le fer qui trancha l’anémone.
Jette l’anémone flétrie !
Restent le fer et le drap.
Jette le fer rouillé !
Reste le drap.
Reste le drap qui pourrira plus longtemps que le cadavre qu’il enveloppe.
Reste le drap qui ne laissera pas de squelette.
Jette le drap !
Reprends le fer !
Cueille l’anémone !
La chair autour du fer de ton squelette :
Ton corps,
Drapeau rouge replié.
 
Robert Desnos
 
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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 07:40
L'échappée belle - Michel Duprez
 
 
 
S'il vous arrive de constater
qu'un jour, par hasard,
un de vos poèmes ronronne comme un chat,
soyez sûr qu'il s'agit bien là
d'un signe qui ne trompe pas.
Pour y remédier, rien de plus facile :
accordez-lui la permission de sortir,
faites-lui confiance et, croyez-moi, il reviendra.
Loin de vous, la fraîcheur du dehors
aura sur lui un effet tellement bénéfique
que vous l'entendrez miauler sa joie
tout en apercevant peut-être aussi danser les souris.
Laissez-le donc faire ses griffes
ou le gros dos quand ça lui chante
et même - pourquoi pas ? -
courir les rues ou jurer comme un païen.
Qu'il puisse enfin lancer ce cri perçant
en guise d'exorcisme à son côté sauvage
avant de rentrer au bercail
d'une démarche plus féline,
avec ce petit air filou
qui lui faisait défaut.
 
Tiens, à propos, puisqu'on parle du loup,
Le voilà justement votre poème,
revenu de tous ces ronrons, ces câlins,
ces minous par-ci, ces minets par-là,
tous ces jeux de chats perchés.
 
Au risque de vous chagriner,
moi, si j'étais vous, je n'hésiterais pas
à pousser l'audace jusqu'à
lui donner ma langue.
 
©Michel Duprez
 

 

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 06:43
Le jardin défleurit – Djida Cherfi
Photo J. Dornac©
 
 
 
 
Tu m’as demandé un jour ;
Pourquoi je ne parle pas d’amour.
Tu m’as demandé pourquoi ;
Mes poèmes sont aussi lourds.
Pourquoi mon cœur ne saigne pas dans ma plume ;
Pour sortir de l’ombre et de la brume.
Tu disais que l’encre devait être rouge ;  
Sur mon tapis de codes semeurs de trouble.
Qu'il n’y avait pas de fleurs dans mon jardin ;
Juste le délicieux fruit du chagrin...
Mon ami,
Je ne peux dessiner les tam-tams de mon cœur.
Je préfère célébrer ceux de la vie.
Je n’entends pas la symphonie du silence.
J’écoute le bruit et son imposante résonance.
Je contemple des choses, les entends et les ressens.
Je m’interroge sur le monde, et lui dis mon admiration ;
Puis …
Je me penche sur ses hécatombes et raconte avec désolation !
Le coeur se brise, mais la terre tremble,
Les petits et les grands par milliers tombent.
Je vois la petitesse et aussi la grandeur ;
C’est cela qui fait balancer mon cœur.
J’ai vu un jour un avion décoller ;
Je me suis dis : « l’homme a réussi à voler ! »
 Il s’est donné des ailes pour traverser le ciel …
Je n’y peux rien si tous les jours je vois.
Je n’y peux rien si c’est cela qui berce ma foi.
Je vois des oiseaux partir et changer de camp.
Je vois des enfants attendre en hurlant.
J’ai vu un matin, un soleil brillant ;
J’ai vu un soir, des gens courir en pleurant.
Je vois des plantes des arbres dansants ;
 Des femmes et des hommes tremblants.
J’ai vu des nains, j’ai vu des géants ;
J’ai vu la joie et puis...le néant !
Ce que j’ai vu de plus inquiétant ;
Ce sont les disputes, les déchirements.
Ce que je verrai de plus touchant ?
 Des bras ouverts, des réparations.
Tu vois, j’espère et je crois !
On m’a dit un jour mais, mon cœur en est  chancelant ;
Que petit à petit et à chemin faisant ;
Un jardin devenait fleurissant.
Alors...
 Quand le jardin de la vie aura fait repousser toutes ses fleurs ;
Ce jour là, dans le mien, je planterai les plus belles roses du cœur !
 
 
©Djida Cherfi
2009
 

 

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 07:10
L’heure est venue – Michel Bénard
©M'BOR FAYE (1900-1984) Sénégal, L'Arbre à palabres *
 
 
 
L’heure est venue de refaire
L’apprentissage de l’homme,
De replanter l’arbre de la Parole
Dans la brume et le vent
En bout de terre rouge.
De s’extraire de l’inertie,
De recomposer la vie
Sur le mur décrépi des litanies.
Entendre  le murmure de la pierre
Et voir dans son scintillement
La lumière des étoiles.
L’heure est venue de réécrire
Le Livre de l’homme,
D’écouter la voix du poète
Qui entonne des cantiques prophétiques
Foudroyants comme une pluie tropicale.
 
©Michel Bénard.
 

 

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 07:27
Il est écrit – Ode
Photo J.Dornac© - Moitié fée, moitié sorcière
 
 

Jamais je n’ai touché ton corps aimé
Jamais je n’ai touché ta chevelure argentée
Jamais je n’ai senti ton parfum, tes odeurs
Jamais je n’ai pris ta main, sauf avec mon cœur

Moitié terre, moitié lionne
Femme du printemps
Fleuve et flammes
De battre, mon cœur ne cesse
Pour toi

Jamais je n’ai vu ta mer, ton pays
Jamais je n’ai goûté tes moissons, tes fruits
Jamais je n’ai senti tes fleurs, ô douceur
Jamais je n’ai avec toi connu le bonheur

Moitié fée, moitié sorcière
Femme du septentrion
De là-bas, interstellaire
De battre, mon cœur ne cesse
Pour toi

Jamais tu ne m’as serrée dans tes bras
Jamais tu n’as mis ton nez dans mes cheveux
Jamais tes lèvres au creux de mon cou et là où mon cœur bat
Jamais, non jamais encor avec moi tu n’as été heureux

Moitié ange, moitié démon
Femme qui t’attend, femme de passion
Là-haut sur mon nuage
De battre, mon cœur ne cesse
Pour toi

Depuis toujours nous nous sommes aimés.
Dans le Grand Grimoire du Temps il est écrit
que l’heure approche de la rencontre de nous deux

Accroche-toi à tes voiles
Je t’attendrai au quai des songes

Et rappelle-toi que
Je suis moitié terre, moitié lionne
Moitié fée, moitié sorcière
Moitié ange, moitié démon
Mais aussi
Que de battre, mon cœur ne cesse
Pour toi
 
Ode©
 

 

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