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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 07:08
AMOUREUSE AFFECTION – Michel Duprez
 
 
 
 
Je n'insinue pas,
je m'insinue.
 
Ici et maintenant,
je me propage dans l'air,
non pas celui que vous respirez,
mais l'autre, accordé aux paroles
accouchant d'une joie indescriptible.
 
On m'attrape et le tour est joué :
la tension monte,
le pouls soudain s'accélère,
on arrive à peine à retenir son souffle.
Il est trop tard,
j'ai déjà pénétré en vous,
mon riche terreau, ma substance active.
 
Je viens de franchir le seuil
où les sentinelles de la raison
montaient la garde,
de recommencer à semer le trouble,
à germer sur le chant dans la plus totale euphorie
pour devenir contagion, fièvre, exaltation.
 
Tout cela en ton nom,
ma main serrant la tienne,
Poésie, Ô maladie d'amour !
 
©Michel DUPREZ 




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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 06:54
L’Outsider II) - Un monde de brutes a l’état brut - Djida Cherfi
Photo J.Dornac©
 
 
 
 
Je  déambule sur un arc-en-ciel à deux couleurs,
Sur une route a moitié tracée dans le malheur.
Un espace double dans une atmosphère fourbe.
Large espace où, nul par, je ne me sens à ma place.
En avançant dans l’âge,
Je marche à reculons et j’ai mal.
Plus rien ne paraît simple,
Plus rien ne paraît normal.
Je regrette des choses qui aujourd’hui me dépassent.
Tout ce que je ne peux maitriser
S’éloigne de moi et se casse.
Pendant ce temps je continue de regretter
Des instants finis et mal consommés !
Je regrette ces choses simples dont l’importance est rédemptrice.
Quand tout semble se briser,
On cherche ces actions aux vertus réparatrices.
J’aurais voulu m’exprimer dans la rage,
Mais je me suis dégonflé et j’ai manqué de courage.
J’aurais dû donner une chance
A la « folle » aux cheveux ébouriffés,
J’aurais pu lire ses espérances et
Apprendre à l’écouter…
Je regrette de m’être lancée
Dans des amitiés sans fondation,
Ce n’était que de fausses réalités,
De fragiles relations.
Je regrette d’avoir cru que tu serais toujours là pour moi,
Quelle bêtise que d’avoir pensé que tu me connaissais sur le bout des doigts ! 
J’ai tout bêtement cru que tu m’emmènerais au paradis,
Comme un enfant, je croyais que tu me montrerais le chemin.
Qu’on marcherait au rythme de mes envies,
Mes doigts dans la douceur de tes mains.
Que tu me ferais oublier mes ennemis,
Pour que j’arrive à me sentir bien.
Je voudrais tant croire que ce n’est pas trop tard,
Que rien n’est jamais fini.
Malheureusement, il y a ce grand miroir
Qui exhibe ce que j’aurais pu mais n’ai jamais bâti !
En pensant à demain,
Je voudrais oublier ce qui a été détruit.
Retrouver mes instincts,
Ne plus avoir cette impression de survis.
 
©Djida Cherfi
27/07/2015  




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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 07:06
Les rumeurs du jour – Michel Bénard
 
 
 
Les rumeurs du jour
Doucement s’estompaient,
La nuit se déployait
Sur les cases du village.
D’un rythme régulier
Les tam-tams roulaient,
Une complainte tribale montait
Avec pour unique auditoire,
Les signes du zodiaque
Et la voute constellée
De la voie lactée.
Juste au point culminant
Des baobabs et hautes futaies
Le ciel blanchissait
Dans des lueurs lointaines,
L’esprit des anciens
Renaissait sous les vibrations
Des cordes de la kora.
 
©Michel Bénard.  




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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 07:20
Dans les bras du Soleil – Ode
Photo et digitalisation de Ode©
 
                 

Vagues de chaleur et de vent
Dans le bruissement d’ailes d’oiseaux multicolores
Vagues de mer enfouies dans la mémoire
Je les sens, les vois, les entends
Dans les bras du Soleil

Mon amour, entends-tu la mer dépasser la vie
Entends-tu mes larmes aux odeurs du crépuscule
Dans le gonflement de la mer lointaine

Flammes échevelées au séjour de la mer
Horizon sans fin embrasé
Seule, sur cette île secrète, je te célèbre
Et crie ton nom

Pour une brindille de bonheur
Un jour
Je créerai un collage
Un grand soleil sur le ventre arrondi de la lune
Afin que le jour et la nuit
S'épousent
Qu’à toute heure du jour, de la nuit
J’embrasse ton visage

…Dans les bras du Soleil…
 
Ode©  




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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 06:42
Confusion – Jean Dornac
©Maurits Cornelis Escher
 
 
 
Le bien est devenu le mal
Le crime est tout à fait normal !
C’est la dérive d’une époque
Celle des âmes en défroque…
 
Il n’est point question de juger
Mais juste de faire preuve de lucidité !
Aujourd’hui, on admire les voyous
Et les mondes « d’en dessous »…
 
Ce n’est point une question de morale
Ni des règles inspirées par les religions !
C’est la vision d’une tragique spirale
Qui existe grâce à d’ignobles ambitions !
 
On dit que le beau est laid
Et que l’affreux est adorable !
Ils disent que cet avis est parfait
Et que l’opinion contraire serait méprisable…
 
Accueillir ces nombreux étrangers
Qui, victimes d’une guerre
Sont devenus d’errants réfugiés
Serait immoral pour nos âmes de fer
 
Aider les pauvres à survivre
Serait un attentat contre l’économie
Mieux vaudrait les laisser mourir
Pour que le peuple ait une belle physionomie !
 
Aimer son prochain est devenu ringard
La haine est l’art ultime de ce temps
Rien ne vaut la nuit ou le brouillard
Pour l’énorme foule des méchants…
 
La Liberté ne vaut que pour « les purs »
L’Egalité ne concerne plus que les nationaux
La Fraternité n’existe qu’écrite sur des murs
C’est la mort des plus nobles idéaux…
 
A force de s’endormir sur la démocratie
A force de rejeter l’universel Amour
A force d’user de toutes sortes de tromperies
Seule la confusion gagne… comme toujours…
 
Pourquoi oublier, une fois encore
Les cruelles leçons de l’Histoire ?
Pourquoi préférer les ténèbres aux aurores ?
Et vouloir encore effacer toute mémoire ?...
 
©Jean Dornac
Lyon, le 27 septembre 2015  




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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 06:55
CATACLYSME – Pierfetz
Naufrage - J.Léonard ©
 
 
 
                                                ( Après le Tsunami du siècle en Asie )
 
 
Avant, après tempête, comme un bouchon sur l'eau,
Mon rêve se répète et vogue mon bateau.
Après une existence, encombrée d'idéaux,
J'arrive à terre chez vous et n'y voit rien de beau.
 
Le cœur embarrassé d'un clair-obscur étrange,
Je ne retrouve rien des vivants que j'aimais.
La tempête est passée, la plage est une fange,
Le soleil est absent, reviendra t-il jamais?
 
Pourquoi tout ce désert imprimé par la mer
Et le Présent est là, flamboyant paysage...
Ainsi la Vie s'écoule, bateau ivre du vent,
Mais ressurgit toujours du ventre de la mère.
 
Malgré le Tsunami, la brume et les nuages,
Hypérion est bien là, invaincu, à la barre.
Les flèches de l'Amour sont à nouveau sur plages.
La lumière apparaît, je reprends ma guitare !
 
Pierfetz - ©
26/12/2004
 




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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 07:00
Question – Thierry Deschamps
" Le mensonge " SALVATOR ROSA
 


Quand arrive le moment de refermer la page,

Un doute affreux subsiste. Ai-je été vraiment sage ?

Est-ce que ma vie durant je me suis fourvoyé ?

Sous le poids de l'orgueil ai-je été aveuglé ?

Tandis que les secondes s'égrènent lentement,

Il me faut conjuguer le passé au présent…

Où était la cassure, où me suis-je égaré ?

Naître est une aventure, y étais-je préparé ?

~~*~~
 
©Thierry Deschamps
 
http://www.jets-de-mots.le-spleen-de-zarathoustra.fr/question.html



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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 06:40
Le peuplier – Michèle Freud
 
 
 
 
Il y avait une fois un peuplier qui se dressait au bord d’un champ. C’était un arbre élancé et si haut que la pointe semblait caresser les nuages. Il resplendissait quand le soleil l’inondait d’une pluie d’or. Les feuilles, alors, étaient comme des palpitations de lumière. Sous la brise, elles s’agitaient telles de petites mains qui jouaient sur une harpe invisible, une musique légère et pétillante.
Certains disaient que le vent avait caché dans les branches, le sourire des étoiles.
 
Mais un jour, c’était au début du mois de mars, un violent orage éclata brusquement et l’arbre immense reçut un terrible coup de foudre. Il ne s’en remit pas. Il resta debout quelques jours encore et puis il se coucha dans son habit de feuilles naissantes. Dans les branches, de nombreux oiseaux bâtirent leur nid, des petits rongeurs y trouvèrent des cachettes. Plus tard, entre les rameaux, poussèrent des fleurs de toutes les couleurs. Ce jardin des délices devint un lieu de rendez-vous apprécié des fées. L’arbre foudroyé continuait de vivre…
 
©Michèle Freud



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24 septembre 2015 4 24 /09 /septembre /2015 05:18
Trilogie - Claude LUEZIOR – par Michel Bénard
Editions l’Harmattan- collection Poésie (s) 2015.
 
Volume no I: Fragment. (87 pages)
Volume no II: D’un seul geste. (89 pages)
Volume no III: La couleur d’un silence. (97 pages)
 
 
Au fil des décennies, c’est au rythme de l’orfèvre que Claude Luezior cisèle son œuvre, romans, essais, ouvrages d’art et poésie, avec un égal bonheur, jusqu’à parfois tutoyer ou égratigner le ciel. 
Remarquable et incontestable parcours littéraire et poétique que celui de Claude Luezior.
Il pérégrine au balancement régulier du métronome, rien qui ne puisse arrêter l’élaboration passionnée et éclectique de son œuvre.
Sa dernière « Trilogie » - I -Fragment – II - D’un seul geste -  et – III - La couleur du silence - appartient à cette mouvance.
Patiemment, pareil  à un bon compagnon artisan, il ajuste, peaufine ses mots sur un établi encombré de lettres, signes, songes, et il annonce la couleur dans cette nouvelle « Trilogie : »
Il fragmente !
 
« Ces poèmes sans rime, naissent dans un incubateur d’étoiles. » 
 
Claude Luezior, ressent une nécessité de retour à l’originel, à la pureté initiatique, à l’heure des moissons et de l’engagement.
Au travers de ce besoin de dépouillement le verbe devient rédempteur.
Ce dernier nous forge toujours de brèves, mais remarquables formules.    
 
« …/…le charbonnier
a cloué ses absences
aux portes de la foi. »
 
Une foi des plus discrètes vibre au fond de lui-même. Foi ? Ou plus précisément le questionnement d’un retour au sacré, à la symbolique initiale. Page après page nous cheminons dans la sacralisation et son parfait contraire se manifestant par une espèce de provocation.
Les vers qui se dévident entre les pages de cette « Trilogie » sont brefs, très courts, incisifs, ils vont à l’essentiel, semblables parfois à la manière des haïkus.
Il jongle avec de magnifiques autant que surprenantes métaphores, chaque strophe est en elle-même un poème. De fulgurantes images y fourmillent.
Trilogie - Claude LUEZIOR – par Michel Bénard
« …/…ouvre
les entrailles
du miracle
par ton geste
sacré…/…
  
La vie parfois s’embrouille, les chemins s’emmêlent sur le grand labyrinthe, mais pourtant la poésie est toujours présente pour réconforter nos incertitudes.
Les textes de cette fulgurante «  Trilogie » se veulent libres, sans rime, sans ponctuation, la poésie ici n’existe qu’au prix de cette liberté effrénée autant qu’échevelée.  Nous y ressentons la volonté de sobriété, le frissonnement  mystique, l’épurement à la manière cistercienne en forme de chant grégorien.
Sans oser prétendre faire un comparatif élémentaire, je retrouve au fil des pages une résonance qui n’est pas sans rappeler un peu : «  La montée du Carmel » de Saint Jean de la Croix.
 
« …/…au bout
d’une alchimie
de songes
et d’ave 
toucher
le stigmate
et renaître
par la Croix…/…
 
Claude Luezior perçoit souvent dans l’existence, une grande hallucination, une déferlante d’angoisse, d’étranges mouvances paranoïaques, les démences qui spolient et mettent l’homme à nu. Qui le place face à lui-même et à son insignifiance.
Nous sommes ici confrontés à une remarquable poésie épurée confondue à une profonde réflexion existentielle. Parfois il nous est même possible de nous égarer en quelques espaces ésotériques, en d’énigmatiques cryptes mythiques.
L’ouvrage est fragmenté de subtils aphorismes et sentences qui nous resituent face à nous même en nous abîmant dans une sorte de contemplation.
Il arrive aussi à Claude Luezior de se faire quelquefois iconoclaste ! Il fait l’autodafé des clichés, des idées reçues, des pensées formatées. Il « mécréante » gentiment, il
«  anticléricalise » avec lucidité, toutes les religions prennent une estocade au passage.  
La purification touche même la ponctuation qui est réduite à sa plus simple expression.
Par l’effet d’un seul geste, Claude Luezior nous invite à changer de regard. Il est un mystique animiste, un prince de la liberté.
Ce geste alphabétisé est tout l’acte révélateur de la poésie. Nous y croisons quelques fois des échos nietzschéens à l’esprit chamanique.
Trilogie - Claude LUEZIOR – par Michel Bénard

…/… intemporelles

partitions

pour druides

qui parachèvent

les fantasmes

d’un cosmos

intime.//…

 

Il nous arrive également de décrypter des scènes rappelant Jean-François Millet, des tintements d’angélus sur les terres pacifiées du soir.   

Effleurement de temps à autre sur la pointe des pieds de l’hermétisme, où notre poète avertit par des voies détournées que l’amour peut conduire jusqu’à l’implacable loi de l’anéantissement tel le mythe de Prométhée.

La vie est une sorte de turbulence, de folie brodée de désespérances, de stigmatisations festonnées d’aveugles insouciances, d’infantiles démesures noyées par des rires crédules. La chute et son déclin sont inévitables, alors autant sombrer dans le fol oubli du grand carnaval final, protégés que nous serons par le masque de l’anonymat.

Un temps pour tout, vie, amour, frénésie, larmes, beuveries des oublis.

Le poète fait en sorte de s’égarer, de se perdre un peu sur l’océan de l’existence, alors il quitte son port sans boussole, sans sextant, ni astrolabe, mais il sait encore lire dans les étoiles.

Claude Luezior le confesse, il a joué au poète plutôt que de porter le glaive, il a préféré et grand bien lui en a pris, agiter un calame effarouché.

A choisir je préfère l’image de Claude Luezior en poète ébloui, plutôt qu’en mercenaire !

En touche finale il ne reste plus qu’à faire l’amer constat des heures vulgaires, de la perte d’un certain sens du beau.

 

« …/… à quoi bon ces lignes en perdition

que l’on nomme esthétisantes

alors que des gens, dits de lettres

ont perdu jusqu’au sens du beau ?.../…  

 

Claude Luezior se situe plus que jamais dans le questionnement de la grande confusion de ce début de siècle, il s’indigne du grand mensonge libéral mondialisé au détriment des peuples et à l’aliénation des nations.

Sous la bannière du doute le poète se réfugie dans les alphabets de l’amour et tourne son regard vers une éternité nouvelle colorée de silence.

Une belle et longue route à cette «  Trilogie » qui laisse flotter autour de nous, l’instant d’un rêve l’étonnement d’un voyage intemporel.

 

Michel Bénard.

Lauréat de l’Académie française.

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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 07:25
C’est une vague – Denise Bernhardt
©Paul Delvaux
 
 
Ainsi je poétise
Chaque instant de toi…
Et le temps peu à peu
S’amenuise.
 
 
C’est une vague
Qui me soulève et me dépose
Sur ta poitrine
Comme une algue arrachée
Aux cavernes marines.
C’est mon corps abandonné
S’irriguant de ta vie,
Dans un bonheur procédant
De l’étreinte impérieuse de ta main
Tenant ma main captive
Quand t’envahit le désir.
C’est la plénitude
Bien avant l’amour.

© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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