Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
26 novembre 2021 5 26 /11 /novembre /2021 07:39
Les trois âges de G. Klimt


 

 


le corps s’émousse,
flétrit tel un fruit,

l’âme s’élève comme le figuier
vert dans le désert,

aux feuilles vives et aux fruits
éternels et mûrs,

elle goûte le déjeuner sacré
dans la fraîcheur de son ombre.

                                 
©Sonia Elvireanu            

2.03.2021

 

Poèmes extraits du manuscrit Ensoleillements au cœur du silence

 
 
 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
13 septembre 2021 1 13 /09 /septembre /2021 06:44
La valse, Camille Claudel


 

 


Poème inspiré par le texte de Michel Bénard Enveloppé de brumes vaporeuses
 


 
Un jour viendra où nous serons un seul ciel,
mon ciel confondu au tien,
ce n’est qu’un rêve peut-être
ou un instant si réel que l’on prend pour le rêve
le plus immatériel tel le temps que l’on ne peut pas saisir,
seulement goûter avant qu’il ne soit un simple souvenir
pour se demander s’il a réellement existé.
 
Un jour viendra où nous serons un seul ciel,
mon ciel confondu au tien,
un rêve peut-être ou un instant si réel
où corps et âmes ne seront qu’une danse,
un chant  immortel, le Ciel.

 

©Sonia Elvireanu            
 
11.09.2021
           

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
9 août 2021 1 09 /08 /août /2021 06:33


 

 


j’ai toujours regardé par une sorte de fenêtre,
ce n’est que moi qui la voyais s’ouvrir vers le ciel
où je sentais ta présence, je ne t’apercevais pas,
mais je savais que tu existais quelque part
au-delà des nuages mousseux qui passaient
devant ma fenêtre comme un appel,

 

je te portais en moi comme une lueur,
sans voir ton visage, je ne pouvais pas t’imaginer,
car tu étais déjà créé,
tu existais au-delà des voiles de ma vie,
mais cette fenêtre qui n’était qu’à moi
te sentait quelque part,

 

je t’attendais sans comprendre,
je pouvais jurer que j’allais te reconnaître
si jamais tu venais dans mon univers
comme d’un conte, et un beau jour, bien tard,
je t’ai aperçu, éblouie, surgir devant moi,
c’était en été, tu n’étais pas fantasme,

 

mais celui de ma fenêtre invisible,
tu marchais sur la même terre que moi,
je me suis dirigée vers toi, souriant peut-être,
je ne me rappelle que ton visage de voyageur
venu des pays chauds et la lueur de ton regard
qui a troublé en un instant mon âme pétrifiée.

 

©Sonia Elvireanu                                          
6.02.2021


Poèmes extraits du manuscrit Ensoleillements au cœur du silence
       
 
 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
30 juin 2021 3 30 /06 /juin /2021 06:23
www.facebook.com/Les-Amis-de-Châteauneuf

 

Derrière les fenêtres,
on regarde un mur,

 

on discute avec le béton d’en face
pour tout paysage
dans la vapeur du café du matin,

 

ou avec le mur de pierres
du voisin
pour seul horizon,

 

on ne s’attarde plus
à  faire un brin de causette
par-dessus la palissade,

 

chacun est forteresse
ou île,
enfermé,

 

d’autres ont plus de chance,
ils échangent avec quelques brins d’herbe
au flanc d’une colline,


 
avec des bourgeons
qui verdissent
perlés par la pluie,

 

goutte à goutte,
on boit son café
goûtant l’amertume,

 

on médite,
tout orgueil
vaincu par la solitude,

 

ah ! forsythia, ton or
me grise comme le vin
que je ne bois plus,

 

je te consacre aux murs
de la forteresse
qui me retient prisonnière,

 

à ses fenêtres ne fleurit
nul rameau,
promesse de fruits murs.

 

©Sonia Elvireanu      
  22.03.2020

 

 

 


 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
24 mai 2021 1 24 /05 /mai /2021 06:30
Photo : BG.


 

 


c’est un monde suspendu
entre le silence et la panique,

entre le sourire d’hier
et la menace d’aujourd’hui,

entre la révolte et le rêve,
avec d’étranges souvenirs,

et des histoires racontées en sourdine
pour se retrouver,

avec la nostalgie des couleurs
et des odeurs éloignées,

avec un paradis perdu,
avant d’être reconnu,

avec une colère sourde
accrochée aux fenêtres

et le chant du silence
sans ombre offert à tous.

©Sonia Elvireanu  
5.04.2020

Poèmes du recueil en manuscrit Ensoleillements au coeur du silence



     

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
20 avril 2021 2 20 /04 /avril /2021 06:37
Mont Saint-Michel - Photo Jdornac©



Deux arts en dialogue : poésie et photographie - D’après les photos de Jean Dornac au Mont Saint-Michel

 

Sur les sables humides, comme sur les limbes,
entre la mer et la terre, je  traverse l’infini
le regard rivé sur le rocher,
sur la flèche qui perce le ciel,
 
sur le pont-levis, devant la grille de la forteresse,
mêlée à la foule qui coule dans les ruelles en pierre
sous la protection des bons esprits de la terre, les lutins,
et ceux du ciel, l’archange Saint-Michel,
 
très haut, au point de la flèche, aux cieux,
de son épée levée Saint-Michel chasse les mauvais,
à l’entrée de l’église Saint-Pierre, Jeanne d’Arc
est à l’écoute de la voix mystérieuse de l’archange,
 
dans le cloître, la lumière vert tendre de l’herbe
se marie au ciel qui tombe sur les remparts,
de son oeil jaune, inquiet, le goéland surveille
les ondes mornes de la mer houleuse,
 
je marche dans la solitude  des voûtes,
flanquée des colonnades tels les moines
qui s’y promènent pour se recueillir,
dans leur labyrinthe lumineux,
 
sur le chemin de ronde des remparts,
je hume l’herbe, le ciel,
les ondes brumeuses de la mer,
les sables mouvants de la presqu’île,
 
au réfectoire vide des moines,
déserté des siècles des vivants,
dans sa solitude de pierre et de bois,
je m’agenouille devant la croix,
 
le coeur  ouvert et pieux,
je prie pour un monde en désarroi
qu’il se retrouve en recueillement
à sauver la beauté sacrée.

©Sonia Elvireanu
 4.09.2020

 

 
 
 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 07:37
Photo Jdornac©

 

 

 
de mon rivage je tente d’apercevoir l’autre côté
à travers le souffle bleuâtre du matin,
 
la mer roule ses horizons troubles jusqu’à moi
avec les murmures étranges de là-bas,
 
les deux rives bruissent telles des âmes jumelles
qui pleurent de n’être réunies sous le même ciel.
 
©Sonia Elvireanu
7.04.2020
 
 

 
 
 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0
24 février 2021 3 24 /02 /février /2021 07:31

 

Chronique de Sonia Elvireanu

 

 

Orientaliste, prosateur, essayiste, traducteur de plusieurs langues, Christian Tămaş écrit une prose compliquée, avec une structure épique qui renvoie à la psychologie abyssale, focalisée sur le labyrinthe psychique et mental de l’homme.


Son nouveau roman Un nom sur le sable (Ars Longa, 2021) fait partie d’une trilogie : Le Chevalier noir (1992), La malédiction des cathares (1993). C’est un roman énigmatique où les fils narratifs se mêlent de manière à ne pouvoir se démêler qu’à la fin. Les aventures, les personnages, les scènes sont très bizarres.


Le romancier explore en fiction une maladie psychique qui modifie la réalité et plonge dans l’irréel. Dès l’incipit, le lecteur a l’impression de projection onirique par lieux, personnages, atmosphère, faits et objets étranges. La narration hétérodiégétique se déroule en France, en lieux réels, mais enveloppés dans l’irréalité du rêve. Les personnages ne sont que des fantoches, dépourvus de tout trait individuel, y compris celui principal, un homme sans physionomie, ni nom, un médecin bouleversé par un vécu bizarre. L’auteur surprend ses états contradictoires, ses gestes dictés par ses impulsions et l’angoisse d’une obsession : une femme en blanc, sans visage, un fantôme associé à la mort.


Les lieux traversés, les personnes rencontrées, les aventures dont il est témoin semblent des hallucinations, les projections de son imagination malade. Ils ont l’apparence du cauchemar avec la captivité dans l’indésirable et la conscience qui ne distingue plus entre le réel et l’irréel. Les obsessions envahissent le réel, altèrent la réalité. La femme rencontrée dans le train se dématérialise un instant sous les yeux de l’homme, soumise à la même métamorphose de l’irréel. C’est une femme sans visage, le fantôme de la femme en rouge qui porte accrochée à son cou la clé étrange découverte toujours sur les lieux où quelqu’un disparaît. La même ambiguïté persiste sur décors, personnages, objets, atmosphère.


Une scène se répète comme un motif en peinture : quelqu’un meurt brusquement, le médecin est sur les lieux, le témoin ; une femme en blanc, sans visage y apparaît comme un fantôme, on découvre une clé, celle du pendentif de la femme en rouge qui accompagne un homme étrange. Elle se montre aussi en haut des murailles du Mont St. Michel, son embrassement est mortel.


La suggestion de la mort est présente dans les aventures étranges où apparaissent les deux femmes et les éléments énigmatiques empruntés aux légendes celtiques et orientales : triskel, corneille, louve, clé, eau, lettres mystérieuses sur le sable.


La trame du roman tourne autour de la psychose d’un homme hanté par l’obsession d’une femme en blanc qui trouble sa vie et sa psychologie, et fait de lui sa victime.


Les escapades nocturnes de l’homme semblent des hallucinations oniriques, l’apparence du réel est contredite par l’irréel des aventures, des lieux, des couleurs, par la présence d’un nom indéchiffrable sur le sable.


Le médecin vit le cauchemar de son esprit au seuil de la folie. Il avait tenté de guérir un homme souffrant de gynophobie (peur morbide de femmes accompagnée de haine), mais il s’est « contaminé » de la maladie de son patient, coupable de la disparition d’une femme dont le fantôme le hantait. Il est sous l’effet d’un transfert mental de personnalité du patient au médecin.


Le sujet du roman est donc la psychose, l’attaque de panique transférée au médecin. Les fantoches féminins, en blanc et en rouge, sont les images superposées de deux femmes, l’une du passé, l’autre du présent, confondues dans celle de la vie et de la mort.


À la fin on comprend que le médecin, victime de son patient pendant la thérapie, sera guéri par une femme qui lui apparaît en rêve, mais déformée par l’obsession de l’autre, empruntée au subconscient de son patient. Le fantôme en blanc de ses cauchemars est la femme médecin qui le surveille et le délivre de son obsession par un descensus ad inferos dans son subconscient pour trouver la source de sa maladie.


Le roman de Christian Tămaş explore un cas de psychanalyse, ce qui justifie la présence de l’onirique et du fantastique, l’irréel cauchemardesque où plonge le personnage. Le romancier s’intéresse à la psychologie, au soi profond où gisent les traumatismes refoulés qui peuvent perturber l’existence et déclencher d’impitoyables maladies psychiques.


Le fantastique onirique, l’exploration du soi, l’alternance réel/ irréel, le pathologique sont les éléments spécifiques à la prose de Christian Tămaş. Cela donne à ses romans la structure de labyrinthe, la vacuité des personnages, la focalisation sur leur psychique, la sensation d’irréalité, l’ambiguïté et la récurrence des expériences, la confusion entre la réalité et le rêve.


Malgré l’impression d’incohérence, délire, captivité obsessionnelle, le romancier mène le lecteur dérouté jusqu’à la fin pour lui livrer subtilement la clé du récit habilement imaginé et lui faire découvrir le mystère du nom indéchiffrable griffonné sur le sable, le leitmotiv du roman et le code de la compréhension du roman.

 

©Sonia Elvireanu      

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
9 février 2021 2 09 /02 /février /2021 07:42
William Blake, 1757-1827, Le rêve de Jacob

 

Versions française et roumaine de Sonia Elvireanu


 

 

Au Poète
              
deux voix graves s’entendent sur l’échelle de Jacob,
l’une s’élève, l’autre descend du Très Haut,
confondent leurs murmures en prière,

 

des signes bizarres d’une langue inconnue
s’alignent sur une feuille, impénétrables,
sages comme les hiboux, les voix continuent leur prière,

 

la voix étrange du Poète s’élève,
l’autre descend du Très Haut,
un seul murmure en une langue bizarre,

 

chaque voix est limpide, cérémonielle,
elles se rejoignent  dans l’harmonie
d’une fugue de Bach,

 

des lettres étranges sur la feuille, comme
la peau de lézard, n’éclairent pas les mots pour moi,
je n’entends que le murmure des voix rituelles,

 

la voix du Poète s’élève comme une offrande,
l’autre descend d’un Sommet invisible,
toutes les deux en parfaite communion.

 

©Sonia Elvireanu      
 10.05.2020

 
Sonia Elvireanu, extraits du manuscrit Ensoleillements au coeur du silence

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

 

* * *


Vocile

              Poetului

 

două voci grave se-aud pe scara lui Iacob,
una urcă, alta coboară din Înalt,
se unesc într-un murmur, o rugă,

 

semne bizare dintr-o limbă necunoscută
se rânduiesc pe o foaie, nu se pot descifra,
grave ca bufniţele, vocile îşi continuă ruga,

 

vocea stranie  a Poetului suie,
cealaltă coboară de Sus,
amândouă murmură într-o limbă ciudată,

 

fiecare voce e limpede, gravă,
împreună ating armonia
dintr-o fugă de Bach,
 
pe foaie,  litere stranii ca pielea de şopârlă
nu dezleagă pentru mine cuvântul,
aud doar murmurul vocilor grave,

 

vocea Poetului se-nalţă ca o ofrandă,
cealaltă coboară dintr-un Vârf nevăzut,
amândouă în desăvârşită comuniune.

©Sonia Elvireanu

10.05.2020

 

Partager cet article
Repost0
18 janvier 2021 1 18 /01 /janvier /2021 07:38

Collection Accent tonique - Poésie
L’Harmattan © octobre 2019
155 pages

 

Le livre est dédié à l’être aimé. Celui-ci est comparé à l’une des plus belles manifestations naturelles : l’arc-en-ciel. Un phénomène que rend sans doute plus magnifique encore son peu de durée d’existence. L’amour est éphémère, l’aimé devient l’absent.
Je flâne dans la lumière pour retarder
la nuit avec l’étrange absence de toi.

Absent mais espéré.
A chaque tombée du soir je suis toujours
plus loin, mais si près de toi, mon amour

Cette absence, cependant (que le lecteur devine vite définitive), est refusée comme telle par le poète. Sonia Elvireanu évoque le passé au temps présent afin d’immortaliser le moindre souvenir ou peut-être pour espérer revivre le rêve d’Orphée :
Fais-moi découvrir que tu vis
quelque part dans un autre temps

Quel miroir traverser, quelle dimension investir pour que puisse s’accomplir le retour de l’aimé ?
tu n’étais nulle part, je t’ai appelé […],
je t’ai cherché, tu n’étais nulle part

Si le présent borne le passé et ignore le futur il est avant tout l’inverse du perpétuel. Les saisons passent cependant et se renouvellent. Le temps épouse son orbe. C’est grâce à la contemplation du monde et la compréhension de ses cycles que le poète va pouvoir incarner le disparu dans tout ce qui existe alentour ainsi que dans une temporalité sans limites. Cette communion nécessite des liaisons permanentes entre le moi profond et la réalité. Voilà pourquoi, dans ce recueil, abondent les références aux arbres, aux fleurs, depuis l’humble pommier fleuri au jardin, jusqu’à un rosier jaune, en passant par un bouquet de bouleaux. Mais aussi au terreau nourricier, au vent, à la pluie, au feu (très présent dans les allégories employées) ou bien encore à la neige, à la fulgurance d’un ciel au Levant. C’est parce que la beauté du monde a été partagée qu’elle s’éternise. Cette certitude acquise perpétue l’amour. L’aimé vit partout, peut ressurgir, regarder en se taisant ou interpeller. D’où le recours à des bribes de dialogues — rêvés ou rappelés ?
« Ouvre, ma bien-aimée, le jour est en train de mourir,
je suis venu te caresser […] »

En déployant une incantation lancinante, parfois traversée par le cri (ou, plutôt, par le désir d’un cri qui jamais ne vient), entre le souffle vital qui la porte malgré tout et la fascination du silence, Sonia Elvireanu tente d’exorciser l’impossibilité de ce deuil.
Tout le texte est bercé par un ton élégiaque. Le choix de l’exergue est révélateur. Cette citation de Rilke est extraite de la Première élégie de Duino. L’élégie, composante du classicisme germanique, excelle à exprimer le sentiment humain. Elle s’avère souvent mélancolique, parfois plaintive :
l’absence et l’ombre font souffrir
Si le distique élégiaque n’est pas toujours de mise ici, les strophes demeurent brèves et le rythme des vers, s’il n’est pas à dessein régulier, révèle toujours cette fluidité nécessaire au genre. Aucune hystérie, pas d’excès, mais beaucoup de pudeur, d’humilité. C’est en usant de douceur que Sonia Elvireanu choisit non pas d’effacer la mémoire de l’aimé mais bien de la conserver dans le moindre repli de la vie, non pas d’oublier l’absent mais d’incruster littéralement ses traces, comme si elles demeuraient palpables, dans chaque élément d’un paysage.
Mais le choix de Rilke nous éclaire également sur la démarche de l’auteur. A l’instar du poète autrichien, Sonia Elvireanu tisse des liens entre l’espace invisible de l’intériorité humaine et l’espace visible de la réalité de l’univers. A de rares exceptions près, comme il a déjà été constaté, c’est à l’aune du présent que l’auteur considère ces perspectives. Comme si le temps et l’espace se doivent de constituer une seule et unique dimension, comme si l’intimité de l’être et la vastitude du monde ne peuvent à terme que fusionner.
les nuits et les jours ne meurent pas aux tréfonds,
le vif d’hier nourrit mes matins vides,
leur lumière murmure dans le sang du jour

Par ailleurs, on constate le recueil pétri de mysticisme, de religiosité même. Comme le démontre la lecture de plusieurs titres : Psaume / Le baptême de l’eau / La dernière confession / Entre les saints et les oliviers / Croix votive / Prière / La bénédiction de la mer, etc. Mais cette première impression s’avère incomplète tant la création poétique est empreinte de sensualité, d’amour de la vie, du désir d’accéder aux révélations terrestres. L’élan ne se brise pas au contact du monde fini ; il se fond en lui pour se gorger de son énergie. De nombreuses références à l’antiquité, mais aussi à la reine de Saba, figure solaire s’il en est, à un souvenir de voyage en Grèce viennent confirmer cette dimension païenne qui s’arrange fort bien du panthéisme évoqué plus haut.
Dès lors, invoquer un dieu apparaît presque réducteur. Le poète sait que l’aimé n’a jamais été le centre de l’univers ; il n’en est qu’un élément. Il en va ainsi de tout être humain, simple partie d’un tout. La création est traversée par une sève unique et organisatrice. Une énergie sans commencement ni fin, universelle. Son dynamisme se manifeste dans le mouvement perpétuel qui détermine les trajectoires des planètes dans l’infini du cosmos au même titre que les ellipses des électrons au sein de la matière finie de nos corps.
Je suis une ronce dans la plaine,
le vent me courbe, mais ne m’arrache pas,
le soleil m’étouffe, mais ne me brûle pas […]

Cette énergie « dédaigne de nous détruire » (Rilke). Jamais elle ne nous terrasse mais, au contraire, nous renforce, décuple l’amour, abolit la distance qui pouvait nous séparer de l’absent :
le ciel m’enlève, la lumière me caresse,
les feuilles me bercent,
me tissent un manteau pour que la froideur
de la pierre ne m’envahisse pas […]

L’espérance violente, les rêves éveillés, tant de souvenirs si vivants, toutes ces promesses d’aubes encore lointaines, pour le poète, sans cesse se perpétuent dans «le souffle du ciel ».

 

© 2020 Gérard Le Goff

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Couleurs Poésies 2
  • : Ce blog est dédié à la poésie actuelle, aux poètes connus ou inconnus et vivants.
  • Contact

  • jdor
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...

Recherche