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13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 07:29
« Derniers Serments », Michel Bénard©

 

 

Revenir ?
toute trace est estompée
les griffures du temps ont comblé les ravines
un brouillard de mémoire a blanchi ta silhouette.
 
Revenir ?
l’hiver a labouré les derniers serments
dans un faux pli de grisaille.
une esquisse de visage erre encore sur le miroir.
 
La famine ripaille
l’indifférence floconne
l’angoisse rampe
il pleut des écailles de glace.
 
L’aube est un vitrail
l’oasis y est un mirage.
 
Revenir ?    
non, partir.
 

Nicole Hardouin©
 
 
 
 
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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 07:32
« La songeuse », par Gérard Bouilly

 

 

 

 
 
Maraudes à la recherche du cri
lèvres égarées à votre glaise de potier
la nuit picore mes seins
des oasis passent dans votre regard.
 
Lin de tous les vents.
Pourquoi ne pouvons-nous fuir avec les
grands ouragans ceux qui débroussaillent
la chevelure des gitanes ?
 
©Nicole Hardouin.
 
Extrait du recueil « Fontaines carnivores » diffusion : Libraire Galerie Racine




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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 06:36
Photos Drriss & Marrionn - Dallas - Le Baiser (Constantin Brancusi, 1907)

 

 

 

 
Dans le giron des ombres, le jour chuchote d’ultimes recommandations au crépuscule.
Lèvres à lèvres tous deux s’abandonnent à l’éclosion de leurs gémissements.
Sur les hanches de l’horizon s’instille le trouble doré d’Hélios.
Lente pénétration dans la courbure de la nuit.
 
Adultère initial.
 
©Nicole Hardouin.
Extrait du recueil « Prométhée, nuits et chimères » aux éditions de l’Atlantique, collection Phoibos




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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 06:59
« Pourquoi pas » - Franco Cossutta©

 

 

Pas pressés du besogneux
pas feutrés de la moniale
pas cinglants de la conquérante
pas onctueux du curé
pas assurés du nanti
pas insultants du détrousseur
pas insolent du dandy
pas incertain du travesti
pas quémandeur de la tapineuse
pas dégénéré du fin de race
pas naturel du bâtard
pas sur le macadam
macadam usé, malmené
pitié pour le macadam
pourquoi pas ?
 
©Nicole Hardouin
 


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22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 06:42
Chimères - ©Franco Cossutta

 

 

 

 
Dans le vagabondage de mes songes, je suis captive de tes erreurs couleur de sauge, de mangue et de tubéreuse.
 
Chimères vénéneuses, venin et ambroisie, bois, je retiens la pulpe de tes lèvres.
 
Mirage, mirage, je te retiens à marée haute, à marée basse, sur le blanc sur le noir, dans les ressacs de l’utopie, ne te retourne pas, tu n’es pas prêt, tu es au-delà des légendes, celles que l’on croque comme des pierres.
 
Chimères, chimères, je t’ai aimé à t’en rendre fou, à t’en rendre sage, sirènes et elfes confondus. Nous avons fait l’amour comme les éclairs dans l’orage, comme les feuilles sous le vent, comme deux radeaux en perdition sous le regard de Méduse, comme des fantômes dans le lit d’un torrent, comme des feux de brousse, comme l’encens qui étouffe le jasmin, comme des cernes bleus autour d’un cri.
 
Tu étais un roi, j’ai fait de toi mon fou, mon fou de Bassan, mon ravi, mon délirant. Tu étais mon mirage rouge et nous nattions des ronces sur des seuils crépusculaires, dans des draps de suie.
 
Je t’ai fait hurler jusqu’à mordre la cendre, jusqu’à oublier ton nom, jusqu’à ramper dans l’ardence des flammes que je tisonnais, jusqu’à perdre ta tête.
 
C’était un jeu et nous ne le savions pas. Je retiens encore dans ma crinière d’étoiles, tes lèvres qui errent sur la résille de ma peau, arpèges, soubresauts, mirages.
 
Plus rien, impair noir et passe, tout était écrit, nous étions trop près de l’irréalisable, échec et mat.
 
Chimères, chimères, tes sens délirent et tes mots butent à cloche-pied, la folie rit derrière son masque, tu es devenu mon Styx, mes ténèbres, ma barque sans retour. Il reste juste la blessure de la source pour étancher les délires de la solitude. Brume sur la brisure des aubes aux soies de ronces, écoute : les spectres traînent leurs crécelles, un jour de plus, un jour de moins dans la légende d’un amour perdu.
 
©NICOLE HARDOUIN
  



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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 06:35
Le retour à la raison, Man Ray
 
 
 
 
Une phrase sur la pulpe du silence, mes
veines s’affolent
fables de la présence
fragments de l’essentiel.
 
Mots en effraction sur chemin de traverse
mon souffle s’anime
sève vitale.
 
Vous êtes syllabes, je suis virgule blottie
dans les cils du désir
jouissance buissonnière.
 
©Nicole Hardouin.
In FONTAINES CARNIVORES
Éditions L.G.R. Paris.




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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 04:42
 
 
C’est une nuit où brasillent les liturgies païennes, une nuit à tire d’ailes pour hiboux égarés, une nuit sans foi ni loi où l’oiseau de Minerve, fatigue la sagesse, réveille la déraison.
 
En maraude sur les gouttières de la nuit, les chats sont tous là.
Photos de Nicole Hardouin©
Les errants à la croisée  des songes,  ils émergent de mondes mystérieux et fugaces, poils hérissés,  compagnons des gitanes qui, en meutes déguenillées, se déhanchent sous leur futaine effilochée ; elles dansent, virevoltent au rythme endiablé de leur pied nerveux.
 
Les hiératiques, ceux des pharaons et déesses,  sortis des tombeaux de l’éternité. Hautains, ils s’engloutissent dans le délire des ombres. Eros et Thanatos rôdent autour des racines du ciel.

 

Photos de Nicole Hardouin©
 
 
Les fugueurs  faméliques, en équilibre sur le faîte des toits, oreilles droites, impertinents, frondeurs, jongleurs de lune, vagabonds, prêts à griffer les mythes dans des soupirs d’étoiles.
 
 
 
Les compagnons des sorcières, diablesses au corps d’ébène, aux reins cambrés,  venimeux de beauté. Ce sont les amis des devins et des nymphes aux chairs lisses qui jonglent avec les roues du silence : démente cohorte pour chambre de légendes. C’est là que Bosch tient conclave.
Photos de Nicole Hardouin©

 

Les silencieux des cimetières. Dans les sangles du vent ils sont à l’affût des secrets enfouis. Pupilles dilatées, ils se tiennent à la lisière de l’imperceptible, entre angoisse et extase. Ils écoutent un gémir d’âme en recherche de corps.
 
 
Les débonnaires, bien tapis dans les confessionnaux et les secrets des couvents, ils dorment parmi surplis et péchés, encens et absolution.

 

Photos de Nicole Hardouin©

 

Ceux des notaires et des poètes, bâillant entre testaments et pages blanches, chats aux regards sibyllins partageant les mystères des étoiles, des pluies, de l’Infini.
 
 
 
 
Nous sommes au-delà du rêve, cette nuit féline n’est qu’un gémir où s’étirent les illusions. Le jour hésite encore, peut-être suffit-il juste de le nommer, c’est ainsi que le monde émergea : par la Parole.
 
©Nicole Hardouin




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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 06:28
Les fruits de l'automne, d'Armand Niquille, tempéra sur panneau, 113 x 100 cm, 1944

 
 

        

Dans le crépuscule feutré de rousseur, les anges et les démons, vigies de la tentation, jouent une marche triomphale. Les couleurs crépitent, festoient entre soie et feu. Des saveurs s’échappent : élixirs secrets.

 

Ébauche d’une brûlante possession.

 

En cette subtile andante, prémisse d’un orage à venir, j’entends déjà le brame sauvage de vos festins s’étirer jusqu’à la moiteur du désir.

 

Nue, mes doigts se  crispent sur les fruits dérobés. Mon déluge est intérieur. Mais, en cette fin de jour enturbanné de poussière d’or, tu m’as dit : viens !

 

Sous tes mains aussi possessives que les nuées les plus ardentes, aussi veloutées qu’un miel de Provence, mon corps caressé de gourmandises ondule de soupirs et nos peaux se confessent de caresses.

 

Jouissance.

 

Dans la dérive flamboyante de cette fin d’été où le soleil hésite à conduire cette liturgie païenne,  je t’ai vu brûler.

 

De toi,  j’ai tout pris, les grands vents, les croyant protecteurs, les mirages anthropophages, le jus sucré de l’asile, prélude à l’exil.

 

J’ai pensé pouvoir t’apprivoiser, tu ne m’en as pas laissé le temps. Pourtant mon cœur faseye encore au gibet du soleil couchant, ma bouche s’égare dans les fruits à mordre.

 

Cruel imaginaire.

 

Etourdi de fantasmes, un ange dérive la tête  à l’envers,  l’Eden, s’est lézardé ; à perte de corps, la nuit sera sans frontière. Personne ne joue plus, sauf toi, ailleurs.

 

Deux paons esquissent encore un dernier baiser, est-ce l’heure de la pénitence ?

 

Je porte la crue rebelle de mes illusions.

 

©Nicole Hardouin

 
 
 
 
 
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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 06:38
JE VOIS DES ODEURS 55 par 54 huile sur toile GIL POTTIER

 

 
 
 
Combien de lèvres ont- elles lissé votre prénom
combien de lèvres l’ont mordu
combien de lèvres lui ont donné corps ?
Sous chaque bouche l'homme est nouveau
l'homme est premier
l'homme se redécouvre, renaissant, ultime.
Vos mots m’ont troublée
étrange douceur  enveloppante
pétales.
Respiration, oxygène.
Mots de nuit, hors temps
virtualité et réalité, être, non-être
intelligence du dire, intelligence de la peau.
Est-ce ou n'est-ce point ?
Au creux du corps
au large du cœur vos élans d'homme
j’ondule dans votre lente montée.
Gorge à gorge
naufrage de salive
spasmes, sueur, sperme.
Vos syllabes de feu à mes lèvres.
                Ma bouche festoie.
                Avons-nous rêvé ?
 
©Nicole Hardouin
 



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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 06:27
©Huile sur toile du Gil Pottier

                        

 

 
 
C’était à la saint Barthélemy
un soir d’été finissant.
 
La lumière plus blonde
trouait les aiguilles du crépuscule
allongeant la ponctuation d’une fin de chapitre.
 
Ta peau sentait la lavande et les mangues juteuses
tu mordais à pleine chair
au grésillement de mon corps
 
                            alcôve de baisers
                        repaire sans repère.
 
                        Rapière en bandoulière dans la brisure du soir
                sur la pointe des premières feuilles rousses
tu t’es éloigné seul
                dans un soupir de péché repu.
            
                        Enveloppé de nos secrets inachevés.
                 l’air exhalait une odeur de sauvage gourmandise.
 
                      Psaume de tempête.
 
La nuit s’est déchirée dans un éboulement d’impatience.
 
                     Je reste la vigie de tes éclipses.
                           
©Nicole Hardouin
 
 
 
 
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