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22 août 2022 1 22 /08 /août /2022 06:48


 

 


Fibres clandestines effleurées, fleurs d’eau
prêtes à éclore, fruits à mordre en lents creusements.

    Calligraphie de la tentation.

    Les fortifications se lézardent. Je vous observe,
vous butine. Ma chair cueille vos étamines. Mes lèvres
s’égarent à l’équinoxe de vos nacres.

    Fournaise.

©Nicole Hardouin.
In Fontaines Carnivores, éditions L.G.R, Paris
 
 
 
 
 

 

 

 

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28 juin 2022 2 28 /06 /juin /2022 06:56
www.artistespourlapaix.org. Le poème sans fin rêve de paix

                                           
 


Poète tu as soif, soif de souffle, soif de transcendance, tu hésites dans les éboulements de tes délires, de tes émotions.
Tu es aux aguets dans les échos de la glaise primitive, tu écris sur le sable mouvant de ta vie pour escorter un phare lointain qui t’écorche  t’éblouit, te fascine.
Fou génial, insatisfait permanent car aussi loin que la science recule ses frontières, on entendra courir la meute chasseresse du poète.
À la fois marbre et sculpteur, vin et eau, obscure ivresse, passons ronces et épines pour trouver la trouée lumière noire, brasier de la  source.
Nous sommes adossés à l’arbre de la Connaissance, secret lumineux.
Poète à la meute hurlante, l’hallali n’est peut-être que l’explosion réussie de la mise à mort de l’énigme créatrice.
Grand veneur lâche tes chiens donc tes mots, éclatent les émois.
Féconde tes pulpes, transmue tes sucs, fais germer tes élans, fruits que je croque pleines dents.
Entends-tu le bruit sec de la morsure lorsque j’y plante mon désir ?

 

©Nicole Hardouin        
 
 
 

 

 

 

 

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4 mars 2022 5 04 /03 /mars /2022 06:17

 

Histoires Courtes

 

Préface de JEAN-PAUL GAVARD PERRET

 

 

Éditions

 

 

À mon amie Béatrice Rolando

 


L’escalier qui mène vers le haut
de la tour ne se trouve pas forcément dans la tour elle-même
Jean Markale

 

 

 

PRÉFACE

 

 

 

Traversée des temps, armoiries de l’amour

 

 

Nicole Hardouin invente une suite de « terres » à la fois sentinelle et hors limite. La langue classique et impeccable relève la tête tout en osant la guillotine. L’auteure, pirate autant que châtelaine, sous prétexte de contes qui appellent une langue roide, la tord comme elle travestit le genre mais sans la moindre ostentation. L’humour est là, l’érotisme ne manque pas (euphémisme). Mais tout en retenu - du moins tant que faire se peut. Dans sa folie douce chaque fiction sort d’un lit de sagesse. Les syllabes sont en émoi et si elles ne ramèneront pas dans cette couche elles créent un vrai plaisir pour les sybarites. Ils ne peuvent que se laisser troubler par Nicole Hardouin, ses dialogues ironiques, ses histoires troubles, ses temps disparates et de mystérieux paysages. Le bleu de leur horizon ne s’éloigne pas lorsqu’on le touche. Il demeure même lorsque fond la lumière du soir. La poétesse la retient jusque dans l’échancrure de la nuit. Elle devient un oiseau parmi les ombres appesanties et les personnages. Certains y traquent l’espoir en papillons du soir tandis que l’acier électrique des libellules-femmes troublent des amants de passage.

 

La subtilité est omniprésente : des mots sont en avance et d’autres en retard : bizarrement ils sont toujours à l’heure. Mais jamais la même heure. Les contes multiplient des racines pas forcément carrées mais pour des extases imprévues dans le plaisir de la lecture. Nul ne sait si par son délice chaque texte finit par arranger le monde mais les choses y font leurs affaires entre gourmandise et lumière.

 

Il y a rien de comparable dans la littérature du temps. Entre humour et détachement, gravité et allégresse particulier les « éclopés du rêve » sont des êtres debout. Qu’importe les rendez-vous ratés et les fuites. Nicole Hardouin secoue l’indifférence. Qu’importe si pour ses personnages le futur sera toujours provisoire. Entre émergence et effacement, entre cheminement linéaire et torsions temporelles l’auteure feint de réintégrer un ordre dans le désordre. Par sa drôlerie tendre, elle isole encore plus l’isolé et nourrit l’air qu’il respire de ses illusions.

 

Raison et folie font la jonction entre ce qui est et ce qui n’est pas, le réel et l’allégorique. La créatrice reste la sourcière armée de la seule arme essentielle, travaillée et retravaillée : son langage. De la boue des temps il extrait des parcelles d’or et, des arpents du ciel, le bleu cyan. Selon une dynamique onirique et littérale chaque fable donne du monde son jour imprévisible.

 

Jean-Paul GAVARD PERRET

Extraits de LES ÉCLOPÉS DU RÊVE – Nicole Hardouin

 

LIMINAIRE

 

 

Contes que les djinns se chuchotent dans nuits froides du désert lorsque s’endorment les gerboises et s’éveillent les serpents ceux qui vont debout comme à l’origine.

 

Histoires comme s’en racontent les fous qui n’en sont pas, les diables, les gitanes et les poètes, les soirs de pleine lune en croquant les interdits sur les bords des débords.

 

Éclats de vie qui paraissent sans liens ni raison, dans des tremblements de temps. Ils ont pourtant tous la même semence : l’espoir. Mais, éparpillées par le vent, les choses ont leur propre destin.

 

Elles germent en tous lieux sous diverses formes. Elles s’égarent, s’ensouchent selon leur fantaisie, s’incrustent, boursouflent terre, caillasse, désirs, corps pour éclater de façon éruptive jamais comme on le pense et là où on le croit.

 

Mais elles ont un point commun ces histoires qui n’en sont pas, elles sont toutes cernées par les cicatrices du rêve dont la fumée revint souvent comme un songe de vent.

 

Ne sommes-nous pas tous des éclopés du rêve ?

 

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25 janvier 2022 2 25 /01 /janvier /2022 07:24
oeuvre de Max Ernst


 

Mots fractals, mots puissants, braises et cendre, tension dans la pâte du quotidien.   
 
Ecrire c’est accepter de retourner le sablier et conserver les grains de sable sous la peau, fugitives morsures des songes.

 Ecrire c’est aussi accepter la signature de la chair et du sang. Celle qui donne à l’autre un abri pour les nuits d’averse, une carapace pour traverser les ronces du soir.

C’est dessiner avec l’extrême mouvance du mot immobile, le reflet d’une île à travers l’ombre de la vie.

Sur la mosaïque de la mémoire brûlent des scories aux remous plus ou moins perceptibles.

Dans cette intime mythologie s’originent oasis et déserts, monastères et sultanats, mais tout se perd dans la profondeur des estuaires nocturnes, tout disparaît dans des océans sans horizons.

Et pourtant dansent sous mes paupières un phare lointain et lumineux : vos mots.

 Je vogue sur leur reflet à marée haute, à marée basse, nous labourons l’océan.

 Secret de nos feux.


 
©Nicole Hardouin        
 

 

 

 


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19 décembre 2021 7 19 /12 /décembre /2021 07:53


 


Oui, le poète a soif, soif de souffle, soif de transcendance.
 Il hésite dans les éboulements de ses délires, de ses émotions.
Aux aguets dans les échos de sa glaise primitive, il écrit sur le sable mouvant de sa vie avec pour escorte un phare lointain qui l’écorche, le vivifie, le fascine.
Le poète est fou génial.
Grand veneur, lâchez vos chiens.  
La meute hurlante sonne l’hallali, ce n’est, peut- être, que l’explosion réussie d’une mise à mort de l’énigme créatrice.
Grand veneur, lâchez vos chiens. Je vous attends.
Passez ronces et épines, trouvez la trouée, nous possédons la foudre et les éclairs, filets à la reliure des cicatrices
Nous sommes à la fois marbre et sculpteur, vin et eau, éclairs au bleu des veines.
Obscure ivresse.


©Nicole Hardouin
 
 
 
 

 

 

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11 novembre 2021 4 11 /11 /novembre /2021 07:29
« Lilith », par John Collier (1892)


 

 


    Désirée, désirante, inconnue, reconnue,
femme-salamandre qui attise, défie, obsède
émerveille.

 

    Imaginée, respirée, envisagée, dévisagée,
déesse-mère, première femme, n’étant pas née
d’une côte, comme celle qui m’a succédée.

 

    Je ne dois rien à Adam.


©Nicole Hardouin

Extrait du recueil « Lilith, l’amour d’une maudite » aux éditions L.G.R Paris

 

 

 

 


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7 octobre 2021 4 07 /10 /octobre /2021 06:44
Photo : A.R. Mac Neil


 

Dans la sinuosité des regrets
la brûlure a des yeux d’Eden.
Aux berges de l’estompe
crisse le gel.
A contre-mot
a  contre-envol
que reste-t-il des flammes ?
braise dans la chevelure de la cendre
feu vêtu de bure
serpent aux paupières d’opale
jardin sans pommier
à contre temps
à contre cœur
retour au chaos.


©Nicole Hardouin.          
 
 
 

 

 

 

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2 septembre 2021 4 02 /09 /septembre /2021 06:32



la religieuse
                        


À doigts d’oblate
solfier les soupirs
ensauvager les accords
à pas mesurés tracer des îles pour bure déchiquetée
à pas de chanoinesse défaire le chapelet des tensions
avec des grains de tendresse
à mains de moniales sculpter un visage
dans les repentances de la fumée
à courbes d’abbesse allumer la calligraphie d’un cierge
boire les gouttes cireuses
                                ambroisie
à gestes de païenne donner la clé de la partition
fermer le temps
ouvrir l’espace
                                  pour toi.
                                        

©Nicole Hardouin.    
 
 
 

 

 

 

 

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17 août 2021 2 17 /08 /août /2021 06:33

 

Recueil de Kathleen Hyden David

   
                                    
Préface de Claude Luezior
                                  Éditions France Libris, juin 2021

 

                             Ceux qui rêvent éveillés ont connaissance
                             de mille  choses qui échappent à ceux qui ne rêvent
                             qu’endormis. Edgar Allan Poe

 

Depuis l’origine du monde, l’arbre est le fidèle compagnon de la vie de l’homme. N’est-ce point sous un arbre, au jardin d’Eden, qu'Adam et Ève échangèrent leurs premières caresses? Du berceau au cercueil, l’arbre est présent. Trace conservée au plus profond de l’être, taillée dans notre histoire / et qui résonne au cœur de la  nef végétale.


C’est pourquoi souvent, les images de la vie et du rêve se confondent. Tout comme Gounod, inspiré par Goethe dans la nuit des Walpurgis, l’auteure fascinée par les arbres perçoit, dans leur écorce tourmentée, les reclus du temps qui l’attirent, l’inquiètent. D’où cette trentaine de photos pour en garder la trace.


Hésitation des souvenances, jaillissement et métamorphoses du regard.


Les cernes du mirage brisent les barrières du visible pour retrouver le dialogue perdu avec tous ces êtres qui apparaissent devant Kathleen Hyden-David.


Étonnant ailleurs, inquiétants visages aux regards immobiles qui, impassibles, observent, épient dans leur tronc d’arbre pour seul refuge (page 20). Veulent-ils renaître, ou entraîner une proie ? Mais aller à l'envers du miroir est toujours dangereux car le dragon veille et les fantômes, resurgissant dans l’hésitation du devenir, transforment celui qui les voit : ils me rendent étrangères.


Leur écorce est le canevas de quelques âmes errantes, vouivre ou gorgone, c’est une chambre de mémoire qui fascine la poétesse.


Écorce, titre du livre, interroge. Le lecteur peut se demander pourquoi le singulier au lieu du pluriel : chacun aura sa réponse.


Lorsque les alvéoles des branches s’égouttent sur les ombres, l’auteure écoute, en conjurant les puissances d'un au-delà pour en retrouver les racines. Souvent, selon Cesbron, un arbre humanise mieux un paysage que ne le ferait l’homme ;  il faut alors la justesse du regard et la précision du mot pour le démontrer, ce que fait très bien Hyden David.


Les photos sont toutes plus surprenantes les uns que les autres, accompagnées par des textes qui suggèrent le rêve : illusion de rétine / ou rêve secrété / du fond des siècles / troll ou fou du roi, raconte-t-il ses ancêtres ou quelque farces grotesques? L’esprit laisse faire le rêve et quelque dieu généreux / aurait-il mélangé à la sève / quelque gouttes / de génie ?


L’auteure, en créant une image, oriente l’imaginaire du lecteur. Comme le souligne Bachelard : créer une image, c’est vraiment donner à voir.


La forêt manifeste la permanence de la vie. En s'identifiant au monde végétal l’auteure nous fait échapper à notre condition matérielle, à notre individualité périssable. Mais la  vie se nourrit d’interrogations sans réponses. Peut-être en trouverons-nous dans ce recueil ?


Dans cette forêt vit tout un peuple d'ombres, mais rien n'est vain aux racines du ciel. Hyden-David, en ouvrant la forêt au regard, a su retrouver quelques genèses sculptées.


Sur les routes forestières se blottit une vie entre deux mondes. Malgré la rouille des lichens, la sève est toujours jeune : c’est ce que le lecteur ressent en s’imprégnant des photos et en lisant les textes qui les accompagnent. Nous avons ici un dialogue entrent l’énergie cachée des éléments, entre la chair du végétal et la chair de l’homme.


Nous ne saurions terminer cette recension sans souligner l’élégante préface de Claude Luezior qui se glisse dans les failles du soir. Par un flux de l’esprit et une grande sensibilité, ses mots captent les rumeurs de la forêt et soulignent la richesse de ce recueil.

 

Nicole Hardouin
                  
 
 
 

 

 

 

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28 juillet 2021 3 28 /07 /juillet /2021 06:37
Photo : ©SeashellGypsy/Pixabay



Sur une pierre égarée
un clair d’étoile
tisse une plume
pour un oiseau  blessé.
Le silence scelle les paupières d’un amour perdu
le crépuscule interroge l’ossature du  silence
éperonne les marges de l’ombre
ciel en agonie, nudité du vent, mantilles d’embruns
reflets dans les prémisses de l’ombre
oser l’accord des harpes nocturnes
plonger dans la crue des chimères
entaille dans les heures opalines
qui ne parlent qu’aux roses
nuit.
Les pétales du vivre s’effeuillent sur le marbre
dalle funéraire pour une rose fanée.
Seule la tige acérée darde en faisceau
toute l’agressivité de la vie.
La douceur s’est évanouie sous une once de poussière
 dans le vase l’eau s’est évaporée
 le bouquet est d’épines
 pour quelle couronne ?

 

©Nicole Hardouin.  
 
 

 

 

 


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