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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 08:24
Souvenance – Marlène Racine-Toussaint
 
 
 
Pour que jamais je ne t’oublie
J’ai écrit ton nom
Sur les murs de la maison
Sur les arbres du jardin
En souvenir de nos longues marches
Sur le pavé de notre rue
Ou sur le sable rose de la plage
Mais j’ai aussi écrit mon nom
Sur les vagues de l’océan
Pour qu’elles l’emportent vers toi
A n’importe quel ailleurs
Pour perpétuer le souvenir
Afin que jamais tu ne m'oublies
 
© Marlène Racine-Toussaint



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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 08:27
Afrique 1 - Abderrahamane Zakad
 
 
 
Ecoute monter de la lancinante Afrique
La musique intolérable des profondeurs
Qui brûle bout et bat sa pulsion frénétique
Au rythme mélancolique des tamtameurs.
 
Les lianes tentaculaires des rythmes-cadences
L’haleine des griots aux lèvres chaudes de caresses
La chlorophylle, les couleurs chaotiques traîtresses
Le bourdonnement des peaux frémissantes de sens
 
Le Mali ne chante plus car partout ça hèle
Les Manguins, les Ouolofs et les Bakélés
On voit des vents salés des cris dans le Sahel
Les tamtams sont amers et la Cora fêlée
 
Orages du Niger sur la neige des champs de coton
Pluie tant attendue sur les corps qui se trémoussent
Danses africaines sonores en paraphes longs
Beaux nègres du Congo dans le riz qui pousse.
 
Il faut repeupler les forêts d’okoumés et de mots
Semer des poèmes pour étouffer les blasphèmes
Expliquer à bwana* l’âme et le sens de l’homo
Et que l’on ne peut s’entendre que si l’on aime
 
© Abderrahamane Zakad
Alger
 
*bwana: en ouolofs, maître blanc du temps de la colonisation



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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 07:08
 
 
 
 
Cette maman en larmes
Pour toi qui ne mourra pas
Son petit sera sur tes pas
Avec ta plume pour arme…
…….       ……    ……
Homme qui porte son nom
Le neuf a dévoilé ses traces
La vérité n’a pas de surnom
Pour celui qui aime sa place.
……     …….    ……
Année ridée, pleine de haine
Le chauve couve son peigne
Sous la pluie et ses peines
Seul le froid nous renseigne.
……     …….     ……..
Regarde au fond du couloir
De tes yeux prend soins
Avec ses couleurs, blanc, noir
Scrute, murs coins et recoins.
……         ……     ……..
Le beau n’a qu’un seul dieu
Il l’adore de toutes ses forces
Le laid, même jeune déjà vieux
Infidèle quand tout se corse.
…….           ……     ……..
Il y a nuit et nuit
Celle-ci est à vomir
Il y a ennuis et ennuis
Qui se réveille peut courir.
…..      …….     ……
Etre sans être, passoire
Pour toi seul ses vers.
Reconnaître sans voir
Pour toi de sous mon air.  
 
© Mouloudi Mustapha
Alger le 10/01/2015



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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 07:50
Eldorado – Thierry Deschamps
" Mon paradis " MARKARIAN
 


Exister en un monde où régnerait la paix,

Louer cette nature qui nous y recueillerait.

Dessiner un avenir où les peuples s'aimeraient,

Oublier cette haine qui nous affaiblissait.

Rencontrer enfin l'Autre, celui qu'on ignorait,

Aimer, naturellement, ainsi qu'on ne l'osait.

Découvrir ce bonheur que, tant on espérait !

On peut croire à cela, Mais il faut être niais !

~~*~~
 
   ©Thierry Deschamps
 
http://www.jets-de-mots.le-spleen-de-zarathoustra.fr/eldorado.html



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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 07:48
Mal - Annie Mullenbach-Nigay
 
Mal… oui, j’ai mal à l’âme… Je viens d’apprendre le décès brutal d’Annie, chez elle, le 25 janvier 2015. Je veux exprimer ici toute ma tristesse. Nous nous étions rencontrés deux années de suite au Salon du Livre de Paris, les deux fois grâce à son invitation. Elle était généreuse, elle était brillante, elle était une artiste complète.
 
Merci la vie pour m’avoir permis de rencontrer une telle femme, une si brillante servante de la littérature française.
 
Jean Dornac
 
 
* * *
 
 
Mal
Marre
Matin
soir
Mercredi
Mardi
midi
Dimanche
Coincée
Tenaillée
Encagée
Encerclée
Vertébrée
Cervicalée
Décervelée
Déprimée
Comprimée
Comprimés ?
Dormir
Oublier
Et demain ?
 
© Annie Mullenbach-Nigay



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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 08:20
Depuis la nuit des temps – Abderrahmane Zakad
 
 
 
Depuis la nuit des temps, les contes, les chants, la poésie ont été pour les sociétés un moyen pour alléger les souffrances, défendre le territoire, renforcer l’identité et la culture. Dès le déclenchement de la Révolution Algérienne, les autorités coloniales ont procédé à l’arrestation systématique des chantres (les meddahs) dans les douars et les souks, comme en France, au XIIIème siècle les seigneurs interdisaient les troubadours dans les foires. Par leur méthode d’exposer et le contenu de leurs récits, ils alertaient le peuple en  favorisant l’éveil.
 
Au XVème siècle (déjà !), François Villon chantait la liberté. 
Mon seigneur n'est ni mon évêque,
Sous lui ne tiens, s'il n'est en friche
Foi ne lui dois n'hommage avec que,
Je ne suis son cerf ni sa biche
Peu m'a d'une petite miche
Et de froide eau tout un été ;
Large ou étroit, moult me fut riche
Tel lui soit Dieu qu'il m'a été.
 
A quoi sert la poésie ? On pose parfois la question. On pourrait se demander aussi bien à quoi sert un opéra de Verdi, une pièce de théâtre de Brecht ou une saudade. Que c'est beau "El Emigrante" de Juanito Valderrama ou encore Hyzia, ce  poème d’amour écrit par Benguettoune en 1880 lors de la mort de sa belle, Hyzia, fille des ouled naïls (Biskra). Et ces chansons napolitaines qui faisaient pleurer même Al Capone qui retrouve sa "Mamma".  Connaissez-vous les mélopées des femmes du Djurdjura ou celles des montagnes de Yougoslavie ou encore de Bulgarie. Quelles ressemblances dans les mélodies et les invocations de toutes ces femmes si lointaines et pourtant si proche par la manière de conter. Que c’est envoûtant l’Achwiq que lançaient les femmes de Kabylie pour conjurer le sort. 
 
Le premier poème a certainement été chanté dans une grotte du paléolithique par une femme pour endormir son enfant. La création poétique féminine la plus spontanée se rapporte à ce que la mère a de plus cher : son enfant. Plus tard, en tournant le moulin à bras pour écraser le blé ou pour ramasser les olives, la femme, toujours la femme, a suscité un souffle respiratoire en chantant pour apaiser les tentions musculaire dans leurs activités.
 
Les poètes, les écrivains, les artistes ont projeté d’étonnantes lueurs sur leur époque. Sans eux les peuples se replieraient sur la solitude.
 
© Abderrahmane Zakad



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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 08:18
Trois blessures noires – Victor Varjac
 
 
 
Trois blessures noires
sur le corps d’azur…
Trois taches profondes
aux ailes de nuit…
Trois signes croassant
au sommet d’un if…
Trois larmes sonores
et le visage du jour
qui balbutie ses pas
sur le chemin de l’aube…
… Mais qui tresse une couronne
en mensonges d’espoir
en fêlures de vent
au milieu d’un silence
qui se noie dans ses cris ?...
Le voyage commence
et le ciel déborde
les frontières du doute…
L’ombre s’efface
car tout ce qui existe
s’abandonne au grand jeu
de la métamorphose…
Les lignes et les points
par caprice ou défi
transforment leurs empreintes
en cercles sans paupières…
en figures nouvelles
aux couleurs changeantes…
Peinture matinale
d'un paysage hirsute
qui s’étire
sur le seuil précaire
d’un avenir possible
contemplant son chef-d’œuvre
ivre d’un songe radieux
aux mains tendues d’amour !...
… Mais dans la course du ciel
trois blessures noires
trois ailes de nuit
croassent au sommet
d’un if sombre et droit…

© Victor Varjac
Antibes, le 25 juin 2011


Extrait du nouveau recueil de Victor Varjac « Les Fiançailles de l’Aube » aux Editions Chemins de Plume

 
 
 
 
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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 08:06
Je t’aime, m’aimes-tu ? – Béatrice Pailler
 
 
 
Un baiser volé, à tes lèvres, dérobé
C’est un baiser osé, déposé sur tes lèvres de rosée.
 
Ce baiser voulu, à mes lèvres défendues,
Soudain me fut rendu par tes lèvres mises à nu.
 
Sur tes lèvres mes baisers.
 
 Baisers légers,
 Baisers sucrés,
 Lèvres aimées,
 Lèvres salées.
 
Tes baisers sur mes lèvres.
 
© Béatrice Pailler  
 
 


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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 08:00
Conte à rebours – Michel Duprez
 
 
 
J'ai changé mon carrosse doré en une énorme citrouille,
mon superbe attelage en stupides souris,
mon cocher bien dodu en un rat tout ratatiné,
mes six plus fidèles laquais en horribles lézards.
Le jour où Cendrillon disparut pour de bon
et qu'il ne resta plus à sa place
qu'un tout petit tas de cendres,
je me suis rendu compte au bout du conte
combien j'avais perdu au change
et j'ai changé mon fusil d'épaule
en commençant par changer un lapin en chapeau
pour mieux saluer le temps qui passe,
ensuite une statue de sel en blonde incendiaire
pour réchauffer au feu de l'amour
ce cœur plus frissonnant qu'un enfant perdu dans la nuit.
Mais – Hélas, trois fois hélas ! -
l'idée m'est à nouveau venue de refaire le monde.
J'ai donc changé le singe en homme,
l'homme en génie,
le génie en lampe,
enfin la lampe en ce fichu bec de gaz
qui provoqua l'étincelle soupçonnée
- à tort -
d'avoir déclenché la guerre froide.
Alors, en attendant le dégel,
lassé d'avoir vendu tant de sable dans le désert,
j'ai décidé à compter de ce jour,
et ce jusqu'à ce que mes vieux os soient changés en poussière,
de laisser la nature suivre son cours
et de continuer à gagner ma vie
en reprenant mon petit commerce de glaces
au Pôle Nord.
 
© Michel Duprez 
 


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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 08:15
La marche - Djida
J’ai le grand plaisir d’accueillir, aujourd’hui, un nouvel auteur : Djida, Algérienne. J’aime son écriture. J’ai fait sa connaissance grâce à Abderrahmane Zakad. Nous commençons, aujourd’hui, avec un texte en prose et par la suite, je publierai les poèmes qu’elle voudra bien me confier. Jean Dornac
 
 
 
 
 
 
 
      Un jour, alors que Mohand et Zahir étaient entrain de méditer sur leur avenir « en duo », un ami arrive et leur apprend qu’il y aurait une marche le lendemain. Les deux garçons étaient ravis d’apprendre cette grande nouvelle ! Ils allaient pouvoir parler de leurs multiples problèmes, tous leurs souhaits allaient être entendus. Leurs rêves les plus fous allaient devenir réalité. Ils avaient trop de choses à dire. Mohand en avait marre que son père le réveille tous les matins pour qu’il aille se trouver une occupation, ou faire une petite formation et obtenir un diplôme. Zahir, lui, était fâché contre sa mère car elle refusait de lui donner l’argent que son défunt père leur avait laissé. Il voulait passer son permis de conduire, et sa mère voulait qu’il obtienne d’abord son bac. Les deux « enfants » étaient révoltés ; et ils allaient pouvoir le dire enfin. Le dire haut et fort. Mohand veut s’exprimer ; il veut « la paix ». Zahir veut avoir les moyens qu’il mérite. Il a vu une paire de chaussures à 10.000Da ; et le pauvre ne peut pas se la payer ! « C’est des chaussures géniales ; elles sont « Trop ! », elles marchent toutes seules ! « C’est des Puma ya mhainek, tu veux t’arrêter quelque part, tu leur dis « l’arrêt » elles s’arrêtent ! ». Disait Zahir. C’est fini, ils n’allaient plus se laisser faire.
« Demain on ira à cette marche » Dit Zahir.
« Oui on va rovondéké »
« On a le droit de rovon… nos droits »
 Puis Zahir et Mohand se regardent l’air de dire… ça veut dire quoi RO  VON… Mais ils baissent la tête puis ils se lèvent pour rentrer chez eux et se préparer pour la marche.
 
          Le lendemain, les garçons se lèvent très tôt (9h30 !) et partent « revendiquer » ! Ils se sont mis en tenu de combat ; chaussures volantes, jeans a la Justin Timberlake, casquettes a l’envers, téléphone portable dernier hurlement et Mp5 (pour ne pas tomber dans l’ennui, ou pour donner le rythme ; va savoir !!). Et s’il venait à perdre ces gadgets, ils vont le revendiquer tout simplement. Ils arrivent à l’arrêt de bus et après avoir attendu une heure, ils demandent à un passant pourquoi ils ne voyaient pas de bus passer. L’homme leur répond qu’il y avait une marche ! Ils se lancent alors dans une course dont ils allaient certainement se souvenir toute leur vie. Ils arrivent au milieu d’une horde de « marcheurs ». Mais c’était trop calme ! Les marcheurs ne revendiquent rien, ils ont les yeux fixés dans le vide et les colonnes vertébrales bien à la verticale ! Mohand et Zahir qui étaient en position d’attaque (Jambes écartées et…collines… invertébrés…) se regardent et se redressent. Mais ils se disent que cette position n’est peut être pas appropriée, et qu’elle ne va pas avec leur attitude et leurs jeans taille basse. Ils se demandent pourquoi c’est aussi clams ?!
 
          A la maison, le soir venu, Zahir et Mouhand regardent les informations ; on parle de la marche qui a eu lieu dans la journée pour rendre hommage aux martyres de la guerre ! Devant la télévision, le père de Mohand est ému. Il repense à son père qu’il a perdu pendant cette guerre alors qu’il n’avait que dix ans. Et la mère de Zahir se souvient de l’histoire de sa grande mère, morte de chagrin et de honte. Elle avait été violée par un soldat français. Elle se demande si on peut la considérer comme une « Chahida », ou juste comme la femme souillé et violée de la guerre. Tous dévorent la télévision des yeux, L’air pensif, et les deux marcheurs aussi. Mais eux ils essayent de voir s’ils peuvent s’apercevoir au milieu de la foule. Et oui, c’est trop cooool de passer à la télévision.
 
© Djida
 
Coline : pour courbé
Invertébrés : Pour la bêtise de deux jeunes gens
L’arrêt ! pour arrêt, chez nous c’est correcte.
Ya mhainek : Une expression qui veut dire «  réalise ! » ou « regarde les choses en face ! » ou encore «  les chaussures sont trop belles attention ! »
 
 


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