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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 06:37
LA ROSE BLEUE – Pierfetz
 


C' était un chevalier de rêve,
L'élu d'un coeur de damoiselle.
Il chevauchait sur une grève,
Elle volait comme une hirondelle,
 
Mais on n'était plus au printemps ;
La belle saison était passée,
On ne maîtrise jamais le temps.
Les migrateurs avaient laissé
Leurs nids vides depuis la fin mai
 
Le bel automne flamboyant
Partit un jour après moisson,
Se perdre dans la nuit des temps ;
L'hiver pointait déjà à l'horizon.
 
Le Prince qui lui offrit la rose
S'en était retourné au ciel
Et la belle devenue morose
Souffrait d'un mal existentiel.
 
Du sang bleu coula sur la rose...
Depuis ce jour, dans mon jardin,
Le bleu du ciel teinte les roses
Seulement l'espace d'un matin.
 
Toi, la rose aux couleurs du ciel,
Tu as le parfum des amants,
Nectar des dieux, couleur de miel,
La folle ivresse d'un instant.
 
Pierfetz - © 2006
 

 
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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 06:41
Idyles : Les Roses – Marceline Desbordes-Valmore
 
Poème 6 
 
L’air était pur, la nuit régnait sans voiles ;
Elle riait du dépit de l' amour :
Il aime l’ombre, et le feu des étoiles,
En scintillant, formait un nouveau jour.
Tout s’y trompait. L'oiseau, dans le bocage,
Prenait minuit pour l'heure des concerts ;
Et les zéphyrs, surpris de ce ramage,
Plus mollement le portaient dans les airs.
Tandis qu'aux champs quelques jeunes abeilles
Volaient encore en tourbillons légers,
Le printemps en silence épanchait ses corbeilles
Et de ses doux présents embaumait nos vergers.
Ô ma mère ! On eût dit qu' une fête aux campagnes,
Dans cette belle nuit, se célébrait tout bas ;
On eût dit que de loin mes plus chères compagnes
Murmuraient des chansons pour attirer mes pas.
 
Marceline Desbordes-Valmore
 
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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 08:25
L’orphelin – Mouloudi Mustapha
 
 
La solitude n’est pas facile. Pour avoir une simple petite idée, il faut la vivre… L’injustice aussi n’est pas facilement supportable, il faut la subir pour savoir autant son poids que la profonde douleur qu’elle installe en vous… De nos jours, on ne traverse pas les frontières pour voir tel ou tel mal, il faut tout juste ouvrir les yeux et vous serez étonné… Encore faut-il être ce que dieu a créé comme humain libre et non soumis à la lumière tamisée de telle ou telle couloir ou coulisse ou être à la merci de telle ou telle propagande ou encore obnubilé par ce précaire qui empoisonne l’humanité et bien entendu aux ordres de tel ou de tel...
Ici nous n’avons pas de guerre… Ici on n’essaye pas les bombes sur la nature et les hommes. Ici on ne cherche pas à haïr mais, problème, c’est que nous ne  trouvons pas qui aimer d’un noble amour.  Ici nous parlons de tout et de rien et nous vaguons là où l’on peut sans pour autant nous aventurer là où nous n’avons pas le droit… Ici nous n’avons pas de foyers détruits par les bombes mais nous avons des foyers éventrés par la misère. Ici nous n’avons pas de corps déchiquetés par les explosions éparpillées sur les gravats mais nous avons des êtres qui semblent être vivants mais en vérité broyé de l’intérieur ils ne le sont pas… Ici nous n’avons pas d’expansionnistes ou d’envahisseurs au sens propre des mots mais nous avons des démocrates, lesquels au nom de la démocratie nous font tout simplement rêver de ce temps qui fut un temps… Là-bas, on ôte la vie en une fraction de seconde et tout le monde en parle, ici on tue à petit et tout le monde se tait… (Mouloudi Mustapha)
       
 
                      dédié à Adeline Mela
 
 
Privé, le voilà solitaire
Avide d’un tendre regard.
Passants sur cette terre
Nul ne sera en retard.
 
Exclu, le voilà vagabond
A la recherche de l’espoir
Lumière ici, élite de renom
La tombe douche son noir.
 
Sans mère, sans papa
Ouvrez et tendez-lui la main
Ainsi ne le regardez pas
De respect, d’amour il a faim.
 
Sans frère, sans sœur
Aujourd’hui que d’ennemis
De tout et de rien il a peur
Sa vie est une longue nuit.
 
Personne sur qui compter
Sa douleur est ronflante
La haine veut le dompter
Avec sa plaie si profonde.
 
Les larmes, il n’en a plus
Les soupirs, son monde
A son âge, il déjà trop vu
D’indifférents et d’immondes.
 
© Mouloudi Mustapha
Laghouat le 01/09/2014




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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 06:48
Souvenir de mai – Thierry Deschamps
Infographie © Thierry Deschamps
 

Rappelez-vous ce cri qui balaya Paris,
Ce cri de désespoir face à l'hypocrisie
Cet appel à lutter pour vivre libéré
Ces hurlements de cœurs voulant pouvoir aimer !

Rappelez-vous ce cri venant des barricades,
Emportant la morale ainsi qu'une tornade,
Pour mieux semer le rêve d'un monde rendu meilleur
Par la force de l'amour et la beauté des fleurs.

Nous sommes tous des Juifs Allemands !
Rappelez-vous ce cri, celui de ces enfants
Qui espéraient encore triompher du pouvoir
Et rendre ainsi aux hommes la puissance de l'espoir.

Rappelez-vous, ce cri croyait en l'avenir !
Ce cri était rempli de vie et de désir.
Mais il vous terrifiait, et les oreilles bouchées
Vous avez préféré ne pas être dérangé.

Écoutez maintenant le cri de vos enfants !
Nous sommes tous des SÉROPOS !
Écoutez les, s'il en est encore temps
Ou, envisagez le Chaos !

~~*~~
 
©Thierry Deschamps
 


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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 07:02
Le bateleur – Denise Bernhardt
© Jérôme Bosch
 
 
 
Je te laisse amoureux
Des courbes planes des rivières.
Passeur de rêves
Et semeur d’illusions.
Bateleur qui amuse les foules,
Ou petit homme triste
Crucifié au centre de sa toile,
Et tu t’éloignes enfin
De mon âme dolente
Portant en ton cœur le néant,
Des chemins de hasard.  
 
© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.


 


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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 07:06
AU NOM DE ZEUS – Luce Péclard

http://letrotterdotcom1.wordpress.com/2013/01/31/gustav-klimt

 
 
 
Si j’avais une égide,
Protection merveilleuse
Fixée à mon épaule gauche,
Par la grâce de Zeus
Je serais Athéna,
Invulnérable en mes combats
Qui sont nombreux sur cette terre !
 
Il me suffirait
De lever le bras
Pour protéger de pied en cap
Mon corps avec cette cuirasse,
Et ma main placée en visière
Me permettrait de voir au loin
Tout ce qui bouge et nous menace.
 
Je saurais d’où vient le danger
Dans l’infiniment éloigné.
 
Avant, dans l’infiniment proche,
Il me reste à créer encore
Un bouclier contre moi-même
Et mes démons intérieurs
Imaginés en embuscade
Quand je ne suis pas attentive .  

© Luce Péclard

Extrait du nouveau recueil de Luce Péclard, « Pars si tu peux » aux éditions du Madrier




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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 07:00
Surréelles – Yves Romel Toussaint
 
 
 
Mes nuits se sont évadées
Avec la lune sous les bras
Et mon corps provisoire
Démantèle une nuée d’étoiles
Voilà ce qui me reste de mes amours bavardes
Quand j’ai longtemps
Embrassé des femmes
Qui n’ont pas de bouches
 
© Yves Romel Toussaint          



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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 07:17
Je n’ai plus que les mots – Victor Varjac
 
 
                                                                      A Andrée Satger
 
 
Je n’ai plus que les mots
pour retenir le Temps
les mots toujours en fuite
au fond de l’encrier
des mots qui m’abandonnent
aux mains capricieuses
de cette jeune sève
où vivent les images…
L’heure s’enroule et bat
aux tempes des cadrans
déchirant le sommeil
de ma nuit bien trop frêle…
Je dormirai demain
sur le ventre de l’aube
peut-être retrouverai-je
le repos salutaire
et le mot inconnu
qui traversent le Temps !...

© Victor Varjac
Antibes, nuit du 21 au 22 décembre 2012


Extrait du nouveau recueil de Victor Varjac « Les Fiançailles de l’Aube » aux Editions Chemins de Plume

 
 
 
 
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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 07:25
Mascarade – Béatrice Pailler
 
 
 
Verrons-nous un jour le vrai visage des choses crépusculaires,
Celles qui dansent dans le poudroiement de la cendre funéraire.
Au bûcher les os, blancheur d’émail,
Joyeusement se chamaillent.
 
Entendrons-nous les cloches mortes, le cri troublant de l’ossuaire,
Glas et tocsins, la voix viciée des longs suaires.
Les grelots des fous, des épouvantails,
Ebréchés et fêlés sonnent ferraille.
 
Alors nous toucherons la vérité, dessous le voile tutélaire,
Celle gravée dans la cire molle de l’ivoire mortuaire.
Pèlerine funèbre, noir camail,
La nuit pour nous chante funérailles.
 
© Pailler Béatrice
2014
 
Texte paru dans l’Eveil du Myosotis
Anthologie de poésies contemporaines
JP Béchu et M Chamon les Editions du Net



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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 07:46
INVOCATION – Alphonse de Lamartine
 
 
 
O toi qui m'apparus dans ce désert du monde, 
Habitante du ciel, passagère en ces lieux, 
O toi qui fis briller dans cette nuit profonde 
Un rayon d'amour à mes yeux ; 
A mes yeux étonnés montre-toi tout entière ; 
Dis-moi quel est ton nom, ton pays, ton destin : 
Ton berceau fut-il sur la terre, 
Ou n'es-tu qu'un souffle divin ?   
 
Vas-tu revoir demain l'éternelle lumière ? 
Ou dans ce lieu d'exil, de deuil et de misère, 
Dois-tu poursuivre encor ton pénible chemin ? 
Ah! quel que soit ton nom, ton destin, ta patrie, 
O fille de la terre ou du divin séjour, 
Ah! laisse-moi toute ma vie 
T'offrir mon culte ou mon amour.   
 
Si tu dois comme nous achever ta carrière, 
Sois mon appui, mon guide, et souffre qu'en tous lieux 
De tes pas adorés je baise la poussière. 
Mais si tu prends ton vol, et si, loin de nos yeux, 
Soeur des anges, bientôt tu remontes près d'eux, 
Après m'avoir aimé quelques jours sur la terre, 
Souviens-toi de moi dans les cieux!
 
Alphonse de Lamartine  
 
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