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14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 06:32
Photo J.Dornac©

 

 
 
 
Tu n’es qu’une petite féline
Au regard  très malin
Assurément coquine
Devant l’Éternel et les humains !
 
Va donc savoir pourquoi
Ton ronron ne m’a pas laissé froid
Tu as touché mon cœur
Pendant quelques mois, tu as fait mon bonheur…
 
Chez les chats, tu es une dame
Et comment en douter
A voir ton allure et ton charme
Les mâles ne peuvent que craquer !
 
Aujourd’hui, tu es partie au loin
Nous ne nous reverrons point…
Au fond de mon cœur, tristesse
Au fond du tien, détresse…
 
Te souviens-tu de moi
Quand j’étais ton seul ami durant des mois ?
Te souviens-tu, toi sur moi te reposant
Et moi, tendrement te regardant ?
 
Je ne peux oublier la tendresse de tes yeux
Tant ils semblaient dire sous mes caresses
Que je t’apportais quelque chose des cieux
C’était en quelque sorte comme notre messe…
 
A jamais, tu me manqueras
Toi, l’amie de mon frère !
J’espère qu’à nouveau tu le charmeras
Qu’il sera ému en te caressant, ma chère…
 
Jean Dornac©
Lyon, le 13-05-18



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6 mai 2018 7 06 /05 /mai /2018 06:12
©Calligramme de Robert Bonnefoy
 
 
 
 
COMMENT laisser mourir le cœur de sa famille,
PENSER que ses petits n'ont besoin que d'argent
LE ''reste'', s'il en est, n'étant qu'une gambille ?
MONDE fou sans jalon où tout est astringent
SI un écueil paraît d'une simple broutille
 
ON se tourne le dos, on divorce et se pille,
NE recherchant d'abord que son plaisir urgent...
SAIT on qu'en découchant le foyer s'éparpille,
LE nid est déserté, l'oisillon, indigent :
REVER pour un enfant n'est pas d'être une bille...
 
©Robert Bonnefoy
 
Acrostiche en calligramme (Voir la composition ci-dessus)




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5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 04:07
Le tableau de Louis Delorme

 

 

Contrepoints, vol.III : Poètes citoyens
de Louis Delorme et Jeanne Champel Grenier
Editions France Libris, 2018
 
 
Et si, dans le cycle infernal que nous avons engendré, les arbres se mettaient à cracher de la fumée ? Comme ça, par je ne sais quelle tendance, quelle mondialisation, quel profit. Question de mode, pour épouser un noir/blanc ambiant, un non-figuratif omniscient, pour faire "chic", bobo, par déférence à un amour d'Hiroshima ?
Juste pour tatouer notre future ex-planète bleue, afin d'effacer le vert pomme un peu vieux jeu de ses vergers, les camaïeux de ses frondaisons, ses arcs-en-ciel démodés. Oui, une fumée de tous les diables, âcre, bien toxique, qui vous prend aux tripes, nourrie par Lucifer en personne, à Seveso, Bhopal ou ailleurs.
Ah, respirer à plein poumons du soufre saupoudré de nanoparticules, de l'isocyanate de méthyle ou un bol de charmante dioxine ! Au lointain, dans ce tableau réjouissant qu'affectionne notre amie Lilith, une main, un bras, un seul : qui fait coucou, saluant la révolution grise. Ou qui crève : pas grave, l'humanité s'est éteinte. Et vive la modernité !
Voilà quelques lignes jetées en son temps devant la gravure néo-expressionniste de Louis Delorme (ci-après). Détail croustillant, ce tableau date de 1971 et prend sans doute, de nos jours, un sens prophétique.
Une fonction du poète n'est-elle citoyenne ? Celle d'un lanceur d'alerte devant l'incurie de nos civilisations qui, parées de leurs technologies, ont déjà généré tant de désolations. L'artiste, en un saisissant raccourci, s'empare de ferraille et d'un tuyau pour symboliser Le retour du soldat. Capitale de la douleur d'un Eluard ou Machines de Tinguely ? De son côté, Jeanne Champel Grenier  évoque les déchirements sanglants de Verdun et la fatale solitude de l'Otage. Par ailleurs, le Cycle infernal de Louis nous ramène à Bosch, tandis que sa Clef fait mine, à la Dali,  d'ouvrir ou de fermer une porte brisée.
En contraste, l'on perçoit, au-delà de ces figurations, (comme le disait Armand Niquille qui, lui aussi, a peint la guerre de manière crue), au-delà de ces mots cabossés... l'existence renaissante :
 
Capter les petits riens du tout
Les bouts vivants qui font un tout.       (Jeanne)
Car, poursuit-elle, nous sommes noirs de vie, en nous grouille le monde.
Son pinceau, tantôt couleur aquarelle, tantôt chargé de soleil et d'épaisseur humaine, trace une route d'espérance pour son concitoyen mais s'inspire également de ces peuples autres symbolisés par Des poupées de chiffon aux laines bariolées / Qui nous donnent le ton et le goût de lutter (Le grand Pamir) 
Grammaire nouvelle, ici, ailleurs ou au mitan de forêts amazo-miennes, syntaxe amoureuse de l'aube, mots tendres : nos vies ne devraient-elles être huîtres perlières ? 
 
Qui ne doutent jamais de rien
Et se donnent un mal de chien
À transformer les sablières
En perles de nacre princière       
Jeanne, avec sa verve, la brillance de sa touche picturale et des étoiles chevillées au cœur, irradie d'optimisme.
En miroir, le regard acidulé de Louis dans un dernier autoportrait: fenêtre ouverte, personnage contemplatif, sablier, manuscrit, palette. Tout un monde résumé, son monde encore en jachère... Il y a peu d'écart entre nos partitions, résume-t-il. Alors que son Bouquet fantastique semble être imprégné par les  teintes chaleureuses de Jeanne.
CONTREPOINTS : écriture polyphonique. Langage musical. Superpositions de lignes mélodiques, chuchote le dictionnaire. Sur ces portées de vie, dans ce triptyque brossé à quatre mains, vibrent sans cesse l'œil acéré de Jeanne Champel Grenier et celui de Louis Delorme. Qui font appel à tous les poètes et artistes citoyens mais aussi à tout être porteur d'espoir et de lumière.    
                                           ©Claude Luezior
                                           Extrait de la préface du vol. III de Contrepoints

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4 mai 2018 5 04 /05 /mai /2018 06:26
 
 
 
 
Un souffle mystérieux
Caresse le sable,
Esquisse le poème de nos pas,
Empreintes légères gravées
A l’écho de deux voix.
Derrière moi,
Le vent a déjà effacé les traces
Mille fois écrites
Sur le parchemin de ma vie.
Je ne me retourne pas.
Capitaine lucide en partance
Vers un pays des sens révélés,
Je dessine un voyage en devenir,
Rêve ineffable
D’une réalité pensée,
Indicible.
De petites gouttes cristallines me pénètrent,
C’est une rosée qui effleure le cœur et l’âme,
Nourrit la fleur fragile,
Aux racines infrangibles.
Essences à la fragrance d’un instant,
La myrrhe et l’encens ont un goût d’éternité.
Rencontre inespérée
Du Petit Prince dans le désert ocré,
A l’orée du couchant.
 
©Nicole Portay
 
Extrait du recueil « Entre rêve et réalité, le reflet du silence »
aux Editions les Poètes français




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3 mai 2018 4 03 /05 /mai /2018 06:31
Où sont-ils les marins sombrés dans les nuits noires ? - Détail d'un dessin de Victor Hugo
 
 
 
 
 
Oh ! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis ?
Combien ont disparu, dure et triste fortune ?
Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
Sous l'aveugle océan à jamais enfoui ?
 
Combien de patrons morts avec leurs équipages ?
L'ouragan de leur vie a pris toutes les pages
Et d'un souffle il a tout dispersé sur les flots !
Nul ne saura leur fin dans l'abîme plongée,
Chaque vague en passant d'un butin s'est chargée ;
L'une a saisi l'esquif, l'autre les matelots !
 
Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues !
Vous roulez à travers les sombres étendues,
Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus
Oh ! que de vieux parents qui n'avaient plus qu'un rêve,
Sont morts en attendant tous les jours sur la grève
Ceux qui ne sont pas revenus !
 
On demande " Où sont-ils ? Sont-ils rois dans quelque île ?
Nous ont' ils délaissés pour un bord plus fertile ? "
Puis, votre souvenir même est enseveli.
Le corps se perd dans l'eau, le nom dans la mémoire.
Le temps qui sur toute ombre en verse une plus noire,
Sur le sombre océan jette le sombre oubli
 
On s'entretient de vous parfois dans les veillées,
Maint joyeux cercle, assis sur les ancres rouillées,
Mêle encore quelque temps vos noms d'ombre couverts,
Aux rires, aux refrains, aux récits d'aventures,
Aux baisers qu'on dérobe à vos belles futures
Tandis que vous dormez dans les goémons verts !
 
Bientôt des yeux de tous votre ombre est disparue.
L'un n'a-t-il pas sa barque et l'autre sa charrue ?
Seules, durant ces nuits où l'orage est vainqueur,
Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre,
Parlent encore de vous en remuant la cendre
De leur foyer et de leur coeur !
 
Et quand la tombe enfin a fermé leur paupière,
Rien ne sait plus vos noms, pas même une humble pierre
Dans l'étroit cimetière où l'écho nous répond,
Pas même un saule vert qui s'effeuille à l'automne,
Pas même la chanson naïve et monotone
Que chante un mendiant à l'angle d'un vieux pont !
 
Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires ?
O flots ! que vous savez de lugubres histoires !
Flots profonds redoutés des mères à genoux !
Vous vous les racontez en montant les marées,
Et c'est ce qui vous fait ces voix désespérées
Que vous avez le soir, quand vous venez vers nous...
 
Victor Hugo
 

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2 mai 2018 3 02 /05 /mai /2018 06:26
 
 
 
 
 
Quand tu demandes merci,
Vaincu par trop d’amour,
Et que tu viens faire naufrage
Entre mes bras,
Mes mains caressent
Doucement tes cheveux
Et je veille la vague régulière
De ton souffle d’enfance,
Pendant que s’ébauchent en moi
De sourdes ambivalences.
En ces instants de plénitude
Toute ma vie est suspendue
A l’abandon confiant de ton être,
Que berce la nacelle nue
De mon âme.  
 
 ©Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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1 mai 2018 2 01 /05 /mai /2018 06:45

 

 
 
 
Chacun se taille une ouverture,
Vaille que vaille,
Bon gré mal gré,
 
Se défriche un petit lopin
Et l’ensemence
A sa façon,
 
Espère entre mille possibles,
Une récolte
Unique à lui,
 
Ne voit pas qu’il est dirigé,
Pantin docile
Au bout des fils !  
 
 © Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier

 
 
 
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30 avril 2018 1 30 /04 /avril /2018 03:58
Image extraite du merveilleux film « Le peuple migrateur »
 
 
 
 
Entre nuages et étoiles 
s'avance un flux hiératique
 
silence
délivré de sa cote de maille
 
silence 
aux milles mots
qui se liquéfient
 
mon silence
coule, s'écoule 
 
libéré d'un baillon 
de ronces, de feu, d'épines
 
il s'enroule, se déroule 
entre les vols d'oies sauvages
 
opulence d'un monde retrouvé
cri mutique 
dans le devenir d'une comète
M'entends-tu ?
 
©Nicole Hardouin




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29 avril 2018 7 29 /04 /avril /2018 06:45
 
 
 
 
Tout à coup
la lumière pâlit
et se mit à trembler
ce furent les premiers signes
d’une fièvre étrange…
 
Saisies d’étonnement
les demeures des hommes
lancèrent une pluie de volets
contre le crépuscule !...
 
Ainsi la peur de l’ombre
creva l’œil de chaque fenêtre
effaçant d’un seul geste
le sourire des vitres
avec ses mains de bois !...
 
Tandis que
patiente et silencieuse
la nuit ramassait
chaque graine sombre
et jetait sa moisson
aux ténèbres voraces !...  
 
© Victor Varjac
Antibes, 4 mars 2000

Extrait du recueil « l’Homme Imaginaire » aux éditions MELIS




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28 avril 2018 6 28 /04 /avril /2018 06:44

 

 
 
 
Jeunesse et printemps.
Amours et beaux jours.
Que de bons moments,
A chacun son tour.

L'un tombe en sommeil
... et passe le temps.
L'autre se réveille
... et souffle le vent.
 
Chacun s'émerveille,
Quand il vit d'Amour,
Et croit au soleil,
Qui revient toujours.
 
Moi, j'aime aussi la pluie
Fraîche pluie de l'été
Elle vous tombe sur le nez
Et verdit la prairie
Chaque feuille en reluit.
Le ruisseau est ravi.
Et petite grenouille,
Prend sa douche et se mouille.
 
P.F.©
 
                                                                                     



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