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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 06:57

 

 

Me heurtant aux portes des délices du jardin, j’entends :

 

                                         «  Eurydice ! Eurydice ! »

 

Le terrasse des Feuillants demeure abandonnée, seul y résonne le chant d’un merle ; son écho revient, tout frémissant à l’appel du printemps.

 

De mon livre ouvert, un mot couleur bleu pervenche ouvre le chemin de l’imaginaire :

 

Dans la fièvre ottomane apparaît l’Orient brodé de fils d’or et d’argent sur ses vaporeuses sépales,

 

L’aloe vera envoie sa tirade de verts sur une terrasse de Riyad,

 

Baignée de lumière, la rose de Chiraz s’évanouit de tendresse sur une rime de Saadi,

 

Eclose près de la rivière des parfums à Hué, une fleur de frangipanier change brume et nuage en aérienne extase,

 

Une cantura à Lima vient défier la faille de Nazca,

 

Un billet doux s’est glissé sous les larges pétales d’un hibiscus à Hanga Roa,

 

La délicatesse d’un bougainvillée chante la poésie de Pablo Neruda sur une colline de Valparaiso,

 

Sous la blanche touffe de jasmin, le chemin de Capri grimpe vers l’azur,

 

Une fleur d’olivier frissonne, emportée au vent des moulins de Santorin,

 

Au pied du mont Ida, le rouge puissant d’un grenadier éclaire le village d’Anoya,

 

Sur la soie de l’iris, l’ange gardien de mystérieux amours veille à Bagatelle.

 

A l’appel d’un désir, prêt pour l’idylle, Orphée retrouve Eurydice.

 

Qu’il fait bon sur la ligne courbe de la danse du printemps.

  

©Roland Souchon

www.rolandsouchon.com  

  vendredi 26 mars 2020

 

                                                                                  

Sources : https://www.rolandsouchon.com/jardindorphee?utm_campaign=a2091faf-636a-4980-af9c-3e8add892bf5&utm_source=so&utm_medium=mail&cid=1c88a910-7c00-4680-9f71-2ff44740a191

 

 

 

 

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4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 07:19
Collage, œuvre de Michel Bénard©


 

 

 

Vivre ! Il faut vivre.
Et je te vis,
En profonde sublimation
Telle une offrande,
Un lien de compagnonnage,
Un serment de confrérie,
Etrange complémentarité,
D’ une flamme jumelée
A l’aura irradiante,
Dont la seule singularité
Et la rare préciosité,
Ne font que conforter l’authenticité
D’un sceau symboliquement scellé.
Et je te vis,
Comme un ralliement  autour
D’un grand chêne séculaire
En terre féconde de poésie.
Vivre ! Il faut vivre.
Et je te vis,
Comme la promesse merveilleuse
D’un rêve à peine éveillé.

©Michel Bénard.
 
 
 
 

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3 juin 2020 3 03 /06 /juin /2020 06:25
Photo : « Voyage à Kamouraska » août 2005 de Ode©

 

 

 

 

 

 

Solstice d’été 21 juin 2005

 

Un grand vent du sud s’est levé sur Port-Joli.  L’été arrive avec son cortège de vents chauds et rafraîchissants à la fois, comme douce brise.

 

Ce matin, levée tôt comme à mon habitude, je suis sortie respirer cet air sain, cet air qui sent bon les essences des arbres et les parfums des fleurs.  Le soleil au rendez-vous de l’été me fait signe d’aller marcher dans le silence du vent de Port-Joli.

 

J’ai marché jusqu’au port.  Le vent a arraché mon petit chapeau de toile. Après l’avoir attrapé, il m’aura fallu le tenir pour ne plus qu’il s’envole. Je me suis assise sur un banc du quai et j’ai laissé mon fleuve m’envahir jusqu’à l’âme.  Douces retrouvailles.  Perdue dans mes pensées, tu m’accompagnais, tu voyais tout ce que mes yeux intérieurs ressentaient.

 

Port-Joli t’accueille mon Frère

Comme mes bras t’accueilleront

Je suis ta Sœur Âme

Au rendez-vous des amours et des passions,

 

Fleurira alors

La Fleur de Lys du Pays

Sur les vagues du temps

En hors-temps… toi et moi

 

 

Peu de touristes en ce moment sont arrivés.  Que moi, que toi, les amants du Fleuve et des Vents.  Girouette des girouettes, Rose des Roses des vents…

 

Ils arriveront le vingt-quatre juin, les touristes… C’est le long congé de la Fête Nationale des Québécois.  Ancienne Fête celtique où on brûle encore un grand feu de joie, le Feu de la St-Jean. Où il y aura un immense feu d’artifices et pas qu’ici  à Port-Joli mais dans tout le Québec qui sera en feu et en liesse.  Nous serons envahis de Québécois fiers et heureux de se fêter.  Trois jours de congé, quatre même pour certains, cela marque le début de l’été.  La Grande Fête païenne du Solstice.

 

Ce que j’aime ce pays, ce que je t’aime quand je sens tes odeurs se rendre à moi de partout, partout en mon âme, partout en mon corps !

 

Ce que j’aime ce coin de pays où je t’y cache en moi, où je te prends et t’envole au-dessus des vents du large pour que tu vois tout, que tu sentes tout, pour que tu m’aimes...  Tu es mon pays intérieur.  Tu es ma part cachée de mon Québec.  Tu es mes origines et je t’aime.

 

Dis, tu l’entends ce vent dans les arbres ?  Tu le vois ce Fleuve tant aimé ?  Tu mesures l’immensité de ce pays, sa beauté, ses odeurs ?  Elles sont pour toi, à toi, tu en fais partie puisque que suis habitée par toi.

 

25 juin

 

Tes bras me porteront-ils

Ton âme me soutiendra-t-elle

Ton corps au mien se soudera-t-il

Amants des temps immémoriaux

Sommes-nous ?

 

Depuis toujours je te connais

Depuis toujours je t’aime

Je t’ai reconnu dans tant de vies

Et encore dans celle-ci

Ma quête

 

~*~

 

27 juin

 

La vie coule doucement

Sur les vagues du Saint-Laurent

Loin de la rumeur

Loin de la clameur

Loin, si loin au pays du Fleuve-Mère

Là où la Vie prend sa Source

 

Là où les herbes ne sont point amères

 

Là où je pense à vous

Loin, si loin du temps et sa course

 

Pays magique où vous venez me voir en rêve

Où comme dans les Fêtes païennes

Nos corps, nos âmes se rejoignent

 

~*~

 

29 juin

 

Réflexion

 

Que ce soit rencontrer l’amitié, l’amour

Que ce soit rencontrer le visage du mensonge

Le visage du mal être et de la descente aux enfers

Rien ne fait différence

On fait toujours face à un humain

Il y a ceux que l’on garde

Que l’on chérit, que l’on protège

 

Il y a ceux qui passent

Il y a ceux qui blessent

Qui s’isolent pour mieux souffrir

Se consolant en se disant que ce sont les autres qui on tort

Ils se blessent en croyant blesser

L’autodestruction fait aussi partie de l’humain

Le grand nombre y échappe

Collectivement cependant, ne sommes-nous pas autodestructeurs ?

 

~*~

 

Autre réflexion

 

Pourquoi aucune déchirure par la brisure ?

Parce que je sais ne pouvoir sauver le monde malgré lui ?

Parce qu’un sentiment est apparu : la pitié

Oh ! pas l’indifférence ou l’oubli mais la pitié

Le dernier sentiment que je puisse avoir pour un humain…

Froide, je reste froide et j’observe la folie à l’état pur

Leçon de vie

 

Il faut d’abord s’aimer pour aimer les autres

On ne donne que ce que l’on a

Autre leçon de vie

 

Il ne faut pas s’abandonner trop tôt à une relation

Qu’elle soit amicale ou amoureuse

Le risque est de se faire vampiriser

Et se faire jeter à la première contrariété.

 

Mais il faut tout de même vivre, et vivre c'est risquer...

 

~*~

 

© Ode

 

(A suivre)

 

Sources : http://zodode.5.50megs.com/Mots_Bleus/carnet_05.htm 

 

 

Création Ode©



 

 

 

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2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 06:26

 

A mon frère que je ne peux pas oublier, aux amis trop tôt partis, et aux nombreuses victimes du covid 19, ici et ailleurs sur notre planète…

 

 

 

 

 

Mon frère, mon ami,

Où as-tu été avalé

Dans quel ventre affamé

As-tu été jeté ?

 

A qui sont les dents

Qui toujours nous dévorent

Quel que soit le temps

Et à jamais sans remord ?

 

Depuis tout petit

Je croyais en la beauté de la vie

Mais depuis que la mort t’a frappé

Je ne sais plus ce qu’est la beauté…

 

On nous a dit que Dieu

Dans sa bonté aux cieux

Veillait sur nous à toute heure…

Juste pour notre franc bonheur ?

 

Il me suffisait de regarder les fleurs

Renaître en splendeur après chaque hiver

Pour croire à l’éternité et sa douce chaleur

Où l’espérance porterait un bel habit vert…

 

 

Comment croire encore en l’amour infini

Lorsque ceux qu’on aime sont emportés au bout de la nuit ?

Quel avenir sinon la certitude de toujours plus de souffrances ?

Je me demande où trouver une bonne vengeance…

 

Il y a tant de questions qui dansent dans mon esprit

C’est un bal endiablé d’où ne sort nulle réponse

J’ai comme l’impression que je m’enfonce

Dans un vaste trou noir, un cannibale sans génie…

 

 

 

Qui m’apportera la paix, cette sœur de la sérénité ?

Qui saura, au bout des enterrements, me consoler ?

Qui saura me prouver que la vie a un sens

Pour qu’enfin, j’abandonne mes tristes défenses…

 

©Jean Dornac

Lannion, le 1er juin 2020

 

 

 

 

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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 06:24
ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

 

 

 

 

 

 

Au long des rues

le silence est un repos

mais ce repos est froid

comme le vent

qui souffle en cette fin de mois

et profond

comme la mort

Marcher courir

pour la distancer !

 

 

* * *

 

 

PARIS COUNFINA

 

 

 

Au loung de la charrièra

lou silence ei un repaus

ma queu repaus ei frei

coumo lou vènt

que bufo en quelo fi de mei

e proufound

coumo lo mort

Marcha coure

per lo distancia !

 

 

* * *

 

 

PARIGI CONFINATA

 

 

Per le strade

il silenzio è un riposo

ma questo riposo è freddo

como il vento

che soffia  in questa fine di mese

e profondo

quale la morte

Camminare correre

per distanziarla !

 

©Béatrice GAUDY

 

Les traductions sont l’œuvre de Béatrice Gaudy  

 

 

 

 

 

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31 mai 2020 7 31 /05 /mai /2020 06:50
proses poétiques de Nicole Hardouin, préface d'Alain Duault, couverture par Colette Klein, éditions Librairie-Galerie Racine, Paris, 2020, 82 p., ISBN : 978-2-243-04536-9



 
 
S'approprier une légende aux racines des civilisations, triturer le mythe comme le faisaient nos classiques, se mettre dans la peau du personnage à la première personne, voici tout un programme que Nicole Hardouin n'hésite pas à risquer avec sa plume de feu.
 
Lilith prend déjà source dans le récit sumérien de Gilgamesh au IIIe millénaire av. J.-C., réapparaît, nous disent les savants (ceux qui savent...), à l'époque assyrienne et babylonienne puis dans la Bible hébraïque, dans la littérature kabbalistique et dans la mythologie grecque. Récurrences fortes, jungiennes peut-être, voire existentielles. Comme si l'humanité ne pouvait s'affranchir de ses démons, comme si toute galaxie ne pouvait scintiller sans la tentation de son trou noir.
 
Première "épouse" d'Adam dont elle n'est pas issue puisqu'elle provient de la même glaise, tour à tour démone, vouivre, succube, "portion diabolique de l'humanité", rebelle à l'autorité du mâle, principe nocturne inspirant les mouvements féministes post-68, Lilith renaît de ses cendres, siècle après siècle, avec une constance étonnante. Osons nous engager dans cette évocation lyrique d'une étonnante modernité.
 
La tentation serait de réduire ce texte à sa seule dimension érotique. Car il s'agit bien d'un combat entre Eros et Thanatos auquel l'humanité embryonnaire est confrontée. On y parle du chaos originel, de métamorphose (terme qui est d'ailleurs l'un des sous-titres de ce livre) d'une respiration primitive, de ténèbres matricielles, de mal se confrontant à tout désir, à toute vie primitive : lointaine et présente, arbre et bûcher, entre le gué du réel et du virtuel, dans la nuit du silence, je vis. On m'appelle Lilith.
 
Il s'agit ainsi d'une Genèse revisitée, d'une liturgie des instants premiers, d'une gestation dans la relation à autrui, d'une transaction entre le néant et la lumière, d'une extravagance entre la structure et le chaos des sentiments, d'une incandescence entre l'attachement et l'avortement spontané de relations humaines. Ainsi, contrairement à ceux qui n'y verraient essentiellement qu'une compétition entre Eve et Lilith, qu'un amour déçu et vengeur de cette dernière, je pense que l'on est avant tout en présence d'une bataille existentielle aux avant-postes de la création. Mais Adam se souviendra-t-il toujours de Lilith ? Visages nés d'une histoire qui porte encore l'aiguillon d'antiques marées, visages qui s'originent en se créant dans le souffle-soufre du temps avant qu'ils ne s'effacent et m'effacent.
 
Certes, Hardouin n'y va pas avec le dos de la cuillère mais son calame convoque toujours une encre hautement symbolique : faire l'amour comme les éclairs dans l'orage, comme les feuilles sous le vent, comme deux esquifs en perdition sous le regard de Méduse, comme des fantômes dans le lit d'un torrent (...) À s'en rendre fou, à s'en rendre sage, ouvrir l'espace du vivre pour une petite mort. Nuit de lave, drap de suie. Dans cet avant-temps, dans ces antiques marées, en ces heures où se cherchent des complémentarités homme-femme, erre une manière d'Amazone qui choisit, repousse, commande, détruit et façonne, qui est jalouse de la trop sage Ève et de ses engeances. Lilith, mortifère, séduit le mâle, l'autre, comme un objet et le nie dans sa procréation.
 
Il faut donc s'accrocher devant les sillons volcaniques de Nicole Hardouin : pas un paragraphe qui ne harcèle le lecteur, pas une plage pour faire divaguer son regard mais des ressacs en permanence. Et cette tension artistique qui vous pousse à la page suivante, cette alchimie du verbe qui vous prend à la gorge, ces jaillissements d'une maîtrise extrême... Qui aime la platitude ou le langage oral (et veule chez certains de nos contemporains) peut en contester le lyrisme tout en admettant que nulle ligne ne cède ici à la facilité. Nous sommes en présence d'une prose tout à la fois "néo-baroque" par l'abondance de ses images, de ses incidences et de ses délires mais aussi, quelque part "romaine", à savoir lapidaire : j'en veux pour preuve ces mots isolés qui concluent une invocation, ces mots cruels "En vain ", "Illusion" fermant le dialogue, l'espoir, le rêve, et qui claquent sur la rétine. Réapparaissent les pensées de l'endroit, celles qui tentent, les pensées-calice qui offrent, les pensées-réverbères, celles qui font mal. (...) L'Éden, mais après ?
 
Cette cosmologie comprend une préface de haute tenue signée par Alain Duault, écrivain et critique musical bien connu et par un tableau de Colette Klein, poète et artiste-peintre, œuvre qui m'évoque précisément la Genèse du temps et de l'espace.

Lilith, l'amour d'une maudite (est-ce de l'amour, est-elle vraiment maudite ?) : un recueil majeur de Nicole Hardouin, gravé dans les chairs à partir d'un thème mésopotamien mais d'une urgence très contemporaine. Avec, comme le dit la quatrième de couverture,  une plume de feu et un langage de plomb en fusion.

©Claude Luezior

 

 

 

 

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Lilith, l'amour d'une maudite, de Nicole Hardouin - Recension de Claude Luezior
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30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 06:30
Photo prise à Kasol en Inde en 2017 par Aman Shrivastava.

 

 

 

 

 

Un ami c'est la porte ouverte

Qui reconnaît ton pas

C'est la possibilité d'un ailleurs

Où tu te sens chez toi

 

Une poignée de mains franche

La chaleur retenue

D'une voix en alerte

Au diapason de ta voix

Des mots pesés qui viennent

Alléger ton chemin fourbu

 

Un ami, c'est un abri

Il y a toujours

De la lumière à sa fenêtre

Toujours un coin de table

Où le pain a bonne mine

Et le vin bon caractère

Un lieu où le silence sonne

Aussi clair que la parole

Avec parfois un mot pour rire

De la pudeur au fond des yeux

 

Un ami, c'est la certitude qui renaît

À la promesse d'un feu de bois

Et du temps qui ne compte pas

Un ami, c'est celui

Qu'on aurait voulu être

Tant il est différent de soi

 

Un ami, c'est quelqu'un qui a besoin

Pour accroître la profondeur de sa vie

De croiser les eaux de la tienne

Et c'est pareil pour toi

Mais tu n'en diras rien

Pour ne pas troubler le fil de l'eau

Des sentiments profonds

À fleur de source, à fleur de peau

 

Un ami, c'est toute la vie un ami

Et même lorsqu'il est parti

De l'autre côté du partage

Il reste assis sur un coin de plage

À l'écoute des vagues de ton cœur

Traçant son nom sur le sable

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

 

Poème ayant reçu l'APOLLON D'OR à Poésie Vivante .VAISON LA ROMAINE . Mai 2015

 

 

 

 

 

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 06:25
Orage, Garajau, Madère – photo Don Amaro

 

 

 

 

Le ciel a disparu

abandonnant la lumière

au galop des nuages

écume de l’espace

qui vole et se cabre

telle une charge effrayante

aux promesses d’infini…

La tempête accroche…

… bouscule… siffle…

… frappe… secoue…

… tire… tourne…

… hurle… broie…

… folles étreintes

où les belles défaillent

mais cachent leurs mystères

dans le secret

de leur chair

trop faible

pour résister…

L’ombre et sa plainte confuse

prolongent… amplifient

la colère de Satan…

L’invisible lutte

se métamorphose

en un ballet terrible

où la démence

semble attirer la Vie…

Le jour recroquevillé

dans sa carapace

baisse les yeux…

secondes extrêmes

où toute résistance

incarne un défi…

Soudain l’Enfer

d’un geste éblouissant

arrache le corsage

de la ténèbre

trop sage

et d’une voix ignoble

égorge le silence

blotti sous le trait bleu

qui forme l’horizon…

La fièvre et le rire

s’emparent

du Maître satisfait

de son entrée en scène…

Alors le diable

de son dard de feu

viole et brise

cette nuit d’Automne

et roule son orgasme

jusque dans les gouttières

et la pluie devient noire

et la forêt suffoque

et vomit son angoisse

jusqu’au petit matin

où l’orage épuisé

bascule

de l’autre côté

de la terre

emportant ses démons

et ses crimes

au fond de sa tanière !...

 

© Victor Varjac

Antibes, 6 novembre 2011

 

Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 06:25

 

 

 

Chaque Homme pense et croit

En ses pas sur le chemin

Sans connaître sa fin,

L’espoir dans le cœur

La prière dans les mains

Les yeux pour lire la vie

Les pieds pour devenir racines.

Chaque Homme ignore demain

Couleur chagrin ou bien soleil,

Innocent enfant qui s’émerveille,

Minuscule univers, il oublie

Que l’Amour est son origine...  

 

©Lydia Montigny

  

Extrait du recueil « Exquis Salmigondis » aux Editions BoD-Books on Demand - Paris

 

 

 

 

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 06:25

 

 

 

 

8 janvier

 

Mais les bruits sont partout. Les étendards sonores

Enserrent la planète en tissant des réseaux.

On ne distingue plus les célestes mandores

Qui ravissaient la terre et son heure en fuseaux.

 

9 janvier

 

La terre se revêt d’une invisible chape

A force de courber sous les modernités.

A ces lois sans pitié, bienheureux qui échappe

En prenant des chemins rarement empruntés.

 

10 janvier

 

Chemins de haute haleine, où me conduisez-vous ?

Au profond des thalwegs, de vallons en collines.

Est-ce avec l’horizon que j’ai seul rendez-vous,

Par-delà les plateaux piquetés de dolines,

 

11 janvier

 

Plateaux au bord du ciel à l’aire littorale,

Continents sous la mer, qu’elle soit d’air ou d’eau,

Crête, nuage, écume en plaine vespérale,

Je vais de l’un à l’autre au gré de mon radeau.

 

A suivre…   

 

© Luce Péclard
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LE GUÉ DES JOURS » aux éditions du Madrier
 

 



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