Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 06:41
Mes 18 ans – Kacem Issad
 
 
 
 
Un temps, un instant
J’avais dix-huit ans
J’avais dix-huit ans et je foulais les champs
J’écrasais ce qui me restait de cette vie
De ce sang qui fait son bout de chemin en moi
Dans mes veines vers un but en vain.
J’avais dix-huit ans
Et à tout bout de champ, je criais ma joie,
Ma foi.
Mais quelle foi ?
Cette foi en la vie ?
Non, en moi.
J’avais dix-huit ans
Oui, je les avais !
Et je dominais tout en ce temps.
 
©Kacem Issad




Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Repost 0
Published by jdor - dans Kacem Issad
commenter cet article
18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 06:31
La roue – Michèle Freud
 
 
 
 
 
Il était une fois une roue, une vieille roue solitaire, qui dévalait à toute allure un petit chemin de terre. Heureusement qu’en fait de vélo, elle en connaissait un rayon ! Sans perdre les pédales, elle évita toutes les ornières, les petites et les grosses bosses, les rochers traîtres, les coups bas des cailloux pointus. Mais la roue n’en finissait pas de rouler en grinçant des dents, et les folles avoines s’agitaient pour se moquer d’elle : « Eh petite reine, qu’est-ce qui t’arrive ? Tu es toute tordue, tes rayons sont fracassés, et sans l’ombre d’un doute, tu me sembles crevée. Il est grand temps de prendre ta retraite ! »
 
Comme elles étaient cruelles ces herbes folles ! Que savaient-elles de sa vie ? Elle avait tant roulé sa bosse, sous le soleil et sous la pluie, dans la neige et dans le vent… Elle était bien courageuse, jamais à plat, jamais crevée. Elle en a connu des chemins et des routes. Elle était heureuse alors, elle rayonnait de bonheur. Il y a seulement un instant, elle savourait l’ivresse de la descente sur une petite route de montagne. Et puis, il y eut cet accident provoqué par un chauffard inconscient. Après ce choc terrible, son compagnon fut projeté en l’air comme un fétu de paille. Le vélo n’était plus qu’un amas de ferrailles. Une roue attirée par la pente quitta le lieu du drame. C’est elle que les herbes folles saluèrent avec cruauté. Pourquoi percer de flèches un cœur endolori ? La pauvre roue, blessée à mort, n’aspirait plus qu’au repos, rêvait d’un coin discret pour y finir ses jours. Soudain, son rêve devint réalité : en bas du sentier sur lequel elle rebondissait, une prairie l’accueillit avec douceur. Et la vieille roue, au milieu de ce champ fleuri semblait une couronne tressée de boutons d’or…
 
©Michèle Freud




Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Repost 0
17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 06:43
Je veux ta bouche savante – Denise Bernhardt
Vladimir Kush
 
 
 
 
 
Je veux ta bouche savante
Butinant mes pollens
Et le miel de ta langue
Jouant les gammes du plaisir.
Je caresserai tes cheveux
Dans la chaleur de mes rives
Se refermant sur toi
Et nous roulerons
Comme une déferlante
Dans les délires de l’étreinte
Où je m’enivrerai de ta virilité
Pour que perle à mes lèvres
Le lait nacré du désir.
 
©Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « Le chant des Nébuleuses », aux éditions JEBCA, collection l’Immortel.




Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Repost 0
16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 06:34
Au large – Luce Péclard
 
 
 
 
 
Sable ou roche, qu’importe ?
Battus des flots ou des rafales,
Nous marchons d’un pas sûr
A la lisière émerveillée,
Ayant quitté les crêtes
Et les névés abrupts,
Descendu les vallées,
Reçu les affluents.
 
Devenus nous-mêmes des fleuves,
Avec au cœur le chant des sources,
Nous voici dégagés,
A marée haute
A marée basse
Livrés tout entiers
Au balancement millénaire

© Luce Péclard
 
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier
 
 
 
 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Repost 0
Published by jdor - dans Luce Péclard
commenter cet article
15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 06:34
Délie l'instant – Claude Luezior
Soul in fire (Âme en feu) de PAVLINA, acrylique et crayon sur papier, 150 x 70 cm
 
                                                                                                                    Poème inédit
 
 
distille encore les miels
dans le vaste alambic
de nos souvenirs
 
élague mes absences
au seuil
de ta porte
 
effleure-moi de tes mèches
pour que mon front
les reconnaisse
 
remplis ta carafe
de ce vin fort
dont tu as le secret
 
ajuste les années-lumière
au regard qui palpite
sous nos paupières
 
délie l'instant
comme on ouvre
la cage de l'oiseau
 
calligraphie
nos errances
en minuscules
 
allume sur tes brèches
le bougeoir
de nos confidences
 
décalque une fois encore
ces mots évanouis
qui nous ont fait vivre
 
dévoile-moi
l'épure sacrée
de tes désirs
 
© Claude Luezior




Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Repost 0
14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 06:34
Pourrons-nous soutenir – Victor Varjac
 
 
 
 
Pourrons-nous soutenir
l’orbite sans regard
d’une force terrible
à laquelle… hélas
seconde après seconde
nous nous sommes livrés !...
 
Vite ! Vite !
Enrichissons nos mains
couvrons notre corps
de ce qui peu à peu
se dérobe à nos vies…
 
Cherchons ces petits riens
qui peignent le bonheur
sur le vitrail des jours…
 
Homme prends garde
l’attente n’enrichit
que l’autre côté du monde… !
 
Chargeons nos bras
d'un bouquet de caresses
dépassons notre cœur
pour offrir davantage…
 
L’éternité s’engraisse
de ce qui nous échappe
car l’amour éternel
n’appartient ici-bas
qu’à celui qui se donne
et qui ne triche pas…

© Victor Varjac
Antibes, le 25 octobre 2000

Extrait du recueil « l’Homme Imaginaire » aux éditions MELIS




Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Repost 0
Published by jdor - dans Victor Varjac
commenter cet article
13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 06:39
Printemps sauvageon – Béatrice Pailler
 
 
 
 
Printemps sauvageon, l’infini est pour toi une source où boire le ciel, une crèche où croquer le soleil. Et l’infini si vaste, impossible à connaître, tu le veux de chair et de sève, comblé de ton être, mais tout ton corps n’y peut suffire. Le monde fini est bien assez grand, il est à toi comme tu es à lui. Le marais fuyant, battu d’un vol farouche, est un autre toi-même. La dune herbée, mamelons doux, flancs sablés, est ce double que tu vénère. Bel enfant, fruit androgyne de la genèse, donne à chacun ta juvénile verdeur, laisse couler sur la terre le lait de ta mère.
Va, en semeur répandre l’incendie.
Va, l’arbre attend, tel un candélabre, ta flamme et le pré, ton pas, foulant, brûlant, le chaume d’hiver.
 
©Béatrice Pailler
Recueil « Sacre » 2016
Revue Les Amis de Thalie
Hors Série Hiver 2016 « Les feuilles du temps »
 
 


Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Repost 0
12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 06:49
Cocktail – Michel Duprez
Octavio Ocampo
 
 
 
 
Encore un petit morceau d’anthologie ? Allez, pour me faire plaisir… Et, s’il-vous-plaît, videz vos vers, que les paroles coulent à flots, ou alors balancez-les nous, qu’on les boive d’un trait après avoir porté un toast à la mémoire des espèces d’anchois passés entre les mailles de nos filets et qui n’ont évidemment aucune chance d’être un jour repêchés. Laissez au Temps le temps de vous juger, aujourd’hui c’est la maison qui régale : champagne à volonté !
Oui, pour toi aussi, la fine fleur, l’oiseau rare. Ah, mais mon cher ami, attends un peu… c’est quoi ce délire ? Un petit four ? Tu appelles ça un petit four ? Moi je dirais plutôt que c’est une vraie cata, ta strophe, et au gratin en plus !
 
©Michel Duprez




Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Repost 0
Published by jdor - dans Michel Duprez
commenter cet article
11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 06:43
Les âmes qui flottent (les poètes) – Djida Cherfi
Louis Janmot – Musée des Beaux Arts Lyon
 
 
 
Nous sommes des âmes qui flottent
au-dessus d’âmes qui se terrent.
Nous sommes des âmes qui virevoltent
dans un monde qui nous perd.
 
Nous sommes des âmes seules en errance,
âmes perdues et solitaires.
En perpétuel état de transe,
nous aimons flotter dans les airs.
 
Seules à se chercher au risque de ne jamais se trouver !
 
Des âmes individuelles
des âmes uniques et sans pareils.
Des âmes seules comme il n’en existe pas
et qui se cherchent dans les recoins
d’un monde qui n’en veut pas.
 
Des âmes qui s’isolent
pour mieux se retrouver et se reconnaître !
 
On se cherche dans un monde trop petit
on se protège dans un univers ou ensemble on grandit.
Ainsi, on rassemble nos esprits et,
on comble ce vide qui nous a unis.
 
©Djida Cherfi,
un jour à la rencontre d’une âme unique !




Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Repost 0
Published by jdor - dans Djida Cherfi
commenter cet article
10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 06:42
Voici revenu le printemps – Michel Bénard
Champs au printemps – Claude Monet
 
 
 
 
 
Voici revenu le printemps,
La terre est en effervescence,
Toute l’arborescence n’est plus
Qu’une explosion colorée
De rose, de blanc, de mauve,
Une fulgurance parfumée
D’essences légères et de sèves.
A la haute cime d’un grand platane,
Au cœur des jeunes frondaisons
Un merle siffle sa ritournelle
Vers l’azur à l’unisson.
De frêles violettes constellent le gazon
Où s’enlacent jonquilles et narcisses,
Secrète une pâquerette s’effeuille
Sous les premiers émois de l’amour.
De parades en roucoulements
Deux colombes amoureuses
Défient le monde innocemment,
Le printemps est revenu.
 
©Michel Bénard




Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Repost 0

Présentation

  • : Couleurs Poésies 2
  • Couleurs Poésies 2
  • : Ce blog est dédié à la poésie actuelle, aux poètes connus ou inconnus et vivants.
  • Contact

  • jdor
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...

Recherche