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26 février 2021 5 26 /02 /février /2021 07:35


 

 


Si ton amour en un instant
S’est sublimé
Comme une langue de feu
Dans la mer
S’il n’a pas résisté
A un tremblement de coeur
Un bouleversement de la chair,
Avant de perdre tout mon sang
Je reprends le voyage
La quête infernale
D’un moment de lumière
Sans pouvoir effacer jamais
Le regard d’un poète,
Où la nuit tourbillonnait
Parmi la semence glacée
Des constellations.

©Denise Bernhardt
 
Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.
 
 
 
 

 

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24 février 2021 3 24 /02 /février /2021 07:31

 

Chronique de Sonia Elvireanu

 

 

Orientaliste, prosateur, essayiste, traducteur de plusieurs langues, Christian Tămaş écrit une prose compliquée, avec une structure épique qui renvoie à la psychologie abyssale, focalisée sur le labyrinthe psychique et mental de l’homme.


Son nouveau roman Un nom sur le sable (Ars Longa, 2021) fait partie d’une trilogie : Le Chevalier noir (1992), La malédiction des cathares (1993). C’est un roman énigmatique où les fils narratifs se mêlent de manière à ne pouvoir se démêler qu’à la fin. Les aventures, les personnages, les scènes sont très bizarres.


Le romancier explore en fiction une maladie psychique qui modifie la réalité et plonge dans l’irréel. Dès l’incipit, le lecteur a l’impression de projection onirique par lieux, personnages, atmosphère, faits et objets étranges. La narration hétérodiégétique se déroule en France, en lieux réels, mais enveloppés dans l’irréalité du rêve. Les personnages ne sont que des fantoches, dépourvus de tout trait individuel, y compris celui principal, un homme sans physionomie, ni nom, un médecin bouleversé par un vécu bizarre. L’auteur surprend ses états contradictoires, ses gestes dictés par ses impulsions et l’angoisse d’une obsession : une femme en blanc, sans visage, un fantôme associé à la mort.


Les lieux traversés, les personnes rencontrées, les aventures dont il est témoin semblent des hallucinations, les projections de son imagination malade. Ils ont l’apparence du cauchemar avec la captivité dans l’indésirable et la conscience qui ne distingue plus entre le réel et l’irréel. Les obsessions envahissent le réel, altèrent la réalité. La femme rencontrée dans le train se dématérialise un instant sous les yeux de l’homme, soumise à la même métamorphose de l’irréel. C’est une femme sans visage, le fantôme de la femme en rouge qui porte accrochée à son cou la clé étrange découverte toujours sur les lieux où quelqu’un disparaît. La même ambiguïté persiste sur décors, personnages, objets, atmosphère.


Une scène se répète comme un motif en peinture : quelqu’un meurt brusquement, le médecin est sur les lieux, le témoin ; une femme en blanc, sans visage y apparaît comme un fantôme, on découvre une clé, celle du pendentif de la femme en rouge qui accompagne un homme étrange. Elle se montre aussi en haut des murailles du Mont St. Michel, son embrassement est mortel.


La suggestion de la mort est présente dans les aventures étranges où apparaissent les deux femmes et les éléments énigmatiques empruntés aux légendes celtiques et orientales : triskel, corneille, louve, clé, eau, lettres mystérieuses sur le sable.


La trame du roman tourne autour de la psychose d’un homme hanté par l’obsession d’une femme en blanc qui trouble sa vie et sa psychologie, et fait de lui sa victime.


Les escapades nocturnes de l’homme semblent des hallucinations oniriques, l’apparence du réel est contredite par l’irréel des aventures, des lieux, des couleurs, par la présence d’un nom indéchiffrable sur le sable.


Le médecin vit le cauchemar de son esprit au seuil de la folie. Il avait tenté de guérir un homme souffrant de gynophobie (peur morbide de femmes accompagnée de haine), mais il s’est « contaminé » de la maladie de son patient, coupable de la disparition d’une femme dont le fantôme le hantait. Il est sous l’effet d’un transfert mental de personnalité du patient au médecin.


Le sujet du roman est donc la psychose, l’attaque de panique transférée au médecin. Les fantoches féminins, en blanc et en rouge, sont les images superposées de deux femmes, l’une du passé, l’autre du présent, confondues dans celle de la vie et de la mort.


À la fin on comprend que le médecin, victime de son patient pendant la thérapie, sera guéri par une femme qui lui apparaît en rêve, mais déformée par l’obsession de l’autre, empruntée au subconscient de son patient. Le fantôme en blanc de ses cauchemars est la femme médecin qui le surveille et le délivre de son obsession par un descensus ad inferos dans son subconscient pour trouver la source de sa maladie.


Le roman de Christian Tămaş explore un cas de psychanalyse, ce qui justifie la présence de l’onirique et du fantastique, l’irréel cauchemardesque où plonge le personnage. Le romancier s’intéresse à la psychologie, au soi profond où gisent les traumatismes refoulés qui peuvent perturber l’existence et déclencher d’impitoyables maladies psychiques.


Le fantastique onirique, l’exploration du soi, l’alternance réel/ irréel, le pathologique sont les éléments spécifiques à la prose de Christian Tămaş. Cela donne à ses romans la structure de labyrinthe, la vacuité des personnages, la focalisation sur leur psychique, la sensation d’irréalité, l’ambiguïté et la récurrence des expériences, la confusion entre la réalité et le rêve.


Malgré l’impression d’incohérence, délire, captivité obsessionnelle, le romancier mène le lecteur dérouté jusqu’à la fin pour lui livrer subtilement la clé du récit habilement imaginé et lui faire découvrir le mystère du nom indéchiffrable griffonné sur le sable, le leitmotiv du roman et le code de la compréhension du roman.

 

©Sonia Elvireanu      

 

 

 

 

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23 février 2021 2 23 /02 /février /2021 07:29

 

 

9 février

Un plan, quel mot choisi, relié à la cible !
Axé sur le futur, de son puissant moteur
Il vise le succès et tout devient possible,
Même ce qui semblait énigme à son auteur.

 

10 février

Quelle énigme m’attire au flanc des routes blanches
Vers les jalons secrets, les relais inconnus ?
Je marche sans arrêt, semaines et dimanches,
Dans mes filets tirant les faits non advenus.

 

11 février

Les filets ramenés sur le sable du temps
Avec leurs éclats vifs, leurs soubresauts d’écailles
Peu à peu moribonds dans le flux haletant,
Un trésor entrevu passant entre les mailles !

 

A suivre…    


© Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « LE GUÉ DES JOURS » aux éditions du Madrier      

 

 

 


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22 février 2021 1 22 /02 /février /2021 08:03

 

 
 
 
Mes racines 
Se sont éparpillées sur
Plusieurs terres, dans
L'amitié du souffle
Et du soufre, dans
L'argile qui se veut
Et la mer et l'air,
 
Mes racines,
Un pourquoi aujourd'hui
Quand le désordre règne ?
Un poète habite-t-il la terre,
Habite-t-il la langue
Dont il creuse les vers,
Un poète habite-t-il ses racines
Et le partage, et la confiance qui sont
L'enfance et l'amitié
Quand elles sont l'ordre rêvé
Qui donne l'espoir,
Un poète, s'il peut,
Enlace le verbe
Et les autres
( L'enfance
et l'amitié que
j'ai dit !)
Quand il en fait
Ses racines et l'air et le soufre !
 
Mes racines 
Sont éparpillées
Sur plusieurs terres
Et l'argile
Que Tu touches
Toi mon ami parmi
Les autres et toute
L'Enfance de notre monde !"
 
©MILOUD KEDDAR
 

 

 

 
 
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21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 07:28

 


Oui, voici mon deuxième recueil ! Il existe grâce à la volonté, au travail et à l’investissement total de Sonia Elvireanu, excellente poète roumaine que je publie régulièrement sur mon blog. Elle s’est chargée de tout ! C’est extraordinaire ! Le choix des poèmes, la mise en page, le contact avec la maison d’édition ARS LONGA, maison d’édition roumaine et la demande de préface à ce cher Claude Luezior !

C’est un pur bonheur, je ne vous le cacherai pas ! A telle enseigne que je ne sais pas comment remercier Sonia pour tout ce qu’elle a fait en ma faveur.

Pour toutes celles et ceux qui souhaiteraient se procurer mon nouveau recueil, je vous demanderai de bien vouloir m’écrire en privé sur twitter ou Facebook ou sur mon adresse mail, si vous la connaissez, sachant que je ne veux pas la publier à tous les vents mauvais des réseaux sociaux…

©Jean Dornac

Lannion, le 20 février 2021  

 

Au carrefour des tristesses - Poèmes - Jean Dornac
Préface de Claude Luezior
Editions ARS LONGA -Roumanie
118 pages
ISBN 978-973-148-364-1
     

 

 

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20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 07:26
Photo Serge Lascar©

 

Bercé
D’un feu si tendre que le ciel s’est troublé
D’un sentiment si doux qu’un rayon de soleil s’y est réfugié.

 

Percé
Au fond de l’âme d’une larme retenue, qui jamais ne s’épand
Cascade interrompue par le souffle du temps.

 

Jardin muet
Jardin secret
Peuplé d’ombre, de tombes froidement alignées
Envahi de silence
De souvenir qui dansent.

 

Il me faut m’en aller la mémoire muette
Ravaler mon chagrin, mes larmes désuètes
Renoncer à t’offrir mes œillets de poète.
Il me faut m’éloigner, te laisser à ta mort pour me perdre à ma vie
Affronter la quiétude qui vient après les cris.

 

Exercice de style
Me voici inutile
Et mes mots, et mes vers je le sais, je les hais et les jette à l’oubli.
Quiconque passera ne les reconnaîtra
Ne les remarquera
Qui sait ?
Même pas toi.

 

©Serge Lascar
Du sang dans l’encrier - Ed. LGR
 
 
 

 


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19 février 2021 5 19 /02 /février /2021 07:26


 

 


Rampent les heures en tapinois
ainsi qu’un funeste tournois.
Insaisissables elles ricanent,
se faufilent sous les arcanes
de nos journées et de nos nuits,
inaltérables et sans répit.
Et dans les instants de bonheur
elles nous trompent, elles nous leurrent
car elles nous guettent constamment
pour nous jeter dans le néant.
Elles sont d’autant plus pernicieuses
qu’elles avancent, silencieuses,
tout en creusant impunément
leur lot d’entailles dans le temps.
Oui, c’est une ronde infernale,
une véritable bacchanale.

©Ellen Fernex        

 

 

 

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18 février 2021 4 18 /02 /février /2021 07:33
Pixabay - kellepics

 

Sur proposition de Michel Bénard, j’ai la joie d’accueillir Véronique Flabat-Piot, vice-présidente de la Société des Poètes Français. J’espère que vous lui réservez un très bon accueil.

 


Comme une aube qui s’étire
    les mots
    se sont effilochés
        dans mon cœur…

L’écharpe vermeille du jour
    emmitoufle
    d’un châle évanescent
    mes espoirs et mes rêves.

Un collier de rosée
    pare mes songes
    de perles d’espérance.

Le souffle éternel
    de la nature
    rythme mon être.

Chaque atome de vie
    converge
    vers cet infini
    de lumière palpable.

            Au terme du parcours
            le Verbe
            recompose la parole.

            Les mots renaissent
            pour colorier l’Avenir
            de leur puissance subtile,
                nuages dessinant
                la phrase
                où fleurissent
                les « Je t’aime ! »…


© Véronique Flabat-Piot
 
 

 


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17 février 2021 3 17 /02 /février /2021 07:29
Commons.wikimedia.org - Takasugi Shinji

 

 

 
 
 
Coeurs vacants
Bruit de talons sur le bitume
Perpétuelle tribune
Et nulle trace de ces passants.
 
Rendez - moi le désert et les dunes
L'empreinte des hommes qui savent se taire
Le sablier du temps, la lune
La terre entière.
 
Votre cœur n'était pas assez grand
Je donne mon amour à la rose des vents.
 
© Leafar Izen
 
 
Extrait du recueil « SOUVENIRS DU NÉANT »
illustré d'encres et acryliques sur toile de Pascale Met
(''Pour ne pas oublier que le néant n'existe pas,
c'est un trop plein...''L .I .)
 
LÉAFAR IZEN vient de publier
chez ALBIN MICHEL IMAGINAIRE
son nouveau livre : « LA MARCHE DU LEVANT »
 
 
 

 
 
 
 

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16 février 2021 2 16 /02 /février /2021 07:14
Tableau de Roland Souchon©

 

Janvier s’en est allé
  Février frappe aux volets
     Laissez moi vous offrir ce bouquet
 
 

Un ciel en exil aux nuages fuyants m’invite à tourner la page du calendrier.
 
La Seine a mis son manteau aux boutons de givre.
Elle déploie son ruban céladon, saluant square Viviani le robinier, vénérable de plus de quatre siècles. Il ouvre ses bras nus pour accueillir la fée des neiges.
 
Vêtu de frimas, le Petit Pont tend son regard vers le prophète :
                             Chemin perdu sur l’horizon des attentes
                                              Nuit glacée, voix égarée
                                                             Buisson brûlé
                                                                         Chimères aux arbres effeuillés
 
Tandis que les corneilles fuient au vent de l’oubli, l’espérance renaît au Pont au Double. ans un ciel blanc de neige se lève une main :
                                    Main muette et transparente
                                    Main lasse à la dérive
                                    Main de maraude
                                    Main de tendresse
                                    Main d’offrande
                                    Main de justice
                 Mains jointes devant les vingt-huit statues des rois de Juda et d’Israël
                 Mains ouvertes vers la grande rosace où demeure l’écho de la flèche
 
Le Pont de l’Archevêché conduit au square Jean XXIII drapé de sa toge d’ivoire. ans son dépouillement, l’hiver dévoile le chevet de Notre-Dame.
Cette hardiesse du Moyen Age nous offre la joie d’être, de comprendre ce que l’homme a crée de plus beau pour n’être jamais seul.
Comment quitter ce lieu magique ?
 
Un vent de neige plisse la Seine jusqu’au Pont Saint-Louis où convergent mille influences.
L’Île de la Cité et l’Île Saint-Louis livrent leurs âmes.
 
Au Pont au Change la Seine porte l’empreinte des passions. ’une rive à l’autre son chant s’élargit jusqu’à la houppelande des bouquinistes.
 
L’heure de vérité sonne Quai de l’Horloge. e glaive et la balance trouvent un point d’équilibre et rendent leur verdict :
                                                  Justice retrouvée
                                                  Neige sur l’arbre de Mai
 
Sous les douze arches du Pont Neuf résonnent les voix de Marquet et de Signac.
Parée de ses plus beaux atours, la Déesse Sequana déroule ses songes le long des berges enneigées de la Seine :
                                                   à Lutèce
                                                        sur le pilier des Nautes
                                                               la Seine se métamorphose
                                                                        en blanche aigrette amoureuse
 
Mes pas crissent sur la neige poudreuse quand s’ouvre la place Dauphine.
Sous la valse des flocons, j’entre au numéro 14.
Près de l’âtre, une Muse écoute Jean Ferrat :
 
          « Quand l’hiver a pris sa besace
             Que tout s’endort et tout se glace
             Dans mon jardin abandonné
             Quand les jours soudain rapetissent
             Que les fantômes envahissent
             La solitude des allées
             Quand la burle secoue les portes
             En balayant les feuilles mortes
             Aux quatre coins de la vallée
 
                                       Un grillon dans ma cheminée
                                       Un grillon se met à chanter
                                                                                           … »

©Roland Souchon
www.rolandsouchon.com  
 
 
 

 


 
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