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26 janvier 2022 3 26 /01 /janvier /2022 07:44


Ce poème figure dans Mais la danse du paysage

 

tous les vains rideaux de nos vies sont nichés
désormais dans une antichambre un repli quelque part
en mer de Thessalie j’ai semé mes ex-voto de galets
peints et de miel sur les mythologies de nos peaux
il y avait des blocs arrondis en plein ciel des cordes
et des échelles pour les mots et tous les élans qui s’accomplissent
on a ri devant le pain de sucre de nos âmes à peine entaillé
par la lame des saisons qui avait sculpté ces parois lisses
contre des arbres debout sur une seule jambe tremblants
séculaires et tout en visions


© Barbara Auzou.                            

 

 

 

 

 

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25 janvier 2022 2 25 /01 /janvier /2022 07:24
oeuvre de Max Ernst


 

Mots fractals, mots puissants, braises et cendre, tension dans la pâte du quotidien.   
 
Ecrire c’est accepter de retourner le sablier et conserver les grains de sable sous la peau, fugitives morsures des songes.

 Ecrire c’est aussi accepter la signature de la chair et du sang. Celle qui donne à l’autre un abri pour les nuits d’averse, une carapace pour traverser les ronces du soir.

C’est dessiner avec l’extrême mouvance du mot immobile, le reflet d’une île à travers l’ombre de la vie.

Sur la mosaïque de la mémoire brûlent des scories aux remous plus ou moins perceptibles.

Dans cette intime mythologie s’originent oasis et déserts, monastères et sultanats, mais tout se perd dans la profondeur des estuaires nocturnes, tout disparaît dans des océans sans horizons.

Et pourtant dansent sous mes paupières un phare lointain et lumineux : vos mots.

 Je vogue sur leur reflet à marée haute, à marée basse, nous labourons l’océan.

 Secret de nos feux.


 
©Nicole Hardouin        
 

 

 

 


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24 janvier 2022 1 24 /01 /janvier /2022 07:38


 

 

L’amour
ce n’est pas toujours
une robe blanche qui ondule,
des anneaux échangés,
un bouquet envolé,
deux vies qui s’enlacent
dans un quotidien lumineux.
Tu as beau le savoir,
quand tu te surprends
à aimer en pays d’adultère,
il est déjà trop tard
tu es devenue Femme bis,
condamnée au secret,
à l’amour masqué
qui ne connaît que l’ombre.
Toi, la Femme bis
tu entretiens ton foyer de silences
avec les soins d’une épouse.
Mais à l’abri
de cette sage apparence,
la passion consume ton existence.
L’amour
ce n’est pas toujours
une robe blanche…


©Kathleen HYDEN-DAVID  
Extrait de « A cœur ouvert » Éditions France Libris 2019    
 
 

 

 

 

 

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23 janvier 2022 7 23 /01 /janvier /2022 07:36
Photo Jdornac©


 

 
... Un petit papillon vagabond, trublion,
s’élance et volette,
se lance à la volette
en faisant des bonds et rebonds
d’un bouton floribond
à une fleur rose-bonbon...
 

©Lydia Montigny
 
Extrait du recueil « Exquis Salmigondis » aux Editions BoD-Books on Demand - Paris
 
 
 
 
 

 

 

 

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22 janvier 2022 6 22 /01 /janvier /2022 08:14

 

Traduit du roumain et préfacé par Dana Shishmanian, 4e trim. 2021
Éd. L'Harmattan, Paris, 96 p., ISBN : 978-2-343-24323-8

Nul doute qu'Ara Alexandre Shishmanian a une plume de poète, bien que celle-ci puisse paraître, au prime abord, acérée, voire vertigineuse. En effet, comme le note justement sa préfacière, il faut entrer dans cette écriture comme dans un monde inconnu, où tout est à découvrir : ne pas reculer devant l'insolite des connexions, ou s'obstiner à chercher le sens dans le seul plan du discours, mais se laisser plutôt porter par le souffle, tantôt syncopé tantôt continu, des mots et des images, tels qu'ils viennent dans leur bousculade en rupture des conventions sémantico-syntaxiques (...)


L'on serait même tenté d'aller plus loin : le propos de l'auteur, que l'on pourrait qualifier de carrément débridé ou, du moins, d'idées verbales en fuite, semble justifier son équilibre virtuel dans le rêve, le cauchemar, voire le mythe sous-jacent.


le poète traîne ses haillons parmi des nids de limites*
ses yeux crient à travers le sang de ses paumes-
des explosions flétries de crépuscules *
personne se croise songeur-
méconnu de lui-même*

 

Ses mots, telles des éclaboussures issues de leurs cavernes, prennent forme en de surprenants jaillissements. Puissance d'images cristallines et contresens naturels s'intriquent dans des mêlées où s'étranglent, pêle-mêle, des vocables rares et des expressions aux limes de la syncope.


Y renaissent et s'y bousculent incantations aux aguets, néant pavé de solitude, clameurs et sirènes.


À noter de curieuses astérisques en fin de lignes, comme s'il s'agissait là d'une ponctuation nouvelle ou d'un code suintant du fond des âges.


Avec un lyrisme hors du commun et que d'aucuns qualifient de post-romantique, Shishmanian évoque, tel un fil rouge, l'amour indicible d'Orphée, l'enfer d'Eurydice, l'inénarrable lien et les failles entre les êtres, au-delà des contingences.


Et l'auteur de conclure :
je scrute -tenant personne par la main-
des amnésies qui dépassent l'anamnèse-
je la vide des pas et de la substance de l'ouïe
où elle s'était incrustée- jusqu'à ce que j'oublie
toutes les différences qui me crucifiaient *

 La poésie, est-elle, quelque part, un espace privilégié pour une fusion inachevée du réel et de l'irréel : lunaisons singulières, prières et vibrations laïques, entrelacs chamaniques de mots et d'absolu en quête de transcendance ?

©Claude Luezior


 

 

 


 
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21 janvier 2022 5 21 /01 /janvier /2022 07:31
Travail personnel, Domaine public, wikimedia


 

              Samothrace a perdu la tête
                les bras m’en tombent dit Vénus
                Prenez-en du poil de la bête
                et laissez là votre rictus

 

                C’est assez dire que pour plaire
                un certain manque ne nuit guère
                Ainsi moi qui ai peu d’esprit
                je compte bon nombre d’amis

 

                On voit combien la bienveillance
                vient à bout des insuffisances
                pour peu qu’elles soient bien portées
                soit dit en toute humilité

 

                ©Pierre Guérande 

 

 

 

 

 

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20 janvier 2022 4 20 /01 /janvier /2022 07:43
Photo Jdornac©


 


au milieu de la fenêtre, l’oiseau et moi,
immobile, il n’est pas conscient de sa beauté,
il est assis sur l’immobilité et se balance dans un air bleu,
je le regarde comme si je regardais la naissance
j'en suis éblouie ;
je t’écris du cœur de son immobilité,
j’ai peur que l’ombre du mot écrit le trouble,
rien ne peut troubler le silence
peut-être l’ombre du mot écrit sur la page blanche…
j’ai appris l’écriture qui ne fait pas des blessures aux doigts,
c’est comme dans une étreinte parfaite
nos doigts sont porteurs de sentiments,
des émissaires du silence,
ils portent en eux-mêmes le fluide de la vie jusqu'au loin, au bout du corps.
je regarde l’oiseau et je me demande :
comment sait-il le bon moment de bouger,
où regarder ?
j’ai envoyé le silence aux quatre coins du monde pour te chercher
et l’oiseau est toujours resté immobile,
mes questions n’ont rien bougé dans son ventre d’oiseau qui reste assis sur les interrogations du monde,
c’est seulement dans mon ventre que le silence prenait corps de plus en plus grandissant
jusqu’ à ce que je l’aie senti bouger et j' ai de nouveau touché au ventre,
cette fois-ci je savais que j’allais devenir porteuse de questions,
toujours absconses, toujours muettes…
entre moi et l’oiseau juste un fluide bleu,
tous les deux, nous sommes assis dans cette immobilité parfaite
où les sentiments coulent ou se dissipent,
c’est toujours pareil,
il suffit qu’on se regarde l’un l’autre,
au moment connu par nous seuls,
nous nous lèverons et partirons,
derrière nous, un nid désert.


 © Elina Adam                               
 
 
 

 

 

 

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19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 07:35


 

 

En premier lieu,
Ils étaient deux
Et, au lieu de
S’arrêter là,
Il en naquit d’autres et cetera...
Et me voilà !
 

© David Chomier
 
 
Extrait du recueil « Soyons Bref » aux éditions Stellamaris
 
 
 

 


 
 

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18 janvier 2022 2 18 /01 /janvier /2022 07:47


 

 

Nous n’irons jamais ensemble
Dans la maison tutélaire
Car je suis l’étrangère,
Le fruit de tes amours traversières.
Pourtant je fais partie de toi
Autant que cette terre
Qui bat dans ton sang
Au rythme des saisons.
Je voudrai respirer
L’air que tu respires,
Vibrer de la même lumière
Emplir mon âme
Des paysages que tu aimes
Parcourus d’invisibles présences.
Et le soir devant l’âtre
Où murmure la flamme
Je m’endormirai
Dans le berceau de tes bras.

 

©Denise Bernhardt  
Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.                              
 
 
 
 

 

 

 

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17 janvier 2022 1 17 /01 /janvier /2022 07:41


 

11 mars
Je préfère arpenter le promenoir des brumes
Sur la scène de l’aube au translucide éclat.
J’y dépose en marchant mon fardeau d’amertumes,
Toute difficulté remise alors à plat.

12 mars
Si la difficulté demeure horizontale,
Elle est changée en route où fleurit mon trajet.
Elle n’a plus sur moi son emprise fatale
Mais devient à la fois la voie et le projet.

13 mars
Chaque voie est en somme ordinaire ou royale
Suivant notre façon de la considérer.
Selon le premier pas, l’influence initiale
Rétrécit la vision ou permet d’espérer.

14 mars
La vision se fait large à ma gauche, à ma droite.
Au-dehors, au-dedans mon espace vital
S’intensifie et croît, quitte la vue étroite.
Le monde en même temps perd son attrait brutal.

A suivre…    


© Luce Péclard
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LE GUÉ DES JOURS » aux éditions du Madrier                            
 
 
 
 

 

 

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