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5 décembre 2022 1 05 /12 /décembre /2022 07:31

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo Ellen Renneboog

 

 

 

 

©Ellen Renneboog

Extrait du recueil « Poèmes pour P. » disponible chez Amazon.     
 
 
 
 

 

 

 

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4 décembre 2022 7 04 /12 /décembre /2022 08:05
Tableau original du peintre Jean-Pierre Moulin

Sur les franges de l’essentiel suivi de Écritures, Claude Luezior, éditions Traversées, 2022, 128 pages, 25 Euros

 

Infatigable poète et penseur, Claude Luezior réfléchit sans cesse à l’Histoire décevante de l’humanité, à ses défaillances et injustices qui persistent au fil des siècles, mais aussi à la poésie et aux poètes qui s’érigent contre le mal de toute sorte dans leur appel au bonheur de la vie.


Son nouveau recueil  Sur les franges de l’essentiel suivi de Écritures est conçu d’une manière particulière, le poète y met ses réflexions en poèmes, effluves de pensées et de sentiments, et en prose poétique. Ainsi la voix du poète renforce-t-elle celle du penseur, la poésie et la métapoésie se donnent la main pour nous faire réfléchir à l’évolution de l’Histoire  toujours tragique et au langage de la poésie au fil du temps.


Son livre s’ouvre avec le « Liminaire », un discours sur le besoin de l’homme de graver son empreinte sur la Terre, de la préhistoire à nos jours, avec les moyens de chaque époque : peintures sur les parois des cavernes, parole inscrite sur les tablettes d’argile ou de cire, sur le papyrus ou imprimée sur papier depuis la découverte de Gutenberg, absorbée par le nouveau langage des médias, globalisé, « sans foi et loi ».


Le poète dessine le visage d’une Histoire qui s’avère « une chanson de sourds » où les poètes, « une érigie de fous », se heurtent aux politiciens véreux, « aveugles », indifférents au langage secret de l’art, une histoire à laquelle il refuse de se plier, dénonçant ses défaillances, ses combats de la mort. La poésie devient alors une sorte d’aube qui sème de la lumière dans les ténèbres du temps historique malheureux. Et le poète s’ouvre tel un coquillage où « luisent tous les désirs ».


Claude Luezior aimerait nous rendre conscients de l’essentiel de la vie, ce don merveilleux que les gens ne cessent de dégrader par leurs envies destructives, par leur orgueil maléfique du pouvoir qui conduit vers l’absurdité des guerres fratricides et abominables.


Sa plume dénonce et interroge une Histoire tragique, de « batailles, traîtrises et massacres », « les affres et les tragédies », « la schizophrénie ambiante » de coloniser, l’avenir en danger, asservi à l’intelligence artificielle qui prend le dessus sur « l’intelligence du cœur ».


Engagé, le poète se fait le porte-parole de la souffrance humaine : il veut avertir sur le danger d’un avenir asservi aux technologies, sur une « agonie que secrètent des siècles d’indolence ». Il ne cesse de questionner l’homme et sa « folie inventive » qui va contre l’homme. Il parle au nom de l’art, de la parole poétique, lave d’un volcan et empreinte de l’existence sur la Terre.


Face à la mort qui guette de partout, car la finitude biologique de l’homme est une vérité
incontestable, face aux horreurs et à la folie humaine, le poète se demande pourquoi il n’aurait pas le droit de régner dans l’Empire de la poésie, de faire de la vie un acte de courage, de dignité, de joie, de se livrer à l’espoir de « délivrer la vie de son tombeau le plus obscur » :
« goûter ce brin de vie
et sa goutte éphémère
 juste à l’instant sacré
me nourrir d’enluminures
prendre la pause d’un émerveillement
quand la fraîcheur
d’un bocage
féconde nos mains
de frémissements.
 »


Le poète s’engage à dire la vérité si douloureuse qu’elle puisse être, mais aussi l’espoir à la vie, sa foi en l’art authentique qu’il oppose au virtuel qui mêle tout, déforme le réel y compris le langage, règne en maître absolu sur un présent asservi. Il le fait à sa manière, avec ardeur, révolte, ironie et sarcasme, incessant combattant sur les barricades du Verbe.


Si dans la première partie du recueil, Franges de l’essentiel, Claude Luezior réunit délibérément poèmes et prose, dans la deuxième partie, Écritures, il nous parle en petites proses poétiques, s’ouvrant parfois à la confession de l’écriture, au tourbillon des mots qui assaillent le cerveau du poète jusqu’à leur mise sur la page sous l’éclairage des phrases qui construisent un sens, car l’artiste « tourmente ses phalanges ». Il réfléchit à l’écriture, « une meute de mots, une émeute à l’intérieur de soi », « un acte dangereux », « une mise à nu avant l’immolation »,  un « acte irréversible où l’écrivant avoue sa condition humaine au bord de sa mise en cendres ».


Dans l’écriture « se tordent les âmes dans l’espoir d’un salut », car le poète joue avec « ses rêves d’éternité », sa plume fiévreuse fait danser les ombres de tout ce qu’il a vécu, ainsi se fait–il acteur et témoin de l’Histoire.. C’est pareil dans la peinture à laquelle Claude Luezior fait souvent référence dans son recueil, mais aussi dans ses essais et dans ses livres d’artiste. Le choix du poète nous semble très inspiré pour la couverture de son livre :  la peinture de Jean-Pierre Moulin illustre à merveille la tourmente intérieure d’où jaillit la création.


Sonia Elvireanu
   

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3 décembre 2022 6 03 /12 /décembre /2022 08:12



    Soigneusement dissimulée, pendue à sa patère, nombreux sommes- nous à posséder une robe usée jusqu’à la corde dite avec prétention « robe d’intérieur », à laquelle nous recourons aux incertains réveils de nos faussaires saisons.

    La petite nouvelle est là pourtant, neuve, propre à nous rassurer,  toute prête à endosser d’anciennes suppliques de chair comptant désormais  « pour du beurre » … Mais comment lui faire adopter les notes tristes ou joyeuses des berceuses d’enfance, de celles qu’on se plaisait à chantonner sur la pulpe des doigts ou sautant à cloche pied ?

    Bien que réfugiée dès lors dans nos tendresses plus chastes, notre robe de chambre démodée se plaît à évoquer à sa place la volupté des caresses velours, la ténacité des taches indélébiles, aussi coriaces à effacer que la faute originelle ayant enlisé le début des mondes.

    Nous avons tous au fond d’un placard miteux, quelque pelure honteuse qui reprend à son compte la morosité de nos suppliques d’hier.

 
©Jeannine DION-GUERIN
       
 

 

 

 

 

 

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2 décembre 2022 5 02 /12 /décembre /2022 07:53


 

Traductions de Béatrice Gaudy
 
Au nom de l’histoire ou dont on ne sait trop quoi
davantage haïr un pays frontalier
que l’on n’aime son propre pays
cela se conçoit d’un citoyen ordinaire
        Mais
faire le piétinement du refus
sur les traités qui assurent la paix
préférer à ceux-ci la guerre
et la possible dévastation de son propre pays
au nom de l’espoir d’affaiblir ou même détruire
un pays frontalier
est-ce vraiment digne d’un chef d’Etat ?

 

        * * * * *

 

Au noum de l’istèrio o dount un ne vau trop que
d’avantage ahi un paï frountaliè
que l’un n’eimo soun propre paï
co se counceu d’un ciéutadin ourdinàri
             Ma
fa lou trepejamen dau refu
sur lou trata que asseguren lo pèi
preferi à queu-qui lo guerro
e lo possible devastaci de soun propre paï
au noum de l’espèr d’afebli o memo deitruire
un paï frountaliè
è - co vermen digne d’un chap d’Eitat ?

 

©Béatrice GAUDY                                        
 
 

 

 

 

 

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1 décembre 2022 4 01 /12 /décembre /2022 07:58
Dessin de Serge Lascar


 

 

La bohème, je rêvais
Le temps de vivre, en badinages
Love me tender, pour un mirage
La non demande en mariage.
Il suffirait de presque rien.
Les feuilles mortes
Au petit bois de Saint-Amand
Couvrent les larmes des vieux amants.
Tu m’as appris avec le temps.


©Serge Lascar  
Nouveaux Cahiers de Poésie          
 
 
 

 

 

 

 

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30 novembre 2022 3 30 /11 /novembre /2022 07:49

Couverture du livret des Fatrasies

 

Je laisse la parole à Etienne pour expliquer l’oeuvre présentée ce jour :
« J'ai réalisé avec le logiciel des livres photos de la FNAC un petit livret format A5 d'une quarantaine de pages présentant mes sculptures incorporées à des photos de Reims et accompagnées de poèmes. » (Etienne Fatras)

C’est juste magnifique ! J’espère que toutes et tous vous apprécierez !
Jean


©Etienne Fatras              
 

Esméralda
 

 

 

 

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29 novembre 2022 2 29 /11 /novembre /2022 07:35

 


L’amour de toi est amour du monde
le désir de t’aimer est vibrant de vie
 
Ta grâce est le souffle du vent qui caresse l’épi
le soleil du matin qui joue dans le feuillage
la colline alanguie qui effleure l’azur
 
Ta joie est l’oiseau virevoltant
éperdu d’amour à l’aile de l’oiselle
 
Ta tendresse est l’enfant au sein de sa mère
la vague d’écume qui caresse la grève
le ciel rose et or au jour finissant
 
Ta beauté est la beauté du monde
empreinte de pluies et de vents
de soleils frais éclos au matin
de nuits, havres de baisers ardents
 
L’amour de toi est amour du monde
en t’étreignant, je l’embrasse
nos baisers sont nuages, nos caresses sont jours
notre désir est nuits
 
©  Bernard Delpech                  
 
 
 
 

 
 
 
 
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28 novembre 2022 1 28 /11 /novembre /2022 07:27


 

Gestes expressifs à deviner
Sous un regard indifférent
Nudité à même la peau
La marque du songe en offrande
Et l’intemporalité du corps alité
Appel sous ses lèvres closes
L’odeur suave et sereine de la saveur
Sur un coussin à la fois ferme et souple
Le mouvement sans suite jusqu’à l’extase   

©Gérard Leyzieux


Poèmes extraits du recueil « Et langue disparaît » paru aux éditions Stellamaris (2018)
(http://editionsstellamaris.blogspot.com/2018/09/et-langue-disparait.html)    
 

 

 

 

 

 

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27 novembre 2022 7 27 /11 /novembre /2022 07:27


 

 

C'est midi dans la cour ; j'écris, le fumier glousse,
Un chien jappe, un frelon rit, deux scieurs de long
Font un grincement brun sur un grincement blond.
Et pourtant quelle harmonie étrange et douce.

 

Ce matin mes souliers sont verts de mousse :
J'ai couru par les bois, déclamant du Villon.
Et j'ai eu des terreurs blanches de papillon
Sur ma coiffe trouée, pour ma pipe rousse.

 

J'ai demandé -ce que tu sais bien- un sujet
De comédie à plus d'un chêne qui songeait :
Tous ne m'ont fait que des réponses évasives.

 

Alors j'ai dû cueillir çà et là quelques vers
Car mon passage fit parfois des taillis verts
Jaillir de blonds essaims de rimes paladines.
                                          (ossia=maladives)

 

©Pierre MIRONER
POÉSIES-Ed. menu fretin
 
       

 

 

 

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26 novembre 2022 6 26 /11 /novembre /2022 07:30


 

Tu es de chaque côté du miroir fissuré
même si tu ne vois qu’un fragment
étrange parfois,

 

tu es resté dans ses eaux, murmure d’été,
neiges éloignées, source d’un infini
commencement dans mes eaux,

la ligne qui fissure le miroir en deux
n’est que le souffle du pâle étranger
qui ne peut rompre l’entier,

seulement refaire sans cesse
le commencement
comme un retour au miracle.

 

 ©Sonia Elvireanu                           
 
 
 

 

 

 

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