Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 octobre 2021 3 27 /10 /octobre /2021 06:31

 

Sous le souffle des tempêtes,
J’ai tenté souvent de gagner,
Impétueuse, à l’abordage,
Gonflée d’orgueil,
Les nus rivages
Mais, impuissance ultime,
Dans un dernier effort,
Blanche d’écume,
Je me suis échouée.
Ce soir, sous un ciel apaisé,
Eclairé par les derniers feux du jour,
Conquérante,
Force sereine,
Insinuée, lovée,
Inexorable caresse
J’ai avancé mes flots,
Dans les moindres interstices
Poussée tranquille,
En une vaste coulée serpentine,
Créant des îles,
Dessinant d’inconnus paysages
Vers les dunes qui,
A chaque montée de mes eaux,
En vain, attendaient mon étreinte.
J’ai recouvert les varechs séchés
Depuis des lunes,
Emporté les mortes branches
Et les détestables témoignages
Epars, abandonnés,
De la vie des hommes,
J’ai repoussé, loin, dans l’intimité
De la terre féconde
Les ruisseaux venant à moi, trop faibles
Et en joyeuses noces, riches limons mêlés,
En une nappe lisse, d’argent,
Sous la face ronde de la nuit
Nous avons consommé, complices,
Un instant de vie. Grande marée.

 

 ©Gérard GAUTIER
 L’Echarpe Poème 1994

     

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
26 octobre 2021 2 26 /10 /octobre /2021 06:29
Déesse-mère ©Sculpture bronze de Francelaine DebelleFontaine, sculpteur et épouse de Barnabé Laye.


 

 


Les mères donnent aux frêles nourrissons

Comme on offre un sein fervent

La coupe d’argent pleine de l’eau nouvelle

Eau de vie purifiant le cœur et l’âme enfantine

Eau féconde irradiant les sentiers du corps

Eau du Nil

En cette saison de fleuve haut

Belle eau

 

©Barnabé Laye  (Par temps de doute et d’immobile silence)

 
 
 
 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
25 octobre 2021 1 25 /10 /octobre /2021 06:29
photo Dornac©


 

C’est un bal lourd et noir,
qui tourne dans le soir ;
qui semble sans espoir,
égaré, sans mémoire.

 

Un bal déconcertant,
si lent, si oppressant,
qui tourne en criant.

 

Cris rauques et stridents,
lugubres, angoissants,
qui cisaillent le temps.

 

Un rituel étrange ?
De funèbres échanges ?
Ombres tristes d’archanges ?

 

C’est le bal des corbeaux ;
tels de noirs oripeaux,
ils tournent tout là-haut
comme funeste fléau.

 

Comme la danse sauvage
De présages sans âges.

 

©Ellen Fernex
       
 
 
 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
24 octobre 2021 7 24 /10 /octobre /2021 06:46


 

 


Combien de coups
de bosses de beignes
de deuils et d’abandons

 

Combien d’obsessions,
de discrètes déconvenues,
de faux et vains regrets

 

avant d’oser se regarder
nu d’âme et de corps,

 

solliciter du quotidien
l’élégance de la dérision.

 

« Comme toi ma Nuit
 je crains mon propre mystère

 

Vers lui j’avance visage couvert
l’apprivoisant de mes deux mains

 

Les mots sont mes réverbères
L’allumeur c’est l’émerveillement ».

 

        II

 

La poésie n’est pas rêve
ni fruit de l’imaginaire
pas même une vue de l’esprit

 

Elle est surplus de chair
le toucher d’un regard lumineux
émerveillement ou indignation

 

Lamelle après lamelle
de peau en peau l’on cherche
comme on épluche un oignon

 

à en atteindre le germe

 

©Jeannine DION-GUERIN


 
 
 
 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
23 octobre 2021 6 23 /10 /octobre /2021 06:40

          Sur les sables ondoyants respire l’estran

Les yeux aigues-marines, une Muse redessine la vague et s’habille d’écume de jade.
 
 Emeraude, la mer reste sauvage, libre ; son cœur bat sur la jeunesse du monde.
 
°    °   °
 
                                        
 
L’antique cité d’Aleth s’éveille.
Il flotte dans l’air un je-ne-sais-quoi de grâce, de joie de vivre à deux pas de la Tour Solidor.
L’aube grandit, ouvre la ligne d’horizon, et apparaît, sertie d’émeraude *, la cité corsaire :
                                 Vaisseau de pierre aux voiles légendaires
                                      Tu rêves de gréer vers la haute mer
                                            Ton clocher est l’amer
                                                   Gardien des libertés vers des lointains imaginaires
 
Loin des obligations du monde, avec pour seul bagage le rêve et l’émotion, le regard plonge dans les abysses bleutés :
                                     République d’armateurs aux parfums des cinq continents
                                              Saint-Malo tu es aujourd’hui perle d’émeraude
                                                        Sertie du flot qui berce nos rêves
 
A la faveur des alizés  arrive une Muse.
Si la mythologie grecque a eu Borée, Zéphyr, Notos et Euros, l’alizé, vent de lumière et de clarté, a une force onirique venue d’un ailleurs , un souffle de liberté.
Avec l’alizé fusent les couleurs : bleu tendre ou profond, turquoise, rose et vert émeraude.
Le ciel et la mer s’unissent pour un moment de lumières :
                                        Terre d’émeraude
                                              Aux embruns couleur de nacre
                                                      A l’ombre des brises-lames
                                                              Glisse le parfum du grand large
 
Dans l’imaginaire éolien, la Muse revient.
Au chant de la vague, tu te métamorphoses en Vénus de Giorgione, nymphe du Titien, Madone du Parmesan, Olympia de Manet, Baigneuse d’Ingres.
Aux marées d’équinoxe, tu deviens irréelle, Ménade pompéienne.
Au jusant, tu sèmes des petits cailloux blancs, et te voilà en Impératrice Théodora de Ravenne.
Quand souffle le vent de galerne, ta robe s’habille d’élégance telle une cariatide de l’Erechthéion au Parthénon d’Athènes.
Lorsque la vague frisée d’écume arrive du fort de la Conchée, tu accompagnes les Oréades chères à Bouguereau.
Si, roulé depuis l’île de Cézembre, un galet échoue sur la plage de Saint-Malo, tu te révèles légendaire Vénus de Lespugne.
 
Des quatre points cardinaux arrive un vent d’aventure, un vent de limite du monde :
 
     Ô Muse, tu es mélodie sur une palette émeraude
     Ô Muse, tu nous invites à prendre le temps, à écouter la musique du vent, à suivre la course des nuages
     Ô Muse, pour toi j’ai cueilli le liseron des sables au cœur d’étamines jaunes
     Ô Muse-émeraude, ta harpe éolienne m’a laissé un poudroiement de parfum sucré d’îles lointaines.
 
                                                                                                                                                          
Le vert émeraude : cette couleur devient presque d’une importance égale aux couleurs primaires que sont le bleu, le rouge et le jaune. C’est un vert légèrement bleuté qui, combiné avec les jaune, cobalt et outremer, fait merveille. Avec lui, les nuances sont infinies pour obtenir une grande luminosité.
Quant à la Côte d’Emeraude, elle part de la Pointe du Grouin à Cancale vers Saint-Malo, Dinard, Saint-Lunaire, Saint-Briac-sur-mer, Saint-Jacut-de-la-mer, Saint-Cast- Le Guildo, le Cap Fréhel et enfin  Sables-d’Or-les Pins. Puis elle donne la main à Erquy qui marque le début de la Côte de Penthièvre.

 


©Roland Souchon - Morpho  

septembre 2021

www.rolandsouchon.com          
 
 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
22 octobre 2021 5 22 /10 /octobre /2021 06:43
Photo : Denis Portay - La Pointe du Groin, octobre 2021 ©


 

 

Seule face à l’immensité,
Mon regard se noie
Dans la mouvance fantasque
Au-delà des écueils,
Vagues à la brillance volage
Effeuillée au gré des nuées.
Un phare lointain élève sa blancheur
Dans l’espoir de percer les secrets
Des fleurs célestes s’offrant
Aux traînes nomades.
Le chant du vent
Entre ciel et mer
M’invite à sa table nourricière,
Palette épicée d’embruns
Et parfums d’algues.
Seule face à l’infini,
Je convie mes frères désenchantés
À la rêverie de l’âme.

 

©Nicole Portay          
 
 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
21 octobre 2021 4 21 /10 /octobre /2021 06:42
Soleil couchant - ©œuvre d’Eliane Hurtado


 

 


Tombé du ciel,
C’est un long voile diaphane
Qui recouvre la terre
Et remplit l’instant de silence.

 

La blancheur de l’aube
Sublime la noire mantille des ténèbres
En jouant avec les cristaux de neige.
Miroitement fugace
Moment éphémère
Aux vibrations cristallines
Que  rai de soleil soudain
Balaie amoureusement
Créant d’indicibles couleurs.

 
©Eliane Hurtado                      
 
 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
20 octobre 2021 3 20 /10 /octobre /2021 06:51

 

 

 

Viens vivre avec moi
Je t'apprendrai le bonheur
Viens n'hésite pas
Oublie toutes tes frayeurs

 

Mets toi à l'aise installe toi bien
Laisse-moi tracer notre chemin
Tu n'auras rien à faire
Tu n'auras qu'à me suivre
Ne t'encombre pas de trop d'affaires
Tu ne manqueras de rien pour survivre

 

Viens vivre avec moi
Je fais de toi ma chose
Ne résiste pas
Tu ne souffriras qu'a petites doses
Installe-toi comme si tu étais chez toi
Mais n'oublie pas ceci est ton unique toit

 

Vivons ensemble mais séparés
Ne pense surtout pas à t'en aller
Souvent je te ferai souffrir
Mais tu garderas le sourire

 

Je n'ai aucune limite
J'en rajouterai toujours un peu plus
Malgré les doutes qui s'incrustent
Je trouverai les meilleures ruses

 

Si tu prends de la force
Je changerai la donne
Je ferai en sorte qu'on s'enfonce
Que tu penses que tu m'abandonnes

 

Viens installons nous
J'ai un marteau et des clous
Rien ne nous séparera
 Même pas ton cœur qui se noie  

 

©Djida Cherfi
 31/07/2020.
 
 

 

 


Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits...

Partager cet article
Repost0
19 octobre 2021 2 19 /10 /octobre /2021 06:41
Le Grec - Sculpture d’Etienne Fatras©


 

 

Est-ce la courte vie d'autrefois,
Une vie rude, vite fauchée
Par la maladie, par la violence...
Est-ce la mort dans la souffrance...
Comment ne pas se sentir apaisé,
Par l'autre vie, promise par la foi.

 

Quand personne ne maîtrise les éléments,
Quand chacun peut disparaître à tout moment
Victime de la fantaisie du destin
Qui frappe puissant et misérable
Les innocents comme les coupables,
Alors on s'en remet au divin.

 

Une éternité heureuse,
Voilà la recette miraculeuse
Pour apaiser tous les tourments
Pour faire peur aux méchants,
Car seule une vie exemplaire
Permet d'éviter l'enfer.

 

Cette vie post-mortem est de toutes les religions,
On y retrouve les morts d'avant,
On y attend les morts d'après.
Par la réincarnation ou la résurrection
Nous retournerons vers les vivants.
C'est un aller-retour, partez en paix.

 

L’amour ou le hasard nous a tiré du néant,
Personne n'en a de mauvais souvenirs.
Pourquoi alors une éternité hypothétique....
Ne serait-il pas plus simple et plus logique
D’accepter sans peur d'y revenir,
Comme tous les êtres du monde vivant...

 

 ©Etienne Fatras    

Sculpture et poésie          
 
 
 
 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
18 octobre 2021 1 18 /10 /octobre /2021 07:11

 

 

Si c’est de l’endroit  où je suis qu’il s’agit,
alors là, c’est le monde à l’envers !
Ecoutez, je suis bien placé pour le savoir :
au lieu de vous obstiner à me poser cette question
que d’autres que moi pourraient considérer comme déplacée,
regardez d’abord droit devant vous.
Et maintenant dites-moi :
là, vous me voyez ?
évidemment que je suis ici,
même si j’admets volontiers avoir la tête ailleurs,
mais il n’y a rien d’anormal à cela
puisque mon ailleurs, aussi, est ici
et que je peux d’ailleurs même vous confirmer
qu’après m’avoir minutieusement observé de haut en bas,
vous me scrutez à présent aussi bien par devant
que par derrière,
ayant choisi pour finir,
en tout bien tout honneur,
d’achever votre intéressante activité
sous couverture.

 

©Michel Duprez
 
 
 
 

 

 


 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Couleurs Poésies 2
  • : Ce blog est dédié à la poésie actuelle, aux poètes connus ou inconnus et vivants.
  • Contact

  • jdor
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...

Recherche