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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 06:33
Tel un ouragan – Jean Dornac
 
 
 
 
 
La vie, au fil du temps
Prend l’image d’un ouragan
Sa vitesse s’emballe
Comme un cheval fougueux
Qui vient d’être piqué
Par une guêpe ou un bourdon…
 
Impossible d’arrêter la course du temps
Pas plus que celle du cheval affolé
On a beau tirer sur les harnais
Rien n’y fait ni les pas de la bête
Ni la ronde des jours
Ne connaissent un sain repos…
 
Au contraire, plus la bête s’affole
Plus les jours passent
Plus la vitesse nous entraîne
Vers la chute que l’on sait fatale
Où cette fois, tout s’arrêtera
Alors qu’on ne le veut pas…
 
Les jours s’enroulent autour de la vie
Qui ne ressemble plus qu’à l’œil de l’ouragan
Tout le reste devient confus
Les expériences comme les souvenirs
Il n’est plus que le point central
Le mot « fin » qui perdure clairement…
 
Les souvenirs, bons comme mauvais
Ne sont plus qu’ombres de fantôme
Comme les spectres, ils glacent mon sang
Ils hantent mon esprit qui s’engourdit
Souvenirs d’échecs répétés
Et de bonheurs qui ne reviendront plus
 
Heures mortes et desséchées
Diluées dans l’éther du temps
Qui n’oublie jamais rien
Qui ne pardonne aucun faux pas
Passé dressé devant moi
Comme un défi permanent !
 
Passé ricanant et moqueur
Passé mort depuis longtemps
Mais passé persifleur face à la vie
Pour mieux me rappeler
Que, bientôt, demain ne sera plus…
…Plus qu’un passé décomposé…
 
©Jean Dornac
Lyon, le 22 avril 2017

 



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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 05:46
Laisse-moi respirer – Robert Bonnefoy
http://chariteromaine.blogspot.fr - Dessin de Jean Dominique Ingres
 
 
 
 
« Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l’odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage » . Ch. Baudelaire (Un hémisphère dans une chevelure)
 
 
 
LAISSE – moi t’approcher, te regarder encor,
MOI qui ai toujours su rester beaucoup trop sage,
RESPIRER dans ton cou les bouts de ton corsage…
LONGTEMPS j’ai désiré caresser ton beau corps,
 
LONGTEMPS j’ai caressé le désir d’un record !
L’ODEUR de la vanille et celle du brassage
DE parfums enivrants me lancent un message :
TES hanches et ton dos me veulent pour décor…
 
CHEVEUX fous, les seins nus, tu épices ma vie ;
Y songer et te voir, me forcent à vouloir
PLONGER mes mains sur toi jusqu’au bout de l’envie…
 
TOUT ton être n’est plus qu’un charnel avaloir,
MON cœur s’y brûle en vain, seul dans son isoloir :
VISAGE défendu aux vapeurs d’eau-de-vie…
 
©Robert Bonnefoy
Sonnet en acrostiche




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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 06:48
Capture – Yves Romel Toussaint
 
 
 
 
Je suis poète
C’est mon nom de rage
Sur cette île suicidaire
Où il pleut du sang
Sur des vents contraires en furie
Dans l’engourdissement des néants
Et les dires muets de ma terre natale.
 
La nuit mes fenêtres gémissent encore
Derrière le vent
Entaché du sang de l’autre
Dans le ventre de ma terre
Couveuse des mes éboulements nocturnes.
 
Avec ma voix mi-crevée dans le cœur
Mi-crevé à l’aube
Avec mes palpitations sans lendemains
Dans le vertige de mes poèmes.
 
© Yves Romel Toussaint
Poète - Hinche HaitiPoème

Poème extrait du recueil « Tremblements de cœur » écrit à deux plumes par Denise Bernhardt et Yves Romel Toussaint. Éditeur : Le Vert-Galant. Ce recueil est né à la suite du tremblement de terre du 12 janvier 2010.




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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 06:30
Veux-tu que… - Kacem Issad
 
 
 
Veux-tu que je te raconte l’histoire de cette porte ?
De cette porte qui ne s’ouvrira jamais
Veux-tu que je te peigne ce ciel d’un bleu ?
D’un bleu que tu ne verras jamais
Veux-tu que je te dise des choses belles ?
D’une beauté que tu ne humeras jamais
Veux-tu que je te tende une main tendre ?
D’une tendresse que tu ne sentiras jamais
L’herbe est-elle verte ?
Le soleil est-il étincelant ?
La lune est-elle gracieuse ?
La nuit est-elle obscure ?
La vie mérite-t-elle d’être vécue ?
Les vivants avancent mais sans vie
Les morts sont là dans nos vies
À quoi bon de parler, de rire, de rêver
Si la couleur du sang est devenue aussi claire que celle de l’eau !
 
©Kacem Issad




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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 06:49
Prise de bec – Michèle Freud
 
 
 
 
 
« Dites donc les mecs, lance le chef de bande, vous êtes timbrés ou quoi ? Arrêtez votre tohu-bohu, on ne nous a pas demandé d’ambiancer la rue. Reluquez plutôt la gueuse ! Oh c’te touche ! Un vrai bâton de chaise ! Et sa bouille ? On dirait une pomme blette. Même si j’avais faim, j’en ferais pas mon repas. Et avec ça, fichue comme l’as de pic. Elle a l’air aussi à l’aise dans sa robe informe qu’un poisson dans un litre de porto ! Mais pour l’instant, je suis en train de me cailler le mou pour savoir si elle est vivante : elle est plantée là comme un piquet, toute raide. Mais v ‘là qu’elle ouvre sa gobeuse ».
 
« Vous les p’tits rigolos, les hurluberlus, vous vous croyez fortiches à dégoiser ainsi sur mon compte. Vous débloquez le gars, vous dévissez du cabochon. Mais toutes vos fariboles, vos boniments à la graisse d’oie, vos dingueries et vos guignolades, je me les balance par dessus l’épaule et je m’en bats la paupière. Vous vous prenez pour des durs, pour les balèzes du quartier, mais vous manquez de moelle, de jus. Par contre, des hannetons dans votre soupente, vous en avez à tire-larigot. Et puis, vous vous êtes déjà regardés ? Faites-donc fonctionner vos mirettes. Vous vous imaginez élancés comme un cyprès alors que vous avez le pétrousquin tout près du gazon, autrement dit, vous êtes bas du pont arrière. Je vous vois mal danser la girandole. Cela vous épate, ça vous en fiche plein les lanternes que ce mot là sorte de ma goule. Forcément, votre niveau intellectuel est nettement inférieur à celui de la mer. Vous ne pensez qu’à la gonflette de vos bras, tans que vos neurones se la coulent douce. Vous savez quoi ? Vous allez devenir des ramollis de la rotonde. Mais un cerveau, ça se muscle, bande de crétins indécrottables ! Moi, j’ai mon Petit Robert que j’aime à la folie. Avec lui, chaque soir, je m’enivre, je m’enlumine, je m’empolissonne, je m’ensniffe, je m’engouffre dans les mots, histoire de m’allumer les méninges. Un coup de lumière, t’y vois plus clair et ça change tout. Ah les mots ! Les mots crémeux, beurrés, fondants ou craquants sous la dent, les mots précieux et rares, tarabiscotés et tortueux, pittoresques et loufoques. Et que dire des mots endimanchés dans leur robe de bal, des mots si doux et si beaux qu’on leur voudrait des joues pour les embrasser ? Et puis, avez-vous déjà écouté la petite musique des mots ? Mais elle vous chavire, vous met sens dessus-dessous, vous donne la chair de poule, elle peut même vous faire gicler dans les étoiles, elle pourrait, j’en suis sûre, réenchanter le monde ! Tiens, tiens, c’est une petite lueur que j’aperçois dans vos yeux de merlans frits. Par hasard, commencerais-je à vous chambouler le palpitant ? Mais enfoncez-vous ça dans votre calebasse : pas question de vous fréquenter, les gars. J’aurais trop peur que vous effarouchiez mon pote-en-ciel. Et maintenant, tirez-vous de là, allez traîner vos grolles ailleurs, sinon ça va bouillir. J’ai en réserve un ouf énorme qui ne demande qu’à sortir de ma goule. Et quand ça va se produire, il va jaillir comme un boulet. Faites gaffe à votre théière, les mectons, une théière, c’est si délicat…
 
©Michèle Freud



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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 06:42
J’ai lancé cet amour – Denise Bernhardt
 
 
 
 
J’ai lancé cet amour
En épervier de lumière
Retombant en corolles
Sur la mer.
J’ai jeté un pont
Au-delà des poèmes,
Nous gardant enlacés
Dans la spirale du temps
Pour que vienne l’instant
Où nous broderons la vie
Dans chaque pli du jour,
Pareil aux reflets diaprés
Des voiles de mariées.
 
© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « Le chant des Nébuleuses », aux éditions JEBCA, collection l’Immortel.




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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 06:45
Si les joyaux – Luce Péclard
 
 
 
 
 
Si les joyaux se souvenaient
D’avoir été des papillons,
Aux pierres pousseraient des ailes.
 
Et si les pierres s’envolaient,
Dans le ciel on les rejoindrait
Pour empiler briques vivantes
Aux cils de soie et jeux d’antennes.
 
Elles sauraient capter les ondes
Et se mettraient à réciter
Les mots des plus lointains ailleurs,
Surgis des rochers millénaires.

© Luce Péclard
 
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier
 
 
 
 
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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 06:41
Pendant que tombe la pluie
Et qu’en politique la vérité s’enfuit…
 
Je te contemple, corps et âme
Dans ta sublime nudité de femme
Toi, l’amour de ma vie
Toi sans qui, je n’ai point de survie !
 
Toi qui est l’amour que je bois
Et l’existence qui me nourrit…
Toi qui es mon meilleur choix
Et mon plus tendre abri…
 
Pendant que tombe la pluie
et qu’en politique l’honnêteté s’ennuie…
 
Un seul de tes sourires
Suffit à mes poumons
Pour qu’ils puissent rire
Loin de tous les sermons !
 
Tes douces paroles
Sont presque d’Evangile
Ta voix est ma seule boussole
Et me fait malléable comme l’argile…
 
Pendant que tombe la pluie
Et que la politique est ridicule…
 
En toi, je crois pour toujours
Nul besoin de vains discours
Tu es mon amour et mon choix
Car ton cœur est toujours droit !
 
À quoi bon choisir un politicien
Malandrin certifié coquin
Ou puceau jamais élu
Ou raciste farfelue ?
 
Moi, pendant que tombe la pluie
Je décrète que toi seule es mon élue !
 
Je n’ai nul besoin d’un Président
Qui ne pactise qu’avec les puissants !
Je n’ai nul besoin d’un quelconque chef
Qui tournera, comme toujours, sa veste derechef !
 
Pour que ma vie reste digne
Je n’ai besoin que d’amour
Nulle compromission grave ou bénigne
Ni malhonnêtes pratiques de cour !
 
Pendant que la pluie tombera
Tu seras mon unique isoloir…
 
©Jean Dornac
Lyon, le 25 mars 2017
Mentre cade la pioggia
la verità in politica fugge via...
 
Ti contemplo, corpo e anima
nel sublime nudo femminile
Tu, l’amore della mia vita
Senza di te, non avrei sostegno per sopravvivere!
 
Tu sei l’amore che bevo
E l’esistenza che mi nutre...
Tu sei la mia scelta migliore
E il mio rifugio più dolce
 
Mentre cade la pioggia
l’onestà in politica s’annoia...
 
Uno solo dei tuoi sorrisi
È sufficiente ai miei polmoni
Affinché io possa sorridere
Lontano da tutti i sermoni!
 
Le tue dolci parole
Sono come Vangelo
La tua voce è la mia sola bussola
E mi rende plasmabile come l’argilla
 
Mentre cade la pioggia
La politica è ridicola...
 
In te, credo per sempre
Non c’è bisogno di discorsi inutili
Tu sei il mio amore e la mia scelta
Poiché il tuo cuore è sempre giusto!
 
E allora perchè scegliere un politico
Un furfante certificato
O un novizio mai eletto
O un razzista strambo?
 
Io, mentre cade la pioggia
Dichiaro che tu sola sei la mia eletta!
 
Io non ho bisogno di un Presidente
Che patteggia con i potenti
Io non ho alcun bisogno d’un capo qualunque
Che come sempre, cambia spesso alleanze
 
Affinché la mia vita rimanga degna
Io ho bisogno solo d’amore
Nessun compromesso né buono né cattivo
Nessuna pratica di corte disonesta!
 
Mentre cadrà la pioggia
Tu... sarai la mia unica isola
 
Francesco Casuscelli
Dairago, 30 marzo 2017

 

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 06:48
Epuise mon ardeur – Victor Varjac
 
 
 
 
 
Epuise mon ardeur
jusqu'à la nausée
avant que je m’efface
loin de l’orgie
de tes cuisses profondes…
… mais déjà le quotidien
rôde et s’insinue
comme une fêlure
qui respire et se glisse
dans l’ombre de mes jours…
 
Impuissant à m’emparer
du fauve de ta fièvre
je n’ai su qu’hurler
sous les flèches de l’orgasme…
 
… et à la nuit tombante
je conserve l’empreinte vive
de tes griffes mortelles
où les ténèbres se déploient
comme une rumeur…
 
Jusqu’où faut-il se perdre
pour dépasser l’obscure ?...
 
Traversons les bras ouverts
des fausses voluptés
sans retenir leurs masques
car ces désirs-là
n’engendrent que de la solitude
et la cendre des corps…
… et nous pouvons mourir
d’un mensonge du cœur…

© Victor Varjac
Antibes, le 14 octobre 2000

Extrait du recueil « l’Homme Imaginaire » aux éditions MELIS




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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 06:43
« Les feuilles du temps », Béatrice Pailler
Photo J.Dornac©
 
 
 
Pays tout à la fois sombre et pâle qui tarde à renaître, pays d’arrière-pluie au printemps hésitant. Des monceaux légers de feuilles passées tels des essaims comblent les sentiers. Les dentelles nervurées coagulent en nids, guêpiers où le temps s’enlise. L’hiver toujours loge au ras des terres.
 
Pourtant, aux rives des feuillages, les fanions clairs des cimes s’échevellent ; résilles ouvertes aux entrelacs aquarellés, mais déjà, repris par la brume, l’horizon se glace.
Pourtant, aux talus des nuages, une tache solaire grandit ; ombre juvénile, comme un souvenir de chaleur revenue, mais déjà, repris par la brume, l’horizon s’efface.
 
Pays de mauvais temps où la glaise scelle le pas d’un poids séculaire, pays de marne au chant de silence. Mais déjà, reprises par la vie, les boues verdissent nourries de brume. Le printemps toujours germe au ras des terres.
 
©Béatrice Pailler
Recueil « Sacre » 2016
Revue Les Amis de Thalie
Hors Série Hiver 2016 « Les feuilles du temps »
 
 
 


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