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9 décembre 2021 4 09 /12 /décembre /2021 07:39


 

La ville débonde écumeuse d’un trop plein de décembre. Les néons giclent, bavards, lustres sous la peau des pluies. Aux vitres des cafés le monde s’embue de silhouettes rapides, de visages : flous cocons d’humanité.
Les lumières gouttent dans la chaleur consommée. Englacés aux miroirs, les mots bruissent en reflets de nous-mêmes


Dans un relent de lueur, quelques néons traînent tardifs. Mouvances du soir, les rues s’assourdissent.
Le froid retranche. Reste les ombres : excroissances à la nuit, pouls filant au macadam : un vibrato de talons, écho de leur humanité

 

©Béatrice Pailler  

Extraits d’EXISTER
Revue ARPA n°125-126


   
 
 
 

 

 

 

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8 décembre 2021 3 08 /12 /décembre /2021 07:47
Photo NASA

 
 


J’ai vécu tant de choses depuis. J’ai vu apparaître ce qu’ils appellent les plantes. Oh, bien sur, au début ce n’était pas grand chose, juste des petites poussières vertes et microscopiques qui flottaient sur l’eau. Je crois bien qu’ils appellent cela le « plancton ». Mais les mots, moi, vous savez... Néanmoins, ces petites choses insignifiantes se sont bien débrouillées : comme les bactéries, elles se sont transformées, adaptées. Et c’est ainsi que sont apparues les algues puis les plantes sur la terre. Les fougères, les mousses, les herbes, les fleurs, les arbres... On en trouve de toute sorte maintenant. Et moi, Gotita, je sais comment entrer en elles, car les plantes sont faites avec beaucoup d’eau. Quand j’habite dans une plante, je me sens bien, le vent caresse les feuilles, tout est si calme. Les plantes sont comme moi : elles raffolent de la pluie.

A mesure que la terre s’est refroidie, j’ai redécouvert la sensation d’être un petit glaçon. Dans les nuages les plus froids, il m’arrive de me transformer en flocon de neige, plus beau qu’un diamant taillé. Ils appellent cela cristallisation. Ce n’est qu’un mot. Pour moi, c’est comme vêtir un habit de lumière. Descendre du ciel dans cette somptueuse tenue : quel honneur ! C’est un ballet majestueux. Les prairies, les montagnes, les forêts deviennent blanches, pures et silencieuses.

Il m’arrive de passer l’hiver entier attendant que le printemps me fasse fondre et renaître sous forme de goutte. Ils appellent cela liquéfaction. Ce n’est qu’un mot. Pour moi, c’est le bon moment pour aller contempler cette lumière bleue et magique qui filtre à travers les glaciers. Parfois je n’ai même pas le temps de renaître comme goutte, car le soleil me transforme directement, de neige en gaz. Ils appellent cela sublimation. Et ce mot là, je ne sais pas pourquoi, il me plait énormément.
En tombant du ciel, si je traverse de l’air très froid, je congèle instantanément et tombe en averse de grêle. Ils appellent cela solidification. Ce n’est qu’un mot, et j’ai cru comprendre qu’ils le détestaient, à cause des dégâts dans leurs potagers.
© Leafar Izen  
 
Le site de Leafar Izen et son site de vente par correspondance
 http://www.leafar-izen.com http://www.leslibraires.fr/        
 
 
 
 

 

 

 

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7 décembre 2021 2 07 /12 /décembre /2021 07:36
"Persiennes vertes" Albert Marquet - 1944/1946


 


A ses persiennes tout juste entrouvertes, nos souvenirs de défroqués, une étreinte qui s’effiloche comme un drapeau usé par les vaines révérences du vent, deux-trois mouchoirs pendus sur une corde à l’italienne, une nuisette désormais inutile, quelques orgasmes, quelques serments, ses paradoxes devenus chauves-souris, bien des caresses que les heures ont momifiées, une poignée d’attentes, un encore trop futile, des silences, beaucoup de silences tels des miettes que même les étourneaux dédaignent, un tout dernier espoir évanoui, des ombres, beaucoup d’ombres sécrétées à la va-vite par un soleil en vadrouille, toute une vie : la mienne, la sienne, sur ce rebord de fenêtre à jamais desséché.

©Claude Luezior

in : Jusqu'à la cendre, Ed. Librairie-Galerie Racine, Paris, 2018

https://editions-lgr.fr/claude-luezior/                        
 
 

 

 


 
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6 décembre 2021 1 06 /12 /décembre /2021 07:39


 


Pour t’inviter en terre hospitalière,
A tes yeux d’avance gagnée,
Inconscient, maladroit
Tu ne sais éviter,
Pour ton but atteindre,
Les récifs, défenses acérées,
Sur lesquels la vague
Drosse à jamais les esquifs impudents.
Tu tentes une approche
Par la côte abrupte sondant
Au ponant,
L’Océan, sans limite et ses déferlantes,
Tourmenté sous un ciel colérique
Griffé par le vol planant des oiseaux.
Ne sois pas meurtri
Par l’aridité de l’accueil
Qui au loin te rejette,
Contourne, en une nouvelle approche,
Les aspérités granitiques.
Ecueils menaçants,
Aborde par l’échancrure protectrice,
En te jouant des brisants,
A travers les embruns,
Le havre de sable blond
Aux varechs épars,
Atteins
La plénitude sereine
D’une nature généreuse
Disponible
Restant à découvrir.
Toujours à conquérir…
Je suis une île.
Nous sommes tous,
Des îles.

 

© Gérard Gautier  

Extrait du recueil « Je suis une île » aux éditions L'Echarpe

 


 

 

 

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5 décembre 2021 7 05 /12 /décembre /2021 07:34


Omi ©Sculpture bronze de Francelaine DebelleFontaine, sculpteur et épouse de Barnabé Laye.

 


Eaux primordiales

Eaux d’avant toute chose

Etes-vous eaux du commencement

Eaux mères de toute vie ?

Eaux mouvantes

Eaux malléables

Eaux sensibles

Eaux sensuelles

Parlez-nous de l’Atlantide oubliée

 
©Barnabé Laye
(Le crépuscule des métamorphoses)

       
 

 

 

 

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4 décembre 2021 6 04 /12 /décembre /2021 07:43


 


Une grande ombre noire
traverse le jardin.
A peine apparue,
et sitôt disparue.
Une grande ombre noire
qui lèche le chemin,
    mouvante
    et fuyante ;
est-ce l’ombre du destin ?
un signal clandestin ?
un inquiétant présage
d’un lendemain sauvage ?
C’est l’ombre d’un oiseau
qui a volé trop haut,
a traversé le ciel
occultant le soleil.

 

©Ellen Fernex        
 
 
 

 

 

 

 

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3 décembre 2021 5 03 /12 /décembre /2021 08:00
FSP/ @Rainer Künis, Liechtenstein


 

Et te voici, menue
et toute paisible
dans la fraicheur
d’un matin d’avril,
fragile liane, solide lien
entre deux familles unies,
quittant l’eau pour affronter l’air
de ce milieu hostile
où pêcheurs et prêcheurs sévissent,
chacun s’appliquant à t’enjôler
à t’admirer à te séduire
dans ta découverte
de cette drôle de vie.

 

©Jeannine DION-GUERIN
 
 
 
 
 

 

 

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2 décembre 2021 4 02 /12 /décembre /2021 05:34
Terre d’andésite et d’améthyste

 

 

Là-haut, sur cette , s’envolent feuilles jaunes et feuilles brunes, manuscrits de l’automne
 
Au coude du chemin, un lièvre bondit, emportant la sérénade de l’aquilon
 
Le souffle chaud des biches allume les yeux du silence, et le mystère glisse vers demain
 
Le chagrin des labours s’est vêtu de bure, et le brame du cerf dégrafe la robe des brumes
 
Le fil garance du roncier coud le gilet de novembre
 
L’assaut fripon des fins de nuit arrête toute inflorescence, sauf pour un bouton d’églantier qui, à la faveur d’un repli ensoleillé, vient s’épanouir dans la bonté de ce chemin oublié.
 

©Roland Souchon - Morpho  
www.rolandsouchon.com              
 
 
 

 

 


 

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1 décembre 2021 3 01 /12 /décembre /2021 07:48
Photo Nadjiwill

 

 

Long est le voyage des mots
Nés du sang de l’arbre endeuillé
Dans l’amère lucidité
De la Beauté du Monde
Menacée.
Captifs du puits noir de la vacuité
Refusant son viatique à Charon,
Ils révèlent la lumière voilée,
Avec elle, s’acheminent vers le ciel indigo
Et enveloppés de feuilles d’étoiles,
Espèrent l’embellie des perles de lune
Pétillant sur les friselis d’écume
A la marée haute.

Long est le chemin initiatique
Déclinant la bienveillance
Des signes pacifiés
Allaités de sève renouvelée,
Où depuis l’origine
Le Verbe aspire à sublimer l’Amour
Enfant naturel de notre mère, Eve.

©Nicole Portay            
 
 
 

 

 


 
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30 novembre 2021 2 30 /11 /novembre /2021 07:34


 

Quand je ferme les yeux, je n’ai plus aucun pouvoir. Ce n’est pas mon esprit qui le veut ni ce que mon cœur s’efforce à croire. Je vois des choses qui me font savoir, sans pour autant m’apercevoir que…
Je fais un rêve prémonitoire !
Je n’anticipe pas toujours ces folles images qui apparaissent dans ce désert aux mirages,
Ce monde, cette autre dimension ou je n’existe que partiellement.
De fausses matérialités, parfois prêtes à se concrétiser,
S’imposent dans mon esprit et dans mon sommeil pour que j’y pense maladivement à mon réveil.
Elles s’imposent toutes les nuits pour me rappeler ou me faire oublier qui je suis.
Mais ça ne change absolument rien, ni au quotidien ni au  destin.

 

…Ce qui doit arriver arrivera,

 

Que je m’y attende ou que je ne m’y attende pas !
J’essaye de ne pas en parler dans l’espoir de les empêcher de prendre part à la  réalité. Mais je ne peux que constater, que malgré mes efforts, je vis tout ce que j’ai anxieusement appréhendé.
A quoi bon savoir par avance, s’il n’y a aucune chance pour que je puisse changer les choses ?
Je ne suis pas une visionnaire mais, je suis une rêveuse.
Je ressens et je pressens sans que dans ma tête ça soit bien clair.
Je ne suis pas une voyante;
Les bonnes aventures… je n’en suis pas la diseuse,
Je sais que personne ne peut y croire mais,

 

Je fais des rêves prémonitoires…

 

Ça me colle à la peau, ça fait de moi un tout.
Ça me colle à la peau, comme tous les marabouts.

 

©Djida Cherfi  

05/12/15
 
 
 

 

 

 

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