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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 15:21
Demain matin – Robert Bonnefoy
 
 
 
 
DEMAIN matin très tôt, au coeur de la froidure,
DES que le clair obscur se teintera de blanc,
L'AUBE me fera voir son gel sur la verdure...
 
À l’instant mon destin sera sans faux-semblant :
L'HEURE m’enlacera dans l'épreuve trop dure
OU je m’avancerai heureux et non tremblant.
 
BLANCHI par un soleil à l’âme sans bordure,
LA brume moulera l’horizon accablant :
CAMPAGNE hors du temps au cadran qui perdure…
 
JE me sens tout petit, élève et redoublant,
PARTIRAI - je serein, léger, sans procédure ?
VOIS - tu j’ai soif de Toi, de Ton Amour troublant,
TU m’attends pour calmer tout ce mal que j’endure…
 
Sonnet en acrostiche Robert Bonnefoy©
D’après Victor Hugo... (A sa fille...)
 




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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 07:59
Carte Postale – Yves Romel Toussaint
 
 
 
 
Suis-je la carte postale de ma vie ?
Je viens de loin
d’un long trajet,
et je suis fou d’écrire
mes vieux mots rassis,
poète est mon nom
ma rage identitaire.
 
Je suis venu crier
mon mal être
 
J’habite une ville vide
pas une rue
pas une maison où grincent
des sourires d’enfance
avec pour seul habitat
un cimetière à l’entrée de ma chambre
où dansent des fantômes.
 
Moi je rêve de sang
je rêve de mo(r)ts
avec un pas dans le vide
qui fait peur à l’autre.
 
Je ferme la porte
il y a trop de sang
dans mes visions
 
Ma carte postale
est vide d’adresse.
 
©Yves Romel Toussaint
 
Poème extrait du recueil « La Face Double du Rêve » écrit à deux plumes avec Denise Bernhardt. Edité par Le Vert-Galant.




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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 07:28
Que la vérité jaillisse – Issad Kacem
 
 
 
Le mensonge et l’indifférence, plus que les chaînes
Me laissent des marques
On enterre mon nom dans la nuit obscure
Loin des yeux témoins
On creuse plus profond qu’un abîme sans fond
Pour que le soleil ne ravive pas ma mémoire
Mais une main finement se glisse
Et me tend un message
Où était écrit le nom de mes aïeux
Les fleuves alors se déchirèrent,
Les arbres hurlèrent, dans la langue de ce ventre qui m’a porté,
L’injustice qui m’a cousu la bouche
Et la terre, ce sol qui porte sur son dos les mausolées de l’histoire
Et ce sang qu’on veut éponger
Me libéra de ses entrailles
Pour que je puisse graver pour toujours
Sa vérité sur les murs de l’immortalité.
 
©Issad Kacem




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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 07:41
Les galéjades de Fernand – Michèle Freud
 
 
 
 
 
 
« Fernand, tu es complètement azimuté, tu as les méninges qui déménagent car tu nous prends vraiment pour des attardés du bulbe. On sait que tu es fier d’avoir une imagination beaucoup plus fertile qu’une poêle à frire. N’empêche que tu n’as pas inventé le cachou rond… De toute façon, il ne faut jamais pousser mémère dans les orties. Cette fois-ci, tu dépasses largement les bornes. Entre ce que tu nous racontes et la réalité, il y a un gouffre, que dis-je, un océan et tu le franchis allègrement avec ton enthousiasme débordant de tous tes replis grassouillets. Tu crois nous épater, nous appâter, nous happer avec tes vantardises, tes ruses si grosses qu’elles nous cachent le soleil. Mais tu as tout faux, Fernand, tu te mets le doigt dans l’œil jusqu’à l’épaule, car ce que tu nous jettes en pleine tronche, on s’en tamponne le péroné, on s’en vaseline le coccyx et même, on s’en bassine la malle arrière ! Mais nous ne voulons plus être pris pour des gobeurs de grenouilles. Il est grand temps de changer de microsillon, le tien doit dater de Vercingétorix.
 
En tout cas, pour l’heure, ferme ta gloutonne et fais le mort car avec tes mots criards qui se bousculent au portillon, tu nous calcites les portugaises, tu nous brindilles le carafon. Tu peux être sûr que si tu avalais ta langue ou que tu allais te faire cuire des tortillas chez les indiens, on goûterait au nirvana.
 
Comme il serait divinement chouette alors, le silence, à siroter, à suçoter lentement avec gourmandise ! Sais-tu qu’il est devenu une denrée rare ? Bâfrer du silence, quel luxe ! Il faut dire qu’il en a ras la timbale d’être piétiné, houspillé, mutilé, chassé à coups de fusil, de tronçonneuse, de motos, de quad, de débroussailleuse, de bulldozer, d’hélicoptère, de transistors. Il en a tellement pris sur la patate, son cœur bat si fort à gros bouillons, qu’il n’en peut plus, le pauvre ! C’est la galère de toujours décamper. Mais il tient à bichonner son rêve, un rêve aussi beau qu’une jonquille au printemps : découvrir un petit coin de paradis, où sortiraient de terre, comme des fleurs, des pancartes avec ces mots : « Touche pas à mon silence ! »
 
Mais toi, le Fernand, on dirait qu’il te fait peur, te terrorise. Tu te goures dans les grandes largeurs, le silence n’est pas un monstre, au contraire. Avec lui, tu respires un bon coup, tu ouvres tes ailerons, ton imagination fait des galipettes. C’est pourquoi, il faut le défendre le silence, il faut le protéger comme un trésor, tu entends, Fernand, il faut le protéger comme un trésor…
 
©Michèle Freud



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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 07:59
Quand peu à peu – Denise Bernhardt
 
 
 
 
 
Quand peu à peu
Se taisent les tambours
Et que les corps s’immobilisent
Au-delà du plaisir
Dans la profusion des semences lactées,
Les paupières se ferment au monde
redouté.
A l’heure où se dénouent
Les doux entrelacs de l’amour,
Les doigts s’entrouvrent
Comme des fleurs vivantes
Le sang s’apaise dans ses deltas bleutés
Et le cœur dans sa cage pourpre,
Tandis que l’âme au bord de l’abîme
Cherche déjà
La lumière d’une autre âme.
 
© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « Le chant des Nébuleuses », aux éditions JEBCA, collection l’Immortel.




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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 07:30
Le réveil intérieur – Luce Péclard
 
 
 
 
Son cadran brille en pleine nuit,
Phosphorescent.
Le grand angle entre ses aiguilles
Ouvre un arc d’énergie.
 
Loin du sommeil,
La conscience explore
Un monde négligé de jour,
Emergé des tréfonds.
 
Je me risque à la découverte
Aux abords du prodige,
Et voici délivré
Mon élan déchaîné !

© Luce Péclard
 
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier
 
 
 
 
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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 08:07
Hédi Bouraoui, collection Transpoétiquement vôtre – Recueil
J’ai la grande joie de vous présenter un nouveau livre de la collection des poètes intuitistes dirigée par Giovanni Dotoli et Mario Selvaggio. Je le fais avec grand plaisir sachant la grande qualité de leur travail.
 
Transpoétiquement vôtre, l’Anthologie, est écrite en français et traduite en italien par Mario Selvaggio
Hédi Bouraoui, collection Transpoétiquement vôtre – Recueil
Tout comme l’Anthologie « Entre ciel et terre – L’Olivier en vers », « Transpoétiquement vôtre » est publiée par les Editions Universitaires Romaines
Hédi Bouraoui, collection Transpoétiquement vôtre – Recueil
N’hésitez pas, amoureux de la poésie et des beaux mots, à commander ce livre, vous ne serez pas déçu !
Hédi Bouraoui, collection Transpoétiquement vôtre – Recueil
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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 07:30
Jour d’étain – Béatrice Pailler
 
 
 
 
Jour d’étain,
Ciel pleureur,
Il fait froid,
Il fait laid.
 
Au pays de l’absence
Sur les terres bruineuses,
Feuillages dégouttelants,
Inondation douce des pluies
Et dévalent les nuages tombants en cendre.
 
©Béatrice Pailler




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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 07:40
ILS LOGIQUES – Michel Duprez
 
 
 
 
J’ai toujours trouvé le subjonctif trop subjectif.
Pourquoi faut-il en effet que je sois alors que je suis, que j’aille alors que je vais, et même très bien, cela va de soi ?
Sans parler de qu’il faille alors qu’il faut, de que je veuille alors que je veux…
Mais le veux-je encore, accepter que je fasse ce que je fais, me voiler la face en continuant à dire des choses absurdes, du style « Attendez que je peigne ce peigne étrangement disposé près du pain que je peins » ?
Non, bien sûr que non, il est clair qu’il me faut trouver la faille avant que l’humanité tout entière elle-même ne défaille, que tout le monde sache ce que je sais, vive ce que je vis, suive ce que je suis.
Comment cela, qui suis-je ? Mais vous, voyons, vous, quelle question !
 
Vous êtes bien la deuxième personne du pluriel, n’est-ce pas ? Eh bien, moi qui vous suis depuis l’éternité, il se peut que je sois, n’en déplaise aux dames, le dernier sujet répondant encore au nom de tous les hommes.
 
©Michel Duprez
 




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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 15:08
« Entre ciel et terre – L’Olivier en vers », Anthologie poétique
J’ai la très grande joie de vous présenter une superbe anthologie poétique : « ENTRE CIEL ET TERRE – L’OLIVIER EN VERS ». Les poèmes sont édités en deux versions : française et italienne. Traductions assurées par Mario Selvaggio, Susanna Seoni et Lorenzo Manca.
 
L’ouvrage a été réalisé sous la direction de Giovanni DOTOLI, Encarnacion MEDINA ARJONA et Mario SELVAGGIO.
 
Les illustrations originales ont été réalisées par Rikka AYASAKI et Michele DAMIANI.
 
Publié par EDIZIONI UNIVERSITARIE ROMANE
 
« Entre ciel et terre – L’Olivier en vers », Anthologie poétique
De nombreux poètes ont participé à cet ouvrage, entre autres : Ode, Michel Bénard, Maggy De Coster, Jacques-François Dussotier et Jean Dornac. C’est un immense honneur pour moi, mais également un profond bonheur d’être publié dans cette prestigieuse collection sur proposition de Ode. C’est encore un très grand honneur de me retrouver aux côtés des initiateurs du projet, poètes eux-mêmes, Giovanni Dotoli et Mario Selvaggio.
« Entre ciel et terre – L’Olivier en vers », Anthologie poétique« Entre ciel et terre – L’Olivier en vers », Anthologie poétique
Cliquer sur les deux images pour les voir en entier
 
J’espère que vous serez nombreux à bien accueillir cet ouvrage exceptionnel, le premier dans le genre qui représente une union de poètes venus de divers horizons pour célébrer l’arbre de la paix, l’Olivier, en cette époque où trop d’égoïsmes populistes cherchent à diviser les peuples et détruire l’Europe. Je trouve sublime que les poètes montrent la voix de l’union au-delà des nations !
 
Annonce de la présentation officielle à la Bibliothèque Universitaire de Cagliari, le 19 octobre 2017
« Entre ciel et terre – L’Olivier en vers », Anthologie poétique
Cette anthologie d’exception, car internationale, sera en vente à partir du 21 mars 2017.
 
Bon de commande à copier si vous désirez vous procurer cet ouvrage à un prix promotionnel de 33 euros au lieu de 35 euros
« Entre ciel et terre – L’Olivier en vers », Anthologie poétique
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