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23 décembre 2021 4 23 /12 /décembre /2021 07:30
Amoureux (crayons de couleurs) - Dessin de Louis Delorme©


 

 


Je deviens homosexuel
    quand on s’en prend à mon frère parce qu’il l’est.

 

Merveilleuse tolérance du formidable poète qu’était Louis Delorme. Tolérance qui se perd tragiquement chez certains politiciens que j’aurais tendance à nommer « politichiens » et encore, ce serait une insulte pour les chiens ! Je. ne suis pas homo, mais je respecte celles et ceux qui le sont car ils sont mes frères et mes soeurs en humanité ! (Jean Dornac)

 

La haine des homos tend à se propager :
C’est une ignominie à nulle autre pareille !
Sous l’insulte souvent la barbarie sommeille,
Nous tous que faisons-nous pour la décourager ?

 

L’homme est un animal qui devient enragé.
Ce vieux mal, la bêtise aveugle le réveille ;
Pour son obscure fin le navire appareille,
Si nous ne faisons rien nous allons « naufrager. »

 

Certaine religion, à  ce qu’on dit s’en mêle :
Elle n’évolue guère et laisse des séquelles
D’un temps où l’ignorance empêchait de bien voir.

 

Mais de nos jours aucune raison ne subsiste
De s’en prendre à celui qui par nature existe
Et qui d’être autrement n’a pas reçu pouvoir.

 

©Louis Delorme  

 

Extrait du recueil « Alternances » de 2020. Editions Thierry Sajet              
 
 
 
 

 

 

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19 novembre 2021 5 19 /11 /novembre /2021 07:46


 

 


Ah ! Si l’on n’avait pas détourné les lecteurs de la poésie…

 

 

Les mots n’acceptent pas que je les examine,
Que je les mette en forme et les fasse chanter ;
Ils se sont assombris puis se sont révoltés
Sitôt que j’ai voulu les tirer de la mine.

 

Ils se sont enfermés dans leur gangue mesquine,
A quiconque empêchant de les solliciter ;
Et l’on a vu plusieurs poètes dépités,
Devant leur page blanche avoir mauvaise mine.

 

Si personne ne peut faire changer d’avis
Ces vocables obscures, si rien ne les ravit,
C’en sera donc fini de la belle écriture ;

 

C’est notre faute aussi, nous les avons froissés,
En les privant de sens, ce qui les dénature :
De nos galimatias, ils en avaient assez !

 

©Louis Delorme  
Extrait du recueil « REBONDS – écrit avec Jeanne Champel Grenier » de 2020. Editions Le Brontosaures et Thierry Sajet            
 
 

 

 

 


 
 
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11 octobre 2021 1 11 /10 /octobre /2021 06:39
Le poète inspiré - Dessin de Louis Delorme


 

On n’écrit pas toujours selon ses envies ; et selon son coeur ?

 

 

C’est le démon de l’écriture
Qui me pousse sur son chemin ;
Nous avançons à fière allure,
Car c’est lui qui me tient la main.

 

Il me parle de la nature
Et m’affirme que les humains
Devraient bien changer de monture
Car leur monde est sans lendemain

 

Va savoir pourquoi je l’écoute :
Il ne fait que semer le doute,
Cache à mes yeux toute beauté ;

 

Fasse mon ange qu’au plus vite,
Je reprenne ma liberté
Que lui seul me rende visite !

 

©Louis Delorme  

Extrait du recueil « REBONDS – écrit avec Jeanne Champel Grenier » de 2020. Editions Le Brontosaures et Thierry Sajet            
 

 

 

 


 
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6 septembre 2021 1 06 /09 /septembre /2021 06:39


 

 

De ses yeux effarés l’église me regarde
Comme une poule qui protège ses poussins :
Quelques toits accroupis penchés vers le bassin
D’autres qui se replient vers une rue bavarde,

 

Celui du boulanger lâche de sa bouffarde
Un rêve de fumée qui s’exerce au dessin ;
Dans les fond d’une niche une statue de saint
Dont le bois délavé semble vêtu de hardes !

 

Le village s’ennuie, il s’ennuie à mourir ;
Il n’a plus que des vieux chargés de repentir
Qui ne comprennent pas pourquoi la place est vide !

 

Pourquoi tous leurs enfants les ont abandonnés ?
Ils ont le sentiment d’être déjà damnés,
Eux, dont le désespoir creuse un peu plus les rides.


 
©Louis Delorme  
Extrait du recueil « La Criée – Les Vagissements » de 1974. Recueil imprimé et gravé par l’Auteur sur sa presse artisanale.        
 
 
 
 

 

 

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30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 06:37
Photo ©Jean Dornac


 


Nous grandissons car ne sommes pas sages :
C’est notre punition du ciel ; d’un ciel
Où les moutons deviennent des nuages
Et le berger cesse d’être un soleil.

 

Nos coqs d’église, aux ailes déplumées,
N’ont plus cet air de couver leur trésor
Et, sans leur tire-bouchon de fumée,
C’est nos maisons qui n’ont plus de ressort.

 

Nos fiancées n’ont plus des cheveux d’encre,
Nos ciels ne sont plus ceux des jours fériés ;
Pour que nos bateaux puissent lever l’encre,
Nos arbres morts ne savent plus prier,

 

Sur les portraits de roi, les mains de cire
N’ont plus de fleurs à la place des doigts
Et. nos dessins ne savent plus nous dire
« Dans ces forêts, il était une fois,

 

Vers la fontaine une certaine fée
Qui venait changer, au petit matin,
En fils d’argent les toiles d’araignées
Et les enfants pas sages en pantins ! »

 

La cour n’a plus ses quatre coins de rêve,
La prison ses grilles de liberté,
Le tilleul à bonbons s’est mis en grève,
L’hiver a pris les chances de l’été,

 

Nous grandissons lors que ne sommes sages ;
C’est notre punition du ciel ; un ciel
Où les passions déchaînent des orages ;
Où les avions jouent les Pères Noëls ;

 

Où la guerre cesse d’être petite,
Où les morts ne sont plus « pas pour de vrai »,
Où paroles en l’air, phrases sans suite,
Sont des jeux dont les hommes font les frais.

 

O, joies d’enfants, fictions, métamorphoses
Merveilleux tours, mille fois réussis ;
S’il en restait seulement quelque chose
Nos coeurs seraient moins durs… oui, mais avec des si…

 

Nous grandissons car « nous sommes pas sages »
C’est notre punition du ciel ; un ciel
Où les malheurs s’inscrivent en images,
Dont les fusées fusillent le soleil.

 

©Louis Delorme  

Extrait du recueil « La Criée – Les Vagissements » de 1974. Recueil imprimé et gravé par l’Auteur sur sa presse artisanale.        

 

 

 


 
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22 juin 2021 2 22 /06 /juin /2021 06:52


 

 

Le village amaigri se meurt, deuil après deuil ;
Depuis déjà deux générations, c’est l’automne !
Le vieil arbre voudrait que la faux le moissonne
Et le fasse servir à son propre cercueil.

 

La sève ne peut plus promettre de chatons
Et le prochain printemps n’éclora point de feuilles ;
Cette souche privée de tous ses rejetons
N’a que branches pourries que la bourrasque cueille.

 

Quelques vieux oubliés se chauffent au soleil ;
La mort a trop longtemps dédaigné leur dépouille,
Elle les a laissés s’emmitoufler de rouille
Et n’inspire pas plus d’effroi que le sommeil.

 

« Le village sait bien qu’il nous suivra de près »
Pensent ces radoteurs alignés sous la treille,
Il ne restera plus alors que le cyprès
Pour regarder passer les nuées de corneilles.

 

©Louis Delorme  
 


Extrait du recueil « La Criée – Les Vagissements » de 1974. Recueil imprimé et gravé par l’Auteur sur sa presse artisanale.
 
 
 
 
 

 


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17 mai 2021 1 17 /05 /mai /2021 06:26


 

 

Un corps dont l’imagination
Parvient à se représenter
Des morceaux imbriqués
Dans une forme étrange
Sans reconstituer
Le plan
L’image !

 

Prélude à quel enfantement
Que ce ventre mâture
Enflé de quelle proche géniture ?
La création pose problème.
Que peut-il y avoir avant ?
Et qu’en restera-il après ?

 

Toute oeuvre en train de naître
Est déjà sur son déclin.
Le foetus perd des neurones
Et le sait-il quelque part ?
Un organisme a-t-il idée
de sa désorganisation prochaine ?


©Louis Delorme  

Extrait du recueil « Alternances » aux éditions Thierry Sajat  
         

 

 

 

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12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 06:38
Max Ernst


 

26 Septembre 2019 ( à la suite d'un échange avec Jeanne Champel Grenier sur la créativité de Queneau et Loëc Demey etc...)

POEME

J'aime mouvementer les choses, les proportionner à mes capacités déductionnelles. Je prolifère mes idées, je les tarabiscote. Il me faut subtiler l'ordinaire, saperlipopetter le superflu. J'ai besoin de tournicoter les images et de bourriquer ceux à qui je les destinationne car il faut bien qu'ils se méningisent un peu la cervelle et se tirlicotent les sangs.

J'amoncelle les bribes de rien. Je tournemire les mots qui veulent bien se laisser débarouler dans les occultes barres de mon esprit torsioturé par les aléas, b, c, d de la viestence. Je relationne toutes sortes d'éventualistances et je me satifactionne de ce que je scribe en pensottant que certains se prendront à mon élucubrationite aigüe. La Muse reconnaîtra ses ouailles aïe et les nectarisera de belle sorte afin que tous se retrouvaillent que vaille dans le paradirvana que j'ai inventorié pour eux.

©Louis Delorme  
 
 


 
 

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11 mars 2021 4 11 /03 /mars /2021 07:36
Peinture « La Mouche » (huile sur bois), de Louis Delorme©


 

 


Deux mains sortant de terre
pour clamer leur désespérance.
Et pourquoi vers le ciel,
vers quel Dieu ?
quand l’espace
ne comporte ni haut ni bas.

Le soleil en train de s’éteindre :
Il mangera bientôt la terre ;
La mouche seule a survécu
Qui regarde à travers la vitre
D’une ruine oubliée !

Sur quel cadavre d’homme
Ou d’animal
A-t-elle bien pu naître ?
Sont-ce des mains de robot
Qui sortent de cet amas
De boue
Et pour clamer quelle désespérance ?

Le peintre a-t-il signé là
Un rêve prémonitoire ?
 

©Louis Delorme  
Extrait du recueil « Alternances » aux éditions Thierry Sajat
 
 

 
 
 
 
 

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 07:30
Photo Alexey Kljatov

 

Reçu de Jeanne Champel Grenier que je remercie !!
 
 
 
 
Venant de Norvège
Un flocon de neige
Qui volait au vent
S'en allait rêvant.
Voyant une fille
D'allure gentille
Par le Nord giflée
Bien emmitouflée
D'un bonnet de laine
Il se dit : « Ma veine !
De la bonne aubaine
Si je profitais
Pour me camoufler
Et me réchauffer.
J'attendrai demain
Pour continuer tout ce long chemin. »
Il n'eut pas de peine
À mettre le nez
Dessous le bonnet
Mais sa longue route
Soudain s'arrêta !
Une frêle goutte
Fut le résultat.
 
Ceux qui se figurent
Pouvoir ignorer
Tout de leur nature
N'ont plus qu'à pleurer.
 
©Louis Delorme  
 
 
 
 
Notre ami Louis DELORME nous a quittés en 2020
Enseignant, Peintre et poète reconnu, souvent primé, il a écrit de nombreux recueils de poésie
illustrés par lui-même. Auteur de plusieurs romans et chroniqueur de revues poétiques ( : Le journal à Sajat, L'Albatros, Florilège...) C'est un plaisir que de lire ses textes pleins de fraîcheur, à la fois beaux, simples et didactiques. Jeanne Champel Grenier
 
 
 
 
 
 
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