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28 août 2022 7 28 /08 /août /2022 07:04
Portrait peint par Louis Delorme


 


Il a vécu tout simplement
comme il est né
où il est né.
Il n’a point fait d’études ;
il aurait pu
mais l’école était bien trop loin.

Fils de berger,
le voilà berger à son tour
mais sa pensée n’est pas si fruste
qu’on le croirait de prime abord.

Il est ouvert au monde des étoiles
quand vient le soir
et que s’allument dans le noir
la féerie du ciel et de l’immensité.

Les yeux de ses brebis
qui contemplent la lune,
serrées ensemble
pour garder la chaleur
engrangée sour le calorifère du soleil,
l’interrogent sans doute.
Il se voit petit dans l’espace
mais seul pensant peut-être au milieu des rochers.

©Louis Delorme  
 
Extrait du recueil « Alternances » de 2020. Editions Thierry Sajet                    
 
 

 

 

 


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7 juillet 2022 4 07 /07 /juillet /2022 06:37


 

 


Nous les avons connus dans la force de l’âge :
Qu’avons-nous fait pour les empêcher de vieillir ?
Reconnaissons que nous n’avons guère été sages,
    Que nous n’aimions pas obéir !

Ils ne nous ont donné que le meilleur d’eux-mêmes,
Ce qu’ils avaient mûri de rêve et d’idéal
Mais nous considérions comme tarte à la crème
    Leur parler franc et proverbial.

Nous étions rebutés par leur lente démarche,
Leurs manières à eux de mépriser le temps
Et nous n’avons pas su retenir de leur arche
    Le sable pour argent comptant.

Nous ne nous souvenons plus que de quelques bribes
Parmi le lot, si fourni de leur testament ;
Nous regrettons qu’ils n’aient pas eu l’âme de scribes
    Pour tout conserver noir sur blanc

Les cerises sauvées comme pendants d’oreilles,
« L’os du bonheur », vite détaché du poulet,
Les coupas frappés sur les verres et les bouteilles
    Jusqu’à ce que tombe un soufflet !

De ce festin nous n’avons qu’épargné les miettes :
Les muscles du géant gonflés à pleins poumons,
Une bouffée dérobée à sa cigarette
    Avant d’être hissé au plafond.

Tous ces trésors que les moissons de notre enfance
Avaient, jour après jour lentement amassés
Nous les avons, sous prétexte de délivrance,
    Au hasard des mues dispersés.

« Ils » nous ont bien des fois remercié d’un sourire
En croisant leur enfance au coin d’un de nos jeux ;
Vers les plus hauts sommets ils voulaient nous conduire,
    Loin de tout sentier périlleux ;

Mais nous ne comprenons cette sollicitude
Que bien longtemps après qu’elle nous fait défaut
Quand vient pour nous le temps de la décrépitude,
    Quand souffle le vent de la faux ;

Et nos enfants nous rendent notre indifférence :
Notre froideur d’alors est payée de retour
Et c’est du bout du coeur que leur exubérance
    Répond à nos marques d’amour !

 

©Louis Delorme  
Extrait du recueil « La Criée – Les Vagissements » de 1974. Recueil imprimé et gravé par l’Auteur sur sa presse artisanale.                            
 
 
 
 

 

 

 

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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 06:47


 

 

Quand vient le mois de mai nous grimpons aux platanes ;
Leurs branches terrifiées ouvrent leurs larges mains,
Laissent tomber des hannetons sur le chemin :
Nous les prenons pour faire des aéroplanes.

Retenu par un fil, le prisonnier s’envole,
Trop heureux de sentir sous ses ailes le vent,
Mais dans ses liens, hélas, s’empêtre bien souvent
Et pique droit à terre en perdant la boussole.

Et notre âme d’enfant continue le voyage,
Aux élans du captif naturel contrepoint ;
Quand il reprend l’essor nous sommes déjà loin,
Du rêve notre esprit à tourné bien des pages.

Nous avons chevauché les vagues et les dunes,
Aux sorcières chipé la clé de leur trésor,
Au jardin, nous avons cueilli les pommes d’or
Et dans notre panier nous contemplons la lune.

©Louis Delorme  

Extrait du recueil « La Criée – Les Vagissements » de 1974.
Recueil imprimé et gravé par l’Auteur sur sa presse artisanale.
                   
 
 
   

 

 

 

 

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22 avril 2022 5 22 /04 /avril /2022 06:36


 

Toute une armée de coings disposée sur la table
Comme sur le carreau mes fiers soldats de plomb ;
Ma mère est général de ces beaux anges blonds
Qu’on mène à la marmite en un ordre impeccable.

Ils meurent un à un dans le gouffre insatiable
D’où montent des appels et crèvent des ballons
Et leur âme en fumée vole jusqu’au plafond
Cependant que leur chair demeure aux mains du diable.

On a tiré les plus gros à la courte paille
Pour préparer, selon des rites maternels,
Des pots d’ambroisie comme il n’y en a qu’au ciel,
De quoi ravir le coeur de toute la marmaille.

©Louis Delorme  
Extrait du recueil « La Criée – Les Vagissements » de 1974.

Recueil imprimé et gravé par l’Auteur sur sa presse artisanale.                  
 
 

 

 


 
 

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8 mars 2022 2 08 /03 /mars /2022 07:48
Dessin de Louis Delorme

 


C’était un petit Africain
Qui voulait faire du pain
A quatre sous la livre
Pour que ses frères vivent
Mais il n’avait pas de blé
Ni d’argent pour en acheter.

Il prit de la terre,
Y mit sa misère
Et modela dans ses doigts
Deux grands parisiens siamois ;
Il les mit à cuire
Avec un sourire
Dans un rayon de soleil
En songeant qu’à son réveil,
S’il ne leur arrivait rien,
Il mangerait à sa faim !

Il fit un beau rêve
Et vit sur la grève
Une file de bateaux
Que déchargeaient des gâteaux,
Il se dit qu’en songe
On est heureux comme au ciel
Et que les éponges
Ont leurs trous remplis de miel ;
Et le pauvre môme,
Pâle comme un fantôme,
Eut trop peur que ses enfants
Ressemblent un jour à des blancs ;

Alors pour être certain
De ne plus manquer de pain,
Il décida de dormir
A n’en plus finir.

 

©Louis Delorme  

Extrait du recueil « La Criée – Les Vagissements » de 1974. Recueil imprimé et gravé par l’Auteur sur sa presse artisanale.              
 
 

 

 

 

 

 

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29 janvier 2022 6 29 /01 /janvier /2022 07:52


 

 

De la pensée, les mots
ne prennent que des bribes
comme des lambeaux de brouillard
qui passent en courant
devant le paysage,
ne démasquant que les détails
de ce qu’elle fait défiler.
On est loin de représenter l’ensemble !

 

La mathématique de la pensée
est un théorème à la Fermat
que l’on n’est pas près de démontrer,
de démonter??

 

Et puis peut-être
que chacun pense à sa façon,
sans rien à voir avec les autres.

 

©Louis Delorme  
 
Extrait du recueil « Alternances » de 2020. Editions Thierry Sajet                    
 
 

 

 

 

 


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23 décembre 2021 4 23 /12 /décembre /2021 07:30
Amoureux (crayons de couleurs) - Dessin de Louis Delorme©


 

 


Je deviens homosexuel
    quand on s’en prend à mon frère parce qu’il l’est.

 

Merveilleuse tolérance du formidable poète qu’était Louis Delorme. Tolérance qui se perd tragiquement chez certains politiciens que j’aurais tendance à nommer « politichiens » et encore, ce serait une insulte pour les chiens ! Je. ne suis pas homo, mais je respecte celles et ceux qui le sont car ils sont mes frères et mes soeurs en humanité ! (Jean Dornac)

 

La haine des homos tend à se propager :
C’est une ignominie à nulle autre pareille !
Sous l’insulte souvent la barbarie sommeille,
Nous tous que faisons-nous pour la décourager ?

 

L’homme est un animal qui devient enragé.
Ce vieux mal, la bêtise aveugle le réveille ;
Pour son obscure fin le navire appareille,
Si nous ne faisons rien nous allons « naufrager. »

 

Certaine religion, à  ce qu’on dit s’en mêle :
Elle n’évolue guère et laisse des séquelles
D’un temps où l’ignorance empêchait de bien voir.

 

Mais de nos jours aucune raison ne subsiste
De s’en prendre à celui qui par nature existe
Et qui d’être autrement n’a pas reçu pouvoir.

 

©Louis Delorme  

 

Extrait du recueil « Alternances » de 2020. Editions Thierry Sajet              
 
 
 
 

 

 

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19 novembre 2021 5 19 /11 /novembre /2021 07:46


 

 


Ah ! Si l’on n’avait pas détourné les lecteurs de la poésie…

 

 

Les mots n’acceptent pas que je les examine,
Que je les mette en forme et les fasse chanter ;
Ils se sont assombris puis se sont révoltés
Sitôt que j’ai voulu les tirer de la mine.

 

Ils se sont enfermés dans leur gangue mesquine,
A quiconque empêchant de les solliciter ;
Et l’on a vu plusieurs poètes dépités,
Devant leur page blanche avoir mauvaise mine.

 

Si personne ne peut faire changer d’avis
Ces vocables obscures, si rien ne les ravit,
C’en sera donc fini de la belle écriture ;

 

C’est notre faute aussi, nous les avons froissés,
En les privant de sens, ce qui les dénature :
De nos galimatias, ils en avaient assez !

 

©Louis Delorme  
Extrait du recueil « REBONDS – écrit avec Jeanne Champel Grenier » de 2020. Editions Le Brontosaures et Thierry Sajet            
 
 

 

 

 


 
 
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11 octobre 2021 1 11 /10 /octobre /2021 06:39
Le poète inspiré - Dessin de Louis Delorme


 

On n’écrit pas toujours selon ses envies ; et selon son coeur ?

 

 

C’est le démon de l’écriture
Qui me pousse sur son chemin ;
Nous avançons à fière allure,
Car c’est lui qui me tient la main.

 

Il me parle de la nature
Et m’affirme que les humains
Devraient bien changer de monture
Car leur monde est sans lendemain

 

Va savoir pourquoi je l’écoute :
Il ne fait que semer le doute,
Cache à mes yeux toute beauté ;

 

Fasse mon ange qu’au plus vite,
Je reprenne ma liberté
Que lui seul me rende visite !

 

©Louis Delorme  

Extrait du recueil « REBONDS – écrit avec Jeanne Champel Grenier » de 2020. Editions Le Brontosaures et Thierry Sajet            
 

 

 

 


 
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6 septembre 2021 1 06 /09 /septembre /2021 06:39


 

 

De ses yeux effarés l’église me regarde
Comme une poule qui protège ses poussins :
Quelques toits accroupis penchés vers le bassin
D’autres qui se replient vers une rue bavarde,

 

Celui du boulanger lâche de sa bouffarde
Un rêve de fumée qui s’exerce au dessin ;
Dans les fond d’une niche une statue de saint
Dont le bois délavé semble vêtu de hardes !

 

Le village s’ennuie, il s’ennuie à mourir ;
Il n’a plus que des vieux chargés de repentir
Qui ne comprennent pas pourquoi la place est vide !

 

Pourquoi tous leurs enfants les ont abandonnés ?
Ils ont le sentiment d’être déjà damnés,
Eux, dont le désespoir creuse un peu plus les rides.


 
©Louis Delorme  
Extrait du recueil « La Criée – Les Vagissements » de 1974. Recueil imprimé et gravé par l’Auteur sur sa presse artisanale.        
 
 
 
 

 

 

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