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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 06:31
Le pain chante la sortie du four
 
 
 
La sueur, pour le pain des autres,
Lui dégouline sur le front :
C’est son auréole d’apôtre
A ce mitron !
 
On dirait que ce sont des anges,
Ces visages enfarinés,
Les pains qui dorment dans leurs langes
De nouveau-nés !
 
Un petit enfant qui rêvasse
Se frotte les yeux pour mieux voir
Et comprendre ce qui se passe
Dans ce trou noir !
 
Je le revois, ce petit drôle,
Tout fraîchement tombé du lit,
Avec le chat sur ses épaules
Qui s’assoupit !
 
Juché sur un sac de farine,
Encore tout paf de sommeil,
La figure qui s’illumine
En plein soleil !
 
Il trouve la chaleur bien douce
Et les rêves si sautillants ;
Si ténue l’ombre qu’éclaboussent
Les flammes aux regards brillants.
 
La mouche dort, la fournée lève
Et l’on manque de s’assoupir :
Sur un pain une bulle crève
Comme un soupir !
 
Heureusement que les bruits veillent
Et que la vapeur dit son mot ;
Les parfums comme des abeilles
Réagissent fortissimo !
 
Un sourire, cela vous ôte
Tant de fatigue et de douleur
Et la vieille horloge qui trotte
Donne sa fièvre à notre cœur.
 
L’aiguille au devoir nous rappelle,
Ignorant les belles raisons
Qui nous emportaient sur leurs ailes
Vers d’autres horizons !
 
C’est le troupeau de pains qui bêle
Pour sortir de la bergerie ;
Le boulanger saisit la pelle
Et calme leurs effronteries.
 
Des pas se coulent dans la rue,
Le jour vient cogner au carreau
Et clame à l’ouvrier qui sue
Quatre fois plus de sang que d’eau :
 
Ne sais-tu pas que la misère
Est au seuil de ton paradis
Et qu’un peu partout sur la terre
Le pain manque dans les taudis ?
 
Ne vois-tu pas ces pauvres gosses
Que la faim tiraille et raidit ?
A cent mille lieues de la Beauce,
On vient d’assassiner Gandhi !
 
©Louis Delorme  
 
Extrait du recueil « La Criée – Les Vagissements » de 1974. Recueil imprimé et gravé par l’Auteur sur sa presse artisanale.
 
 
 
 
 
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18 août 2020 2 18 /08 /août /2020 06:29
©Dessin de Louis Delorme

 

 

 

Le fer blanc chante sa rengaine,

Accroché sous le filet d’eau

Comme s’il avalait la peine,

Comme s’il portait le fardeau ;

 

Comme si toutes les fatigues,

Tout ce qu’il y a de mauvais

De son air mi-raisin, mi-figue,

Jusqu’à plus soif, il les buvait !

 

La chaleur répand son bien-être,

La flamme raconte, en détail,

Aux yeux effarés des fenêtres

Qu’elle a fait seule le travail.

 

Le fagot geint, mon père ahane,

Tout semble meurtri par l’effort :

La vieille planche qui ricane

Et les « paillas » qui font le mort.

 

©Louis Delorme  

1974

 

Extrait du recueil « La Criée – Les Vagissements » de 1974. Recueil imprimé

Et gravé par l’Auteur sur sa presse artisanale.

 

 

 

 

 

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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 03:54
Luca Combiaso – Bénédiction de Dieu le Père

 

 

 

A Dieu, s’il est un Dieu, devons faire pitié ;

De là-haut s’il regarde avec une lorgnette,

Il ne voit que fourmis qui vont à l’aveuglette,

Entassant mille brins sans bâtir la cité.

 

Il ne voit que conflits, que monstres irrités,

Tours de Babel qui dans le vide se reflètent,

Chacun tirant à soi les coins de la planète,

Posant sa pierre en monument d’absurdité.

 

Homme, à quoi t’ont servi le progrès et le rêve ?

Si demain dans un cataclysme tout s’achève ?

Arrête-toi ! Fais face à ton éternité !

 

Compte sur ta sagesse autant que ton génie ;

Sache que vanité… tout n’est que vanité

Dans un monde conçu sans un peu d’harmonie.

 

©Louis Delorme  

1974

 

Extrait du recueil « La Criée – Les Vagissements » de 1974. Recueil imprimé

Et gravé par l’Auteur sur sa presse artisanale.

 

 

 

 

 

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27 juin 2020 6 27 /06 /juin /2020 06:35

 

 

 

 

L'amitié, la pierre angulaire de toute une vie.

 

Un véritable ami, cela n'est pas fréquent,

Mais c'est, lorsqu'on le trouve, à la vie, à la mort ;

L'amitié, je ne vois pas de plus beau trésor :

Ça se noue, on ne sait trop où ni trop quand.

 

Un ami, c'est quelqu'un pas toujours de ton camp !

Le lien qui vous unit reste pourtant plus fort

Que toutes les opinions car c'est au même port

Que va votre idéal, pas à mettre à l'encan.

 

Claude, Michel, Robert, Serge, Jean Charles, Pierre

Sont partis bien trop tôt ; nous étions comme lierre

Attachés à ce tronc commun d'humanité.

 

Rien n'aura disparu quand je serai poussière

De ce que fut pour nous cette raison première

Qui n'a jamais besoin que d'avoir existé.

 

©Louis Delorme  

 

 

 

 

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12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 06:42
©Marko Koenig

 

Un texte de Louis, reçu de Jeanne, texte qui résonne au fond de nos âmes, comme s’il nous le lisait de là où il est désormais… Jean Dornac

 

 

 

 

 

C’est mon tour d’aller voir mes pères,

Je n’en suis pas très partisan

Mais c’est là notre fin dernière,

La vie toujours va se brisant.

Le futur n’est plus ma matière,

Je vous fais présent du présent :

Quel plus beau cadeau puis-je faire ?

 

Elle vous attend votre terre,

Aimez-là, soyez bienfaisants

Et surtout, jamais méprisants

Envers le moindre de vos frères ;

Je vous fais cadeau du présent,

C’est le mieux que je puisse faire.

 

C’est un voyage séduisant

Qu’avec elle vous pourrez faire

Si vous avez du caractère

Sans jamais être courtisan ;

Je vais aller me reposant,

Il est grand l’if du cimetière

Que nous avons planté naguère

Et son ombre est des plus légères…

Je vous fais présent du présent :

Quel plus beau cadeau puis-je faire ?

 

Nous sommes tous des éphémères,

Je le savais m’appauvrissant ;

Je me suis bercé de chimères,

Mon école était buissonnière,

J’ai bossé tout en m’amusant

Mais j’ai formé des âmes fières,

On ne réussit qu’en osant.

Je vous fais cadeau du présent,

C’est le mieux que je puisse faire.

 

©Louis Delorme  

Extrait de « Chansons que tout cela »  

 

 

 

 

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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 06:40

 

 

 

Des pieds qui marchent seuls

dans le métro et dans la ville

systématiquement

et mécaniquement,

sans cerveau pour les commander.

 

Parce qu’il faut vaquer

à ses inutiles affaires,

puisqu’il faut les recommencer

chaque jour que Dieu fait.

 

J’aimerais mieux les voir déambuler

dans la campagne, la forêt,

vagabonder, flâner

parmi les fleurs qui se lamentent

de ne plus voir personne les cueillir

bien qu’elles soient à profusion

et qu’elles aient délégué

quelques-unes des leurs

pour nous tenir compagnie

et profiter de nos conversations.

 

©Louis Delorme  

 

Extrait du recueil « Alternances » aux éditions Thierry Sajat

 

 

 

 

 

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17 mars 2020 2 17 /03 /mars /2020 08:27

 

 

 

 

Mets-toi dans la peau de celui qui souffre

Aie pour l’opprimé de la compassion ;

Entre lui et toi, immense est le gouffre...

Ne souhaite-t-il pas la révolution ?

 

Mets-toi dans la peau de celui qui peine,

Martyrisé par le poids du labeur ;

Ne crains-tu jamais qu’il ait de la haine

Contre ceux qui lui volent son bonheur ?

 

Les déshérités, mets-toi dans leur tête :

La jalousie peut les faire crever ;

Ils n’ont pas le droit de faire la fête

Et même plus le désir de rêver.

 

Ils sont comme toi des êtres qui pensent

Tous ces mal aimés par le mauvais sort ;

Comme toi sans doute, ils fuient les offenses

Et toi, comme eux, un jour tu seras mort.

 

Mets-toi dans les pas de celui qui sème

La graine d’espoir pour la voir lever ;

Ses vœux et les tiens sont souvent les mêmes,

Ce dont il se plaint peut bien t’arriver.

 

Mets-toi dans le sang de celle qui saigne,

Que l’on a violée durant son travail

N’accepte plus que la violence règne

Qu’on traite l’homme ainsi que du bétail.

 

Tends un peu la main à ceux qui mendient :

La honte ils la ressentent comme toi !

A leur désarroi, rien ne remédie,

Ils n’ont pas de pain, pas non plus de toit.

 

Mets-toi dans l’esprit de celui qui cherche

La raison qui fait qu’il dort ici-bas !

Ce n’est jamais Dieu qui nous tend la perche

Nous sommes seuls à mener le combat.

 

Celui qui a faim, mets-toi dans son ventre

Qui le tiraille à perdre la raison ;

Son placard est vide et sans joie, il rentre,

Et c’est vrai quelle que soit la saison.

 

Mets-toi dans le cœur de celui qu’on livre

Injustement à de sales bourreaux ;

A qui ne reste plus qu’une heure à vivre

Qui de plus est derrière des barreaux.

 

Si tu penses à ceux qui sont tes frères,

Ta vie vaudra d’avoir été vécue ;

Ta peur de quitter un jour cette terre

A tout jamais ton cœur l’aura vaincue. 

 

©Louis Delorme   

 

 

 

 

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23 février 2020 7 23 /02 /février /2020 07:26


 

 


Il a perdu son boulot de manutention.
C'était pourtant dans une usine de pétrole !
C'est vrai qu'il n'avait jamais fait beaucoup d'école,
Qu'on n'avait pas beaucoup soigné sa condition.

 

On lui a fait faire une longue formation :
Maintien, comportement, prise de la parole,
Écouter, s'impliquer : on vous braque, on vous viole :
C'était là tout un travail de motivation.

 

Il est trop de voleurs qui freinent l'abondance
Des grands supermarchés ; oh ! l'horrible existence !
Ceux qui chapardent, hélas ! ce sont de pauvres gens !

 

Qui ne peuvent pas faire autrement car leur vie
Ne peut suivre la route et ça pour de l'argent...
Il a fui, s'est enfui de son âme asservie.  
 

©Louis Delorme   
 
 
 
 

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30 janvier 2020 4 30 /01 /janvier /2020 07:40
verviers.lameuse.be

 

 

 

Il a le doigt près du bouton qu'on lui propose !

S'il appuie, un missile aussitôt va partir,

Avec dix secondes pour toucher de son tir

L'objet volant qui ne serait pas de sa cause.

 

Cent quatre-vingts vivants ! C'est beaucoup ! Pas grand-chose !

Pour un drone égaré qui ne peut ralentir :

Son but est de frapper le métal ; les martyrs,

Eux, ne sont que la chair... Et dès lors tout explose.

 

Qui dit qu'on ne saura jamais la vérité ?

Mais ils sont bien tous morts ! Quel jeu de société 

Des adolescents fous nous ont-ils mis en scène ?

 

Chaque jour au néant nous sommes confrontés ;

Mais que vaut une vie dans ce monde de haine,

Sur sept milliards ? Ça ne sert à rien de compter.  

 

©Louis Delorme   

 

 

 

 

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10 janvier 2020 5 10 /01 /janvier /2020 07:25
photoshop edit - photo de thuie – Notre avenir et celui de nos enfants ?

 

 

 

 

Faute d’avoir analysé ce que nous sommes...

 

Nous allons voir le saut de la température

De deux, de trois, de quatre et même cinq degrés ;

Dans dix, quinze, vingt ans, nous serons effarés

Devant les changements subis par la nature;

 

Le pôle Nord sera lieu de villégiature,

D’un peu partout viendront chez nous les émigrés

Et par millions les corps devront être enterrés

A défaut d’avoir pris d’importantes mesures.

 

La croissance, il aurait fallu la contenir

Au lieu de la forcer, mieux la circonvenir…

Nous sommes une espèce au sein d’autres espèces !

 

Et nous nous inscrivons dans le milieu vivant.

Il nous aura manqué ce soupçon de sagesse

Qui permettait de croître et d’aller de l’avant.  

 

©Louis Delorme   

 

 

 

 

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