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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 07:40
PASSEROSE - Pierfetz
(Passé et rose trémière )
 
Le vieux mur - AFT ©
 
 
 
 
Je suis parti aux perce-neige,
La vieille maison s'écroulait,
Fête finie, adieu manèges,
Ma jeunesse ainsi s'envolait.
 
Les volets blancs claquaient au vent,
Et sur le verglas de la vie,
Je me suis rappelé souvent
La jeunesse de mes envies.
 
Me voici enfin de retour.
La nature a bien fait son oeuvre,
Avec la venue des beaux jours,
Les rosiers peignent un vrai chef-d'oeuvre.
 
Rosée sur toile d'araignée,
Arc-en-ciel des années d'antan,
La vieille bâtisse reste imprégnée
Des amours mortes depuis longtemps.
 
Les mousses cachent ce vieux cimetière,
La vie est là et vient encore,
Passe pierraille, roses trémières,
Habiller ce temple d'Angkor.
 
Je viendrai ce soir, au couchant,
Guetter leur ombre dans la nuit...
La maison sera comme avant
Le jour où mes amours ont fui.
 
Pierfetz ©
 


 
 
 
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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 07:41
L’amour défendu – Salah Bekka
 
 
 
 
Au feu brûlant en moi,
J’ai ajouté une flamme,
Celle qui venait de toi,
Quand t’es devenue femme,
 
Bien avant ton mariage,
Tu jouais à la gamine,
Tu faisais bien la sage,
En me cachant tes lignes.
 
J’ai attendu durant,
Dans ce segment d’espace,
En aimant ce moment
Qui t’a alloué l’audace,
 
Tu parlais à mon cœur
Sans distinguer l’erreur,
En souhaitant une place,
Dans mon monde de rapace ;
 
Je t’ai prise sous mon aile
Au-dessus des nuages,
Je t’ai montré ce ciel
Et la source des mirages,
 
Je t’ai dévoilé mon nid
Et ses plumes veloutées,
Tu as caressé mon lit
Sans pouvoir l’habiter.
  
Devenus révoltés
Du devoir conjugal,
Nos cœurs furent obligés
De violer cette morale,
 
Qui a fait de nous deux
Des chapardeurs d’instant,
Tout en savourant ce peu
Qu’a libéré le temps.
 
Cet amour défendu
S’est lié au passé
Et sa ferveur a rendu
Ses parcelles éclatées ;
 
Aujourd’hui tout s’éloigne
Dans le devoir de chacun,
La logique tient notre poigne
Vers notre unique destin.
 
©Salah BEKKA. Auteur
Fleurs, Épines et Frissons…
Paru au : LES ÉDITIONS DU NET
92150 Suresnes France



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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 07:45
Le mime – Claude Gauthier
 
 
 
 
Le mime est là. Plus rien ne bouge…
Il s’est figé, juste le temps
Autour de son si gros nez rouge,
De s’apprêter. Soudain les vents,
 
Du songe bleu qui le transporte,
Soufflent de-ci, de-là, partout,
L’épure et chimérique et forte
De ses secrets, mis bout-à-bout !
 
Dans les geysers de son silence,
D’un geste sûr il nous saisit,
Nous enveloppe et nous balance,
Sur les manèges qu’il brandit !
 
A qui regarde, il lui suggère
Dans chaque mot qu’il ne dit pas,
Que la vie a pour passagère
La folie et ses branle-bas !
 
Surprends nos cœurs Mime qui danse
En silence avec tes discours
Et thaumaturge – ultime chance –
Nous guéris aux jeux de tes tours !
 
© Claude Gauthier



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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 07:44
L’enfant du soleil – Michèle Freud
 
 
 
Par hasard, en me promenant le long de la Florieye, j’ai rencontré un enfant assis dans l’herbe : ce fut pour moi comme une apparition miraculeuse ; il émanait de lui une sorte d’énergie spirituelle et son visage semblait contenir tous les secrets du monde. Sans bouger, je le regardai et je laissai l’émotion s’épanouir dans mon corps. Puis, je m’assis près de lui et entre nous s’établit un dialogue sans parole. Peu à peu, un sourire perla sur ses lèvres. Alors, comme par magie, l’ombre devint lumière et les pierres  semblèrent soudain fleurir.
 
Je pressentais que j’aillais vivre un événement hors du commun et je n’osais rompre ce silence, un silence brodé de rêves et de tendresse. Cependant, je pris délicatement la main de ce mystérieux enfant et je rencontrai son regard doux et plein d’espoir. J’étais très émue, incapable de dire un mot. Comprenant mon émoi, il se leva, m’offrit son bras et nous avons couru et dansé sur la prairie éclatante de soleil.
 
Puis vint pour nous le temps du repos. Soudain, un chant s’éleva tel un cerf-volant. C’était l’enfant qui lançait au ciel un bouquet de notes musicales, pures et cristallines dont la douceur me bouleversa et me transporta au pays de la poésie…
 
Après de tels moments, il était inutile de parler, le regard suffisait : de lui s’échappaient des mots fleurs, des mots soleil, des mots oiseaux. Quand le soir se posa, je n’avais pas bougé. Je tournai la tête un instant, attirée par un bruit insolite. Quand je voulus de nouveau regarder mon petit bonhomme, il avait disparu, absorbé par la nuit d’améthyste. Je vis seulement dans le ciel une longue traînée d’or. J’allais penser que cet enfant, je l’avais seulement rêvé, quand j’entendis encore une fois sa voix de cristal ; c’était comme si les étoiles voulaient me donner comme cadeau d’adieu, une chanson d’amour, un chant d’espoir, un chant partage, un chant promesse et toutes les notes colorées et lumineuses tombaient vers moi en cascades de perles…
 
Alors, je me levai lentement, je recueillis dans mes deux mains offertes quelques-uns de ces joyaux célestes et me doigts se refermèrent  délicatement sur ces précieux fragments de rêves, sur ces précieux fragments d’enchantement…
 
©Michèle Freud



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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 07:47
Voyance – Denise Bernhardt
 
 
 
 
Parfois il nous semble
Quand les journées vont l’amble,
Que l’on croise au large
De notre île rêvée,
Dormant au milieu
D’un anneau de turquoise.
Un jour on le rencontre,
Celui qui vous donne
Envie de vivre, et s’en défend
Avec la véhémence
Qui bouleverse le cœur.
Mais on le voit en mal d’espérance,
Les yeux perdus dans les espaces bleus
Où le temps n’a plus cours.
Alors on sait déjà,
La lumière qui emplira nos âmes,
Et l’ivresse des sens.

© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 07:46
Les nœuds gordiens – Luce Péclard
 
 
 
Ces alliances qui se nouent
Et se dénouent un jour subit
Pour se renouer autrement
Avec des fils déjà rompus…
 
Et que faire des nœuds tranchés,
Des bouts ballants, flottant au vent ?
Peut-on les renouer entre eux,
Intervertir les destinées ?
 
De dénouements en dénouement,
De cap perdu en cap perdu,
Comment retrouver l’accostage,
La terre ferme et le bon port ?
 
Le bateau tourne sur lui-même,
Reste à saisir le gouvernail.  
 

© Luce Péclard
 
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier
 

 
 
 
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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 07:42
 DAECH … A la dérive… - Gérard Gautier
 
 
 
 
 
Tu es en recherche de Toi-même,
Des richesses ignorées, de ton cœur, de ton esprit
De celles du Monde et des Humains,
Trouve les lumières de l’espoir
Ne te laisse pas aspirer, enliser
Par le sable mouvant de la négation de l’Autre
Ne suis pas aveuglément le crédo de la haine,
Blasphème insufflé par de lâches et veules esprits,
Ils respirent le néant et nient ton intelligence,
Te mènent vers les chemins de la désespérance
De la violence, de l’intolérance,
Ils t’envoient sur les sentiers de la mort,
Destructrice des aubes enchantées de soleil,
Du parfum musqué de la rose, de ta Mère.
Ils veulent que jamais tu connaisses
Le sourire de l’enfant né de la femme
Que point tu auras,
Tu ignoreras les riches souvenirs
De la vie de tes anciens
Par toi, attristés, déçus, humiliés,
Ne crois pas les vilénies nihilistes
Qui t’envoient au tombeau,
Faisant victimes innocentes et noirs deuils.
Tes parents, tes sœurs, tes frères, tes amis,
Tes compatriotes déjà paient,
Les crimes de tes frères en déshérence,
Le lourd tribut de l’endormissement
De la conscience à toute humanité.
Après ton trépas tu ne rejoindras pas
Le paradis vanté que tu imagines,
Il n’y aura pas de vierges à t’attendre.
Elles ont toutes été violentées dans leur corps, leur âme,  
Avant d’être assassinées comme l’est l’Humanité.
Elles t’attendent pour te faire connaître les feux de l’enfer !
Réveille-toi de ton cauchemar, il est encore temps,
Choisis les rivages de la Vie, de la Paix.
 
©Gérard Gautier
Saint-Brieuc 20 octobre 2016
 
 Ambassadeur de la Paix
 Honoré par cette distinction pour le poème «Avenirs décimés» et l’ensemble de ses actions en faveur de la Paix
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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 07:44
Le jour – Victor Varjac
 
 
 
 
Le jour
de sa main transparente
pousse la porte légère
des paupières fermées…
d’un regard
où reposent les Signes
il efface le tumulte
et disperse
l’épouvante nocturne…
 
Encore accroupis
dans la confusion
à peine dissoute
des choses de la nuit
les hommes
comme une chevelure
qui s’allume
feront jaillir de leurs pas
les racines impatientes
du sentier qui s’écoule…
              … obstinément…
… mais l’huile parfumée
de l’heure qui s’avance
transfigure l’écorce du cœur
comme un fruit de la terre
perchant l’enfance de la vie
sur l’épaule admirable
de l’astre aux multiples visages…

©Victor Varjac
Antibes, octobre 1998

Extrait de « LE CHEMIN DES RÊVES » aux éditions Chemins de Plume




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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 06:36
Aveugle destinée – Lofti Belouad
 
 
 
 
 
 
Enveloppé de son voile transparent, l'aveugle marcha au rythme des peurs.
Touchant de ses pieds nus un sol rouge et brûlant, il s'arrêta essoufflé à la lisière de son cœur.
Qui d'un souffle lent mais ardent, lui fit goûter au parfum des belles fleurs.
Il écarta son bras mou et tremblant, se rapprochant d’une gracieuse ferveur.
Qui d'une épine blanche le transperça, lui faisant voir la cruauté du malheur.
Il courra perdu, trompant son voile transparent de larmes et de terreur.
Criant son âme au destin, rampant son être vers une oppressante destination
Il courra, étouffé, aspirant son voile pétri de cris et de langueurs.
L’aveugle s’arrêtât  méfiant, ouvrant ses yeux, garnis de rêve et d’ardeur.
Il découvrit ébahi un ciel bleu et se mit à apprécier sa destinée avec sourire et bonheur.
Mais d'un geste lent, le destin l’atterra, le plongeant dans un néant sans joies ni malheurs.
Il se rappela de l'épine mais ne ressentit que la douceur et le parfum de ces belles fleurs et,
nostalgique, il chanta à l’éternité la beauté de son triste destin.
 
©Lofti Belouad



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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 06:37
Nom d’une pipe ! – Michel Duprez
René Magritte
 
 
 
 
                                                             En hommage à Magritte.
 
 
Et si les chefs-d’œuvre sans légende
étaient finalement moins résistants
à l’humeur changeante du futur,
autrement dit plus vite appelés à disparaître en fumée ?
 
Prenons par exemple cette peinture.
La chose qu’elle représente en ne reposant pourtant sur rien,
puisqu’elle semble en effet,
au premier coup d’œil,
flotter dans l’air,
apparaît d’une extrême simplicité.
 
Or il fallait qu’elle soit vraiment culottée
et confiante en sa courbe harmonieuse
pour passer ainsi d’un siècle à l’autre
sans que son image ait perdu son éclat
ni choqué non plus les âmes dites « sensibles ».
 
Supposons à présent que l’auteur de ses jours,
au moment où il fut inspiré,
se soit contenté de concevoir
un de ses tableaux les plus célèbres
sans piper mot.
 
Dans ce nouveau cas de figure,
ce qu’il affirmait alors ne pas être cela
serait peut-être encore ceci.
 
Mais, d’un autre côté,
si nous souhaitons rester réalistes
et donc raison garder,
nous devons bien admettre
qu’il aurait aussi considérablement réduit ses chances
de faire un tabac.
 
©Michel Duprez



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