Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
26 mai 2020 2 26 /05 /mai /2020 06:29
Photo J.Dornac©

 

 

 

Des lambeaux de brume s’enroulaient

Effilochés en volute vers l’aube

Encore saupoudrée d’étoiles.

Lasse de fouler des fruits aigres

Sur ma terre gorgée de sanguine

Je me suis ancrée aux pierres de la colline

Et j’ai trempé ma plume dans l’eau du ciel,

Enlacée à mon arbre tutélaire

Au matin de la feuillaison.

J’ai écrit l’enfance

Colonne de l’humain,

Rendant à mon sol

La sève des mots en marche.

J’ai reconnu au soleil montant

Les ailes d’un triangle d’or

À l’envol des oies sauvages.

Rêveuse, je pressens la fertile frondaison.

À la lumière d’une goutte de miel,

De jeunes branches bruissent

De nuances vertes à l’infini.

 

©Nicole Portay

 

Nicole Portay - Poétesse

Déléguée BDR de la Société des Poètes Français

Responsable Nationale du concours de poésie jeunesse SPF

site: www.societedespoetesfrancais.eu       

blog: www.societedespoetesfrancais.net        

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article

Repost0
25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 04:19

 

 

 

Le pissenlit fleurit, têtu. Griffes au bitume, ses feuilles font jardin, fissurent la ville que ses racines fécondent.

Soleil vêtu d’oubli, au front de pierre, sa lumière est offrande. Il ne craint ni la main ni la dent, son vœu : être. Il sait que mourir c’est vivre encore.

Évangile sous nos pas, sa graine exaucée.

 

©Béatrice Pailler  

 

Extraits d’HERBIER

Revue Traversées n°92

Été 2019  

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article

Repost0
24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 06:32

 

 

 

 

 

En cet instant où nous serons

Présents l’un à l’autre,

Debouts, silencieux

Dans le temps immobile,

Je tendrai mes mains

Pour caresser ton visage,

En retenant ton âme

Tout au fond de mes yeux.

Alors comme un arbre nouveau

Tu frémiras de la sève de vie,

Quand nous échangerons

Parmi les hampes enivrantes

Des acacias en fleurs,

Des grappes de baisers.

 

©Denise Bernhardt

 

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article

Repost0
23 mai 2020 6 23 /05 /mai /2020 06:27

 

 

Dès le matin la musique est un bruit

Et le rossignol n’est plus aussi chantant

 

Les jupes des femmes ont des mauvais plis

Et les maîtresses se déshabillent aisément

 

Jusqu’au soir les vautours manigancent

Et les plus faibles dansent

 

Les éléments se déchaînent jour et nuit

Et Dieu n’est pas un bon confident

 

Les laideurs hélas sont désormais à craindre

Et l’écriture est une façon de feindre

 

Oh lucidité... tu ne me quitteras plus  

 

© David Chomier

  

 Extrait du recueil « Soyons Bref » aux éditions Stellamaris

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article

Repost0
22 mai 2020 5 22 /05 /mai /2020 06:22
Fatrasie, sculpture d’Etienne Fatras ©

 

J’ai la joie d’accueillir un nouveau membre dans Couleurs Poésies. Il est, certes, poète, mais de plus sculpteur ! C’est avec joie que je lui souhaite la bienvenue et j’espère que vous tous qui aimez la poésie de ce blog, vous aimerez les œuvres d’Etienne Fatras ! (Jean Dornac)

 

 

Es-tu une poésie

Héritière de formes anciennes

Es-tu fantaisie

Tout juste sortie

Des rêves d’Etienne ?

 

La main au menton

Stigmate de la réflexion,

Toi aussi, tu t'interroges.

Peut s'en faut que tu en perdes la tête,

Quel créateur t'a ainsi faite

Et de l'académisme, tant, déroge ?

 

Il t'avait fait un joli port de femme,

Il avait choisi une belle robe,

Volant et s'ouvrant subrepticement

Épousant tes formes et le mouvement,

Puis soudain ton corps se dérobe,

Pulsion créatrice ou vague à l’âme ?

 

Écoute Fatrasie

Tu es faite ainsi

Parce que ton sculpteur écrit des vers

Avec son imagination et un peu de terre,

Symbiose artistique

Faisant de toi, assurément, un être unique.

 

©Etienne Fatras

 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article

Repost0
21 mai 2020 4 21 /05 /mai /2020 06:34
Photo sur le site de la maisondelapoesie.be

 

 

                                                    à la mémoire du poète Jean-Luc Wauthier

 

 

comme son nom semblerait l’indiquer,

un recueil serait-il fait

pour se recueillir ?

Et s’il s’agissait plutôt

de récolter ce que l’on a semé,

de recueillir les fruits de nos pensées,

les raisins de la raison

devenue momentanément imprévisible,

assoiffée de liberté,

de telle sorte que, quand le vin est tiré,

le hasard s’allie à la nécessité

en toute sympathie,

pour vous offrir un vers,

ensuite encore un autre,

et puis encore un autre.

Si bien qu’au bout d’un certain temps, on y prend goût,

on apprécie l’arôme des mots,

et qu’après tout on se dise

qu’il n’y a peut-être jamais vraiment eu d’écrits vains,

jamais eu de bons ni de mauvais poètes,

seulement des éternels jeunes premiers

ou jeunes premières

sous l’inspiration de quelque état de grâce,

face à l’envie irrésistible

de répéter ce que leur a soufflé

l’étrange voix qui les habite.  

 

©Michel Duprez

 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article

Repost0
20 mai 2020 3 20 /05 /mai /2020 06:33
Dessin de Jeanne Chample Grenier©

 

« Insomnie », poésie en connivence

 

 

J'ai passé bien des nuits à tenter de dormir,

Me tournant, retournant, en pensant à la bonne,

La bonne position, et ses idées friponnes,

À moitié endormi, à grogner, à gémir.

 

J'ai pensé bien des fois à ce bon Casimir,

Qui entre dans la chambre et doucement chantonne,

Pour plomber la paupière, aussitôt d'une tonne,

Mais ça n'aidait pas mieux le sommeil à venir.

 

Lors, un jour j'ai trouvé l'outil indispensable ;

Armé de mon crayon et du marchand de sable,

J'ai rêvé éveillé sur un bout de papier.

 

En me voyant rêveur, elle s'est assoupie,

Ma muse, au bout d'un vers en décomptant mes pieds.

La poésie avait vaincu mon insomnie.

 

© Gérard Cazé

 

* * *

 

J'ai passé bien des nuits à tenter de dormir*

Usant tous les sésames, les moutons qui moutonnent

Pour finir bien souvent par le mot de Cambronne

Et m'en aller l'oeil clair, dans un trou noir, gésir

 

Ah ! Que ne suis-je un chat qui dort sans coup férir

Dans un soulier, un plat ou bien une bonbonne

Sans chercher à savoir qui est au téléphone

S'il est en train de rire ou alors de mourir

 

Moi, je suis aux aguets, pauvre âme misérable

Il suffit d'un moustique et je me mets à table

Faisant de la rencontre trois tomes au fablier

 

J'y vais donc de la plume, la pire des manies

Et bien mieux que Pierrot je sèche l'encrier

En allongeant les mots qui recouvrent mon lit

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

*Vers de Gérard Cazé ( INSOMNIE)

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article

Repost0
19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 06:41

 

 



Vraiment je n'y comprends rien, mes mots ont disparu. Ils étaient là, pourtant, posés sur ma page blanche comme des papillons sur une fleur éclose. Le temps d'une distraction, ils avaient pris la fuite. Devant mes yeux surpris, ne dansait que du blanc.


J'eus beau chercher partout, fouiller toute la maison, visiter le jardin, le petit bois joli, les rives du ruisseau, tous les petits chemins aux senteurs enivrantes, j'aperçus seulement un arbre tout en fleurs avec des oiseaux blancs.
J'eus beau me triturer, me creuser les méninges, j'eus beau me gratouiller, me griffer le cabochon, je ne vis rien venir qu'un petit lézard vert glissant sur le balcon.


A voir le ciel si bleu, le jardin si joli, toute la nature en fête, je me mis brusquement à rire et à danser, enfin à m'envoler avec le papillon et la bergeronnette.


Dites que vous reviendrez, mes petits mots chéris, embellir joyeusement tous les jours de ma vie. Ensemble nous partirons, nous irons nous chauffer à mille autres soleils. Et nous nous offrirons, tout près d'une fontaine, un poème de Verlaine...
 

©Michèle Freud

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article

Repost0
18 mai 2020 1 18 /05 /mai /2020 06:28

 

 

 

 

Dans les griffures du temps

les amarres se rompent

l’indifférence floconne

reines et cavaliers dorment sur un damier gelé

                             j’apprends à te désaimer.

Au gibet de l’hiver

le joyeux délire des fantasmes se balance

la famine ripaille

l’insouciance efface ses marelles

la rosée noircit

les mots butent à cloche-pied

les légendes roulent leurs chimères.

                              Pourtant

mon cœur faseye encore

aux notes de ton rires

personne ne joue plus

sauf toi

                              ailleurs.


©Nicole Hardouin

 

In Le Rire de l’Ombre

Ed l Harmattan, préface de C. Luezior
 
 
 
 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article

Repost0
17 mai 2020 7 17 /05 /mai /2020 06:30

 

 

 

 

La colère, dit-on, est de mauvais conseil

Lorsque les cieux éclatent et que l’orage gronde

Sommes-nous à l’abri de désastres pareils ?

Car l’être est bien petit face au mur de la fronde.

 

L’homme est parfois aussi sujet à des excès

La colère, dit-on, est de mauvais conseil

Alors il sort les armes et commence le procès

Chacun esquive en vain, examine et surveille.

 

L’enfant n’est pas exempt de gestes irascibles

Il casse ses jouets, les jette sans pareil

La colère, dit-on, est de mauvais conseil

Et la chambre aussitôt devient inaccessible.

 

Le chaos sur terre créé par les courroux

Montre que les hommes sont toujours en éveil

Lorsqu’il s’agit d’être de vrais loup-garou

La colère, dit-on, est de mauvais conseil.     
 


©Eliane Hurtado
 
 
 
 
 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Couleurs Poésies 2
  • : Ce blog est dédié à la poésie actuelle, aux poètes connus ou inconnus et vivants.
  • Contact

  • jdor
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...

Recherche