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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 07:59

 

jeu.jpg

http://www.cedrickalonji.com/kinshasa-la-plus-grande-poubelle-du-monde/



« Dans ce monde-là, il est désormais acquis
Que les hommes survivent
Plutôt qu’ils ne vivent,
Que les enfants s’amusent, nus,
Parmi les immondices
Charriées dans les ruelles aux fétides odeurs.

Ce monde offrant son mal être
Aux baisers du soleil
Sera-t-il toujours ignoré, renié, bafoué
Par les receleurs du bien être.

Jouez enfants !
Dans l’envolée rupestre des cerfs-volants
Qui s’en va émailler les champs lumineux de vos rêves.
Que vos pieds quittent terre.
Pour laisser au temps
Le temps de rendre aux ruisseaux leur transparence
Le temps de laver les eaux.

Jouez !
Qu’éclate la vie
Dans les stridentes clameurs des luttes juvéniles.
Tandis que le monde d’en bas
Sur les chemins de terre
Coule
L’incessante fourmilière des hommes
Traînant sur leur dos les scories
De leurs vies sacrifiées.

© Denise Bernhardt

Extrait du recueil « L’amour du monde » aux éditions Le Vert-Galant



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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 09:24

 

evasion.jpg

© Paul Delvaux



Suffit-il d’annoncer : « Je veux »,
Comme Jésus dit au lépreux,
Pour transformer en guérison
Les appels au secours d’autrui ?

Quelquefois l’Autre, c’est soi-même,
Notre moi séparé de nous !
Ce moi flottant erre en roue libre.
Enivré par sa dissidence.

Il devient pièce détachée
Et forme une entité distincte.
Il n’a peut-être plus envie
De retourner dans son bercail !

© Luce Péclard
17.2.2010



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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 11:39

 

Chambre.jpg

© Alexandre Okinczyc



Cet œil intérieur me regarde,
je ne peux faire n’importe quoi,
de la morale subir la loi,
cet œil intérieur me garde.

Une ombre au mur telle un grand singe
envahit la pièce unique,
du mur grignote la tunique,
magie du blanc tel un grand linge.

L’abat-jour envoie ses cercles concentriques,
au plafond cumulus et stratus combattent,
un duel , jamais ne le ratent
tuons le silence par la musique.

J’ai répandu la lumière et la vie,
les poches de silence et d’ombre
ont reculé vers le grand sombre
et les notes ont grimpé et ont ri.

Tu peux entrer dans la chambre,
entrer dans ma vie sans invitation,
forcer mon corps de tes visions,
la lumière et la vie me cambrent.

© Claire PRENDKI



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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 09:04

 

crayon.jpg

© Jules Joseph Lefebvre, Odalisque



Un crayon noir
un bout de feuille vierge
deux ou trois pierres frondeuses
échappée d'un chemin
solitaire et distrait…
… et le voyage commence…
Le regard se tourne
vers l'intérieur du soir
où le ciel chuchote
dans les bras du silence…
Le quotidien s'estompe
et je retrouve les pas
du rêve qui m'emporte…
La nuit brûle ses doigts
aux chandelles du jour…
Mon sang change de rythme
il ne murmure plus
il s'emballe… il galope…
il voudrait tant
séduire la beauté
en son palais de cristal
lieu magique
où s'enivre la lumière…
Il voudrait tant se fondre
dans cette éternité
si brève et si brutale…
Disparaître… disparaître
dans le cri
de cette morsure
d'espace et de vertige
où les morts se souviennent
de ce temps qui déchire
la chair insolente
des hommes d'autrefois…
… Sans m'attarder davantage
j'abandonne aux ravins
ce ballet de fantômes
masques de sable
aux lèvres de mystère
et je me penche
ébloui
au dessus de cette nudité
qui torture mon corps…
Des ongles se dressent
comme des glaives ombrageux
et le chant du désir
peu à peu m'ensorcelle…
Le vol des parfums
bouleverse les paysages
et je m'enivre
de cette peau
gorgée de sortilèges…
La sève est un raz de marée
qui bouscule mon être
à l'aube du réveil…
La brume trompe l'heure
mais je devine
ses longues cuisses blanches
sa poitrine tendue
et sa danse légère
régnant au seuil des mondes…
… et son ample chevelure
dans un fouillis de lune
tressaille comme une image
innocente et sereine…
Je frôle son visage
ultime battement
au cœur du devenir…

Un crayon noir
un bout de feuille
deux ou trois pierres...
… et le voyage s'achève...
Je rentre dans mon corps
et la journée commence…

© Victor Varjac
Extrait de « La Rouille des Jours »

Studios de la Victorine
Le 23 janvier 2008



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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 08:39

 

prairie.jpg

http://heremoana.vefblog.net/26.html



Dans les premiers frissons de l’aube
Mon corps recrée l’aventure des vents inaudibles
Transmutation qui me fait revenir de l’absence
Ma chair toute illusoire et réelle jusqu’au faîte du regard
Vêtue de lumière dans le tournoiement d’un piège crépusculaire
Voyager jusqu’au vertige à travers le cabotinage
de tes doigts et le labyrinthe de tes désirs
Revoyager sur le tranchant subversif de la mémoire
Repartager les versants obscurs du territoire absolu de l’amour
Inventorier d’ineffables trésors enfouis dans le gouffre des cathédrales
englouties dans l’oubli
Je me retrouve aujourd’hui reine de mes douleurs
et de mes joies jusqu’au transport de mes reins ivres
de la poussière des astres
Exorcisant les plaies du désastre
Cassant les malédictions de fin de siècle
Pour que ne revienne jamais le vide atroce de la mort

© Marie Alice Theard



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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 08:09

 

reve.jpg

© Wassily Kandinsky – Petit rêve en rouge



Au fond du dire,
Il y a la lie.
Au bout du chant,
Il y a la lyre.
Au creux des paumes,
Il y a les rêves
Gravés par le temps.
Mais comment lire,
Ou comment dire,
Si celui que je suis
Me répond sans arrêt que je rêve
Et prétend être en réalité
Celui que je poursuis.

© Michel Duprez



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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 08:08

 

dormir.jpg

http://www.essentielle.be/



C’est l’immobilité
Dans le moment qui dure,
Chaude, la fixité
De la moindre posture…

Ainsi, l’Amour venu
Abandonne la lice,
Qu’à souffle retenu,
Revisite un délice…

C’est le réel abstrait,
L’instant flou sans mélange,
Qui sur l’ombre distrait
Comme des ailes d’ange…

Ce qui reste du don,
S’inscrit en le message
Du suave abandon,
Candide, presque sage…

C’est l’immobilité
Qui cache à s’y méprendre,
L’acte d’intimité,
Puis en laisse un trait tendre…

© Claude Gauthier



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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 09:12

 

lignes.jpg

© Picasso – Les demoiselles d’Avignon



Ligne de corps, fragile beauté,
Se défilant en point d’interrogation
Jusqu’à la courbure des reins.
Miracle ondoyant, trouble émotion, mirage merveilleux,
Blanches et nacrées
Deux sphères jumelles
Fascinent et en appellent aux jeux,
Tentation en écho, regard en miroir,
Embellie en présage d’amour.

© Michel Bénard.


Lauréat de l'Académie Française, Chevalier des Arts et Lettres



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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 08:39

 

Seule.jpg

© L'implorante - Camille Claudel



Je suis seule
Les ivresses des jours heureux
s'estompent
dans une nuée floue
je ne vois plus que brumes...
Les années passent
les secondes se contractent
se décontractent selon ce que je vis
Me rappelle...
Souvenirs heureux
Malheureux
Bonheurs exquis
Sombres aussi
Je suis la veuve
d'un amant en sursis
Je suis l'amante
qui ne sera jamais plus
Je suis la femme-désir
d'un inconnu
Je suis celle qui est perdue
seule...
Chimères éphémères
sublimées au paroxysme
de l'imaginaire
la réalité crue, se pointant
au petit matin des esseulés
m'apparaît bien cruelle
et pourtant
je sais...
Je sais
que tout va recommencer
dès que je verrais l'Oiseau
ou la fleur offerte
c'est la Vie qui est en moi
je ne peux refuser
c'est Elle la coupable
de ces désirs d'exulter
de ce cinéma en plein air
que je regarde défiler
seule...
Je sais
je vais me retrouver dans mes nuages
imaginaire pas trop sage
je sais
qu'à nouveau, je vais espérer
que mon ventre redeviendra de braise
que je me ferai belle
pour l'imaginer
en peindre la réalité
je sais...
Je sais
que jamais personne ne viendra
jamais n'existera plus
d'amour partagé
eh oui ! Je sais...
Je sais que l'Amitié
prendra place à ma table
que sur l'Autel des Jours
ils seront tous là, pour moi...
Amis...
précieuse amitié
pour une femme seule
oui, seule...
Je ne suis que la veuve
d'un amant en sursis
je l'invente
pour en sculpter son image
à ma démesure
inaccessible
impossible
irréel
au goût de ciel bleu
à la saveur de miel bleu
dans ma sphère bleue
seule
je resterai
seule
à jamais
...Je sais...

Ode ©
15 mai 2000



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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 08:49

 

mere-enfant.jpg

http://sos-crise.over-blog.com/

Qu’il s’agisse d’hier, d’aujourd’hui ou demain, les monstres massacrent femmes et enfants au nom d’idées criminelles ou de chefs délirants… (J. D.)



Maudit soit l’amour de la guerre
Maudites soient les décorations
Qui cachent aux yeux des innocents
La barbarie sous les mares de sang

Il en est encore qui crient à la gloire
Après avoir fauché l’ennemi désigné
Pourtant leur frère sur cette terre
Qui ne demandait qu’à vivre

Où est la gloire sous un tapis de bombes ?
Où est l’honneur d’un saigneur acharné
Qui tue femmes, enfants et vieillards
Comme s’ils n’étaient que bêtes d’abattoir ?

Et qui tue encore sous les ordres
De quelques chefs ou dirigeants
Ivres de pouvoirs et d’argent
Des cinglés à jeter en prison

Ô humain, tu n’es pas né pour tuer
Mais pour vivre et aimer !
Je n’ai que faire des breloques
Que l’on suspend autour des cous

Je n’ai que faire des tueurs
Sombres brutes soumises et criminelles
Qui vendent leur âme et leur esprit
Aux démons hurlants, âmes du néant

Je n’ai que faire des assassins autorisés
Ces fantoches affublés de tristes uniformes
Pas plus que de leurs chefs accoutrés
Arborant cols blancs et cravates chamarrées

Si tu veux être un homme
Apprends donc à aimer
Oublie ta morgue et ta violence
Range ton orgueil dans le tiroir des vanités

Regarde les yeux de l’innocence
Écoute la douce voix des enfants
Contemple la source vive
Qui s’écoule entre les rochers

Admire le vol des oiseaux
Que l’on croirait plus légers
Que cet air que, tous, nous respirons
Invisible mais heureusement présent

Regarde encore ce petit chiot
Ou ce tendre chaton
À l’air malheureux qui implore
La tétée de leurs mères attendries

La vie n’est-elle pas plus glorieuse
Que le bruit des bottes et des canons ?
N’est-elle pas plus joyeuse
Que les fleuves rouges de sang ?

L’homme debout, n’est-il pas plus beau
Que le cadavre sur lequel tu craches ?
Guerrier, apprends donc à aimer
Oublie ton besoin de tuer

Sous prétexte de défendre
Un drapeau, un uniforme
Cesse d’obéir aux puissants
Pour qui tu n’es que chair à canon

Jamais ceux-là ne prennent de risques
Ouvre les yeux, soldat, ce sont des lâches
Cesse de meurtrir les vivants
Au nom des tristes imbéciles…

© Jean Dornac
Lyon, le 7 décembre 2012



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