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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 07:31
INTRADUISIBLE – Michel Duprez
Photo J. Dornac
 
 
 
Comment traduire ce qui doit d'abord être interprété ?
Comment interpréter ce qui est avant tout sensé traduire
À la fois nos pensées les plus secrètes
Et nos espoirs tellement démesurés
Qu'ils proviennent forcément d'une autre dimension ?
Comment réussir à adapter tout cela mot à mot
Sans trahir ce petit rien,
Cette vague idée plantée dans le décor,
Qui a poussé à contresens
Et donné vie à ceci.
Traduction, trahison :
Simple question de fidélité
Comme de respect
Par rapport à une version
Qualifiée d'originale.
 
© Michel Duprez

 

 
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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 06:56
Décors de rue – Michel Bénard
© Claude Carretta
 
 
 
Décors de rue, stères de bois,
Lampadaires et toits
S’endorment lentement
Sous le manteau de neige.
Un étrange silence
Assoupit le paysage,
Scintillant sous une lumière
Qui joue en demi-tons.
Décors de rue, stères de bois
Lampadaires et toits
S’inventent aujourd’hui
Des rêves en blanc.
 
© Michel Bénard.

 

 
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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 07:03
Transgresser les interdits – Ode
Photo J. Dornac
 
 
 
Transgresser les interdits
Pour la seule aventure d’Aimer
Ainsi s’annonce l’Être Nouveau
Dans la clarté de l’ivresse
Et les coulisses de la création
Retrouver le Souffle
Pour l’épanouissement du Monde
 
       La Parole à la lisière des archétypes
      Est un baume infaillible à l'archaïque meurtrissure…
 
© Ode

 

 
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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 07:10
Cœur à l’abandon… - Jean Dornac
© Edward Hopper
 
 
Sur les chemins arides
D’une noire solitude
J’ai promené mon âme
Et laissé mon cœur à l’abandon…
 
Le vide s’est saisi de moi
Et saigne mon corps
Jusqu’au délire et la folie
Jusqu’au noir parfum
Du rejet de la vie…
 
Les pires démons
Possédés comme des amants
Par de folles sarabandes
Grimacent méchamment
 
Je pensais rêver
Et finissais par me pincer
Jusqu’au cœur du sang
Mais rien n’y fit
Autour de moi, ils tournoyaient…
 
Pourquoi venaient-ils
Me hanter ainsi
Jour et nuit
Dans ma solitude ?
 
Etait-ce par compassion ?
Pour mieux m’humilier ?
Ou par gourmandise
Voulant voler mon âme
En me poussant à me tuer ?
 
Ils savaient que j’étais près
De la sinistre perdition
Ils ne voulaient pas manquer
Un gramme de ce que j’étais…
 
Si désertique que fut ma vie
Je décidais de la poursuivre
Chassant ainsi les petits importuns
Dans leurs propres ténèbres…
Car elle peut être belle l’existence
 
Par dépit ou manque de courage
C’est elle encore que je choisis
Jusqu’au jour funeste
Ou elle soufflera ma flamme…
 
© Jean Dornac
Lyon, le 23 septembre 2014

 

 
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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 06:37
LA ROSE BLEUE – Pierfetz
 


C' était un chevalier de rêve,
L'élu d'un coeur de damoiselle.
Il chevauchait sur une grève,
Elle volait comme une hirondelle,
 
Mais on n'était plus au printemps ;
La belle saison était passée,
On ne maîtrise jamais le temps.
Les migrateurs avaient laissé
Leurs nids vides depuis la fin mai
 
Le bel automne flamboyant
Partit un jour après moisson,
Se perdre dans la nuit des temps ;
L'hiver pointait déjà à l'horizon.
 
Le Prince qui lui offrit la rose
S'en était retourné au ciel
Et la belle devenue morose
Souffrait d'un mal existentiel.
 
Du sang bleu coula sur la rose...
Depuis ce jour, dans mon jardin,
Le bleu du ciel teinte les roses
Seulement l'espace d'un matin.
 
Toi, la rose aux couleurs du ciel,
Tu as le parfum des amants,
Nectar des dieux, couleur de miel,
La folle ivresse d'un instant.
 
Pierfetz - © 2006
 

 
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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 06:41
Idyles : Les Roses – Marceline Desbordes-Valmore
 
Poème 6 
 
L’air était pur, la nuit régnait sans voiles ;
Elle riait du dépit de l' amour :
Il aime l’ombre, et le feu des étoiles,
En scintillant, formait un nouveau jour.
Tout s’y trompait. L'oiseau, dans le bocage,
Prenait minuit pour l'heure des concerts ;
Et les zéphyrs, surpris de ce ramage,
Plus mollement le portaient dans les airs.
Tandis qu'aux champs quelques jeunes abeilles
Volaient encore en tourbillons légers,
Le printemps en silence épanchait ses corbeilles
Et de ses doux présents embaumait nos vergers.
Ô ma mère ! On eût dit qu' une fête aux campagnes,
Dans cette belle nuit, se célébrait tout bas ;
On eût dit que de loin mes plus chères compagnes
Murmuraient des chansons pour attirer mes pas.
 
Marceline Desbordes-Valmore
 
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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 08:25
L’orphelin – Mouloudi Mustapha
 
 
La solitude n’est pas facile. Pour avoir une simple petite idée, il faut la vivre… L’injustice aussi n’est pas facilement supportable, il faut la subir pour savoir autant son poids que la profonde douleur qu’elle installe en vous… De nos jours, on ne traverse pas les frontières pour voir tel ou tel mal, il faut tout juste ouvrir les yeux et vous serez étonné… Encore faut-il être ce que dieu a créé comme humain libre et non soumis à la lumière tamisée de telle ou telle couloir ou coulisse ou être à la merci de telle ou telle propagande ou encore obnubilé par ce précaire qui empoisonne l’humanité et bien entendu aux ordres de tel ou de tel...
Ici nous n’avons pas de guerre… Ici on n’essaye pas les bombes sur la nature et les hommes. Ici on ne cherche pas à haïr mais, problème, c’est que nous ne  trouvons pas qui aimer d’un noble amour.  Ici nous parlons de tout et de rien et nous vaguons là où l’on peut sans pour autant nous aventurer là où nous n’avons pas le droit… Ici nous n’avons pas de foyers détruits par les bombes mais nous avons des foyers éventrés par la misère. Ici nous n’avons pas de corps déchiquetés par les explosions éparpillées sur les gravats mais nous avons des êtres qui semblent être vivants mais en vérité broyé de l’intérieur ils ne le sont pas… Ici nous n’avons pas d’expansionnistes ou d’envahisseurs au sens propre des mots mais nous avons des démocrates, lesquels au nom de la démocratie nous font tout simplement rêver de ce temps qui fut un temps… Là-bas, on ôte la vie en une fraction de seconde et tout le monde en parle, ici on tue à petit et tout le monde se tait… (Mouloudi Mustapha)
       
 
                      dédié à Adeline Mela
 
 
Privé, le voilà solitaire
Avide d’un tendre regard.
Passants sur cette terre
Nul ne sera en retard.
 
Exclu, le voilà vagabond
A la recherche de l’espoir
Lumière ici, élite de renom
La tombe douche son noir.
 
Sans mère, sans papa
Ouvrez et tendez-lui la main
Ainsi ne le regardez pas
De respect, d’amour il a faim.
 
Sans frère, sans sœur
Aujourd’hui que d’ennemis
De tout et de rien il a peur
Sa vie est une longue nuit.
 
Personne sur qui compter
Sa douleur est ronflante
La haine veut le dompter
Avec sa plaie si profonde.
 
Les larmes, il n’en a plus
Les soupirs, son monde
A son âge, il déjà trop vu
D’indifférents et d’immondes.
 
© Mouloudi Mustapha
Laghouat le 01/09/2014




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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 06:48
Souvenir de mai – Thierry Deschamps
Infographie © Thierry Deschamps
 

Rappelez-vous ce cri qui balaya Paris,
Ce cri de désespoir face à l'hypocrisie
Cet appel à lutter pour vivre libéré
Ces hurlements de cœurs voulant pouvoir aimer !

Rappelez-vous ce cri venant des barricades,
Emportant la morale ainsi qu'une tornade,
Pour mieux semer le rêve d'un monde rendu meilleur
Par la force de l'amour et la beauté des fleurs.

Nous sommes tous des Juifs Allemands !
Rappelez-vous ce cri, celui de ces enfants
Qui espéraient encore triompher du pouvoir
Et rendre ainsi aux hommes la puissance de l'espoir.

Rappelez-vous, ce cri croyait en l'avenir !
Ce cri était rempli de vie et de désir.
Mais il vous terrifiait, et les oreilles bouchées
Vous avez préféré ne pas être dérangé.

Écoutez maintenant le cri de vos enfants !
Nous sommes tous des SÉROPOS !
Écoutez les, s'il en est encore temps
Ou, envisagez le Chaos !

~~*~~
 
©Thierry Deschamps
 


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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 07:02
Le bateleur – Denise Bernhardt
© Jérôme Bosch
 
 
 
Je te laisse amoureux
Des courbes planes des rivières.
Passeur de rêves
Et semeur d’illusions.
Bateleur qui amuse les foules,
Ou petit homme triste
Crucifié au centre de sa toile,
Et tu t’éloignes enfin
De mon âme dolente
Portant en ton cœur le néant,
Des chemins de hasard.  
 
© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.


 


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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 07:06
AU NOM DE ZEUS – Luce Péclard

http://letrotterdotcom1.wordpress.com/2013/01/31/gustav-klimt

 
 
 
Si j’avais une égide,
Protection merveilleuse
Fixée à mon épaule gauche,
Par la grâce de Zeus
Je serais Athéna,
Invulnérable en mes combats
Qui sont nombreux sur cette terre !
 
Il me suffirait
De lever le bras
Pour protéger de pied en cap
Mon corps avec cette cuirasse,
Et ma main placée en visière
Me permettrait de voir au loin
Tout ce qui bouge et nous menace.
 
Je saurais d’où vient le danger
Dans l’infiniment éloigné.
 
Avant, dans l’infiniment proche,
Il me reste à créer encore
Un bouclier contre moi-même
Et mes démons intérieurs
Imaginés en embuscade
Quand je ne suis pas attentive .  

© Luce Péclard

Extrait du nouveau recueil de Luce Péclard, « Pars si tu peux » aux éditions du Madrier




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