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28 octobre 2020 3 28 /10 /octobre /2020 07:41

 

 

Tu leur diras que je n'étais pas heureuse,
Que mes attentes étaient beaucoup trop ambitieuses,
Tu leur parleras de mes  espoirs vains,
Dis leur que mes rêves étaient incertains,
Que même si ces derniers ont nourri mon bien-être,
Souvent, je n'ai fait que laisser paraître,

Tu leur raconteras comment je me suis battue,
Et  combien je l'ai regretté et m'en suis voulue,
Parle des risques que je n'ai jamais pris,
Et de ceux que j'ai tentés peu importe le prix,

Dis bien que mes intentions ont toujours été louables,
Mais que mes choix étaient juste "préférables",
Tu diras que j'ai toujours gardé le sourire
Même quand tant de fois j'ai senti mon cœur mourir,

Raconte mes larmes raconte bien toutes mes larmes,
Ils comprendront comment s'est envolée mon âme,
N'oublie pas de dire que j'avais un bon fond
Que j'ai fait mes prières et m'en suis remise au tout puissant,
Je n'ai jamais nui à quiconque
Même si j'ai beaucoup opté pour la vengeance,

Décris-leur mes blessures les plus profondes,
Ainsi ils jugeront moins ils sauront comprendre,
Dis leur que je n'étais pas malveillante,
Même si parfois je me suis montrée méchante,
Explique bien que j'avais mes raisons
Que quelque part la vie m'a prise en dérision,
Me plongeant dans de sombres dépressions...

Alors dis leur que l'existence a fait défaut d’un important droit !
Dis leur que survivre était ma seule foi !

©Djida Cherfi
24/10/2020

 
 

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27 octobre 2020 2 27 /10 /octobre /2020 07:34
Le gladiateur, sculpture d’Etienne Fatras ©

 

 
 
Le gladiateur blessé
Il attend
Sa blessure à la poitrine n'est pas mortelle,
Il ne peut plus se servir de son bras.
Il attend
Il avait toujours gagné ses combats,
Sa vaillance n'est pas éternelle.
Il attend
De la foule, il a les faveurs,
Les pouces se lèvent pour le sauver.
Il attend
Sa mort serait rapide, il n'a pas peur,
Impotent, il sera vite oublié.
Il attend
La foule, l'empereur la suivra-t-elle ?
Ou montrera-t-il, qu'il est le plus fort ?
Il attend
Le destin peut nous être infidèle,
Ainsi va notre sort.
Il attend
Il attend que quelqu'un vienne le sauver.
Vous qui lisez, vous le pouvez.
Ainsi vous donnerez de l'espoir
En écrivant la fin de l'histoire.
 
©Etienne Fatras
 
 
 
 
 
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26 octobre 2020 1 26 /10 /octobre /2020 07:30
Mot à mot comme goutte à goutte…

 
 
 
Le premier mot appartient au pur hasard,
le deuxième à un choix généralement audacieux,
le troisième à l’humeur du moment,
le quatrième au mode opératoire,
le cinquième au sens de l’humour,
les vingt suivants,
y compris ceux qui ne sont compris qu’à demi,
à un tempo qui déchire.
Quant au dernier, il est à moi, rien qu’à moi.
Si, si, j’insiste.
Il n’est pas question de changer la donne :
ajoutez-le sur mon ardoise.
Faites-moi confiance,
on réglera bientôt ça entre nous
dès qu’une autre opportunité
se présentera
dans de meilleures conditions.
 
©Michel Duprez
 
 
 
 
 

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25 octobre 2020 7 25 /10 /octobre /2020 07:30
Photo site lapressegalactique.com

 

 
 
Elle m’a dit
Revenez dans un quart d’heure
Je dois finir avec une cliente
Alors je suis sorti dans la rue criblée de soleil
Et je t’ai cherché aux terrasses
Mais aucune femme n’avait ton visage
Ni ton beau sourire d’aube d’été
Et comme je ne savais pas quoi faire
Je suis entré dans la librairie
Direction rayon poésie
Et j’ai feuilleté les meilleurs poètes
Les femmes surtout
Louise Labé
Emily Dickinson
Elisabeth Browning
Anna Akhmatova
Et toutes parlaient d’amour
Et je continuais de penser à toi
Revoyant ton visage dans les mots des autres
Et quand je suis sorti de la librairie
J’ai vraiment cru que tu étais avec moi
Et j’ai souri à tous les gens que je croisais
Et je trouvais bon de vivre comme ça
Avec des mots dans mon cœur
Qui me rapprochaient de toi
Tandis que la coiffeuse m’attendait
En fumant une cigarette
Sur le bord du trottoir.
 
©Pascal Hérault
 
 
 
 

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24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 06:46
Photo JDornac©


 

 


Je t’écris en septembre,
 
dans la clarté qui caresse mon feuillage
 
où toutes les choses parlent
 
dans une langue pure,
 
parler c’est lumière,
l’infini y coule et éclaire
les mondes que l’on ne voit pas,
le miracle où tu grandis chaque jour
telles les feuilles nourries d’eau et de soleil,
 
aux tréfonds
frémit ton silence,
l’argile au lit de la rivière
aux bords verts et à l’eau vive,
 
des jardins de silence en moi,
des torrents d’eaux prêts à parler
traversent la prairie que j’aimerais
toucher des semelles de l’amour
qui articule mon silence.       

©Sonia Elvireanu
 17.09.2020
 
 
 

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23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 06:37
Photo : fotomelia.com
 
 
Sur un fil un
funambule danse
et puis s'arrête
brusquement.
Pourquoi? Il écoute
un oiseau qui chante
bizarrement,
traçant dans l'air
des messages vivants.
Écoutez braves gens
ces notes inconnues,
mélange de violon,
de harpe et de guitare.
Beauté de l'harmonie,
étrangeté des sons.
Réelle est la surprise,
grand est l'enchantement.
Ébranle le monde,
Petit oiseau de lune
et conduis-le vers la bonté.
 
©Michèle Freud
 
 
 
 
 
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22 octobre 2020 4 22 /10 /octobre /2020 05:56
Photo JDornac©

 

 
C’est un souffle étrange
Et paisible qui s’instaure,
Ébauchant un paysage
Sur le ruban d’argent du canal,
Se transformant en miroir
Pour conter aux nuages
Des histoires d’eau.
Un silence règne
Sous une mystérieuse ambiance
Où se pressent la part des rêves.
Comme pour officier
La nature a revêtu
Son étole d’apparat,
Les ramures des saules
Qui caressent l’onde deviennent
Des calames incisant
Sur la brillance limpide,
Un poème d’amour et de paix
Adressé aux hommes
D’une terre en déviance.
 
©Michel Bénard.
 
 

 
 

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21 octobre 2020 3 21 /10 /octobre /2020 06:31
Photo : www.quebecviachalets.com

Suite du 22 juillet

25 juillet

Un oiseau allège mon ennui
Mon Fleuve me console des vagues à l’âme
Un oiseau me dit l’espérance
Mon Fleuve porte l’oiseau

~*~

Un voilier à la mer passe et divague
Sur mon île bleue je médite
Le temps file et se jette dans l’océan
Le soleil se cache derrière les nuages

~*~

Le silence est d’eau
Les jours m’envahissent
Mes nuits sont sommeil d’attentes
Mes matins sont recommencement

~*~

Je me coucherai au creux de tes mains
Pour me sentir au chaud de mes étés
Aux chairs humides de la renaissance
Boucle de l’éternel recommencement

~*~

Je suis à bout de souffle
Il vente trop fort en ma tête
J’ai besoin d’une épaule
Pour m’y reposer

~*~

Et je larguerai mes amarres
Pour fuir sur les grandes eaux
Le vent dans mes cheveux et mes voiles
Goût de sel et de liberté

~*~

29 juillet

Rêveries d'un petit matin
Je me ferai petite
Pour ne pas contrer ta course
Je me ferai immense
Afin qu’elle cesse
 
Je te submergerai de mon amour
Je t’envahirai corps et âme
Ainsi se cicatriseront tes plaies
Et ton esprit assiégé ne te trahira plus
 
Tu t’abandonneras à la douceur
Tu renaîtras dans mes aires
Tu ne voudras plus quitter notre île
Et le Grand Héron soignera ses blessures
 
Jamais, non jamais il ne faut renoncer
Il n’est nul temps, pour revivre, nul âge
Le vent de mon Fleuve t’apportera mon message
Et je t’ouvre mes bras pour que tu viennes y pleurer
 
Je t’attendrai pour célébrer la noce
Nous épouserons nos sens
Mêlerons nos sangs
Montera de la terre, un parfum d’encens  
 
Tu laisseras tomber ton armure de soie
Ton treillis de lumière
Je t’offrirai ce lien si précieux
Mon bel Oiseau, ce fil de l’eau tendu du Fleuve
 
Oh mon frère, comme il sera doux et chaud
Ce feu attisé par l’ouest
Sera à nous, juste retour d'éternité
O mon amour, O ma vie
 
Et je surgirai hors de ma chair
Tes appétits trouveront mon pain d’épeautre
Tu es le frère de la beauté, je suis ta mie
Je te veux toi et aucun autre

à suivre

 

Ode©


http://zodode.5.50megs.com/Mots_Bleus/carnet_05_2.htm


 
 
 
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20 octobre 2020 2 20 /10 /octobre /2020 06:37

 

                                                 Dédié à ma petite-fille née le 19 octobre 2020 dans la matinée...
 
 
Depuis plus de cent ans
Les hommes de ma famille
T’attendaient, ô petite fille
Nous qui ne savions
Faire que des garçons !
 
Tes parents t’ont choisi un prénom
Qui est parfait selon mon cœur
Tu t’appelleras joliment Clémence
C’est doux comme les plus belles romances !
Tu ne peux pas encore imaginer ton importance !
 
Oui, depuis plus de cent ans
Nous autres hommes de ma famille
Nous espérions une petite fille
Et te voilà, tu arrives !
Tu viens saluer le monde et sourire
A nous tous avec tes petits rires !
 
Nous n’avons pas regretté
Nous, les gars de ma lignée
Les garçons qui sont arrivés
D’eux nous étions fiers et heureux
Mais tous nous aurions tant espéré
Découvrir enfin dans son berceau
Le sourire d’une jolie petite fille !
 
Tu vas naître très loin de ton papy
Et si Lyon rime avec Breton
Et si covid rime avec vide
Je devrais découvrir bientôt
Ta petite frimousse souriante
Grâce aux écrans d’aujourd’hui
Et je serai fier de toi
Ma merveilleuse petite-fille !
 
A l’existence, je devrai reconnaissance
De t’avoir donné la vie, douce Clémence !
Dans mon âme, dans mon cœur
C’est la fête et les réjouissances
Comme ton petit cousin
Tu es aussi un « ti-bout »
Mais tu es de la vie l’espérance
Car tu seras femme ma chère Clémence !
 
©Jean Dornac
Lannion, le 11 octobre 2020

 
 
 
 
 

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19 octobre 2020 1 19 /10 /octobre /2020 06:29


 

 


La main de grand-père est une plage de chair
Où mon petit doigt fébrilement se promène ;
Là, c’est une crevasse, une blessure ancienne
Et là-bas des rochers qui surplombent la mer.

 

Il y a si longtemps c’était du bois vert,
Si longtemps qu’on portait de petites mitaines ;
On ignorait alors qu’il s’agissait d’un chêne,
On se moquait par mal des pincées du pivert.

 

Mais aujourd’hui l’on sent la morsure du ver ;
Dans le milan du coeur on découvre les veines :
C’est le travail des ans, c’est l’atteinte des peines
Et la lente métamorphose des hivers.

 

Sur la main de l’aïeul sont des sentiers amers
Mais aussi, quelque part, une route sereine
Qui évite les heurts et la mauvaise graine,
Toute bordée d’enfants qui poussent de travers.

 

Il y a des marins qui savent les vieux airs
Et de blonds paysans qui chantent leur rengaine ;
Quelquefois un gros sou que l’on baptise étrenne,
Une poignée de fruits pris au diable vauvert.

 

C’est là que j’ai mes champs, mes antres, mes déserts
Je tire sur les doigts qui sont pourvus de rênes
Et je n’en finis pas d’arpenter mon domaine
Car la main de l’aïeul est tout un univers.

 

©Louis Delorme  
 
Extrait du recueil « La Criée – Les Vagissements » de 1974. Recueil imprimé et gravé par l’Auteur sur sa presse artisanale.
 
 
 
 
 

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