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16 décembre 2020 3 16 /12 /décembre /2020 07:34

 

 

Décembre brame impatient. Dans ses bois un bouquet vert, d’aiguilles et de braises, brûle la saison. De bleu et de gris son regard pers lisse le ciel. Vêtu des forêts de l’hiver, il avance vers le terme. Sa main gauche porte le gui, sa main droite le houx. Sa ceinture pèse de l’or d’une serpe. Il avance et chaque pas, chaque enjambée, lui ôte son poids d’homme, le poids du temps.

Décembre adolescent marche vers l’enfance de son histoire, à ses lèvres demain balbutie.

 

©Béatrice Pailler 

 

 

 

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15 décembre 2020 2 15 /12 /décembre /2020 07:30
Photo www.rtbf.be

 

 
 
je suis entré comme un païen, admirant en secret ta beauté de jade,
ses flammes pâles ou trop intenses m’appelaient d’entre les buissons,
mais je marchais près de toi avec l’arrogance de celui qui est seul.
 
mes pas pesaient trop lourds sur ton corps,
car je voulais tant faire semblant de ne pas te voir,
ô, combien j’ai voulu t’ignorer,
te sourire arrogamment d’un poème trop court
mais je n’ai pas su comment le faire...
 
je me suis allongé par terre près de toi
et nous sommes devenus cadavres
que la neige de leurs rêves couvrait trop tôt,
la neige où trottaient des agneaux
et le cri étouffé des nourrissons jamais nés,
le cri des silences impalpables aussi
qui auraient pu se revêtir de chair,
mais nous ne leur avons jamais permis de dire la vérité,
la vérité qui aurait pu nous rendre libres.

©Elina Adam
 

 
 

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14 décembre 2020 1 14 /12 /décembre /2020 07:25

 

 

Voici un an déjà
J’étais assassinée,
Doublement, c’était par mon amour.
De son corps j’ai appris
Que j’étais un fantôme.
Pourtant se taisent les miroirs,
Les photos sont muettes,
Et les mots qui coulent de mon coeur
N’ont pas d’actes de naissance.
Depuis que je suis morte, j’erre dans la vie,
Avec tout le jour, son visage,
Son regard, que mon regard caresse,
Et le souvenir d’un « abominable amour »
Que je ne connus pas.
 
©Denise Bernhardt
 
Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.
 
 
 
 
 

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13 décembre 2020 7 13 /12 /décembre /2020 07:49

 

 

Tropiques suivi de Miserere/ Tropice urmat de Miserere. Traduction en roumain et Postface de Sonia Elvireanu. Préface de Jean-Noël Chrisment, Ars Longa, 2020, 133 p., 10 euro

 

Prix Naji Naaman 2020, Liban

 

Un souffle de mélancolie s’exhale des poèmes de Michel Herland du recueil bilingue Tropiques suivi de Miserere/ Tropice urmat de Miserere, inspirés par le paysage tropical, en même temps que la nostalgie d’une époque surannée à laquelle il emprunte fréquemment la forme du sonnet, comme une musique d’un temps révolu.

L’exotique et l’érotique se conjuguent en une sorte de duo provocateur, comme nous aiguillonne la beauté sauvage de visions rappelant certains poèmes de Baudelaire. Le paysage tropical, ses couleurs fascinantes et ses senteurs enivrantes excitent la sensualité du poète qui s’abandonne à une passion troublante pour sa noire déesse. La douceur de l’air, quand ce n’est pas la torpeur torride ou la moiteur humide des forêts, fait s’épanouir en la mystérieuse femme d’ébène un archétype qui hante les mythes et les littératures du monde.

La femme qui envoûte Michel Herland prend cependant de multiples visages : ceux d’Ève, d’Aphrodite, incarnation de la beauté et de la sensualité, de Laure de Pétrarque, d’une jeune fille diaphane et innocente, d’une femme frivole et sensuelle, habituée des fêtes galantes, objet du désir et des plaisirs, d’une touchante femme-enfant, d’une beauté noire, sauvage et mystérieuse, d’une femme raffinée et inaccessible, d’une fille du désert. Quelle que soit la forme sous laquelle elle s’incarne, la muse de Michel Herland est toujours une sorte de déesse qui ensorcelle par sa beauté.

Rêve ou passion, accomplissement ou déception, admiration ou dédain, innocence ou dépravation, sensualité délicate ou obscène, toutes les variantes de l’amour et des sentiments se manifestent dans ces poèmes.

Il y a chez Michel Herland de la désinvolture, voire du plaisir, à évoquer la séduction et le désir, ce qui nous renvoie à l’hédonisme du XVIIIe siècle, si ce n’est à l’amour courtois. Est-ce la nostalgie du libertinage savant de ces temps jadis, d’un art de séduire oublié que le poète aimerait ressusciter ? Ou est-ce la beauté sauvage et troublante des paysages exotiques découverts par les romantiques ? Les deux certainement. Le choix du sonnet, la musique des vers renvoient d’emblée à l’atmosphère des fêtes galantes d’autrefois.

Si les vers rappellent parfois Verlaine, les paysages et les personnages de Michel Herland, malgré leur charme mystérieux, ont une troublante réalité grâce à la précision des détails. Ainsi dans certains poèmes, les toponymes permettent-ils de situer précisément le décor des Caraïbes où le poète est désormais installé.

L’art de rimer et d’évoquer la passion sont remarquables chez Michel Herland, poète marqué par l’harmonie classique comme en témoigne sa prédilection pour le sonnet. Le lecteur découvre avec surprise en lui un poète raffiné, qui s’assume à l’écart du postmodernisme dont se réclame la poésie du XXIe siècle. Comme s’il voulait prouver que rien n’est jamais démodé en art, que l’on peut faire renaître d’anciennes formes, les mettre au service d’une sensibilité actuelle.

L’exotisme et l’érotisme de Tropiques s’opposent au triste et au sordide qui dominent dans Miserere, intégré dans le même recueil. Les misères de la vie (pauvreté, souffrance, chagrins, dégradation, perversion, vieillesse, solitude) sont évoquées par une mosaïque d’images souvent hideuses, voire abjectes de la ville. Ainsi, au charme envoûtant du paysage tropical s’oppose brutalement un espace repoussant, ses maux et ses vices. Les plaies du monde contemporain sont peintes sans fard dans des poèmes comme Migrations ou La fureur est tombée sur la ville écarlate. Là éclate la révolte du poète contre la condition humaine et les injustices ; sa plume se fait aigre et la poésie tourne à la satire sociale.

Conclure le recueil par la figure du poète est éminemment symbolique. Le poète est plus que quiconque sensible à toutes les beautés, toutes les laideurs du monde. C’est donc à lui qu’il revient de les raconter.

Sonia Elvireanu

 

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12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 07:34
©Getty Images/Lonely Planet Images


 


2 février
Mais nous déambulons au milieu de colonnes :
Celles des amis chers, sans parti ni tabou,
et les arbres dressés, de printemps en automnes,
sous la voûte du ciel solidement debout.

 

3 février

Voûte est mon horizon si je lève les yeux,
Telle est sa profondeur que j’en ai le vertige !
Les bienveillants, les purs, des êtres merveilleux
S’y trouvent rassemblés, surprenante voltige.

 

4 février

C’est bien haute voltige et danse révélée
D’observer les ébats de mes anges gardiens.
Il y en a plusieurs, je reconnais d’emblée
Ceux qui servent d’escorte à mes pas quotidiens.

 

A suivre…    

© Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « LE GUÉ DES JOURS » aux éditions du Madrier    

 

 


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11 décembre 2020 5 11 /12 /décembre /2020 07:42
Détail de l’oeuvre « libre interprétation » reçue de Serge Lascar

 

 

J’ai rencontré, évadée de vos yeux
Une larme.
Je l’ai suivie, au fil de votre nez
Sans me faire remarquer.
Elle contourna la commissure sacrée de vos lèvres
Et je m’en approchai.
Laissant à son passage un reflet d’eau salée
Je la vis se glisser le long de votre cou.
Gourmand, je me précipitai
Affamé à l’idée de m’en désaltérer.
Et puis : je l’ai perdue.

 

Heureuse perle de vent
Cette larme un moment
Frôla votre visage
Sage
Et en mourut.

 

©Serge Lascar
Du sang dans l’encrier - Ed. LGR

 

 

 

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10 décembre 2020 4 10 /12 /décembre /2020 07:32
Photo ©Ellen Fernex

 

Dans le couloir si court,
le couloir de la Vie,
l'homme avance à tâtons ;
tâtonne avec les jambes,
tâtonne avec les bras,
un bandeau sur les yeux.
Il essaie pourtant
de préparer un sol de velours et de soie ;
de façonner des murs de perles et de fleurs ;
d'ouvrir grand des fenêtres de soleils et d'oiseaux ;
d'ouvrir un horizon d'étoiles et de paix.
Mais la vie a posé un bandeau sur ses yeux,
opaque et trop serré.
Malgré tout, quelquefois ;
l'homme arrive, obstiné,
à faire jaillir un feu,
des lueurs chaleureuses,
euphoriques et joyeuses ;
mais lueurs fugitives,
incertaines et fragiles.
Et le sombre bandeau
qui obstrue le regard
empêche de savoir
combien de temps encore
elles vont le réchauffer,
cet homme qui avance,
aveugle et tâtonnant.

 

©Ellen Fernex
 
 
 
 

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9 décembre 2020 3 09 /12 /décembre /2020 07:34
Photo de Leafar IZEN©

 

 

 
 
J'aimerais que tes yeux disent
L'espoir désemparé
D'en savoir déjà trop
Et pas encore assez
 
J'aimerais
Que ta main finement
Plante dans ma nuque
Sa vérité de serre
D'aigle
Et celle des choses de verre
Prêtes à se briser
 
J'aimerais que ton ventre lisse
Prouve les mondes
La plénitude du vide
Le néant prêt à tout enfanter
 
J'aimerais que tes jambes tracent
Quatre indéchiffrables traits
Autorisant le ciel et la terre
À se rencontrer
 
J'aimerai ta crypte
Ton corps
Sa voûte obstinée
À soutenir un monde
Son mausolée toujours prêt à s'effondrer
Sous le poids de tes pensées
 
J'aime déjà déceler
Dans ton ombre
L'approche de ta propre
Insoupçonnée
 
© Leafar Izen

 
 
 
 

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8 décembre 2020 2 08 /12 /décembre /2020 07:10

Préface d'Albert Longcham, sj

Éditions Librairie-Galerie Racine, Paris, 2020


 

Claude Luezior a rédigé ce recueil à l’âge où la vie semble un jeu, une énigme, une farandole joyeuse comme celles que savait si bien conduire François à Assise, avec la complicité de ses amis, les «tripudianti».

Est-ce un ange qui a tenu la plume de l’auteur voilà quelque cinquante ans ?

Quelle force a-t-elle poussé cet adolescent rieur de 17 ans à un engagement d’une telle densité, qui troue les ronces Entre désespérance et espérance pour n’offrir que L’encre / Des prophéties ?

Déjà son regard intérieur est oasis sans nuit froide, il est conscient de la dualité du vivre : Nuit d’aveugle. Nous le sommes toujours, devant ceux que nous crucifions ; Nous avions laissé tant d’enfants sur le bord du chemin. Si jeune, il a assimilé la croyance en l’Amour Là-haut / Les paumes / Ouvertes / Du crucifié. La réalité de l’Attente : Nous étions aux abois, un credo sur les lèvres. La force du pardon : À nouveau / Respiraient / Nos mains/ Le moût / des êtres / Bouillonnait .

L’auteur sait que la délivrance est enfouie dans le gémir de l’extrême, Il était là, quelque part / En ineffable présence. Il se rend compte, tout comme Max Jacob, que la mort est céleste pour la première fois.

Luezior ayant compris la difficulté et le mystère de la Rencontre, Nos bouches tremblèrent / Entre blasphèmes et espérance, égrène ici son premier chapelet, le seul où il met ses pas dans la montée du Golgotha, versets dépouillés d’une très longue succession de textes qui, au fil des années, deviennent, dans d'autres livres, rosaire poétique dans des registres variés, sensualité, humour, attente : toujours les mots se transmuent en eau vive.

Pourtant il est à remarquer que, dans les derniers recueils de l’auteur et particulièrement dans Jusqu’à la cendre (2018) l'on retrouve des échos, l’empreinte de l’atmosphère de Golgotha, par exemple : C’est ici que suintent en désespoir balafres, cicatrices et doutes, c’est ici que dansent les blessures d’un artiste au pied de la croix, ou encore : Lorsque se condense au fond de nos entrailles l’infinie parole d’une prière. Le feu mémorise toujours ses braises.

Dans Golgotha, avec fougue, recueillement, passion, Luezior nous fait vibrer un credo sur les lèvres.

C’est un livre d’heures à lire, mains jointes, comme aux premiers temps Au seuil / D’un précipice / Devant le tronc / Exfolié de paroles / Des mains / Se joignent.

C’est un hymne avec Des mains de vierges / Et de femmes / Mains gothiques / Hautes comme des cathédrales / Mains des siècles /À venir.

C’est un chant de silence. On était à la onzième heure / Celle où s’arrêta l’éternité. C’est l’écho de Verhaeren dans Humanité : les soirs crucifiés sur les Golgothas noirs, portons-y nos douleurs et nos cris et nos plaies.

Luezior déchire l’absence, il ouvre d’étranges portes sur le seuil de la foi. Sous la trace du cri, dans la souffrance, apparaît un visage : La douceur de la Femme / À l’enfant / Le miracle de la flamme / La flaque de lumière / Un miracle de mère.

Avec des phrases réduites à l’extrême minimun, ce qui décuple leur intensité, ce recueil est une prière ardente qui s’incruste dans l’âme du lecteur. Luezior, un des plus hauts poètes contemporains, lauréat de l’Académie française, a écrit là un livre d’une force exceptionnelle, passant de la douleur à l’espoir, du sacrifice au renouveau : Nos âmes avaient fait peau neuve. La force de l’image dans sa brièveté est exceptionnelle, sa force en est décuplée. 

Ce recueil est un livre d’amour, d’espoir : Le Golgotha n’était plus souffrance. Il était résurrection. On peut penser que l’auteur est un moine-poète sans bure, en ce sens où il écrit dans le silence et la solitude de son bureau qui est, au fond, son oratoire. L’adolescent a su faire face à la puissance de l’inexplicable. Tout comme Rilke, il a très tôt compris que le futur doit vivre en toi, bien avant qu’il ne survienne. Tu n’as qu’à attendre la naissance, l’aube d’une nouvelle clarté. C’est tout le cheminement de Golgotha.

Il est à souligner que les illustrations de Golgotha, mines de plomb et encres sont de l’auteur : elles ont aussi été réalisées au même âge que les textes. En les observant on pense aux encres de Cocteau.

Superbe recueil qui par la magie de l’image, de la poésie, permet d’accéder à une lumière véritable.

Nicole Hardouin


 

 

Claude Luezior : « Golgotha »

Préface d'Albert Longchamp, sj, anc. Provincial des Jésuites en Suisse et Rédacteur en chef de Choisir. Illustrations de l’auteur.

Editions Librairie-Galerie Racine – Paris – 2020 - format 13x20 ½ - 93 pages


« Alors, ils le crucifièrent au lieu nommé Calvaire, en hébreu, Golgotha.»

 

« On n’est pas sérieux quant en a dix-sept ans...» disait un certain Arthur Rimbaud.

Écrit précisément à l'âge de dix-sept ans, « Golgotha », tout au contraire, semble être une sorte de passerelle confirmant l'éblouissement de l’adolescence face à la Croix. Les ressentis de Claude Luezior vont à l’essentiel. Ils sont les fruits d’une sorte d’épuration au-delà de la connaissance.

Ce recueil composé à l’aube de sa jeunesse porte l’empreinte d'une maturité déjà profonde. Et d'une foi qui se veut libre, provocante, déroutante, bousculant les canons habituels. Celle qui va justement aux sources initiales, à l’écart de la dogmatique, le mystère de ce souffle ne pouvant exister qu’en portant les ailes de la liberté.

« Les lances des gardes se firent plumes d’archanges. »

Nourri des textes sacrés du Nouveau Testament, « Golgotha » est le fruit d’une suite d’observations, d’interrogations, de réflexions dont l’extrême brièveté ne fait que confirmer la limpidité clairvoyante. Claude Luezior se révèle être ici un authentique poète mystique.

« Confusément / Nous eûmes / Faim / D’éternité »

Le chemin de la Passion est une source majeure d’interrogations où les clés et interprétations sont multiples. Le jeune Luezior est certes un homme de foi mais il est avant tout un poète délicat, un orfèvre jouant sur l’épure ciselée des textes fondamentaux, lesquels sont puissamment métamorphosés par son calame.

« Trop humaines, nos boues se dressèrent et s’ouvrirent comme fleur. »

Avec « Golgotha » nous sommes au cœur d’une très belle analyse du comportement humain sous ses facettes les plus variées. Textes justes, denses, incisifs mais explicites. tout en demeurant lucides. Nous percevons entre ces lignes un petit côté incrédule à la Saint Thomas, avec ce besoin de voir pour croire et de vouloir poser un doigt sur les stigmates. Sans doute une belle manière de se libérer en soignant ses propres blessures.

D’ailleurs est-ce un hasard si l’auteur de la préface est un jésuite ?

Claude Luezior développe des images nouvelles autour du « Golgotha ». L’ouvrage engendre une sorte de mirage, une vision surréelle où se mêlent écritures et prophéties.

« La blessure s’ouvrit comme une lèvre / à la recherche d’une autre lèvre. »

Avant de vous laisser face à vos propres impressions de ce « Golgotha », je soulignerai que les sobres illustrations graphiques, qui sont de l’auteur, sont appropriées à la forme des poèmes, lesquels sont souvent semblables à des haïkus et dont nous apprécions le dépouillement.


Et l'auteur de conclure :

« Sa chair redevint chair

Son sang

Fut le nôtre

Et notre chant éclata

 

Beau comme le chant de l’Homme. »

 

Michel Bénard.


 

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7 décembre 2020 1 07 /12 /décembre /2020 07:49
Moïse par Michel-Ange

 

 

Je confie à votre regard deux génies de la Renaissance.

 

Le premier arrive, par ses sculptures, à transcender les limites de l’art.

Pour y parvenir, il abolit toute idée de grâce au profit de la puissance.

 

Cette puissance s’inscrit dans le héros qui libéra le peuple d’Israël du joug égyptien. 

 

                                                      C’est MOÏSE

                           Tombeau de Jules II, 1515 – St Pierre-aux-Liens, Rome

 

                  Pour réaliser ce colosse vêtu de marbre, Michel-Ange s’est inspiré des œuvres antiques tel l’Apollon du Belvédère (An 50 avant J.-C.), qui suscitait chez Michelangelo Buonarroti une véritable vénération.

 

La musculature de Moïse évoque la force. Pied gauche en retrait, il est prêt à bondir sur celui qui voudrait s’emparer des tables de la loi.

 

Feu intérieur de l’homme, son regard pénétrant illustre à la fois force et sérénité.

 

Le format colossal de cette sculpture est accentué par les cornes sur le haut du front de Moïse ; elles sont le symbole de la grâce divine.

 

La puissance fait merveille sur une autre sculpture de Michel-Ange.

 

             Il s’agit de L’ESCLAVE appelé aussi L’ATLANTE , 1530-1534 

                                              Galerie de l’Académie, Florence

 

Le corps puissant semble lutter avec le marbre pour se dégager, lutte ininterrompue de la vie, éternel combat des Centaures inspiré des Métamorphoses d’Ovide.  

 

 

Le second  est  capable de répondre par la grâce à tous les possibles.

Pour lui, peindre est l’art universel.

 

Des quarante-deux Madone à l’Enfant du Maître d’Urbino, c’est avec

 

                                 LA MADONE du GRAND-DUC

                                             Huile sur bois, 1505

                                            Galerie Palatine, Palais Pitti, Florence                    

 

que Raphaël nous offre la grâce de l’ovale parfait du visage ; vierge sereine dans la douce lumière, drapée de dignité dans son hiératique manteau bleu.

Dans cette toile, Raphaël fait fleurir la grâce à chaque battement de cœur..
Raphaël Sanzio d’Urbin est mort trop tôt à l’âge où son pinceau dessinait les collines toscanes jusqu’au berceau des voûtes ; une harmonie qui s’inscrit à jamais dans la grâce du sourire des Madones.

 

Ces deux génies de la Renaissance ont, par la puissance et la grâce, libéré la forme pour exprimer la beauté.

 

La Madone du Grand-Duc - Raphaël


 
©Roland Souchon


www.rolandsouchon.com  

 
 
 

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