Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
30 mars 2021 2 30 /03 /mars /2021 05:37

Aux éditions Ars Longa Roumanie.  2020 - Recueil réalisé par Sonia Elvireanu

 

Au foisonnement des souvenirs l’auteur laisse apparaitre la torturante remontée des ombres, mon cœur reste en deuil / Son absence est trop lourde, traces  qui se tassent dans les reflux des jours, sans jamais disparaître.


Le sable n’est jamais à nu, la mer, que Dornac aime dans sa Bretagne d’adoption, celle  en furie qui se fracasse contre les falaises, emmène au loin toutes les traces, les peurs, les joies mais ne les abandonne pas.


La détresse et ses remous sont toujours là dans les soubresauts de la lumière, tenaces échanges muets, avec celui qui est parti, ce frère tant aimé, son image s’impose jusque dans mes rêves.


La solitude va l’amble avec les manques de l’absence il n’y a nulle lumière / Et il n’y a plus d’air / Dans ce puits noir / qu’on nomme solitude.


Mais, pourtant, même si pour le poète La vie est une garce sans pitié,  car, il n’oubliera jamais celle qui est partie, celle qui en s’éloignant lui a dit Dans un large sourire / Je n’ai rien à te reprocher, tout au fond de son âme parfois il sait que le destin  offre amour et beauté.


Même dans un monde où rien n’est facile, où  les virus rôdent, où la violence est omniprésente, l’auteur, fraternité chevillé au corps, murmure les mots de son enfance, c’étaient les mots de ma maman.  Espoir dans le regard  il écoute le chant de l’oiseau pour trouver que le jour est beau.


Ce recueil dont la photo de la première de couverture est de l’auteur, photographe chevronné qui sait si bien illustrer les poèmes des auteurs sur son site Couleurs et Poésie 2, ce recueil :  Au carrefour des tristesses n’est pas noir, car Dornac sait se ressourcer dans cette Bretagne ce pays béni des dieux / qui a reçu en héritage/ Tant de richesses, tant de charmes/ que j’en suis tombé amoureux.


Puisé dans les oscillations des nuages, de la nature, dans le vol des oiseaux la force de survivre est une des leçons de cet ouvrage édité avec élégance en Roumanie, préfacé par l’excellent poète Claude Luezior et élaboré avec art par Sonia Eliveranu, poète et critique.


Jean DORNAC démontre, en poète chevronné, que au fond du puits gisent toujours des étoiles, à chacun de les voir et les remonter.


C’est toujours ce que l’on pas encore découvert qui est, peut-être, le plus important, c’est respirer le vent du large et rêver.
                                                                       
Nicole Hardouin


* * *

 

AU CARREFOUR DES TRISTESSES
de Jean DORNAC

Édition Perséide-ARS LONGA -2020
mise en forme de Sonia Elvireanu

C’est bien à ce carrefour, en effet, que Jean Dornac nous donne rendez-vous, pour mettre en mots ses propres tristesses mais aussi, et peut-être surtout, les nôtres. Libre, sincère et généreuse, sa poésie nous interpelle, nous délivre un message : « Seulement la beauté pourrait empêcher/le monde de sombrer dans la folie ». Dans sa belle préface, le poète Claude Luezior laisse entendre que cette démarche poétique « touche à l’universel ». En effet, même quand il nous invite dans son intimité, Jean Dornac parle à nos âmes. Au fil des pages, le paradoxe, on ne peut plus universel, entre le bien et le mal, s’impose. « Pourquoi la vie ?/Pourquoi la violence ?/Où donc se trouve le sens/De nos existences » interroge le poète. Chaque poème est un constat. L’amour entre les humains est bien cette beauté qui pourrait sauver le monde. Mais hélas partout règnent   indifférence, médisance, haine, racisme... « O tristesse ! Que de chances gaspillées ! » Le poète en déplore les terribles conséquences au nombre desquelles «... ce puits noir/Qu’on nomme solitude !» Il ne le sait que trop bien, « le monde n’a que faire » des solitaires. Et le mal s’aggrave quand arrive sournoisement la vieillesse. Le poète avoue être au nombre de « ...ceux qui n’ont pas vu/Passer le temps... ». Au fond, la principale préoccupation des humains n’est-elle pas de s’enrichir au point de piller la terre et de souiller la nature ? Le verdict est sans appel : « A trop vouloir s’enrichir/L’humain réussira à en mourir/Détruisant son unique bien/La vie de chaque citoyen » Pourtant, cette même vie offre maintes leçons dont l’homme devrait savoir profiter, à commencer par celle du Covid. Pour vaincre ce virus «... invisible/ Et monstrueux meurtrier », il faut nous unir et « Que seul le respect, donc l’Amour, soit notre lien ». L’amour, voilà ce qui est assurément l’essence même de cette œuvre, l’amour dans tous les sens du mot. Amoureux parfois blessé, le poète n’en compose pas moins un hymne à la Femme contemporaine « … accomplie, un peu rebelle/brûlante et dévorée de désirs/Avide de folies et de plaisirs ! » A celui ou celle en quête du « bonheur de vivre », Jean Dornac rappelle qu’ « il suffit parfois/ D’un sourire inattendu... », ou « d’un regard... » que l’on croise, juste ce « petit rien » « Pour que son cœur s’irise/Et tende enfin vers l’absolu... ». Et s’il suffisait tout simplement de rencontrer les mots de Jean Dornac « Au carrefour des tristesses »… Un rendez-vous à ne pas manquer.

Contact : Jean DORNAC
jdornac@gmail.com

                                      Kathleen HYDEN-DAVID
                   khydendavid@orange.fr

 

* * * * * * * * * * * * * * * * *

 

Si vous souhaitez me lire dans mon nouveau recueil de poésie, n’hésitez pas à me le commander. J’ai quelques exemplaires à disposition pour assez peu de temps. Si vous êtes intéressés laissez-moi un message sur twitter privé ou à mon adresse mail. A très vite, j’espère ! (Jean Dornac)

Partager cet article
Repost0
1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 10:02

 

danielle-gerard.jpg



Danielle GERARD « Passer par la nuit » Editions DRICOT- 2013- (60 pages)
Préface Véronique FLABAT-PIOT.
(Prix de l’édition Marcel DRICOT 2013, Grands prix de Poésie de la SPAF)

« La foule tient à nommer nuit, ce soleil qui résiste à son entendement. »
Michel Ange.

Et « Passer par la nuit », comme s’il s’agissait d’une source revitalisante !
Voici enfin de la poésie qui en honore le nom : c’est une étoile scintillante dans l’obscurité parfois affligeante de tant de pseudo-poèmes.
Avec ce nouveau recueil de Danielle Gerard, « Passer par la nuit » nous pénétrons dans l’irrationnel, l’intangible : la nuit devient un effroyable révélateur, un amplificateur silencieux des ondes diurnes.
Dans sa préface, Véronique Flabat-Piot parle de « C’est dans cet « ailleurs »…/… »
Ce bel ouvrage peaufiné de Danielle Gerard porte l’inquiétude de l’absence de la nuit, car, sans elle, que deviendront, le jour, la lumière ? Tout ne serait-il que pourpre ?

« A vouloir une belle nuit étoilée…/… »
« Tout devient pourpre ; »

L’homme est sous jacent, mais il apparaît souvent comme semeur de l’horreur, pourvoyeur du pire.
La poésie de Danielle Gerard soulève bien des questionnements humanistes et existentialistes. C’est une poésie à découvrir par stratifications, par couches d’humaines ou d’inhumaines géologies.
Nous plongeons dans des abîmes d’inconnu et d’incertitude. Nous sommes désemparés devant cet insondable grand mystère obscur.
Terrifiant et lucide constat : et si tout, soudain, disparaissait pour ne laisser place qu’aux ténèbres ?

« C’est toujours dans la peur
A deux pas de la mort. »

A grands cris et invectives, par prévention, Danielle Gerard semble bien vouloir nous dire : « Mais réveillez-vous ! » … et retrouvez votre mémoire de survie.
Le langage est rythmé, cadencé, pertinent, voire percutant.
Il stigmatise par sa volonté de vérité pénétrante.
Nous nous surprenons à rêver, le dos crucifié à la nature ; nous voudrions réveiller l’amour, nous espérons le voir resurgir de ses cendres, tel le Phœnix, mais invariablement le temps nous oppresse de son sourire narquois.
Le verbe est codé, non pas d’une manière hermétique, mais par une symbolique clairvoyance au travers de laquelle Danielle Gerard effleure les mondes parallèles, les décalages temporels. Entravée entre les jalons du temps et l’emprise de la nuit, notre poétesse prend la pose de la réflexion : sur la condition humaine, les remords, les déceptions, les désillusions.

Afin de mieux pouvoir nous imprégner des arcanes poético-symboliques de Danielle Gerard, il s’avère nécessaire de se laisser porter par les clés, les images. Surtout ne pas vouloir décrypter la forme, mais investir le fond, un peu comme on découvre progressivement la beauté d’un tableau abstrait.
Oui, surtout ne pas chercher de révélations dans la forme, mais investir et appréhender le fond !
La lumière nous éblouit, mais les ténèbres nous permettent de mieux discerner l’essentiel. La nuit nous situe dans l’indéfini, l’incertitude, l’entre deux.
Danielle Gerard plonge dans le silence de son pays noir, afin de mieux percevoir l’appel des âmes. Elle parcourt le livre de la nuit, tel un Livre d’Heures, feuillet par feuillet, en prenant le temps d’admirer les lettrines et enluminures, parfois même jusqu’à la nausée, face au silence céleste, aux racines sans « dieu », aux égarements injustifiés !
Mais la nuit devient quelque fois pesante, anxiogène, sème la confusion et jette le doute.

« Et fait éclore la rose
En pleine nuit ? »

Vite, que réapparaisse le jour !
La nuit peut se faire blessure, tout peut soudain s’effondrer, les liens anciens peuvent se rompre dans l’attente de l’aube.
Il nous faut voir ce passage de nuit comme une invitation au retour de la lumière.
Néanmoins, c’est dans l’intimité de la nuit qui passe avec son cortège de silence que Danielle Gerard relit ses carnets du cœur qui s’enflamme.
Nuit porteuse d’espoir et de désir de lumière, qui nous imprègne de sa vérité.

« Ma bouche a goûté à la passion
Mon corps à la volupté. »

Notre amie porte à la nuit une forme votive, qui la conduit jusqu’à l’embrasement, debout, les bras tendus et le regard planté dans les étoiles.

« N’avions-nous point chargé la nuit
De mille maux, de mille insomnies ? »

J’ai parfois cette impression en parcourant les textes de Danielle Gerard de lire du Saint Jean de la Croix - ou son contraire - et pourtant le tout en parfaite complémentarité harmonique !
Danielle Gerard se situe souvent dans l’entre deux, alternant du profane au sacre, un peu entre chien et loup.
Cependant, en finalité, la nuit cédera la place à la lumière, à la chaleur solaire, à l’état d’insouciance ou à la prise de conscience.

Michel Bénard.
Lauréat de l’Académie française.
Chevalier dans l’Ordre des Arts & des Lettres.



Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Couleurs Poésies 2
  • : Ce blog est dédié à la poésie actuelle, aux poètes connus ou inconnus et vivants.
  • Contact

  • jdor
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...

Recherche