Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
22 octobre 2019 2 22 /10 /octobre /2019 06:26
Sources : La Croix (quotidien)

 

 

 

 


On l'appelait le Perçant à cause de son regard inquiétant qui vous fouillait, vous transperçait, vous mettait à nu. C'était un homme sec comme la branche d'un arbre mort. Il se nourrissait de pain et de silence. Chaque matin, il lui fallait un percement. Que perçait-il d'ailleurs ? Les chaises, les oreilles, les tonneaux, le bois, la pierre et le secret des choses. Il adorait aussi percer des trous dans les mémoires qui devenaient alors un panier pertuisé, juste ce qu'il fallait pour y planter des touffes de bonne humeur. Or la bonne humeur est une richesse, une joie, un petit coin de ciel bleu. Quand vous êtes de bonne humeur, vous avez envie d'attraper des bouts de nuages et de bonheur bien frais, d'escalader des feux rouges et le rire de grand-père. Ne pensez pas seulement à vos soucis et à votre chat qui pêche. Inventez un art de vivre et une nouvelle recette de pavé lunaire, dessinez les chemins du vent dans les champs de graminées. Oui la bonne humeur suscite la création...


Mais voilà qu'un jour, le Perçant se mit à percer les âmes, à les cambrioler, les violer, les espionner, les mettre sous haute surveillance. Gare à tous ceux qui n'étaient pas vigilants ni résistants et qui laissèrent s'éteindre leurs feux intérieurs. Ils furent alors dépossédés d'eux-mêmes.


" Tu deviens fou, le Perçant, un fou dangereux. Va plutôt percer jusqu'à la pulvérisation, tous les engins de guerre. Ce serait une belle façon d'offrir des giclées de lumière à notre belle et fragile planète, d'entendre à nouveau le chant du monde, le souffle du jasmin et des gens heureux...

   

©Michèle Freud

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
29 septembre 2019 7 29 /09 /septembre /2019 06:34

 

 

 

                                Ouvrir un livre, toucher les pages, sentir l'odeur particulière du papier, tout cela est un acte d'amour.

 


Le livre nous fait découvrir des paysages inconnus, d'autres peuples, d'autres façons de vivre. Il nourrit, distrait, il apporte espoir et force, une présence amicale, il met de la fantaisie dans notre vie quotidienne. On peut dire que le livre possède les pouvoirs extraordinaires d'un flacon rempli de sortilèges : dès que nous l'ouvrons, c'est comme si nous entrions dans un univers magique...
Je me promène dans les livres comme dans une forêt, une cathédrale. J'ouvre les grilles du rêve et je marche à la rencontre du soleil, je marche, et le monde vient à moi avec ses parfums et ses chants, ses joies et ses souffrances.

 


J'aime savourer les mots comme une friandise, comme une tartine beurrée de ciel. Je suis heureuse de les sentir vivre dans mon corps, réveiller toutes les joies dormant au fond de moi.

 


Livre mon ami, mon compagnon de chaque jour, je t'aime. Je mets ma joue contre ta couverture et je songe à l'univers qui m'attend. Et si tu m'es offert par un être très cher, j'écoute avec émotion, son cœur battre contre le mien.   

 

©Michèle Freud

 





 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
9 septembre 2019 1 09 /09 /septembre /2019 06:36

 

 

 


C'était un chat, un chat pacha, si gros, si gras, qu'il donnait envie de le pincer, pour sentir sous les doigts, cette énorme masse de poils doux qui vous faisait chavirer dans les délices d'une valse chaloupée. Mais attention, il ne fallait pas s'aventurer à proximité de ses dents acérées. Pourtant ce chat ne cherchait jamais la chamaille, encore moins la châtaigne. Il détestait même les chahuts et les charivaris. Il lui fallait de la douceur, de la langueur, de la lenteur. Pour sûr qu'il n'avait rien d'un chat-huant vociférant, ni d'un Charlot, ni d'un chat pitre. Non c'était un chat rêvant. Étalé de toute sa corpulence sur un tapis d'Orient, il rêvait de se prélasser, à longueur de journées, dans un grand lit, sous un volumineux et chaleureux édredon de plumes, refuge intime et douillet d'un saisissant moelleux. Ce serait pour lui, la vie de château.


 

Le temps passa. Une petite voix venant de son intérieur capitonné, se mit un
jour à lui souffler : " A force de rêver sur ta moquette, tu es devenu beaucoup plus gras qu'un chanoine. Secoue-toi mon gros chapon, remue ta vieille carcasse, quitte tes charentaises, chaparde un peu ici et là, joue à chat perché, cours rendre visite à ton voisin le chat qui pêche et puis va chatouiller les étoiles et ton regard chatoiera, mon chat-beauté " .


 

Mais le chat pacha n'écouta pas la petite voix.
Et le châtiment arriva sans crier gare. Le chat rêvassait, énorme, gonflé comme un ballon, si gonflé, que, tout à coup, il éclata et se désintégra...chat alors !  

 

©Michèle Freud

 





 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
17 août 2019 6 17 /08 /août /2019 07:06
© Radio France - MC Fournier

 

 

 

 

Quand chaque matin, j'ouvre les volets,


c'est toi qui me donnes les premières joies de la journée.


Tu te dresses devant moi dans ton habit de lumière


et tes branches semblent cueillir l'azur.


Je te regarde et ta force pénètre dans mon cœur.


Je te regarde et la terre se met alors à chanter.



 

Arbre mon ami,



 

Ressens-tu dans ta sève le sort tragique


de tous tes frères disparus en fumée par la folie des hommes ?


Hier encore, ils versaient quiétude et sérénité


sur les esprits angoissés,


ils offraient leur beauté, leur fraîcheur et leur mystère.


Aujourd'hui, ils ne sont plus que squelettes calcinés,


poignantes créatures d'un vaste cimetière.


Autour d'eux règne le silence,


non pas le silence qui apporte la paix


mais le silence glacé de la mort.


Où sont les tortues, les écureuils, les lézards, les insectes ?


Où sont les cistes, les fougères, les mousses, les bruyères ?


Où sont les parfums de résine et d'humus ?


Sur ce paysage de fin du monde,


la tristesse n'en finit pas de tomber.


Et pourtant, de toutes mes forces, je veux croire,


que sur ce tapis de cendres, des arbres renaîtront,


de beaux arbres de vie avec un tronc solide comme l'amitié, 


avec des branches qui se ramifient


comme des mains qui se cherchent.


A cette pensée, mon cœur se gonfle comme une voile


toute tissée d'espérance...  

 

©Michèle Freud

 





 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 06:51
Albert BIERSTADT - Dans les montagnes de la Sierra Nevada

 

 


Le ciel s'aquarelle, le vent s'émerise, sa claque devient râpe, sa traque devient rage.

 

Les bêtes se claquemurent, les hommes s'entre murent dans les mailles d'un long sommeil de bois : ailes rognées, rabotées, limées. Mais la vie est toujours là : elle tremblote, clignote, s'enroue et s'enroule dans une spirale de feu qui couve.

 

Néanmoins, vaille que vaille, elle va, la vie, à petits pas de somnambule, dessinant des bulles dans l'espace-espoir, griffonnant des mots d'étincelles bleues, esquissant une fleur d'aurore saisissante et des être humains pleurant sous la lune, une planète malade appelant au secours.


Tableaux émouvants d'un monde en péril, d'un monde à réinventer, à réenchanter...  

 

©Michèle Freud

 





 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
2 juillet 2019 2 02 /07 /juillet /2019 07:10
La Joie de Vivre – Dimanche au Bord de la Mer, Paul Signac, 1895-1896.

 

 

 

 

 

Effeuiller la joie


Égrener des rires


Moudre le blé de l'espoir


Jeter ses peurs aux orties


S'ouvrir, s'étonner, s'émerveiller


Être curieux de tout


Célébrer le quotidien


Voir le magique qui se cache derrière le banal


Traverser l'hiver à force de printemps


Être une lampe allumée non pour être vu mais pour donner à voir


Briser les verrous


Pulvériser la haine


Semer la paix


Être soi même la chance


Savoir demeurer dans l'énergie des commencements


Explorer ses espaces intérieurs 

Traverser ses propres labyrinthes


Faire face à la mouvance de la vie


Glaner des mots d'amour et les offrir comme on offre des roses...  

 

©Michèle Freud

 





 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
10 juin 2019 1 10 /06 /juin /2019 06:33

 

 


Arsène, depuis quelque temps, manquait de ressort, de nerfs, de tonus. Lui qui était si chamarré de l'édredon, se sentait empêtré dans la grisaille, une grisaille sans failles. Où se baladait-elle sa pétillante ardeur, cette flamme qui réchauffait si bien son vieux corps ? Il fallait qu'il l'a retrouve, donc pas question de s'enliser dans la marmelade, il devait réagir. Mais il eut beau se secouer le polochon, arrêter de se ronger l'os à moelle, il eut beau se mirer les mirettes, il n'y vit pas plus clair dans sa boîte à images. Son lumignon intérieur avait disparu lui aussi. Il s'en vint alors à se poser d'étranges questions : " et si des chauves-souris avaient envahi son beffroi ? Et si son estom' se tricotait des nœuds ? Et si son foie se mijotait du gras ? "


Mais il comprit très vite qu'avec de telles idées tordues, il passerait sa vie sur les rotules et même, il allait devenir un escagassoir ripoliné...


Tout à coup, une idée germa dans sa tête, une idée de poète un peu fou et content de l'être, une idée qui lui faisait de l'œil. Il l'accueillit à bras ouverts, la glissa dans sa poche et sortit. Il pleuvait, mais la pluie était belle et douce, il l'aima. Chaque goutte d'eau tintait comme une note de musique. Dans son cœur, un ruisseau se mit à chanter. Soudain, un baiser effleura ses lèvres, un baiser tout frais, sentant bon le printemps.

 

C'était la petite ardeur sauvage qui revenait au nid...  

 

©Michèle Freud

 





 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
17 mai 2019 5 17 /05 /mai /2019 06:26


 


Début du message transféré :

Je voudrais dire, avec les fleurs du cerisier, la beauté du silence, d'un regard, d'un sourire, d'une main tendue, d'un geste d'amitié.


Je voudrais dire, avec quelques brins de lichen, la beauté d'un brin d'herbe qui perce le bitume, d'un arbre qui se dresse, solitaire, au milieu d'une friche, d'une fleur qui jaillit au pied des barbelés, d'un chardon qui se fait soleil au nom chantant de cordabelle.


Je voudrais dire, avec la nacre d'un rayon de lune, la beauté d'une coquille d'escargot, d'une fragile bulle de savon, d'une racine sculptée par les mains d'un enchanteur, d'un galet pétri d'amour par les vagues.


Je voudrais dire, le cœur gonflé de gratitude : « Que le monde est beau et que ma joie d'y vivre est grande ! »  

 

©Michèle Freud

 





 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
25 avril 2019 4 25 /04 /avril /2019 06:53

 

                                

 

C'est le printemps.

 

C'est le printemps, un printemps tout fou qui fait des galipettes et joue à saute-moutons. Il tend ses mains, pleines de rires et de fleurs sauvages au doux parfum de renouveau.

 

Les arbres habillent mon cœur de feuilles et d'oiseaux. Je murmure une chanson et les notes de musique, rondes comme un bébé soleil, enchantent l'air. Il neige des fleurs, les cerisiers, avec ardeur, ont tricoté de la magie blanche.

 

« Regarde mon âme, contemple cette beauté scintillante. Respire amplement, le ciel a des senteurs de jasmin. Nourris-toi de ce présent. Accueille avec gratitude ce précieux cadeau. Caresse-le, mets-le sur ta joue. Entends-tu les violons du vent ? Ils nous invitent au bal des lumières. »

 

C'est le printemps, voici des joies en farandoles, voici du rire en bouquets blancs.  

 

©Michèle Freud

 





 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
15 mars 2019 5 15 /03 /mars /2019 07:52

 

 

 

Ce qu'elle aimait par dessus tout, la Fannette, c'était les nuages. Sa mine s'attristait, quand le bleu, le grand bleu, envahissait le ciel : il lui apparaissait alors, comme une vaste et monotone étendue désertique. Mais dès qu'un nuage survenait, c'était une fleur qui jaillissait du sable et le cœur de Fannette battait plus fort et s'exaltait...
Ô nuages où chante le vent, où dort la rosée, nuages-cités éphémères, nuages-château, coussin, édredon ou descente de lit pour la lune, nuages-dentelle, nuages flocon, nuages-mouton, nuages-barbe à papa, nuage qui écrit sur l'azur de brefs poèmes, nuages de la déraison, ondes de folle magie, île de luxuriance et de trésors fugaces, semences de rêves ouatés, terre de douceur et de paix.


 

Pétrir un monde d’amour, ourler de joie les cœurs...
 Et Fannette rayonnait, devenait lumière caressant un nuage.

  

 

©Michèle Freud

 





 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Couleurs Poésies 2
  • : Ce blog est dédié à la poésie actuelle, aux poètes connus ou inconnus et vivants.
  • Contact

  • jdor
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...

Recherche