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27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 07:41
De Rodin, « l’Homme et sa pensée » photo Stéphane Bily

 

 

 

L’homme a-t-il seulement pensé

à se vêtir de lui-même

pour échapper enfin

à l’anonyme semence

qui fertilise en aveugle

et que le souffle d’une chanson

disperse dans l’allégresse !

 

A-t-il eu le temps

d’entrouvrir une corolle

et de parler aux fleurs

comme la chevelure de la pluie

qui pétille et bruisse

sur l’ombre de leurs tiges ?

 

A-t-il dans sa jeunesse

dévêtu le ruisseau

de ces cailloux mystérieux

qui ressemblent aux arbres

et portent fièrement

un collier de bulles claires

irradié de rayons ?

 

Ah ! Comment ne pas entrer

dans toutes ces merveilles

et assaillir le jour

pour en oublier la limite !

 

Mourir… mourir déjà

sous le regard du silence

qui pleure la beauté

et la joie de la vie…

mourir dans un cœur

mourir dans un cri

éphémères souffrances

où le poème demeure…  

 

© Victor Varjac

Antibes, sptembre 1999

 

Extrait du recueil « Le chemin des rêves » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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6 janvier 2020 1 06 /01 /janvier /2020 07:38
humeurs-fr.over-blog.com

 

 

 

 

Pousser la monture du sang

jusqu’à l’abandon

où toute la splendeur

s’évanouit…

inventer un visage

au cœur de la matière…

vaincre le grand péril

dont la présence

tient tout en suspens.. ;

 

Devenir plus

bien plus

que la chose immobile

qui s’incline

avant de se briser…

être ici et nulle part

à peine une marque

sur la joue insolente

et tenace

du marbre solitaire…

 

Pénétrer le décor

par le fouillis du rêve

et voir le précipice

lancer sempiternellement

les grands cercles de vide

qui dévore les hommes

à peine ébauchés !

 

Dans cet espace

où le tout

surplombe le néant

je cueille des images

qui ne me laissent rien…

je tourne et vire

sans même connaître

le lieu que je cherche

et j’arrive sans escorte

au seuil de mon heure dernière

sans avoir pu comprendre

l’énigme de la vie

et je parais devant moi

condamné par la mort

sans savoir qui je suis !  

 

© Victor Varjac

Antibes, octobre 1999

 

Extrait du recueil « Le chemin des rêves » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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14 décembre 2019 6 14 /12 /décembre /2019 08:08
Le penseur de Rodin

 

 

 

Ah ! La chair et ses amours !

Émerveillement éphémère

d’un pauvre cœur

qui croit appréhender

le paysage des anges

tandis qu’il marche

dans le sentier d’un monde

qui doit le détruire !

 

L’éternité n’est qu’une image

un lieu inhabitable

pour un corps vicié

par la décomposition…

 

La frontière des choses

insidieuse et permanente

veille sur toutes les formes

et la terre gravite autour

de cette sombre comédie !

 

L’homme ne peut respirer

que l’angoisse et la honte

sécrétées par la présence

du Grand Mystère…

 

Traversée seulement

par la transparence

du passage terrestre

la possession s’évanouit

sans même

laisser une empreinte

sur le front de la chair

ravagé par le temps…

… mais l’homme croit toujours

que le mirage de la matière

peut et doit encore

lui appartenir !  

 

© Victor Varjac

Antibes, août 1999

 

Extrait du recueil « Le chemin des rêves » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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22 novembre 2019 5 22 /11 /novembre /2019 07:23

 

 

 

 

 

Je suivrai le silence

comme le centre de tout

car nous n’allons nulle part

et nulle part est partout !

 

Je vois mon sang

devenir peu à peu

un nuage de cendres

et la trace de mes pas

n’atteint plus le soleil !

 

Comment témoigner

quand l’ombre refuse

d’accroupir notre image

sur le sentier de nos vies ?

 

Je dois refaire chaque fois

ce qui n’est pas écrit…

 

Les pages griffées d’encre

sont les combats des rêves…

cette audace ridicule

brave l’orage du geste

et contient la dignité

que mon cœur exige !

 

Demeurer debout

face à la mort

le plus longtemps possible

n’est-ce pas comprendre le Verbe

avant de disparaître

et braver l’agonie

qui nous serre dans l’ombre ?  

 

© Victor Varjac

Le Vauban, juin 1999

 

Extrait du recueil « Le chemin des rêves » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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1 novembre 2019 5 01 /11 /novembre /2019 07:22
Gustav Klimt, La vie et la mort

 

 

 

 

 

 

Nous sommes

ce que nous vivons…

nos actes et nos paroles

glissent comme la lumière

sur le satin des jours…

nous n’échappons

à aucune seconde

et l’exil commence

avec le premier cri…

 

L’homme n’est qu’un gibier

que la mort pourchasse !

 

Ah ! L’innocence

et sa chevelure

où poussent les serpents !

L’existence ressemble davantage

à la grimace d’un mensonge

qu’au murmure des sirènes !

Quoi ? Mais de quelle ivresse

de quel chant

parlez-vous ?

Aveugles et condamnés

nous grandissons

dans le froid de la pierre

tandis que notre corps

avide et prisonnier

s’estompe sur le crâne

chauve du gouffre !

 

Nous sommes la chute

et l’infini de l’abîme

car nous portons l’univers

et la magie des mondes

mais nous ne sommes rien !  

 

© Victor Varjac

Le Vauban, juin 1999

 

Extrait du recueil « Le chemin des rêves » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 06:24
Photo jenovefa

 

 

 

 

 

Le passé est un présent

à la dérive

un avenir qui s’efface

dans le brouillard

de l’oubli…

 

Le sang sous notre peau

suit le même chemin

discret comme un murmure

dans l’oreille du rêve…

 

Il faut aimer

aimer sans réserve

aimer comme la lumière

qui tombe du soleil

pour vêtir le temps

d’un visage nouveau…

 

L’homme chante l’espoir

entre le tourment

et le malheur

comme une plante

sur un talus en friches

poursuit

sans jamais comprendre

l’épanouissement parfumé

de son rire solaire

et quand le fouillis du ciel

armé des lances de cristal

laboure la campagne

la terre porte déjà

les graines du futur

qu’un baiser de printemps

éveillera bientôt

car la naissance et la mort

sont les deux faces

de ce monde

pour l’éternité…  

 

© Victor Varjac

Le Vauban, mai 1999

 

Extrait du recueil « Le chemin des rêves » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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18 septembre 2019 3 18 /09 /septembre /2019 06:23
Jérôme Bosch, détail du Jardin des Délices

 

 

 

 

Doucement la vie s’approche

sans même nous toucher

comme une illusion d’espace

ou un prodige qui dresse

son frémissement de jours

au regard hirsute et trompeur…

 

Pas une seule fois

la terre nous confie

ses enfants de matière…

la beauté contient

en ses flancs de clarté

le serpent des ténèbres

qui traverse le cœur !

 

La forme est un moment

que produit une force

mais chaque pas du monde

ensevelit le présent…

                       … les Signes n’appartiennent

                       qu’à la vision d’un souffle

                       et l’apparence n’étreint

                       que l’image d’elle-même…

… mais lorsque les yeux se ferment

l’âme se fortifie

dans la demeure secrète

des sentiments humains…  

 

© Victor Varjac

Le Vauban, avril 1999

 

Extrait du recueil « Le chemin des rêves » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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29 août 2019 4 29 /08 /août /2019 07:28
© Nevit Dilmen [CC BY-SA 3.0 ou GFDL], Wiki

 

 

 

 

La vie entre dans nos cœurs

et les paroles qu’elle prononce

s’échappent de nos mains

comme une abeille

d’une fleur trop vive…

 

La sève monte

derrière les choses

qui nous séparent

et que l’on ne connaît pas…

 

Le jour n’a pas le temps

d’apprendre le nom

des hommes de la terre

que déjà les lampes

fixent les yeux

où se forme l’oubli…

 

L’heure porte

sur son dos

l’ombre de nos corps

comme une force

toujours offerte…

 

Notre visage n’appartient

qu’au miroir insolent

qui nous fige

 

De nos pas innombrables

l’éternité se fane

en nos âmes trop brèves…

… mais le courage d’être

flambe comme une dague

au seuil de la conscience… 

 

© Victor Varjac

Antibes, janvier 1999

 

Extrait du recueil « Le chemin des rêves » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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6 août 2019 2 06 /08 /août /2019 06:39

 

 

 

 

 

Le visage solitaire

de l’inexprimable

délivre chaque soir

le charme de la nuit

enfermé dans les pierres…

 

La blessure des lampes

déchire l’illusion

de son corps de brume…

 

La marche infidèle des ombres

volatilise la menace

hissant jusqu’aux lèvres

l’image qui s’estompe…

 

Les ténèbres tournent

s’étirent et s’enroulent

à l’espoir des talus…

 

Doucement l’éphémère

se décompose

et la mort attentive

accompagne la dernière faiblesse…

 

Une à une

les formes se nouent

dans l’humble poussière

des grandes solitudes…

 

… quand soudain…

… la lune surgit

un châle blême

sur sa gorge trop sage

libérant d’un regard

la danse obscure

des branches

attachées à l’abîme

des herbes

où conspire le mirage

des racines

enfouies dans la terre…

 

© Victor Varjac

Antibes, janvier 1999

 

Extrait du recueil « Le chemin des rêves » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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12 juillet 2019 5 12 /07 /juillet /2019 06:24
©Photo Jean Dornac

 

 

 

 

 

Quand l’heure n’est plus

qu’un visage qui brûle

le paysage devient une grimace

qui se laisse mourir

dans la poussière du soir…

 

Le ciel bouillonne et s’effondre

comme une irruption

hurlant ses couleurs…

 

L’invisible dégrafe

la longue robe noire

du rêve encore assis

sur la branche d’un saule…

 

Les bêtes et les fleurs

s’estompent et se dispersent

dans l’espace couché

au milieu des racines…

 

L’ombre n’a pas encore

ouvert les yeux

mais déjà le monde s’engloutit

dans la clarté

qui se referme…

 

L’image disparaît

au bras d’une prière…  

 

© Victor Varjac

Antibes, janvier 1999

 

Extrait du recueil « Le chemin des rêves » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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