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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 06:27

Nicole Portay : «  Fileuse d’espoir » Editions les Poètes français –

Préface Michel Bénard – Illustrations Auguste Haessler -

Format 15x21 – Nombre de pages 83 -

 

 

                                                        Préface

 

La poésie est révélatrice de signes, sans doute est-ce pour cela qu’il me fallut les ailes de l’ange de Reims et les chants Grégoriens de l’abbaye de Solesmes pour prendre mon envol avec ce recueil des plus prometteurs de Nicole Portay « Fileuse d’espoir. »

La route suggérée est longue, semée d’embûches, de méandres, d’arcanes, mais aussi de lumière forte d’espérance.

Là tout est brodé de vers riches, personnalisés, d’un vocabulaire précieux aux symboles incontournables et chargé d’images imparables.

Et si la poésie était une question de survie, de salut, alors mieux vaut sous le sceau de la confiance emboiter le pas sécurisant de la « Matriarche ».

La « Fileuse d’espoir » est en fait une semeuse qui patiemment veille en son jardin refuge à la germination des graines sacrées.

Si l’ombre est parfois présente dans cette œuvre, c’est pour mieux percevoir la lumière, la caresser et la déposer à sa juste place, là, précisément au centre du cœur et de l’esprit jusqu’à l’enchâssement escompté.

Nicole Portay avance en poésie dans une posture semblable à celle du pèlerin de station en station sur les degrés de l’élévation. Ses vers sont assoiffés de liberté, sont ciselés, sont peaufinés, la qualité d’une écriture soignée est la meilleure garantie pour l’élévation et la compréhension de la poésie, cela notre poétesse l’a parfaitement compris.

Bien loin des textes des premières heures, désormais nous sommes face à une véritable métamorphose, similaire à l’image de la chrysalide carapacée allant jusqu’à l’éclosion d’un merveilleux papillon multicolore.

Si Nicole Portay rêve parfois de devenir poète, elle l’est bel et bien et sur une margelle élevée.

Le poète est assimilé au magicien, au sourcier qui avance avec sa baguette de coudrier et c’est bien ce qui est évoqué dans le poème « Baladin », il traverse le miroir, il parsème de poudre d’or les terres en jachère et :

 

« ...rend la semence de l’univers

Au sillon de la terre. »    

 

Il faut donner du corps à la poésie, de la composition, passer à l’action, au partage, à l’échange, à la valorisation, imposer pacifiquement la poésie en « humble magicien ».

 

Le simple titre de ce recueil « Fileuse d’espoir » n’est-il pas synonyme des présages les meilleurs, vision symbolique de cette fileuse de lumière qui tient patiemment et confiante le devenir du monde entre ses doigts d’expérience

L’actualité impose son drame à notre poétesse, elle la taraude, surtout lorsqu’elle atteint des sommets de honte et d’injustice. Alors, Nicole Portay avec ses modestes moyens part en campagne, porte haut sa bannière contre la : « .../... violence annoncée/ Par l’anathème barbare. »

  

Savoyarde de naissance, un souffle provençal nourrit sa plume et c’est une belle aubade qu’elle offre au « Pastoureau » des abeilles, une sorte de défi à féconder lorsque « sonne le glas de l’univers » jusqu’à voir s’épanouir les graines de l’espoir.

Cette poésie est une véritable mosaïque constellée de tesselles colorées, de joyaux révélant toute la richesse d’un langage pertinent et précieux.

Des mots choisis, des mots sélectionnés, des mots clés sont les ingrédients glanés par Nicole Portay pour donner de l’intensité à la pensée fondamentale de sa poèsie.

Cette dernière se suspend souvent à la voûte céleste, aux espérances des étoiles, ne cherchez pas entre ses lignes une connotation religieuse, mais plus précisément un geste agnostique ancré dans le sacré, dans les sphères du mystère de l’univers.

 

« Gestuelle sculptée d’une irréelle prière. »

 

La poétesse Nicole Portay porte des yeux d’amour protecteur sur ses petits-enfants et les invite à danser au bord des étoiles.

 

« Comme le pain respire

Je te donne le souffle

D’une première lueur du jour »

 

Musique et poésie furent toujours intimement liées, âme sensible et vibrante comme une corde de violon, notre poétesse n’échappe pas à la règle, et à la musique des hommes se mêle celle de la nature, du vent, des oiseaux, du silence.

 

« Ecoute, c’est un souffle d’âme qui passe,

Il nous effleure. »      

 

Les textes sont porteurs de leur propre musique, de leur cadence, ils s’écoulent enrobés d’un verbe miellé porteur des parfums des collines.

Ici et là, nous croisons quelques néologismes des plus sympathiques et évocateurs tels, « poésiamour » ou « créaction » etc. Belle preuve d’une vraie volonté novatrice.

Sur cette voie poétique, ce ne sont que nuances douces et légères, dentelières et roses à cœur, intimes et solaires. Sorte d’initiation sentimentale pour l’amour informel, celui dont on rêve mais qui demeure impalpable.

Il est parfois des blessures qui saignent au fond du cœur, cachées, secrètes, clandestines qui s’habillent et se cautérisent des baumes de la poésie pour redevenir flammes résurgentes, bourgeons renaissant à la vie.

 

« Offerte par le Verbe alchimiste.../...

.../...Comme une eucharistie charnelle. »

 

La vie nous place sans cesse sur un fil en équilibre, où tout à chaque instant peut vaciller, basculer, mais ici encore le poète se fait funambule, allant de son balancier effleurer l’espérance jusqu’à tutoyer les étoiles.

Dans la poésie de Nicole Portay il y a toujours une promesse, un merveilleux instant de providence, une lumière nouvelle qui voudrait soulever le monde et faire naître dans un jardin protégé des essences nouvelles.

Sous certains aspects cette poésie subtile est érigée sur la frange d’un mystère ésotérique, avec ce ressenti d’aller au-delà du miroir, de surpasser les illusions et de pénétrer enfin dans le temple de lumière. Cependant notre poétesse a conscience que la voie initiatique pour retrouver l’origine de l’amour la plonge dans l’épreuve des défis et des tolérances.

Alors peut-être est-il sage de se fier à son ange qui viendra de ses ailes :

 

« Enlacer les blessures de ton âme

Sur un fil d’argent naissant. »

 

Au nom de la « créaction », racine première de l’acte de poésie, il ne nous reste plus qu’à nous faire les émissaires de la paix, de brandir les bannières de l’amour universel et de nous nourrir d’espoir dans :

 

« Le reflet d’une goutte d’eau

Blottie dans le bec du colibri. »

 

Par cette note sublime de vie, le temps est venu pour vous de rentrer en poésie portayienne.

 

Michel Bénard

 

Lauréat de l’Académie française.

Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres

Poeta Honoris Causa.

 

 

« Fileuse d’espoir », de Nicole Portay - Recension de Michel Bénard
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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 07:30
©Collage de Michel Bénard

 

«  L’acte créateur lié à  l’Intuitisme, est une respiration de l’âme et son élévation vers l’universel. Un geste premier sans repentirMB.

 

 

 

 

 

L’Intuitisme s’adresse à toutes les formes d’expressions, à tous les arts en privilégiant le Verbe se faisant passerelle à la Matière, penseurs, poètes, peintres et sculpteurs composent sur le même instrument, celui de l’intuition. Souffle de la libre création où chacun puise dans sa réserve d’imaginaire, d’impressions fugitives, de ressentis, où dominent les forces d’un souffle informel, d’une symphonie cosmique.

Un nuage, un mirage viennent de nous auréoler la tête et cela suffit pour déclencher tout le principe de création qui verra naître une œuvre où seul ne peut transparaître que le ressenti, l’informelle impression, la révélation de l’instinct en un mot de l’intuition spontanée. Souvent les œuvres des plasticiens se font l’écho des vers improvisés ou composés des « scribes » poètes.

L’acte créateur « Intuitiste » est de desceller ou d’extraire la beauté indéfinie d’une impression informelle, la luminosité diaphane d’une rupture esthétique. C’est un peu vouloir cueillir le souffle qui passe, saisir la petite voix ténue de l’intérieur, écouter la musique des sphères.

L’intuition, « l’intuitisme », est en quelque sorte un peu l’histoire de toute l’humanité et de l’évolution de l’art et de la notion toute relative de la beauté, depuis les grottes de Lascaux, un des berceaux balbutiants de plus de 35000 ans de l’histoire de l’art. A ce titre les graphistes de la préhistoire étaient sans doute les plus vrais et plus grands « Intuitistes », car rien ou presque n’avait influencé ou pollué l’environnement de leur vision sinon les phénomènes liés à leur environnement direct de survie ou au mystère cosmique souvent synonyme de frayeur ! A ce stade nous en étions à l’instinct premier.

L’intuitisme, c’est également préserver les codes ancestraux de la beauté et les réinterpréter avec un regard de modernité.

C’est un dialogue en quête de routes différentes, au-delà de nous-mêmes, au-delà de nos conditionnements habituels. C’est vivre une sorte de rupture avec le conventionnel.

Vu sous cet angle, nous pourrions presque avancer que l’art « Intuitiste » est un peu cet art ancestral, ce geste pariétal, ce réveil d’une image pétrifiée pour les regards et interrogations du futur et ce besoin d’authenticité pour demain.

L’art inné, instinctif, désintellectualisé !

Par déclinaison avec l’abstraction et en particulier l’abstraction lyrique, nous approchons, mieux que dans nulles autres formes d’expressions, des fondements de l’intuitisme.

Ce lyrisme gestuel, nous le retrouvons entre autres chez des artistes majeurs tels Georges Mathieu, Jackson Pollock, Antoni Clavé, Robert Motherwell, Sam Francis, Zao Wou Ki, Che Ten Chun, Willem De Kooning, etc.

Le signe est informel, la révélation inconsciente.

Il faut sortir du paradigme passé, laisser évoluer le geste, sorte de grande calligraphie indéfinie, écrite ou plutôt tracée dans une sorte d’automatisme linéaire qui déclenche l’imagination se révélant intuitivement.

Nous nous retrouvons dans une sorte de lâcher prise où l’on tente d’exprimer l’invisible, le non représenté.

L’intuitisme se doit de révéler le signe (signifiant ou signifié).

Il faut revenir sans cesse à l’acte créateur libéré, à l’impermanence des formes, des volumes, briser les automatismes, se déconditionner, devenir libre, mettre nos semelles de vent comme notre cher Rimbaud, intuitiste sans même l’imaginer bien avant l’heure.

L’intuitisme est une manière de croiser des univers différents et d’en rassembler divers fragments, soit sur une toile pour le peintre, dans la matière pour le sculpteur ou sur une feuille pour le poète.

Mais à ce propos, je laisserai toutefois une place plus importante aux plasticiens, car mieux que par l’écriture qu’il nous faut interpréter, l’œuvre d’art, elle, nous rend l’intuition plus lisible, elle fixe et matérialise la spontanéité « le geste intuitiste » devient visible.

L’intuitisme doit donner à l’œuvre une reconnaissance, une musicalité tout en conservant un esprit de pureté, demeurer aux sources et aux racines, en veillant surtout à ne pas sombrer dans l’artifice.

Le peintre, le sculpteur devront tenter d’aller au-delà de la matière pour se rapprocher du Verbe et par la poésie rendre visible en échappant à réalité !

Il s’agit ici d’une évolution entre le tangible et l’intangible, le temporel et l’intemporel.

Nous devrions nous rapprocher de cette idée rimbaldienne du grand Opéra du monde où tout se mêle, s’entremêle, en arrive « au dérèglement de tous les sens », vieille image je vous l’accorde, mais si proche de l’intuitisme, à tout prix devenir « voyant », se faire visionnaire comme l’a écrit Michel Random dans son remarquable ouvrage : « L’art visionnaire. »

 

« La vision est une errance au sein de la perfection. »

 

En forme de conclusion, j’aimerai vous transmettre en témoignage les « dits » d’un de nos plus authentiques visionnaires-intuitistes, véritable médium canalisateur des fréquences cosmiques, Franco Cossutta, pur exemple et modèle de l’intuitisme instinctif. Inné !

Au terme d’un entretien que nous avons eu voici ses « dits.»  

 

« Je m’efface par rapport à l’existence, capte les influences extérieures avec ce ressenti de m’intégrer à la peinture, de me mêler aux pigmentations colorées et de me couler dans les formes qui naissent sur la toile.

Ce sentiment « d’intuition » me vient non pas nécessairement lorsque j’exécute une peinture, mais plutôt lorsque je la peaufine, la corrige, la modifie très légèrement du premier jet.

Il ne m’est possible de peindre que lorsque je me retrouve en communication avec l’espace, le cosmos ou un autre environnement parallèle.

Je suis sous influence, tel un récepteur, je deviens le médium de ce qui m’est envoyé ou que je ressens comme tel.  

Il m’est très difficile de pouvoir donner des explications logiques car je ne réagis que sous impulsions externes.

C’est comme si j’étais en perte d’identité, de personnalité pour me fondre dans l’univers, me mêler au grand tout !

Je peux passer d’une sorte de libération extatique à une forme de crucifixion interrogative !

Formule classique. « Qui sommes-nous ? Que deviendrons-nous ? Quel sens a la vie ? »

Autant de questions dont je perçois la réponse mais qui cependant demeurent en suspens.

Pour moi créer ne devient possible que dans l’émotion « intuitive » et non pas dans la réflexion intellectuelle qui fausserait toute l’authenticité de l’œuvre que je ne fais que transposer.

Je ne peux agir dans mon acte créateur tout à fait relatif, qu’intuitivement, sans calculer, sans réfléchir, simplement guidé par des phénomènes externes sur lesquels je n’ai aucune réelle maîtrise.

Dans ce souffle fugitif, sans aucune préparation, les formes, volumes, couleurs se mettent en situation naturellement, automatiquement, si je m’aventure à vouloir reprendre le contrôle tout se bloque et déraille.

Toute explication logique ou cohérente m’échappe, je ne peux rien dire de plus.

Je ne suis que l’intermédiaire de forces cosmiques, telluriques, spirituelles dont je ne peux donner aucune révélation tangible. »  

 

Tel est le ressenti de Franco Cossutta relatif à « l’intuitisme » ce qui en fait est vouloir cueillir le souffle qui passe, être attentif à la petite voie ténue du fond du cœur, c’est percevoir la musique des sphères.

Peut-être même pourrions nous évoquer le troisième œil.

Alors fève d’or dans le gâteau royal, écoutons ce que nous dit de l’intuition en poésie, l’un de nos plus grands poètes, Marc Alyn, authentique Princes de poètes.

 

                                          L’intuition : Troisième œil.    

 

Il y a l’œil et l’œil du fond de l’œil

l’œil du centre

du côté droit

du côté gauche

l’œil du dessus de l’œil

et celui du dessous

chacun cherchant à joindre les deux bouts

de l’image.

 

Puis viennent d’autres yeux captifs du dedans

tissant le clair-obscur au sein des cécités.

 

Mais l’œil dissimulé au plus loin de l’être

que nul ne vit jamais

et qui rayonne pour lui seul dans le noir

cet Œil majeur est le seul à tout voir.

 

Marc Alyn

 

Le geste « intuitiste » relève de la lumière intérieure, où le plus important est le retour à l’originel, en quelque sorte à l’acte créatif premier.    

 

©Michel Bénard.

 







 

 

 

 

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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 07:47
©Collage de Michel Bénard

 

 

 

 

 

 

Ce n’est plus qu’une longue

Complainte nocturne,

Où les anges déchus

Tombent sur la terre brulée

Accompagné du requiem

Du long piano rouge.

Ce n’est plus qu’un rictus

Ironique du disque d’argent,

Ample stigmatisation

Se découpant dans la nuit,

Sous les doigts effilés

Du grand marionnettiste.     

 

©Michel Bénard.







  

 

 

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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 08:58

Ce texte très fort de Michel Bénard se suffit à lui-même. Cependant, je veux dire quelques mots au regard de ce qui se passe ces derniers temps dans notre pays et en Europe. La bête hideuse du racisme imbécile tente à nouveau d’hypnotiser nos esprits ! Alors, soyons forts, crions un non ferme et définitif à cette saleté innommable que des gens à l’esprit noir et limité veulent nous imposer ! Jean Dornac

 

 

 

 

Quand les inconcevables et insoutenables errances de ce siècle retournent vers l’obscurantisme inconscient, les religions d’autres époques, réductrices et humiliantes, les fanatismes aveugles, canalisés et superstitieux, la xénophobie primaire et haineuse, il est rassurant de croiser sur sa route, des hommes, des poètes, des artistes, des penseurs osant nous faire encore croire que l’Amour universel existe, autrement que dans les flèches d’un innocent petit Cupidon, qu’il demeure toujours en nous au plus profond de l’âme et du cœur et que nous devons absolument  le cultiver dans tous les sens du terme.

 

Peut-être peut-il encore sauver l’humanité, il serait bon de l’envisager !   

 

Que sont devenues les espérances du siècle des Lumières ? La tolérance ? La libre circulation des idées ? L’humanisme ? L’universalité ? L’amour déculpabilisé ?

 

L’Amour est une fenêtre ouverte sur le bleu de l’infini, il vibre comme une symphonie printanière dans les premières lueurs de l’aube ou les irisations d’un vitrail au soleil couchant.

L’Amour est le germe de la beauté et de l’harmonie, il est bon alors de confier ce germe à des jardiniers de l’esprit, de la sagesse, du bon sens tout simplement, pour qu’ils rendent vie à ce jardin que nous avons tant piétiné, pour y revoir fleurir en toute Liberté, l’Amour dans tout le scintillement de sa Vérité.

 

Convaincu à l’instar de mon maître, le grand poète Marc Chesneau,                        

que « Dans un instant d’amour un siècle peut tenir… /… »     

 

©Michel Bénard.







  

 

 

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17 janvier 2019 4 17 /01 /janvier /2019 07:37

 

 

 

En vous j’imagine cette beauté

De bois flotté aux racines lissées

Par l’effleurement du sable,

Le clapotis des flots,

La caresse du ciel

Et, les reflets de lune.

Etreint par tant d’émotion

En cet ineffable instant,

Tout me semble si fragile,

Alors délicatement

Je pose mon doigt

Sur ce silence satiné,

Et tel un miracle

Vous devenez

Mon embrasement d’automne.  

 

©Michel Bénard.







  

 

 

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30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 07:31

 

Recension – Claude Luezior « Clames » - Librairie Editions Tituli – Paris – Format 21x14 nombre de pages 82.

                                                

 

 

S’exprimer, oui ! Mais surtout surpasser la médiocrité, le vulgaire et ici c’est bien cela que notre poète aguerri et engagé clame, avant tout sortir de la fange, du cliché, du langage au rabais, du ravaudage de faubourg. Oui clamer, transmettre avec discernement et sagesse comme le barde, trouvère ou griot, restituer une signification au Verbe et hisser haut les mots.

Faire du langage un refuge protecteur, une vigie sur les chemins hasardeux de la vie.

Au travers de ses « Clames » Claude Luezior dont nous connaissons depuis bien longtemps la qualité de poète « orpailleur » dont la parole fait foi, se présente à nous sous une facette nouvelle, sorte de défi oscillant entre réaction et provocation.

L’écriture se découvre à nous cadencée, rythmée, syncopée. Claude Luezior joue avec quelques subtilités de langage, sortes de jeux verbaux, sens, contresens, métaphores, mais le tout reposant toujours sur les fondations de la réflexion.

La forme tient en quelque sorte au principe du « slam » voire par extension du « rapp » mais avec l’élégance de relever le défi en l’habillant de subtilités qualitatives. Ce que ces deux nouveaux modes de vulgarisation ont souvent quelque peu oublié.

Il est indéniable que Claude Luezior se fait plaisir avec ses exercices de style riches et recherchés. Ce dernier joue de la dérision avec talent et comme un chat retombe toujours sur ses pieds. A propos de pieds, ne voyez surtout pas ici une allusion facile.

Les mots coulent, s’enchaînent, se font, se défont, se heurtent, s’enlacent, s’embrassent.

En un mot, il fait de la grammaire sa petite cuisine entre impératif et subjonctif, conditionnel et inconditionnel. Il joue à saute-mouton de mots en mots, de vers en vers, le tout en l’absence de point et de virgule. Usez vous-même de votre propre ponctuation.

C’est en fait avec beaucoup de plaisir et de surprises, que nous évoluons au cœur de ce recueil, butant sur certaines formules ou nous éblouissant de son verbe.

Il me semble que Claude Luezior se fasse un peu clairvoyant lorsqu’il écrit :

 

« Les barricades surgissent dans la ville

en enfilades

pour escouades.../... »  

 

Sans doute ne pensait-il pas être à ce point au cœur de l’actualité :

 

« Le blasphème consume la ville

stratagème

suprême

qu’on essaime.../... » 

 

Mais bien au-delà des jeux de mots, de la fantaisie, la démarche se révèle profonde car elle dénonce le monde dépersonnalisé dans lequel nous vivons actuellement, son coté éphémère et superficiel n’existant que dans l’immédiat, perdant sens et raison, la voix visionnaire du poète en amplifie l’inconsistance.

Claude Luezior ironise indéniablement, mais surtout s’insurge, hurle son dépit face au chaos d’une société se délitant, s’étiolant, face à une civilisation humaine qui sombre dangereusement vers son autodestruction.

 

« assez de ces brutes, assez de ces scandales, assez de ces vandales, assez des canonnades etc. etc. »

       

Le poète nous avertit, nous informe, il y a urgence ! Les « Clames » se font confessions, sans doute une manière de survivre en exultant poétiquement.

La poésie est un combat pour l’amour qui doit fédérer le devenir de l’humanité.

Afin de mieux les clamer Claude Luezior extirpe les mots de leur contexte, leur donne un sens nouveau, une vibration différente, question de survie en composant une sorte de patchwork bigarré. Il faut sortir de l’incertitude des reliques.

 

« Mettre le feu

Aux parcelles du rêve.../... »

 

Peut-être que cette néo-cryptographie est un antidote aux drames contemporains.

Poèmes parfois ludiques détenant ce mystère de la métamorphose kaléidoscopique.  

Le Verbe prend aussi la forme d’un « J’accuse » face à cette société bradée et condamnée à légiférer sur des peccadilles nous détournant de la réalité.

C’est clair, le poète exige une « renaissance » pour d’authentiques valeurs et une autre Liberté !

Le poète qui se veut lucide ne confondra jamais clames et clameurs, il ose le clamer ! 

 

Michel Bénard.

 

Lauréat de l’Académie française.

Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

Poeta Honoris Causa.

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15 décembre 2018 6 15 /12 /décembre /2018 07:56
©Christine Mourgues : portrait

 

 

 

Au plus profond des chemins assoupis

En ces nuits de neige, de brume et de glace,

Ton visage m’apparaît lumineux

Telle une icône roumaine

Rayonnant sur la ténébreuse toile

Au cœur d’une aurore boréale.

Je ferme les yeux pour mieux

Encore cerner l’imaginaire

Des courbes secrètes de ton corps,

Dont je m’imprègne et pénètre

Jusqu’au secret de ton âme,

Jusqu’au velours de l’intime,

Pour déposer en ton sein

La chaleur de ma semence.  

 

©Michel Bénard.







  

 

 

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28 novembre 2018 3 28 /11 /novembre /2018 07:32

 

 

 

 

 

Tu es la nacre précieuse

A laquelle je m’harmonise,

Qui s’offre silencieusement

Comme une aurore dentelière,

Touchant la cime de la grâce.

Tu es l’essence parfumée,

Musique aux couleurs irisées.  

 

©Michel Bénard.







  

 

 

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31 octobre 2018 3 31 /10 /octobre /2018 08:00
Source : longuetraine.fr - Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 3.0 France "

 

 

 

 
Etre tout simplement ces rais de lumière
Pour effleurer les soies de votre chair,
Caresser votre corps
D’un effet clair-obscur.
Dériver sur l’intime de vos courbes,
Devenir l’enlumineur de vos rêves,
Tenir haut votre note intemporelle,
Pénétrer tout de délicatesse
Le cœur de votre rose nacre,
Voir naître votre sourire
Sous la chaleur d’une caresse.
Puis, étancher ma soif
Des songes enivrants
De votre source perlante
Aux parfums de cyprine.
Etre tout simplement ces rais de lumière
Pour effleurer les soies de votre chair.  
 
©Michel Bénard.





  
 
 
 
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17 octobre 2018 3 17 /10 /octobre /2018 06:27
© « Au temps qui passe », création Katia Gobeaut

 

 

 
               « La vraie force est force d’amour. »
 
               « La Paix ! Fille unique de la Vie et notre enfant à tous, tant incomprise ! »
                                                                                    Marc Chesneau. 1899-1980 (1)
 
 
 
 
 
Le travail et l’amour, peuvent être également un moyen de rassembler les hommes dans une même vibration transculturelle et transpoétique, de révéler des liens de pensées humanistes et positives, d’élever les peuples sur les degrés de la connaissance, de la tolérance et surtout de rapprocher les hommes au-delà des doctrines, des frontières, des traditions obscures et passéistes, des races ou ethnies.
A l’heure ou les effroyables haines extrémistes de toutes obédiences reprennent le pouvoir, renouant avec les exactions arbitraires, les terreurs aveugles, les démences collectives, l’hystérie des réseaux dits « sociaux »   etc…,
Il suffit d’observer comme se comportent certains mouvements primaires et fanatisés, nous avons l’impression de revivre le contexte de « la nuit de cristal. » Un bien joli nom pour une telle horreur.
L’histoire ne sert à rien, les droits de l’homme bafoués ne seront bientôt plus que de vagues marionnettes de carton bouilli dont on fera l’autodafé sous peu au nom des pouvoirs populistes, financiers et de la domination des grandes utopies partisanes.
Il ne reste plus désormais aux hommes sages, éclairés, humanistes et pacifiques, poètes, penseurs, artistes du monde entier, qu’à porter haut et loin le flambeau de la Paix !
Oui et cela dans le travail, l’amour et la Paix partagés.  
 
©Michel Bénard.





 (1) Troisième fragment du journal poétique d’une âme (1948-1971)
 
 
 
 
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