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27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 06:52
collectiondartjaviermendez.fr.gd/Peinture-Suisse

 

 

 

« Clotilde, si tu es prête, nous partons maintenant, tu sais que nous ne pouvons aller vite avec notre vieille guimbarde qui ressemble plus, question vitesse, à une charrette qu’à une automobile. »
 
Sans plus attendre, ils commencent à rouler. Le tacot a fière allure avec toutes ces fleurs multicolores peintes sur la carrosserie : on dirait une prairie ambulante, généreuse et souriante. Mais le moteur ne rigole pas : il a des problèmes digestifs et manifeste sa mauvaise humeur par des borborygmes et divers bruits insolites et bruyants. Il est impossible aux deux passagers de regarder le paysage qui défile lentement, tant leur esprit est absorbé par le langage discordant de la machine tandis que leurs douloureuses oreilles lancent un appel à l’aide.
 
« Je pense, dit Clotilde, qu’une pause est nécessaire pour savourer quelques instants de silence. Viens, le ciel nous invite au bonheur et à je ne sais quelle ivresse tranquille, dans la contemplation et dans la paix. » Et ils garent leur voiture sur une plate-forme herbeuse. Ils ont la chance de trouver rapidement un chemin de terre qui leur semble prometteur.
 
Très vite, il se transforme en sentier et zigzague parmi les fougères, entre des arbres aux essences variées. Puis il contourne une ancienne maison forestière qui disparaît presque sous des guirlandes de clématites. Il s’exhale de toute cette végétation, à la fois sobre et luxuriante, un apaisement indéfinissable, une sérénité harmonieuse qui dénoue toutes les tensions. Ils sont sous le charme de cette forêt, mais ce qui les attend plus loin est absolument extraordinaire. Et c’est vrai : ils ne tardent pas à pénétrer dans un champ dont l’herbe est douce et moelleuse comme du velours. Plus ils avancent, plus ils ont l’impression d’entrer dans le parc d’un château du temps passé : ici des ormes imposants dont le feuillage traîne jusqu’à terre, abritent une combe verdoyante, là, un petit marécage dort, piqueté de fleurs violettes, plus loin, un bosquet de bouleaux accueille un troupeau de moutons et sa bergère. L’ensemble est si somptueux, si féerique que Pierre et Clotilde s’attendent à voir arriver le Prince Charmant sur un nuage d’or. Une joie douce et bienfaisante les enveloppe et ils restent là, immobiles, à boire, à petites goulées, toute cette beauté inattendue. Et sur la pointe des pieds, ils quittent ce domaine enchanté, qui restera imprimé dans leur cœur, tel un souvenir précieux.
 
©Michèle Freud




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  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...
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