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29 mars 2024 5 29 /03 /mars /2024 07:46

Sète (Hérault) - cimetière marin -

                          

                                                                   à mon frère

 

Il se pourrait un jour peut-être
Qu’ayant laissé fenêtre ouverte,
Vous retrouviez mon corps gisant
Dans l’ombre froide et muette.
Sans doute une nuit de décembre,
Où nul ne se plaît aux cendres.
N’appelez pas une ambulance
Mais juste deux ou trois copains.
Emmenez-moi au cimetière marin
Là où sont ancrés les bateaux.
Au souffle du vent sauvage,
Mon linceul telle une voile
Se gonflera loin du rivage.
Dites une simple prière,
Que les vents ne soient pas contraires.
Vous dirais-je adieu, au revoir,
Je ne sais pas mais peu importe,
Que l’alizé au loin me porte…

 

©Michelle Grenier
Extrait du recueil « Poémienne » chez « les Amis de Thalie »
 

 
 
 

 

 

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27 mars 2024 3 27 /03 /mars /2024 07:47


 

 
Ce corps enfin devenu mien
à force d’âge et de tendresse
tant j’y ai mis de savoir-faire
pour apparaître aussi humain
que l’espérait mon coeur inquiet
tant j’y ai mis de bon-vouloir
sur la corde raide du temps
 
Aujourd’hui je mesure
combien ils me ressemblent
ce visage et ce corps anciens
gardés ma foi de trop d’écarts
envers leur esquisse première
fidèles en somme à l’ABC d’alors
quand l’aube s’exerçait à quelque éternité


©Pierre Guérande                        
 
 

 

 

 

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26 mars 2024 2 26 /03 /mars /2024 07:46


 
 


Elle est venue à moi toute petite et malingre
Vêtue de langes à peine, me regardant
Implorant presque…
Elle portait dans ses bras
Frêles et ténus des lumières en offrande
Et tant d’éléments que je ne pouvais encore nommer
 
Elle avait froid
C’était en novembre je crois
Et devant
Un être si rare et sans défense
Je l’ai pris dans mes bras
Je l’ai recouvert de mon ample manteau
Et l’ai serré bien au chaud sur mon cœur
 
Elle a souri…
 
Et ensemble nous sommes partis à la conquête de la vie
 
Quand plus tard,
Quelque fois l’immense dame à la robe de nuit,
La mort,
Venait me retrouver sur un banc d’église
Où je m’étais amené plein de désarroi
Ou de peine,
Je l’ai revue encore
A ma droite jeune fille aux cheveux blonds
Aux yeux saisissants
Se tenant digne n’affectant aucun frisson,
Dans la grande allée
Et toujours me tenant doucement le bras droit
Comme me disant :
“Ne craint pas je suis là ”
Et à chaque fois j’ai souri.
 
Plus tard
Me direz-vous
Oui plus tard
J’ai vu son sourire éclore
Dans le regard d’une autre
Quelqu’un que l’amour appelait
Et qui répondait à sa propre quête
Et que j’ai amené sans trop savoir
Dans mes errances …
 
Qui sait ce qui fait le bonheur ?
Et comment est l’amour?…
 
Et dernièrement en réfléchissant sur le monde ;
Car à notre âge cela nous arrive parfois.
Je l’ai vue encore…
 
Belle dame en robe blanche
Marchant devant moi
Et me tendant la main
Dans la grande allée
Du temple de nos vies…
 
Elle allait là
Ou le profane devient sacré
Là où disparaissent les causes
Et ou l’homme n’y vient que titubant ou à genoux…
 
N’aie crainte disait elle
N’aie crainte
Et marche droit
Car dans ce temple de la vie tu m’as aimé
Moi la vie
Et à mon tour je te mène au-delà
 
Viens
Toute ta vie tu as fait de moi la première
Et jamais tu ne t’es démenti
Viens mon ami
Que je te montre les autres côtés de la vie…
 
Elle est belle
Blanche
Plus pure encore que cette page ou je vous écris
Comme un ange
 
Viens dit-elle,
Il te reste encore la vie…
 
 
Et que croyez-vous que je vais faire…
 
 mercredi, 15 mars 2006


Yves Drolet©

 

 


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25 mars 2024 1 25 /03 /mars /2024 07:36

Tome II    Z4éditions, février 2024

 

Si, comme l’écrit Jean Louis Thiar dans sa préface, ces lettres sont, peut-être, destinées à cet inconnu qui pourrait bien avoir élu domicile dans le miroir d’en face, nous ne lèverons pas le doute, la clarté interne du poète passant par l’étamine du rêve.

Ce recueil est un blason de mots d’eaux, de mots de pluie, de mots à feu doux où le cœur caresse dans des froissements d’ailes d’oiseaux, alors que la terre est une peau d’herbes plissées comme l’étirement d’un col de cygne.

Ce je t’écris qui revient à chaque page est une flamme aux vibrations satinées qui amplifie le dire, et tout à coup le duvet des heures est plus ample pour absorber parfois la nostalgie : j’aime octobre désormais parce que son silence est plus grand que ma voix blessée.

Si la poétesse sait avec délicatesse esquisser ses inquiétudes chacun tousse l’écume de ses plaintes, elle les chasse dans les respirations secrètes de la nature, souvent son refuge : j’ouvre un carré de fenêtre sur un ciel sans idole mais plein de toi.

Dans les choses les plus infimes elle trouve un fin murmure : j’ai tendu mes bras cherchant à voir du bout des doigts le cœur de la violette sur le mur de pierres pauvres.

Barbara Auzou est une plongeuse des grands fonds de son âme et de son cœur, elle en remonte des malles chargées de joie, d’appels, de nostalgie, d’amour qu’elle sait partager, car écrire est une chance pour la zone du cœur.

Mais dans ses moments difficiles elle ne souhaite surtout pas être pesante à l’autre : interdis-moi pour toujours le moindre négoce avec l’aigreur, et renouvelle notre billet pour ailleurs.

Dans ce recueil où la poétesse le reconnaît : jamais je n’aurais pensé énumérer mes rêves et mes pensées sur l’hospitalité douce d’une épaule avec autant de régularité, cette régularité enchante le lecteur, chaque texte étant un diamant étincelant, poli avec une plume élégante, originale, presque surréaliste : mais pour ne pas rester femme approximative je t’ouvre au pétale qui manque au soleil.

Souhaitons que Barbara Auzou continue encore souvent de mettre des mers à tes fenêtres et des blés aux coquelicots dans ta boîte à rêver en laissant glisser sa plume dans les failles du temps.

Lire ce recueil fait automatiquement penser à la phrase de René Char dans le Nu perdu : En amour, en poésie, la neige n’est pas la louve de janvier mais la perdrix du renouveau

©Nicole Hardouin


 
 
 
 

 

 

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24 mars 2024 7 24 /03 /mars /2024 08:04

image afp

 

 

 

 

  ©Béatrice GAUDY                                                            
 
 
 

 

 

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23 mars 2024 6 23 /03 /mars /2024 08:18

 

Poète, dédicace et poème proposés par Gérard Gautier

 

Gaza rêve  

L’histoire de Gaza est écrite dans le sang
Son présent est marqué par les sacrifices.
Son avenir sera fait d’espoir et de paix

Aujourd’hui Gaza est triste
Gaza souffre
Encore et toujours Gaza est une prison

Ville bloquée
Où rien ne parvient
Ville enfermée, isolée
D’où rien ne sort
Ville occupée
Et pour ses habitants
Vie de souffrance et de solitude

Gaza a tout perdu :
Ses maisons, ses écoles
Ses richesses, ses monuments
Ses routes.
Il ne lui reste que l’espoir.

Espoir entretenu
D’une paix désirée,
D’une paix recherchée
D’une paix si chère
D’une liberté désirée
D’une liberté recherchée


D’une liberté si chère
Gaza attend, attend
Gaza rêve, rêve
Gaza patiente, patiente
Gaza espère, espère, espère….

 


La joie vient toujours après la peine
Le soleil brille après la nuit sombre
Gaza sera heureuse, Gaza sera brillante
Gaza sera libre, Gaza vivra en paix.
Gaza sera un grand jardin plein de roses
Et retrouvera sa place
 Parmi les plus jolies villes du monde
Gaza sera une ville vivante
 Une ville magnifique
Une ville ouverte sur l’univers

Plus d’engins de guerre
Dans le ciel de Gaza
Plus d’oiseaux de métal et de mort
Dans le ciel de Gaza
Mais une multitude de colombes
Au-dessus de cette terre
Fleurie d’orangers et de palmiers
Aux couleurs de paix
Aux couleurs de la Palestine.
Et les Gazaouis retrouveront leur sourire
Dans cette belle ville de Méditerranée
Dans une Gaza de paix et d’espoir
Dans une grande Palestine de liberté.

 

©Ziad MEDOUKH


 

                             * * *

 

Dédicaces
Poète, dédicace et poème proposés par Gérard Gautier

 

Ces poèmes écrits dans des conditions difficiles par un palestinien francophone de Gaza, qui montrent son attachement aux principes de la Paix et de la non-violence en plus de son amour de sa ville Gaza et de sa patrie la Palestine, sont dédiés aux jeunes et aux enfants palestiniens, mais surtout aux femmes palestiniennes qui résistent par la culture, l’éducation, la non-violence et l’attachement à la terre.
A l’âme de mon père Hassan décédé en 2004.
A ma famille à Gaza et en exil.
A l’âme de notre grand poète Mahmoud Darwich, notre aimé en poésie, qui est parti avant d’écrire le poème de la victoire.
Aux amis francophones.
A tous les solidaires de notre cause noble, la cause palestinienne, dans la Francophonie et le monde entier.
A tous qui croient en la paix mais d’abord en la justice.

 Ziad MEDOUKH
  « Ambassadeur de la Paix » en 2014

 

 

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22 mars 2024 5 22 /03 /mars /2024 08:00



La nuit s’est étendue sur les faubourgs de Sion.
Lucioles échappées des eaux fiévreuses, âcres
Les étoiles figées consument l’horizon.
Pupilles écarquillées braquées sur le massacre
Les astres se nourrissent de rancœur et de haine
Abolissent la scène mortifère, têtue
Bruissent dans le silence famélique, obscène.

Somnolentes, repues, les armes se sont tues.
Sur la ville souillée, plantée de mille tombes
Chacun à son hasard brisé à la mitraille
Se joint abasourdi au défilé des ombres
Déracinées, vomies de leurs propres entrailles.
Confié à la noirceur du ciel crépusculaire
Le cri n’est qu’apparence, la bouche que béance.
On cueille les blessés et les morts à la guerre
Prestes à les effacer d’un trait d’indifférence.

Pour ne pas étouffer d’angoisse, timidement
D’une fenêtre sur cour s’échappe un courant d’air.
Ultime soubresaut, sifflement éphémère
C’est une balle perdue, pas pour les innocents.


 ©Serge Lascar

Nouveaux Cahiers de Poésie                        
 
 
 

 

 

 

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21 mars 2024 4 21 /03 /mars /2024 07:37


Poèmes Lauréats Concours Jeunesse SPF 2023

 

Laissez-les entrer.
Mon peuple est à la frontière.
Ils s’échappent de la guerre
Ils s’échappent de la corruption.
Ils n’ont pas d’autre option.
Laissez-les entrer.
Laissez-les entrer.
J’ai de la famille à la frontière
Ils souffrent dans leur chair
Ils ont décidé de tout quitter
Pour venir ici habiter.
Laissez-les entrer.
Laissez-les entrer.
Ils ont besoin d’aide
Ils sont des êtres humains
Pourquoi sont-ils là ?
Laissez-les entrer.

©MALDONADO Nicolas

5ème
Lycée International de LOS ANGELES
Prix francophone de poésie engagée 2023

                                                                                         

 

 

 

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20 mars 2024 3 20 /03 /mars /2024 07:50

 
 

J’ai peur que le soleil ne vienne plus me réchauffer
les nuages sont épais et le jour si las
 
J’ai peur que ton ombre tombe dans mon cœur et s’y noie
que serais-tu sans ton ombre à tes pas ?
 
J’ai peur que tu t’envoles pour ne plus revenir
vers un pays rêvé où la vie est plus simple et l’amour parfait.
 
Pourquoi ai-je si peur, il n’y a pas d’ailleurs
c’est ici qu’il faut vivre, bercés par la douceur, éblouis de joie    
 
©  Bernard Delpech                                   
 
 
 
 
 
 

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19 mars 2024 2 19 /03 /mars /2024 07:53

Etienne nous a quittés, hélas, mais nous ne l’oublions pas ! Pour ma part, tant que j’aurai des oeuvres qu’il m’a envoyées, je le publierai ! C’est mon hommage à cet homme de talents et d'amitié sincère !(Jean Dornac)

 

©Etienne Fatras                                    
 

 
 

 

 

 

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