Fil conducteur, fil dériveur
Pavés en volées sans aucune retenue
Direction franche qui ferme tout détour
Plaire à la chair et aux mélodies altières
En avant vers de nouveaux éthers
Où tremblent les attentes millénaires
Enfilant les mailles frémissantes de ton avenir
Il était une fois une petite fille. Elle s’appellait Autumn.
Elle serrait contre elle un lapineau qu’elle avait sauvé des phares d’une voiture.
Chaque nuit, Autumn apparaissait au bord des routes de campagne pour sauver les petits lapins…
- Et les gens ? dit l’enfant.
- Et les gens » ai-je répondu.
Vous n’y croyez pas ? Vous avez tort. Moi je l’ai vue, une nuit sur ma route, serrant contre elle un petit lapin.
Sur le rivage de la mer, troublée par un rayon
de soleil, par le toucher soyeux d’une vague,
sur le sable mouillé par la tempête, parmi des coquillages
étonnants comme la crête d’un arc-en-ciel,
sur la ligne verdâtre d’algues qui sépare
l’eau et la plage, le silence et moi,
l’immensité de la mer et mon regard,
l’attente d’entre les rivages, l’œil du ciel,
un doux crépuscule sur nous, on n’est pas
encore sortis des brouillards de nos tourments,
de la carapace trouble du monde,
la lumière quand même nous éclaire au carrefour.
L’intérieur ressemblait de moins en moins à celui d’une maison. Ça devenait une espèce de grotte aux multiples galeries, elle s’y enfonçait donc sans appréhension et avec détermination.
Son avancée lui soufflait : Tu te cherches une histoire ! Non pas : des histoires, mais : une histoire.
Elle en était consciente, et se répondait : Je suis moins le fil d’une histoire que celui d’une musique, comme à un opéra dont les paroles indistinctes parlent moins que les notes.
Où allait-il donc, cet homme pressé et tant désiré ?
Lui aussi poursuivait quelque chose, à défaut de quelqu’un ou quelqu’une.
Invariablement ce quelque chose se nommait :
Solution !
Quel problème qui le préoccupât, il en cherchait :
La solution !
Tandis qu’elle courait après les problèmes.
Elle se sentait question, elle le sentait réponse.
Il était donc assez logique qu’elle lui courût après. Comme il était cohérent qu’il harcelât ce qui lui échappait, à savoir : La-So-lu-tion !
Mais, à la femme, cette tension de l’homme paraissait fuite. Pourquoi me fuit-il ? se morfondait-elle.
La solution qu’il cherchait présentement était celle de mettre en bouteille le soleil, afin qu’il éclairât partout et toujours. En quelque sorte, il voulait faire provision d’énergie pour le cas où la solaire viendrait à s’épuiser.
À ce stade de mon récit, l’on peut se demander qui se trouvait en bouteille : l’astre ou la recluse.
2008. Extrait de mon roman : LE FRUIT D’ÉDEN…
Publié en 2009 à mes Autoéditions M o n é v e i L.
Le début de mon roman en question a été reproduit sur Couleurs Poésies 2 le 08/10/2022.
Le présent extrait se situe un peu plus loin, soit à la page 14 de mon livre.
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– Editions Editinter - collection poésie – Illustration couverture Marie-Geneviève Simon-Ballou - nombre de pages 119 – format 14x21 – Mai 2023 –
Prétendre aborder un poète de l’envergure de Jeannine Dion-Guérin demande toujours
de l’ humilité, du respect et beaucoup de recul. Car elle appartient à ce cercle très restreint des Princes de la Poésie et croyez bien que ce titre n’est nullement usurpé.
Le grand poète belge Auguste Marin, ne disait-il pas : - Il y a toujours péril à parler d’un poète. Certains êtres, il faut les aimer de loin, d’aussi loin que le silence. -
Voici des ans, des lunes, que je connais la poétesse Jeannine Dion-Guérin, que nous avons souvent échangé pour nous retrouver sur le même chemin, celui de la haute poésie, sur la même fréquence et pourtant dès qu’il s’agit de l’aborder au travers de son œuvre, d’effleurer donc la femme, alors je me sens le besoin de prendre de la distance, car avec Jeannine Dion-Guérin nous touchons au suprême, nous croisons un haut chant de poésie.
Elle a le don de la transcendance avec les gammes de pureté ne révélant que l’essentiel. La note juste et intime.
Une nouvelle fois, avec son dernier recueil – Silence à haute voix – nous démontre si besoin était que sa poésie s’ouvre sur un grand silence épuré, une volonté presque minimaliste.
A la lecture de la poésie de Jeannine Dion-Guérin une énigme m’aiguillonne, car elle a toujours manifesté une certaine complicité avec les corbeaux, ces grands oiseaux si intelligents, il me semble que cela remonte à une période où elle consacra beaucoup de temps et d’énergie à Vincent Van Gogh son peintre d’âme et de cœur. Le corbeau a toujours déposé son mystère sur la poésie de notre amie : - C’est l’heure aux corbeaux, l’aube des matins ambigus qui piaillent à la brume…/… -
Jeannine Dion-Guérin laisse les mots de son imaginaire se mêler aux éléments naturels, recouvrir un galet, l’écorce d’un arbre, perdre leur virginité entre les draps d’un lit nuptial et de marivauder avec l’amour. Elle joue de la métaphore possédant l’art de nous dérouter. Ces mots en goutte-à-goutte finissent par polir la pierre de vie, afin de mieux y graver les initiales de son identité. Son regard s’inspire de l’insolite, des rejets sociétaux, du drame de l’humanité.
L’univers de Jeannine Dion-Guérin s’ouvre à nous en son double sens, imprégné de l’illusion du miroir, de l’image fragile et fugitive, où tout se révèle n’être qu’illusion. J’avoue aimer la facette libertine de notre poétesse malicieuse avec ses clins d’œil là où nous ne l’attendons pas.
-Ayant du goût perdu le sens au fil du temps s’amenuisant, que me reste-t-il à sublimer sinon le parfum de la « Chose » ? -
Il faut savoir accepter avec beaucoup de patience le temps qui s’égrène et signer avec lui un pacte de vitalité. Le défi semble absurde, mais à bien y réfléchir il ne l’est pas tant que cela, c’est un acte de bon sens et de bon voisinage. À quoi bon lutter lorsque le verdict de la destinée est inéluctable, mieux vaut composer. Néanmoins la grande question avec Dieu que nous voudrions bon, reste en suspens et nous permet de douter lorsque que nous dévoilons l’image de l’homme. La vie est souvent masquée comme la nature en automne qui à son déclin nous interprète l’air de l’embellie.
Jeannine Dion-Guérin laisse pousser les vignes vierges jusqu’aux pieds de son bureau, elle humanise la nature, vois les arbres en prière face au ciel vide et indifférent, mais où est donc Dieu cet éternel absent ?
Dans ses pérégrinations oniriques elle se découvre des lieux communs avec Colette – Bourguignonne, ma sœur éprise d’amour et de verdure – Petits plaisirs fantaisistes de la vie, besoin de croire en l’âme sœur.
Le langage est parfois codé, Jeannine Dion-Guérin y brode ses images, ses métaphores étonnantes, elle fait en sorte de saisir l’éphémère pour en extraire la quintessence.
Il faut se méfier de l’habitude, du quotidien, il faut se renouveler, bien que ce ne soit pas toujours aisé.- Tant de pistes négligées demeurent à arpenter -
Notre poétesse qui malheureusement a déjà connu une guerre lui laissant des stigmates douloureux, se préoccupe de l’actualité et ne demeure pas insensible à l’incohérence et à l’absurdité criminelle des tyrans qui répandent le sang des innocents et jettent la confusion. Comment se peut-il que pour une simple volonté égocentrique et personnelle un seul homme et quelques bouffons puissent mettre en péril des nations, en semant le feu et la mort.
La question reste posée ! Qui apportera une réponse ?
Sans doute la cohorte silencieuse des cœurs et du bon sens.
Beaucoup de poèmes à double sens sont à lire entre les lignes, d’une image, Jeannine Dion-Guérin nous donne à découvrir son négatif, manière permettant de nous rapprocher du mystère créateur.
Par sa poésie notre amie reste simple et modeste tout en veillant à ne pas tomber dans le piège de consumérisme : - restons « écrivaillon » peut-être mais seul maître à rédiger. -
Jeannine Dion-Guérin a toujours été une semeuse de vie, une complice de l’amour et même avec l’âge qui avance elle porte toujours bien haut le flambeau d’une lumière d’espérance : -Pourvu que demeure en elle, le plaisir d’écrire. – Elle donne une vie à ses poèmes, ne sont-ils pas ses petits, ses peines, mais surtout ses joies. Un souffle de liberté fleurte avec le libertinage, le plaisir du corps : - Offre-lui du « jouir » les friandises qu’il mérite. - Oui notre poétesse, femme avant tout, peut bien s’octroyer ce droit : - d’en avoir en son temps croqué la pomme. -
Elle joue et jongle avec les mots, se fait bateleuse et improvise sans partition.
Jeannine Dion-Guérin se met en quête de bienveillance absolue, de pacifisme contrôlé et d’écologie mesurée, loin de toutes velléités et absurdités partisanes : - En finir avec les éclats de voix, de haine des échanges mortifères de répandre les guerres sous de fallacieux prétextes de terres vierges à ensemencer. –
Le doute parfois s’installe, peut-on encore faire confiance en l’homme aujourd’hui trop plein de dilemmes.
Elle possède ce don de magnifier le Verbe, de le transcender tout en demeurant dans la modestie et la mesure, de détourner les vocables et leurs formulations de leurs sens originels.
Jeannine Dion-Guérin est une éternelle première, sorte de Diane chasseresse inconditionnelle toujours à l’affût du beau, du bien, du bon, du charnel. Dans cet esprit, je resterai sur la marque de fabrique de notre amie, qui est nourrie d’espoir et de confiance en l’Amour et laisserais la conclusion à : - un ultime coït triomphant. –
Michel Bénard
Lauréat de l’Académie française.
Chevalier dans l’Ordre des Arts et Lettres.
Poeta Honoris Causa du Cénacle européen des Arts et Lettres.
Octobre, les feuilles rougissent, jaunissent
Magnifique spectacle !
Le vent les emporte au gré de sa force
Ballet des plus féeriques !
Et, je me souviens...
Je me souviens des odeurs
Des parcelles de feuilles accrochées à mes vêtements
De toutes ces couleurs
Où je me vautrais allègrement
Un lit de feuilles d'automne
Lit de princesse pour petite fille
Je rêvais et riais tellement
Qu'il faisait bon d'être une enfant !
Amas de feuilles
Que les adultes brûlaient
Après que les enfants y aient joué
Parfums que jamais je n'oublierai !
Je ferme les yeux
Et je revois ce doux temps
Jeux simples, amusants, insouciants
Temps heureux !
Je rentrais épuisée à la maison
Affamée
Maman me servait des tartines de mélasse
Et du lait dans un grand verre
Y ajoutait du soufre
« Pour préparer l'hiver »
Restaient les devoirs à faire
Les jeux en famille
Le repas du soir
Un bon bain chaud et dodo
Le lendemain, après la classe, la magie reprenait
Ainsi, mes fins de journée se déroulaient
En ces temps heureux d'automnes passés !
Et depuis ce temps,
Que de feuilles rouges et jaunes tombées !
il est parti sur les lèvres du printemps
discret dans ses mots vif dans sa douleur
digne tel une belle solitude
lui qui jamais ne fut seul
il est parti les yeux ouverts sur l’Orient
caressant les galets
semant des traces de lumière de silence d’aubes veuves
chantant encore Le soleil est chaque jour nouveau
et je traîne chaque verre à l’ombre de sa sagesse
chaque larme sur le dos de son sourire
maintenant que d’un arbre d’une montagne d’une étoile d’une rue
nous continuons le chemin partagé
Barnabé Laye, la voix d’un poète qui ne s’éteindra pas. - Michel Bénard
Une belle et haute voix de la poésie universelle, le Poète franco-béninois Barnabé Laye vient de tirer sa révérence, nous laissant une œuvre capitale, une parole de feu brulant au grand soleil. L’éminent Poète et professeur Hafid Gafaïti, voyait en lui un Poète essentiel, un ascète de la liberté et de l’amour global, un Griot au sens littéral , un esprit épousant l’énergie du monde, dont la voix nous demeure comme un baume salutaire. Comme les « Troismousquetaires » Barnabé Laye, Hafid Gafaïti et moi étions très liés, dans nos utopies nous repartions à la conquête d’un monde en délitement avec pour mirage celui de remettre l’église au milieu du village. Avec lui, nous cultivions le partage et la fraternité, l’espérance et la vérité. Il « nous invite à aller au-delà de l’indicible. L’Un avec l’Autre en parfaite Union. » Lorsqu’un Poète disparait, ce sont les pans d’une bibliothèque qui s’effondrent, mais déjà, libre et insoumis il se remet à l’ouvrage et fait des nuages son plus beau carnet de voyage. « Au rendez-vous des bons copains / Il n’y avait pas souvent de lapins / Quand l’un d’entre eux / Manquait à bord / C’est qu’il était mort / Oui, mais jamais au grand jamais / Son trou dans l’eau n’se refermait / Cent ans après, / Coquin de sort / Il manquait encore. » Georges Brassens.
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...