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Il se peut que les poètes
Soient des accoucheurs
De vos pressantes soifs
Il se peut, les temps sont si durs,
Que vous n’en sachiez jamais rien
Ils s’occupent depuis toujours
À recueillir les eaux de la nuit
Dans leurs pauvres mains sableuses
Les eaux précieuses aux oiseaux :
Goutte de rosée, flaque de pluie
Les eaux froides de la renoncule
Clé d’or du ruisseau aux orties
Les eaux tremblées de la libellule
Dans son fourreau de papier gris
Les eaux cachées des myosotis
Qui ont déjà bu tout le ciel
Et qui, les mains croisées dans le dos,
Ont des mines rosissantes
De petits nains de maternelle
Il se peut que les poètes
Soient des assoiffés de l’amour
Et qu’ils cachent bien leurs intentions
Au long des mots en perdition
Qui boivent la tasse de l’habitude
Des hommes et de leurs turpitudes
Il se peut qu’ils en connaissent un rayon
De miel ou de bicyclette
Et de soleil bien sur la crête
Les poètes de l’émotion
Pour désaltérer la solitude…
© Jeanne CHAMPEL GRENIER
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