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21 avril 2024 7 21 /04 /avril /2024 06:53

photo AFP

 


J’ai vu les hortensias,
Arbrisseaux résistants,
Finir par céder
Au vent violent,

Leurs fleurs s’entrechoquer
Comme des têtes humaines
Et meurtrir leurs pétales,

Leurs tiges si solides
S’entremêler, s’enchevêtrer
Inextricablement,
A l’image de notre espèce
Qui ne cesse
De s’entre-déchirer.

© Luce Péclard
Extrait du recueil « Le Feuil », aux Editions du Madrier                                    
 
 

 

 

 

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20 avril 2024 6 20 /04 /avril /2024 06:39


 

 
 
écrire à deux le chemin
et créer chacun de nos pas
 
avec les mots de l’amitié
la sincérité de l’instant
 
pour envisager l’horizon
comme un arc en ciel
 
aux couleurs de nos âmes
dans le partage du moment
 
et parcourir les nuages
comme on visite un cœur
 
 

© Christophe Pineau-Thierry
Extrait du recueil co-écrit avec Philippe Leuckx : Ces mots ajustés au cœur - Editions du Cygne
     
 
 
 

 


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19 avril 2024 5 19 /04 /avril /2024 07:25


Combien faudra-t-il
d’îles
d’îlots de misère
de refuges improbables
pour accueillir les pauvres ères
les miséreux, les sans-terre
qui ont gagné ce caillou au milieu des flots
et accueillir leur misère

Eux, les sans-abris,
 ont tout quitté
avec femmes et enfants
pour gagner ce caillou blanc
perdu dans la mer
et soudain débarquer
Tout là-bas
À Lampedusa

Ces perdus de l’Afrique
ont vogué sur des esquifs de fortune
afin de gagner cette île italique
perdue au milieu de nulle part
portant avec eux leur misère
 placée au cœur de leurs espoirs
dans ce monde oublié

Ils sont arrivés dans les canots des marchands de misère
pour fuir
pour oublier
Ils ont quitté cette Afrique qui les avait nourris
et se sont retrouvés sur les plages d’Italie
pour gagner un peu d’espérance
un peu de vie
un peu de chance
tout là-bas, à Lampedusa
eux qui ont gardé en eux un peu d’espérance
au cœur de leur vie
au cœur de la VIE…

* Lampedusa : petite île des Pélages (Pelagi), située au sud de l’Italie, entre Malte et la Tunisie. En 2023, un flux migratoire venu d’Afrique a débarqué en plusieurs vagues sur cette île...

© Jakez Gaucher
21/12/23

 

 

 


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18 avril 2024 4 18 /04 /avril /2024 06:58
Retour après trois jours de panne d'ordinateur !!

 

Qu’il soit

Absolu ou partiel Il faut qu’il soit L’ENCHANTEMENT


Avant que ne soit

Total et infini

Ne soit

LE DÉSENCHANTEMENT


© David Chomier

Extrait du nouveau recueil de David Chomier : Vivons à Mort                                                              

 

 

 

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14 avril 2024 7 14 /04 /avril /2024 07:03

 

 

 

L’œil essuie le grain du monde et, dans l’encrier des paupières, pleure son limon d’images. Eau et sable, sel et chair sont les encres du temps ; écrire avec pour être entendu jusque dans nos silences.

Silences à dire, histoires tues, volatils prémices surpris dans l’alchimie des feuilles, frisson de l’instant.

L’écouter pour en nous-mêmes le sauvegarder.

 

 

©Béatrice Pailler

Extraits de PREMICES
Revue Haies Vives n°7
Septembre 2019

 
 
 

 

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13 avril 2024 6 13 /04 /avril /2024 06:48

Photo : Barnabé Laye

 

Lorsqu’un poète disparait, ce sont les pans d’une bibliothèque qui s’effondrent, mais déjà, libre et insoumis il se remet à l’ouvrage et fait des nuages son plus beau carnet de voyage.

Michel Bénard.

 

 

Encore un poète qui vient de rejoindre les étoiles, la lumière ou les ténèbres. Qu’y a-t-il derrière la vie, devant la mort. Le mystère insondable.. ; Adieu Barnabé s’il existe un paradis des poètes, tu ne peux qu’y être... (Jean Dornac)

 

* * *

Homme né des ténèbres -Barnabé Laye

 

Homme né des ténèbres et des gouffres

Hommes du commencement et des cavernes

Tu ignores les sentiers du parcours insondable

Inscrit sur les lignes de ta main et de ton front.

Tu ne sais rien des stigmates et des promesses cachées

Dans les dédales de ta peau et des plis de tes pieds

Tu ne sais rien des oiseaux d’augures et des présages

 

Alors pris de vertiges et d’angoisse

Tu abandonnes ton destin aux mythes et aux légendes.


©Barnabé Laye  
 
 

 

 

 

 

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12 avril 2024 5 12 /04 /avril /2024 06:42

Tableau d’Eliane Hurtado© : La lune et le vieux chêne

 

 

 

 

Dans ce parc, un arbre en gloire

Pacifie l’atmosphère sereinement.

Ce n’est pas un rêve éphémère

qui le drape d’une musique

devenue nôtre dans le privilège de l’instant

indescriptible et intemporel.

Cette mélopée légère ne serait-elle

Qu’une goutte de mélancolie ?

 

Assis seul sur un banc

Un homme contemple l’infini,

Bilan de vie ou méditation ?

Le mystère restera en suspens.

   
©Eliane Hurtado
 
 
 
 
 

 

 


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11 avril 2024 4 11 /04 /avril /2024 07:02


Poèmes Lauréats Concours Jeunesse SPF 2023

 

 

Trouvez les racines du polynôme 3x² - 20x - 63, dit le polycopié.

Moi je suis assise et je dessine un arbre, pas celui qu'on connaît, mais celui des ancêtres, sauf qu'il est inversé.
Moi mes racines sont lointaines, de vagues filaments qui se croisent et puis s'éloignent, des éléments disparates à moitié disparus de mon visage,
Tout ce que je pense et tout ce que je suis,
Contenu dans les constellations souterraines que représentent ces âmes.

Mes voisins eux se cabrent devant tant d'étalement, tant d'éclectisme désordonné,
Et je sais que l'encre qui a tapé sur leurs ISO 7810 ID-2 est pareille à la sève qui coule dans leurs veines,
Alors que la mienne n'est qu'un vaste mélange pêle-mêle de toutes couleurs et parallèles,

Je sais que certains voudraient bien les couper courts, ou du moins les tailler
Que c'est dérangeant, que ça prend de la place,
Et moi-même
Même quand les quelques bien intentionnés s'écrient : Quelle aubaine !
Parfois j'aimerais mieux les trancher.

Car jamais ils ne comprendront ce que fait cette différence,
Jamais n'ont-ils senti
Ce devoir impérieux de croire en deux entités,
De rester fidèle aux aïeux sans froisser les nuages
D'opiner du feuillage sans insulter les cieux
Ce poids immense qui me tire vers le bas, ces croyances gravées dans l'écorce,
Cet écart entre mon tronc solitaire et celui commun de la forêt,
Cette peur de l'autre comme cette peur des siens,
Ce rejet alternatif de son engrais et puis des leurs
Cette gravité constante comme ce flottement hors-corps

Un perpétuel entre-deux,

Ces racines infinies à jamais ancrées dans l'éternité.

Yuting Chloé GONG-MINIÈRE

– 1ère
TORONTO – CANADA
Prix de la prose poétique 2023

                                                                                               

 

 

 

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10 avril 2024 3 10 /04 /avril /2024 06:41

             

Permettez-moi de vous présenter le nouveau recueil de Barbara Auzou grâce à la recension écrite par Jeanne Champel Grenier.

J’espère que vous ferez un bel accueil à ce nouvel ouvrage de Barbara !

 

- Poèmes - Éditions unicité - 13€

 

 

                                             Préface de Ile Eniger

 

          Une sorte de murmuration d'oiseaux qui passe au-dessus d'un arbre, le premier sans doute de la création, telle se présente la sobre et belle illustration de couverture signée Francine Hamelin qui sait sculpter la poésie jusque dans le marbre.

 

          GRAND COMME, dès ce titre ouvert on pense à l'enfant qui ne trouve encore les mots pour dire son amour : ''Je t'aime grand comme ça--, dit-il en écartant les bras, ou bien ''Je t'aime jusqu'à la lune'' répète-t-il en élevant le bras vers le ciel. Barbara Auzou prouve par ce titre qu'elle garde pour la vie un appetit d'enfance à la fois neuf et sans limite :

''nos yeux d'horizon ne sont jamais que l'intérêt infini que nous prenons à vivre'' 

 Elle est partie prenante de ce cycle élevé, infini, et toujours neuf de la vie ;

''la lumière est venue de très loin et à pied / elle s'est installée dans nos silences alternés / dans nos rides

           Oui, le temps passe, et parfois non sans dégâts de tous ordres, est-ce une raison pour ne parler que de déclin alors que tout vit et renaît sans cesse en ce Grand Tout qu'est le monde ? Les enfants qui vivent à fond l'instant pensent-ils à la déchéance, à la mort ?

''Et vois comme on égale les dieux là parmi les arbres tapis d'enfance qui se partagent nos noyaux./ ...et les étoiles qui dansent là-haut''

           ''Pour vivre heureux vivons cachés'' n'est pas le choix de Barbara Auzou ; pour elle, l'amour est inclus dans le cycle du monde au présent perpétuel avec, au jour le jour, et toutes les nuits,

la quête de la joie à l'horizon :

''C'est un envol les yeux ouverts qui a pris la dimension des choses regardées / enfin / et qui se tient loin du grand rouleau des peurs'' car, la poète le sait depuis la petite enfance :

 ''La lumière est parfois quelquechose de plus que la lumière''

            Si chez certains, les mots se multiplient, se salissent, se galvaudent et souffrent d'être une langue, chez Barbara ils ont gardé leur souffle premier, leur liberté native accompagnée de pauses d'écoute, tel le rossignol alternant musique et silence dans son chant d'harmonie qui s'élève au delà de la nuit :

un amour Grand comme un couchant qui vous transporte

Je n'ai jamais rien vu d'aussi inouï ni d'âme ni de corps

que ce soleil ce soir si tendrement mourant

et notre silence passe au travers comme un oiseau tremblant

et me voilà confiante en d'autres espaces''

            Ainsi nous sentons-nous à la lecture de ce recueil, comme l'oiseau ému, emplis de ''trouées d'enfance'' et de ''lumière de première main''

Il reviendra alors à chacun de relire ce recueil ainsi que son titre ''GRAND COMME'', et de le mesurer à son idéal de vie personnel ; nul doute que le'' rossignol ''de l'âme ne quitte la cage pour rejoindre l'immensité de la poésie, celle surtout qui élève et dont Barbara Auzou nous donne le la
                                                                                                       

© Jeanne CHAMPEL GRENIER  
   
 
 
 

 

 

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9 avril 2024 2 09 /04 /avril /2024 06:38

VISUEL : Manuscrit : Une rature féconde

 

 

Au feu de la forge, le poète façonne ses métaphores.
 
Chantez rêves éveillés où murmure une voix qui vient de loin, d’une terre incarnée aux mille visages.
 
Dansez lanternes vénitiennes au bal des quintil et sonnet.
 
Impatient, le stylo plonge dans l’encrier ; quelques gouttes d’encre étoilent la page blanche, puis la plume se ressaisit et glisse toute en harmonie.
 
Sans cesse, il faut essayer de nouveaux accords, ouvrir de nouvelles fenêtres, essayer les vers syllabiques sans rime de six ou huit pieds pour, au final, se rapprocher de l’allure, du chant originel.
 
Esperluette et guillemet sont aux aguets, tandis que l’allegro fringant du i chevauche vallons et collines.
 
Voluptueuse mise en scène où le temps est gorgé de couleurs sur la lumineuse hampe d’une rime.
 
Vague après vague, l’encrier déverse amples consonnes et riantes voyelles, quand, sur l’échancrure de la marge, arrive une rature féconde.
 
Gemme au cœur d’une rime, un poème vient de naître :
 
                    Les syllabes du vent
 
                    Magicien du levant
                        Un fringant soleil
                             Eveillait la roche millénaire
 
                    Lentement
                        J’avançais dans le vent
                            Quand
                                  Sur la révérence d’une digitale
                                          L’incarnat se mit à chanter
 
                    De-ci de-là
                         Un air cristallin
                               Festoyait sur les hautes futaies
 
                    Une danse câline
                          S’invitait au frisson des frondaisons
                               Refuge d’un bestiaire vivant
                                      Enluminé des syllabes du vent.   
 

©Roland Souchon
www.rolandsouchon.com              
 
 
 

 

 

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