Soigneusement dissimulée, pendue à sa patère, nombreux sommes- nous à posséder une robe usée jusqu’à la corde dite avec prétention « robe d’intérieur », à laquelle nous recourons aux incertains réveils de nos faussaires saisons.
La petite nouvelle est là pourtant, neuve, propre à nous rassurer, toute prête à endosser d’anciennes suppliques de chair comptant désormais « pour du beurre » … Mais comment lui faire adopter les notes tristes ou joyeuses des berceuses d’enfance, de celles qu’on se plaisait à chantonner sur la pulpe des doigts ou sautant à cloche pied ?
Bien que réfugiée dès lors dans nos tendresses plus chastes, notre robe de chambre démodée se plaît à évoquer à sa place la volupté des caresses velours, la ténacité des taches indélébiles, aussi coriaces à effacer que la faute originelle ayant enlisé le début des mondes.
Nous avons tous au fond d’un placard miteux, quelque pelure honteuse qui reprend à son compte la morosité de nos suppliques d’hier.
Au nom de l’histoire ou dont on ne sait trop quoi
davantage haïr un pays frontalier
que l’on n’aime son propre pays
cela se conçoit d’un citoyen ordinaire
Mais
faire le piétinement du refus
sur les traités qui assurent la paix
préférer à ceux-ci la guerre
et la possible dévastation de son propre pays
au nom de l’espoir d’affaiblir ou même détruire
un pays frontalier
est-ce vraiment digne d’un chef d’Etat ?
* * * * *
Au noum de l’istèrio o dount un ne vau trop que
d’avantage ahi un paï frountaliè
que l’un n’eimo soun propre paï
co se counceu d’un ciéutadin ourdinàri
Ma
fa lou trepejamen dau refu
sur lou trata que asseguren lo pèi
preferi à queu-qui lo guerro
e lo possible devastaci de soun propre paï
au noum de l’espèr d’afebli o memo deitruire
un paï frountaliè
è - co vermen digne d’un chap d’Eitat ?
La bohème, je rêvais
Le temps de vivre, en badinages
Love me tender, pour un mirage
La non demande en mariage.
Il suffirait de presque rien.
Les feuilles mortes
Au petit bois de Saint-Amand
Couvrent les larmes des vieux amants.
Tu m’as appris avec le temps.
Je laisse la parole à Etienne pour expliquer l’oeuvre présentée ce jour :
« J'ai réalisé avec le logiciel des livres photos de la FNAC un petit livret format A5 d'une quarantaine de pages présentant mes sculptures incorporées à des photos de Reims et accompagnées de poèmes. » (Etienne Fatras)
C’est juste magnifique ! J’espère que toutes et tous vous apprécierez !
Jean
C'est midi dans la cour ; j'écris, le fumier glousse,
Un chien jappe, un frelon rit, deux scieurs de long
Font un grincement brun sur un grincement blond.
Et pourtant quelle harmonie étrange et douce.
Ce matin mes souliers sont verts de mousse :
J'ai couru par les bois, déclamant du Villon.
Et j'ai eu des terreurs blanches de papillon
Sur ma coiffe trouée, pour ma pipe rousse.
J'ai demandé -ce que tu sais bien- un sujet
De comédie à plus d'un chêne qui songeait :
Tous ne m'ont fait que des réponses évasives.
Alors j'ai dû cueillir çà et là quelques vers
Car mon passage fit parfois des taillis verts
Jaillir de blonds essaims de rimes paladines.
(ossia=maladives)
Voilà ta gueule, la mort ! Tu n’es que laideur, nous ne t’aimons pas, retourne d’où tu viens ! (J. Dornac)
La vie, on doit la prendre comme elle vient. On peut aussi la refaire et être persuadé que tant qu’elle est présente, il y a de l’espoir. La mort, elle, au contraire,
vous ne l’entendrez en aucun cas vous souhaiter « Bonne année » ou « Bonne santé ». Avec elle, on ne peut rien prévoir.
C’est une redoutable calculatrice.
Étant donné qu’elle a toujours élaboré ses plans
en procédant par élimination,
on ne devrait jamais l’écrire autrement qu’en abrégé. L’idéal serait de lui attribuer
tellement de mauvais points qu’elle aurait droit à une correction bien méritée
et en prendrait du coup pour son grade.
Sachant qu’il est impossible d’en finir avec elle,
Poème dédié à Liliane Caumont, pour sa sculpture « La guerre de Troie. »
La guerre de Troie,
Légende homérique ou réalité ?
A l’origine se profile une femme
Belle à damner les âmes,
L’aveugle crédulité des hommes,
L’orgueil, la passion, la jalousie,
Anéantiront la cité troyenne,
Pilleront les joyaux de la reine,
Le feu s’étendra à la terre
Sur les ruines d’un lointain passé.
Reviendra encore l’ombre du pouvoir,
La folie chronique et pandémique
De la sempiternelle désolation,
L’histoire sans cesse se renouvelle,
Génocide des innocents
Subissant l’opprobre et l’anathème,
Ce sont toujours et encore
Les temps mauvais recommencés,
Les ventres de femmes exsangues,
Les visages de l’effroi face
A l’avancée mortifère des boucliers,
Les yeux stigmatisés
Des mères pleurant leurs enfants
Recouverts de froids linceuls.
La fiancée du vent
Interroge le temps,
Afin de porter simplement
Un regard nouveau sur la vie,
Où l’œuvre prendra tout son sens
En rejetant le spectre de la guerre,
Des exactions, des ignorances, des différences,
Généré par l’épopée humaine.
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...