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3 décembre 2022 6 03 /12 /décembre /2022 08:12



    Soigneusement dissimulée, pendue à sa patère, nombreux sommes- nous à posséder une robe usée jusqu’à la corde dite avec prétention « robe d’intérieur », à laquelle nous recourons aux incertains réveils de nos faussaires saisons.

    La petite nouvelle est là pourtant, neuve, propre à nous rassurer,  toute prête à endosser d’anciennes suppliques de chair comptant désormais  « pour du beurre » … Mais comment lui faire adopter les notes tristes ou joyeuses des berceuses d’enfance, de celles qu’on se plaisait à chantonner sur la pulpe des doigts ou sautant à cloche pied ?

    Bien que réfugiée dès lors dans nos tendresses plus chastes, notre robe de chambre démodée se plaît à évoquer à sa place la volupté des caresses velours, la ténacité des taches indélébiles, aussi coriaces à effacer que la faute originelle ayant enlisé le début des mondes.

    Nous avons tous au fond d’un placard miteux, quelque pelure honteuse qui reprend à son compte la morosité de nos suppliques d’hier.

 
©Jeannine DION-GUERIN
       
 

 

 

 

 

 

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2 décembre 2022 5 02 /12 /décembre /2022 07:53


 

Traductions de Béatrice Gaudy
 
Au nom de l’histoire ou dont on ne sait trop quoi
davantage haïr un pays frontalier
que l’on n’aime son propre pays
cela se conçoit d’un citoyen ordinaire
        Mais
faire le piétinement du refus
sur les traités qui assurent la paix
préférer à ceux-ci la guerre
et la possible dévastation de son propre pays
au nom de l’espoir d’affaiblir ou même détruire
un pays frontalier
est-ce vraiment digne d’un chef d’Etat ?

 

        * * * * *

 

Au noum de l’istèrio o dount un ne vau trop que
d’avantage ahi un paï frountaliè
que l’un n’eimo soun propre paï
co se counceu d’un ciéutadin ourdinàri
             Ma
fa lou trepejamen dau refu
sur lou trata que asseguren lo pèi
preferi à queu-qui lo guerro
e lo possible devastaci de soun propre paï
au noum de l’espèr d’afebli o memo deitruire
un paï frountaliè
è - co vermen digne d’un chap d’Eitat ?

 

©Béatrice GAUDY                                        
 
 

 

 

 

 

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1 décembre 2022 4 01 /12 /décembre /2022 07:58
Dessin de Serge Lascar


 

 

La bohème, je rêvais
Le temps de vivre, en badinages
Love me tender, pour un mirage
La non demande en mariage.
Il suffirait de presque rien.
Les feuilles mortes
Au petit bois de Saint-Amand
Couvrent les larmes des vieux amants.
Tu m’as appris avec le temps.


©Serge Lascar  
Nouveaux Cahiers de Poésie          
 
 
 

 

 

 

 

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30 novembre 2022 3 30 /11 /novembre /2022 07:49

Couverture du livret des Fatrasies

 

Je laisse la parole à Etienne pour expliquer l’oeuvre présentée ce jour :
« J'ai réalisé avec le logiciel des livres photos de la FNAC un petit livret format A5 d'une quarantaine de pages présentant mes sculptures incorporées à des photos de Reims et accompagnées de poèmes. » (Etienne Fatras)

C’est juste magnifique ! J’espère que toutes et tous vous apprécierez !
Jean


©Etienne Fatras              
 

Esméralda
 

 

 

 

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29 novembre 2022 2 29 /11 /novembre /2022 07:35

 


L’amour de toi est amour du monde
le désir de t’aimer est vibrant de vie
 
Ta grâce est le souffle du vent qui caresse l’épi
le soleil du matin qui joue dans le feuillage
la colline alanguie qui effleure l’azur
 
Ta joie est l’oiseau virevoltant
éperdu d’amour à l’aile de l’oiselle
 
Ta tendresse est l’enfant au sein de sa mère
la vague d’écume qui caresse la grève
le ciel rose et or au jour finissant
 
Ta beauté est la beauté du monde
empreinte de pluies et de vents
de soleils frais éclos au matin
de nuits, havres de baisers ardents
 
L’amour de toi est amour du monde
en t’étreignant, je l’embrasse
nos baisers sont nuages, nos caresses sont jours
notre désir est nuits
 
©  Bernard Delpech                  
 
 
 
 

 
 
 
 
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28 novembre 2022 1 28 /11 /novembre /2022 07:27


 

Gestes expressifs à deviner
Sous un regard indifférent
Nudité à même la peau
La marque du songe en offrande
Et l’intemporalité du corps alité
Appel sous ses lèvres closes
L’odeur suave et sereine de la saveur
Sur un coussin à la fois ferme et souple
Le mouvement sans suite jusqu’à l’extase   

©Gérard Leyzieux


Poèmes extraits du recueil « Et langue disparaît » paru aux éditions Stellamaris (2018)
(http://editionsstellamaris.blogspot.com/2018/09/et-langue-disparait.html)    
 

 

 

 

 

 

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27 novembre 2022 7 27 /11 /novembre /2022 07:27


 

 

C'est midi dans la cour ; j'écris, le fumier glousse,
Un chien jappe, un frelon rit, deux scieurs de long
Font un grincement brun sur un grincement blond.
Et pourtant quelle harmonie étrange et douce.

 

Ce matin mes souliers sont verts de mousse :
J'ai couru par les bois, déclamant du Villon.
Et j'ai eu des terreurs blanches de papillon
Sur ma coiffe trouée, pour ma pipe rousse.

 

J'ai demandé -ce que tu sais bien- un sujet
De comédie à plus d'un chêne qui songeait :
Tous ne m'ont fait que des réponses évasives.

 

Alors j'ai dû cueillir çà et là quelques vers
Car mon passage fit parfois des taillis verts
Jaillir de blonds essaims de rimes paladines.
                                          (ossia=maladives)

 

©Pierre MIRONER
POÉSIES-Ed. menu fretin
 
       

 

 

 

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26 novembre 2022 6 26 /11 /novembre /2022 07:30


 

Tu es de chaque côté du miroir fissuré
même si tu ne vois qu’un fragment
étrange parfois,

 

tu es resté dans ses eaux, murmure d’été,
neiges éloignées, source d’un infini
commencement dans mes eaux,

la ligne qui fissure le miroir en deux
n’est que le souffle du pâle étranger
qui ne peut rompre l’entier,

seulement refaire sans cesse
le commencement
comme un retour au miracle.

 

 ©Sonia Elvireanu                           
 
 
 

 

 

 

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25 novembre 2022 5 25 /11 /novembre /2022 07:42
Voilà ta gueule, la mort ! Tu n’es que laideur, nous ne t’aimons pas, retourne d’où tu viens ! (J. Dornac)
 

La vie, on doit la prendre comme elle vient. On peut aussi la refaire et être persuadé que tant qu’elle est présente, il y a de l’espoir. La mort, elle, au contraire,
vous ne l’entendrez en aucun cas vous souhaiter « Bonne année » ou « Bonne santé ». Avec elle, on ne peut rien prévoir.
C’est une redoutable calculatrice.

Étant donné qu’elle a toujours élaboré ses plans
en procédant par élimination,
on ne devrait jamais l’écrire autrement qu’en abrégé. L’idéal serait de lui attribuer
tellement de mauvais points qu’elle aurait droit à une correction bien méritée
et en prendrait du coup pour son grade.
Sachant qu’il est impossible d’en finir avec elle,
au moins aurions-nous l’opportunité de l’humilier
à nos risques et périls
en l’exposant à la risée du monde entier.
 
©Michel Duprez                                    
 
 
 
 
 
 
 
 
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24 novembre 2022 4 24 /11 /novembre /2022 07:41

La guerre de Troie - Sculpture de Liliane Caumont

 

Poème dédié à Liliane Caumont, pour sa sculpture « La guerre de Troie. »

 

 


La guerre de Troie,
Légende homérique ou réalité ?
A l’origine se profile une femme
Belle à damner les âmes,
L’aveugle crédulité des hommes,
L’orgueil, la passion, la jalousie,
Anéantiront la cité troyenne,
Pilleront les joyaux de la reine,
Le feu s’étendra à la terre
Sur les ruines d’un lointain passé.
Reviendra encore l’ombre du pouvoir,
La folie chronique et pandémique
De la sempiternelle désolation,
L’histoire sans cesse se renouvelle,
Génocide des innocents
Subissant l’opprobre et l’anathème,   
Ce sont toujours et encore
Les temps mauvais recommencés,
Les ventres de femmes exsangues,
Les visages de l’effroi face
A l’avancée mortifère des boucliers,
Les yeux stigmatisés
Des mères pleurant leurs enfants
Recouverts de froids linceuls.
La fiancée du vent
Interroge le temps,
Afin de porter simplement
Un regard nouveau sur la vie,
Où l’œuvre prendra tout son sens
En rejetant le spectre de la guerre,
Des exactions, des ignorances, des différences,
Généré par l’épopée humaine.


©Michel Bénard.                      
 
 

 

 

 

 

 

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