à un mélange de soleil et de brouillard
avec lequel le nouveau monologue en trompe-l’oreille
apparu devant moi sans remuer les lèvres
a eu l’idée de s’emmitoufler.
Quand ce dernier m’a persuadé
que, pour l’entendre, il fallait savoir l’attendre
et, de préférence, en évitant de se laisser attendrir
par ces clichés de plus en plus vrais que nature
dont les effets secondaires
font que nous ayons parfois tout faux,
je sens mes doigts qui se réveillent,
estimant qu’il est urgent de réimproviser,
sachant que tout être conscient devrait en principe
À mon humble avis, le temps peut être
un témoin gênant par rapport
à chacun de nos faits et gestes.
- Peut-être.
- D’accord, mais, d’après moi, la nuit peut être,
en se servant du sommeil,
le plus sûr moyen de prolonger la vie.
- Peut-être. Ou peut-être pas.
- Peut-être avez-vous trouvé la réponse adéquate
à toutes ces quadratures du cercle.
D’autant plus que si le doute n’existait pas,
nous n’aurions aucune raison
de continuer à rechercher la vérité
et, par conséquent, d’en venir à se dire :
« Finalement, pourquoi pas ?
Tout est possible ».
À quoi pourrait donc bien servir la Poésie,
sinon à générer du sens ?
Ce qui n’interdirait pas le thème envisagé
de se donner le mot sur un ton expressif,
voire aussi complètement surréaliste,
selon celle ou celui qui lui rend hommage
à la moindre raison d’être,
alors qu’à première vue,
juste avant qu’une étrange intuition
(j’entends par là
un malentendu a priori magique)
ait traversé son esprit
à la vitesse de l’éclair,
on aurait pu déclarer à son sujet :
« Son silence en dit long. »
C’est sûrement le motif qui justifie le fait
qu’on le qualifie souvent d’éloquent.
J'aurais tant aimé pouvoir décrire
ce qu'un autre à ma place
se serait demandé
face à l'incroyable aventure
au cours de laquelle un élément s'échappe
avant que l'on se décide à conclure
juste après l'extinction des feux.
J'aurais tant aimé me reconnaitre
à travers cette nuit opaque
où l'histoire éventuelle
d'une personne qui m'est parfaitement inconnue
disposait du temps nécessaire
en vue de se concrétiser.
J'aurais tant aimé pouvoir participer
à ce que ma vie,
même si elle n'a pas toujours été cousue de fil blanc,
m'a répété avoir voulu m'épargner :
la douleur, l'échec, la peur, le doute, ou que sais-je ?
Mais le fait d'être soi-même et de l'admettre
oblige un être, aussi méritant soit-il,
à se contenter de ce qu'il reçoit.
Des lors, je dois bien l'avouer,
je n'ai jamais eu de regrets
ni connu le moindre remords
de n'avoir, à aucun moment, été choisi
pour ce genre d expérience
Fontaine, on a soif de tes mots,
on voudrait tant se saouler
de ces milliers de feuilles éparses
mûries sous ton ciel ombrageux
où il arrive parfois qu'un oiseau légendaire
vienne façonner son nid.
Fontaine où la mémoire coule de source
tandis que tout semblait jusqu'alors
n'avoir jamais été prononcé que du bout des lèvres,
voila qu'un de tes bourgeons se livre corps et âme
au désir d'un premier regard complice.
Fontaine où les rêves sont eaux de vie,
lettres d'amour aussitôt adressées
à celle ou celui qui se reconnaitra
on a soif de tes mots,
besoin de voir écrits en majuscules
tes sensations les plus infimes,
envie d'entendre respirer ton âme,
nos racines si longtemps privées d’air.
(*) Poème extrait du recueil « Nom de plume : Oiseau », écrit en hommage aux Journées du Patrimoine organisées en 2011 au Château Bivort, a Fontaine-l’évêque
(Belgique).
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...