À peine d’ébène ce rêve
Retour vers l’oublié des traines
Sur le chagrin plein de sève
L’amertume du regard sans horizon
Détresse en hausse jusqu’à la tête
Sa gêne blême au réveil
Partout se couvre de brun
Alors que sous la douceur pointe la haine
Et que sans ardeur s’affichent les contours de ses desseins
J'aurais tant aimé pouvoir décrire
ce qu'un autre à ma place
se serait demandé
face à l'incroyable aventure
au cours de laquelle un élément s'échappe
avant que l'on se décide à conclure
juste après l'extinction des feux.
J'aurais tant aimé me reconnaitre
à travers cette nuit opaque
où l'histoire éventuelle
d'une personne qui m'est parfaitement inconnue
disposait du temps nécessaire
en vue de se concrétiser.
J'aurais tant aimé pouvoir participer
à ce que ma vie,
même si elle n'a pas toujours été cousue de fil blanc,
m'a répété avoir voulu m'épargner :
la douleur, l'échec, la peur, le doute, ou que sais-je ?
Mais le fait d'être soi-même et de l'admettre
oblige un être, aussi méritant soit-il,
à se contenter de ce qu'il reçoit.
Des lors, je dois bien l'avouer,
je n'ai jamais eu de regrets
ni connu le moindre remords
de n'avoir, à aucun moment, été choisi
pour ce genre d expérience
Un jour, l’oiseau remarqua une fleur qui était toute seule. Comment était-il possible qu’une aussi jolie fleur parut si belle et si solitaire ?
Il s’approcha et voulut lui parler.
- Aïe ! Tu me piques avec ton bec ! dit la belle.
- Pardonnez-moi, belle demoiselle.
L’oiseau se recula en battant très vite des ailes.
- Je ne voulais pas vous faire de mal, mais mon bec est si long que je ne mesure pas toujours ce que je fais.
- Tu es pardonné, dit la fleur.
- Ah ! Si vous me pardonnez et que vous acceptez de me parler, peut-être me direz-vous pourquoi vous êtes là toute seule ? voulut savoir l’oiseau.
- Je vais te répondre mais d’abord toi. Dis-moi pourquoi ton bec est si long ? rétorqua –t-elle.
- Ah ça ! C’est pour cueillir délicatement la sève des fleurs… dit-il.
- Oh ! Alors, tu vas me prendre à moi aussi ma sève ? Elle eut un geste de peur.
- N’ayez pas peur. Je ne te ferai rien. Je me suis juste approché parce que je vous ai vue seule et triste. Vous répondez à ma question maintenant ?
La fleur sourit :
- Je suis seule parce que parfois, il faut rester un peu dans la solitude pour sentir vivre les choses autour de soi. Est-ce que tu comprends ?
Il répondit gravement :
- Je comprends…
Et il vint se poser délicatement à côté de la fleur…
Tout comme ces vagues qui s’échouent,
Violemment et perpétuellement sur le récif
Mon âme, à leur rythme, se balance
Avant de se fracasser à ton absence
Au gré de l’écume qui jaillit
Mon souvenir de toi m’a assailli
Pour apaiser le temps d’une pensée
Un cœur lourd, meurtri et lassé
Au fond de l’abîme que ton départ a creusé
S’entasse désormais, les joies d’une vie passée
Ne laissant déborder, qu’un amas de regrets
Et telle cette ligne qui dessine l’horizon
Qui sépare la mer du royaume des cieux
Ton départ a scindé ma vie en deux, un avant et un après toi
Mohammed driss MALEH – 4ème
Lycée français Guy de Maupassant – CASABLANCA MAROC
Prix francophone de la poésie romantique 2023
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''DES NOUVELLES, un peu, beaucoup, passionnément...''
Éditions France Libris-2024
« La nouvelle, c'est la flèche et sa cible aussitôt atteinte »
H. Quiroga
Rédiger une nouvelle est un exercice particulièrement difficile qui demande précision, réactivité, rapidité ; c'est une brèche dans un mur, qu'il faut refermer rapidement, ce que l'auteur : Jeanne CHAMPEL GRENIER maîtrise parfaitement.
Les nouvelles, ici, sont des plantes grimpantes qui s'agrippent à l'esprit jusqu'à la chute, toujours inattendue, drôle, comme par exemple, dans le texte intitulé : « L'Agrimanche » que bien évidemment nous ne dévoilerons pas.
La nouvelle permet d'écrire aux antipodes des certitudes pour faire flamber la raison sur les lèvres du lecteur, ainsi en est-il dans le texte « Coup de chapeau » dont la chute ébouriffe : étonnement, sourires...''quelque chose suit son cours'' aurait dit Becket.
Les nouvelles permettent à l'auteur de multiples combinaisons où tout se créé, se métamorphose, comme dans ce « Sommeil de porcelaine » où le personnage central, homme d'affaires, vient d'atterrir en Corée. Tout pourrait être simple, clair, bref, un voyage d'affaires comme il s'en fait tant, mais non... et ce fut un mystère !
Les multiples combinaisons de situations pemettent à l'auteur de tenir son lecteur en haleine tout en l'amusant. Les écrits alignent leurs dentelles et leurs épices, au lecteur de s'en vêtir, de les déguster, ce qu'il fait avec joie dans ce recueil.
Une comète passe, éphémère éphéméride, mais la nouvelle reste à l'ombre des regards sépia.
Lire les multiples nouvelles de Jeanne CHAMPEL GRENIER, toutes différentes, que ce soit : « Bonheur du jour », « Autrefois-Autre foie-Autre foi »( tout un programme!), « Les poignées d'amour », « Les deux corbeaux », « Le passé empiétant ».....tous ces textes si différents où l'on voit que l'auteur aime courir vers l'inconnu, le rêve, le jamais dit, le rire franc, courir sans jamais se retourner, sans trop de condition, juste pour l'ivresse de la quête et du partage. Car à l'orée de ce monde agité, de ce grand orchestre désaccordé, le « je », cet oiseau rare, sait-il encore « où il habite ? » ( Extrait de la préface)
Le lecteur des « Nouvelles » s'écarte de ses propres chimères, celles de l'auteur restent sur ses berges, l'empoignent, le poursuivent.
Celui qui lit Jeanne CHAMPEL GRENIER échappe ainsi au requiem des ombres. Grâce aux mots vivants porteurs d'antiques marées et de signes avant coureurs, ce recueil ne sera pas une flagrance qui se volatilise ; le lecteur en garde longtemps souvenir et jouissance.
À lire pour chasser les idées noires et trouver du plaisir.
Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...